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 (I) be lonely together + douglas

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MessageSujet: (I) be lonely together + douglas   Dim 8 Oct - 22:43



solitude (n) sentiment partagé par tellement de gens qu'il serait extrêmement égoïste d'éprouver cette solitude tout seul.

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Il lui manque, Harrison, elle ne l’avoue pas, trop fière qu’elle est, mais le fait est qu’elle se sent indéniablement seule. Tout lui manque, ses sourires sincères, son optimisme à toute épreuve, sa joie de vivre débordante. Lui dans son intégralité. C’est fou la place qu’il prenait dans son quotidien sans même qu’elle en ait réellement conscience. C’est dingue à quel point son absence la blesse. Pas d’explication, pas de mot, rien. Il est juste parti, point. Elle a entendu les rumeurs, comme tout le monde, elle tente en vain d’y être hermétique. Elle n’arrive pas totalement à démêler le vrai du faux. Acte de trahison, c’est ce qui revient dans la bouche de chaque mineur. Mais, quel acte exactement ? Elle n’arrive pas à y croire. Elle est partagée, divisée entre ce qui se dit de l’éclaireur et sa propre perception de lui. Elle évite de se mêler aux conversations impliquant ce dernier ou elle change de sujet sans crier gare. Elle a hâte que ça se tasse, qu’on en parle plus, que le sujet s’étiole. Et puis, il y a tous ces regards qui se tournent vers elle, des regards suspicieux, parfois accusateurs. Personne n’est dupe, tout le monde a perçu l’attachement du mineur vis-à-vis de l’ex olympienne. Alors, pourquoi ne serait-elle pas de mèche avec ce dernier ? Peut-être qu’elle l’a même couvert, qui sait après tout ! Elle pourrait se défendre, user de sa grande gueule, à la place, elle laisse couler, elle n’a pas le courage de se justifier, de démentir. Elle ne doit des comptes à personne après tout, elle ne veut pas en rendre, qu’on la laisse donc ruminer en paix, qu’on la laisse donc digérer le départ et l’absence d’Harrison. Au final, le fait est qu’elle avait raison : c’est bête de s’attacher, c’est douloureux.  

Elle tourne à gauche, retourne sur ses pas, oblique à droite, remonte une des nombreuses galeries, soupire d’agacement. Elle serre les dents, ce qui ne l’empêche pas de pousser un juron parfaitement audible. Presque sept mois déjà qu’elle arpente la mine et ses couloirs quasiment tous identiques. Son sens de l’orientation lui fait salement défaut en tout cas, elle n’arrive toujours pas à s’y faire, à s’y repérer, elle se trompe de chemin au minimum deux fois par jour, elle en devient désespérée et surtout désespérante. Après un rapide détour par la salle commune et donc, la cuisine, elle pénètre à pas de loup dans l’antre de Douglas Reed. Il n’est pas seul. Samuel, un raider à leur service, semble lui tenir la jambe. Elle le voit bien à son expression lasse et fermée qu’il est pris au piège. « Samuel, il me semble pour toi qu’il est temps de partir. » Il sursaute alors que la voix de la blonde raisonne dans le semblant de laboratoire improvisé et totalement sommaire. « Je suis venu apporter des échantillons de plantes. » Elle hoche la tête, déposant le plateau repas destiné au scientifique sur un plan de travail encombré de paperasse et d’éprouvettes. « Bien, maintenant tu peux dégager, merci. » Pas tendre, jamais. Rory Wheeler ne prend pas de gants. Il ne répond pas d’ailleurs, abdique presque immédiatement. « Qu’est-ce que tu ne ferais pas sans moi, hein ? Ou plutôt, comment faisais-tu avant moi ? Tu subissais la présence parasite et hostile des autres mineurs en leur jetant ton regard indifférent et froid ? » Elle est quasi certaine qu’il la considère souvent comme une fameuse présence hostile, sauf qu’elle s’en fiche bien. Il doit se la coltiner, point barre, ordres d’Anita Jones en personne. Elle esquisse un sourire en direction de Douglas, lui indiquant le plateau du regard. « Tu me fais le plaisir de t’accorder une pause et de te nourrir, ensuite, peut-être que je t’aiderai sur l’anti-infectieux. » Elle n’a jamais connu quelqu’un d’aussi entêté que lui, même pas elle, c’est pour dire.  Parfois, elle le retrouve endormi ici et se voit dans l’obligation de faire des pieds et des mains pour l’envoyer terminer sa sieste dans son propre lit. Elle ne parle même pas du fait qu’il manque un repas sur deux et encore, elle est gentille. Actuellement, elle est presque certaine qu’il n’a plus avalé aucun aliment depuis vingt-quatre heures. Ce serait con, tout de même, qu’il crève sous sa surveillance. « Ou, peut-être qu’on en profitera pour ouvrir cette bouteille. » Elle ponctue sa tirade en exhibant une vieille bouteille de Whisky dérobée à un carrière. « On ne sait pas, peut-être que l’alcool remettra en marche tes neurones, et les miens au passage, puisqu’on bloque sur cette nouvelle…concoction. » Parfois, souvent en réalité, elle a le sentiment de jouer au petit chimiste totalement incompétent. Ils pataugent pour l’instant, surement que Jones viendra leur remonter les bretelles sous peu, c’est qu’elle veut des résultats la chef des mineurs, surtout depuis son accord avec Rhodes, bonjour la pression.

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MessageSujet: Re: (I) be lonely together + douglas   Lun 9 Oct - 1:53

Les tonalités se déchainent dans l’espace, se heurtent aux oreilles peu réceptives du quadragénaire. Depuis combien de temps, se trouve-t-il là ? L’intrus qui saccage la quiétude des lieux, l’oblige à décocher un énième regard meurtrier. Bien loin de le dissuader de cette œillade assassine, le raider reprend de plus belle son explication soporifique. Douglas tente de poursuivre son travail en faisant abstraction du bourdonnement inconvenant en arrière-plan. Le visage penché sur ses diverses expérimentations, il se persuade d’être étreint par le silence tandis que Samuel alimente son récit de quelques détails. Le scientifique aurait cru que son déposez ça là, merci, serait suffisamment clair pourtant. Il ne comprendra jamais l’espèce humaine. Ironique quand on sait qu’il parvient à percer les mécanismes de son métabolisme. Peu importe. Il n’y a sans doute rien à déduire de ces comportements souvent irrationnels. Et puis, ça ne serait pas la première fois qu’un pari se ferait sur son dos. A celui qui parviendrait à le faire causer, qui arriverait à le sortir de ses gonds. C’est pour cette raison qu’il se tait. Il refuse d’être, une fois de plus, l’objet de ces jeux puérils. De toute manière, il ne voit pas pourquoi il aurait à feindre un quelconque intérêt pour une histoire aussi inintéressante. Son déni entretenu concernant la présence du bavard, est mis à mal, cependant, quand ce dernier pose son coude sur sa table, bousculant plusieurs éléments y nichant. Quelques fioles s’entrechoquent, l’une d’elle menace de tomber. La colère sourde de l’américain se manifeste quand il se relève pour rattraper le contenant. La mâchoire craque alors que l’autre continue sans se soucier de ses réactions. Tandis qu’il se rassied avec l’envie de plus en plus saisissante de dégager ce type de sa pièce, le poing partiellement serré pour encaisser la frustration, une tête blonde vient l’extirper de son enfer.

