Fermeture définitive de Influenza ! Songer que l'avenir est la seconde suivante 1614057932 Un grand merci à tous pour ces moments de partage I love you

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 Songer que l'avenir est la seconde suivante

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Adam Redfield
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MessageSujet: Songer que l'avenir est la seconde suivante   Songer que l'avenir est la seconde suivante EmptyMar 13 Aoû - 23:52

Lucan Adam
« et que la terreur est au pire enivrante »


juin 2019 + Le sang mêlé à la poussière des décombres en vient à former une espèce de pâte coagulée croûtant dans ses habits, sorte de camo zombie style qui, pour le coup, n’est pas dépréciable compte tenu des circonstances.
A l’aide d’un morceau d’étoffe dérobé sur un étal abandonné, Adam achève de se bricoler un bandage de fortune pour venir enserrer son avant-bras droit. Plus facile à dire qu’à faire, quand sa main dominante est justement celle immobilisée mais l’olympien ne peut pas se permettre de laisser la plaie à l’air libre, pas tant pour sa gravité que pour le risque d’infection non négligeable au vu de son environnement. Il retient à grand peine un juron entre ses lèvres pincées, grimace et attrape entre ses dents le nœud grossier pour mieux le serrer.
Ça ne paye pas de mine, mais il faudra bien que ça fasse l’affaire : il n’a pas envie que l’odeur du sang chaud ne les attire façon mouches à merde.

La notion du temps qui passe est perdue pour Adam depuis que tout a commencé à tourner au vinaigre à Stonebriar : il a l’impression qu’il est là depuis toujours, à tenter de trouver un moyen de survivre sans avoir à s’immiscer dans les combats.
Est-ce qu’il a peur ? Il l’assume et se l’admet et le frisson est drôlement curieux, une explosion de couleurs vives au beau milieu des pensées noires et morbides qu’il nourrit depuis de longues semaines déjà : il veut vivre, putain ! Et justement parce qu’il veut vivre, il a perdu tout ce qui aurait pu le pousser à foncer tête baissée dans le chaos.
L’olympien sait se battre pourtant : il ne serait pas arrivé jusque là sinon et les nombreux stigmates marquant son corps attestent des épreuves qu’il a traversées pour gagner le droit de respirer encore aujourd’hui. Il sait manier un certain nombre d’armes, se déplacer (presque) sans être vu, garder la tête froide en situation de crise…
Mais il sait aussi autre chose : il ne peut plus faire confiance à son corps. Pas après l’avoir malmené comme il l’a fait, l’avoir poussé aux limites de ses capacités et l’avoir délaissé comme on se désintéresserait d’un vieux vêtement usé et trop souvent rapiécé. Il n’en a jamais eu conscience aussi durement qu’à cet instant présent : il est faible.

Un bruit de pas lourds fait crisser quelques bris de verre éparpillés au sol et Adam retient sa respiration. Ses mains sont crispées sur le shotgun qu’il a récupéré sur un cadavre un peu plus tôt : un seul coup, pas le droit de rater sa cible, pas cette fois. Et tant pis pour le bruit, pas trop d’autre options puisque son arme précédente s’est fracassée contre l’assaillant à qui il doit la douleur lancinante dans son avant-bras.
(Quelque chose de positif, cependant : l’impression que le chaos se fait moins dense. Moins de cris, moins de luttes, moins de tout. Il a presque peur d’espérer que cela soit en faveur des siens, des vivants.)
Ça se rapproche de sa position et les jointures de ses doigts blanchissent contre le métal froid. Ses secondes sont comptées : il sait que le bruit qu’il va faire en armant le shotgun va le signaler mais s’il ne le fait pas maintenant, on risque fort de le tirer de son trou sans qu’il n’ait eu l’opportunité de défendre sa peau.

C’est là que tout se bouscule un peu : quelqu’un ou quelque chose d’autre fait irruption, ça grogne et ça se bat puis il y a le choc sourd d’un corps sans vie qui s’effondre au sol. Et voilà qu'Adam se retrouve à pointer le canon de son arme à moins de dix centimètres de la poitrine de celui qui se tient encore debout et il est au moins aussi crasseux que lui – mais est-ce que ça excuse réellement le fait qu’il ne le reconnaisse pas dans l’instant et que l’index effleure la gâchette, hésitant et sur le point de tirer ?

