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 You attract what you are ready for (Elakekette)

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MessageSujet: You attract what you are ready for (Elakekette)   Jeu 5 Avr - 14:19



Elakekette
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Fin février 2018

La fin d’année n’avait pas été des plus clémentes pour lui, plus à cause de son inconscience qu’autre chose. S’il avait été assez chanceux pour se tirer de la tempête sans égratignure malgré sa propension à jouer au héros qui aurait pu le perdre, qui n’avait pas été assez pour protéger Mallory, il ne pouvait pas en dire autant de ce fichu vaccin qui avait failli l’achever. Il en rêvait encore parfois, de ce goût amer de fer qu’avait laissé le sang au fond de sa gorge, des visions d’horreurs que lui avaient causé la fièvre, ou qui s’étaient vraiment passées, qui sait. Il avait finit par s’en remettre. Difficilement. Avec au ventre toujours cette peur d’être encore pris de vertiges, de haut-le-cœur, de s’effondrer au milieu de la nuit sans que personne ne s’en aperçoive. Pourtant il était là, presque vaillant, à chevaucher jusqu’à Olympia, trajet qu’il avait fait moins souvent qu’il ne le voulait lors de ces deux derniers mois. Son excursion à l’inauguration du nouveau mall s’étant passé sans embûche – même s’il avait passé le plus clair de son temps assis à la table de poker de Ryan – il était déterminé à aller finir de rafistoler le toit  d’Elanor abîmé par la tempête, qui attendait les dernières minuties depuis trop longtemps. Des détails qui n'avaient pas lieu d'être fignolé, pourtant il voulait tenir cette promesse ridicule de réparer ce toit. D’aller dans la ville voisine sans avoir l’excuse de s’enticher de l’état de santé de son compagnon de chambré, maintenant guéri et revenu au ranch, lui donnait comme l’impression d’avoir enlevé le masque de la mascarade, sans qu’il ne sache s’il devait être confiant d’emmener les sabots de son cheval jusqu’à l’habitation de la petite infirmière ou s’il devait encore baisser les yeux, les laisser se fondre dans la poussière pour ne pas qu’on le remarque. Il se contentait d’avancer dans le méandre des rues de tôles et de bois assemblés, muet comme à son habitude, laissant la bête le guider d’un chemin qu’elle commençait à connaître. Il laissa passer pourtant la maisonnée des Barnes, allant toquer à la porte des Yates chez lesquelles la petite infirmière avait emménagé le temps que le toit soit réparé, puis elle y était resté, pour être utile, pour se dévouer aux autres, comme à son habitude. Il laissa sa main s’abattre trois fois sur la porte avant de se reculer d’un pas, lisser sa vieille chemise pas vraiment propre dans un espoir vain de bien se présenter, dans l’angoisse de se demander qui allait bien ouvrir cette porte. Avec un peu de chance, Elanor. Avec moins de chance, toutes les autres habitantes de cette maison.
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MessageSujet: Re: You attract what you are ready for (Elakekette)   Mar 10 Avr - 18:54



