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 (IX) ce que j'aime chez toi, c'est ta faculté inaltérable à me décevoir + abel

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Peyton Yates
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MessageSujet: (IX) ce que j'aime chez toi, c'est ta faculté inaltérable à me décevoir + abel   Jeu 25 Mai - 18:49

abel & peyton
«  ce que j'aime chez toi,
c'est ta faculté inaltérable à me décevoir.
Elle ne peut réprimer une légère grimace, alors qu’Iris s’obstine à s’attarder sur son épaule fraîchement remise à neuf. « Tu as eu de la chance. » Elle sourit à cette remarque, remarque répétitive lui vrillant les tympans depuis des semaines. Dans ce monde, tout est une question de chance. Facteur indéniable. « Évite de forcer et n’oublie pas les étirements. » Autrement dit, évite d’user de tes forces dans le but de frapper du rider et arrête de te négliger. Traduction fidèle, elle en est certaine. « Je m’y emploierai. » Elle ne peut rien promettre, pas tant que les cavaliers seront dans le coin, pas tant que Winona Jackson s’occupera des livraisons, pas tant qu’elle n’arrivera pas à refréner ses pulsions colériques. C’est encore frais pour elle, elle dont le sens du contrôle est si aiguisé, en temps normal du moins. Elle s’en veut, un peu, ou pas en réalité. Ça défoule, il faut bien le reconnaître. Elle, qui a tendance à tout réprimer, ça soulage. Sur le coup en tout cas. « Merci. » Enfin, elle est complètement débarrassée de cette attelle de fortune, pas trop tôt. Se sentir inutile ou faible, ce n’était pas franchement pour lui plaire. « Ça ne signifie pas pour autant que tu as le feu vert pour tabasser d’autres cavaliers, je dis ça comme ça. » L’infirmière et la leader se dévisagent un court instant, fou rire au bord des lèvres, avant que l’écho de leurs rires n’envahit complètement la pièce. Ils sont rares, ces moments où elle ne songe pas au reste, à tout ce qui va mal, ça lui manque.

La porte du bâtiment grince et sitôt, les éclats de joie s’estompent, tandis que ses pupilles rencontrent la silhouette d’Abel Rhodes, en chair et en os. Il n’a pas tardé. « Abel. » Pas de courtoisie vaine, à quoi bon ? Déjà, qu’elle se doit d’étouffer son énervement vis-à-vis des dernières révélations, pas l’envie ni le courage de faire comme si de rien n’était. « Tu peux nous laisser, s’il te plait ? » Ce n’est pas vraiment une question. Iris s’exécute sans tarder, les laissant seul, souhaitant probablement échapper au plus vite à cette ambiance lourde et malaisante. Ça n’augure certainement rien de bon, rien de positif. Elle se relève, réajustant son haut par la même occasion. Par où commence, au juste ? Question judicieuse. Elle ne lui doit rien, après tout. Aucune réponse, aucune justification. Est-ce qu’elle y a droit, elle, à des explications ? Non. En réalité, elle a totalement conscience qu’elle risque d’exploser à l’entente du nom de Winona Jackson. Elle n’est qu’une bombe à retardement concernant ce sujet pour le moins sensible. Elle a déjà l’envie irrésistible de lui hurler qu’il est con, stupide, qu’il la blesse, que ses agissements ont des conséquences, se répercutent sur elle. Elle se fait violence, s’abstient. Parce que, ça lui prouverait l’intérêt trop grand et les sentiments trop présents qu’elle éprouve à son égard, parce que ça la placerait en mauvaise posture, en position de faiblesse. « Donc, tu es là pour me sermonner ou comment ça se passe ? » En tout cas, étant donné la générosité de la livraison précédente, preuve de sa bonne foi, il n’est pas ici pour contester cette dernière. Alors, forcément, l’incident Winona Jackson doit plus que probablement être à l’origine de sa visite. Pour un nez cassé, franchement, songe-t-elle, roulant des yeux par la même occasion, y'a pas de quoi en faire toute une histoire. Et puis, ce n’est pas comme si elle ne l’avait pas averti de son aversion pour la cavalière lors de leur dernière entrevue. Elle ne demandait pas grand-chose, après tout, une autre personne chargée de cette tâche, personne à laquelle elle n’aurait pas l’envie de refaire le portrait, ou ne serait-ce qu’il muselle Jackson au mieux, mais non, c’était bien évidemment trop compliqué à gérer pour lui. Mais, maintenant que le mal est fait, il s'en inquiète, forcément.  

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Abel Rhodes
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MessageSujet: Re: (IX) ce que j'aime chez toi, c'est ta faculté inaltérable à me décevoir + abel   Ven 26 Mai - 23:03




PEYTON & ABEL


« ce que j'aime chez toi,
c'est ta faculté inaltérable à me décevoir


Il n’était pas le bienvenu ici. Il le savait déjà avant de s’inviter sans prévenir dans la pièce dont les murs n’avaient pas arrêté les éclats de rire, mais il s’en rendait d’autant plus compte au vu du silence brusquement tombé à son irruption à l’intérieur, des regards auxquels il avait eu droit. Il n’était pas le bienvenu, mais il s’en souciait comme d’une guigne : ça ne changeait pas grand chose par rapport aux fois précédentes où il s’était autorisé l’entrée dans la ville, surtout les dernières.
Abel observa Iris jusqu’à ce qu’elle soit sortie de la pièce et la porte refermée derrière elle, puis retourna son attention vers Peyton. Pas un mot de politesse (elle n’en avait pas eu davantage pour lui de toute manière) ne franchit ses lèvres alors qu’il se contentait de la dévisager, coi – pour l’instant du moins. Et guère pour longtemps. Un rictus en coin s’installa sur ses lèvres, sarcastique, alors qu’il l’écoutait, mais son regard resta froid et aucune chaleur ne se dégageait de son attitude un peu raide. Forcément, il ne venait pas ici pour des bonnes nouvelles, ni même parce qu’il en avait eu envie. Et si revoir Peyton n’était pas la partie la plus désagréable de l'entreprise, la raison qui l’avait amené jusqu’ici était, quant à elle, bien assez contrariante pour dépasser tout le reste. Il avait préféré ne pas laisser traîner l’histoire en se rendant sur place immédiatement mais, forcément, interrompre son activité pour apprendre ce genre de nouvelle ne l’avait pas placé dans les meilleures dispositions. « A ton avis ? » il lâcha d’une voix encore calme, sa colère encore bien entravé quelque part loin de la surface. « Ou bien tu préférerais des louanges, peut-être ? Dis-moi. » L’ironie était palpable, bien sûr, et tout à fait prévisible. L’incident avait été très mal reçu, comme on pouvait logiquement s’en douter, mais sûrement s’était-elle attendue aux conséquences de ses actes, l’inverse aurait été étonnant. « Quand tu parlais de lui refaire le portrait, je ne pensais pas que tu appliquerais tes propos au sens littéral du terme. » Simple constatation : il avait tout de même été surpris quand on l’avait mis au courant. Il savait très bien l’aversion (à priori partagée) qu’elle nourrissait à l’égard de Winona Jackson mais avait volontaire choisi de l’ignorer, probablement dans le but non avoué de lui taper sur le système. Force lui était d’admettre que cela avait un peu trop bien réussi. « Je ne te cache pas que je ne suis pas bien sûr de savoir comment interpréter ton acte. Il me semblait, la dernière fois que nous avions parlé des problèmes relatifs à cette cohabitation entre tes survivants et les miens, qu’il n‘y avait que mes cavaliers pour être des brutes stupides et querelleuses. Si je me souviens bien, c’était même le cœur du problème. Forcément, je suis perplexe. » Bien sûr qu’il se fichait ouvertement d’elle. Comme s’il allait s’en priver, après le trajet qu’il venait de se taper et dont il aurait largement préféré se passer. Il ne quittait plus guère les terres de son ranch ces derniers temps, et ne le ferait pas tant que la situation ne se serait pas franchement arrangée. Pas envie de revenir pour se découvrir une révolution sur les bras, qui aurait profité de son absence pour entrer en ébullition. « Enfin, je suppose que tu as une explication parfaitement valable à me donner pour justifier ton comportement, non ? » Il ne prétendrait pas ne pas déjà avoir sa petite idée sur le sujet, il n’était tout de même pas à ce point aveugle, mais il voulait l’entendre de sa propre bouche.


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Peyton Yates
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MessageSujet: Re: (IX) ce que j'aime chez toi, c'est ta faculté inaltérable à me décevoir + abel   Sam 27 Mai - 11:57

abel & peyton
«  ce que j'aime chez toi,
c'est ta faculté inaltérable à me décevoir.
Encore une fois, elle est aux premières loges pour assister au sarcasme cuisant d’Abel Rhodes. Ça ne lui a pas réellement manqué. Elle s’y attendait, à cette rencontre. Peut-être pas aussi rapidement ou, peut-être, avait-elle espéré qu’il ne vienne pas du tout. Trop beau pour être vrai. Quand il s’agit de lui remettre les pendules à l’heure, il ne manque pas l’occasion. Il ne manque certainement pas de culot non plus d’ailleurs. Il n’est pas franchement le mieux placé pour la sermonner, aux dernières nouvelles, il est loin d’être un modèle de calme et de sang-froid irréprochable. Alors, sincèrement, la démarche est déplacée.

Son avis. Parce qu’il compte son avis à elle ? Bien sûr que non, il n’est que vaguement étudié à chacune de leurs entrevues. Seul l’avis du leader du ranch a de la valeur, n’est-ce pas ? Elle ne pensait pas pouvoir être plus contrariée qu’elle ne l’est déjà, le fait est, que c’est le cas. Sa simple présence lui donne envie d’hurler. Elle ne veut ni le voir, ni l’entendre, qu’il disparaisse de sa vie, ce ne serait pas du luxe. Elle retient de justesse un léger rire. Des louanges, oui, ça lui semblerait bienvenu. Ce n’est pas comme si Winona Jackson n’en agaçait pas plus d’un, avec ses sourires hypocrites, ses joutes verbales salées et son attitude surjouée.  La fausseté dans toute sa splendeur a bel et bien un nom. « Peut-être que tu devrais penser plus souvent. » Peut-être qu’il devrait prendre en compte ses remarques, son avis. À force de ne pas l’écouter, on se retrouve avec un problème supplémentaire sur les bras. Et, qu’il le veuille ou non, il est en partie responsable de ce qu’il s’est passé, il l’a cherché. Mais ça, il ne doit même pas le concevoir.
La tirade suivante lui demande un sens du contrôle hors pair. Est-ce que c’est possible, de se foutre encore plus de sa gueule, ou est-ce qu’ils ont atteint le summum ? Et, encore une fois, cette remarque, elle est la preuve qu’il ne l’a pas écoutée. Elle a toujours reconnu les torts partagés, les Olympiens ne sont pas de blanches colombes, elle n’en est pas une. Le cœur du problème est fatalement la présence des cavaliers au sein de la ville, mais jamais, elle n’a remis l’entièreté de la faute sur les riders. Après tout, ils sont tous humains. À croire qu’ils ne se comprennent même pas ou qu’il ne cherche pas à la comprendre, c’est plutôt ça. Mais, s’il veut jouer là-dessus, très bien. « Faut croire qu’à force de fréquenter de trop près des riders, ils ont tendance à déteindre sur nous. » Ou tu déteins sur moi, au choix. Elle ne voulait pas entrer là-dedans, dans ce cercle vicieux, être puérile, mais sincèrement, il ne mérite pas qu’elle fasse des efforts pour lui. Et puis, c’en est trop. Elle n’a plus envie de tout réprimer. Un rire mesquin s’échappe de ses lèvres, il est incroyable tout de même. Il se fout d’elle ? Depuis quand, est-ce qu’elle se doit de lui justifier son comportement ? « Parce que je te dois des explications maintenant ? Permets-moi d’en douter. » À en déduire par la réaction et la présence du cavalier, ce qui s’applique à elle ne s’applique pas à lui. Elle devrait donc faire l’effort de justifier ses actes, alors qu’il ne prend même pas la peine d’en faire de même. Elle a presque envie de lui tendre un miroir, qu’il contemple son propre reflet, qu’il constate qu’il est bien le dernier à pouvoir exiger quoi que ce soit d’elle. Il ne mérite pas ses explications. Il ne mérite même pas qu’elle lui accorde un tant soit peu d’importance. « Tu t’es déplacé pour rien. Tu ne voulais pas t’occuper du problème Winona, je m’en suis chargée. C’est aussi simple que ça. » Chargé est un bien grand mot, mais au moins s’est-elle défoulée. De toute façon, encore une fois, il est mal placé pour lui reprocher ses méfaits. Le recours à la violence, c’est le credo d’Abel Rhodes. L’exemple de Billie Trager étant le plus récent. « Je n’ai rien d’autre à ajouter. » Elle n’esquisse même pas un pas vers la sortie, se contente de croiser les bras contre sa poitrine. Ce n’est pas comme s’il comptait lui laisser le choix, la laisser prendre la fuite. Alors, elle n’essaie pas, s’obstine simplement à fermer la discussion dans l’espoir vain qu’il s’en satisfera. Elle se meurt à petit feu, à force d’espérer.

