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 la belle et la bête (elakekette)

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Elanor Barnes
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MessageSujet: la belle et la bête (elakekette)   Dim 21 Mai - 11:09




elakekette
« la belle et la bête
do i look civilized to you ?


Des jours qu'elle supplie Avalon, lui demande de l'aide. Rien qu'une journée, une sortie rapide. Elle a besoin de le voir, de savoir qu'il va bien, que Bass ne lui a pas fait trop de mal. Elle implore. Tous les jours, chaque matin, avec cette même ferveur, ce même regard larmoyant. Et puis elle décide d'y aller seule. Et Avalon, soupirant, s'avoue vaincue. C'est de mauvaise foi que son aînée consent à sortir, à prendre ses armes et surtout à demander la permission. Sa seule raison de prendre Elanor par la main, c'est la garantie qu'elle sera là pour chaperonner la rencontre, que rien ne lui échappera. Elle ne laissera pas la petite Elanor plus longtemps que nécessaire dans les griffes de ce cavalier à l'allure douteuse. La gamine ne sourit pas, consciente qu'Avalon ne fait pas ça pour lui faire plaisir, encore moins parce qu'elle souhaite les réunir. Elle ne prononce pas un mot alors qu'elle pédale sur son vélo, Avalon à ses côtés, le regard vissé sur la route, les sens en alerte. Elanor, elle, apprécie le soleil sur sa peau, le vent qui vent fouette son visage et faire s'envoler ses longs cheveux d'or. Elle prend le temps de regarder les environs, découvrant presque pour la première fois les lieux. Candide, naïve. Elle n'est pas sortie d'Olympia depuis l'épidémie de grippe, trop effrayée par ce qu'il y a dehors. Il est la seule raison qui la pousse à mettre de côté ses angoisses. Elle a besoin de savoir, de le voir de ses yeux, simplement s'assurer qu'il n'est pas trop blessé, qu'il a reçu de bons soins. C'est elle qui avait passé des années à le rafistoler, à soigner ses blessures, les plus ridicules et les plus graves, celles qui le faisait grimacer, l'obligeait parfois à prendre une gorgée d'alcool brûlant. Elle espère qu'il a trouvé quelqu'un pour l'aider comme elle avant. Elle espère et pourtant elle aimerait que ce ne soit pas le cas. Qu'il ai dû panser ses blessures tout seul et que l'arrivée de son petit ange soit une bénédiction, qu'elle pose ses mains sur son corps et le soulage. Elle ne sait pas à quoi s'attendre alors que devant elles se profilent les tours de guet marquant le territoire des Riders. Elle ralentit, descend de son vélo, suivit par une Avalon boudeuse qui se présente aux gardes qui les tiennent en joug. Elles n'iront pas plus loin. Sans savoir pourquoi, le passage leur est refusé. On s'en va quérir Beckett et Elanor se mord la lèvre inférieure, prise d'une angoisse soudaine. Et si il refusait de la voir ? Elle pose son vélo au sol et s'assoit dans l'herbe tiède, réchauffée par un soleil bienveillant. Sa sœur reste debout, droite face aux gardes qui ne l'intimide pas. Elanor, les yeux rivés sur une fleur sauvage, fait des efforts pour ne pas laisser sa panique l'envahir alors que les minutes s'écoulent, interminable torture. Et enfin l'écho de pas résonne à ses oreilles. Elle relève la tête et distingue une silhouette familière qui s'en vient par là. Elle sourit, soulagée, le cœur au bord des lèvres alors qu'elle se lève pour mieux voir et que lui la voit. Petit rayon de soleil que l'espoir fait vivre. Elle capte le regard de sa sœur, un brin désapprobateur, lui rappelant que l'entrevue ne doit pas s'éterniser. Elle n'a pas le temps de s'y attarder, d'y penser. Il est là, toujours plus proche. Et sa voix claque dans l'air, lui serre le cœur.


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Beckett Wills
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MessageSujet: Re: la belle et la bête (elakekette)   Lun 5 Juin - 23:10

Elakekette
« la belle et la bête
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Le nez était ce qui le faisait le plus souffrir, comme si la coupure qui l’ornait refusait de cicatriser sans lui arracher plusieurs grognements par jour. La seule satisfaction qu’il avait à voir sa carcasse tous les matins dans le miroir sale de son baraquement était qu’il pensait à Bass Ferguson et aux hématomes qu’il devait se traîner lui aussi. Si le combat n’avait pas été mémorable, c’était parce qu’on les avait séparé avant qu’il n’y ait un gagnant, ne laissant que quelques gouttes de sang dans le sable des rues de la ville et des murmures pour se faire colporter les rumeurs de ce combat parti de rien. Au ranch, les regards s’éternisaient trop sur lui, et c’était comme si quelques uns des cowboys s’étaient trouvés de l’estime à lui donner qu’il ait enfin réussi à parler avec ses poings sur un olympien insolent – il détestait ça, cette nouvelle visibilité et cette fausse considération, comme s’il avait voulu être au centre de toutes les discussions. En y pensant bien, le fait que Malini s’inquiète pour lui et vienne parfois vérifier l’état de ses blessures était une autre source de joie pour le maréchal, l’égoïsme de se dire qu’elle n’était pas avec l’autre barbu qui semblait tant en pincer pour elle. Le seul problème qui ne le rendait pas vainqueur écrasant de cette histoire finalement, c’était qu’Elanor était encore à Olympia, sûrement en train de panser ses blessures à lui. Il faisait comme si tout cela ne l’atteignait pas, cette absence pesante, cette solitude affreuse, et pourtant la nuit ce n’était pas cette bagarre à demie-perdue qui le hantait mais bien le manque de soleil dans son baraquement. Sans compter que maintenant, il n’avait plus vraiment le droit de se rendre à Olympia, les tensions entre les deux groupes étant assez vive pour qu’il aille se chercher une revanche – frapper un peu plus sur cette brute qui devait serrer trop fort Elanor et lui casser des os sans même s’en rendre compte. Elle était délicate cette gamine, trop délicate pour se faire bousculer par le premier venu. Il était le seul à savoir comment s’y prendre avec elle, il le savait, c’était ses tripes qui lui disaient, et elles ne se trompaient jamais.