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Fin février 2018

La vie avait depuis longtemps repris son cours normal à Olympia. Aussi normal que possible compte tenue de la vie vécue par les survivants. Elanor était bien la dernière à se plaindre de sa vie entre les murs de la ville. Elle jouissait de tous les avantages et n'avait nullement besoin de sortir. Elle occupait ses journées entre l'infirmerie, son suivi quotidien de Peyton, sa sœur et ses amis en ville. Et Beckett. Le Cavalier était revenu, comme promis. Et il avait fait les efforts nécessaires. Il avait également pris sur lui de réparer l'ancienne maison des Barnes, lourdement touchée par l'ouragan. Ancienne, parce qu'elles avaient depuis élu domicile chez les Yates. L'entente entre les quatre jeunes femmes étaient parfaites et, finalement, Elanor avait décidé de prolonger leur séjour, notamment pour s'occuper à pleins temps de Peyton et de sa grossesse. La nouvelle n'avait pas peiné Beckett. Il comprenait. Et il tenait à finir leur maison coûte que coûte ce qui ne déplaisait pas à la petite blonde qui profitait de chaque instant pour bavarder avec lui. Le plus souvent, ils passaient du temps ensemble, sans rien dire, elle s'attardant dans ses bras, lui les yeux fermés sur des rêves silencieux. Ces moments, Elanor les chérissaient, les attendaient autant qu'elle les redoutaient. Par peur que tout s'arrête brutalement, du jour au lendemain. Par peur qu'il se lasse et ne viennent plus. Par peur qu'il lui annonce une mauvaise nouvelle ou qu'il lui demande à nouveau de tout quitter pour partir avec lui. Un choix qu'elle ne pourrait faire. Elle connaît déjà sa réponse et redoute la question. Pire encore, elle en vient à redouter leurs petits moments à deux, mille question tourbillonnant dans sa tête, l'empêchant de dormir. Le voile s'est levé et, pleinement consciente de ses sentiments grandissant, Elanor a peur. Elle redoute la suite, à tord ou à raison. Beckett n'est pas Connor. Beckett n'est pas son père, ni sa mère, ni ses frères. Elle ne l'a pas perdu. Pas encore. Elle ne parvient pas à se défaire de cette petite voix qui s'entête, lui répète encore et toujours, qu'elle a tout à perdre, que tôt ou tard les gens partent. Ou pire, meurent.

Aujourd'hui, Elanor laisse ses questions en suspens, concentrée sur son travail, sur le suivi de ses quelques patients vaccinés par Lazare. Elle s'inquiète pour ça. Et pour Alma qui conduit des recherches poussées sur le sujet. Alma qui n'a pas l'air de beaucoup dormir ces derniers temps. Elle s'inquiète pour Peyton aussi et le bébé. Elle s'inquiète pour tout et rien. Quand enfin on la libère de son travail, c'est la tête douloureuse qu'elle prend le chemin vers la maison Yates, souriant aux habitants qu'elle croise, en saluant certain de la main ou de la voix. Elanor maintient sa bonne humeur légendaire, ne laissant rien paraître de son mal être. Quand enfin la maison se profile devant son regard, Elanor se fige un instant. Ce n'est ni Peyton ni Willa qui se tient sur le perron. Elle accélère le pas jusqu'à arriver à bonne distance de la maison et pouvoir entendre les éclats de voix. « Tu peux pas lui foutre la paix ? » Elle entend vaguement la réponse de Beckett qui, piégé, cherche une échappatoire. Et toujours la voix d'Avalon qui domine. « T'as plutôt intérêt à pas lui refaire du mal mon vieux. » Elanor jette un regard noir en direction de sa sœur quand elle pose le pied sur la première marche menant au perron, attirant l'attention de Beckett quand sa voix, nettement plus douce, résonne. « Désolée. J'ai été appelé en urgence à l'infirmerie. » Sa main trouve la sienne et elle semble défier sa sœur du regard. En réalité, elle l'implore de ne plus rien dire, de les laisser tranquille. Avalon soupire, exaspérée. Après un roulement des yeux, elle les laisse passer à l'intérieur, indiquant qu'elle doit aller travailler. Après que la porte ait lourdement claquée derrière elle, Elanor et Beckett se retrouvent enfin seuls. « J'espère qu'elle n'a pas été trop désagréable. » Connaissant sa sœur, elle n'y croit pas trop.