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Abel Rhodes
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MessageSujet: Re: (IX) ce que j'aime chez toi, c'est ta faculté inaltérable à me décevoir + abel   Dim 28 Mai - 19:17




PEYTON & ABEL


« ce que j'aime chez toi,
c'est ta faculté inaltérable à me décevoir


Elles avaient tout de même été rares, les entrevues qui avaient démarré d’un aussi mauvais pied. Et celle-là, elle promettait dès le début de battre tous les records, en ce qu’il apparaissait évident que ni l’un, ni l’autre, n’avaient ne serait-ce que songé à faire un effort afin d’éviter la dégringolade. Dès lors, ce n’était plus qu’une question de temps avant que ça ne dégénère sérieusement, à savoir lequel des deux craquerait le premier alors qu’ils ne se contentaient, pour l’instant, que de cette espèce de colère froide qui s’exprimait par le sarcasme à outrance et cette agressivité en filigrane de leur attitude respective. « Vraiment ? » La volonté de Peyton de mettre déjà fin à la conversation était on ne peut plus évidente, et valait bien celle qu’avait Abel à ne pas s’en tenir à juste ça. Comme s’il allait la laisser filer aussi aisément ! Elle devait savoir, depuis le temps, que ce n’était pas comme ça qu’il fonctionnait et son attitude fermée ne suffirait pas à venir à bout de lui. « Je me suis déplacé pour rien ? Et tu penses sérieusement que je vais me contenter de ça et juste accepter ce que tu as fait ? Tu te fous de la gueule de qui, au juste ? » Ça lui importait peu, à Abel, de savoir que les éclats de sa voix qui commençait à s’emporter traversaient la porte, qu’ils étaient dans un lieu public et que n’importe qui passant un peu trop près de la pièce pourrait saisir la conversation. A cet instant, il n’y songeait même pas, toute son attention fixée sur une seule et unique personne. « Comme si tu pouvais frapper impunément un de mes cavaliers et te penser hors d’atteinte des conséquences d’un tel acte. » parce que s’il voulait jouer au con, et on savait très bien qu’il avait un talent tout particulier dans ce domaine, Abel aurait pu interpréter ce geste de beaucoup de manières différentes :  ce ne serait pas le premier conflit à démarrer sur un geste d’apparence aussi anodine.  « Surtout Winona », il rajouta, appuyant et insistant encore plus sur le point sensible. S’en prendre aussi ouvertement à quelqu’un dont on savait qu’elle était proche du leader de son clan, ce n’était pas vraiment un acte qui pouvait être aisément ignoré. En humiliant publiquement la raider de la sorte c’était lui, derrière, qui se recevait cette même humiliation. Alors, forcément, ce geste était reçu comme un affront personnel, et serait traité comme tel : il ne fermerait pas les yeux dessus et, non, il ne serait pas venu ici pour rien comme elle l'affirmait : Abel escomptait bien, à la fin de cette entrevue, avoir remis les pendules à l’heure. Et peu importait ce que ça lui en coûterait de le faire.


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Peyton Yates
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MessageSujet: Re: (IX) ce que j'aime chez toi, c'est ta faculté inaltérable à me décevoir + abel   Dim 28 Mai - 21:10

abel & peyton
«  ce que j'aime chez toi,
c'est ta faculté inaltérable à me décevoir.
Ce n’est pas une confrontation habituelle, une dispute banale, comme les autres. C’est bien plus. Les sentiments sont en jeu, les siens. Une colère sourde gronde au fond d’elle, elle la réprime, usant de toutes ses forces, mais elle a la sensation de se fatiguer en vain. Rien ne pourra éviter les haussements de voix, les mots qui fâchent autant qu’ils blessent, et puis, enfin, la déception. Parce qu’elle sera déçue, comme toujours, désenchantée, une fois de plus. Elle méprise sa propre obstination à ne rien lâcher, à persévérer dans ce qui s’avère surement être la plus stupide des erreurs de son existence. Elle a un nom, cette erreur, c’est Abel Rhodes. Peut-être que Winona est le faux-pas de trop, peut-être, qu’enfin, elle abandonnera pour de bon le cas désespéré qu’est le cavalier. Parce que c’est ce qu’il est, rien de plus. Et, elle, elle est juste déraisonnable, peut-être entêtée.

Il aurait dû, pour une seule et unique fois, accepter sa fuite. Elle aurait aimé. Mais, à la place, il est fidèle à lui-même, persistant dans la confrontation. Elle n’est pas surprise, simplement découragée par la suite qui s’annonce venimeuse. Les mots résonnent dans la pièce, s’échappant de ses lèvres, la colère difficilement contrôlée, le regard froid. Pour l’instant, on se demande bien qui se joue de qui. Il devrait, se contenter de si peu, de son attitude fermée, parce que ça vaut mieux, mieux que la multitude d’émotions refrénée, camouflée, sous une épaisse couche d’indifférence. « Oui, tu pourrais te contenter de ça, éviter une énième dispute et tourner les talons. » Dernier avertissement, dernière mise en garde. Leurs regards se cherchent, ne se quittent pas, expriment leurs rancœurs communes. À cet instant précis, une infime partie d’elle espère son salut, un olympien ayant besoin de soin, la cherchant, rompant cette tension saturant désormais la pièce. Rien ne se produit, aucun miracle, aucun secours. Et, sans grande surprise, il brise leur dernier espoir d’éviter un sérieux accrochage.
Un goût âcre caresse ses papilles, les dents profondément ancrées dans la chair, mutilant l’intérieur de sa joue, le contrôle lui filant entre les doigts, s’évaporant à chaque nouvelle parole. Qu’est-ce qu’il veut, au juste ? Qu’est-ce qu’il cherche ? Est-ce qu’il est tout simplement trop aveugle pour ne pas déceler sa jalousie ? Pour ne pas entrapercevoir son orgueil blessé ? Aveugle, ça doit être ça, aucune autre explication ne lui vient à l’esprit. Elle a envie de répondre, de rétorquer. Aucun son ne daigne franchir le seuil de ses lèvres, il n’y a plus que l’aigreur, le courroux animant chaque parcelle de son être. Et, la goutte de trop. Winona Jackson, encore Winona Jackson. Comme si elle était unique, comme si elle représentait tout à ses yeux. Elle s’avance de quelques pas, sans aucune intention particulière, si ce n’est contourner le rider et s’extraire de l’infirmerie, comme elle l’avait prévu quelques instants plus tôt. Mais, il est là, dressé devant elle, bien droit, l’air supérieur agitant ses traits. Puis, elle réalise, qu’il appuie sur le point sensible en toute connaissance de cause, que c’est voulu, calculé. Elle peut encore s’en tenir à son plan initial, même si elle sait qu’il l’empêcherait de détaler de la sorte, mais peut-être que ça limiterait les dégâts, peut-être que ça limiterait la casse. Trop tard. Le poing se resserre fermement, les jointures blanchissent, elle n’écoute pas sa voix intérieure, celle de la raison, non, et les phalanges s’écrasent contre la pommette déjà meurtrie du cavalier. Le geste est impulsif, dirigé par une colère trop forte, insurmontable. Ça ne l’empêche pas d’avoir conscience de son écart, de son acte, des représailles envisageables. Elle recule de quelques pas, le temps qu’il assimile la situation. « Maintenant, on peut parler des conséquences de mes actes. » Le timbre est effronté, ferme, pas le moins du monde vacillant. Elle n’est pas effrayée, plus maintenant. Peut-être qu’elle n’est pas juste déraisonnable et entêtée, mais également inconsciente.

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MessageSujet: Re: (IX) ce que j'aime chez toi, c'est ta faculté inaltérable à me décevoir + abel   Dim 28 Mai - 23:58




PEYTON & ABEL


« ce que j'aime chez toi,
c'est ta faculté inaltérable à me décevoir


A la voir s’avancer ainsi vers lui, il avait pu imaginer son intention de quitter les lieux, s’était préparé à la retenir (de force, s’il le fallait), l’obliger à l’affronter ce face-à-face qu’elle le veuille ou non. Ce qu’il n’avait pas prévu, en revanche, c’était la soudaine agressivité de l’olympienne. Et, s’il pouvait d’habitude se targuer d’avoir des réflexes relativement bons, le poing s’écrasa contre sa joue sans qu’il n’ait le temps d’esquisser le moindre geste visant à l’en empêcher. La surprise le disputa au choc– elle n’avait pas retenu sa force – et il n’eut d’abord aucune réaction en dehors du mouvement de recul qu’elle lui avait infligé ; sa main se porta instinctivement à son visage déjà pas bien arrangé et, sur quelques secondes, il ne dit rien, trop occupé à digérer l’information.
« J’espère que t’as bien savouré ça. » Le ton de sa voix était polaire et, dans le regard qui releva envers vers elle, la colère y était intense. Elle cherchait, Peyton. Et il n’avait pas l’habitude de laisser passer ce genre d’affront sans rendre la pareille : pour ça au moins il n’était pas avare. Pourtant, il ne bougea pas, ne chercha pas à s’avancer vers elle, à lui rendre la monnaie de sa pièce immédiatement. « Et puis, tu ne pourras pas dire que tu n’avais pas été prévenue. » Elle s’en souvenait probablement aussi bien que lui, de cette conversation qu’ils avaient eu chez elle quelques mois plus tôt. Une dispute, encore une (il perdait le compte à la longue) et il l’avait mise en garde face à ce genre de comportement. S’il y avait une raison, aujourd’hui, qui l’empêchait encore de répliquer dans la foulée, c’était peut-être cette petite voix, vague relent d’une conscience qu’il prenait le soin de museler la plupart du temps, qui lui soufflait que ce coup n’était pas immérité. Il pouvait pas juste la frapper comme ça, Peyton, même dicté par la colère et l’impulsivité, il savait qu’il n’en était pas capable (il s’en était déjà rendu compte et cette réalisation avait été amère) parce qu’il y avait, quelque part, une petite once de culpabilité pour le tarauder et freiner son geste. C’était d’autant plus rageant qu’à cet instant précis ses émotions se bousculaient et se contredisaient, son orgueil meurtri l’incitant à la revanche, serrant ses poings jusqu’à en faire blanchir les jointures de ses articulations. « Visiblement, il y a quelque chose qui te tracasses. » Difficile de passer à côté de l’ironie mordante, suintante, de ces quelques mots. Et lorsqu’il décida finalement d’avancer, les pas furent rapides, la distance comblée en un éclair alors que ses doigts, finalement relâchés, maintenaient fermement la crosse du pistolet dont le canon s’était glissé contre le ventre de l’olympienne, la forçant à reculer jusqu’à ce qu’elle se retrouve coincée. « Alors si t’as besoin de vider ton sac, c’est peut-être le moment, non ? » La menace était on ne peut plus équivoque, incarnée dans le métal froid qui se pressait contre sa peau. Bien sûr, l’arme lui permettait ce que l’immédiateté de la violence physique lui avait interdit : se mentir à lui même, s’imaginer qu’il était capable de presser la détente. Ne restait qu’à savoir si elle y verrait clair, elle, ou bien si cette faiblesse lui échapperait, trop bien dissimulée derrière sa colère brûlante.



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MessageSujet: Re: (IX) ce que j'aime chez toi, c'est ta faculté inaltérable à me décevoir + abel   Lun 29 Mai - 23:14

abel & peyton
«  ce que j'aime chez toi,
c'est ta faculté inaltérable à me décevoir.
Elle profite du calme tout à fait relatif, Peyton, se délectant du soulagement éphémère. Le silence glacial, l’atmosphère lourde, le poids de son geste. Elle n’y prête même pas une once d’attention.  Elle savoure, rien de plus. Elle n’appréhende pas réellement les conséquences prochaines, ni la tempête qui gronde, qui s’approche dangereusement. Elle assume son acte, se tenant droite, main trônant fièrement sur la hanche. Elle sait que ça ne va pas durer, cet instant d’assimilation, ces quelques secondes précédant la tempête, la colère fulminante.

Il est indécis, Abel, indéterminé, savant mélange de confusion et d’autres sentiments négatifs. Elle le voit, elle le décèle, malgré l’animosité lui rongeant les entrailles. Mais, elle, elle n’est pas aveugle, contrairement à certains. La réplique lui arrache un sourire dépourvu de joie. C’est le terme adéquat, il a misé juste. Comment ne pas savourer un tel moment ? Exutoire comme un autre. Peut-être peut-elle finalement comprendre pourquoi il y tient tant, à sa violence si caractéristique, celle dont il use et abuse. Et puis, à présent, ils ont de quoi converser plus sérieusement, parce que maintenant, elle a commis un affront digne d’une confrontation haute en couleur et surtout en cris. Un affront réconfortant, ne serait-ce qu’un peu, son ego blessé. Un affront gorgé de contrariété et de jalousie. Un affront qui aurait pu être évité. Mais, ce qui est fait est fait. Ce n’est pas comme si elle pouvait compter sur lui, quand il s’agit de ne pas la décevoir. Il est, à lui seul, qu’une succession de déception. Il tire sur la corde, de plus en plus. Sauf, qu’elle ne veut plus jouer, plus maintenant, c’est trop douloureux comme jeu, trop pénible.
Elle se tait, l’Olympienne, parce qu’en réalité, elle n’a rien à dire, du moins, elle ne veut pas lui confier ce qu’il souhaite entendre. Elle fouille dans sa mémoire à la place. Ce qui s’applique à moi, s’applique aussi à toi. C’est ça, mot pour mot, la fameuse mise en garde à laquelle il fait référence. Elle a presque envie de lui rire au nez, encore, s’abstient. Comme si la balance se révélait équitable entre eux, équivalente. C’est loin d’être le cas, ça ne l’a jamais été. Il y aura des conséquences. La suite, si sa mémoire ne lui fait pas défaut, quelque chose du genre du moins. Elle est prête, elle attend. Peut-être qu’il en oubliera sa présence ici. Peut-être qu’il n’abordera plus le sujet Winona Jackson. Peut-être qu’il aura recours à ses poings, lui coupant le souffle, repartant sans demander son reste. Peut-être.