Les quelques tocquements à sa porte le firent sursauter – lui et sa côte abîmée n’avaient pas le droit de soulever de choses lourdes pendant quelques temps, il passait donc la plupart de son temps enfermé, à ruminer – mais l’apparition du garde était une autre surprise. Il le regarda quelques temps avant de lui répondre, et l’autre ne disait rien, comme s’il ne voulait pas s’occuper de ce problème qui n’était pas le sien, et qui n’allait pas le devenir. « Ok, j’arrive. » Il se traina, avec quelques soupirs de douleur émanant de la cage thoracique, jusqu’à l’entrée du ranch, ne se donnant pas vraiment la peine de faire la discussion à son compagnon de route, retenant un soupir en voyant la tête blonde se dresser sur ses petits pieds pour l’apercevoir de loin. Il était déjà fatigué de la discussion qu’ils allaient avoir, parce qu’il pensait qu’elle allait s’énerver contre lui et ses caprices de gosses, à se battre pour rien et en faire un tout. Les mains dans les poches, regardant à terre, il prends la peine de saluer l’Olympienne qui l’accompagnait mais ne semblait pas être enjouée d’être arrivée jusqu’ici. « Salut. » laissa-t-il échapper en bougonnant, préférant regarder ses pieds plutôt que la gamine venue le voir. « T’as besoin de quelque chose ? » froid, presque distant, il n’avait pas envie de faire un effort. Si elle voulait des formules de politesses, elle aurait dû retenir son chien de garde de lui sauter à la gorge, car, plus que son visage, c’était l’ego de Beckett qui avait pris des coups pendant cette bagarre.
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Elanor Barnes
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MessageSujet: Re: la belle et la bête (elakekette)   Jeu 8 Juin - 21:16




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Il n'y a pas que sa voix qui lui coupe la respiration, serre son cœur dans sa poitrine. C'est de poser les yeux sur lui, sur son visage tuméfié et les blessures qui refusent de cicatriser. Elle aurait dû y penser, anticiper. Elle aurait dû prendre quelque chose, n'importe quoi pour le soulager un peu. Elle n'a pas l'impression qu'on s'occupe de lui. Personne pour se préoccuper de son ange gardien, de veiller à ce qu'il aille bien, que ses blessures, aussi minimes soient-elles, cicatrises. Elle s'en soucie. Peut-être trop tard, peut-être maladroitement. Elle n'y peut rien. Ou du moins se persuade de ça. Elle n'a pas pu s'échapper avant. Retenue par des forces invisibles, ses propres peurs, son cœur qui saigne. Le courage enfin trouvé, la voilà qui le regarde de ses grands yeux bleu alors que lui refuse obstinément tout contact visuel. Elle fronce les sourcils, oubliant sa sœur et les gardes. Oubliant tout sauf lui. Elle ne peut pas s'en empêcher Elanor. Trop douce, trop pleine de bons sentiments. Trop naïve. Elle s'approche, lève le bras, prête à poser ses doigts délicats sur sa peau brûlée. Et il se dérobe, l'empêche d'approcher en reculant, lui lançant un regard assassin qui la brise de l'intérieur. Elle n'a pourtant rien fait. Pas consciemment non. Elle ne lui veut que du bien, a besoin de s'assurer qu'il va bien, que ses blessures ne sont que superficielles. La main stupidement suspendue dans les airs, elle est incapable de détacher son regard de lui. « Je... » Besoin de quelque chose ? Non. Jamais. Rien que de lui, de sa protection, de son regard posé sur elle, de ses bras autour de son petit corps tremblant, de ses paroles insensées, de ses silences devenus rassurant. « Non, je voulais juste être sûre que tu vas bien. » Vérité et mensonge s'entremêlent dans une symphonie presque parfaite. La distance qu'il met entre eux la tue. Et ce n'est pas la distance physique qui lui fait le plus mal mais bien celle qu'elle perçoit, invisible, simplement posée là par quelques mots assassins. Est-ce la présence des gardes qui le dérange ? Avalon qui les observe du coin de l’œil, prête à bondir sur lui à tout moment ? Elle se mord la lèvre inférieure, cherchant un moyen de s'éloigner, de l'avoir pour elle toute seule. Le cerveau gelé, elle ne parvient plus à penser. Ni même à agir. Elle reste bêtement bouche bée, le regard planté sur son visage, indéchiffrable, comme toujours. Elle sent la panique pointer le bout de son nez. Pire, elle sent qu'elle ne pourra pas retenir ses larmes longtemps. Pas si il continue à la maltraiter comme ça. « Est-ce que quelqu'un a pu soigner tes blessures ? Parce que je peux... » Elle ne finira pas. Il ne lui en laisse pas le temps. Coup de poignard planté directement dans son cœur. Bien sûr. Elle ne le soignera plus. Ce n'est plus son rôle. Elle a mis fin à tout ça il y a longtemps. Seule responsable de son malheur. Elle a fait son choix. Une question lui brûle encore les lèvres. Elle n'est pas certaine de vouloir en connaître la réponse et pourtant elle n'y tient plus. Elle doit savoir. « Pourquoi est-ce que vous vous êtes battus ? » Elle ne voit rien, aveugle par choix. C'est plus facile de continuer à se leurrer que d'affronter la vérité qui ne manquera pas de la briser d'avantage. Si seulement toute cette douleur pouvait enfin cesser. Si elle pouvait faire taire son cœur brisé et étouffer définitivement les sanglots qui lui déchirent la gorge. Pauvre petite chose fragile incapable de faire taire son humanité.


