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 Watcha gonna do when they come for you

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MessageSujet: Watcha gonna do when they come for you   Lun 7 Nov - 18:58

Prendre une profonde inspiration et ne rencontrer que de l'air frais. Personne avec qui partager son oxygène et aucune aura de désespoir et de plainte pour vicier son espace personnel. Il n'y avait personne. Elle pourrait gueuler à plein poumons pour évacuer tout ce qui se cache en elle, mais la probabilité qu'un rôdeur traîne dans le coin est suffisamment forte pour l'en dissuader.

Le silence est épais, rompu juste par l'écoulement de la rivière qu'elle longe. Pas un piaf pour faire du bruit et pas une miette de vent pour agiter les arbres, juste une troublante quiétude. Elle ne peut s'empêcher de penser que c'est le calme avant la tempête, mais ça c'est peut-être parce qu'elle a aussi développé quelques traits de paranoïa.
De toute façon, depuis qu'elle a remis les pieds dehors, Malini n'est plus la même. C'est ce que les autres chantonnent dans son dos depuis qu'elle a commencé le recrutement. Ce qu'ils ne savent pas, c'est qu'en fait elle est tout simplement redevenue la femme d'avant, la femme de l'errance. Une fois qu'on a épousé la solitude, il est dur d'en rester éloigné et la jeune femme en paie les frais. Elle regrette d'avoir cru qu'elle avait une place au ranch, quand visiblement il n'y avait qu'un endroit capable de vraiment la posséder : l'extérieur.
Au ranch, les gens attendent trop de choses d'elle. Certains s'attendent à ce qu'elle parle, communique, soit drôle et sociale, d'autres veulent les détails de sa vie, de ses cicatrices, de ses traumatismes, et ceux qui ne parlent voudraient simplement qu'elle soit une bouche de moins à nourrir. Et elle supportait cette ambiance de moins en moins, elle avait du mal à vivre au gré des attentes des autres. Comment le pouvait-elle seulement, alors qu'elle avait failli à ses promesses les plus élémentaires. Elle avait pas été foutue de protéger sa fille, et sa punition pour ça était de souffrir seule sur un long chemin vers la perte. Pas de rédemption possible pour elle, elle l'avait appris le long des routes. Désormais, elle ne jure plus que pour elle-même.

Sur cette pensée pour le moins égoïste, elle s'arrête et observe autour d'elle. Le spot qu'elle a repéré est parfait pour installer un camp. La terre ici a dû s'écouler dans la rivière au fil des années, libérant les racines d'un grand arbre jusqu'à former une petite alcôve.
Elle laisse tomber son sac, se déchausse et retire ses fringues pour une toilette rapide. Ses vêtements mouillés, elle les étend sur des pierres chauffées par le soleil et elle prend un petit moment pour s'allonger aussi, se reposer un peu avant de reprendre le travail. Un parfait moment de paix où son esprit se vide au profit d'une irrésistible torpeur. Ses sens s'ouvrent à la nature autour d'elle, à la chaleur qui lui dore la peau, au clapotis de l'eau qui suit tranquillement son cours, à l'odeur prégnante de la nature qui reprend ses droits sur le monde et... au bruit d'un corps qui se mouve au milieu de branches basse. La recruteuse se relève précipitamment et sur la rive d'en face, elle aperçoit une silhouette qui disparaît, une silhouette imposante qu'elle ne manque pas de reconnaître. Un sourire espiègle s'épanouit sur ses lèvres. Une recrue ? Pas vraiment. Une cible ? Peut-être bien.
Sans perdre de temps, elle enfile des vêtements de rechange, remet ses Rangers, rebalance son sac sur son dos et s'élance dans la nature, traverse la rivière en sautant d'une pierre à l'autre, intrépide, insolente presque face à l'élément dans sa pleine puissance. Elle atteint l'autre rive et se lance à sa poursuite, suit ses traces, emprunte le même chemin dans l'espoir de le rattraper.

L'adrénaline pulse dans ses veines, un moment où la conscience d'être en vie la frappe pleinement et elle s'en réjouit de toutes ses forces. Pedernales se transforme en terrain de jeu. Elle ne sait pas où il court comme ça, mais c'est certainement pas pour se mettre à l'abri, c'est pour la faire cavaler elle aussi.
Au bout d'un moment, elle s'arrête, à bout de souffle. Elle pense l'avoir perdu, se doute qu'il est tapi quelque part, attendant qu'elle s'annonce vaincue peut-être. "C'est pas demain la veille." Elle fait demi-tour, prend le chemin inverse et au moment où elle est sûre qu'il la suit, elle se met à courir. Les rôles s'inversent, c'est à lui de la débusquer, de prouver qu'il est aussi bon chasseur qu'il n'est proie. Mais Malini, elle ne joue pas franc jeu. Elle l'amène en terrain connu, vers une fosse dont elle connaît les moindres recoins, et surtout, les meilleures cachettes.
Encore une fois, elle saute de pierre en pierre, ne craint pas la nature, dévale les sentiers avec énergie. Elle se fiche des rochers qui lui griffent les jambes, des branches qui lui fouettent le visage, elle avance. Elle atterrit dans son spot préféré, un renfoncement dans les bords de ce petit ravin qui abrite une grotte pas très profonde et une végétation plus humide et donc plus dense. Elle a campé ici un nombre incalculable de fois, un endroit où elle a connu des nuits de sommeil profond.

Elle se cache quand elle l'entend arriver, arbore un sourire triomphant et l'excitation d'une gamine. Quand il passe devant elle, elle sort de son abri de fortune. "Spotted, le recruteur olympien en train d'espionner la recruteuse des Riders. T'as vu un truc qui te plaisait ?"
Elle croise les bras contre sa poitrine et lui lance un regard de défi.
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MessageSujet: Re: Watcha gonna do when they come for you   Lun 14 Nov - 13:11

Malini & Bass
«Watcha gonna do when they come for you »

Il n’était plus seul. La forêt était toujours aussi silencieuse et vivante autour de lui, juste comme il l’aimait, mais lorsque Bass releva la tête de la pièce qu’il faisait jouer entre ses doigts, miroitant au soleil, il avait la conscience absolue de ne plus être seul. Dommage, c’était son objectif pour faire cette sortie. Prendre l’air, s’aérer son esprit encombré et ses épaules lourdes. L’humanité, l’entraide, la cohésion, parfois – souvent -  ce n’était que des mots qui le harcelaient et qui le faisait devenir fou, se sentir la poitrine oppressée par des fers. Il aimait Olympia et surtout les gens à l’intérieur des tôles ondulées, au point de progressivement devenir un autre homme que le barbare taciturne, barbu et sauvage qui était rentré pour les dépouiller sans un remords.  Un Bass qui en prime de toutes les qualités dissimulées sous sa carapace, arborait un regard lumineux et l’illusion relative d’une stabilité mentale.
Mais parfois cette arche de Noé lui rappelait trop la prison.  Il avait beaucoup avoir chacun leur espace - plus que Bass n’en avait jamais eu de sa vie, mais beaucoup étaient grégaires au final. Ils finissaient les uns sur les autres, à vivre en communauté. Bass préférait les regarder de loin, assis dans un coin, coude à coude mais pas trop, avec les autres asociaux d’Olympia.   Il avait besoin d’être seul, de se barricader le soir et de dormir dos au mur avec pour seules amantes sa conscience et sa paranoïa. Partir seul était dangereux et les raids limités en règle général, mais Bass avait pris l’habitude de se faufiler à l’extérieur sans attirer un autre regard que celui, mécontent, mais silencieux d’Elijah. Il n’avait pas besoin de parler, sa présence seule suffisait à rendre fou Bass de culpabilité et de remords.

Mais seul, il ne l’était pas et ce n’était pas la présence d’un rôdeur qui attirait de l’électricité statique à la base de ses cheveux. Pas encore une sensation de danger, mais une présence. Quelqu’un à recruter, peut-être. Quelqu’un d’un autre camp, aussi. Le recruteur se releva lentement, progressant dans la forêt clairsemée jusqu’à la dernière frondaison entre lui et la rive, pour jeter un coup d’œil à la rivière qu’il savait là. S’il y avait bien quelqu’un, ce serait proche du flot. Il jette un regard prudent, mais indubitablement curieux – voyeur aussi. Son regard clair étincelle entre les branchages, et il observe. Un peu fasciné, définitivement attiré, le regard sur la ( séduisante ) jeune femme ( très assurée ) au bord de l’eau. Il a du faire un bruit et elle est aussi alerte que lui puisqu’elle se redresse soudainement. Bon point pour elle. Vif, Basse se recule entre les arbres.
Il avait l’intention de se fondre dans le décor comme à son habitude, presser le pas pour dissoudre leurs chemins et rejoindre Olympia sans plus s’approcher d’elle. Cela n’a pas lieu – Bass ne résiste pas à jeter un coup d’œil en arrière, juste à temps pour la voir chausser ses boots, chevelure sombre dégringolante et regard aussi fier que joueur, même à la distance. Ce n’est pas l’expression du visage attendu, sans doute, mais Bass n’en a pas une mauvaise impression. Nah. Plutôt. Espiègle. Malini c’est ça. La recruteuse des cavaliers, il connait sa légende, sa silhouette.  Et il met un pas devant l’autre, courant sans fuir, le pas dansant. Il laisse d’abord des traces grossières, pour voir, allégeant son pas, mettant du challenge à le retrouver avant de prendre suffisamment d’avance pour se dissimuler et l’attendre. L’épier, sans être vu à nouveau, mais les yeux presque plissés – voir si elle mérite le challenge, si elle répond au défi. Elle a piqué Bass au vif, mine de rien.

Il ne s’est pas trompé. Il a du mal à étouffer un « pff » moqueur à l’entendre parler seule. Il est toujours prêt à jouer. Il attend patiemment qu’elle reparte pour reprendre la casse, lui donner ce qu’elle veut mais sans se faire repérer. Son instinct hurle de freiner des quatre fers, elle l’emmène plus loin, un endroit qu’elle connait, son pas est trop certain, trop vif et rapidement Bass ne suit plus qu’un fantôme, malgré sa propre allégresse et son pas habituellement sûr.

Elle est là. Il tourne légèrement la tête sur le côté, la cherchant des yeux alors qu’il s’est arrêté immobile au milieu de la verdure. Depuis qu’ils sont entrés dans ce petit ravin à la végétation ondoyante, il a la chair de poule le long de la colonne vertébrale, il se sent observé, piégé. Mais il n’a pas ralenti le pas, se glissant souplement sur ses traces. Il doute que ce soit un piège. Et quand elle ressort de sa cachette, il mime la surprise, amusé, pivotant vers elle pour lui faire face, soutenir son regard.