Elle n’a pas peur, pas vraiment. Ni lorsqu’il rompt la distance. Ni lorsqu’il cale le canon de son arme au creux de son ventre. Le dos heurte une armoire quelconque, la respiration saccadée, elle est immobile, les yeux vissés aux siens. Peut-être qu’elle n’a pas peur, mais elle n’est pas stupide pour autant. Un accident est si vite arrivé, le coup part et elle rend son dernier souffle sur le carrelage froid de l’infirmerie de fortune, très peu pour elle. Elle tient un minimum à la vie. Le pire ce n’est pas l’arme, ce n’est pas cette comédie débile qu’il leur inflige, c’est qu’il n’a pas oublié, comme elle le souhaitait. Vider son sac. Est-ce qu’il désire sincèrement entendre ce qui la taraude, le pourquoi du comment ? Elle a quelques doutes. « Tu comptes faire quoi, dis-moi, appuyer sur la détente ? Espérer quitter la ville indemne après ça ? » Il n’en est rien, elle en a parfaitement conscience. Mais, elle s’amuse, à insister sur le point sensible du cavalier, chacun son tour. Elle ne lui laisse pas franchement l’occasion de lui répondre, pas dans l’immédiat, elle connait déjà la réponse de toute façon, et puis, il lui a demandé de vider son sac, non ? Crever l’abcès. Alors, elle va parler, puisqu’il n’est pas foutu de comprendre par lui-même, de faire la liaison. « Que tu te tapes Winona, ce n’est déjà pas franchement réjouissant. » Et encore, les mots sont faibles. « Qu’elle se permette de s’en vanter face à moi, de m’humilier en public, c’est plus que déplacé. » C’est le summum. La juste dose qu’il lui fallait pour exploser, voler en éclats. « Elle méritait ce coup de poing. Tu méritais ce coup de poing. Et, non, je ne l’ai pas encore assez savouré à mon goût. » Elle a la voix vacillante cette fois, submergée par la fureur, l’exaspération. « Maintenant, si tu pouvais éloigner ton arme de moi et arrêter cette fichue mascarade, je t’en serai gré. » Parce qu’elle n’est pas dupe, parce qu’il n’est pas capable de presser cette foutue détente, parce qu’il se cache derrière son flingue, parce qu’il veut se voiler la face, se donner une certaine contenance. Mais, il est surtout ridicule.

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MessageSujet: Re: (IX) ce que j'aime chez toi, c'est ta faculté inaltérable à me décevoir + abel   Mar 30 Mai - 7:20




PEYTON & ABEL


« ce que j'aime chez toi,
c'est ta faculté inaltérable à me décevoir


C’est pas compliqué, de presser une détente. La manière la plus simple de tuer quelqu’un selon lui : le geste était froid, déshumanisé, impersonnel. Une pression de l'index et un projectile pour se charger de faire le boulot à votre place. L’étape vraiment difficile du processus était celle où il fallait enlever la sécurité de l’arme, celle où on passait de la simple menace à la réelle intention de tirer. Il l’avait pas passé, celle-là : il savait que trop bien comme un coup pouvait partir vite alors qu’on ne le souhaitait pas, il était passé par ce genre d’erreur lui aussi alors que les armes à feu commençaient doucement à faire partie intégrante de sa vie. S’il devait utiliser son pistolet aujourd’hui, il faudrait que le geste soit mûrement réfléchi, pas juste une crispation de rage amenant à une conclusion douloureuse et malheureuse.
Mais il ne tirerait pas, pas vrai ?
Quoi qu’à cet instant précis, il se souciait bien peu des conséquences que pourraient avoir une telle décision : quitter la ville indemne ? Et pourquoi pas après tout ? Est-ce qu’ils le buteraient sur le champ, ses précieux olympiens, ou tiendraient-ils à le garder vivant, lui faire une de ces mascarades grotesques qu’ils appelaient ici procès ? Il y aurait d’abord la confusion et les cafouillages qu’elle entraînerait, et puis ses hommes interviendraient peut-être, il n’était pas venu seul. Et peut-être que tout terminerait en bain de sang, un de plus pour hydrater les murs de cette ville. Là, tout de suite, il s’en foutait de tout ça : il n’y pensait même pas, parce que les œillères de sa colère l’obligeaient à se concentrer sur l’immédiateté de cette confrontation, sur Peyton, sur ses paroles, sur le coup de poing qui lui avait cueilli la pommette et rouvert une ancienne blessure, tandis que les réminiscences du geste lui brûlaient encore la joue. Alors non, c’était pas par peur des conséquences qu’il ne passait pas à l’acte. C’était autre chose, c’était pire, et complètement irrationnel. « T’es qui pour juger de ce que je mérite ? » Il ignora sa dernière réplique et ne bougea pas de là où il se touvait, ne faisant aucun geste pour écarter le pistolet ni diminuer la pression qu’il lui exerçait contre le ventre. Il ne chercha pas à défendre Winona non plus, forcé d’admettre qu’elle avait abusé, qu’il n’avait aucune raison ici de perdre son temps à lui chercher une excuse quand il savait déjà qu’il n’y en aurait pas. « En quoi ça te concerne, au juste ? Depuis quand t’en as quelque chose à foutre, de savoir qui je baise ? Et surtout, pourquoi moi  je devrais me soucier de ton opinion sur la question ? » Probablement qu’il aurait pu répondre seul à certaines de ces questions, alors qu’il se tenait aussi proche d’elle, bien trop proche pour avoir ce genre de conversation puisqu’il pouvait sentir le souffle de sa respiration lui caresser le visage. « J’pensais pourtant qu’on était d’accord, toi et moi, vu ton attitude de la dernière fois. Que tout ce qu’on a fait, c’était rien d’autre qu’une vaste connerie. Alors quoi, faudrait quand même que j’continue à attendre après toi ? » Les mots étaient crachés avec dédain, tout enrobés du fiel de sa rancœur. Il la détestait tellement d’être comme ça, Peyton, et de continuer à avoir cet effet sur lui à l’encontre de tout bon sens.



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MessageSujet: Re: (IX) ce que j'aime chez toi, c'est ta faculté inaltérable à me décevoir + abel   Mar 30 Mai - 12:05

abel & peyton
«  ce que j'aime chez toi,
c'est ta faculté inaltérable à me décevoir.
Il est à la fois trop proche et trop éloigné, contradiction ultime. Et puis, il y a cette arme entre eux, pressant péniblement contre sa peau, barrage qu’il leur impose. Il y a aussi l’insupportable, les sentiments incohérents se mêlant à son propre courroux. Elle en a assez, d’eux, de leurs entrevues virant au désastre, de leur manière de se voiler la face. C’est un tout, un tout qu’elle ne supporte plus que difficilement. Il l’ignore, Abel, l’arme à feu toujours en place, la colère dans les yeux et dans les mots. Elle n’est personne de toute évidence. Elle n’est pas Winona Jackson. Elle n’est pas une cavalière. Elle n’est qu’un passe-temps peut-être ou un poids qu’il doit subir au quotidien. Elle sait que ce n’est pas totalement vrai. C’est certain que ce serait plus simple, plus facile, qu’elle ne soit qu’un visage insignifiant, dont il ne s’est pas entiché, mais ce n’est pas le cas et, elle n’a pas envie de lui faciliter la tâche. Elle représente quelque chose, peu importe quoi. Qu’il le veuille ou non, il ne pressera pas cette détente. Mais, pour une fois, ce qui s’applique à lui, s’applique à elle également, jour à marquer d’une pierre blanche. Alors, ça la concerne, ça la concerne personnellement. Parce qu’elle y tient, à cet imbécile. Elle n’a pas envie qu’il accorde de l’importance à une autre, peu importe leur relation actuelle, peu importe le froid régnant entre eux, elle ne le supporte pas. Elle a la sensation qu’il le sait, inconsciemment en tout cas, qu’il s’est volontairement tourné vers Winona. Pour la contrarier, la blesser et le pire, c’est que ça fonctionne à merveille. Bravo, Abel Rhodes, t’as le chic pour meurtrir toutes les personnes qui tiennent un tant soit peu à toi. Il finira seul, tôt ou tard. Il ne pourra s’en prendre qu’à lui-même. Elle ne peut pas s’accrocher indéfiniment à lui. « T’as raison. J’oubliais que de toute façon, Abel Rhodes ne se soucie de personne, à part lui-même, bien évidemment. T’en as strictement rien à foutre, peu importe qui ça peut bien toucher, blesser. » Elle, sous-entend, bien sûr. Elle a l’impression que ce n’est qu’un jeu, entre eux, un jeu dont il commence à se lasser. Elle peut comprendre, elle est fatiguée aussi, sauf qu’elle n’est pas d’accord. Il ne peut pas décider de la reléguer au second plan sur un coup de tête. Il pense mal, Abel, il pense très mal. Il tire des conclusions, il ne se base sur rien de concret, si ce n'est une attitude, une attitude visant à se protéger de lui, de ses faux-pas. « Il me semble que la question de m’attendre est réglée, tu ne crois pas ? » Qu’il se la tape, Winona, tant qu’il le souhaite, mais qu’il ne revienne pas vers elle par la suite. Qu’il l’oublie alors. « On n’est pas d’accord, contrairement à ce que tu penses, parce qu’on a jamais abordé le sujet, parce que pour ça, il faudrait déjà qu’on assume. Mais, étant donné que tu tires des conclusions tout seul, je suppose que la discussion est close. » Parler sentiments, c’est ce qu’ils fuient depuis toujours. Elle est coupable également, elle en a parfaitement conscience. Il n’empêche qu’elle ne l’a jamais blessé, elle. Pourquoi est-ce qu’elle continuerait désormais à en faire de même ? C’est mesquin, pourtant elle a envie de lui renvoyer l’appareil, qu’il ressente ce que ça fait, cette sensation d’un cœur écorché à vif. « Tu peux bien baiser qui tu veux, j’en ferai de même, puisque tu as réglé le sujet, puisqu’on ne s’attend pas. » Puisque ses sentiments, les non-dits, ne comptent pas. Puisqu’il a décidé de tirer un trait là-dessus. Puisque tout ce qu’il s’est passé entre eux n’existe pas, n’est qu’une vaste fumisterie.

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MessageSujet: Re: (IX) ce que j'aime chez toi, c'est ta faculté inaltérable à me décevoir + abel   Mar 30 Mai - 21:56




PEYTON & ABEL


« ce que j'aime chez toi,
c'est ta faculté inaltérable à me décevoir


La discussion est close. Elle n’avait jamais eu une seule chance de s’ouvrir, de toute manière. pas avec eux deux, certainement pas avec lui. Il y avait peut-être eu quelques tentatives, parfois, mais elles avaient été pitoyables : il s’était trop renfermé avec le temps, trop éloigné des autres, déjà qu’il n’avait jamais vraiment su comment communiquer… À présent, mettre des mots sur ce qui lui tordait les entrailles, et avouer ces mêmes mots à haute voix devant la personne concernée lui semblait une tâche trop difficile, tellement insurmontable qu’il ne l’envisageait même pas. Il ne savait plus s’ouvrir de la sorte parce que la seule conséquence qu’il y voyait, c’était le danger dans lequel ça pourrait le mettre. Avouer une faiblesse, c’était l’assumer enfin ouvertement et donner un moyen de l’entraver, de s’en servir contre lui. « Parfait » qu’il siffla, les dents serrées. « Fais donc ce qui te chante. Et épargne-moi ta jalousie de merde, la prochaine fois. » Non. Bien sûr qu’il voulait pas qu’elle l’imite, qu’il refusait de la savoir en train de se donner à quelqu’un d’autre. Plus possessif que fidèle, c’était un fait. En attendant, ses simples paroles lui donnaient envie de s’accaparer Peyton sur le champ, lui gueuler qu’elle avait pas le droit d’aller voir ailleurs, qu’il refusait. Qu’il supporterait pas. Il n’y avait plus que sa fierté pour l’étouffer, lui imposer de lui dire exactement l’inverse sans toutefois parvenir à masquer la crispation subite sur ses traits, le vague relent de jalousie au fond du regard. L’hôpital qui se fout de la charité. Il s’écarta d’elle brusquement, fit demi-tour et s’éloigna d’elle, l’air d’accepter sa conclusion tout en remisant son arme dans un geste empreint d’une rage mal contrôlée.
Mais elle savourerait pas longtemps ce relâchement, Peyton, puisqu’il ne traversa même pas la pièce avant de se retourner vers elle d’un bloc, abandonnant là une résolution qu’il n’avait de toute manière jamais été capable de tenir – la laisser derrière lui – pour pointer un index accusateur vers elle, exploser à moitié : « Tu la veux, ta discussion ? Très bien, je suis là, je t’écoute. Autant qu’on en finisse, non ? » Il revint vers elle, mais s’arrêta à bonne distance cette fois, s’interrompant net dans sa foulée pour croiser les bras, reprit d’une voix chargée de cette même colère qui refusait de lui décoller des basques depuis tout à l’heure : « T’es pas d’accord ? Dis-moi alors, faudrait qu’on fasse quoi ? » Assumer. « Qu’est-ce que tu crois que ça va changer, de toute manière ? » Il avait l’air bouffi de sa certitude, Abel, bien persuadé que ça servirait à rien. Alors qu’est-ce qu’il continuait de foutre ici, au juste ? Elle l'aurait pas retenu, c'était sûr, sans doute même qu'elle attendait que ça, qu'il vide les lieux. Sa foutue obstination à persévérer, malgré tout ce qu'il affirmait, elle venait de lui, et uniquement de lui.