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Beckett Wills
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MessageSujet: Re: la belle et la bête (elakekette)   Mer 5 Juil - 0:37

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Il ne la regardait pas, trop occupé à compter les brins d’herbes noyés dans la boue, comme un enfant fautif sachant pertinemment qu’il n’allait qu’attiser que la colère de l’adulte qui lui faisait face, pourtant, caché derrière ses cheveux noirs assez longs pour lui caresser la nuque, il ne pouvait qu’imaginer les grand yeux bleus d’Elanor. Tremblotants, vitreux, sans doute déjà mouillés  par des ruisseaux de larmes dont il ne voulait pas être la cause, il en venait à détester la sécurité tant chérie des clans de donner à la gamine des raisons aussi stupides de pleurer quand, avant, toutes ses larmes étaient taries par la peur des rôdeurs. Quand il vit Elanor approcher sa main, il ne trouva rien d’autre à faire que de reculer, par réflexe, la peau de son torse encore bien trop sensible pour ne pas tressaillir dès que les ecchymoses étaient touchées, happa dans son mouvement de fuite ce petit regard qu’il n’avait pas eu besoin d’avoir en face de lui pour le deviner, il était, comme à son attente, empli de tristesse et d’incompréhension quand il aurait voulu se tromper et lui trouver les iris orageuses, prêt à la foudroyer plutôt qu’à supplier dans un langage qu’il ne comprenait plus. « Ça va. » Se contentait-il de répondre, aussi bavard qu’à son habitude, trop maladroit pour ne pas laisser parler sa gueule cassée à sa place, son nez où la blessure ouverte était laissée à la merci de l’air et des bactéries qui lui amèneraient sûrement une infection plutôt qu’une croûte guérisseuse, sa joue encore jaunâtre du poing fermé du colosse d’Olympia. Et sa côte, bien à l’abri sous ses vêtements qui l’empêchait de respirer convenablement, qui corrompait ses mouvements et les expressions de son visage. Il n’avait pas envie de lui dire que chaque pas lui arrachait une grimace et des gémissements, qu’il ne pouvait dormir en s’étalant sur son dos, et, une fois sur le côté, était privé du sommeil en la pensant soigner l’autre, déjà remis sur pieds parce qu’il avait les poings aussi faibles que son âme. « Pourquoi, t’as déjà fini de soigner les siennes ? » C’était tout ce dont à quoi il pouvait penser, obsédé par cette image de ses cheveux blonds en cascade penchés sur son corps à lui quand, depuis tout ce temps, c’était de lui dont elle s’était occupée. Acculé au fond du Texas, encerclé de rôdeurs et autres vivants tout aussi peu sympathiques, dans sa resplendissante grandeur, Beckett en était à laisser sortir sa jalousie exacerbée par sa paranoïa. Pourtant, il n’eut pas le temps de laisser sortir une autre giclée acide de sa gorge pour finir de défigurer le visage d’Elanor de nouveaux traits de chagrin et de larmes que ce fut le raclement de gorge d’un des gardes qui le ramena à la réalité, à l’entrée du ranch, là où les riders et l’olympienne accompagnante les dévisagaient dans un mélange de curiosité et de méfiance. « Viens avec moi. » L’encouragea-t-il d’un signe de tête tout en se retournant vers le ranch pour y pénétrer, calmant d’un signe de main les deux gardes prêt à s’interposer à sa décision.

Le trajet jusqu’à son baraquement s’effectua dans un silence qu’il ne voulait pas briser, soudainement bien conscient des autres personnes l’entourant, bien qu’aucune discussion avec Elanor n’ait jamais été d’un grand secret, il avait toujours préféré les garder pour eux, entre eux, mauvaise habitude gardée des routes. Son colocataire n’était pas là, même si son odeur de vache gangrenée par la maladie hantait encore la pièce, chose à laquelle il n’avait jamais vraiment réussi à se faire. Une fois la porte fermée, il se laissa tomber sur son lit, laissant échapper un grognement causé par la douleur qui déformait encore une fois son visage, se tenant le torse par réflexe, comme si cela pouvait y faire quelque chose. « T’es juste venue jouer à l’infirmière alors ? » Il reposait la question de sa présence ici, espérant que, maintenant qu’ils étaient seuls, elle ne se retiendrait pas, redoutant qu’elle n’y voit aussi l’occasion de confesser ce qu’il redoutait, que Bass ne viennent hanter la discussion quand il voulait l’enterrer à la lisère de la forêt pour ne plus jamais en entendre parler.  
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Elanor Barnes
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MessageSujet: Re: la belle et la bête (elakekette)   Lun 10 Juil - 10:16