« Spotted, le recruteur olympien en train d'espionner la recruteuse des Riders. T'as vu un truc qui te plaisait ? » C’est une approche qui en vaut une autre. Bass a un léger rire, de gorge et secoue la tête, avec une moue sceptique et moqueuse, malgré son air ébouriffé par la chasse.« - Sous la crasse, tu veux dire ? » Il y en a moins que prévu, et oui elle est d’une beauté à couper le souffle. Mais c’est presque auxiliaire, il préfère la course-poursuite et le regard plein d’étincelles qu’ils s’échangent. Bass hausse les épaules, gardant une légère distance et son regard sur elle, taquin et peu impressionné.
« Toi, tu as vu un truc qui te plaisait pour attirer le recruteur des Olympians dans un recoin ? » Il relève un peu le menton, avant de lancer une provocation d’un calme souverain. « - Tu as triché. » Elle savait où elle allait, l'attirant en terrain connu.  Tss tss. « C’est comme ça que tu recrutes ? Séduisant les nouveaux comme une sirène sur un rocher ? Difficile à égaler. De la triche. » Il assène son accusation avec une moue amusée reprenant un léger mouvement en arc de cercle, apaisant son besoin de mouvement et de liberté sans la quitter des yeux, un sourcil arqué.
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MessageSujet: Re: Watcha gonna do when they come for you   Ven 18 Nov - 22:04

Il y a comme... De l'électricité dans l'air. Un frisson court le long de sa peau et ses bras découverts sont parsemés de milliers de dômes de chair. Il est là, elle le tient, et maintenant qu'elle l'a sous les yeux, elle ne peut pas s'empêcher de le trouver... impressionnant. Il est bâti dans le fer des grands hommes, celui qui semble invincible, celui qui ne ploie jamais. Et il dégage une telle force qu'on se sent presque en sécurité autour de lui. Et ses yeux. Ses yeux disent presque tout l'inverse, clament une personnalité plus profonde. Est-il calme tout au fond ? Est-ce un grand rêveur ? Un passionné ? Un désillusionné ? Tant de questions qui d'ordinaire ne lui traversent pas l'esprit, bloquées par son indifférence générale pour l'espèce humaine. Mais pour lui, elle a soudain envie de savoir. Qu'est-ce qui le pousse, en dehors de sa mission, à parcourir seul les bois ? Que trouve-t-il de bon dans la solitude ? Chérit-il l'errance des âmes ? Fuit-il l'insipide banalité de la vie en société ?
Elle ne sait pas, ne saura peut-être jamais mais ne laisse nullement ses questionnements transparaître. Son regard s'embrase, stimulé par le jeu, par l'adrénaline qui coule encore dans ses veines et par le goût de pas assez que cette course lui a laissé. Parfois, un peu de distraction a du bon.

Elle ne relève pas la pique, parce qu'elle sait très bien qu'il ne le pense pas. Il a la chance relative de la rencontrer quand elle est encore intacte, et non enduite de sang et de tripes en décomposition. Qu'il retienne cette image, car en dehors du ranch, Malini n'est pas toujours présentable et elle n'en a cure.
Elle se dérobe de son regard, s'éloigne et commence à évoluer en cercle autour de lui, féline, sûre de chacun de ses mouvements, confiante grâce aux pouvoirs que lui confère le jeu. "Tricher ? C'est intéressant. Je ne savais pas qu'il y avait des règles." Elle déclame sur un ton faussement innocent, qui ne trompe personne, mais la pertinence des propos fait quand même mouche. "À moins qu'il y ait une charte des recruteurs, auquel cas, je m'en fiche. Je ne connais qu'une règle, et c'est celle qui dit que le meilleur gagne." Il la rejoint dans son mouvement circulaire, alors elle s'arrête. Lui laisse loisir de contempler. "Et non, je me déshabille pas pour les recrues, je cherche à recruter des gens utiles, pas des pervers." Elle ne se départit pas de son air de défi, ses yeux pétillent de malice, une expression qu'on ne l'a pas vue arborer souvent ces derniers temps.

Et finalement, forte de sa position, elle se recule, s'adosse à la paroi rocheuse et fait mine de s'intéresser à ses ongles. "Et dis-moi alors, qu'est-ce qui pousse le recruteur d'Olympia à suivre une parfaite inconnue dans un endroit où il se sait clairement en position de faiblesse ?" Elle passe suffisamment de temps dans ce petit coin reposant pour savoir que personne d'autre ne vient traîner ici. Ici, c'est le silence qui règne d'habitude, il n'y a pas de place autrui et pourtant, elle l'a invité. Si cette pensée la contrarie, elle ne le montre pas vraiment. Tellement prise par le jeu, elle n'a pas réfléchi à ce que ça signifierait pour elle. Est-ce qu'il reviendrait ici ensuite ? Est-ce qu'elle l'y invitera une prochaine fois ? La question provoque un remou dans son esprit, puis tombe dans l'oubli. L'y inviter, ça voudrait dire entretenir de bonnes relations avec quelqu'un. Et Malini, elle sait pas faire ça. Elle sait plus. Parler aux gens pour faire en sorte qu'ils l'aiment bien, elle a oublié ce que ça voulait dire. Elle balance les mots comme ils lui viennent. C'est la norme en temps d'apocalypse.
"T'as pas peur que ce soit un piège ?" Mais elle connait déjà la réponse à cette question. Les solitaires flairent la solitude mieux que personne, et tout comme Bass, Malini pue la solitude à plein nez.
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MessageSujet: Re: Watcha gonna do when they come for you   Mar 29 Nov - 23:53

Bass & Malini
« Watcha gonna do when they come for you ?»

Le carcan ne voulait pas se re-poser sur ses épaules remarqua Bass. La honte, les doutes, l’impression de ne pas être à la hauteur. Il partait du camp pour se sentir plus léger, plus à vif, aussi.  Loin des embûches de la vie en société, de ces êtres qu’il chérissait et brisait entre ses doigts comme des fétus de paille. Lorsqu’il n’avait plus aucun regard vif entre ses omoplates, il se sentait mieux, libéré d’un poids. Et le poids n’était pas revenu, malgré le regard brun chaud qu’il soutenait, curieux.
Elle n’était pas un fétu de paille. Elle n’en a pas l’air pour le mener par le bout du nez mais il a du mal à la cerner, alors qu’elle tourne autour de lui à lui en donner le vertige. Brisée trop de fois pour pousser autrement que mauvaise graine fièrement narquoise. Il l’avait sur le bout de la langue, sans parvenir à mettre le doigt sur ce qui l’intriguait, sur ce qu’il éprouvait. Rageant, il a assez de confusion dans la tête pour s’embarrasser d’une distraction. Elle est du feu, elle est une épine dans une jolie rose.
Elle ne se laisse pas examiner.
Il roule des yeux, moqueur. Que le meilleur gagne ? Il n’étouffe pas un petit rire alors qu’elle s’arrête enfin de bouger et qu’il continue sa ronde jusqu’à se placer presque dans son dos, dans sa nuque plus près qu’auparavant. « - Dans ce cas, je gagne. » Presque d’un pas sautillant, il s’écarte aussitôt après que son souffle a effleuré sa peau, l’odeur de la rivière et du sang mêlé. Il est soulagé de la voir cesser de tourner – Bass déteste avoir des gens dans son angle mort, c’est quelque chose qui le gratte, du sang sous les ongles, impossible de s’en empêcher. A Olympia déjà, dehors encore plus. Il avait posé ( gardé ? )sa main sur la garde de son couteau, sans y penser. Dans ces cas là, il devient toujours sauvage, loquace, parlant comme on fuit ou qu’on cherche la bagarre.
« - Une bonne chose que je ne sois pas intéressé alors, » Concentré et distrait – comme toujours. Pour mieux revenir, sans jamais hésiter d’où porter ses pas lorsqu’il se décide à rentrer, jamais bredouille. Une moue qui chasse l’idée – il n’est pas intéressé, par le recrutement, par la perversité, aucun des deux, les deux. En apparence, il ne prend pas le défi. Elle non plus, vous me direz : elle semble l’ignorer. Il n’est pas vexé, il préfère être ignoré la plupart du temps. Ses yeux se plissent jusqu’à ne plus laisser voir qu’un éclat bleu.  Il a un talent pour percer à jour autrui. Savoir s’ils sont des ordures sous un vernis, ou des êtres brisés qui peuvent re-commencer à croire, un jour. Une âme qui cherche à effleurer une autre, à tâtons – il la regarde, plus occupé par l’éclat de ses yeux que par ses courbes ou ses traits. Bass laisse filer sa respiration relâchant sa respiration. Il pourrait rester, investir la place, mais ce serait idiot.  Bass fait une moue et peut-être qu’elle peut lire sa pensée dans ses yeux « allez, pas de ça ». Ils sont seuls, bien sûr qu’ils seuls, ce n’est pas un piège, ce n’est pas un jeu de pouvoir entre eux. Ils le savent tous les deux. Ce n’est pas un piège, mais il lui fait pas confiance.
C’est un bon coin. Serein. Paisible.  On entendait pas un rôdeur, pas un monstre à visage humain et leurs souffles étaient les seuls à percer le silence des quelques animaux qui ne s’étaient pas enfuis ou fait dévorés. Il ne resterait pas. Oh, pas par tempérament chevaleresque – cela ne survit ni à la vie ni à l’apocalypse ces choses là, mais parce que quelque chose hurle en lui. Il aura besoin d’un abri pour la nuit, à plusieurs jours de marche d’Olympia, et il ne peut pas rester dans le périmètre, certainement pas là où elle pourrait l’égorger de nuit.
« - Pourquoi. » Il rappelle sa question, penchant légèrement sa tête sur le côté, ses doigts fourrageant dans sa barbe. « - Devine. Surprend-moi. » Il ne devrait pas être là, il se sentira sans doute coupable, plus tard, d’avoir délaissé sa mission, sa maison, déçu Elijah en revenant bredouille, pour jouer un jeu sans règle dans les buissons. Pourtant, il ferme les yeux, laissant l’impression de solitude et de liberté sauvages reprendre le dessus – un cri d’humain résonne au loin, il perçoit des rôdeurs solitaires à quelques distances, son cœur qui palpite entre ses côtes, la présence de la recruteuse, qui ne lui donne pas envie de rentrer dans sa carapace qu’il reste dans l’attente d’un coup de poignard dans le dos, ou un coup de poing dans l'estomac, aux aguets, prêt à bouger, nerveux. Un sourire un peu féroce étire ses lèvres. Un défi autant que la réalisation qu’il pourrait bien aimer ce coin de verdure.

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MessageSujet: Re: Watcha gonna do when they come for you   Jeu 8 Déc - 23:26

Il n'était pas intéressé, qu'il disait. Par quoi ? Par l'appel évident de la chair ? Par la réputation des riders ? Par les courbes de l'ex-mannequin ? Difficile de savoir, il n'avait pas le regard lourd et indiscret des hommes qui croisaient son chemin. Un bon point pour lui, un critère à ajouter à la liste des mystères. Il semble plus intéressé par la situation, par le jeu, par leur échange. Intrigant. Il a le même regard qu'elle a eu un instant plutôt, le regard qui scrute, qui essaie de percer à jour, de savoir ce que cachent les couches de mensonge. Personne n'est intact dans les restes de ce bas monde, ils le savent tous les deux.
Il y a plus de poids dans leurs regards que dans leurs mots. Malini se dit aussitôt que ça, ce sera un leitmotiv entre eux. Elle aime bien la façon dont il s'intéresse à elle justement, même s'il prétend le contraire. Et c'est peut-être parce que ça coule un peu trop facilement qu'elle s'était sentie obligée de rappeler le contexte, les différences... Il fallait qu'elle teste le jeu avec un peu de méfiance. Il ne mord pas à l'hameçon. Pas vraiment du moins. Bien sûr, il y a le bref frisson d'appréhension, le moment d'hésitation où on se souvient que l'autre personne est un étranger – ou une étrangère plutôt – et qu'il est dangereux de la laisser approcher. Elle voit tout ça chez lui, ce questionnement bref qu'il balaie. Il ne croit pas à son bluff. Il retourne la question. C'est à elle de creuser l'idée, de lui offrir une moue de réflexion qui la verra se décoller du mur et s'étirer pleinement.