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MessageSujet: Re: Songer que l'avenir est la seconde suivante   Songer que l'avenir est la seconde suivante EmptyMer 14 Aoû - 16:31

Lucan Adam
« et que la terreur est au pire enivrante »


juin 2019 + Il était semblable à une fureur d'un autre monde, là où la logique ne peut être humaine, là où le sang a un coût véritable, où de toutes humiliations naissent des vengeances et des ouragans. A quel moment sa laisse s'était-elle brisée, quand Lucan avait-il décidé de changer de chemin, de laisser les hommes entre eux, de devenir autre chose? L'espace d'un instant, le regard d'Abel se fiche entre ses omoplates, juste avant que l'Indien ne passe les escaliers, mais peut-être n'est-ce qu'une illusion.
Il monte les marches comme le pécheur, les échelles du paradis, pourtant c'est une descente en enfer pour Lucan, rien de plus. Il songe aux flammes, cela ne l'apaise pas, cela ne le réconforte pas, mais l'incendie est là, dans sa tête, dans une partie de son coeur aussi.
Le cadavre du mexicain, une fois sa vengeance accomplie, Lucan le brûlera, éparpillera les cendres, crachera dessus pour que rien de l'esprit ne subsiste, pour qu'aucun repos ne soit possible. Il accomplira les anciens rituels de malédiction, y portera toute sa haine, et la haine d'un peuple survivant qu'il porte en ses veines. Mais avant cela, son ennemi souffrira car sa morte sera lente...

Il y a des morts sur son chemin, chacun d'entre eux est un objet de terreur pour l'Indien car il se rappelle d'une pièce fermée, d'une poignée qui se tourne. Car il se rappelle qu'on l'a désigné lui le premier pour être leur proie, un destin dont il ne veut pas. Alors il les tue, ce ne sont pas des rôdeurs à qui il apporte le repos, mais des wendigowak affamés qu'il doit combattre pour survivre et que son peuple survive aussi, là en lui.
La solitude de l'homme est un cri de guerre et un cri de rage, son pas est le tambour annonciateur de l'exécution. Il entre dans une pièce de plus et l'un des monstres tente de se jeter sur lui. La rapidité du Mort donne envie à Lucan de vomir sa bile et son esprit avec, de n'être plus qu'une coquille vide, bien plus vide que ce zombie. Il lève les bras pourtant, attrape la tête flétrie et cogne, cogne jusqu'à ce que celle-ci éclate contre le plancher. Quand est-il tombé, quand est-il tombé sur cette créature qui aurait dû être le prédateur?! Tout est rage, tout est flou, sa respiration rauque l'étouffe presque, il oublie que son coeur bat.
Le bruit d'un chien que l'on relève sonne comme un étrange échos et Lucan ne frissonne pas. Il aurait aimé pourtant, avoir une réaction humaine, mais c'est trop dur...
Le mouvement pour bouger la tête est lent et deux yeux sombres se portent soudain sur l'autre homme alors que l'Indien ne semble pas le regarder encore. Et puis son corps se secoue, il halète, il halète enfin comme pour respirer mille vies de plus. C'est un charme qui se brise, une lueur qui lui revient dans les ténèbres malgré le sang sur ses mains, malgré la matière grise aussi. Adam est devant lui, arme à la main. Il vise le coeur et Lucan se demande s'il lui en reste seulement un au milieu de toute cette rage, de toute cette colère...
De l'appel à la vengeance.

Adam a maigri, Adam a vieilli aussi, quelque chose de malade mais de vivant, là dans ses gestes, dans son silence, dans son ombre aussi. Ils ne se sont pas revus depuis quelques longs mois, moins que les années d'absences déjà passées et pourtant cela est pire. Lucan, il a changé aussi, il n'a pas grandi comme avant, il a simplement laissé un monstre se développer, prendre le contrôle. Un monstre, et puis le souvenir de toutes les tribus et personne n'était là pour porter ce fardeau avec lui. ”Kipahkisinin, nîtisân” Tu es tombé, mon frère, tu as chuté, mais à qui Lucan parle-t-il seulement, lui-même ou Adam?
Il n'y a plus rien eu eux du frère et de son cadet ayant chassé le cerf un jour, il n'y a plus rien en eux de la fraternité sauvage poussant à tuer les ennemis de l'autre.
Ou peut-être que si?
”Je cherche un homme, un étranger. Accent mexicain à couper au couteau, tu l'as vu?”