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Le voir se dérober ainsi à son toucher fini de l'achever. Elle sent ses jambes qui menacent de rompre, voudrait arrêter ces tremblements stupides dans sa voix et dans son corps. Petite branche fragile qui menace de rompre. Peut-être que ça n'en valait pas la peine. Peut-être qu'elle aurait dû s'avouer vaincue et ne pas venir jusqu'ici perdre son temps avec cette vielle caboche brisée. Mais non. L'idée ne lui a jamais traversé l'esprit. Parce que lui venir en aide est naturel. Parce qu'elle a toujours été là pour soigner ses blessures. Parce que c'est son rôle. Parce que c'est sa manière à elle de lui dire qu'elle l'aime, même alors qu'elle n'en a pas conscience. Retenue par des bras invisibles qui constamment la pousse vers lui, elle revient alors qu'elle s'était jurée de plus regarder en arrière. Sa venue à Olympia avait tout bouleversé. Sans ça, peut-être qu'elle aurait pu continuer d'avancer vers l'avenir sans regarder par dessus son épaule, sans se préoccuper de savoir si il était encore en vie. Maintenant qu'il est à nouveau dans sa vie, elle ne peut pas l'ignorer, ne peut pas rester aveugle. Elle a besoin de reprendre un semblant de relation normale. Même si lui ne le veut pas. Elle a réussi une fois à se faire une place. Elle y arrivera encore. Elle connaît son Beckett, sait qu'il ne laisse personne l'approcher de trop près et que cette méchanceté apparente n'est rien de plus qu'une coquille protectrice. Elle a beau le savoir, ses mots la transpercent comme mille lames. « Pourquoi, t’as déjà fini de soigner les siennes ? » Elle tente de l'ignorer mais elle sait que son regard la trahie. Elle n'a jamais pu cacher ses émotions et n'en a même jamais eu très envie. Alors elle l'ignore en ne répondant pas, en se mordillant l'intérieur de la bouche, le souffle court, la gorge serrée. Croit-il vraiment qu'elle et Bass sont plus que de simples amis ? Croit-il qu'elle s'est allongée avec lui une fois son travail d'infirmière terminée ? Elle n'ose pas y penser d'avantage. Prise d'une nausée soudaine, elle ferme les yeux quelques secondes, entend un homme se racler la gorge et comprend que les gardes n'ont rien perdu de leur échange. Avalon non plus. Elle voudrait se cacher très loin, s'enterrer dans un petit trou et ne plus en sortir. Il commande et elle obéit. Les yeux écarquillés, elle le regarde s'éloigner à petites foulées et elle jette un regard en arrière vers sa sœur. « Tout va bien. » Elle ne parvient pas à lui offrir un sourire rassurant. Au lieu de ça elle soupire. « Ce ne sera pas long. » Elle tente de rassurer son aîné avec des mots vides de sens auxquels elle ne croit pas. Elle ne laisse pas le temps à sa sœur de répliquer, certaine qu'elle fera tout pour l'empêcher de suivre Beckett. Alors Elanor s'élance derrière lui, le suit, la tête à demie baissée dans une position qui lui rappelle douloureusement le temps passé au ranch. Elle ne veut pas croiser les regards amusés des membres de la communauté, ne veut pas de leurs regards vissés sur elle.

Elle sent son cœur manquer quelques battements et son ventre se tordre en voyant se profiler la petite cabane qu'ils partageaient jadis. Rien que tous les deux. Comme lorsqu'ils étaient sur les routes. En pénétrant à l'intérieur, il n'y avait plus grand chose de ressemblant avec la vie qu'ils avaient partagé. Alors qu'il se jette sur son lit et qu'elle reste plantée dans un coin, l'observant, elle se souvient que ce lit avait aussi était le sien. Parce qu'elle avait trop peur. Parce qu'elle ne supportait plus de dormir toute seule. Parce que sa chaleur la rassurait et que ses bras autour de son petit corps étaient la seule chose susceptible de la calmer. Si elle passait autant de mauvaises nuits à Olympia, ce n'était pas pour rien. Seule au fond de son grand lit, Elanor ressassait de vieux souvenirs. Elle fronce les sourcils en observant ses réactions et la douleur qui le transperçait. Pourquoi fallait-il qu'il fasse preuve d'autant de fierté ? « Oui. Parce que je sais qu'ici personne ne se préoccupera de toi. » Pas comme elle qui ne respire que pour lui. Elle s'approche lentement, sans mouvements brusques, consciente qu'il tentera de se dérober à la première occasion. Elle vient s'asseoir près de lui et, doucement, soulève son tee-shirt, le visage concentré, ses doigts froid rencontrant sa peau. Ca l'ennuie qu'il ne la prenne pas au sérieux et sa voix prend une intonation plus irritée qu'elle ne le voudrait. « Je ne joue pas Beckett. » Elle est fatiguée de devoir justifier ses capacités et n'a pas envie d'argumenter avec lui. Elle veut juste être certaine qu'il ne risque rien, qu'il sera encore là demain pour râler, qu'elle aura encore l'occasion de le voir arriver en ville avec son air bourru et son visage impassible. « Enlève le. Il faut que je vérifie si ça guérit. »


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Beckett Wills
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MessageSujet: Re: la belle et la bête (elakekette)   Sam 15 Juil - 23:41