Sa voix prend des allures de clairon annonçant la retraite. Les muscles de la main se détendent drastiquement, la posture raide se réajuste un peu. Le regard oscille laconiquement de l’un à l’autre avant de revenir à ses spécimens, feignant de ne pas voir le plateau qu’elle lui apporte. Sa joue tressaute une demi-seconde alors qu’elle congédie sans la moindre délicatesse le rustre. Satisfait du départ du fauteur de troubles, il daigne relever à nouveau les yeux vers sa sauveuse. « Ce que je pourrais faire ? Continuer à travailler pour commencer, au lieu d’avoir cette discussion. Les gens qui ont un minimum de bon sens, comprennent généralement d’eux-mêmes le langage non-verbal. Et au bout d’un moment, j’ai la décence de leur indiquer la porte. Encore faut-il qu’ils aient l’intelligence de trouver la poignée. » Las, il lisse d’une main, son front marqué par le temps et la fatigue. Fait coulisser ses doigts jusqu’aux paupières qu’il referme quelques secondes. Voilà pourquoi il déteste être dérangé. A peine redresse-t-il le menton que l’épuisement l’assaille. « Tu espères pouvoir négocier la pause sur un peut-être ? Même pour un sûrement, je ne suis pas certain de vouloir te l’accorder de toute manière. Je ne suis pas sous tes ordres, je te rappelle. » Un peu d’autorité dans la voix. Il est là depuis plus longtemps qu’elle après tout.

Avec perplexité, l’éreinté avise la bouteille de whisky. « L’alcool produit généralement l’effet inverse sur l’organisme si tu l’ignorais. Tu es sûre d’avoir une quelconque qualification dans le domaine scientifique ? Il se situe peut-être à ce niveau le problème. » Il ne remet pas vraiment en cause les compétences de Rory, juste sa décision. Même en étant aussi isolé, il a réussi à grappiller quelques infos trainantes, concernant Harrison. Concernant Harrison et elle. Peut-être qu’il se montre juste plus attentif quand elle est mentionnée dans une conversation. Ça n’aurait rien de surprenant. Elle est bien la seule personne qu’il puisse tolérer et qu'il estime réellement. Il se méfie particulièrement des bruits de couloir mais est raisonnablement perspicace pour comprendre que cette invitation à l’ivresse repose essentiellement sur l’envie de la jeune femme à tarir sa déception. Ou frustration. Il ne sait pas très bien. Dans tous les cas, il se doute qu’une partie des rumeurs repose sur une quelconque réalité.

Avec paresse, il reprend de la hauteur et attrape un récipient, le pose à proximité de la visiteuse. Accolé au meuble, les bras croisés, il l’observe prudemment. « Fais-toi plaisir, si tu veux. On sait tous les deux, que tu n’es pas ici par considération pour ma personne de toute manière. Ce n’est pas pour moi que tu as subtilisé ce whisky. » Des affirmations, la vérité. Il n’a jamais été doué pour l’enrober de quelques formules de politesse ou de considérations bien que son intérêt ainsi que son inquiétude, pour sa comparse, soient réels. Inapte à faire preuve de plus de sollicitude que ça, il se contente de jeter un œil en direction de son fouillis pour noter un détail. Un détail conséquent. « Je crois que l’autre abruti est parti en oubliant de laisser ses échantillons... » Blasé, il soupire de plus belle en comprimant son visage de ses mains pour gérer cette intense insatisfaction.
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MessageSujet: Re: (I) be lonely together + douglas   Jeu 12 Oct - 15:27



solitude (n) sentiment partagé par tellement de gens qu'il serait extrêmement égoïste d'éprouver cette solitude tout seul.

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Douglas, le pragmatisme à l’état pur, l’indolence même. Il n’est pas le genre de personne auquel on s’attache, pas facilement du moins. En même temps, il ne fait rien pour, il se complait dans sa solitude, préférant la compagnie de ses éprouvettes à celle des êtres humains. Ce qu’elle peut totalement concevoir, après tout, tout le monde devrait se comporter comme Reed, cela simplifierait bien des choses. Pourtant, il s’agit là de quelque chose de plus facile à dire qu’à faire. Force est de constater qu’après de longs mois de coexistence, de l’affection est née à son égard. Elle fonctionne à l’envers, Rory, elle est complètement déréglée. Il lui est plus facile de s’ancrer à cet être terre à terre qu’il lui a été d’avouer son attachement vis-à-vis d’Harrison. Elle ne cherche même plus à comprendre son propre mode de fonctionnement, elle a abandonné il y a de cela déjà des années d’ailleurs. Elle est bien trop complexe et contradictoire pour elle-même, une énigme à elle toute seule ! Si, elle se trouvait à la place des autres, elle n’aurait pas envie de se déchiffrer non plus, perte de temps.

Elle esquisse un sourire, Rory, alors qu’il semble au bord de l’irritation. Enfin, il l’est toujours, au bord de l’irritation. Un rien le hérisse aussi, alors à partir de ce moment-là, forcément… Reed, l’homme blasé par excellence. Il lui arrive souvent de se questionner au sujet de ce dernier. Est-ce qu’il la range dans la même catégorie que toutes ces personnes dénuées d’intelligence ou a-t-il conscience de toutes ces fois où elle s’obstine sciemment à ignorer son langage non-verbal ? Parce qu’elle est récemment devenue experte dans ce domaine. En même temps, elle est bien obligée, de faire abstraction de son comportement. Un minimum de recul est nécessaire afin de coexister avec lui. Parlant de recul. Elle hausse les épaules tandis qu’une pointe d’autorité s’immisce dans le timbre de voix du mineur. Tout comme elle n’est pas sous les siens, d’ordres. Après tout, n’obéissent-ils pas à une seule et unique personne ? Autrement dit, Jones. Quelque chose qui reste encore à affirmer par ailleurs, connaissant le rapport de la jeune femme à l’égard de l’autorité.
Reportant ses prunelles sombres sur le liquide ambré tournoyant au sein de la bouteille en verre, elle fait mine de réfléchir au risque de se perdre dans le brouillard épais et vaste qu’est désormais son esprit depuis le départ de l’éclaireur. « Je crois que tu as mis le doigt sur quelque chose. » Elle hoche la tête, de haut en bas, l’index posé sur ses lèvres pour une question de mise en scène. « Oui, c’est exactement ça, je suis dépourvue de fibre scientifique. » Pas totalement vrai, pas totalement faux non plus. La pharmacologie, ça ne l’a jamais réellement inspirée ni même motivée, pour autant elle était douée, il n’y avait qu’à jeter un coup d’œil sur son relevé de notes pour en être assuré. « Après tout, je n’étais qu’une pauvre étudiante, à l’époque, mon cerveau ne vaut pas le tien, c’est certain. » Qu’elle admet bien volontiers, nageant en pleine dérision. Dérision, encore un concept abstrait pour Douglas. Elle l’avoue, peut-être qu’elle se moque un peu trop des non-aptitudes sociales de son mentor. On s’amuse avec ce qu’on peut, les temps sont durs.
Elle roule des yeux, encore et toujours, alors qu’il la rabroue – domaine dans lequel il est passé maître – reportant son attention sur le chaos, pour ne pas dire néant, que représentent leurs recherches actuelles. Ils barbotent dans le néant, c’est exactement ça ! « Il est vrai, c’est essentiellement pour moi et mes états d’âme que j’ai subtilisé cette bouteille. » Même si elle a pertinemment conscience que l’alcool ne risque pas de résoudre ses problèmes, elle n’est pas dupe à ce point. Mais, elle n’a rien à perdre après tout, même pas la santé, puisque cette dernière n’est pas au beau fixe et ce, depuis des lustres. « Je ne te savais pas apte à déchiffrer tes pairs. » Autrement dit, les autres êtres humains. Elle le taquine, bien évidemment, elle ne doute pas qu’il soit fin observateur. De toute façon, leur relation est basée sur… Elle fronce les sourcils. Sur quelque chose d’indéfini. « C’est donc indéniablement l’heure de la pause. » Elle retient la leçon : éviter les peut-être. D’un geste, elle repousse le plateau-repas en direction de son interlocuteur. « Ce serait con, tout de même, de crever de faim. Il parait que c’est une mort atroce. » Fonte musculaire, corps qui fonctionne au ralenti, l’organisme qui puise dans les composants essentiels de nos cellules… Miam. Elle frissonne à cette idée. Elles sont toujours joyeuses, les conversations entre Rory et Douglas.