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MessageSujet: Re: (IX) ce que j'aime chez toi, c'est ta faculté inaltérable à me décevoir + abel   Mar 30 Mai - 23:36

abel & peyton
«  ce que j'aime chez toi,
c'est ta faculté inaltérable à me décevoir.
Il ne la dupe pas, Abel, menteur invétéré qu’il est. Rien n’est parfait. Rien n’est réglé. Sa jalousie de merde, comme il le dit si bien, elle se reflète dans les iris courroucés du cavalier, rien qu’à l’idée émise qu’elle puisse se donner à un autre. Elle n’est pas certaine d’en être capable pour l’instant, elle n’est pas comme ça. Peut-être sur un coup de tête, peut-être par simple esprit de vengeance, peut-être parce qu’il l’a blessée trop profondément. Ça n’arrangerait rien pourtant, elle le sait, ça ne ferait qu’aggraver les choses entre eux. Mais, elle a cette envie, cette envie qu’il lui montre qu’il tient à elle, que ça le heurterait qu’elle cède aux avances d’un autre. C’est mesquin, malgré tout, l’idée reste tentante. Il ne fait rien de concret pour l’en dissuader, si ce n’est se renfermer sur lui-même, prendre ses distances. Elle respire à nouveau tandis que l’arme quitte son ventre pour retrouver sa place initiale. Un instant, elle le voit déjà franchir le seuil de l’infirmerie, clore définitivement le sujet. Elle ne l’aurait pas retenu, non, pourtant, dans le fond, elle est soulagée lorsqu’il se ravise. Peu importe qu’il soit en colère, peu importe qu’il lui jette au visage des remarques acides. C’est mieux que rien, c’est mieux que de rester plantée seule au milieu de la bâtisse, mieux que se retrouver dans le flou le plus total. Elle ne le supporterait pas, qu’il l’abandonne, sans rien, sans aucune réponse.

Elle suit l’index accusateur du doigt, tandis qu’il s’approche de quelques pas, pas trop non plus, évitant ainsi l'ambiguïté toujours prête à s’immiscer entre eux. Elle ne veut pas en finir, elle veut… Elle ne sait pas. Tout ce qu’elle sait, c’est qu’elle ne veut pas qu’il retourne auprès de Winona, elle ne veut pas qu’il la remplace, elle ne veut pas partager. Mais, elle n’arrive pas à lui dire. Parce que déjà avant, avant toute cette histoire, elle avait peur, elle était trop fière aussi. Désormais, elle est blessée, c’est pire, pire que tout. Tout ce qu’elle pourra faire ou dire, et inversement, ne sera pas suffisant, ne compensera pas son orgueil meurtri. Alors, peu importe qu’elle ne soit pas d’accord, peu importe qu’elle ait le choix, qu’elle décide quoi faire. Il y aura toujours cette blessure. On peut dire qu’il a réussi son coup, il a ce don, pour amocher ceux qui l’aiment. « Ce qu’on doit faire ? Il faudrait que tu me parles, il faudrait que t’arrêtes de jouer avec moi, que t’arrêtes de te comporter comme le dernier des connards ! » Est-ce que c’est seulement possible ? Tout est à sens unique avec Abel, il ne se confie jamais. Il veut savoir quoi faire, mais il n’est même pas prêt à changer, à faire des efforts. « Je ne sais pas ce que ça va changer, probablement rien, parce que tu te fous de tout, des autres, de moi, de mes putains de sentiments pour toi ! » C’est dit, à voix haute cette fois, sans équivoque. Elle est tordue de colère, enragée. Elle en a plus qu’assez d’être comme ça, d’être dans tous ses états par sa faute. « Tu blesses ton entourage comme si ça n’avait pas de conséquences, comme si c’était naturel. Tu me blesses, Abel. » Qu’il s’en rende compte au moins, que ce n’est pas que de la jalousie, c’est plus profond, on parle de déception, de désillusion. Cette histoire, leur histoire, ce n’est qu’un crève-cœur. « De toute façon, t’as tout foiré, alors, je te félicite, je crois que je ne serai plus un souci pour toi. Tu peux rayer Peyton Yates de la liste de tes potentielles faiblesses. » Parce qu'elle sait qu'il la considère de cette manière. Parce qu’elle va dégager du tableau. Parce qu’elle ne voit pas comment recoller les morceaux. Déjà que ce n’était pas facile, entre eux, que c’était presque joué d’avance, qu’ils courraient à l’échec, maintenant c’est certain, non ?

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MessageSujet: Re: (IX) ce que j'aime chez toi, c'est ta faculté inaltérable à me décevoir + abel   Mer 31 Mai - 6:57




PEYTON & ABEL


« ce que j'aime chez toi,
c'est ta faculté inaltérable à me décevoir


Il essuya la tempête comme un naufragé sur son écueil, encaissant les accusations de plein fouet les unes après les autres sans un geste, sans rien dire. Sûrement qu’il le méritait, de se prendre tout ça en pleine gueule, et il ne pouvait pas dire que ça ne le touchait pas, que ça lui faisait rien de l’entendre enfin se décharger, mettre des mots sur tout ce qu’elle lui reprochait. Il eut envie d’intervenir plusieurs fois sans jamais trouver le moment adéquat et finalement, lorsqu’elle eut fini de lui déverser toute sa colère, sa rancune, le silence plana entre eux longuement avant qu’il ne se décide enfin à répliquer.
« Non. » Tout foiré. Il voulait pas l’effacer comme ça, Peyton. Ou plutôt, il pouvait pas : il avait essayé, déjà, à de nombreuses reprises, sauf qu’elle était trop bien ancrée dans sa tête, dans son cœur. Impossible de l’en dégager aussi facilement, parce qu’il en refusait l’idée, le principe, ses conséquences. « Je peux pas. Tu crois que j’ai pas déjà tenté de le faire ? » Il le lui avait même avoué, sur un de ces rares moments où ils n’étaient pas occupés à se crier dessus et se reprocher tous les maux du monde. « Tu sais très bien que je me fous pas de toi, c’est même la clef du problème, on en serait pas là si c’était le cas. » Pas là à se prendre la tête pour des sales histoires de sentiments, pas là à continuer d’insister malgré tous les échecs de cette espèce de relation tordue et sans le moindre bon sens. Tout serait tellement plus facile comme ça, tellement plus comme il avait l’habitude. C’était pas compliqué, d’être égoïste, de se soucier que de lui : il s’était toujours comporté comme ça avec les autres, ça ne l’avait pas dérangé. Mais le bât blessait, ici, puisqu’il fallait bien qu’il soit forcé d’admettre que les conséquences de ses propres actes ne le laissait pas indifférent, une fois n’est pas coutume.
La colère était retombée, un peu, parce qu’elle l’avait touché malgré tout avec ses foutues accusations. Parce qu’il avait beau tenter de se protéger, de se planquer derrière le mur bâti par ses sarcasmes et sa froideur il était, comme elle l’avait souligné, faible. Face à elle, à cause d’elle, il se laissait attendre trop facilement malgré tout ce qu’il pouvait bien prétendre et cette comédie qu’il leur servait à tout. Il l’avait blessée. Oui, c’était le but, probablement, quoiqu’il n’y ait pas réfléchi sur le moment, il n’avait rien prémédité après tout. Il avait voulu lui faire payer son attitude, la distance qu’elle avait décidé de leur imposer sans qu’il comprenne vraiment pourquoi. De toute évidence, c’était réussi, il n’avait simplement pas pris en compte que sa vengeance mesquine n’apporterait rien et pire qu’il sentirait la culpabilité le tarauder face à cet aveux.
Il fit quelques pas dans sa direction, encore, étudiant le courroux qui lui tendait le corps, refoulant les mots qui se bousculaient à ses lèvres et qu’il n’était pas prêt, encore, à prononcer. Mes sentiments pour toi. Il y avait une nuance entre le savoir et se l’entendre dire, et elle suffisait à ce qu’il se sente con, à ce qu’il envisage la possibilité de courber l’échine devant elle, de laisser son orgueil sur le bas côté pour une poignée de minutes. « Mais j’en peux plus, de cette situation, de toi, et de tout le reste. On est pieds et poings liés, Peyton, va pas prétendre que tu l’ignores. » Sauf que c’était pas suffisant, de dire ça, c’était rien qu’une vieille excuse déjà usée après tout. Il n’y avait peut-être qu’une seule chose qu’il fallait qu’il lui dise pour tenter de rattraper le coup, Abel, mais il pouvait pas. Malgré tout ça, malgré ce qu’elle avait dit, et ce que ça lui avait fait, il s’y refusait encore, c’était le pas qu’il ne savait pas franchir. Il avança encore un peu, alors, l’attrapa dans ses bras en lui refusant toute tentative de fuite, refermant son emprise sur elle.« Je suis désolé. » Aveu un peu piteux, alors qu’il calait son menton dans le creux de son épaule, la voix un peu plus calmée déjà quoique c’était précaire, il n’aurait pas fallu grand chose pour qu’elle s’élève de nouveau. Aveu piteux, donc, mais aveu tout de même, en soit c’était déjà un effort méritant d’être souligné. « Je veux pas que tu t’éloignes. Pas comme ça. » Toujours et encore ce foutu je, son égoïsme à la con. Il était désolé mais encore une fois, il ne la prenait pas en compte dans l'équation.



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MessageSujet: Re: (IX) ce que j'aime chez toi, c'est ta faculté inaltérable à me décevoir + abel   Mer 31 Mai - 12:28

abel & peyton
«  ce que j'aime chez toi,
c'est ta faculté inaltérable à me décevoir.
Elle se sent mise à nu, Peyton, exposée. Ce n’est pas quelque chose dont elle a l’habitude, pas quelque chose qu’elle apprécie. Mais, c’était nécessaire, n’est-ce pas ? Il fallait bien, un jour ou l’autre, que l’un d’entre eux face le premier pas. Se dévoiler, se révéler à l’autre, ce n’est pas si simple, c’est particulièrement déroutant, encore plus face à Abel Rhodes. Le silence s’éternise, leurs regards se croisent, brisés. Elle a envie de lui à ses côtés autant qu’elle le déteste, autant qu’elle souhaite le repousser, qu’il sorte de sa vie. Elle est prise au piège. Mais, elle l’aime ce piège, c’est plus fort qu’elle, elle n’arrive pas à s’en défaire, à s’écarter de ce qui, tôt ou tard, la blessera encore, la touchera de plein fouet. Rien n’est jamais facile, mais alors, quand il s’agit d’eux, d’elle et lui, on frôle l’impossible, la catastrophe.

Elle s’attend à ce qu’il quitte les lieux, à ce qu’il prenne sa dernière déclaration comme une fin précaire mais nécessaire. Pourtant, il s’y refuse. Non. Elle fronce les sourcils, pas bien certaine de comprendre. Non, quoi ? Non, il n’a pas tout foiré, tout détruit ? Non, il ne compte pas se passer d’elle ? Qu’est-ce qu’il veut, au juste ? La réponse est imminente, il la donne de lui-même, pour une fois, elle ne se doit pas de deviner, d’imaginer. Elle est soulagée, elle l’avoue, malgré la colère lui tendant les muscles, malgré la douloureuse sensation lui coupant le souffle, lorsqu’elle songe à Winona et lui. Elle a du mal à comprendre le sens de ses actes, tout de même. Alors, quoi ? Il tente de l’oublier dans les bras d’une autre ? C’est sa solution ? Il ne se fout pas d’elle mais il la blesse volontairement ? C’est lui qui s’obstine à la repousser. Il cherche, Abel, mais il cherche quoi ? Qu’elle prenne la fuite d’elle-même ? Est-ce qu’il la laisserait seulement se détourner de lui ? C’est incompréhensible. Elle ne répond pas, parce qu’elle ne sait pas quoi dire, parce qu’elle les a déjà entendus, ces mots, mais ce n’est pas suffisant.
Elle devrait reculer, s’éloigner, tandis qu’il esquisse quelques pas dans sa direction, brisant la distance s’étant immiscée entre eux. Elle n’en fait rien, se contenant de conserver son attitude fermée, bras croisés contre sa poitrine, les lèvres crispées en une moue indécise. « Si c’est vraiment le cas, si nous sommes vraiment pieds et poings liés, tu ferais mieux de passer cette porte. » Mais, elle sonne faux, cette phrase. Elle se veut froide, ferme, mais c’est encore la colère, la frustration, qui perce l’éclat de sa voix. Bien sûr que ce n’est pas ce qu’elle veut réellement, mais ça lui faciliterait la tâche autant que ça la briserait, qu’il se détourne d’elle, force est de le reconnaître. Il n’en fait rien, si ce n’est déjouer ses plans visant à prendre ses distances. D’abord, elle s’y refuse, à cette étreinte, elle veut reculer, protester, mais il ne lui en laisse pas l’occasion, refermant son étau autour d’elle. Elle soupire, d’agacement, d’insatisfaction, qu’il comprenne qu’elle n’est pas d’accord, qu’elle ne veut pas de ce contact. Mais, ses bonnes résolutions s’envolent presque aussitôt. Il est désolé, Abel Rhodes est désolé. Est-ce qu’il s’agit vraiment de la réalité, leur réalité ? Inconsciemment, ses bras viennent se nouer dans le dos du cavalier, elle s’en veut de cette faiblesse. Elle ne le veut pas non plus, s’éloigner, pas vraiment, ce n’est qu’un acte que son esprit lui dicte par pur instinct de conservation, de protection. « Ce n’est pas suffisant, c’est trop facile. » Elle n’a pas envie qu’il s’en sorte de cette manière, avec un simple désolé. Pourtant, elle reste là, calée dans le creux de ses bras. « Je ne comprends pas ce que tu veux que je fasse, Abel. » Elle est complètement paumée. Parce qu’il n’est pas clair, il est déconcertant, imprévisible. « C’est toi, qui me pousses à m’éloigner, à prendre mes distances. » Qu’il le sache au moins, qu’il en prenne conscience. Est-ce que ce n’est pas ce qu’il recherche réellement ? En tout cas, à force d’encaisser, de subir ses affronts douloureux et ses dérapages, c’est ce qu’il risque de gagner.