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MessageSujet: Re: Songer que l'avenir est la seconde suivante   Songer que l'avenir est la seconde suivante EmptyMar 10 Sep - 23:16

Lucan Adam
« et que la terreur est au pire enivrante »


Il faut que la voix de Lucan se fasse enfin entendre, un pont entre deux mondes, pour qu’Adam se débloque enfin de cette posture, de ce regard qui voit sans réellement reconnaître (ou sans vouloir reconnaître, de peur qu’il s’agisse d’un infecté de plus à abattre ?) l’homme en face de lui.
Mais la langue si particulière de l’indien, celle qu’il lui a enseignée dans une autre vie et que l’olympien s’est fait fort de ne jamais oublier depuis, le ramène dans la réalité de l’instant présent.
C’est comme si une sorte de bulle venait de se former autour d’eux deux, pour les isoler du reste du monde. Ou du moins, c’est l’impression qu’il a à l’instant où la réalité le heurte comme une bonne cogne en pleine tronche : Lucan, face à lui, vivant, et qui vient probablement de lui sauver la vie une fois de plus, à croire qu’Adam est voué à rester son éternel débiteur.

Il ne répond pas à cette sombre constatation qui a franchi les lèvres de son vis-à-vis et brisé cette barrière d’incertitude entre deux guerriers qui, la seconde d’avant, auraient pu s’entre-tuer avant de réaliser l’identité de l’autre tant le chaos est partout. Elle vibre en lui avec une note d’amertume qui s’éternise longtemps, insidieuse, et Adam se surprend à hocher doucement la tête. Oui, je sais. Parce qu’il est conscient de son corps faible, de ses réflexes amoindris et de ses muscles relâchés. Il est un survivant qui s’est aventuré jusqu’aux portes de la mort en suivant un sentier sans gloire et n’en est revenu que grâce à la science et aux efforts d’autres personnes que lui.
En laissant un morceau de lui-même sur le seuil, perdu.
Il y a néanmoins une note chaude qui se forme en son sein et enfle doucement tandis que son souffle se calme, que ses yeux gris oscillent sur le nouveau venu et qu’il baisse enfin son arme sans pour autant en remettre la sécurité. Quelque chose qu’il ne parvient pas à définir autrement que par la prise de conscience nette du vide qui prend place à ses côtés chaque fois que Lucan n’y est pas.
C’est-à-dire : souvent. Toujours, presque. Mais il a appris à vivre avec, ne s’en formalise pas au quotidien. Il ne réalise son existence que maintenant qu’il peut notifier son absence, que maintenant que son frère reprend sa place. Même brièvement, même si ce n’est que pour quelques secondes avant qu'il ne s'en aille de nouveau au loin.
Adam, cependant, n’a aucun mot à mettre sur cette sensation et ce n’est certainement pas le lieu ni le moment pour s'y essayer. « Je vais finir par croire que j’ai une bonne étoile », se contente-t-il d’observer en laissant un bref sourire étirer ses lèvres, creusant ses joues émaciées et mangées par une barbe de plusieurs jours.

Mais Lucan a d’autres projets en tête. Lucan est occupé ailleurs. Et quand il lui pose sa question, c’est presque comme s’il était déjà reparti dans sa traque. Adam fronce les sourcils, secoue la tête avant de répondre : « Je connais plusieurs personnes susceptibles de remplir cette description. » Ne vivent-ils pas à la frontière du Mexique après tout ? Bien que ce terme ne fasse plus guère de sens aujourd’hui, les hispaniques ne sont pas exactement une denrée rare parmi les survivants arpentant la région ou même Stonebriar. « Alors peut-être que je l’ai vu, oui. »
Peut-être.
Sans crier gare, l’olympien épaule de nouveau le shotgun et vise un point derrière son interlocuteur, tire sans s’accorder plus qu’un maigre instant de réflexion afin d’ajuster la visée. Le léger recul de l’arme se ressent comme un millier de longues épines subitement plantées dans son avant-bras blessé. A plusieurs mètres d’eux, le rôdeur s’effondre et Adam grimace tandis qu’il laisse retomber son joujou contre son flanc, pendu bout de sa bandoulière, inutile (quoiqu’un bon coup de crosse vaut toujours mieux que cogner avec les mains nues). « Je veux bien t’aider, mais il va me falloir un peu plus que ça, sauf si tu veux passer en revue tous les hispanos du mall. T’es sûr qu’il est ici au moins ? »
Tout en parlant, il jette un coup d’œil inquiet vers l’entrée du magasin dévasté dans lequel ils se trouvent tous les deux, avant de reculer vers l’arrière-boutique, la porte béant sur le mur du fond, promesse (ou illusion ?) d’une sécurité toute relative après le coup de feu qui risque bien d’en rameuter plusieurs autres sur leur piste.