Et l'interrogation reste en suspens. Le silence relatif des lieux est complètement déchiré par un cri stident qui ne laisse aucun doute. Quelqu'un est en danger. Elle ne réagit pas immédiatement et lui non plus, comme s'il voulait calculer son coup par rapport à ce qu'elle ferait. Il sourit même, et elle sait que la même idée lui a traversé l'esprit. S'il y a quelqu'un à sauver, il y a possiblement quelqu'un à recruter aussi.   "Peut-être que tu es venu parce que je suis la première source de distraction que tu trouves depuis... disons... depuis toujours ? Il paraît que c'est pas excitant la vie du côté d'Olympia." Elle lui sert un clin d'oeil avant de passer devant lui et de remonter vers le sentier. "T'attends quoi ? Apparemment des rôdeurs ont décidé de venir se perdre dans cette forêt." Cette fois elle ne fuit pas, elle n'essaie pas de le devancer, elle le garde à l'oeil même, parce que dans les compétitions, ne faut-il pas garder l'ennemi proche ? Et aussi – elle ne l'admet pas mais y pense furtivement – parce qu'un danger dans Pedernales n'est pas forcément égal à rôdeur, ça peut aussi signifier que des crétins de chacals sont sortis de Stonebriar pour terroriser les gens sans défense. Si elle doit se mesurer aux Jackals, elle préfère avoir un soutien de son côté. Pas folle, la Malini.

Ils font le chemin inverse en silence, plus sérieux cette fois, alertes. La recruteuse ne doit pas seulement faire attention aux possibles difficultés sur le chemin, elle doit veiller aussi à ce que Bass ne la plante pas dans un coin pour aller jouer le chevalier servant.
Le pire dans la solitude, c'est quand elle cesse. Il faut réapprendre à composer avec les gens.
Un pas devant l'autre, elle file le long des chemins qu'elle commence à connaître par coeur. Des coups de feu retentissent et leur indiquent qu'ils sont dans la bonne direction. Et quand elle fait abstraction des cris humains, des balles de plombs qui s'enchaînent, elle finit par l'entendre ce bruit caractéristique... Le râle des morts vivants. Déjà rien qu'à les entendre, elle sait qu'il ne s'agit pas d'une horde. Pas assez de bruits. Pas assez d'inhumanité.

Elle se retourne vers le viking en sortant sa hâchette et un couteau. "On les attaque par derrière ? Ils sont probablement trop occupés à suivre la fille qui gueule." Elle n'attend pas son approbation, elle se faufile à travers les arbustes jusqu'à retrouver la trace des rôdeurs. Ils sont cinq encore et se déplacent vers un couple qui tente de grimper à un arbre. Malini soupire. S'il n'y avait pas de témoins, elle aurait laissé les morts tranquille. Taper dans la chair putréfiée, ça ne lui procure aucun plaisir. Mais elle se résout, se lance dans le dos du plus proche d'elle et lui plante la hâchette dans le crâne. Le plus chiant, c'est de retirer les armes, parce que c'est tout sauf comme couper du beurre. Alors qu'elle s'acharne à récupérer sa hâchette, un autre rôdeur fonce sur elle. Elle laisse tomber le manche et évite de justesse les griffes de l'assaillant qui se referment sur du vide. Alors que la créature reste emportée dans son élan, Mal en profite pour lui planter le coûteau dans l'orbite droit d'où l'oeil a été délogé. Le rôdeur s'effondre aussitôt.
Quand elle lève les yeux, c'est pour tomber sur les trois autres corps inanimés des rôdeurs, sûrement achevés par le recruteur d'Olympia. Coriace, le bonhomme. L'indienne se dépêche de récupérer ses armes et a à peine le temps de souffler que le viking fait déjà du rentre dedans au couple en question. Alors elle accélère le pas pour les rejoindre.  "Eh, tout va bien ?"
Ils ont l'air d'avoir plus de la trentaine, comme eux. Une rousse de taille moyenne, pâle comme la mort, encore apeurée par sa mésaventure, les mains crispées autour du bras d'un grand brun plutôt bien bâti. Il range son arme dans un holster et passe le bras autour de la jeune femme. "Plus de peur que de mal. On en a shooté trois déjà plus loin, mais c'est qu'elles courent vite ces merdes." La recruteuse tique mais son sourire ne s'évanouit pas. Fort accent du sud, l'air un peu rustre, il l'appelerait "ma'am" s'il pouvait. "Merci hein. Avec quelques balles en plus j'les aurais dégommées ces choses-là, mais vaut mieux économiser. On sait jamais quelle autre tas de merde voyage encore." Malini hoche la tête, comme si elle était grandement intéressée. "Vous êtes sur la route vous deux ?" La recruteuse se tourne alors vers l'olympien et lui fait un mouvement du menton, l'air de dire : vas-y, c'est à toi de faire la conversation.
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MessageSujet: Re: Watcha gonna do when they come for you   Mar 13 Déc - 21:26

Bass & Malini
« Watcha gonna do when they come for you ?»

Le carcan ne voulait pas se re-poser sur ses épaules remarqua Bass. La honte, les doEtre à la fois les nerfs à vif, paranoïaque qui s’immobilise aux craquements et n’en avoir plus rien à faire de l’apocalypse. Il avait entendu, mais il n’avait pas bougé. La vie à Olympia n’est pas excitante. Vrai, mais la vie à Olympia était exactement ce qu’elle devait être, et il la chérissait. Il n’avait jamais rien demandé à personne et on trouvait encore à lui casser les pieds.Pourtant, comme toujours, il se retrouvait les deux doigts dans l’engrenage, incapable de dire non à la déesse des ennuis – autre mot pour distraction excitante et attrayante. A son clin d’œil, il roule des yeux, enfonçant sa langue dans sa joue d’un tic moqueur. Source de distraction – elle en est une, ça c’est certain. Il se détourne de sa tâche et se sentira sûrement comme un moins que rien à dormir dès ce soir, dans sa solitude. Ils continuent, ensemble ? C’est dérangeant comme pensée, ça fait tiquer d’avoir une compagnonne de route inconnue à ses côtés. Il laisse passer un temps, tournant mentalement autour de cette pensée – pensée gênante, mine de rien.
Il proteste, faussement outré. « - La galanterie est morte ? » Oui. Bass est respectueux envers la gente féminine, plus que masculine, expérience de vie oblige, mais il ne lui fera aucun cadeau. Ni n’hésiterait à la taillader si elle se retournait contre lui.  Son pas est aussi tranquille et chaloupé qu’à l’habitude, avançant à grandes enjambées silencieuses. Cela ne veut pas dire qu’intérieurement, Bass n’est pas tenaillé par une pointe acérée, la peur. Les rôdeurs, ça va. Une horde, peu probable vu les sons, mais mauvais. Les humains… un autre problème. Les errants, les types à moitié cinglés de solitude et de faim. Ceux du centre commercial.  Ce pourrait être un piège tendu par Malini, l’attirer dans un coin où l’attendent des cavaliers qui font semblant d’hurler à la mort, en riant comme des chacals. Qu’auraient les Riders à gagner de piéger un type comme lui ? Au pire, ils essaieraient d’avoir sa peau, pour rien, mais Bass est passé trop de fois à un cheveu de la mort pour avoir plus qu’un frisson qui le tient alerte. Il ne la regarde pas – pas cette fois dirons les mauvaises langues, tandis qu’il progresse à ses côtés en s’efforçant de faire taire son esprit qui s’agite, plutôt se concentrer sur son instinct, les sensations de la chasse.
Il a son couteau en main depuis le début de la balade côte à côte avec l’étrangère et il ne répond pas vocalement à sa proposition – pour ça qu’il n’aime raider qu’avec Nathan en chef, le silence, la concertation sans amabilité. Bass ne perd pas de temps à rouler des yeux, même si l’envie est là à voir une greluche à essayer de monter dans un arbre pendant qu’un soi-disant mâle alpha commence à paniquer. L’instinct protecteur est inexistant face aux imbéciles et aux inconnus. Pourtant, il se dirige droit vers les rôdeurs, sans hésitation pour en poignarder un en plein crâne par derrière. Rejetant le walker sur un de ses petits camarades pour éviter le bras malhabile d’un autre et récupérer son arme dans le même mouvement. Le deuxième est aussi vite expédié, dans l’œil. Il attrape le troisième par la peau qui reste entre ses doigts et se débat un moment avec lui, à poignarder son crâne en essayant rester debout. Lorsqu’il finit par tomber au sol, entraînant au passage Bass, il jette un coup d’œil à Malini, au corps à corps avec son second rôdeur. Il se redresse souplement, essuyant machinalement son arme sur sa cuisse. C’est une grande fille, et si elle ne peut pas se débrouiller… eh bien tant pis. Il s’approche plutôt des errants, et siffle légèrement pour attirer leur attention, tandis que la femme redescend de l’arbre. Ils sont en un morceau, pas de morsure apparente … et le type a l’air bavard, sa chance tiens.
 
« Tu en as mis du temps, » souffle-t-il, entre ses lèvres serrées lorsqu’il sent la brune les rejoindre. Il ne retient pas pouffement sarcastique à entendre l’homme – s’il voulait économiser les balles, il n’avait qu’à se salir les mains, comme tout le monde. Bass n’aime pas l’impression qu’il a de l’homme, mais d’expérience, il a rarement un bon feeling avec les hommes, surtout dans ce monde. Il sourit doucement, restant à quelques distances, et les étudie, les yeux légèrement plissés. Il se sent décalé, distant de la conversation, des humains, comment il est censé les convaincre de les rejoindre déjà ? « - Nah. » Il accentue son accent du nord, par jeu. « - Il y a pas mal de gens dans le coin, une chance que vous n’ayez croisé qu’eux. » Signe de tête sur les « merdes » et pas franchement le plus gros problème à des kilomètres à la ronde. « - Une chance ? » La rouquine est outrée, reprenant du poil de la bête et sans doute du sale caractère après sa peur. L’expression de Bass s’adoucit légèrement, curieuse et protectrice : non, pas sûr qu’il les recrute si Malini n’était pas là . Mais il ne compte pas reculer devant un défi, et encore moins une chance de payer sa dette. C’était sa décision en acceptant d’être recruteur. « - Vous êtes que tous les deux ? » La femme acquiesce, se détendant un peu bien que son regard fasse toujours l’aller-retour entre Bass et Malini, comme si elle essayait de savoir ce que les bons samaritains faisaient là. Il ne peut pas la blâmer, et l’homme grimace, visiblement mécontent qu’elle ait lâché l’info, resserrant son étreinte autour d’elle et s’avance d’un pas conquérant. « - Bon, ma’am.. » « - Ca arrive souvent ? » Il désigne, l’arbre, les rôdeurs, l’échec critique. Tout pour qu’il ne prononce plus jamais le ma’am qui rappelle trop à Bass son adolescence au fin fond du trou du cul du monde, ou il risque de lui en mettre une pour cause d’instabilité chronique en contexte social.