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MessageSujet: Re: (IX) ce que j'aime chez toi, c'est ta faculté inaltérable à me décevoir + abel   Jeu 1 Juin - 6:41




PEYTON & ABEL


« ce que j'aime chez toi,
c'est ta faculté inaltérable à me décevoir


Elle s’abandonna enfin à son étreinte imposée mais il ne relâcha pas son emprise pour autant, compensant pour toutes les dernières fois où il avait pu avoir envie de le faire mais s’en était abstenu parce que les conditions ne s’y prêtaient pas réellement. Trop facile, évidemment, rien n’était jamais aussi simple et encore moins avec eux deux, il n’en serait pas là sinon, ils auraient dépassé tout ça depuis belle lurette. Elle comprenait pas, Peyton, mais pouvait-il vraiment l’en blâmer ? Même lui il savait pas, trop indécis, blanc un jour et noir le suivant en fonction de ses sautes d’humeur, de ses envie, et des tracas qui lui infestaient les pensées en quasi permanence. S’il était pas fichu de savoir ce qu’il voulait pour lui, comment pouvait-il en être autrement lorsqu’il s’agissait d’elle ? « Ma faute ? il releva, tu crois vraiment que je suis le seul coupable de cette situation ? Que tu m’a facilité la tâche, toi, peut-être ? » Il essayait pas de se dédouaner, refusait juste d’assumer l’entière responsabilité de ce bordel qu’était leur relation bancale (il savait pertinemment qu’il en avait sa part, néanmoins, et qu’elle n’était pas peu importante). Trop de questions, aucune réponse. Il se décida à la lâcher, s’écarta d’elle alors que sa main droite s’attardait encore sur son épaule pour la repousser doucement avant de glisser le long de son bras pour finalement rompre tout contact entre eux. Son regard chercha celui de l’olympienne et s’y ancra comme s’il espérait trouver un support quelconque, un appui qui l’aiderait à dire ce qu’il fallait qu’il dise. Abel avait la conscience aiguë de se trouver sur une corde d’équilibriste où tout faux pas était strictement prohibé : plus de rattrapage, désormais, à croire qu’ils avaient finalement atteint ce point crucial où il fallait trouver une solution à leur problème, ou bien cesser de se tourner autour en s’empoisonnant la vie. T’as tout foiré. Les mots tournaient encore dans sa tête comme une litanie, refusant de le laisser tranquille, sorte d’épée de Damoclès qui le défiait de se planter encore.
« Je fais ça parce que j’ai aucune idée de comment gérer cette foutue relation. Tu veux qu’on assume ? Tu crois vraiment que c’est possible ? » Pas lui, de toute évidence, et pourtant le fait qu’ils s’étaient adonnés à quelques parties de jambes en l’air n’était plus vraiment un secret depuis l’incident des rôdeurs à Olympia, depuis qu’on l’avait surpris chez elle en pleine nuit. Les rumeurs allaient bon train. « J’ai déjà bien assez de problèmes dont je dois m’inquiéter, au ranch, beaucoup trop pour rajouter celui-là en prime. » Parce que oui, elle était un problème à ses yeux, l’olympienne. Un putain de problème qui le poussait à penser, à agir de manière irrationnelle. « Et tu veux savoir la vérité, Peyton ? Ça me fout la frousse, tout ça. » Faut dire qu’il avait pas spécialement l’habitude de s’attacher aux autres personnes, Abel, pas comme ça du moins. Il aimait sa famille bien sûr, c’était indéniable, mais c’était différent : il nourrissait à l’égard de Peyton une sorte d'obsession qui le poussait à revenir systématiquement vers elle malgré sa capacité flamboyante à lui taper sur le système et l'idée de la perdre lui semblait intolérable.


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MessageSujet: Re: (IX) ce que j'aime chez toi, c'est ta faculté inaltérable à me décevoir + abel   Jeu 1 Juin - 12:38

abel & peyton
«  ce que j'aime chez toi,
c'est ta faculté inaltérable à me décevoir.
Il a raison, il n’est pas entièrement fautif, bien qu’elle le veuille. Elle n’aide pas, Peyton, avec ses indécisions, l’éloignement qu’elle leur impose parfois avant de se raviser plus tard. C’est parce qu’elle aimerait que ce soit simple, facile. Mais, de toute évidence, ils ne peuvent pas revenir en arrière, effacer, recommencer et oublier. Admettons, maintenant, qu’ils décident de stopper les dégâts, le pourront-ils réellement ? Elle en doute sérieusement. Alors, au final, quitte à être blessé dans tous les cas, pourquoi arrêter ? Elle est contradictoire, l’olympienne, elle a du mal à aligner deux pensées sensées. Le problème, c’est qu’il a été trop loin, les compteurs ne sont pas à zéro, non. Elle l’encaisse difficilement, ce fait. Peut-être qu’il n’est pas coupable de l’entièreté de la pagaille qu’est leur histoire, mais dans l’immédiat, il en est le principal responsable, c’est bien ancré dans son esprit, elle n’a pas l’intention d’en démordre. Il s’écarte, sans qu’elle ne proteste, la frôlant du bout des doigts, rompant l’étreinte, étreinte à laquelle elle n’avait plus forcément envie de se soustraire. Mais, elle est bornée, elle ne veut pas le retenir. « J’ai mes torts, bien sûr. » Le regard plongé dans le sien, elle ne nie pas l’évidence. Elle n’est pas butée au point de lui rejeter tous les maux du monde sur les épaules. Les médicaments, les contradictions, les indécisions. Elle n’est pas vraiment en reste, elle n’aide pas, c’est certain. Mais, pourquoi est-ce qu’elle lui faciliterait la tâche alors qu’il s’est montré odieux à maintes reprises ? « Mais, à la différence, que je ne me détourne pas de toi au premier problème survenu. » Même lorsqu’il lui a fallu reconnaître son implication dans l’histoire des médicaments, elle ne s’est pas défilée, ni détournée, elle a tenté de recoller les morceaux, peut-être maladroitement, mais tout de même. Et, encore une fois, il l’a repoussée, après avoir profité de sa présence réconfortante, bien sûr. C’est quoi cette relation à sens unique ? Elle n’est même pas réellement certaine qu’il soit capable de se montrer présent pour elle. Il est trop égoïste.

Il est toujours aussi défaitiste, elle le perçoit, dans son comportement, dans son ton, elle le déteste pour ça. Il ne leur donne aucune chance. Alors, pourquoi est-ce qu’il est encore là, à lui faire face ? Il a trop de problèmes, il ne veut pas assumer un poids supplémentaire, elle est un fardeau. Elle la connait, cette rengaine. Des foutaises. Il a la frousse, ils sont deux. Le contraire lui aurait semblé surprenant. Bien sûr, que c’est effrayant, encore plus maintenant, encore plus suite à leurs statuts respectifs, parce que c’est compliqué, parce que ce n’est pas gagné. Leur problème, c’est qu’ils sont incapables de faire la part des choses. De ne pas laisser les soucis inhérents au ranch et la ville, empiéter sur leur relation. Fatalement, c’est difficile, on ne peut pas tout séparer, tout oublier, pourtant c’est ce qu’ils devraient faire, ils devraient s’obstiner à prendre sur eux, à essayer, tout tenter. « Evidemment, que c’est effrayant. On n'a plus seize ans, on est plus au lycée, on survit dans un monde infesté par la mort. » Ce n’est pas que leur position, leur place au sein de leur camp, qui pose un souci, c’est le monde actuel. Tout est incertain, leur survie, leurs convictions. « Donc, pour toi, il faudrait qu’on continue comme ça ? Chacun fait ce qu’il veut, chacun fait ce qu’il lui plait, sans penser à l’autre ? » Parce que, s’il peut se permettre des écarts, elle ne voit pas ce qui l’empêche d’en faire de même, si ce n’est sa propre conscience. « Tu sais, au point où on en est, les rumeurs se sont déjà chargées d’assumer à notre place, Abel. » Ils n’ont plus qu’un pas à franchir. Le pire, c’est qu’il ne se rend pas compte, à quel point leur relation, assumée ou non, impacte sur sa vie, sur son rôle en tant que leader d’Olympia, parce qu’elle, elle est discréditée vis-à-vis de ça, contrairement à lui. Ça peut lui coûter beaucoup, beaucoup plus qu’il ne le pense.  

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MessageSujet: Re: (IX) ce que j'aime chez toi, c'est ta faculté inaltérable à me décevoir + abel   Lun 5 Juin - 15:40




PEYTON & ABEL


« ce que j'aime chez toi,
c'est ta faculté inaltérable à me décevoir


L’allusion à leur période commune au lycée lui arracha une sorte de vague sourire bien vite ravalé tandis que quelques bribes de souvenirs traversaient ses pensées. Pour rien au monde il serait retourné en arrière, à ça. Jamais. Elle se trompait à son sujet, Peyton : c’était pas tant leur vie d’aujourd’hui qui l’effrayait, ce que le monde était devenu. Evidemment que survivre au beau milieu de tout ça n’était pas une partie de plaisir et surtout en ce moment, il était bien placé pour le savoir, pour s’en rendre compte, durement. Mais les morts, c’était facile à gérer : on leur collait une balle dans la tête, on les massacrait à tour de bras et c’était fini, ardu mais fini, il y avait pas besoin de raisonner avec eux. C’était pas réellement un problème, ça, pas à ses yeux. Et ça lui faisait plus vraiment peur depuis longtemps. Tout ce qu’il avait fallu faire, c’avait été de ravaler sa conscience, les états d’âme qui lui soufflait que ces personnes avaient eu une vie, autrefois, qu’elles méritaient pas ce qui leur arrivait à présent. Difficile au début, plus maintenant – plus autant, en tout cas.
Non, son véritable problème, c’était elle. Et ce qui lui faisait réellement peur, c’était ce qu’il ressentait à son égard, la violence de ses sentiments qui le poussait à la détester à ce point autant qu’il pouvait l’aimer, la désirer, et refuser de se passer d’elle. Ce qu’il avait ressenti, quand il l’avait trouvée dans les geôles d’Olympia après le départ des chacals, passée à tabac ; ce qu’il avait ressenti, quand elle s’était fait tirer dessus et qu’il avait cru, pendant une poignée de secondes, que c’était trop tard : c’était ça, précisément, qui lui foutait la frousse. Parce que ça n’obéissait à aucune logique et qu’il ne parvenait pas à y exercer le moindre contrôle dessus, peu importe la volonté avec laquelle il s’y efforçait de le faire.
« Je sais pas ce qu’il faudrait qu’on fasse, bordel ! Je sais pas. » Bien sûr qu’il voulait pouvoir passer plus de temps avec elle et que ces face à face ne soient pas obligatoirement commandés par un problème inhérent à leur alliance. Mais est-ce qu’il pouvait se le permettre ? Non. Ou pas avec la conjoncture actuelle. Difficilement, en tout cas.
Il savait pas quoi dire, Abel. Ni quoi faire. Il n’avait aucune solution à lui proposer, à Peyton. Il était lâche, probablement, et pourtant c’était pas lui qui risquait le plus dans l’histoire et il en était bien conscient. « Tu veux que ça change, alors ? Qu’on arrête de se planquer comme des gamins pris en faute ? » Il s’assit sur un des lits de l’infirmerie, détourna un court instant son attention d’elle tandis que ses yeux couraient à travers la pièce, comme si la solution se trouvait là, cachée quelque part et tout juste prête à leur sauter au nez. Un petit rire amer s’échappa de sa gorge, qu’il ne réprima pas : depuis quand lui, Abel Rhodes, en était rendu à avoir ce genre de discussion ? Elle le ramollissait, putain, pas étonnant que la tentative d’assassinat contre sa personne ait manqué de réussir. « Ils vont te dégager. » Il releva la tête vers elle, cherchant son regard. Il n’avait pas oublié ce bout de conversation qu’ils avaient eu dans son bureau, non, et puis il avait des oreilles qui avaient suffisamment traîné dans les rues d’Olympia pour finir par capter deux-trois choses dignes d’être remontées jusqu’à leur leader, et d’être retenues. « S’ils attendent qu’un faux pas de ta part, tu vas le leur offrir sur un plateau d’argent. »