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MessageSujet: Re: (I) be lonely together + douglas   Sam 14 Oct - 22:57

Les prunelles courent le long des traits adverses, capturent la nonchalance qu’elle suggère d’un haussement d’épaules. Douglas ne sait pas très bien comment interpréter l’attitude, pas plus que les paroles. Sa réponse le déroute un bref instant bien qu’il conserve judicieusement son masque d’indifférence. Il devrait être habitué pourtant aux réactions imprévisibles de son interlocutrice. Légèrement agacé qu’elle ait pris sa remarque de cette manière, sans savoir réellement si elle use d’ironie ou non, il finit par abandonner l’idée de comprendre quoique ce soit. L’esprit bien trop las et trop peu entrainé pour se mettre à générer quelques hypothèses à ce sujet. Il se contente de soupirer et d’ajouter d’une voix rendue un peu plus inflexible par sa perplexité « La flatterie ne te mènera pas très loin avec moi mais tu dois le savoir ça. Déchiffrer tes pairs, c'est un don naturel pour toi. » Toujours trop terre à terre. Durant tout un temps, son ex-épouse soutenait que ce trait de sa personnalité, était une qualité. Il est drôle comme à la fin, ça résonnait plutôt comme le pire défaut qu’il soit dans sa bouche. Il se considère comme nocif pour son entourage au fond, en a toujours eu conscience sans jamais le reconnaitre tout à fait. Et c’est donc, tout aussi bien qu’il soit reclus dans ce labo de fortune. Rory n’échappe peut-être pas à cette sentence. Cependant, c’est elle qui se jette d’elle-même dans la gueule du loup. Dès lors, devrait-il en éprouver la moindre once de culpabilité ?  

Pourquoi venir le trouver lui ? Les états d’âme, il les fuit généralement. Il se voit mal lui prêter une épaule sur laquelle pleurer. Se voit encore moins parler de cet homme pour qui il n’éprouve pas la moindre sympathie. Elle sait très bien qu’il serait un piètre réconfort et pourtant, elle est là, la bouteille à la main. Les attentes de la blonde font travailler sa cervelle à son insu. De bien des façons, cette femme a réussi à déjouer ses mécanismes de survie pour le poser face à des considérations qui ne l’auraient même pas effleuré en temps normal. Peut-être qu’elle ne cherche qu’un peu de paix et quel endroit serait le plus adapté pour ça ? Sa grotte que personne n'oserait hanter. Il ne peut pas la blâmer si c'est le cas. « Les autres ont déchiffré pour moi. Il a suffi d’additionner ce qui se dit et ce qui se passe. J’en déduis que je ne me suis pas trompé. » Un regard sévère vient ponctuer cette affirmation. Ne peut-elle prendre conscience que ce type ne vaut pas la peine qu’elle y repense comme ça ? Tout ça ne le regarde pas. Il devrait veiller à ne pas l’oublier.

Légèrement perdu dans une rêverie mal venue, le somnolent ne revient qu’à l’instant présent quand l’insistante rapproche à nouveau les aliments de sa position. Cette obstination lui arrache un léger grognement. « Au moins, tu aurais de quoi travailler sur ta fibre scientifique avec mon cadavre à disséquer. » Ses intonations meurent en même temps que sa volonté à lutter. Avec harassement, l’américain finit ainsi par se rassoir à sa place habituelle. D’une main, il attrape un bout de papier et se met à relire ses quelques notes prises à la volée. De l’autre, il daigne saisir un couvert et croque une seule bouchée du repas qu’elle lui a apporté. La nourriture retombe lourdement dans son estomac vide, lui arrache une grimace. Un bref instant, il relève les yeux de sa paperasse pour observer son acolyte. « Alors, tu comptes le boire ce whisky ou juste l'admirer ? Tu as dû te donner beaucoup de mal pour le dénicher. Et tu es venue ici pour ça, il me semble. »  Plus vite, elle l’aura ingurgité, plus vite, elle pourra passer à autre chose. Il en fait une urgence subitement, sans trop savoir pourquoi. La fourchette racle sans le vouloir le fond du plateau.  Il observe avec dégoût les mets encore disposés à la surface avant de reporter son attention sur ses documents. Presque innocemment, il ajoute « T’avais besoin d’un chaperon peut-être ? Au cas où tu en abuserais ? Ne compte pas sur moi pour te tenir les cheveux. Ni pour te laisser déroger à ta promesse de m’aider.  » Peut-être qu’il veut vraiment savoir ce qui lui a traversé l’esprit quand elle a décidé de le convier à son instant d’égarement. A quel moment s’est-elle dit que Douglas Reed serait un parfait compagnon de beuverie ? Il est vrai que ça ne lui ferait peut-être pas de mal à lui aussi. Taire les pensées avec le labeur ou avec un peu de liqueur, quelle différence après tout ? L’une est constructive. L’autre, pas. La raison a toujours réponse à tout. Enfin, à presque tout.

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MessageSujet: Re: (I) be lonely together + douglas   Mer 18 Oct - 18:24



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Donc, il est toujours aussi empoté quand il s’agit de déchiffrer l’espèce humaine, son sens du décryptage des états d’esprit et sentiments humains ne s’est pas aiguisé en sa présence, même pas un minimum, constat un peu décevant. Il n’a fait qu’additionner A+B, additionner les on-dit. Logique quand on connait le bougre. Au moins, il a fait l’effort de s’intéresser à son cas l’espace de quelques minutes, à autre chose que ses recherches pour l’instant infructueuses. Peut-être est-ce là une sorte d’honneur venant de sa part. Ou, pas du tout. Elle opte tout de même pour la première option, préférant interpréter ce qui l’arrange le mieux au final, ce qui est le plus flatteur aussi. Une partie d’elle espère cependant qu’il n’a pas écouté avec une attention trop prononcée tout ce que les autres ont bien pu déchiffrer la concernant. Il n’y a pas que du bon, surtout du mauvais en réalité, beaucoup d’affabulations. Oh, elle a pertinemment conscience que ce n’est pas le genre de Reed, de prêter attention aux ragots, il n’est pas friand de ces derniers. Mais, tout de même, ça lui triture l’esprit, ce n’est pas très agréable.