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C’était la première fois depuis son départ du ranch qu’ils étaient réunis dans leur ancien baraquement, celui que Beckett hantait toujours mais d’où les souvenirs de la blonde avaient été bien vite effacés pour être remplacés par les vêtements troués de son nouveau compagnon de nuit. La vision lui était presque onirique, comme une hallucination causée par la douleur, seule élément qui lui rappelait pourtant que tout cela s’ancrait bien dans la réalité et non dans un de ses quelconques rêves qui lui laissaient des relents âpres au fond de la bouche à son réveil. Elle s’obstinait, l’entêtée, à lui dire qu’elle était venue le voir pour s’assurer qu’il allait bien, essayer de le rafistoler un peu mieux que ce que le pouvaient les habitants du ranch et leurs connaissances plus que bancales en médecine, mais c’était autant sa fierté que la véracité de ses faits qui le poussaient à répondre, presque en bougonnant que si, « On se préoccupe de moi ici, tu devrais pas t’inquiéter. » Parce que l’intérêt n’était pas de savoir si on jouait bien à l’infirmière avec lui, non, Malini s’était essayée à tenter de le soulager, mais il n’avait jamais été un bon patient, s’était contenté de donner à Bass une nouvelle raison de s’énerver, un nouvel os à ronger pour le chien de garde d’Olympia, en espérant qu’il s’en casse les dents, non, ce à quoi il ne pouvait éloigner son esprit, c’était qu’elle s’inquiétait encore pour lui. Après sa tentative de main tendue pathétique à Olympia, après le désastre de la chasse de Pâques, après qu’il se soit monté la tête pendant des nuits entières à penser qu’elle l’avait oublié pour la sécurité offerte par Olympia et les bras de Bass et que, maintenant qu’ils étaient séparés, qu’il n’était plus le seul mur entre elle et les zombies, il n’avait plus d’utilité. Ça lui procurait une sensation bizarre, la perspective qu’il ai pu avoir tort dans cette histoire, comme un retournement de situation qu’il n’avait pas vu venir malgré tous ses caprices pour attirer son attention et le provoquer. Pourtant, il ne la lâcha pas des yeux quand elle s’approcha avec délicatesse de lui, comme si elle s’attendait à faire face à une bête sauvage, il ne ronchonnait plus quand elle remonta son tee-shirt pour regarder la cause de ses pointes de douleurs qui venaient jusqu’à marquer son visage, non, il la laissait faire parce que c’était une habitude qu’il ne perdrait jamais, de laisser faire voir ces blessures à Elanor, son corps abîmé par sa vie d’avant et celle d’après, des cicatrices ci et là pour marquer des histoires dont, si elle n’avait pas cautérisé les plaies, il avait passé les soirées près du feu à lui raconter pour l’endormir. Beckett et sa vie sans piments, devenu conteur de milles histoires pour les beaux yeux d’une belle qui pensait qu’il n’avait vécu que des belles aventures. Il abdiqua, rapidement, se saisissant du tissu pour le faire passer par-dessus ses épaules dans un grognement – soulever les bras lui était sans doute le plus insupportable – et de lui laisser son torse-nu, la côte fêlée bien en évidence par un feu d’artifice de couleurs noires, jaunes et mauves, il préférait ne pas la regarder, ne pas donner à cette blessure là plus de signification qu’elle ne devrait en avoir, faire comme à son habitude, regarder ailleurs et attendre que ça passe, comme si ça n’était qu’une égratignure de plus. Il ne pouvait rien y faire d’autre, de toute façon. « C’est qu’une côte fêlée, c’est pas grand-chose, je m’en remettrais. » laissa-t-il échapper, la peau frileuse de son touché, encore trop délicate au alentours de sa blessure qui lui déchirait la chair, mais pour une fois, il ne pouvait se contenter d’attendre le verdict de l’infirmière, il n’avait pas envie de laisser le silence envahir le baraquement de peur qu’une fois qu’elle ai constaté la blessure et le peu qu’elle pouvait y faire, elle s’en aille encore, pour de bon cette fois. « Il a frappé fort, le Bass, mais il me faut plus qu’un barbu énervé pour me mettre à terre. » Mais elle le savait bien ça, qu’il était assez stupide pour se battre et, pire, qu’il était assez stupide pour à chaque fois s’en réchapper pour s’y lancer de plus belle, mais, cette fois, ses pulsions seraient maîtrisées, non pas parce que l’objet de la discorde n’en était plus un – au contraire, sa présence ici ne faisait que renforcer son idée que les coups de poings n’avaient pas été vain – mais son comportement l’avait mis dans une position délicate. « J’ai plus vraiment le droit d’aller à Olympia, maintenant. » Il ne l’avait jamais vraiment eu, avait profité des événements pour s’y faire une place, mais il était maintenant dans un lumière désagréable qui mettait tous ses défauts en exergue, et il lui semblait impossible de s’en échapper discrètement pour retourner dans la ville voisine avec qui l’alliance était devenue bien trop fragile pour qu’on le laisse encore faire des siennes. « Alors je sais pas si tu préfères rester avec Bass, ou si tu trouveras le temps de me rendre visite, mais je préfère que tu le saches, pas que t’ailles penser que je fais la tête ou quoi. » Parce qu’il n’arrivait jamais à rester longtemps fâché contre elle, que ce soit  quand elle crie sur des routes infectées de rôdeur ou quand elle l’oublie en tenant la main d’un autre, il y avait toujours sur son visage ce sourire qui lui semblait d’une autre vie pour qu’il s’en éloigne trop longtemps, la fragilité d’un espoir auquel il n’était plus capable de croire de lui-même mais dont l’existence était criée silencieusement par les commissures de ses lèvres avec trop d’intensité pour qu’il ne le voit pas.
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MessageSujet: Re: la belle et la bête (elakekette)   Mar 18 Juil - 16:05




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« Qui ? » Ça lui échappe complètement. La question lui brûle les lèvres et elle la regrette instantanément. Parce que ça ne la regarde pas mais surtout parce qu'elle n'a pas su garder pour elle cette question qui lui torture l'esprit. Parce qu'il la voit telle qu'elle est, qu'il est capable de calculer un + un. Elle regrette de laisser son cœur prendre le dessus quand elle devrait garder la tête froide, faire preuve de retenue. Elle évite son regard, feint d'être concentrée sur sa tâche quand en réalité elle se mord la lèvre jusqu'au sang, coupable prise sur le fait. Ses doigts frôlent à peine sa peau qu'il frisonne, laisse voir quelques points de froid poindre et elle grimace devant le triste spectacle de couleurs qui abîment sa peau. Elle ne s'y attarde pas, laisse sa main se reposer, petite chose inutile. « Tu sais que je m’inquiéterai toujours pour toi. » Peu importe la distance entre eux, peu importe qu'il la déteste et lui hurle dessus. Elle s'inquiétera, fera tout pour être sûre que son Beckett va bien. Rien ne saurait changer cet état de fait et cette douceur trop naïve qui l'anime. Elle ne laisse rien se mettre au travers de son chemin et parvient toujours à ses fins. Sa seule présence en ce moment-même en est une preuve irréfutable. Le regard vissé sur ses chaussures crottées, elle préfère fuir son regard et apprécier sa voix rauque se faufiler dans ses oreilles. Elle n'aime pas qu'il continue à se railler de Bass, qu'il le rabaisse de la sorte. Elle n'a, de toute façon, pas aimé leur petit combat improvisé. « Toi aussi tu as frappé fort. » Bass ne s'en était pas sorti indemne, quoiqu'en pense Beckett. Ça ne l'a pas amusé de devoir s'occuper des deux hommes et elle aimerait bien comprendre, avoir le fin mot de cette histoire stupide. Faible et vain espoir. Personne ne lui dit jamais rien. On la garde volontairement dans le flou. On cherche à tout prix à la préserver de la réalité, comme une enfant trop faible pour comprendre. On ne la prendra jamais au sérieux. Pauvre Elanor.