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Peyton Yates
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MessageSujet: Re: (IX) ce que j'aime chez toi, c'est ta faculté inaltérable à me décevoir + abel   Mar 6 Juin - 15:08

abel & peyton
«  ce que j'aime chez toi,
c'est ta faculté inaltérable à me décevoir.
Je ne sais pas. Il est justement là, le nœud du problème. Il ne sait rien, jamais. Pas foutu d’assumer, pas foutu de mettre un terme à leur semblant d’histoire difficilement qualifiable, pas foutu de dénouer tout ça, cette pagaille. Elle est supposée faire quoi, Peyton, attendre sagement ? Hors de question. L’attente tue, elle n’a plus envie de patienter, d’attendre qu’il daigne savoir ce qu’il veut. Elle a atteint son seuil de patience. C’en est trop désormais. Elle ne veut plus se contenter de ça, de ce qu’ils ont pour l’instant. Parce que ça ne lui suffit pas, parce qu’il n’y a aucune limite, parce qu’elle va encore finir blessée par les actes du cavalier, c’est du tout vu.  Il réfléchit trop, Abel, ou pas assez, ou mal. Elle n’en sait trop rien, mais le fait est qu’il ne comprend rien à rien. Elle en est réduite à le confronter, le mettre au pied du mur, user de la violence, pour qu’il conçoive sa douleur, pour qu’il prenne conscience de son comportement blessant et futile. Non, elle, elle n’en veut plus, de cette relation bancale. « Oui. » Oui, elle veut du changement, oui, elle veut autre chose. Elle ne sait pas quoi précisément, tout ce qu’elle sait, c’est qu’elle ne veut plus de ça. « De toute façon, on a beau se cacher, ou plutôt tenter, personne n’est dupe. » Ils ne trompent plus personne, cavaliers ou olympiens, il faudrait être stupide ou complètement aveugle, pour ne pas remarquer qu’ils sont plus que ce qu’ils souhaitent faire paraitre. D’ailleurs, elle n’essaie même plus de jouer la comédie, de nier, c’est totalement inutile. Mais, faut croire que dans cette histoire, c’est elle, qui a le plus de détermination et de témérité. Lui, il ne fait que se planquer, comme il le dit si bien.

Elle se détourne un instant, Peyton, encaissant les paroles d’Abel, tandis qu’elle s’empare de quelques morceaux de glace pilée enrobés dans un bout de tissu. La magie de l’électricité même en période post-apocalyptique. Ils vont te dégager. Il n’y va pas de main morte en tout cas. Ils auraient déjà pu, la dégager, placer Oscar à la tête de la ville, or ce n’est pas le cas. Ils ont déjà, toutes les raisons, toutes les cartes en mains, pour l’évincer. Sauf que malgré tout, elle a beau ne pas faire l’unanimité, il n’empêche que beaucoup l’estime légitime. Elle referme la porte du réfrigérateur d’un coup de pied, soupire au bout des lèvres, rejoignant son interlocuteur pour le moins agaçant. Il se cherche des excuses, comme toujours. « Ils auraient déjà pu m’évincer, Abel, ils sont trop divisés pour le faire. » Qu’elle rétorque, la contrariété on ne peut plus palpable perçant son timbre de voix, alors qu’elle lui tend la glace. « Pour ta pommette. » Elle s’en veut, peut-être un peu, même si une voix intérieure lui répète que c’était mérité. Il n’empêche qu’il en a bavé et que son geste, poussé par la colère et la jalousie, ne doit certainement pas lui remémorer d’agréables souvenirs. « Le faux pas, il a été commis il y a un moment. » Et, depuis, elle assume. Elle assume les regards, les commentaires, les rumeurs, les réflexions et ça se tassent, parfois, avant de reprendre de plus belle, symphonie répétitive et récurrente. Elle s’assied à ses côtés, pressant sa paume contre la cuisse du rider, cherchant à attirer son attention, son regard. Elle se déteste pour ça. Elle s’était promis de ne plus initier quelconque contact entre eux, parce qu’il ne mérite pas ses gestes, déjà qu’il mérite tout juste ses mots. Mais, c’est plus fort qu’elle. « Tu te cherches des excuses en utilisant les problèmes inhérents à Olympia, mes problèmes. Ce n’est pas à toi de t’inquiéter pour ça, mais à moi. » Mais c’est certain que c’est plus facile, d’avoir de bonnes raisons pour rester dans le vague, la repousser encore une fois, jouer à l’autruche. « Tu m’énerves, Abel, à ta défiler sans cesse. » Pourtant, son ton manque cruellement d’aigreur et de colère. Elle n’a franchement plus envie de se battre. Peut-être que ça n’en vaut pas la peine.

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Abel Rhodes
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MessageSujet: Re: (IX) ce que j'aime chez toi, c'est ta faculté inaltérable à me décevoir + abel   Mer 7 Juin - 6:51




PEYTON & ABEL


« ce que j'aime chez toi,
c'est ta faculté inaltérable à me décevoir


La glace pilée fit un bien fou à sa joue brûlante tout à la fois de l’humiliation et du coup porté un peu plus tôt. Il se concentra sur la sensation qui se diffusait sur la zone endolorie tandis qu’elle parlait, tentant tant bien que mal de dégager cette impression désagréable d’avoir mis les deux pieds dans un nid de serpents. « C’est toi qui a dit, l’autre fois, que ta position était instable du fait de la situation ici, des problèmes dus à mes hommes. » Mais il ne chercha pas à contre-argumenter davantage, savait d’avance que ça ne servirait pas à grand chose. Inutile, dès lors, de continuer à gaspiller sa salive, non ?
Abel baissa un instant les yeux sur cette main qui s’était invitée sur sa cuisse, musela l’envie passagère d’y poser la sienne par dessus tandis qu’il s’ancrait de nouveau dans le regard de l’olympienne. Un coin de sourire tordit ses lèvres, elle avait raison bien sûr, ce n’était pas agréable de l’admettre certes mais il n’avait pas le moindre argument pour la contredire et pas l’envie d’en chercher juste pour le plaisir d’aller contre son sens. Un rire de gorge désabusé se laissa entendre – il l’énervait tout le temps de toute manière, Peyton – avant qu’il ne lui rétorque dans la foulée :  « Que veux-tu, je ne sais pas faire face sur tous les fronts. » Et il avait déjà un sacré bordel dans son assiette, mine de rien. Est-ce que ça aurait été plus simple, alors, s’il n’avait pas eu toutes ces emmerdes à gérer sur ses propres terres en parallèle des conséquences de l’épidémie et de tous les problèmes quotidien qu’il lui fallait déjà traiter ? Difficile à dire, il aurait eu plus de temps pour lui certes, pour elle aussi, mais de là à penser qu’il l’aurait employé à bon usage… « Très bien, je ne m’inquiète pas, donc. » Pas qu’il s’en soit réellement soucié, de toute manière : il avait simplement énoncé les faits tels qu’il les pensait. Il ne voulait pas la voir destituée, certes, mais son inquiétude elle s’employait déjà toute entière à ronger ses propres problèmes.
Sa main libre céda finalement à la tentation, vint chercher celle de son interlocutrice mais il ne sembla même pas s’en rendre compte. « Il n’y a pas vraiment de place pour ça en ce moment. » Ça, c’était eux évidemment. « Ce n’est pas comme si je pouvais me permettre de venir ici pour la simple envie de te voir. Ou toi de faire le trajet, pour ce que ça vaut. » Pas tant que ces enfoirés se baladaient toujours au sein du campement, libres de tout soupçon, libre de continuer à élaborer leurs complots. Le ranch n’était plus un lieu sûr et Abel n’y était pas serein, arrivait difficilement à se concentrer sur d’autres choses quand ce qui s’était passé ne cessait de le taraudait, revenant à la charge à chaque fois que ses pensées menaçaient de s’en éloigner trop longtemps. « Alors qu’est-ce que ça va changer, au juste ? » Cette tentation pourtant, juste se tirer de ce guêpier pour aller la trouver, il avait manqué d’y céder mille fois alors que l’envie d’échapper à sa position, à ses tracas, le taraudait. Venir se perdre dans ses bras et oublier tout le reste, même si ce n’était que pour un instant passager. Cesser de se trouver des excuses, de s’imposer sous le couvert d’un rendez-vous formel alors que ce n’était plus guère qu’un écran de fumée à travers duquel tout le monde y voyait très bien désormais.


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Peyton Yates
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MessageSujet: Re: (IX) ce que j'aime chez toi, c'est ta faculté inaltérable à me décevoir + abel   Jeu 8 Juin - 21:05

abel & peyton
«  ce que j'aime chez toi,
c'est ta faculté inaltérable à me décevoir.
Il est plutôt ironique, ce moment, inédit. Depuis quand, Abel Rhodes, avoue ne pas pouvoir faire face sur tous les fronts ? Il faut dire que les sentiments n’ont rien de logique, c’est tout le contraire. Alors, forcément, c’est un concept difficilement assimilable pour le cavalier. Ce n’est pas évident pour elle non plus. Elle a dû les assumer, ces sentiments, les encaisser. Parce que, autant être honnête, éprouver pareilles choses à l’égard du rider, c’est insensé. Le passé d’Abel, ses actes, ses actions, ses choix, elle a dû y faire face, les accepter, alors qu’elle les exècre. Considéré comme un tyran, un monstre, par beaucoup, sa réputation le précède. Il n’a pas grand-chose d’un homme bon, d’un homme bien. Alors, oui, l’apocalypse change tout un chacun, certes, mais pas nécessairement de manière si radicale. Pourtant, elle est toujours présente, à chercher le contact, à vouloir exister à ses yeux. Peut-être qu’elle est complètement folle, qu’elle a perdu sa vivacité d’esprit. Personne ne semble la comprendre, elle ne se comprend pas elle-même, c’est dire. Elle a l’impression que c’est trop tard, trop tard pour chercher une explication logique, trop tard pour s’extirper de cette situation. C’est plus fort qu’elle, elle a envie de compter pour lui.

Ce n’est jamais le bon moment, ça n’existe pas, ce n’est qu’une illusion. Il y aura toujours des problèmes à gérer, un climat d’insécurité palpable, des tensions persistantes entre clans. Déjà, avant, avant que le monde ne parte en vrille, la notion de bons moments lui paraissait vague et floue. Alors, maintenant, elle reste on ne peut plus abstraite. « Parce qu’il y aura de la place pour ça, pour nous, plus tard ? » Elle soupire légèrement, à bout de répartie, le regard perdu dans l’étreinte de leurs mains. La question est encore une fois rhétorique. Etant donné le comportement tranché du cavalier, le moment ne se présentera jamais. « Il n’y aura jamais de bons moments. » Il ne peut pas se permettre de venir à sa rencontre selon ses désirs, est-ce qu’il le souhaite réellement au fond ? Elle est quoi, au juste, pour lui ? Si ce n’est un fardeau supplémentaire, un poids alourdissant ses épaules. Un simple passe-temps éphémère ? Une lubie passagère ? Elle ne veut pas, n’être que ça, elle veut tout ou rien. « De toute façon, si on ne fait pas d’efforts, c’est sûr qu’on ne peut rien se permettre. » Si il ne fait pas d’efforts. Elle a l’impression de perdre son temps parfois. Peut-être que ça ne rime à rien, tout ça. En tout cas, c’est ce qu’elle en déduit, son attitude ne la contredisant surement pas.
Qu’est-ce que ça va changer ? Qu’est-ce qu’elle en sait, Peyton, elle n’est pas beaucoup plus avancée que lui. Tout et rien à la fois. Mais, elle ne veut plus passer après, être un secret, se sentir insignifiante. « T’as sérieusement envie de me poser une colle aujourd’hui. » Ou plutôt, de lui faire admettre qu’ils s’enlisent dans quelque chose qu’ils ne comprennent pas vraiment. À son sens, ils ne sont plus à ça près. « Je ne sais pas. » Autant se l’avouer. Il n’empêche qu’elle la veut, cette sorte d’officialisation, peut-être par simple égoïsme, et alors ? « Ce que je sais, là, tout de suite, c’est que je veux compter, je veux être présente pour toi et surtout, je veux être la seule. » Pas question de partager, pas question d’être à nouveau humiliée, que ce soit par Winona Jackson ou une autre. Déjà, qu’elle étouffe sa fierté, son ego, à cet instant précis. Elle n’est qu’un amas d’émotions contradictoires vacillant entre l’aversion et l’attirance qu’elle éprouve désormais à l’égard du cavalier. Et, encore une fois, c’est de sa faute.  