Les lèvres s’étirent doucement en un rictus vainqueur alors qu’il rend les armes, posant le regard sur son plateau-repas pas forcément alléchant, mais qui sont-ils pour se plaindre au juste ? Ils font avec ce qu’ils ont, pas le choix. Qu’il s’estime heureux, en raison de son diabète, la tête de ses propres repas est bien pire. « Je m’emploierai à travailler cette dernière, tu ne seras pas mort en vain, c’est déjà ça de pris. » Enfin ça, ça reste à prouver. Pas certaine que l’entrainement de sa fibre scientifique vaut le décès du pharmacocinéticien, pas du tout certaine d’ailleurs. Il lui est plus utile avec le cerveau en activité, après tout, il est sa bouée de sauvetage, elle compte sur lui concernant la synthèse d’une substance capable de la maintenir en vie lorsqu’elle aura épuisé son stock d’insuline. Et puis, elle se sentirait bien seule, sans lui, perdue au beau milieu d’un fouillis de notes, pour ne pas dire capharnaüm.
Les prunelles sombres perdues au fond de la bouteille en verre, elle rumine avec un certain talent presque inné. De toute façon, elle ne sait plus faire que ça pour l’instant, il s’agit de son activité de prédilection. Elle aimerait oublier, subir un lavage de cerveau, ce serait plus facile. Sur cette note un peu sombre, elle relève la tête, fronçant les sourcils alors qu’il la prend de court. Peut-être qu’elle compte boire, se noyer dans les méandres de l’alcool, ou peut-être qu’elle risque de se raviser. Elle ne sait pas très bien. « Pour l’instant, j’en suis au stade de la contemplation, je te ferai signe quand je me serai décidée. » Rory ou l’indécision même. Elle tourne en rond. C’est surtout qu’elle n’est plus certaine de rien, elle a le sentiment d’avoir perdu ses repères ou du moins l’un ses repères principaux. « Et, si par beaucoup de mal tu entends faire les yeux doux à un carrière pas commode afin de lui subtiliser incognito cette bouteille, alors oui, je me suis donné beaucoup de mal. » Etre une femme en pleine apocalypse, ça comprend des avantages et beaucoup d’inconvénients également. Elle soupire. Oui, elle est ici pour ça, pour entamer cette bouteille, à moins que ce ne soit plus compliqué ? Surement, elle est même prête à le parier. Elle ne sait pas pourquoi il semble soudainement pris de cette envie étrange de la voir goûter au liquide ambré. « Pas pour me tenir les cheveux, mais pour m’éviter le coma éthylique. » qu’elle plaisante à moitié. Elle soutient son regard, tentant de décoder ses pensées. Est-ce qu’il s’inquiète ? Est-ce qu’il souhaite finalement se joindre à elle ? Est-ce qu’il en a marre de perdre son temps à ses côtés ? Aucune idée. « Si, tu veux tout savoir, ou pas d’ailleurs, tu es bien le seul être humain de qui j’arrive à me sentir proche ces derniers temps, le seul que j’ai envie de voir, le seul que j’ai envie de supporter, le seul que j’ai envie d’emmerder et le seul avec j’ai envie de partager cette bouteille. » Elle hausse les épaules, comme si cet aveu n’était autre que banal, alors qu’il ne l’est pas vraiment, n’est-ce-pas ? Mais, pour autant, il s’agit de la stricte vérité. Au sein de la mine, elle n’arrive pas à se créer des liens, peut-être que c’est de sa faute, surement d’ailleurs. Ou, peut-être qu’elle ne veut pas s’attacher à n’importe qui, c’est un fait avéré. Douglas a beau ne pas la comprendre, il reste celui dont elle ne regrette aucunement la compagnie.

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MessageSujet: Re: (I) be lonely together + douglas   Mar 24 Oct - 2:17

Il ne l’aime pas ce rictus satisfait, la victoire qui lisse les traits adverses. Et pourtant, mieux vaut ce sentiment désagréable de défaite qu’une lutte vaine. Son temps est précieux après tout. Ironique qu’il l’envisage sous cette angle alors qu’il serait bien incapable de donner jusqu’à la saison actuelle. La fourchette tourne dans la bouillie qui lui sert de repas en boucle tandis que l’esprit divague. Depuis combien de temps a-t-il rejoint la mine ? Il a perdu le compte. Parfois, ça l’effraie un peu, lui laisse une sale sensation de vertige. Comme si rien ne le retenait, comme si seul le vide l'étreignait. Difficile de trouver un sens à cette succession d’événements dramatiques. Douglas ne sait pas tellement où il se situe au milieu du chaos et évite même de se poser la question. Ses seuls repères reposent sur ce qu’il accomplit ici. En les lui retirant, on l’oblige à fixer un néant qu’il fuit sciemment. Les yeux rivés sur le plateau, son expression fait écho à celle de son acolyte. La noirceur de l’un déteint sur l’autre. Un procédé plutôt étrange dont il se serait bien passé. Pour combler les blancs, il avale quelques bouchées de cette nourriture qu’il juge infecte. Déglutit avec difficulté avant de se pencher distraitement sur ses notes. Son attention ne revient pas, elle fout le camp du côté de la blonde malgré lui. Une distraction, comme s’il avait besoin de ça. Peut-être bien au fond.

Un soupir lui échappe à nouveau alors que l’insolente répond sans se départir de son flegme habituel. « Je plains la victime. » articule-t-il avec harassement en relevant le bout des cils en  direction de la jeune femme. « Fais attention à ce qu’il pourrait réclamer le jour où il réalisera sa perte. A force de jouer avec le feu, tu vas te brûler. » Un ajout inutile sans nul doute mais qu’il ne peut s’empêcher de glisser par acquis de conscience peut-être. Sa protégée ne semble pas avoir développé le plus grand instinct survie qu’il soit. Du moins, c’est comme ça qu’il l’envisage. Il ne se sent pas investi d’une mission spécifique à ce propos mais éprouve suffisamment de sympathie à son égard pour ne pas rester indifférent à son sort. Ceci ne fait pas l’ombre d’un doute alors qu’elle mentionne l’excès et qu’il se redresse en conséquence tout en repoussant avec fermeté le plateau à moitié rempli. Le regard cherche à la sonder réellement. Le scientifique ne comprend toujours pas cette attitude, sa présence ici. Cette femme lui parait bien plus complexe que les molécules pour lesquelles il consacre toute son énergie et qui ne lui apportent pas plus de réponse cependant.

Son incompréhension atteint des sommets alors qu’elle délie sa langue à nouveau. L’homme fronce les sourcils, les traits empreints de dureté, suggèrent la confusion. « Ta vie doit vraiment être misérable si c’est le cas. » Le solitaire ne parvient pas à la croire sur parole. Il se demande même ce qu’elle cherche en dispersant ces quelques phrases erronées. « Ou bien c’est encore ton esprit de contradiction légendaire. Le seul type que personne ne peut supporter, faut forcément que tu fasses tout pour vouloir de sa compagnie. Tordu mais ça te ressemble. Je suppose. » Il détourne les yeux et observe sa main perdue au-dessus de ces écritures incompréhensibles. Le pouce et l’index lissent à nouveau les paupières. Tout s’emmêle dans sa tête. La pause donc. « Tu es bien la seule personne qui ne me donne pas des envies de meurtre ou de suicide, au choix. » avoue-t-il à son tour avant de se relever pour attraper un gobelet. « J'imagine qu’on peut boire à ça. Tout en évitant le coma. » Sans un mot de plus, il s'empare de la bouteille abruptement. Autant en finir se dit-il ultimement. Et quelque chose lui dit qu’elle ne fera rien tant que lui ne se sera pas bougé. Le bouchon tourné, il verse le contenu dans les deux récipients avant de se rasseoir et d’en boire une gorgée. Le liquide brûle l’œsophage, attire ses prunelles à la suite. Il le fait tournoyer au fond du contenant et le fixe de manière hypnotique.  « Tu crois vraiment que c’est une solution ? A part la gueule de bois, je ne vois pas ce que tu espères récolter avec ça. » La sermonner. Il ne peut pas s’en empêcher. C’est dans sa nature profonde et c'est sans doute la seule façon qu'il connaisse d'exprimer son anxiété. Mais ça, même son ex-épouse ne l'a jamais compris. Alors pourquoi s'attendre à ce que ça soit le cas de Rory ?
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MessageSujet: Re: (I) be lonely together + douglas   Ven 3 Nov - 18:03



solitude (n) sentiment partagé par tellement de gens qu'il serait extrêmement égoïste d'éprouver cette solitude tout seul.