Sa petite tête blonde consent enfin à se relever et c'est avec un pincement au cœur qu'elle croise son regard résigné, fatigué. Elle voudrait être sûre de pouvoir changer la donne, qu'un mot à Peyton pourrait tout changer, qu'il serait autorisé à venir lui rendre visite. Mais non. Aucun son ne sort de sa bouche. Rien que du vent, un soupir triste. Il ne reviendra pas. Et tôt ou tard, elle ne pourra plus quitter la ville. On le lui interdira pour de bon. Ou elle n'en sera tout simplement plus capable, le corps et l'esprit trop endommagé pour entreprendre le voyage. Ce n'est pas la fatigue ou la peur qui prend possession de son corps en cet instant mais bel et bien l'agacement. Elle n'en peut plus de ses piques sorties de nulle part, de ces fausses raisons qu'il lui donne. Elle est fatiguée de devoir se justifier. « Est-ce que tu vas arrêter de parler de lui ? » Elle ne comprend pas, ou du moins ne veut pas comprendre. Bass n'est qu'un ami et il n'a certainement rien à faire dans leur histoire à tous les deux. « Je ne sais pas ce qu'il se passe entre vous mais vous devriez régler ça de façon moins brutale. » Toujours aussi douce, innocente et naïve. Jamais un mot plus haut que l'autre, elle n'est pas en colère. Elle voudrait juste qu'il retrouve un semblant de calme, qu'il laisse de côté les épines dans sa voix pour redevenir le Beckett qui la rassurait quand la nuit était trop noir. « C'est moi qui devrait faire la tête. Tu as agressé un de mes amis en pleine rue. Dans ma ville. Tu ne te rend pas compte de ce que ça veut dire Beckett. » Elle soupire, ferme les yeux une secondes et prend une grande inspiration, consciente qu'elle doit tout finir, ne pas lui laisser le choix et surtout pas celui de la couper dans son élan. « Les gens parlent. Et il y a des conséquences. J'ai eu un mal fou à convaincre ma sœur de venir jusqu'ici pour te voir. Les gens parlent Beckett. Ils murmurent des choses sur moi... » Elle n'est même pas capable de finir, la gorge en feu, des larmes menaçant de noyer son beau visage. Elle sait qu'on la prend pour une folle, elle sait qu'on se demande si elle s'amuse avec Bass et Beckett. Peut-être même avec d'autres. Elle perd pieds Elanor et sa respiration en prend un coup, elle sent son corps se contracter et la paniquer monter.


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Beckett Wills
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MessageSujet: Re: la belle et la bête (elakekette)   Ven 21 Juil - 0:16