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MessageSujet: Re: Watcha gonna do when they come for you   Sam 17 Déc - 15:05

Un simple regard de travers répond à la remarque du recruteur sur le temps qu'elle a mis à se débarrasser des rôdeurs. Elle n'a pas à se justifier. Si elle sait se débarrasser de rôdeurs quand la situation l'exige, le corps à corps n'est pas pour autant sa discipline de prédilection. Ni les armes à feu, à vrai dire. Ses talents résident ailleurs. Sa discrétion, sa capacité à se fondre dans n'importe quel paysage, sans même faire entendre le moindre souffle... voilà ses armes. Sans parler bien sûr de son talent pour se mélanger aux rôdeurs, qui commence à faire sa réputation. Elle peut compter l'endurance et l'escalade parmi ses autres atouts. En fait, tout ce qui relève de la survie en solitaire en pleine nature, c'est son rayon. Mais elle ne s'en vantera pas, et surtout pas auprès de Bass. C'est bien plus jouissif de le laisser découvrir lui-même et ravaler à tout jamais ce genre de remarqes.
L'Olympien poursuit avec un accent du nord que la jeune femme ne lui avait pas entendu jusque-là, sûrement pour se moquer de ce côté redneck qui ne manque pas de ressortir chez les deux inconnus. Malini, elle a horreur de côté-là aussi. C'est qu'elle vient d'Alabama, et que c'est un état connu pour être raciste au possible. Elle en a fait les frais tellement longtemps, qu'elle est immunisée maintenant. Elle peut affirmer avec conviction, que l'apocalypse et les rôdeurs, c'est pas pire que l'époque où elle travaillait comme serveuse dans un dinner à la sortie sud de Montgomery. Là-bas, les hommes reflétaient déjà le pire de l'humanité, la couvrant de remarques outrageusement sexistes et racistes. Elle ne compte pas les claques sur les fesses, les propositions de la payer en nature, comme les fois où ils la forçaient carrément à s'asseoir sur leurs genoux. Elle ne compte pas non plus les insultes qui pleuvaient quand elle refusait leurs avances, ni les menaces de la frapper ou pire encore. Ils dormaient sûrement dans des draps aux couleurs du drapeau confédéré et rêvait du temps où la ségrégation existait encore. Mais par contradiction, ils avaient beau abhorrer les noirs, ils fantasmaient quand même sur leurs femmes, et beaucoup sur elle. Si son père avait été vivant encore à cette époque, il aurait sûrement poursuivi chacun d'eux avec un fusil.

L'Indienne a un sourire en coin face à l'agacement visible de Bass. Lui non plus n'a pas l'air enjoué de rencontrer ces pauvres types. Elle retient un hoquet de protestation quand il commencé à l'appeler ma'am, mais le recruteur le coupe immédiatement. "Ce qu'il veut dire, c'est qu'il y a des types qui se baladent dans le coin, et qu'ils sont pas du genre à aider leur prochain, mais plutôt à les achever." Le souvenir des chacals qui saccagent le ranch est encore frais dans son esprit. "Et grimper dans un arbre, ça les stoppera pas, eux." Elle ajoute, pour ponctuer la question de l'Olympien. La preuve qu'il avait pensé aussi à l'éventualité que ces chiens soient dans le coin. Malini, elle sait gérer les morts, mais les vivants demandent beaucoup trop d'efforts. "D'habitude je dégomme tout, mais comme je vous ai dit, je manque de balles." Mouché dans son orgueil, l'homme inconnu prend son ton le plus viril, comme si imiter Sylvester Stallone allait lui apporter plus de crédibilité.
La rousse se dégage sans violence de la prise de son compagnon. Elle lui lance un regard courroucé,  las. "On était avec tout un groupe, mais l'un d'eux a pété un plomb, il a cherché à buter tout le monde pour abréger nos souffrances, qu'il disait. Un vrai malade ! Et puis, impossible de trouver des gens normaux, ils ont tous viré à la secte !" Elle est bavarde, et ça agace déjà Malini. Après avoir passé tant de temps seule, elle a oublié l'art de la conversation. Revenue à l'état sauvage, la recruteuse se réfugie d'abord derrière les piques, le sarcasme et l'agressivité. Elle ne sait pas s'ouvrir ni même raconter ce qu'elle a vécu. Pas comme cette nana qui a l'air bien pressée de raconter à tout le monde ses malheurs. "Vous venez d'où ?" L'homme bombe le torse, reprend les devants de la conversation. "Arkansas." La fierté suinte toujours, indissociable des gen du sud. Pourtant, ça fait un moment que les frontières et les états n'existent plus vraiment. "Oh !" Elle répond simplement. "Et vous ?" Demande précipitamment la rousse, désespérée d'avoir une vraie conversation. Son regard se porte sur Malini, brillant d'espoir, comme si elle avait trouvé sa nouvelle meilleure amie. "Alabama, pour moi." Ils hochent la tête de concert, même si le type ne cache pas son scepticisme. Lui se tourne vers Bass, chez qui il cherche sa dose de testostérone sûrement. Mais la rousse ne décolle pas son regard de la recruteuse. "C'est bizarre, vous m'avez l'air familière." Malini hausse les épaules et répond avec désinvolture. "On me le dit souvent." Elle préfère clore ce sujet, manquant soudainement d'entrain. Son ancienne carrière n'est pas vraiment un sujet qu'elle aime aborder.

"Et si je vous disait que y avait des camps dans le coin où vous pourriez vous installer ? Rien d'une secte, je vous assure. Enfin, je sais pas trop pour son groupe." Elle lance un regard moqueur à Bass. Que le jeu du recrutement commence.
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MessageSujet: Re: Watcha gonna do when they come for you   Mar 10 Jan - 18:15

Bass & Malini
« Watcha gonna do when they come for you ?»

Banalités. Cette manie qu’ont les gens de se raccrocher à des banalités absurdes – ils viennent de les rencontrer, ont enjambé des cadavres de rôdeurs pour les rejoindre et ils font la causette à des inconnus armés de couteaux. Il ne sait pas pour Malini, ce n’est pas le genre de question à poser pour une première rencontre ( comme s’il posait souvent des questions) ) , mais il a déjà tué ceux qui croisaient son chemin, sans savoir de quelle région du monde civilisé ils venaient. Il revoit encore leur visage et cela lui tord l’estomac la nuit. Il n’a pas envie de se retrouver encore dans cette position, mais lorsqu’on le met face à des êtres humains, il se demande s’ils sont encore de la même espèce, eux et lui. Lui qui rampe aux pieds d’un pasteur pour croire qu’il vaut encore un être humain. Elijah pense que l’on doit s’accrocher aux relents de la civilisation ; Bass espère que ce n’est pas ça l’humanité. Cela ne sert plus à rien et il attend, écoutant plutôt les bruits autour d’eux que leurs paroles. Ne peuvent-ils pas se taire ? Il sent leur distance face à la réponse de Malini, et à nouveau Bass a envie de solitude. De silence. Le racisme, le sexisme, il n’en a jamais fait particulièrement preuve. Mais il a assez côtoyé des types qui en faisaient leur virilité pour y être indifférent, sourd et aveugle – c’est juste imbuvable maintenant.
C’est son tour de se présenter et Bass  n’a pas mieux à leur dire. « - Wisconsin. »  En soi, un mensonge. Il est né là-bas mais vient d’Olympia. Il est olympien avant tout.  Wisconsin-Texas. Un foutu périple à pieds et une apocalypse vous dégoute à tout jamais. Il n'a jamais été fier – ni de lui, ni de son état. De sa mère, de sa famille, c’est tout.  Il livre un sourire un peu mesquin au redneck, qui plisse les yeux – un peu fier de sous-entendre qu’il s’est tapé la route et a survécu seul, à moitié fou, comme l’autre n’aurait pas idée, un peu fier de se distancer de ce type qui cherche à se lier à lui, comme si leurs carrures et (manque de) éducation devait les rassembler.
 
La rousse continue à dévorer la recruteuse du regard, et malgré lui Bass, repose à son tour son regard sur l’Indienne. Il est aimanté, et penche un peu la tête sur le côté, interrogatif. La remarque sans queue ni tête de la sauvée ne l’intéresse pas tant que le changement de sujet de la brune et cela étire un sourire sur ses lèvres, amusé. Intrigué.  Le sourire en coin de Bass s’étire plus largement lorsque la recruteuse décide de faire son job en lui tirant une balle métaphorique dans le pied. « - Vous n’êtes pas du même groupe ? » s’étonne la rousse et Bass fait un signe qui ne veut dire ni oui ni non.    « - Nous avons juste un pasteur pour sauver nos âmes. » Lance-t-il en réponse au regard moqueur de Malini. « - Nous avons une ville, » précise-t-il avant que l’homme puisse reprendre la parole – peut-être qu’il a le sacro-saint respect de la personne d’un pasteur ancré dans ses veines mais il y a aussi des chances que ça rime avec lopette pour lui. Le genre de choses qui agacent Bass bien plus que ma’am. « Des murs, des médecins. Et l'eau chaude sans culte de la personnalité ou promotion canapé. » Il a un clin d’œil envers l’Indienne, parce que la triche et les ragots sont tout à fait autorisés entre eux et qu’il connait un peu la vallée.  Toutefois, il n’y a plus la moindre trace de moquerie ou sarcasme dans sa voix. Plutôt une sincérité qui trahit à quel point il tient à « sa ville » et surtout à ceux qui l’habitent.
 «  - Elle existe cette ville ? C'est loin ? Avec ce qui traîne dans le coin... »  Il pose ses doigts à sa ceinture, adressant un signe de tête à Malini pour lui céder la parole tout en invitant les autres à avancer dans n’importe quelle direction pour l’instant - il n’aime pas l’immobilisme. L’impression d’une cible marquée dans son dos – il ne tourne pas le dos aux deux futures recrues, à demi-seulement à Malini. Il se frotte la nuque, il n’aime pas susciter les regards et par bonheur, la rouquine enchaîne.   « - Vous n'étiez pas... actrice ? Ou mannequin ? … et qu’est-ce que vous faites ensemble ? »
L’homme se méfie et il l’entend pouffer sur « les crétins qui se croient en sécurité dans des murs, lopettes de citadin... vous avez encore des balles au moins ? ». La fille, elle, les jauge réalise Bass avec un temps de retard au-delà peut-être de sa sympathie féminine envers Malini. Il s’attarde un peu plus sur Malini – la Crimson est assez belle pour être mannequin, selon les standards d’un monde où la beauté avait un prix. Il échange un regard avec elle et l’observe - à la fois pour s’en voir remontrer ( voir ce qu’elle a dans le ventre ) et à la fois par curiosité ( Mannequin ? Les seules fois où il a pu poser les yeux sur des filles pareilles était en prison, dans des magazines, et cela ne lui a pas laissé un souvenir mémorable, encore moins le souvenir de leur visage ou de leur nom. La recruteuse est bien plus spéciale. ) et méfiance ( Envers eux qu’il ne connait pas, envers elle contre qui il est prêt à presque tout pour ramener des recrues dans son famille d’adoption ).
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MessageSujet: Re: Watcha gonna do when they come for you   Mar 24 Jan - 18:24

Le Wisconsin. Les lèvres de la recruteuse se retroussent légèrement alors qu'elle retient cette information pour s'en servir plus tard, au besoin. Elle passe en revue ses connaissances de cet état du nord, réminiscences d'une autre vie où elle lisait et étudiait beaucoup. Il y aurait toujours de quoi se charier en insistant sur la différence entre le deux pôles du pays, une fois qu'ils auront épuisé tous les clichés pour se moquer d'Olympia ou du ranch.
L'Olympien embraye d'ailleurs sur le sujet de son camp, et Malini ne peut s'empêcher de lever les yeux au ciel. Elle se retient d'ajouter qu'ils vivent tous dans une illusion et qu'ils sauraient même pas tirer sur un rôdeur qui serait pourtant dans leur ligne de mire à bout portant. À part lui peut-être, qui détonnait complètement avec les autres de son camp. Lui, il a l'air tellement plus sauvage. Il appartient à l'extérieur, à l'errance, il ne devrait pas être retenu entre quatre murs par une douche chaude.