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MessageSujet: Re: Songer que l'avenir est la seconde suivante   Songer que l'avenir est la seconde suivante EmptyVen 13 Sep - 16:29

Lucan Adam
« et que la terreur est au pire enivrante »


Beaucoup de choses blessaient en ce monde, beaucoup de choses n'avaient plus aucun sens, plus aucun amour aussi. Lucan regardait l'homme devant lui, les blessures qu'il portait, celles qu'il cachait aussi. Il pensa à un livre de douleur dont il craindrait de connaître la fin. Il pensa à un livre, se dit qu'au final cela n'avait que peu d'importance car Adam, comme lui-même, se trouvait au milieu de son histoire. Que d'autres choses pouvaient arriver, un peu plus belles peut-être, au moins différentes.
Le point final, c'était le bruit de l'arme alors que s'écroulait le rôdeur derrière. Lucan ne regarda pas la forme qui avait été vivante un jour, il continuait de fixer Adam toujours. Un instant, quelque chose de l'enfant revint sur son visage non pas dans ce que cela contenait de faiblesse mais bien d'espoir et d'innocence. Innocents, ils pouvaient encore l'être même si pour ça aussi il fallait en payer le prix.

Et, comme deux frères s'enfonçant dans la forêt obscure de quelque conte, ils s'éloignèrent du massacre au moins un peu vers la sécurité que proposait Adam. ”Je ne sais pas, avoua finalement l'Indien. Il y avait de la douleur dans cette phrase, il y avait les nuits de solitude, les nuits d'nsomnie. ”Mais si cet endroit est rempli d'ennemis, alors le mien doit bien s'y trouver aussi non?” Une logique brutale, enfantine. Et qu'importe, songea Lucan? Parce qu'ils n'avaient bien plus que cela pour définir le monde à présent. ”Ton bras, je peux faire quelque chose?”
L'homme posa une main sur l'épaule valide de son aîné, un contact simple. Tu es mon frère, aurait-il pu dire encore, sans sens, sans raison. Sans logique aucune, simplement parce que ces choses là pouvaient se dire encore et encore au milieu du chaos, que cela n'avait aucune importance.
Tu es mon frère...
Chaque personne possédait une histoire, et Lucan avec sa quête de vengeance venait de passer celles des frontières de la rédemption d'Adam. Alors quel autre choix y avait-il si ce n'est celui d'être humble? Dans le carnage du Mall, un parfum de forêt, le regard d'un cerf, quelque chose d'irréel, quelque chose qui existait pourtant.
Et puis eux...
”Les Mexicains, ils se ressemblent tous, non?” plaisanta Lucan, la voix brisée pourtant. ”Plus petit que moi.” Pas dur, ça, Lucan. Pas dur du tout...”Massif, trapu comme un bouledogue, il a une moustache je crois. Il donne des ordres à d'autres. Il est avec ces gens, ces dégénérés tu sais? La secte...”

Des ombres et des cris tout autour, encore et encore.”Chasse avec moi” murmura finalement Lucan.
Ils pouvaient rester là, combattre aux côtés de chacun de leurs clans et devenir fou devant les morts, devenir fous devant les survivants. Autre chose existait. La main sur l'épaule d'Adam glissa, jusqu'à ce que Lucan ne la tourne, paume vers le ciel, en invitation ouverte à son aîné.

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MessageSujet: Re: Songer que l'avenir est la seconde suivante   Songer que l'avenir est la seconde suivante EmptyJeu 19 Sep - 21:43

Lucan Adam
« et que la terreur est au pire enivrante »


« Un miracle ? » propose aimablement Adam, le ton presque trop sérieux vu l’absurdité de la réponse alors que son compagnon le questionne vis-à-vis de son bras. « Je crois que j’ai besoin qu’on me suture ça mais à moins que t’aies le matos adéquat planqué dans tes poches, je pense pas que ce soit une bonne idée d’enlever le bandage alors qu’on est dans le pire endroit possible en ce moment. En attendant, j’ai fait au mieux, si je meurs pas avant qu’on se tire de là on pourra aviser ensuite. » Ça serait trop con, non ? Mourir de la propagation du virus pour avoir voulu rafistoler la plaie de manière un peu plus correcte que le bandage étroitement serré qu’il a noué tant bien que mal quelques minutes plus tôt… « En plus, vu comme tu m’as massacré la dernière fois, j’ai pas trop envie de repasser sous tes aiguilles », conclut l’olympien avec une pointe d’humour, glissant un petit sourire de travers à Lucan au passage.
Derrière eux, il referme la porte, sollicitant l’aide de l’indien afin de pousser une lourde étagère devant, condamnant ainsi l’issue et bloquant l’accès à tout éventuel suiveur.
Et pendant ce temps, il écoute la description que lui donne Lucan de celui qu’il recherche. Le plus drôle dans l’histoire ? Pas la plaisanterie de son interlocuteur, non, mais le fait que ce qu’il a à dire lui évoque bel et bien quelqu’un en particulier.