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Peut-être qu’elle souhaite se brûler, peut-être qu’elle n’attend que ça. Elle a conscience de jouer avec le feu, elle n’a pas l’intention de changer d’une quelconque manière. Parce que c’est ce qui la fait vivre ou plutôt, c’est de cette manière qu’elle se sent en vie. Elle peut mourir demain tout comme dans un mois ou dans un an. Elle ne craint pas la mort, elle sait son temps compté, le compte à rebours est lancé depuis les débuts de l’Influenza, depuis que la civilisation s’est effondrée, depuis que l’insuline est un met rare. Elle ne compte pas gâcher son précieux temps à craindre l’extérieur, à craindre les hommes, à craindre son ombre. Ce n’est pas dans son optique de vie ou plutôt de survie. Alors, surement qu’elle est folle et imprudente, peut-être parce qu’elle espère abréger ses propres souffrances et tourments. Contradictoire, casse-pieds et suicidaire donc, une jolie combinaison qui perdure depuis déjà sept ans. C’est fou à quel point le temps passe, à quel point la mort la fuit, à croire qu’elle est miraculée. Pourtant, elle l’attend la faucheuse, elle l’attend d’un pied ferme. Elle se contente d’hausser les épaules face aux réflexions de Douglas, elle ne l’imaginait pas inquiet pour sa petite personne, c’est nouveau, un peu touchant aussi. Un de plus à se préoccuper de l’agaçante Rory Wheeler, cette cause vaine.

Misérable. Peut-être qu’elle l’est après tout. Elle pourrait s’offusquer, à la place elle sourit, elle ne sait pas exactement pourquoi. C’est surtout que pour une fois il n’a pas tort. Pourtant, on parle de Douglas, celui qui ne comprend rien à l’être humain et ses émotions. Mais, pour l’instant, il la cerne sacrément bien. Tordue. Deuxième point marqué pour le mineur. Plus que tordue même, parfois elle ne comprend même pas son propre mode de fonctionnement tellement ce dernier est contradictoire et insensé à souhait. Déjà, avant l’apocalypse, elle n’était pas facile comme fille, elle s’obstinait à faire tourner son mode en bourrique ainsi qu’elle-même. Elle est juste une boule d’émotions et d’énergie allant à contre sens. « Personnellement, ce que je trouve tordu et contradictoire, c’est que l’unique personne ne te donnant pas des envies de meurtre se trouve être celle qui donne envie au reste de la population d’Hamilton de se flinguer. » Il peut bien parler. Il est pour le moins illogique, presque tout autant qu’elle. En réalité, l’aveu lui plait, lui fait du bien, l’étonne aussi. Lui qui est supposé être d’une indifférence inégalable, il se laisse aller à ses côtés. « Mais oui, trinquons donc à toutes ces contradictions. » Victoire, c’est le mot qui lui vient à l’esprit actuellement. Elle a gagné, pour cette fois du moins. Il s’octroie le luxe de baisser sa garde, l’effort est remarquable. Elle s’empare du verre, le liquide engourdissant sa langue, lui brûlant la gorge. Elle ferme les yeux l’espace d’infimes secondes, profitant juste de l’instant présent. Mais, la réalité n’est jamais loin. « Je crois qu’il n’y a aucune solution. Mais, ça ne m'empêche pas d'essayer. » Bonjour le pessimisme. Elle l’observe, ancrant son regard au sien, elle n’a pas de vraies réponses à lui fournir, pas dans l’immédiat. « Peut-être que j’espère récolter quelques instants d’oubli. » Oublier, plus facile à dire qu’à faire. Donc, peut-être que sur ce coup la solution n’est autre que l’alcool. « Et toi, alors ? Qu’est-ce qui t’as décidé ? Des choses à oublier de ton côté ? » Elle se doute que oui, personne n’a le luxe de n’éprouver aucun regret, aucun remords, à moins de se révéler être un véritable psychopathe. « À moins que ta pitié pour moi ne te pousse à la boisson. » Elle lâche un léger rire. Surement qu’il s’agit d’un savant mélange des deux. Il est à la fois simple et complexe, Douglas.

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MessageSujet: Re: (I) be lonely together + douglas   Sam 11 Nov - 15:49

La fatigue agit trop souvent sur son organisme à la manière d’un catalyseur, faisant tomber quelques-uns de ses filtres à son insu. Inconsciemment. Le mental las n’a plus la force d’ériger correctement les barrières naturelles que son fonctionnement lui impose d’ordinaire. Ainsi, il se laisse porter par l’atmosphère étrangement détendue que Rory tente souvent d’instiller par sa seule présence. L’entièreté de sa garde ne s’est pas effondrée cependant. Les paroles de son interlocutrice l’obligent, d’ailleurs, à se refermer temporairement, il s’octroie de longues minutes de silence à la suite. Le verre danse entre ses doigts durant ce laps de temps, nerveusement. Il n’aime pas lui concéder trop d’espace, lui permettre de l’aborder avec autant d’aisance. Mais forcé de constater, qu’il se braque bien moins vite avec elle qu’avec tous les autres, qu’il devient un peu moins vigilant de façon générale. Amitié qui s’est formée peu à peu malgré lui. Quelque part, la blonde a été la seule à ne pas baisser les bras face à son attitude antipathique. Peut-être qu’il recherche ça sans réellement s’en rendre compte. Les gens qui auront assez de volonté pour se battre contre son propre comportement. Présomptueux et affreusement arrogant, sans nul doute. C’est un test, une mise à l’épreuve totalement indépendante de sa volonté consciente. Mais comme il l’a soulevé, sa comparse a très peu d’instinct de survie, d’auto-préservation et se délecte de ses décisions prises à contre-courant. Marginale à sa façon, elle le rejoint au moins sur ce point. « Entre détestables personnages, on doit trouver un terrain d’entente, il faut croire. » finit-il par conclure. Bien qu’il ne le pense pas pour elle. Agaçante, frustrante, infernale, oui. Détestable, non.