Elle capte juste à temps le clin d'oeil qu'il lui adresse, et secoue la tête légèrement. L'argument fait pourtant mouche. La rousse saute sur l'occasion, a l'air plus qu'intéressée à l'idée de pouvoir paresser dans une vraie ville. Son compagnon en revanche manifeste un air excédé. Malini va se concentrer sur lui, il sera son client parfait. Ses manières brutes du sud iront bien avec les autres ploucs qu'il y a au ranch, et elle sait que l'argument d'une ferme et d'une vie de cowboy trouvera grâce aux yeux de cet homme.
La recruteuse sent bien que Bass lui cède la parole, mais elle n'a même pas le temps d'enchaîner, la bonne femme revient à la charge avec ses questions. Elle en pose tellement d'un coup que Malini a envie de la frapper et s'éloigner tout simplement. La conversation, un art qu'elle avait perdu et que les gens insignifiants comme ce couple ne rendaient vraiment pas facile. "Dans une autre vie." Elle gromelle, sans répondre à la question. Qu'est-ce que ça peut lui faire ce qu'elle faisait avant ? La recruteuse prend une profonde inspiration pour évacuer son agacement et reprend avec une voix plus posée. "Olympia est à quelques heures de marche. Trois si vous marchez bien. Et franchement, ce sont pas les rôdeurs qui devraient vous inquiéter le plus." Son regard se durcit quand elle les détaille. Si des chacals décident de se joindre à leur petite réunion, ces deux-là ne feraient pas le poids. Mais elle préfère laisser cette information en suspens. "Et nous..." Malini se tourne vers le recruteur qui ne manque pas de l'épier également, une lueur inquisitrice dans le regard. Une question a l'air de lui tarauder l'esprit, et la recruteuse comprend qu'elle n'échappera pas longtemps à une forme d'interrogatoire de sa part aussi. "On venait juste de se croiser quand on vous a entendu. Quant à vous..." Elle se retourne vers l'inconnu pour finalement lui adresser une réponse. "Y a tout ce dont vous avez besoin au ranch. Personnellement, je suis pas une grande fan des flingues, c'est un peu le contraire de la discrétion... Mais j'ai le sentiment que vous vous entendrez très bien avec les habitants de mon camp. De vrais Texans comme on en fait plus." Le mensonge coule complètement dans ses paroles, elle ne fait pas mention de l'arme et des quelques balles précieusement enroulée dans un tee-shirt au fond de son sac. Une arme pour les cas d'urgence...

"Ce serait bien qu'on trouve un endroit moins exposé pour faire la discussion. Avec tout ce bordel, qui sait ce qui risque d'arriver..." La recruteuse prend les devants pour répondre à l'injonction silencieuse de Bass. Elle non plus n'était pas une grande fan de l'immobilisme, surtout dans des zones à découvert. Son ton ne permet aucune protestation ou aucune réponse, et docilement et surtout silencieusement, ils la suivent.  Malini allonge le pas afin de prendre de l'avance avec le recruteur et laisser le couple ressasser en silence un peu plus loin derrière. Au moins comme ça, elle n'aurait pas à supporter le babillage de la rousse. Son regard dévie alors vers le grand blond, et un sourire étire ses lèvres malgré elle. "Alors, c'est quoi le deal ? Pourquoi tu les veux ? Ils sont pas trop du genre d'Olympia. À moins que..." Une lueur de malice s'allume définitivement dans ses yeux et trace un cercle brillant dans ses iris noisette. "À moins que t'essaies de m'impressionner. J'ai vu comme tu me regardais là. C'est quoi ? Tu t'es toujours pas remis de la scène à la rivière ?" Elle a le pas soudainement léger, presque comme une enfant qui sautille quand elle se sent en confiance. L'espace de quelques secondes, elle oublie les deux ahuris derrière eux et ne regarde que Bass, le dévisageant comme il l'avait fait plus tôt avec elle.
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MessageSujet: Re: Watcha gonna do when they come for you   Lun 20 Fév - 20:05

Bass & Malini
« Watcha gonna do when they come for you ?»

La situation n'avait absolument rien de divertissante – elle tirait sur bien d'autres cordes. La paranoïa. L'espoir. L'ennui. Les grognements de Malini et la dichotomie entre l'image que les inconnus avaient d'elle et celle qu'il percevait sous ses dents serrés et ses tentatives pour présenter sourire et ton posé... Bass souriait en coin. Paradoxalement, il avait l'impression de lire en elle comme dans un livre ouvert. De comprendre, même si elle ne s'adressait pas à lui. Paradoxal parce que certaines pages restaient collées – et que cela l'intrigue d'une façon qui fait briller les yeux et étirer un sourire malicieux sur ses lèvres.  De vrais Texans comme on en fait plus. Beh tiens. Une façon de voir les choses qui fait expirer un rire par le nez à Bass. Des cowboys qui vivent dans une ferme. Il reste souvent en bordure de vallée, à attendre Elanor – et à observer leurs aller et venues à dos de poney. Il n'est pas le plus grand fan du Texas, mais il a comme l'impression que les prétendus vrais Texans des navets de la prison et auxquelles les gonades du types se croient affiliés ont passé l'arme à gauche dans les six mois post-apocalypse. Ca crève facilement, les ego.

Il laisse Malini exprimer avec des mots ce qui fait trop pour lui. Ils doivent partir s'ils veulent ne pas se faire choper et abuser de la chance. Bien, il aurait été incapable d'argumenter pour les faire bouger ou de les commander d'un ordre – il sait qu'ils doivent rester en mouvement et qu'ils sont une cible pour un jackal en errance ou un rôdeur affamé. Il peut juste mettre un pied devant l'autre et espérer qu'on lui emboîte le pas. Ou pas, il ne leur demande rien.
Cela leur donne du temps pour confronter leurs opinions, sans les harceler. Bass continue à marcher, observant les alentours et l'horizon entre les arbres, quand Malini reprend. Il a du mal à retenir le sourire amusé qui lui vient quand il entend son sourire à elle dans sa voix. Il a un bon pressentiment, mais ne repose pas les yeux sur elle.

Etrangeté : Bass rit.

Un vrai rire. Joyeux, sans moquerie, qui le fait s'arrêter. Il entend un murmure derrière eux, mais il ne se retourne pas. En soi c'est déjà notable, qu'il se contente de poser sa main sur son couteau et préfère dévisager la femme à ses côtés. Il a les épaules qui tressautent un peu.  La voir aussi... naïve et enchantée le fait pouffer en retour. Pas comme un ado – ado, il n'avait pas le temps pour ça, pas avec la famille et la vie qu'il avait. Le charme est involontaire pour lui, il n'a pas eu ce luxe que de faire tourner les filles autour de ses beaux yeux et sa silhouette masculine et douce.  Mais ça pourrait y ressembler, dans un autre monde.  Naïve et enchantée sont des euphémismes par rapport à ce qu'il a devant les yeux, mais c'est comme ça qu'il la voit. Cela le fait sourire.

Il se mord l'intérieur de la joue et reprend sa marche pour distancer les deux autres et répondent à Malini, l'air  calme « - J'ai des priorités, et je suis trop vieux pour me pâmer devant une femme nue. » Il est naïf de croire à ce qu'il dit ? Il expire un rire et lui jette un regard où la même malice illumine ses yeux. Ils sont aussi différents que la nuit et le jour, et pourtant les voilà à se confronter, chercher leur place, se provoquer. « Tu devrais faire mieux pour m'impressioner toi. Mais non, je ne cherche pas à t'impressionner. » Il confesse un ton plus bas la plus exacte vérité. Même s'il n'est pas certain qu'elle le croie sur parole.  Il ajoute avec un signe de tête envers elle : « -S'ils sont du genre du ranch, mon opinion de vous baisser considèrablement. Un macho et une geignarde. Au mieux, parce qu'au pire ce sont des faux-jetons. Pourquoi tu veux pas me les laisser ?»

En cours de route, il s'est rapproché d'elle, jusqu'à rompre la distance entre leurs corps. D'autant plus facile de croiser son regard pour lui lancer un défi dans sa question rhétorique. Avec une moue faussement innocente, Bass écarte une branche sur leur chemin et change de sujet, distraitement : « - Mannequin ?... est-ce que je devrais... ? » Il fait signe de faire une courbette alambiquée devant elle. Il ne prend pas ça au sérieux, ni y accorde une vraie importance : avant il était dealer de drogue, il est mal placé pour juger ceux qui travaillaient honnêtement. Lui il avait fini par la case prison avec pour seul accès aux strass et paillettes des magazines qui se troquaient contre des clopes. « - … Tu étais dans les magazines. »  Bass ne s'arrête pas, ses pas trop entraînés à marcher des heures pour ça mais la réalisation lui tombe dessus et il détourne les yeux de Malini pour se frotter la barbe. Il n'est pas embarrassé, ni vantard,  mais lorsqu'il la regarde à nouveau il la regarde droit devant les yeux. Prenant un éclair pour croiser son regard avant d'amorcer son propre mouvement. Elle a entendu la même chose que lui, n'est-ce pas ? Un craquement de branche derrière eux. Trop près.



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MessageSujet: Re: Watcha gonna do when they come for you   Mer 1 Mar - 0:53

Ils s'attaquent sur tous les terrains et tous les arguments sont bons, même quand ça descend en-dessous de la ceinture. Il prétend être trop vieux pour se faire avoir par les courbes féminines. Elle lui adresse pour toute réponse un rictus moqueur pour lui rappeler qu'on n'allait pas la lui faire à elle. Elle connait bien ce piège et elle sait qu'il fonctionne depuis la nuit des temps et que tant que l'espèce humaine persistera, ce piège fonctionnera. Elle pousse l'impertinence à hausser les épaules et à secouer ses boucles brunes. "Donc selon tes propres mots, on a un plouc et une pauvre fille et tu les veux quand même. De nous deux, de qui se moque-t-on ? Mais bon t'as raison, si ce sont des faux-jetons, ils doivent vraiment aller à Olympia alors." De son pas léger, elle enjambe un obstacle sur le sentier, profitant de ce répit pour s'éloigner d'éventuelles représailles avant de revenir plus près de lui. Leurs épaules finissent par se toucher presque et leurs regards se croisent le plus possible, à la recherche de défi.
Mais il détourne la conversation vers un sujet qu'elle avait essayé d'éviter depuis le départ. Alors comme ça, il n'avait pas manqué les remarques insistantes de la rousse. Devant sa courbette improvisée, elle manque d'éclater de rire et de le pousser du bout des doigts, à la façon des adolescentes, mais elle arrive à garder son sérieux. Un bref moment de gaieté. Elle hoche la tête quand il ajoute qu'elle était dans les magazines. À quoi bon se cacher maintenant ? Il finirait par savoir tôt ou tard.
La suite de la conversation aurait dû se dérouler ainsi : Elle aurait arboré une mine faussement innocente, le genre de mine qui dit "bien joué, tu m'as démasquée" puis elle aurait ironiquement ajouté qu'elle était aussi à la télé, sur les tapis rouge, sur les affiches... Mais sans se vanter forcément, plus comme le récit banal du monde qu'elle a intégré et perdu aussitôt. Au lieu de ça, la situation leur échappe.