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MessageSujet: Re: You attract what you are ready for (Elakekette)   Mar 17 Avr - 21:06



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Fin février 2018

Le craquement rassurant du bois laissait s’ouvrir la porte sur ce qu’il appréhendait le plus. Avalon. Il avait mis du temps à comprendre pourquoi la grande sœur pouvait avoir autant de sentiments amers à son égard, les quelques rouages de sa réflexion rouillés par l’anesthésie d’une vie passé à essayer de se détacher, à ne pas ouvrir les yeux sur ce qui pourrait finir de fissurer son âme qu’il n’avait jamais réussi à accrocher sur celle d’une autre, à essayer de s’atténuer dans les débâcles d’une apocalypse à laquelle, malheureusement, il avait survécu. Peut-être aussi, cette cécité de l’enfant unique incapable de comprendre les sentiments sororales et cette rage primaire qui pouvait tordre les entrailles de voir son propre sang amoindrie par des blessures que seul le temps pouvait soigner. « Mais je viens finir de réparer le toit ! » Il était capable de résister à cette orage ambré, de rester stoïque sous la pluie battante et de ne pas sourciller que la foudre s’abattent près de lui, mais pêcheur peinant à se repentir devant une autre entité que son seigneur, il ne pouvait se résigner à lever les bras vers le ciel zébré de la rancune d’Avalon pour demander pardon. Il aurait l’impression d’envoyer ses prières à la mauvaise Barnes. Et sans doute savait-il que son honnêteté ne suffirait pas à calmer les foudres d'Avalon, qu’il n’avait qu’un piteux mensonge auquel il croyait lui-même pour se protéger. Et il n’eut pas le temps d’en inventer un autre que la confrontation dans laquelle il ne voulait pas rentrer fut interrompue par son objet même, l’infirmière laissant la voix de son regard pour parler avec sa sœur, et, plus rapidement que Beckett ne l’aurait cru possible, la faire plier, le faire entrer dans la maisonnée sous un regard noir, puis résigné, laissant Avalon se faire avaler trop vite par le monde extérieur pour que Beckett ne puisse lui souhaiter une bonne journée – ce qui n’était pas une mauvaise chose, puisqu’elle voyait dans la plus minime des bonnes intentions du rider de la mauvaise foi et un potentiel à blesser Elanor. « Moins que d’habitude, je pense même qu’elle commence m’apprécier. » Il se laissait aller à de l’ironie, maintenant qu’ils étaient seuls, ou du moins il espérait qu’il n’y avait pas une paire d’yeux supplémentaires qui les attendaient dans le salon pour finir de lui lancer des couteaux imaginaires, il ne pouvait être que soulagé quand la vue de la pièce vide s’offrit à lui, alors qu’il ne desserrait pas la main frêle qui était venu se glisser dans la sienne tout en s’asseyant sur le canapé. C’était un peu leur place, maintenant. Plus confortable que les marches de l’infirmerie qui avaient été témoins, en plus des passants et autres curieux à leur fenêtre, de peut-être plus de chose qu’il n’aurait voulu exposer à la vue de tous. « Comment va Peyton ? » Les doigts enlacées autour de ceux de l’infirmière, il s’inquiétait à peine d’entendre la réponse à sa question qu’il avait sans doute posé par politesse et automatisme, laissant leurs deux corps se rapprocher sur le vieux divan fatigué, son bras venir englober les épaules surplombés de cheveux d’or. La discussion était toujours superflue dans ces moments de paix, l’habillait parfois maladroitement quand le cavalier se complaisait du silence de leur proximité et de ses bruits parasites qui ne pouvaient que le rassurer, le faire partir quelques instants assez loin du vacarme tranquille de la ville d’Olympia. Ils n’étaient plus au milieu du Texas et des rôdeurs, mais bien loin, dans une autre endroit, une autre vie, où il n’y avait rien d’autres que leurs poitrines se soulevant d’un rythme irrégulier, leurs voix rassurantes l’un pour l’autre sans que les mots ne fassent sens. Un moment d'égarement.
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MessageSujet: Re: You attract what you are ready for (Elakekette)   Jeu 19 Avr - 13:30