Elakekette
« la belle et la bête
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Il laissa la question flotter, parce que ça n’avait pas d’importance, ou ça en avait trop peut-être, qui est-ce qui pouvait bien s’occuper de lui dans ce foutu ranch, personne et tout le monde en même temps, les bons sentiments de Malini à vouloir prendre soin de sa carcasse sans trop le juger et les regards en coin de Mallory de le voir incapable de pelleter à sa place et d’en être presque désolée, les murmures inaudibles des cow-boys sur son passage boitillant qu’il ne voulait pas entendre, peut-être que tout ça, il devrait s’en rendre compte, qu’il faisait parti de cette famille là, un peu contre son gré, écrasé là et incapable d’en repartir, mais il n’entendait que les paroles d’Elanor qui résonnaient à l’intérieur de ses tympans, une chanson en boucle qu’il ne pouvait plus se sortir de la tête, hypnotisé par ses quelques mots qui lui retournaient les intérieurs et lui tordaient ses pensées noirs dans lesquelles il aimait tant se morfondre. Il se sentait comme un cheval accroché à un marcheur depuis des semaines, à marcher en rond en suivant un panneau de plastique qu’il n’atteindrait jamais, même pas une carotte coincée entre ses oreilles pour lui faire espérer quelconque espoir, ses caprices n’avaient pas de sens mais il n’en trouvait plus assez dans le monde environnant pour se raisonner. Il était dans un champ d’herbe rase et il s’entêtait à courir après les pistils d’un pissenlit qu’il avait laissé s’envoler sans y faire attention, regrettant d’être maladroit sans réussir à les toucher de ses doigts, pourtant à cet instant il avait l’impression que le vent cessait de lui jouer des tours en rafales et qu’il laissait la fleur légère revenir jusqu’à lui, sans qu’il sache encore ce que ça lui faisait ressentir dans les intestins. « J’vais arrêter de parler de lui. » lui lâcha-t-il, presque au tac au tac,  aveuglé par l’idée d’aller dans son sens pour ne pas prendre le risque de la faire partir en furie. Il était à sa merci, coincé ici, mais elle n’était pas encore assez attaquée par l’insanité du coin pour le laisser agoniser à terre et s’envoler pour de bon, encore trop d’espoir dans les hommes restants pour ne pas s’énerver de leurs enfantillages quand ils devraient être adultes, s’accrochait à cette envie qu’elle avait toujours eu de vouloir faire partir des discussions des grands quand Beckett s’était obstiné à la protéger du monde dégueulasse des vagabonds et de ce qu’ils pouvaient vraiment vouloir. Il ne voulait plus la mettre à l’écart si cela signifiait de perdre pour de bon son armure de chevalier blanc dont le poids sur ses épaules lui manquait terriblement. « C’est toi qui se passe entre nous deux. » Il voulait tout sauf qu’elle se laisse tâcher par la boue lancée par les autres, alors, dans un geste de tendresse qu’il ne pensait plus avoir, il se releva pour ramener sa main sur son bras, lui serrer l’épaule de ses doigts grossiers pour ne pas qu’elle pleure à cause des commérages. « Les autres ne savent pas, ils parlent pour se distraire, ils inventent des histoires pour pas perdre la tête. Et moi aussi. Quand j’t’ai vu lui prendre la main j’ai, j’ai juste… J’étais jaloux. » Ça lui faisait mal d’avouer tout ça à voix haute, parce qu’il était obligé de se l’avouer à soi-même autant qu’à elle. Parce que la seule raison pour laquelle il détestait Bass, ce n’était pas sa barbe, ce n’était pas ses yeux bleus si agaçant ni sa tignasse blonde comme les blés sortie d’un autre âge, ce n’était ni ses épaules trop carrés ou son torse bombé comme s'il partait à la guerre. C’était parce qu’il avait tenu cette main qui ne lui appartenait pas, qui n’appartenait à personne, même pas à lui. Il s’était mis dans la tête que cette main, il ne la méritait pas, qu’il l’avait pris de force et qu’elle avait fini par lui céder parce qu’elle était trop frêle pour dire non à ce cabot là, et maintenant il en était à se faire sermonner d’être comme les autres, à ragoter, à se monter la tête pour des riens qui lui semblaient être des tout. « J’me suis imaginé des trucs. Que, je sais pas, qu’il abusait de toi, des trucs comme ça. Mais j’me suis trompé. Mais même si c’est ton ami... » Il hésita, l’espace d’un instant, parce que ça allait être le mot de trop, qu’il aurait dû se contenter de s’excuser et de retourner dans ce silence si confortable duquel il ne voulait d’habitude pas sortir. Pourtant sa voix était bien là, prête à être utilisée, il se souvenait du mouvement des cordes mais en redoutait les conséquences qu’il n’avait jamais voulu affronter, Beckett et ses retranchements infranchissables qu’il s’était imposé depuis le commencent, bien avant que la route et les rôdeurs ne le poussent à donner sa confiance et toute son âme à une gamine aux bras trop faibles pour les supporter, Beckett et sa culture du silence depuis les premiers coups que lui avait porté la vie en prenant la forme des gosses du village, des adultes mécontents du petit con incapable qu’il était, des beaux-pères abusifs et de sa mère fatiguée d’essayer de lui trouver des excuses. Il avait commencé à rendre les coups sans réfléchir plutôt que d’essayer de démêler ce bouillonnement d’injustice et de colère à l’intérieur de lui, sauce épaissie par les années pour ne laisser qu’un ragoût sans goût à demi-explosif, ce besoin de sortir boire pour se donner des raisons de se taire la gorge et de laisser parler le corps. Non ce n’était pas dans ses habitudes de l’ouvrir trop, de creuser un peu plus loin, d’au-delà de dire ce qu’il pensait, dire ce qu’il pouvait ressentir. Ce n’était pas ce genre de gars-là, ces salopards aux mots doux et aux actions faibles qu’il détestait, parce que lui, Beckett, il faisait. Il essayait de s’en convaincre, qu’il y avait deux types d’hommes, et qu’il était du bon. Qu'il fallait mieux ne pas réfléchir, ne pas s'arrêter pour se rentre compte qu'il était prêt à se noyer dans la merde de laquelle il n'avait pas pris le temps de s'échapper. Et pourtant, sans bégayer, il laissait sortir ça, comme si c’était quelque chose d’énorme, comme si c’était là la plus grande révélation pour sauver l’humanité de cette saleté qui les rongeait. Mais pour lui c’était un premier pas, le plus dur quand ses jambes étaient ankylosées et semblaient incapables de lui obéir, un petit pas ridicule qui lui coutait toute sa fierté. « J’ai l’impression que c’est déjà trop. J’ai pas envie qu’il prenne ma place, qu’il prenne soin de toi et que tu te sentes en sécurité avec lui, j’ai pas envie que tu le regardes comme tu me regardais avant. J'ai pas envie qu'il se mêle de savoir si je suis assez bien pour te parler, qu'il se mêle d'histoires qui le regardent pas, qu'il pense que je suis juste un casanova, et que lui il se croit assez bien pour t'éloigner de moi, alors qu'il est sans doute jaloux aussi. J’ai pas envie de tout ça, parce que j’ai l’impression que c’est la dernière chose qui me reste, que c’est le seul truc qui me rappelle pourquoi je suis encore là et que je me suis pas tiré une balle dans la tête pour échapper à tout ça. J’ai pas envie qu’on prenne ma place. J’ai pas envie d’être rien. » D’être laissé sur la route comme un chien pendant l’été et que personne ne se retourne pour essayer de le détacher d’une chaîne qui ne le retenait pas, d’attendre et de se languir d’un maître qui ne se souviendrait pas de lui, pourtant il avait beau crever de faim il restait sur le bord du bitume, quitte à en devenir fou.
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Elanor Barnes
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MessageSujet: Re: la belle et la bête (elakekette)   Ven 21 Juil - 15:08