Elle se retourne vivement, pour se retrouver sous la menace d'un canon. Le couple se rappelle à eux et la tension s'abat sur cette scène surréaliste. Le visage de Malini se ferme aussitôt, son regard se durcit et on la croirait presque sur le point de montrer des dents. "C'est ça votre super plan de survie ? On vous offre un endroit où vous pouvez jouir d'une sérénité pérenne et vous préférez lourder ça pour une couverture et deux morceaux de pain ?"
C'est le mec qui tient le flingue, évidemment, et il fait quelques pas en arrière pour avoir les deux recruteurs bien dans son champ. D'un signe de tête, il ordonne à la rouquine de les approcher. "Allez, ferme-là et remets gentiment tout ce que t'as à Carla." Sous la menace, Malini réagit comme elle le fait tout le temps. Elle esquisse un sourire sinistre, fou. "Allez, soyez pas cons. On oublie ça tout de suite, et je vous ramène quand même dans un lieu sûr. Plus besoin de piller, plus besoin d'errer bêtement. Y a même des maisons chez lui. Imaginez, une bonne douche chaude et..." La Carla en question hésite, se tourne vers son compagnon qui s'énerve aussitôt. "Ta gueule et donne toutes tes affaires, je t'ai dit !"

La recruteuse se tourne vers l'Olympien, cherche à se concerter. Attaquer de suite ? Gagner du temps ? L'inconnu a encore quelques balles mais pas assez pour être vraiment oppressant. Si elle avait été seule, elle aurait détourné la situation en se servant de Carla comme bouclier humain, mais dans ce moment précis, il suffirait à cet idiot de tirer sur Bass pour faire peser ses menaces. Et même si dans d'autres circonstances, Malini aurait bien adopté le chacun pour soi, elle avait quand même envie de terminer cette session de jeu avec Bass.
Gagner du temps. "Bon, okay, on oublie pas alors. Et si on passait un marché ? Vous nous laissez en vie et on vous conduit vers une planque où on cache des provisions. Y a quelques conserves et des gâteaux. C'est là que les recruteurs se mettent d'accord pour cacher leurs affaires." Elle improvise, s'invente une planque avec Bass alors qu'elle n'a rien de très proche. Avec un peu de chance, lui, il a vraiment un endroit. Dans un lieu moins exposé et avec plus de moyens de se parer des balles, ils auraient une chance de s'en sortir.
Son regard se pose sur l'Olympien pendant que ladite Carla et M. Idiot se concertent sur la proposition.
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MessageSujet: Re: Watcha gonna do when they come for you   Lun 20 Mar - 9:08

Bass & Malini
« Watcha gonna do when they come for you ?»

La suite de la conversation aurait du se dérouler ainsi : il aurait presque danser dans les mots et dans les pas pour essayer de s’en sortir. La faire rire, la taquiner, et cacher le fait qu’il n’a tenu dans ses mains que des magazines vieux de plusieurs mois, aux pages poisseuses entre lesquelles se nichaient les derniers rêves des hommes. Jamais ceux où elle aurait pu dire quelque chose d’intelligent ou même de drôle – il ne savait même pas si elle aurait pu le faire. Lorsque Uzo lui a tourné le dos  avec mépris, lorsque Maxine a étouffé dans l’œuf ses tentatives de saisir sa taille.. les portes se sont refermées devant lui. Il ne sait du mannequinat que ces versions malsaines refilées à des types en manque, ces photos dénudées ou presque, de femmes-objets pour des hommes incapable de se rappeler leurs visages ou le son de leurs voix. Il aurait pu avoir l’air idiot, mais taquin, et elle l’aurait sans doute rabrouer – parce que malgré sa beauté, malgré ses souvenirs… elle n’est pas vraiment la femme au dos arqué et à la beauté de papier glacé qu’ils ont essayé de dompter.  Cela aurait acquis une certaine gaité, une ambiance qui contrasterait avec le silence des bois, les murmures à couper au couteau, le poids des jours.
Au lieu de ça, la situation leur échappe.

Lorsqu’il se retourne, il a les mâchoires serrées et une lueur de mauvais augure dans le regard.  Le mauvais pressentiment qui lui picote l’échine, tourner la tête pour voir à quelques centimètres, le canon d’une arme pour le pointer sur les boucles brunes qui effleuraient presque le bras de Bass. Il sent la frustration, la colère de la jeune femme, devant l’ingratitude des enfoirés. Cela le ferait plutôt rire lui, rire sans joie, rire jaune ou noir qui l’enverrait à la mort en regardant le ciel qui se fout de leur gueule.  Evidemment.  C’est juste… il se revoit, trois ans auparavant, il aurait fait le même choix que le couple – il n’aurait pas suivi les recruteurs du tout, le couteau sanglant lourd dans sa paume, mais il n’aurait pas non plus eu besoin d’être sauvé. Il veut croire en l’humanité, avoir l’espoir et chaque jour qu’il passe entre les remparts de la ville sanctifiée lui donne l’impression que quelque chose de bien peut naître de la catastrophe. Il ne sait juste pas s’il doit rire ou pleurer des claques dans la gueule qu’il se prend de temps à autre – ou dire merci, merci de me maintenir en vie. Bass reste immobile, concentrant toute son énergie à ne pas bouger. A ne pas laisser l’instinct prendre le dessus et à réagir avec une violence dont il ne se pensait plus capable. Pour l’instant, il montre les dents, au sens littéral de l’expression.

Tout ce qu’ils ont. Dans son cas, ce n’est pas grand-chose – des clopes, une gourde, une veste, une ration. Pas la peine de mourir pour ça, mais ce n’est pas pourtant autant que ses muscles se mettent en branle pour obéir. Il ne sait pas pour Malini, mais ce qu’il a, ils ont, Olympia, les raiders, en ont chier pour les avoir. Plus, conforter Malini dans sa vision des Olympiens, s’avouer vaincu, peureu et lâche ?  … eh bien il faudrait lui passer sur le corps et une lueur plus dangereuse danse dans ses yeux. Il ne détourne pas les yeux vers Malini, qu’il entend discuter à ses côtés, secouant légèrement la tête négativement. Personnellement, sa décision est prise et il préférerait les égorger pour les foutre dans les fourrés que les laisser voir les murs d’Olympia. C’est mal, il le sait. La culpabilité et la peur d’avoir honte tambourine ses côtes. Il s’en voudra de les tuer, il se sentir pathétique et indigne des siens. Mais plutôt lui que eux en aient à subir les conséquences.
Le point incertain est sa partenaire du jour. Avec Nathan, il aurait déjà attaqué. Malini ? Il ne sait pas sur quel pied danser, mais il se tait la laissant gagner du temps. Il fronce légèrement les sourcils, tournant la tête vers elle, sans lâcher tout à fait l’homme des yeux. Comprenant lentement son plan, qui lui attire une grimace. C’est le mieux qu’ils puissent faire. Bass acquiesce, très brièvement, mouvement imperceptible du menton lorsque leurs regards se croisent. Ses lèvres s’ourlent un court instant dans un sourire, qui finit en rictus : « - On ne va pas… » Ca suffit à déclencher la colère de l’homme et à le faire entrer dans le panneau. «  Ta gueule, tournez vous, vous nous emmenez et on verra. » Bass se tend – tourner le dos à une arme n’est pas vraiment dans ses exercices préférés, mais il se force et reprend la marche – il y a une cabane, entre ici et Olympia, il la connait pour souvent s’y abriter la nuit. « - On n’a pas besoin de vous deux. » réitère l’homme, tentant de jouer au gros bras pendant qu’ils progressent tranquillement. Bass tourne un peu la tête vers lui, un sourcil arqué. « - Tu la touches et le deal est fini. » Il aura déjà du mal à vivre avec le chiffre 8, ou 9 sur la conscience. Pour survivre, il est prêt à tout. Mais la mort de la recruteuse, c’est au-delà de ses forces, de ce qu’il est aujourd’hui. Non ils n’ont pas besoin d’eux deux pour être guidé, mais avoir un second otage à menacer pour faire avancer l’autre et limiter les… réactions violentes imprévisibles est dans leur intérêt.

Il ne veut pas les tuer, il ne veut pas. 7 est déjà assez lourd. Pourtant lorsqu’ils parviennent en vue des pans de bois et de tôles vaguement assemblés, Bass ferme un instant les yeux avant de les rouvrir une fois poussé en avant. « - C’est là, »   indique-t-il à voix basse, à l’intention de tout le monde et de personne. La rouquine court presque vers le cabanon comme s’il s’agissait d’une destination paradisiaque avant de revenir furieuse – elle ne trouve rien et Bass roule des yeux. Moqueur mais pas trop. « - Dissimulé, juste pour les recruteurs. » La rouquine embarque Malini, tandis que Bass  reste immobile, le canon dans son dos, le dos tendu à lui faire mal. L’homme se décide à récupérer son arme, en attendant et tente d’attraper le couteau du recruteur d’une main, mais au même moment des bruits retentissent de l’intérieur et le geste se fige. Le coude de Bass lui brise le nez il n’a pas le temps de se retourner tout à fait qu’il est repoussé par l’homme qui vise la fenêtre de la cabane avec un cri de rage. Le texan tente de tirer, mais la balle siffle le long du bras de Bass  qui s’était jeté sur l’homme pour modifier l’angle de tir. Bras de chemise déchiré, bras éraflé, épiderme qui saigne sans gravité. Du même geste, Bass récupère son couteau, le faisant pivoter dans sa paume pour poignarder l’ancienne recrue – une fois, deux fois, trois fois le gardant contre lui jusqu’à le laisser glisser en entendant des pas. Son regard hagard ne fait pas de suite le point sur Malini. L’homme se vide de son sang à ses pieds. 8. 8 et il a envie de laisser ses genoux céder sous lui, de se laisser aller aux regrets et à la sensation de gâchis et de honte. A la place, il regarde Malini qui le rejoint, interrogateur.

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MessageSujet: Re: Watcha gonna do when they come for you   Mer 3 Mai - 23:00

La tension. Dans chaque pas. Elle s'accumule dans ses muscles et se fait un nid au fond de son estomac. La tension fait partie de ce qui nourrit la recruteuse. Son coeur s'accélère alors qu'un sourire insolent vient habiller son visage. Son corps commence à éjecter de l'adrénaline et c'est presque trop bon. Un délice pur qui court dans ses veines alors que le picotement du danger se fait ressentir à la base de sa nuque. Malini aime le danger. Elle aime tanguer sur les bords de falaise et laisser son destin se jouer à un fil, ou plutôt à une balle. C'est comme ça qu'elle arrive à ressentir à nouveau l'excitation d'être en vie, c'est comme ça uniquement qu'elle comprend la valeur de ce qui l'entoure. Suicidaire ? Non. Mais on ne devient pas la femme qui murmure à l'oreille des rôdeurs en ayant peur du vent qui passe dans les feuilles.
Elle ne sait pas ce qu'il en est pour Bass, mais elle ne se sent pas particulièrement menacée. Leurs tortionnaires ont plutôt l'air d'être assez impressionnables et plus ou moins divisés, assez pour pouvoir faire pression sur la rousse en tout cas. Et c'est sûrement parce qu'elle a l'air d'hésiter un peu que le type cède à leur requête et ils prennent la route, guidés par un Bass sur la défensive et même agressif. Un homme prêt à gronder sur un type qui tient un flingue pour la défendre ? Ça lui plaît bien. Même s'il découvrira plus tard, qu'elle n'a pas besoin qu'on la défende. On ne survit pas des années en solitaire si on est une princesse en détresse.