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Abel Rhodes
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MessageSujet: Re: (IX) ce que j'aime chez toi, c'est ta faculté inaltérable à me décevoir + abel   Sam 10 Juin - 18:25




PEYTON & ABEL


« ce que j'aime chez toi,
c'est ta faculté inaltérable à me décevoir


Il ne s’attendait pas vraiment à ce qu’elle répondre à cette question, Abel, parce que c’était sûr qu’elle était comme lui, qu’elle en savait trop rien. Toute cette situation était trop instable, il y avait trop de facteurs qui devaient être pris en compte afin qu’on puisse se permettre d’affirmer que, oui, ça allait changer quoi que ce soit. Peyton avait voulu cette discussion, mais au final ils n’étaient guère plus avancés maintenant. Donc, c’était une colle, effectivement, mais rien dont ils n’étaient pas déjà parfaitement conscients au final. Elle voulait être la seule. Le rappel, une fois encore, ne manquait pas de remettre les points sur les i. « Ça ne se reproduira plus. » Parce que ça n’aurait jamais dû arriver en premier lieu, déjà. Mais ce n’était pas vraiment une promesse, encore moins une manière de lui présenter ses excuses : il l’avait déjà fait, une fois, et c’était déjà bien assez à ses yeux. Rien de plus qu’un simple gage de bonne volonté.
Sa main lâcha celle de l’olympienne et son bras se glissa autour de sa taille tandis qu’il l’attirait vers elle, lui embrassait la tempe. « Tu comptes, tu le sais très bien. Tu comptes même un peu trop. » Ses lèvres s’attardèrent encore quelques secondes contre sa peau ; le petit sachet de glace pillée, quant à lui, avait été abandonné sur le matelas à côté d’eux. Passé l’engourdissement agréable que sa fraîcheur avait suscité, il ne lui était pas d’une grande utilité en ce que son visage n’était plus à ça près, déjà bien marqué par quelques hématomes qui persistaient à ne pas vouloir dégager de là. Un de plus ne changerait pas grand chose à cette fresque de bien mauvais goût.
Il n’y aura jamais de bon moment. Mais ils pouvaient toujours profiter des moins pire, de ces espèces d’accalmies qui se présentaient parfois, comme ici, alors que rien le les laissait présager. Ils avaient au moins droit à ça, ces instants de solitude partagée dont rien ou personne ne venait les tirer. L’alliance entre les olympiens et les riders seraient toujours prétexte à se voir, du moins tant qu’elle durerait, et à se ménager un peu d’espace pour eux. Si aucune autre ombre au tableau ne venait s'immiscer, aucun autre incident ou écart de conduite de type Winona Jackson, peut-être que ça pourrait marcher au moins pour un temps.
Mais ça, c’était sûrement être trop optimiste.
Peu friand de ce genre de contacts trop prolongés, Abel finit par se redresser et s’éloigner un peu d’elle, creusant une distance qui n’était cette fois pas animée par la colère ou la rancune. Ses mains se nouèrent dans son dos alors qu’il ne lui faisait même pas face, fixant un point indéterminé dans la pièce. « Votre dette sera bientôt remboursée » qu’il lâcha tout de go, de but en blanc. Il avait pas envie de les laisser filer, les Olympiens, il voulait les garder sous sa coupe encore, mais il voyait bien que son contrôle ici ne valait plus grand chose : force lui était d’admettre que les citoyens d’Olympia n’était pas ces braves gens faiblards et soumis qu’il avait toujours considéré. Peut-être, si Anita Jones ne s’était pas manifestée avec sa proposition d’alliance, peut-être (sûrement) que les choses se seraient déroulées autrement, mais à l’heure actuelle Abel préférait favoriser un marché où les deux partis viendraient y contribuer avec un minimum de bonne volonté. Sur le long terme, ce que la dirigeante de la mine lui avait proposé l’intéressait davantage et puisqu’il n’avait actuellement pas assez de puissance pour jouer sur les deux tableaux, autant laisser filer celui qu’il ne s’était déjà pas gêné d’exploiter comme une vache à lait. Restait néanmoins un bémol, en ce que les conséquences logiques qui découlerait de cet éloignement avec Olympia le concernait au delà de cette simple perte de revenus pour son ranch : ils n’auraient plus guère d’occasion, forcément, et y songer déjà maintenant l’amenait inévitablement à songer ce qui se passerait après, alors que ce futur semblait présentement se trouver à des miles et des miles d’eux.



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MessageSujet: Re: (IX) ce que j'aime chez toi, c'est ta faculté inaltérable à me décevoir + abel   Lun 12 Juin - 0:39

abel & peyton
«  ce que j'aime chez toi,
c'est ta faculté inaltérable à me décevoir.
C’est stupide, absurde, mais ça lui fait un bien fou, d’entendre ça, ces quelques mots. Que ça ne se reproduira pas, qu’elle compte. C’est important, qu’il le dise, qu’il l’avoue. Souvent, elle se sent seule dans cette histoire, perdue comme jamais, elle a l’impression de la vivre à sens unique, mais ce n’est pas le cas, loin de là. Elle se laisse bercer par la voix du cavalier, son élan d’affection, ses bras enlaçant sa taille, ses lèvres  pressées contre sa tempe. Elle ferme les paupières, s’accroche à cet instant, à la rareté du moment, s’imprègne de ces quelques minutes d’accalmie. Elle devrait se résumer à ça, leur relation. Mais, la réalité est bien plus complexe, douloureuse. Elle aimerait qu’il reste, qu’il arrête de s’infliger de barrières, ou du moins, qu’il cesse de la considérer comme une trop grande faiblesse, comme quelque chose d’impossible. Elle est réelle, cette histoire, leur histoire, qu’il l’admette,  qu’il la conçoive enfin. Trop beau pour être vrai. Parce qu’Abel Rhodes n’aime personne, Abel Rhodes est intouchable, Abel Rhodes n’a aucune faiblesse si ce n’est sa propre famille. Elle est de trop, Peyton, il n’a pas réellement envie qu’elle entre dans sa vie, qu’elle continue à prendre de la place, à s’immiscer dans son quotidien, elle le sait pertinemment.

Elle le laisse s’éloigner à regret, s’efforçant de rester de marbre, assise sur le lit de fortune. Retour à la réalité, déjà ? C’était rapide cette fois, ils battent des records. Elle ne sait pas si elle peut continuer à se contenter de si peu, peut-être qu’elle ça ne lui suffit plus, peut-être qu’elle en veut plus, qu’elle a besoin de plus. Elle est désarçonnée, elle nage dans la confusion. Ce qu’elle veut, ce qu’elle ne veut pas, ou plus, elle n’en sait trop rien. C’est confus, indémêlable. Dans le fond, elle a conscience, de ce qui serait préférable pour elle, mais cette option ne lui plait pas du tout. Elle l’observe, lui tourner le dos, prendre ses distances. L’atmosphère est indéfinissable, ni pesante, ni glaciale, juste… mélancolique, désenchantée. Elle ne saurait l’expliquer, mais elle n’aime pas ça. Pourtant, la suite, ce qu’il dit, ses propos, devraient lui plaire mais ce n’est pas vraiment le cas. La dette bientôt acquittée. Elle n’y croyait plus, elle le pensait trop accroché à Olympia, les griffes plantées sans intention de relâcher leur étreinte étouffante. C’est bien, pour la ville, pour sa réputation. Alors, pourquoi est-ce qu’aucune once de joie ne semble l’animer ? C’est insensé. « Ah oui ? » Elle ne parvient pas à réaliser. Pourquoi ce revirement de situation ? Pourquoi maintenant, si soudainement ? Qu’est-ce qui a changé depuis leur dernière rencontre ? Elle en a une petite idée. Anita Jones. Une alliance souhaitée par les deux partis, sans réelles complications. Elle ne sait pas quoi en penser, si elle approuve, ce que ça représente pour le traité initial entre les quatre clans. Pas le moment d'y songer, elle a tout le temps. « Je suis assez surprise. » Qu’elle avoue, se redressant, esquissant quelques pas en direction du cavalier. « Pourquoi est-ce que ça résonne comme une fin ? » Pas seulement la fin d’un marché, la fin de leur relation chaotique, leur fin à eux. Oui, elle ne comprend que trop bien le sous-entendu. Elle le contourne, Abel, se positionnant face à lui, bien droite. Il n’a pas le droit de lui balancer ça, le dos tourné, le pessimisme dans la voix. « Toujours aussi défaitiste à ce que je vois. » Le ton est placide, désabusé, ses lèvres s'étirent en un sourire timide, triste. Elle en a assez, de se battre, de  chercher à le contredire, à prouver le contraire. Ça ne rime à rien, ça ne mène à rien. « Tu ferais mieux d’y aller. » Elle ne le chasse pas, elle ne le contredit pas non plus, ne le retient pas. Mais, elle ne voit pas ce qu’elle peut faire de plus, elle est fatiguée et, à cet instant précis, elle n’a plus envie de lutter.

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MessageSujet: Re: (IX) ce que j'aime chez toi, c'est ta faculté inaltérable à me décevoir + abel   Lun 12 Juin - 21:54




PEYTON & ABEL


« ce que j'aime chez toi,
c'est ta faculté inaltérable à me décevoir


Forcément elle était surprise, qui ne l’aurait pas été à sa place, en connaissant les ambitions gargantuesques du cavalier et la manière qu’il avait de se comporter ici comme si la ville lui appartenait déjà ? Alors l’entendre admettre qu’il envisageait enfin de mettre un terme à cette dette qui sûrement s’était déjà étirée sur plus de mois que prévu, et sans qu’on l’y force qui plus est, n’était certainement pas quelque chose à laquelle elle s’était attendue. « Je pensais que tu serais contente d’apprendre la nouvelle », il rétorqua d’un ton égal, soigneusement vidé de toute trace d’émotion, ignorant la question à peine posée pour se contenter de ne réagir qu’à sa première remarque. Il n’avait pas de réponse à lui offrir, à celle-là, mais il fallait croire son silence sur le sujet s’était bien chargé de causer à sa place. Toujours aussi défaitiste. Elle avait raison, peut-être, mais lui s'estimait surtout réaliste. Il ne voulait pas qu'ils s'en tiennent là bien sûr, il ne se serait pas embarrassé à rester ici passé les premiers éclats de voix sinon. Il ne se serait pas excusé vis-à-vis de ce qui était arrivé, certainement pas. Mais il avait du mal à concevoir comment ils parviendraient à continuer après ça, alors que leurs charges respectives les tenaient chacun bien occupé de leur côté, alors que le temps manquait déjà pour s'occuper de ce qui était important, qu’ils n’avaient déjà pas grand chose pour eux. Ce n'était, de son point de vue, que la conclusion logique d'un raisonnement qu'il estimait valable.
Et, oui, dans l’immédiat il espérait se tromper. L'avenir leur dirait bien de quoi il en retournerait. Ou si la lassitude ne s’instaurerait pas de nouveau entre eux comme elle l’avait fait par le passé : ce serait sans doute la solution la plus simple (quoique la moins vraisemblable, l’envergure de son désir pour elle était bien au-delà de la simple passion adolescente d’alors. La lassitude n’y avait guère de place, ou pas avant longtemps).

« Ce serait probablement plus judicieux », il acquiesça tandis qu'il faisait un pas vers  elle.  « Et probablement que j'aurais mieux fait de partir avant tout ça. » Mais il l'avait pas fait, il s'était obstiné malgré la colère, malgré le coup de poing qu'elle lui avait fichu dans la tronche, malgré l’humiliation et l’engueulade. Il avait refusé de la laisser, et il s'y refusait toujours maintenant. Personne ne les dérangeait encore et c’était presque un miracle, alors pourquoi s’esquiver si vite ? « C’est ce que tu veux ? » La question était franche, il n’avait pas envie ; il viderait les lieux, sans doute, si elle le lui demandait expressément mais pas sur un simple conditionnel, pas tant qu'il garderait cette impression que la conversation n'était pas close, qu'il y avait encore quelque chose à tirer de tout ça.
Ses mains se dénouèrent de derrière son dos pour venir retomber le long de ses flancs mais il n’esquissa pas un geste de plus vers elle, se contentant simplement de rester là, immobile à poser sur elle un regard scrutateur. Combien de temps qu’il n’avait pas goûté à ses lèvres, épousé ses courbes ? Trop. Disons que les circonstances ne s’y étaient guère prêtées, sauf que l’envie ne s’en était pas envolée pour autant. C’était même plutôt le contraire, d’ailleurs. « Peut-être qu’on pourrait plutôt profiter, au lieu de songer à cette éventuelle fin. » A quoi bon se laisser pourrir par les hypothèses d'un avenir qui n'avait rien de certain ? Quoi qu'il se passe ensuite, ils étaient là maintenant. N'était-ce pas tout ce qui comptait dans l'immédiat ?