Le liquide dégringole l’œsophage à nouveau, en plus grande quantité. Il termine le récipient d’une traite pour se donner l’impression de clore ses cheminements. Le pouce souligne distraitement le contour du contenant alors qu’il lève les yeux au ciel face aux répliques adverses en soupirant. « S’il n’y a pas de solution, c’est qu’il n’y a pas de problème. Te connaissant, c’est surtout qu’il n’y a pas de solution qui t’arrange toi, particulièrement. » Aussi obstinée qu’il peut l’être lui-même, ce qui en dit long sur son degré d'obstination, le scientifique la sait apte à s’enfoncer sur le pire chemin possible afin d’obtenir ce qu’elle désire. Et quand cela ne fonctionne pas alors, apparemment, elle se refuse à voir les autres issues. Peut-être lui faut-il du temps. Peut-être qu’elle est juste bien trop différente de lui. C’est sûrement le cas. Le regard perdu dans le vague, il l’écoute lui renvoyer ses interrogations. Mal à l’aise, Douglas réajuste sa position, la rend un chouïa plus solennel comme pour se donner une prestance qu’il ne possède pas. Le mettre face à ce qu’il fuit, le meilleur moyen pour qu’il réagisse avec véhémence. Il répond un peu trop sèchement pour parfaire son mensonge. « Je connais juste ton esprit de contradiction, Rory. Si je ne m’y mets pas, tu vas en profiter pour nous empêcher de nous remettre au travail. Je ne suis pas aussi naïf que toi pour croire qu’un peu d’alcool suffit à oublier des choses dérangeantes. » Mais assez stupide pour croire que le boulot peut palier à ça.

Les visages familiers et perdus, tanguent dans son esprit. Il se raccroche aussi fort qu’il le peut à son déni. Le poing légèrement serré sur le genou atteste de la lutte interne. Les traits durcis traduisent tout aussi bien le point sensible qu’elle vient de toucher. « De toute manière, qu’est-ce que tu veux que je cherche à oublier ? Je suis cloitré dans ce labo autant que possible. Je ne m’offre pas à la déplaisante compagnie d’autrui et je n’offre ainsi à personne la possibilité de me trahir. Simple et efficace pour garder l’esprit sain. » Il tente dans un élan quasi désespéré de lui renvoyer l’ascenseur, de la confronter à ses propres états d’âme afin de distancer les siens. Se forçant pourtant à atténuer un peu sa soudaine animosité, il reprend avec un peu moins de sévérité. « Je ne sais pas ce que tu attends de l’espèce humaine mais ça finit rarement bien. Autant s’armer en conséquence. Mais te préserver, tu ne connais pas vraiment ça, toi, pas vrai ? » Pour contenir un peu de sa contrariété, il se voit machinalement se resservir un second verre et le porter à ses lèvres sans plus rien ajouter.

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MessageSujet: Re: (I) be lonely together + douglas   Jeu 23 Nov - 17:25



solitude (n) sentiment partagé par tellement de gens qu'il serait extrêmement égoïste d'éprouver cette solitude tout seul.

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Pas de solution, pas de problème. Raisonnement beaucoup trop simpliste si vous voulez son avis, trop terre à terre. Parfois, il n’y a tout simplement pas de réponse, aucune issue, point barre. Bien qu’elle comprenne que ce concept puisse paraitre abstrait aux yeux de Douglas. C’est un scientifique pur et dur, il se comporte comme tel à longueur de temps, cherchant la logique de chaque acte humain, chaque sentiment, chaque émotion. Elle n’existe pas toujours, tout comme il n’y a parfois aucune solution. Mais, elle veut bien admettre qu’elle ne cherche pas réellement à s’extirper de la pente glissante qu’elle s’obstine à dévaler depuis le départ d’Harrison. Elle préfère broyer du noir, se montrer irascible. De toute façon, à part quitter la mine dans l’optique de potentiellement retrouver l’éclaireur et d’échapper aux ragots, elle ne voit pas bien les autres options s’offrant à elle. À part rester au sein de la mine, s’effacer un maximum et attendre. Malheureusement, la première option est difficilement envisageable, déjà parce qu’elle se voit mal transporter son stock d’insuline, ensuite parce que sans cette dernière elle risque de mourir dans un futur très proche et finalement car elle ne sait même pas si l’ancien mineur traîne encore dans le coin. Alors, oui, elle est irritable, noie son cafard dans l’alcool et la mauvaise humeur. Parce que non, il n’y a pas de solution, pas de solution souhaitée qui ne lui coûterait pas la vie. Elle fait avec, elle subit, elle déteste la mine, ce tombeau. Finalement, peut-être n’est-elle faite pour aucun groupe, pourtant elle ne peut se résoudre à la solitude, la vie à la dure, sous peine de crever, par manque d’instinct de survie peut-être, suite à sa foutue maladie surtout. Elle roule des yeux suite aux paroles de Reed, peut-être qu’elle est naïve, certes, mais il ne vaut pas mieux qu’elle. Peut-être qu’ils se complètent dans un certain sens. Pitoyable chacun à leur manière.

Il se trompe, Douglas, il se fourvoie. Ce n’est pas parce qu’il cherche à vivre reclus, à s’exclure loin des autres, à fuir le contact humain et les émotions qui vont de pair, qu’il n’a rien à oublier, rien à regretter. Il a beau dire ce qu’il lui chante, il n’est pas un robot, il est humain. Un être humain avec ses doutes, ses remords et un passé. Il est loin d’être sain, son esprit, si vous voulez son avis pas bien éclairé. Il n’attend rien de personne, il n’offre rien en retour, ce n’est même plus un instinct d’auto-préservation, c’est ce qui causera sa perte. À force de prendre ses distances avec la civilisation, il risque de devenir fou. Déjà qu’elle le nourrit, qu’elle l’oblige à dormir, à prendre du temps pour lui. Alors, elle se répète, ce n’est pas sain, non, il ne l’est pas. « Je prends note. Pas de regrets, rien à oublier. On dirait bien que ta vie est parfaite. » qu’elle réplique, ironique bien évidemment. La perfection, ce n’est qu’une illusion et franchement, ça à l’air d’être bien chiant comme illusion. « Tu te trompes sur mon compte. Je sais me préserver. » Elle se préserve de tout un tas de personne, parce qu’elle n’aime pas s’attacher, pas depuis que le monde est parti en vrille. Elle peut compter sur les doigts d’une main les personnes susceptibles de la blesser, de lui causer de la peine, les personnes auxquelles elle tient. Reese, Mina, peut-être même lui. Et, plus récemment, Harrison. Pourtant, elle s’est obstinée à le repousser, elle n’a fait que ça, elle n’a tout simplement pas réussi à contrer sa ténacité, son optimisme à toute épreuve. Sincèrement, pourquoi croyez-vous qu’elle se montre aussi odieuse et irritante envers la plupart du commun des mortels ? Pour ne pas s’attacher, pour ne pas risquer d’être déçue, d’agrandir le panel de personnes qui comptent et qu’elle peut éventuellement perdre. « Enfin j’essaye, mais je ne suis pas infaillible. Parfois, les gens sont tenaces, plus tenaces que moi. Et, mon sale caractère ne suffit pas à les distancer. » D’une traite, elle termine son verre, tirant la grimace. Elle n’aime pas vraiment ça, l’alcool. Par contre, cette conversation, avec Douglas, se révèle beaucoup plus inattendue et apaisante qu’elle ne l’imaginait. « Je n’ai pas encore atteint ton niveau. Peut-être un jour, bien que je ne sois pas certaine que la solution réside dans le fait de vivre reclus et de ne plus avoir aucun espoir en l’humanité. » Parfois, elle se demande encore pourquoi est-ce qu’il s’obstine à se tuer à la tâche, à tenter de concocter des remèdes médicinaux, puisqu’elle a la sensation qu’il a perdu foi en le monde. « Pourquoi est-ce que tu te tues à élaborer des médicaments au juste ? » La question lui semble justifiée et intéressante. Après tout, personne ne l’oblige à travailler pour Anita, à trouver un moyen de guérir les hommes. Finalement, il est également en parfaite contradiction avec lui-même.