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Elle sourit, de ce sourire sincère et innocent, presque naïf. Un sourire tout simple qui pourrait être prêté à un enfant. Un sourire candide. « Je crois aussi. » Tôt ou tard, Avalon acceptera la situation et acceptera l'importance de Beckett dans la vie de sa petite sœur. Elle n'aurait pas le choix. Elanor n'envisageait plus de vivre éloignée de lui trop longtemps. Ils avaient essayé et cela avait lamentablement échoué. Elle avait cru pouvoir s'en sortir, se détacher complètement du cavalier et oublier leur vie à deux. Elle s'était bercée de mille illusions, convaincue d'être plus forte, de réussir l'impossible. Aujourd'hui, toutes ses illusions et ses rêves s'effritaient. Et si la sensation était agréable, elle l'effrayait tout autant. Plus vulnérable que jamais, Elanor craignait de tout perdre, de voir son monde voler en éclats. Elle craint pour son cœur, aussi fragile que ses poumons. Elle craint pour sa mémoire et ses sentiments passés, pour ses souvenirs qui s'effacent peu à peu. C'est une peur irrationnelle qui s'empare d'elle, la consume à petit feu. Elle croit l'avoir dominée, avoir grandi et franchi une nouvelle étape. Elle pense avoir enfin rejoins l'autre côté de la route. Sa main dans celle de Beckett, c'est un grand pas, un changement naturel. Un doux retour vers leur relation unique et chaotique. Pas besoin de grand discours. Ils n'ont pas réellement mis de mots sur ces mois d'absence, sur ce manque qu'ils avaient tous les deux ressentis. Elle parce qu'elle n'osait pas l'avouer. Lui parce que son côté bourru reprend toujours le dessus. Elle ignore ce qu'il y a à avouer, si il y a bien quelque chose derrière tout ça. Trop effrayée par ces idées, ces sentiments qui lui échappent, elle se jette corps et âme dans le travail, laisse la peur s'installer dans un coin de son esprit qu'elle ne visite jamais. Ces dernières semaines ont été assez distrayantes et Elanor trouvait toujours une occupation quelconque lui évitant de plonger dans ses pensées et ses interrogations sans fin. Elle sent bien son cœur se serrer d'excitation quand il se rapproche, entoure ses petites épaules de son large bras, la protégeant d'un danger inexistant. Elle en connaît la signification, se souvient vaguement de ces émotions, de ces petites choses incontrôlables qui lui viennent de son corps. Elle sait sans savoir. « Bien. Et le bébé aussi. Je ne pense pas qu'il y aura de problèmes majeurs. Elle est en bonne santé alors tout ira bien. » Elle essaie de se convaincre elle-même, effrayée à l'idée de devoir assister à l'accouchement, déstabilisée à l'idée que quelque chose tourne mal. « C'est un petit miracle. » C'est l'espoir, le petit miracle d'Olympia. La preuve que la vie peut reprendre son cours normale. C'est tout ce dont Elanor avait besoin pour y croire à nouveau. « Je crois que toute la ville avait besoin de ça. Moi j'en avais besoin en tout cas. » Elle se souvient vaguement des heures sombres, de ces jours passés dans sa chambre, le corps tremblant, les larmes ruisselant sur son visage. Elle se souvient des pertes, des départs et de la douleur enserrant son petit cœur blessé. Cet instant avec Beckett, c'est une bouffée d'oxygène, un moment privilégié. Elle ramène ses pieds sur le canapé, se blottissant d'avantage contre le torse de son protecteur qui ne la lâche plus. « C'est agréable de retrouver une vie normale. » De te retrouver toi.