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MessageSujet: Re: (IX) ce que j'aime chez toi, c'est ta faculté inaltérable à me décevoir + abel   Mar 13 Juin - 17:12

abel & peyton
«  ce que j'aime chez toi,
c'est ta faculté inaltérable à me décevoir.
Entre ce qu’elle veut et ce qu’elle ne veut pas, la barrière est mince. Elle est parfaitement confuse. Il aurait pu tourner les talons, s’exécuter, la situation aurait été simple, sans équivoque. Elle ne sait toujours pas où elle en est. Elle n’est pas plus avancée, pas plus avancée qu’auparavant, pas plus avancée qu’avant qu’il ne débarque sur ses grands chevaux, avide d’explications. Ils ne sont nulle part, comme toujours. Ça l’agace profondément. Elle ne veut pas qu’il s’éloigne, qu’il parte, bien sûr que non, et c’est justement ça, le problème. Parce que ses résolutions étaient claires, tranchées, mais elles ont été balayées. Mettre un terme à cette relation, prendre ses distances, c’est ça, qu’elle devrait faire, à la place d’hésiter, maltraitant sa lèvre inférieure, tandis qu’il s’avance d’un pas. « Oui, ça aurait été préférable. »  Mais ce qui est préférable, ils n’y songent jamais, parce que ce n’est pas ce qu’ils souhaitent réellement. Elle soupire, indécise, s’obstinant à rester immobile. « Ce que je veux ? » Il connait déjà la réponse à cette question. Et, pour tout avouer, il lui manque malgré tout, malgré sa colère, malgré sa déception cuisante. « Pour être honnête Abel, tu ne peux pas imaginer à quel point je t’en veux à ce moment exact. » Peut-être que ça n’a jamais été officiel entre eux, peut-être qu’ils ne se sont rien promis, mais tout de même. Elle a été blessée, c’est un fait. Tout comme il se sentirait trahi s’il advenait qu’elle calque son comportement. « Mais non, ce n’est pas ce que je veux, c’est toi que je veux. » ça n’a pas changé, peu importe le comportement du rider, peu importe ses actes. Elle est encore là, à le désirer, à lui accorder de l’importance, à lui donner de l’attention, de l’affection. C’est plus fort qu’elle.

Profiter. Elle roule des yeux. C’est donc ça, leur solution, le sexe ? Il est vrai que ça ne demande pas de réflexion, c’est facile, plus facile que de songer à l’avenir, à eux. Mais, ça ne règle rien, ça ne fait que repousser l’échéance. Il a ce don, cette facilité à l’excéder, même sans le vouloir. « Donc, si je résume, le sexe est ta solution. » Le cliché masculin dans toute sa splendeur. Elle n’est même pas surprise. « Soit. » Il n’a pas l’occasion immédiate de rétorquer, Abel, de prouver qu’il n’y a pas que le sexe qui compte, elle ne lui en donne guère le temps. Elle en oublie tout, l’heure, le lieu, tout. Paumes plaquées fermement contre le torse du cavalier, elle le pousse jusqu’au lit de fortune, s’installant, sans invitation et sans gêne, à califourchon sur ce dernier, les jambes de part et d’autre de son buste. Elle est furieuse, Peyton. Contre elle, contre lui, contre eux. Elle ne veut pas, ne voulait pas, céder, lui octroyer le plaisir de la chair, pas déjà, pas tant qu’elle le sent encore imprégné de Winona Jakson. C’est absurde, pourtant, elle a l’impression qu’elle est là, avec eux. Elle presse ses lèvres impatientes contre la bouche de son partenaire de jeu, s’en empare avidement, une fois, deux fois, à n’en plus compter, incitant les mains du cavalier à s’immiscer sous son haut, à l’effleurer avidement, sans aucune pudeur. Elle se cambre légèrement, tête penchée en arrière, s’appliquant lascivement à mouvoir son bassin, accentuant sans honte, sans retenue, l’envie du rider. Elle y prend un certain plaisir non dissimulé, à le pousser à bout, à attiser le désir, tandis que leurs vêtements représentent encore, à l’instant, un indéniable obstacle. Chaque geste, chaque baiser, chaque caresse, est empreint d’un ressentiment, d’une impatience, d’une rage incontrôlée. Elle le veut tout autant qu’il la révulse. Incohérence qu’elle n’arrive pas à résoudre depuis la fameuse révélation qu’elle se doit d’encaisser. Ils sont déconcertants, lui tout autant qu’elle. Elle freine ses gestes, cesse ses attentions, rompant tout contact aussi brusquement que leur apparition soudaine. Il mériterait qu’elle le laisse en plan. « Ou non, peut-être que je ne veux plus de toi finalement, Abel. Peut-être que je suis lassée, blasée, que je devrais te délaisser au profit d'un autre. » Les mots sont durs, froids, fendent le silence, la tension omniprésente. Elle lui jette un regard provocateur, un air de défi éveillant ses traits, alors qu'elle recule de quelques pas, soutenant les prunelles fiévreuses du rider. Elle joue, Peyton, quitte à se brûler, et alors ? Il l’a cherché après tout, il peut bien ramer un peu. Et puis, elle n'est pas Winona, elle n'est pas son joujou, son défouloir.

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MessageSujet: Re: (IX) ce que j'aime chez toi, c'est ta faculté inaltérable à me décevoir + abel   Mer 14 Juin - 0:30




PEYTON & ABEL


« ce que j'aime chez toi,
c'est ta faculté inaltérable à me décevoir


Abel ne chercha pas à réfuter la conclusion logique qu’elle avait tiré de sa proposition quand bien même il ne l’avait pas lancée avec cette unique idée en tête de liste. Oh et puis merde, pourquoi se voiler la face après tout ? S’envoyer en l’air restait encore une des rares options de passer un peu de bon temps, pourquoi aurait-il fallu s’en priver aussi ? Mais Peyton ne lui laissa pas vraiment le temps de dire quoi que ce soit, pas même d’amorcer un début de réflexion, tandis qu’elle franchissait brusquement la maigre distance qui les séparait encore et qu’elle le bousculait sans ménagement. Trop surpris pour opposer la moindre tentative de résistance, il recula sous son impulsion et ses genoux cognèrent contre le montant métallique du lit, l’y retrouvant assis dessus dans la foulée bon gré mal gré et l’olympienne sur ses genoux.
Bien sûr qu’il ne chercha pas un seul instant à comprendre ce revirement soudain d’attitude tout comme, passé le premier instant de surprise, il n’envisagea même pas de la repousser et répondit spontanément à la moindre de ses sollicitations sans se faire prier. Il ne lui avait pas fallu longtemps pour embraser son corps il n’était pas bien compliqué en la matière et elle savait très bien comment s’y prendre avec lui de toute manière. Elle savait l’effet qu’elle lui inspirait, elle, ses hanches qui ondulaient contre son bassin et sa gorge dénudée qu’il alla embrasser avec passion alors que ses mains ne se gênaient pas pour faire preuve de la même hardiesse que celle qui habitait Peyton.

Et puis trop vite, beaucoup trop tôt, voilà qu’elle s’écartait sans crier gare pour le laisser là, aussi désemparé que frustré, l’agacement qui couvait déjà au fond de son regard pour avoir été privé de cette promesse qu’il avait cru discerner  à travers son initiative.
Les mots, tranchants, se voulaient peut-être lui faire l’effet d’une douche froide mais ils furent tout au plus une claque qui exacerba sa passion aussi bien que sa jalousie. « Non. » Aussi possessif que définitif. Il se releva, lui refusa cet éloignement qu’elle voulait de nouveau instaurer et l’agrippa par le tissu de ses vêtements pour l’attirer vers lui, brusque (mais elle avait donné la couleur), une de ses mains se glissant déjà dans le bas de son dos pour la maintenir contre lui et lui empêcher toute tentative de retraite immédiate. « Et t’espère faire gober ça à qui, au juste ? » Après tout ce qu’elle venait de lui dire, il n’allait certainement pas accepter ce genre de propos. Et il ne voulait pas de sa réponse, de toute manière : il l’embrassa cette même ardeur qu’elle lui avait refusée juste un peu plus tôt, pressant contre elle son corps tendu d’un désir qu’elle y avait allumé de ses propres soins. Hors de question qu’elle file aussi facilement que ça, Peyton. Pas après l’avoir mis dans cet état.
Pourtant ce fut encore une fois elle qui rompit le contact, glissant ses mains contre son torse pour le forcer à s’écarter d’elle – du moins autant qu’il le lui permettait alors qu’il la maintenait toujours aussi étroitement à la taille – et laissant à nouveau la frustration s’installer chez son partenaire, qui ne se gêna d’ailleurs pas pour la manifester ouvertement alors que la contrariété s’installait sur son visage. « Quoi, encore ? » Incapable sur le moment de comprendre que cette façon qu’elle avait de se jouer de lui était une manière de lui faire payer ses propres écarts, il prenait mal le fait de se faire repousser de la sorte : elle pouvait bien se prétendre blasée ou lassée ou n’importe quoi d’autre susceptible de justifier qu’elle ne voulait pas (ou plus) de lui, la fièvre de cette embrassade qu’elle lui avait retournée avant d’y mettre un terme affirmait le contraire. « Va pas me dire que t’en as pas envie. » Ça n’était même pas une question, et ses yeux qui sondaient ceux de l’olympienne la mettait au défi de lui prouver qu’il avait tort.


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MessageSujet: Re: (IX) ce que j'aime chez toi, c'est ta faculté inaltérable à me décevoir + abel   Mer 14 Juin - 12:56

abel & peyton
«  ce que j'aime chez toi,
c'est ta faculté inaltérable à me décevoir.
Elle a conscience, de l’effet qu’elle produit sur Abel, elle en joue sans remords. Qui cherche trouve. Cependant, malgré la résolution perçant sa voix, il ne se résout pas à l’écouter, à la laisser s’échapper. Trop facile, bien sûr. Elle esquisse un mouvement de recul, qu’il anticipe avec aisance, l’attirant brutalement à lui, la faisant prisonnière de son étreinte possessive et inflexible. Elle retient son souffle, figée, l’esprit enfumé par sa propre cupidité. Il n’est pas très coopératif, Abel, loin de là. Il n’est pas assez dupe pour se fier, croire, à ses propos mensongers. Il refuse son retrait, sa fuite, c’est on ne peut plus clair.
Elle y goûte, à ce baiser, avec ardeur, sans aucune retenue, les sens enflammés, les mains assurées, se frayant un passage jusqu’à la ceinture du cavalier, s’attardant un instant, effleurant le désir non dissimulé à travers le tissu. Non. Elle ne peut pas. Il mérite une leçon, qu’elle soit puérile ou non. Elle ne compte pas s’offrir à lui, se soumettre à ses pulsions primaires, pas aujourd’hui, pas ici. Il n’est pas de cet avis, Abel, il ne veut pas la laisser filer et, sincèrement, elle peine à s’y opposer, ses paumes s’immisçant difficilement entre elle et lui, tandis qu’il presse son corps fiévreux contre le sien. Ce n’est pas évident, de se refuser à lui, pas après sa propre attitude tentatrice, pas après avoir éveillé, attisé, leurs sens. Et, il est clairement insatisfait, que ce soit son regard affamé, ses mains s’obstinant à maintenir fermement la taille de l’olympienne ou ses mots agacés, il transpire l’insatiabilité. « Lâche-moi. » Ce n’est pas très persuasif, pas du tout. Elle a le souffle court, les prunelles noires de désir, la peau en feu. La contradiction même. Il n’en fait rien, Abel, ne relâche pas son étau, ignore son ordre piteux, dépourvu de toute pertinence. Un instant, elle doute. Peut-être qu’elle a été trop loin, peut-être qu’elle est prise à son propre piège. Elle lutte pour refréner ses pulsions, les paumes toujours ancrées entre elle et le cavalier. Evidemment, qu’elle en a envie, qu’elle a envie de lui, de ses caresses, de ses lèvres, de sa peau contre la sienne, de s’abandonner corps et âme à lui. Mais, elle est trop obstinée, trop décidée à lui rendre la monnaie de sa pièce. « J’en ai envie. » Qu’elle avoue, les phalanges s’agrippant instinctivement au t-shirt du rider. Aucun doute là-dessus. C’est lui et pas un autre. Mais faut croire, que des deux, elle est peut-être la seule à penser de cette façon. « Mais je vais me contenter d’une douche froide. » Au premier abord, l’idée n’est pas très alléchante, mais la simple pensée de le délaisser, le corps tendu d’un désir inassouvi, lui arrache un rictus suffisant. Elle l’imagine déjà, lui et son orgueil froissé, la colère déformant ses traits. Peut-être qu’il y réfléchira à deux fois avant de l’humilier à nouveau. Elle le repousse, avec plus de vivacité cette fois, et il abdique, non sans mal, la libérant brusquement de son étau. Elle ne perd pas une seconde pour s’éloigner, Peyton, pour s’enfuir plutôt. Parce qu’elle a pertinemment conscience que ses résolutions ont leurs limites. Elle le contourne, le cavalier furieux, attrapant au passage le sachet de glace délaissé. « Ça t’aidera à te rafraîchir l’esprit et… autre chose. » S’enquit-elle, taquine, lui envoyant par la même occasion le sachet dont la fraîcheur s’est déjà grandement estompée. Elle aime ça, ce contrôle qu’elle sait on ne peut plus relatif. S’il ne se faisait pas actuellement violence pour la laisser ainsi prendre ses distances, probablement qu’il serait déjà sur le point de la faire sienne une fois de plus. Elle se détourne, lui tournant le dos, s’obstinant à garder les iris fixés sur la sortie. « Y’a des toilettes au fond de la pièce, au besoin. » Elle jubile, c’est certain, poussant les portes de l’infirmerie sans un dernier regard. Elle est prête, à la savourer, sa petite victoire.


Spoiler:
 

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You step outside, you risk your life. You take a drink of water, you risk your life. Nowadays you breath and you risk your life. Every moment now, you don’t have a choice. The only thing you can choose is what you’re risking it for. —
every moment matters.
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