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MessageSujet: Re: (I) be lonely together + douglas   Mer 6 Déc - 1:55

Plus les minutes s’engrangent, plus les questions s’alignent dans l’esprit las du scientifique. Pourquoi a-t-il saisi ce verre ? Pourquoi se ressert-il machinalement ? Pourquoi ne parvient-il pas à se mordre la langue et à se taire ? Pourquoi faut-il que ça l’irrite de voir la blonde se démener avec ses propres démons ? La migraine peut presque poindre s’il n’y fait pas attention. Illustration relativement correcte des raisons qui l’amènent à s’isoler. L’énigme que représente l’être humain l’épuise et il déteste perdre son temps dans une entreprise qui n’est vouée qu’à l’échec. L’échec, voilà ce qui le dérange au plus haut point. Et son parcours en a été parsemé. Souvent et principalement par sa faute d’ailleurs. Le seul endroit où il ne peut pas perdre, c’est normalement là, auprès de ses éprouvettes. Le seul domaine où son contrôle lui parait absolu. Cela a quelque chose de rassurant. Sans doute que c'est la seule chose qui lui ait apporté un tel réconfort et ça, sans conditions. Rien ne peut égaler une valeur sûre. Mais se pencher sur ce fait finirait par vraiment lui donner mal au crâne, alors, il ne s'y aventure pas et se contente d’ingurgiter son second verre de whisky en écoutant le discours de son interlocutrice bien décidée à abuser d’ironie.

Douglas soupire, fait tourner entre ses doigts son récipient vide. Le goût de l’alcool lui râpe encore la langue et le ramène quelques décennies en arrière. Il se perd un peu mentalement avant de revenir à ce que Rory lui a exprimé. Il ne sait plus tant s’il tente de la raisonner ou s’il cherche à se justifier. « Elle n’a pas à être parfaite. Tant qu’elle est simple, on peut déjà s'estimer heureux. Et on ne peut pas en dire autant de la tienne en ce moment. Enfin peut-être a-t-elle toujours été compliquée pour toi pour ce que j’en sais. Tu dois être le genre de fille à aimer se prendre la tête. Comme la plupart des femmes d’ailleurs. » L’amertume en bordure des lèvres et Ophelia hantant sa cervelle. Combien de scènes de ménage, combien de crises futiles auxquelles il ne répondait pratiquement pas. Tu ne communiques pas. Mais elle, non plus de toute façon. Crier et s’acharner sur la vaisselle, ça n’a jamais fait ses preuves en matière de communication après tout. La mâchoire rejoint la paume avec harassement. « J’ai du mal à imaginer quelqu’un de plus tenace que toi… Tu dois te tromper quelque part dans ce raisonnement. » Bien entendu, elle ne réalise pas que quelque chose en elle cherche compulsivement l’autre. Sinon ils n’en seraient pas là pour commencer. Elle ne se serait pas octroyée cette place privilégiée dans l’Univers bien réduit de cet homme reclus. Et elle n'alimenterait pas les potins à l'heure actuelle. La jeune femme n’a rien de nocif, elle. Et en cela, ils sont complètement différents. Du moins, de son point de vue. Mais il se gardera bien de lui dire.

La grimace de sa protégée le fait ricaner quelque peu. N’était-ce pas elle qui voulait absolument consommer ce nectar ? « Encore un verre peut-être ? » Une excuse pour se resservir à son tour. Il n’attend même pas sa réponse et verse le liquide ambré dans les deux  contenants. Plus vite, ça sera englouti, plus vite, ils pourront passer à autre chose. Il se le répète en boucle en sachant pertinemment quelque part au fond de lui, qu’il suit cette pente pour une toute autre raison. « Quand on attend rien de personne, on ne peut pas être déçu. Ce n’est pas plus compliqué que ça, Rory. » réplique-t-il avec un semblant d’autorité dans la voix. Comme si sa parole ne pouvait être remise en cause, qu’elle n’était que vérité absolue. Comme si lui-même ne doutait pas de ses propres propos.  Il reprend seulement une gorgée avant de daigner répondre à la question lancée. « C’est ce pourquoi je suis programmé. Je ne sais faire que ça au cas où ça t’aurait échappé. Pourquoi crois-tu que je fasse ça sinon ? » Aussi triste que ça, au fond. Aucun sens à son existence, si ce n’est ce boulot pour lequel il s’est toujours révélé plus ou moins compétent. Et comme pour faire écho à ce qu'il tente de tarir à l'aide de la boisson, il rebondit à retardement à un détail propulsé. « Les regrets ne servent à rien. S’attarder sur ce qu’on ne peut de toute façon pas changer, en quoi ça peut être constructif ? Sais-tu au moins faire preuve de pragmatisme parfois ?  Et après tu me diras que tu sais te préserver… » Il se moque gentiment avant de mettre à nouveau le nez dans son récipient. Elle est plus jeune, trop jeune sûrement pour comprendre totalement. Les erreurs qu’elle a collectionnées, sont dès lors moindres. Peut-être qu’il lui souhaite quelque part. Et peut-être pas. Après tout, elles sont plus formatrices que tous ces discours qu’il lui balance afin de s’assurer qu’elle ne se trompera de voie.
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MessageSujet: Re: (I) be lonely together + douglas   Jeu 28 Déc - 20:19



solitude (n) sentiment partagé par tellement de gens qu'il serait extrêmement égoïste d'éprouver cette solitude tout seul.

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Elle arque un sourcil perplexe face à la soudaine misogynie amère de Douglas Reed. C’est nouveau ça. Est-ce qu’il y aurait anguille sous roche ? Une femme en cause ? Surement. Il prétend avoir une vie simple, pour autant l’âcreté de ses mots le trahit. Elle ne compte pas le confronter, pas aujourd’hui, elle repousse l’échéance. Une nouvelle énigme à élucider à propos du mineur donc. Elle l’ajoute à sa liste. Pour l’instant, ce qu’elle retire de cette petite tirade, c’est qu’il a tout bonnement tort. Une fois n’est cependant pas coutume. La complexité est, il est vrai, un concept auquel elle s’est déjà confrontée à maintes et maintes reprises. Peut-être la cherche-t-elle ou peut-être pas, dans le premier cas ce n’est certainement pas intentionnel, elle n’est pas encore maso à ce point. C’est la vie qui en elle-même est incroyablement compliquée, parsemée d’embuches indésirables, comme si l’existence même n’est autre qu’un simple test bien souvent voué à l’échec. Il faut dire qu’elle a mal débuté la sienne. Diagnostiquée diabétique de type I à l’âge de cinq ans, le départ est mauvais. Elle débute sa vie d’adulte par une fin du monde incluant la relève des morts, second échec. La première moitié de sa vie post-apocalyptique est partagée entre la perte de ses parents et l’engrenage d’une secte de laquelle elle est prisonnière, double malus. Puis, Olympia, l’attaque des chacals, maintenant la Mine, un quotidien insipide. Elle ne fuit pas la simplicité, c’est plutôt la simplicité qui semble prendre ses jambes à son cou dès qu’elle aperçoit Rory Wheeler. Sacrée chienne cette foutue simplicité.