Malini, elle ne marche pas comme si elle allait à la mort. Ce cinéma ne l'impressionne pas vraiment. Le fait qu'ils aient accepté de les suivre prouve bien que le couple n'a pas vraiment ce qu'il faut pour abattre les recruteurs. Or, elle, elle a ce qu'il faut. Elle porte sur ses épaules la mort de dix-sept personnes, des hommes, des femmes, des bons ou des mauvais, des meneurs ou des suiveurs, elle ne faisait pas attention à tout ça. Elle avait appris à vivre avec ses instincts et la survie lui dictait des gestes extrêmes dans des situations extrêmes. Et puis de toute façon, la culpabilité qui la rongeait depuis la mort de sa fille suffisait à éclipser toute autre forme de remords. Les autres sont simplement arrivés trop tard.
Tuer ne lui demandait pas du courage, mais plutôt une occasion. Et l'occasion commençait à se profiler sous la forme d'une petite cabane qu'elle connait mais dans laquelle elle ne s'était jamais arrêtée, sous l'impression qu'elle était déjà occupée. À raison. Quand la rouquine les dépasse pour entrer dans la cabane, la recruteuse jette un regard à son compagnon de fortune, cherchant son approbation pour passer à l'action. Mais il n'a pas le temps de capter ce regard que la Clara revient, le faciès déformé par la colère et elle braille quelque chose que seul Bass comprend. À contrecoeur, Malini se laisse embarquer par la rousse qui se poste ensuite entre la recruteuse et la sortie avec un air impatient sur le visage. "Alors ?" L'Indienne inspecte la pièce et c'est le plancher défoncé par endroit qui lui donne une piste. "C'est sous une planche, dans ce coin." Du doigt, elle indique le coin le plus opposé à la fenêtre, où de l'extérieur on ne pourra rien observer.
Prudemment, Clara approche mais pousse Malini juste devant elle jusqu'à ce que cette dernière s'arrête en désignant une planche au hasard. "C'est celle-là. Il faut utiliser la hachette, il y a plein d'échardes sur la planche." Il y a un moment de flottement d'abord, mais la rousse finit par lui tendre l'arme et Malini se retient de lui envoyer un regard surpris qui aurait trahi sa pensée : T'es vraiment plus bête que ce à quoi je pensais. "Mets-toi à genoux pour le faire." Ah, c'est qu'elle avait quand même un instinct de préservation...

La recruteuse obtempère et se met à genou et avec la lame de la hachette comme levier, elle tente de soulever une latte. La première cède sans problème, rongée par des années d'abandon. La deuxième oppose une certaine résistance, mais au bout de beaucoup d'efforts, elle rejoint la première. Toute excitée, la rousse se précipite à côté de Malini, prête à récolter les trésors prétendument cachés par les recruteurs. La cavalière fait mine de plonger le bras dans les failles et de tâtonner dans le vide sans résultat. "Il y a une lampe dans mon sac." Mais Clara ne fait déjà plus attention à la recruteuse, elle a plongé le bras à son tour et tâtonne, alors Malini fait mine qu'elle se redresse pour fouiller dans son sac, mais ses deux mains font finalement pression sur la nuque gracile de la jeune rousse et avec une violence qu'on ne lui soupçonne jamais, elle tira la tête de la rousse vers elle avant de la repousser violemment contre le plancher arraché. Un cri étouffé résonne dans la petite cabane et la rousse se débat comme un beau diable, suffisamment pour réussir à repousser la recruteuse qui retombe sur ses fesses.
C'est une Clara en train de geindre le visage en sang qui se jette sur elle et Malini n'a pas le temps de se relever. Un bon vieux corps à corps s'engage où elles essaient toutes les deux de prendre le dessus sur l'autre, jusqu'à ce qu'un coup de feu retentisse. La rousse se laisse distraire et se redresse, laisse le champ libre à la recruteuse pour attraper sa hachette et l'abattre sur le cou de son agresseuse. Celle-ci hurle une dernière fois avant de commencer à s'étouffer dans son propre sang. Sans aucun égard pour sa souffrance, Malini repousse son adversaire qui s'écroule sur le dos. L'Indienne se redresse de tout son long, ses mains se referment autour du manche de son arme et d'un seul coup, elle abat le tranchant à nouveau, mais cette fois dans le crâne de la jeune femme qui se fend d'un seul coup. Elle ne grimace pas, ne regarde même pas sa victime, elle préfère récupérer son sac au fond duquel dort un pistolet enroulé dans une serviette. "Erreur numéro 1, ne pas dépouiller l'ennemi de ses armes."

Une fois le pistolet en main, elle se précipite vers l'extérieur, prête à tirer sur le porc mysogine, mais elle assiste plutôt au spectacle d'un Bass qui s'acharne à coup de couteaux contre son bourreau. Elle ne dit rien au départ, laisse le corps sans vie s'effondrer sur le sol et le recruteur retrouver ses esprits. Ce n'est que lorsque ce dernier lui accorde finalement de l'attention qu'elle prend la parole. "Elle est morte aussi." Le ton ne trahit rien, c'est juste la lecture d'un fait divers comme un autre. "Désolée pour ta cabane. J'y ai un peu foutu quelques éclaboussures de sang."
Sa main vient doucement se poser sur le bras du recruteur et elle le sonde du regard, cherchant ses réactions, ses pensées profondes sur ce qui venait de se passer. Est-ce qu'il partageait le même rush d'adrénaline ? "Allez, on ferait mieux de se débarrasser des corps et de partir. On sait jamais ce que ce coup de feu a pu attirer." D'ordinaire peu friande des témoignages d'affection, elle prend néanmoins le temps de s'arrêter pour lui : "Ça va ?" Piller les malotrus attendrait qu'ils aient au moins pris la peine d'encaisser ce qui venait de se passer.
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MessageSujet: Re: Watcha gonna do when they come for you   Dim 28 Mai - 20:10

Bass & Malini
« Watcha gonna do when they come for you ?»

Bass n’est pas de ces hommes qui foutent leur vie en l’air par amour du jeu, qui prennent des risques inconsidérés en ayant quelque chose à perdre. Il en a vu son lot d’abrutis qui se foutaient en l’air à l’époque où il était derrière les shots de vodka et d’héroïne. Pour vivre – pour se sentir vivant. C’était leur prétexte pour frôler la mort. Un jour, un de ses amis, un de ceux qui lui avaient trouvés ses « jobs » de l’époque, un de ceux avec plus de cicatrices que de tatouages, lui avait dit que c’était pour ça qu’ils lui faisaient confiance, à lui. Parce qu’il ne se laissait pas attire par les sirènes de l’excitation dans les veines, l’appel du vide – de la drogue, des jolies femmes, des pieds de nez au flic. Pare qu’il rentrait sain et sauf avec la commission à remettre à ses boss sans s’être foiré en beauté – le côté grand frère responsable, je suppose.
Il le sentait pourtant. Le danger, l’excitation que produisait l’approche de la mort et l’odeur du sang sur tout survivant qui ne s’était pas déjà tiré une balle dans le crâne. Qui lui effleurait la peau, lui donner la chair de poule – comme la caresse d’une femme, ou celle de la mort. Malini… elle était aussi sauvage que lui, aussi dangereuse que lui – ou bien pire. Elle semblait bien trop satisfaite d’elle-même, couverte de sang et ses pupilles dilatées par l’adrénaline – le regard trop noir, trop intense, un puit sans fond qui l’aimanté jusqu’à y tomber. Volontairement.  Le sourire insolent, la démarche fière. Dieu qu’elle ressemblait à une déesse qui venait d’occire un paysan ingrat – et il ferait mieux de ne pas y tremper ses doigts, s’il écoutait son instinct de survie, sa logique et tout désir d’accéder à un bonheur… olympien.
Pourtant… Il souriait, irrésistiblement, avec une insolence et un plaisir non dissimulé. Comme si son corps ne lui obéissait plus – il n’était pas « bon » lorsqu’il tuait. Une part de lui, la plus sauvage se réjouissait, se coulait dans le moule avec une sorte de plaisir. Tandis que son cœur hurlait d’arrêter tout de suite les conneries, de baisser les armes – qu’il y avait encore un espoir de rédemption pour lui.  Vouloir être pire qu’il est pour les yeux d’une femme est un jeu dangereux. Nouveau aussi. Il n’a toujours eu que des yeux pour des femmes auxquels il n’arrive pas à la cheville. Maxine est la seule qu’il a réussi à attirer contre lui – pour finir sacrifié et accessoirement derrière les barreaux. Il avait essayé de les mériter, amante, lueur dans l’obscurité plate de son existence, amies. Echec cuisant.  Trop bien pour lui – ce que serait Malini, dans un autre monde pour lequel Bass n’a pas trop de regrets.

Elle est morte aussi. Il se redresse calmement pour faire face à la recruteuse qui lui revient et ne cache pas un sourire moqueur – non, un rire qui lui échappe. Ce n’est pas le rire qu’on lui connait à Olympia, celui qu’il aime laisser échapper lorsque les enfants essayent de la chahuter, de la chatouiller ou lorsque Iris, Elanor, laissent échapper une remarque… touchante. Le rire qui est doux comme un agneau, qui reflète la profondeur de son regard, un peu meurtri mais dont l’espoir et la gentillesse triomphe toujours. Non, ce rire-là, il était creux, un peu dissonant, un peu fou – moqueur. A vif.   « - C’est ce que je pensais. » Note Bass avec une taquinerie un peu sombre dans la voix. La voix d’un complice de meurtre, presque caressante. La douceur de sa voix contraste avec son sourire, mais c’est presque. . . gentiment qu’il lui adresse un signe du menton vers le sang qui macule maintenant sa poitrine. « - Bien la peine de s’être baignée. » Il s’amuse, maintenant.
Il se moque de la cabane et il hausse les épaules. Y a-t-il un seul endroit de ce foutu pays qui ne comporte pas morceau de rôdeurs, sang, et tripes en décomposition ? Il baisse les yeux vers l’homme, avant de s’y accroupir tout en rengainant son arme. Il récupère leurs affaires, et va pour tendre le sac à Malini, qui pendouille au bout de ses doigts par la lanière lorsqu’il vient poser sa main sur son bras. L’objet de son regard change pour rencontrer le doux visage de Malini et il se redresse, très droit, très proche. Bass marque un temps d’arrêt, l’observant – non, détaillant ses traits avec la minutie d’un sculpteur ou d’un amoureux. Le bruissement des arbres. Il n’entend aucun rôdeur, aucun intrus – mais ce n’est qu’une question de temps, même si le temps a l’air parti faire la brêle au pays des utopies.  
Il renâcle avec un reniflement amusé. « - Je ne crois pas que ça soit une bonne question. »  Il n’aimait pas qu’on se préoccupe de son bien-être, de sa santé mentale encore moins. Parce que la réponse, la vraie, ne conviendrait jamais, et parce qu’il préférait de loin s’occuper d’autrui. Cela l’empêchait de penser à tout ce qui clochait chez lui.  De son doigt ensanglanté, il vient tracer une marque sanglante sur la joue de la brune, jusqu’à sa lèvre inférieure qu’il touche du pouce avant de murmurer à son oreille. «  Vivants. Et à égalité. » Etait-il désespéré et au bord de la folie ? Certainement. Mais, on se retient au précipice comme on peut et il se redresse, s’écarte et charge son sac sur le dos.   « - Rentrons. »  parce que le ravin sonnait comme la maison, pour cette nuit qui les enveloppait à l’unisson.