elakekette
« la belle et la bête
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Elle n'est pas en colère, seulement fatiguée de devoir justifier ses faits et gestes. Las de devoir rendre des comptes à des gens qui ne se préoccupent peut-être pas tant que ça d'elle. Elle est agacée de passer pour une victime, d'être encore et toujours cette enfant un peu fragile qu'on se doit de protéger contre tout et n'importe quoi, parfois contre rien. Elle rêve d'être forte Elanor. Pas souvent. Mais parfois, quand le sommeil l'emporte finalement, que ses rêves ne sont pas troublés par des images horrifiques, elle rêve qu'elle est courageuse. Elle peut alors être comme les autres, comme Avalon et Ada. Elle peut parler sans retenue, courir sur des kilomètres, faire tournoyer sa machette au-dessus de sa tête. Rien n'est au-dessus de ses forces et personne ne l'arrête. Un simple rêve. Un peu futile, un peu stupide. Et à son réveil, la froide réalité la frappe, la laisse gelée dans son grand lit froid. Seule. Personne pour l'entendre, personne pour comprendre. Il ne reste rien de leur relation. Rien que l'écho mourant d'une amitié profonde qui tente de remonter vers la surface, de se réchauffer au contact des pales rayons du soleil. Si proche et pourtant si loin. Il ne réchauffe pas assez son corps, ne touche pas son âme, peut-être trop effrayé à l'idée de la souiller. Et son cœur ? Son cœur se meurt de ne savoir ce qu'il désire. Perdue entre deux eaux, à moitié noyée par le courant trop fort qui l'emporte toujours plus loin de lui. Elle laisse faire, plus sereine à l'idée de se voiler complètement la face, moins meurtrie par ce processus de déni. Mensonges. Il est aussi doué qu'elle dans ce domaine. A le voir buter sur les mots, lui répondre brutalement, elle ne doute pas de sa sincérité. Ça l'effraie. Parce qu'elle ne comprend pas, ne veut pas comprendre. Ses sourcils se froncent, son doux visage contempler celui de Beckett, plus dur, dénué d'émotions, fermé. « De quoi est-ce que tu parles ? » Elle s'étrangle presque, pas bien certaine de vouloir la vérité, l'esprit trop étroit pour encaisser ce qui va suivre. La jalousie est un sentiment qui l'a dépasse. Un vice dont elle reste éloigné. Une idée malveillante qu'elle a toujours évité. Jaloux. De qui, de quoi ? Il n'avait aucune raison d'éprouver ce sentiment honteux. L'idée ne parvenait pas à faire son chemin dans sa petite tête blonde. Figée, le regard perdu sur ses traits et ses blessures, son cerveau ne fonctionne plus, comme gelé dans l'instant. Elle se contente d'écouter. Elle ne réagit même pas lorsqu'il se coupe l'espace d'un instant, qu'il cherche ses mots. Elle n'a pas la force de le contredire, d'élever la voix pour qu'il arrête. Elle sent enfin sa main contre sa peau et frissonne. Elle ne cherche pas à s'échapper. Ce contact tout simple c'est ce qui la ramène vers la réalité, lui fait ressentir quelque chose. Mélange de bonheur et de peur. C'est ça qui l'empêche d'agir, de parler, de dire quelque chose, n'importe quoi. La gorge nouée, elle sait qu'elle ne pourra pas retenir la panique qui menace de la submerger bien longtemps. Les sentiments dansent dans son cœur, brouillent son esprit. Elle tente d'assimiler les mots, se les répètent dans sa petite tête, encore et encore. Tous ces mots qui la perturbe, la trouble, lui coupe le souffle. C'est trop. La panique gagne en puissance et elle sent son corps s'agiter, tressauter sous l'impact de ces révélations. Elle reste silencieuse, cherche à formuler quelque chose de censé dans sa tête qui tourne au ralentit. Elle ne quitte pas Beckett des yeux, ne fuit pas son regard inquisiteur comme elle en l'habitude. Elle affronte la situation alors qu'elle panique complètement. Elle sait qu'en cet instant c'est à elle d'être forte. C'est son tour. Pour de vrai. Pas dans un rêve. Elle doit résister, respirer un grand coup. Aussi faible soit sa voix, elle sait qu'il l'entend, sait qu'il comprendra et verra combien c'est difficile pour elle de ne pas craquer. « Beckett, personne ne pourra jamais prendre ta place. » Sa main se pose sur la sienne et un sourire vient illumine son visage. Pas un sourire sincère, grand et beau. Un sourire tout petit, un peu timide. « Ce qu'on a vécu ensemble, personne ne nous le prendra. » Ces routes désertes, ces nuits sombres et froides, ces quelques mots échangés au coin d'un feu mourant. Ses chansons qu'elle inventait rien que pour lui, ou ces classiques qu'elle reprenait dans l'espoir de voir un sourire naître aux coins de ses lèvres. Autant de moments partagés, de secrets bien gardés. Personne ne sait et personne ne saura jamais. « Je suis toujours là. Tu ne m'a pas perdu. » Elle réalise alors la portée de ses mots et des siens. Elle réalise combien ça a dû lui coûter de parler ainsi, de tout lui dire sans sourciller. Beckett ne parlait jamais autant. Même en sa présence. Tout ça lui fait prendre conscience que leurs rôles dans cette histoire s'inversent enfin un peu. Il a besoin de sa force à elle, d'être rassuré. Ses doigts se referment sur les siens, elle serre aussi fort qu'elle le peut sa main, avec cette force d'oiseau qui la caractérise tant. Elle a besoin de ce contact, de lui faire savoir qu'elle a compris, qu'il n'est pas seul. Elle ne trouve plus les mots, la gorge en feu, au bord du gouffre. Le monde tourne trop vite, l'empêche de respirer, de penser. Et avant qu'elle s'en aperçoive vraiment, une unique larme quitte ses yeux, vient souiller son visage souriant.


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