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MessageSujet: Re: You attract what you are ready for (Elakekette)   Hier à 17:27



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Fin février 2018

Blottis là l’un contre l’autre sur le vieux canapé, à l’abri du salon, à parler d’un petit bout d’être qui serait parmi eux dans peu de temps, il lui donnerait presque raison à penser que tout était remis en ordre. « Normale. » Le mot résonnait en harmonie de fausses notes dans sa cavité crânienne, comme une balle rebondissante qui tapait inlassablement les murs sans jamais perdre de force dans ses rebonds. Normale. Est-ce que tout était vraiment redevenu normale ? Dans l’espace confiné de la ville, à l’abri de ses barrières, bien caché derrière ses murs, ça pourrait presque y ressembler, à s’y méprendre, comme s’ils s’étaient perdus dans un village misérable des provinces états-uniennes pauvres. Il avait habité des taudis en moins bon état que celui-ci avant que le virus ne viennent remettre en question l’ordre des choses qu’il pensait connaître, connu des gens plus instables que ceux impactés par les rôdeurs. Et Peyton attendait un bébé. S’il se laissait aller à ne penser qu’à l’instant il serait presque tenté de la croire, mais dès qu’il se lèverait pour franchir la porte, reprendre son cheval, dès que les murs et les gardes ne seront plus là pour veiller sur sa silhouette disparaissant vers l’horizon,  sans doute que ce moment sucré prendra des notes acides au fond de sa gorge, quand les râles des rôdeurs et malheureux mordus lui rappelleront qu’il ne connaîtra sans doute plus jamais la vie qu’il regrette encore maintenant. Quand il n’y avait que les humains entre eux pour se détruire. Avant que l’enfer ne ferme ses portes et que les âmes esseulés ne soient obligés de revenir hanter leurs anciens cocons de chair. « Je suis pas sûr qu’on arrive à retrouver ça. Mais on à l’air de s’en rapprocher. » Ou alors était-ce de ne plus avoir à affronter tout ça seul, de retrouver la douce présence de l’autre pour y déposer un peu d’un poids trop dur pour leurs propres épaules. Ils étaient bon à ça, eux deux,  à prendre la peine des autres, sans rechigner, à se détruire un peu plus à chaque fois sans rien laisser paraître, pas une larme, pas une craquelure dans un visage savamment composé pour survivre. Tout garder pour eux quitte à s’écouler de fatigue. Puis, comme ça, ils s’étaient trouvés. S’étaient permis de se donner un peu de leur malheur, s’échanger les sacs trop lourds d’un passé qu’ils n’avaient jamais partagés, d’un présent incertain toujours plus riche en épreuves qui semblaient insurmontables. Deux êtres recroquevillés sur un canapé pour se remettre d’un extérieur trop âpre pour eux. Comme si finalement la vie normale avait toujours été là, à peine ébranlé par les changements des dernières années, et que c’était eux qui s’en étaient éloignés à se déchirer pour rien, comme des amoureux passionnés d’une pièce romantique. « Puis, qu’est-ce qu’on ferait d’une vie normale maintenant qu’on a vécu tout ça ? » Il laissa échapper un rire tout en caressant les cheveux de l’infirmière posée contre lui, derrière ses pupilles un vieux projecteur ronronnant pour lui faire voir une vie qu’ils n’auraient jamais. « On s’ennuierait. On serait obligé de se disputer pour faire passer le temps. Tu passerais ton temps à redécorer la cuisine et moi à réparer des trucs dans l’atelier de notre maison de banlieue, avec un petit jardin et une clôture blanche pour pas que le chien s’échappe. » Il n’arrivait jamais à se penser simplement heureux dans un monde où tout n’était pas effondré, sans doute parce qu’il n’avait pas réussi à l’être vraiment quand tout tenait encore debout. Il avait essayé de faire comme les autres, comme ça se passait sur les toiles teintées de couleurs des cinémas, d’aimer, de ressentir, de relancer les sentiments par la jalousie et la blessure. Mais tout finissait par s’atténuer, perdre en saveur, jusqu’à ce qu’il décide de s’échapper pour recommencer ailleurs, et encore, et encore. « Puis qui sait, peut-être que pour se changer les idées, un jour nous aussi on aurait fait un bébé. »
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