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MessageSujet: Re: Watcha gonna do when they come for you   Lun 29 Mai - 17:33

Une heure auparavant, ils étaient de parfaits inconnus qui se chassaient dans les bois, maintenant ils sont liés par un double meurtre, le pacte de sang le plus efficace. En une heure à peine, ils ont déjà vu le meilleur et le pire et sans pour autant prétendre se connaître, un lien s'est déjà créé. Fait rare pour Malini. Elle n'a pas envie de tomber dans le cliché en parlant d'alchimie, de connexion spéciale, mais c'est bien ce qui se ressent alors qu'ils se soutiennent le regard, tous deux prenant lentement conscience de leurs actes. Ils ont l'air d'en rire, désinvoltes, maîtres de la mort. Ils ont compris les règles de ce monde chaotique : tuer et ne pas être tué.
Le rire de Bass surprend d'abord Malini mais finit par attiser la folie de cette dernière. Ce qu'elle entend, ce n'est finalement qu'un écho de ce qu'il y a déjà à l'intérieur d'elle : la satisfaction ineffable d'avoir du pouvoir et d'échapper à l'inévitable encore une fois. Couverts du sang de leurs ennemis, ils sont comme deux figures mythologiques triomphantes et leurs deux entités intérieures – leur part de folie – s'encouragent mutuellement à faire encore pire. Le jeu vient de prendre une tournure bien plus morbide. Alors elle répond à son rire par un rictus carnassier. "C'est rien ça. Le sang, c'est presque ma seconde peau." S'il connait la réputation de la recruteuse, alors il sait qu'elle a l'habitude de baigner dans bien pire qu'un peu de sang.

Elle se retient d'ajouter, taquine, que ça ne serait qu'une occasion de plus de retourner à la rivière pour elle et d'observer honteusement pour lui. Elle se retient d'abord parce que l'ambiance s'appesantit, qu'ils retombent de leur nuage euphorique pour retrouver les marques du réel et donc de la survie. Elle se retient ensuite, parce qu'il déploie toute sa taille impressionnante face à elle, l'obligeant à lever les yeux pour capter le regard scrutateur. Elle le maudit presque aussitôt, parce que son regard est tellement expressif qu'il en devient captivant, d'un bleu qui la traverse aussitôt et l'électrifie, un coup de jus dans ses veines. Elle voit sa main s'approcher d'elle mais ne se dérobe pas. Elle sent le sang qui coule le long de sa joue après ce contact, mais elle ne réagit pas, clouée sur place. Et les mots à son oreille réveille une armée de frissons qui escalade son échine tandis qu'une vague de chaleur vient se loger dans son bas ventre. Le palpitant ne semble pas supporter le rush d'adrénaline qui se transforme en vague de désir et il bat, il bat tellement fort que la recruteuse sent presque le sang taper contre sa tempe. Là tout de suite, elle pourrait et elle voudrait l'attirer à elle et laisser leurs instincts primaires grandir davantage en eux jusqu'à s'émanciper. Là, dans le sang de leurs victimes, elle voudrait le repeindre à ses couleurs et ensemble, ils se réifieraient.
Est-ce qu'il sent la même chose ? Cette tension à couper au couteau tellement elle est palpable, tension qui lui paralyse les jambes et qu'elle va avoir du mal à oublier. Comme pour faire passer un message pourtant suffisamment explicite, Malini se mord la lèvre inférieure pour récupérer le sang qu'il y a abandonné. Le goût du fer dans sa bouche lui est désormais bien trop familier, jusqu'à lui laisser un goût de pas assez. Il y a un appel évident à la destruction, à la chair, au péché et au plaisir et elle est à deux doigts d'y céder.

Mais ça ruinerait le jeu.
Parce qu'elle le sait Malini, si elle consomme cette folie maintenant, elle n'en aura plus goût pour plus tard. Or, Bass n'est pas un homme de passage qu'elle rencontre sur la route de la survie. Elle ne peut pas se contenter de le piller de tout et de disparaître. Elle va le revoir. Et si elle le revoit, alors elle va devoir jouer et pour jouer dans les règles, il faut cultiver la frustration. Alors elle torpille ses envies de dérive et hoche docilement la tête avant de le suivre.
Le chemin du retour est plus tranquille, silencieux. Elle n'a pas besoin de revenir sur ce qui vient de se passer et ce trajet presque paisible aide la recruteuse à remettre ses idées en place. Certes, une part d'elle a envie de se fondre contre sa carrure imposante et de disparaître sous lui, mais elle a compris l'importance du jeu. Leur leitmotiv. Leur distraction future, leur façon d'évacuer toutes les choses qu'ils ne peuvent pas dire aux autres et qu'ils n'ont pas besoin de se dire parce qu'ils le lisent dans le regard de l'autre. Pour cette nuit, elle se contentera de caresser des yeux les lignes de son visage, de se repaître silencieusement de sa beauté brute et de s'envelopper dans la chaleur qu'il dégage.


L'aube la voit disparaître. Réveillée plus tôt à cause de la présence du recruteur près d'elle, Malini  eut tôt fait de rassembler ses affaires avec l'idée de filer sans même un au revoir, comme une amante qui veut s'éviter l'embarras des discussions du lendemain. Il ne s'est rien passé pourtant, et c'est peut-être ça qui la pousse à fuir comme si elle ne voulait plus le revoir. Or, c'est tout le contraire qu'elle ressent. Leurs chemins se recroiseront, volontairement ou non. Et ils auront toujours cette cachette comme repaire quand ils se sentiront trop seuls. Ce que cette relation allait lui apporter ? Malini n'en savait rien et s'en mordait les lèvres, une petite pensée coupable pour Caden au fond de son esprit.
Alors avant de partir, elle dépose un baiser sur le visage endormi, pour bien marquer sa présence et son absence à la fois, pour laisser le sentiment d'une hallucination derrière elle. Égoïstement, elle aimerait bien qu'il continue à penser à elle, parce qu'elle, elle n'allait pas l'oublier et elle n'allait certainement pas oublier ce regard électrifiant de la nuit précédente.
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MessageSujet: Re: Watcha gonna do when they come for you   Lun 5 Juin - 0:11

Ils sont fous à lier, seuls cœurs battants à plusieurs kilomètres à la ronde - parce qu’ils ont assassinés les derniers êtres humains dans les parages et qu’ils ont assez perforé leur cerveau pour qu’ils ne puissent plus jamais le petit doigt contre leurs semblables. Et ils sourient, pour un peu unis dans un moment romantique au soleil couchant. L’instant est précieux, suspendu dans le temps.  La mort et la culpabilité sont des sangsues poisseuses qui s’accrochent à chaque fibre de l’être – Bass se sent coupable, il s’enfonce lentement. Et il a l’impression que la merci de Elijah, l’amour d’Olympia, rien ne sera suffisant.
Mais il ne peut pas s’empêcher de succomber, de la toucher. Et de se sentir sourire, vibrer en sentant la chaleur de sa peau, l’odeur du sang qui envahit ses poumons jusqu’à raviver l’instinct bestial. Il veut goûter ces lèvres, sa peau et c’est un effort conscient que de ne pas se mordre la lèvre lorsqu’il s’éloigne lentement d’elle, leurs corps reliés par une tension, comme une danse étroitement chorégraphiée. De ne pas laisser voir le désir qui le prend aux tripes, l’effet qu’elle sur lui lorsque leurs regards se croisent. Se mordre la lèvre jusqu’au sang juste pour résister à l’envie de la faire reculer, de la saisir entre ses bras. Miroir du geste de la brune qui lèche le sang que son doigt y a déposé, et si le geste lui a semblé naturel, il réalise avec un retard sa portée érotique, crue. Et ne le regrette pas.
Son coeur bat en désordre - sentiment étrange, qui prend la tête, jusqu’à la faire tourner. Il n’est pas habitué – les étreintes de sa vie sont rares, simples, oubliées. Et même c’était différent.  Bien sûr, tout cela ne se tient que s’il essayait bien de la séduire. A dire vrai Bass n’en est même pas si sûr alors qu’ils reprennent la route. Il s’empêche de réfléchir alors qu’il met un pied devant l’autre. Inspirer, expirer. Ressentir. Ressentir le lien qui l’enchaîne à la femme à côté de lui, et qui le libère en même temps, inexistant et trop pesant à la fois. Ils ne feront pas l’amour, ni ne céderont à un instinct qui ne mérite pas le nom d’un sentiment. Ils sont tranquilles, s’échangeant quelques regards d’entente amusée. Comme si quelqu’un chose s’était construit, amassé entre eux et que les barrages avaient cédés. Momentanément. Ce n’est plus un jeu, c’est un compagnonnage. On dirait qu’ils sont ensembles de longue date, à organiser en peu de mots leur nuit. On dirait qu’ils sont liés par des serments d’amour silencieux à voir comme Bass, le sauvage, le meurtrier aux mains trop sales pour aimer ferme ses paupières lourdes sur son regard d’enfant.

Il se réveille avec un sursaut. Paniqué. Où, quand, comment, qui. Electrisé, il se redresse sur son séant, repoussant la veste dont il s’est enveloppé pour la nuit. Les lambeaux du rêve s’éparpillent en vrac contre la roche. Un baiser de femmes, le chatouillis de cheveux contre sa gorge.  Il y a un manque, quelque chose cloche. Parce que pendant quelques heures, malgré le meurtre, malgré le dégoût des autres, ils ont recréé quelque chose, un monde à eux où ignorer ceux qui restent. Leurs règles, où ils tâtonnent encore à savoir qui ils sont. Les maîtres du monde. Pour la première fois depuis longtemps, Olympia ne lui apparaît pas comme un havre où retourner. Pour la première fois depuis longtemps  Bass ne cherche pas la familiarité rassurante, la rédemption. Il se déteste pour ça.

L’espace près de lui, le pan gauche de son vêtement, ses côtes, sont encore tièdes de sa présence, son corps accuse encore la forme de la silhouette qui était près de lui, à côté de laquelle il a dormi en paix. Mécaniquement, Bass frotte sa barbe, récupère ses affaires, mets un pied devant l’autre pour retrouver le chemin d’une rivière sans sirène.  L’impression d’un songe – mais un songe qui n’a rien d’un conte de fée avec une jolie princesse. La princesse a un joli minois, un corps de fée. Et le feu dans ses prunelles, derrière chaque coup de dent qui inspire la morsure. L’Olympien se frotte la joue, presque comme un enfant boudeur pour chasser un rouge à lèvres qu’on ne porte plus. Il ferme les yeux, pressant ses paupières assez fort pour le faire tanguer avant de les rouvrir. Un, deux, trois, la réalité. Il ne ressent rien à s’être fait abandonné au matin. Il se concentre sur la chaleur de l’aube sur sa peau et le souffle coupé de la promenade rapide à laquelle il se soumet. L’effet de Malini – chaleur comme une brûlure, chaleur comme une place qu’on trouve, souffle qui se brise dans la poitrine après une course folle. Il se remémore son expression lorsqu’ils se mesuraient du regard, jouaient, il savoure et un fredonnement passe ses lèvres alors qu’il rentre. Une joie pleine de défi, qui ne se pose pas encore de questions.
Ce qui est certain c’est qu’elle hante chacun des centaines de pas qu’il fait pour rentrer jusqu’à son campement, qu’il sent son odeur collée à sa peau, entêtante comme le sang. Seul avec ses fantômes, mais pour la première fois depuis longtemps, le spectre n’est pas celui de ces morts.


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