Elle ne lui répond pas, pas besoin, le liquide ambré trône à nouveau fièrement dans le verre. De toute façon, un verre de plus, un verre de moins, qu’est-ce que ça peut faire ? Si, elle souhaite oublier, s’embrumer l’esprit, plus d’alcool est nécessaire. Presque instantanément, elle porte le verre à ses lèvres. Le second passe mieux. Elle roule des yeux, niant l’autorité pointant dans la voix de Reed. Pas plus compliqué que ça. Il est de retour avec sa simplicité à la con, il n’en démord pas. Ne rien attendre de personne, c’est comme demander la lune, impossible. On ne pas peut passer la restant de ses jours à éviter le monde entier, ne rien attendre de ce dernier. Inconsciemment, on attend toujours quelque chose de quelqu’un. Pour un homme qui consacre la majorité de son temps à concocter des remèdes afin de venir en aide aux autres, c’est plutôt ironique, d’où la question. Et, la réponse est plutôt banale, presque décevante. Aucune explication, il se contente d’une phrase toute faite. « Je pense que tu te sous-estimes un peu. On n’est pas des machines, on n’est pas programmable. » Si c’était le cas, elle aurait il y a de cela longtemps changé de mode, basculé vers la fonction zéro sentiment, zéro émotion. L’entièreté de ses problèmes s’envolerait en un claquement de doigts. Un rêve éveillé. Elle soupire suite aux paroles de son mentor, replonge le nez dans le verre. Oui, elle sait se montrer pragmatique. Non, elle n’est pas stupide. Et, pour ce qui est des regrets, autant en tirer des leçons plutôt que de tracer son chemin sans s’y attarder, non ? « Je pensais que l’alcool aurait le mérite de te rendre drôle. » Elle ne sait pas quoi lui répondre exactement. Elle a le sentiment que, peu importe ses mots, il la considérera comme une jeune écervelée. « Je ne suis pas certaine que vivre reclus dans un pseudo laboratoire bancal soit une meilleure technique de préservation. » Nier les problèmes, fuir les regrets, ignorer le passé, ça porte un nom, ça s’appelle le déni. « Le déni, que tu surnommes souvent pragmatisme, ce n’est pas vraiment mon truc. » Enfin, ça dépend des jours. Refuser ses sentiments envers Harrison par exemple, c’était bel et bien du déni. « Enfin, on a beau dire, on est encore tous les deux de ce monde, alors faut croire que peu importe la technique qu’on s’emploie à suivre, ça paie d’une manière ou d’une autre. » Ils ont au moins ce mérite. Elle termine son verre, soupirant pour la millième fois. « On se croirait dans une mauvaise série de The CW. » Scène quelconque d’un épisode barbant d’une série post-apocalyptique à la mode. Pour sûr que The CW aurait signé.

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MessageSujet: Re: (I) be lonely together + douglas   Ven 12 Jan - 1:33

Les mots volent et il ne sait déjà plus s’il éprouve l’envie de les rattraper. Rory gravite peut-être dans son monde immédiat, il n’empêche que sa trajectoire n'entre jamais en collision avec la sienne. La blonde se tient dans une dimension, certes, plus proche que ce qu’il aurait pensé, mais qu’elle ne peut pas interagir totalement avec la sienne. C’est là tout son problème de toute façon à Douglas. Personne n’a réussi à se tenir là où il subsistait. Ophelia a effleuré du bout des doigts sa réalité. Et Roxana, elle y a posé le bout de sa semelle sans jamais oser s'y engouffrer. Peut-être aurait-il dû l’y trainer de force. Encore aurait-il fallu qu’on lui explique comment faire. Il se sent bien con à fixer le fond de son verre en s’attendant sans doute à ce que quelque chose dans leur conversation trouve un certain sens. Le pragmatique sent ses propres convictions lui échapper quand bien même il s’entend les clamer. A la moindre fissure qu’il laisse se créer dans son esprit d’acier, le doute s’insinue. Le déni a des limites que même lui ne peut toujours refouler. Il tente d’orienter ses pensées vers d’autres détails. Ses ongles grattent la table distraitement alors qu’elle poursuit toujours. Sa seule véritable alliée dans ce recoin du monde et elle lui sert des phrases qui ne signifient rien pour lui. Survivre, le mot en dit déjà assez long. Et ça semble suffisamment révélateur sans qu’il ait à ajouter quoi que ce soit. Ça n’a rien d’un exploit, rien d’une victoire.  Persister dans un milieu hostile relève de la logique et du sang-froid trop souvent. Ça ne leur octroie pas le mérite de la technique. Ils ont peut-être juste été chanceux, le hasard, les probabilités ont leur part dans cette histoire.

L’index souligne le bord du récipient lentement. Il y a plus d’une question existentielle qu’il ne sait jamais posée. Ou du moins, qu’il a sciemment évité et ça, bien avant l’épidémie. Inutile de préciser que plus que jamais, il ne souhaite pas s’y pencher. « Dans les navets qu’on nous servait à la télé, les personnages avaient sans doute le mérite d’être drôle, au moins. » Qu’il grommelle entre ses dents serrées. « Je ne vois pas pourquoi je devrais me montrer soudainement amusant. Quand on voit ce qui se passe à l’extérieur - et même au-dedans, il n’y a pas de quoi être particulièrement enjoué. On est pas fichus d’élaborer un remède correctement. Si tu voulais rire un peu, il fallait t’adresser à quelqu’un d’autre. » Un peu trop sévère malgré lui. La discussion pèse plus qu’il ne l’aurait pensé sur sa conscience. L’acharnement de son interlocutrice à faire tomber quelques-uns de ses masques l’épuise. Communiquer n’est définitivement pas son fort, même quand il apprécie la compagnie. D’un coup sec, il écarte définitivement le contenant et fixe un instant les prunelles adverses avec une certaine raideur. «  Survivre n’est pas signe de préservation. Tout juste d’intelligence. Et certes, de ça, tu n’en manques pas. » Un compliment qu’il lui doit bien après l’avoir provoqué plus tôt. Il le pense de toute manière. Il n’a pas la patience de traiter avec les gens qu’il juge stupides. Bien loin de se laisser emporter par son soudain accès de bienveillance, il attrape quelques documents pour signifier à son invitée qu’il serait temps de s’atteler à la tâche.

Et au cas où, elle aurait manqué ce fait, le quadragénaire le lui glisse avec moins de subtilité. « Je crois qu’on a assez tergiversé. » Sa conclusion parachève sa démarche et met définitivement un terme à ce moment d’égarement. « Je ne suis définitivement pas la bonne épaule sur laquelle tu peux pleurer, si c’est ça que tu es vraiment venue chercher. Tu te dénicheras sans doute quelqu’un d’autre dans peu de temps et tu l’oublieras vite celui-là. Y a rien d’éternel, rassure-toi. »  L’amertume, encore. Les peines de cœur sont risibles en cela qu’elles vont et viennent, inévitables, inéluctables. A croire que l’être humain ne s’y fera jamais. Et il ne sait pas pourquoi ce sujet l’agace autant. Sans doute parce qu’il n’a jamais, lui-même, réussi à se raisonner totalement là-dessus. Ou bien parce qu’il s’agit de Rory et qu’il est bien plus concerné par son propre bien-être psychique qu’il ne l’aurait souhaité. Les yeux ramassent les lignes tracées sur le papier. Il est l’heure d’effacer tout ce brouillard mental et de se murer dans ce qu’il fait de mieux. Sa belle fuite dans le travail. Là où au moins, il a la sensation d’aller seulement de l’avant. Là où au moins, il contrôle tout. Une grimace devant l’impasse qui s’aligne sous son regard éreinté. Enfin, pratiquement tout.

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