Un long silence s’étale entre eux, comme pour laisser tout le temps nécessaire aux paroles de s’éteindre dans le faux calme de leur petit abri de guerre.
Puis Adam, bien sûr, accepte et répond à l’invitation  – pourrait-il seulement se comporter autrement vis-à-vis de son frère ? Il pourrait le suivre jusqu’aux confins des terres, si celui-ci le lui demandait… Ou du moins est-ce l’impression qu’il a à cet instant tandis que les derniers mots semblent encore résonner en lui. Chasse avec moi…

« Tu as une lampe de poche ? » Il y a une petite porte dans le fond de l’arrière-boutique, et il ne fait nul doute que celle-ci doit mener droit dans les couloirs qui passent derrière les murs du centre commercial comme tout autant de chemins secrets.
Adam en connaît la plupart : il a vécu à Stonebriar après tout, certes pas longtemps mais suffisamment pour en mémoriser le plus de coins et de recoins possibles. Quelque chose qu’il lui a semblé très important de faire dès son arrivée parmi les chacals, question de sécurité élémentaire. En cas d’urgence, une bonne mémoire peut sauver une vie : c’est précisément grâce à ça qu’il a su comment se sauver lors de l’invasion du centre commercial par la coalition des autres clans.

Mais, parce que l’olympien se rappelle plus ou moins du schéma des couloirs secondaires, il sait également que ceux-ci ne sont pas forcément sécurisés. Et à plus forte raison en ce moment, vu toute l’agitation qui a dû en pousser plus d’un à se réfugier là-dedans… à mourir, peut-être aussi. Ou à y être chassé. « Je peux nous conduire jusqu’à une autre issue qui nous offrira un meilleur point de vue qu’au beau milieu des combats. Si la voie est libre, bien sûr. On y verra pas grand chose, là-dedans, mais on entendra sûrement beaucoup mieux s’il y a d’autres présences… » Ont-ils seulement le choix, de toute façon ? Lumière ou non, de l’autre côté la voie est close.
Et comme pour rappeler la précarité de leur situation, un coup sourd se répercute contre le battant fermé, contre les montants métalliques de l’étagère obstruant l’autre entrée. « Je t’aide, Lucan. Mais Stonebriar est si grand et si bordélique, qu’on pourrait passer quinze fois à deux mètres de lui sans le trouver. » Autant chercher une aiguille dans une botte de foin, hein ? Sur un malentendu, ça peut marcher et puis, si c’est ça ou rien, il y a toujours plus de chance d’arriver quelque part si on s’y essaye un tant soit peu…
Nouveau coup sourd contre l'autre porte.
Les deux hommes s’engouffrent dans le couloir, pressés par l’urgence : mieux vaut être hors de portée de toute ouïe malveillante quand la porte cédera.

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MessageSujet: Re: Songer que l'avenir est la seconde suivante   Songer que l'avenir est la seconde suivante EmptyMer 25 Sep - 11:47

Lucan Adam
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”J'ai pas des trucs aussi sympa dans mes poches” murmura l'Indien en retour.
Il acquiesça, oui le bandage ferait l'affaire. Un demi sourire lui barra le visage alors, faillit presque atteindre les ombre de ses yeux. Presque...
Lucan se souvenait de sa main tremblante devant le corps inanimé, de tout ce à quoi il avait pensé, de tout ce à quoi il n'avait pas pensé. Les routes lui avaient laissé une trop grande empreinte au coeur, comme une soif de sang pour se libérer de tout ça, de l'injustice d'être vivant au milieu des morts, de l'injustice de pas y survivre et de plus avoir de but. D'avoir perdu des gens et de ne pas tenir des promesses aussi alors tuer, ça semblait un bon exutoire sauf que non.
Il avait pris la plus petite excuse débile pour ne pas le faire, Lucan s'en souvenait. Ne pas tuer Adam lorsque des années plus tard, sous les ordres d'un homme, il en aurait été capable.

”C'est viieille magie indienne pour qu'homme blanc m'ait dans la peau avec couture. Cicatrice très puissante” se moqua Lucan.
Il ne regarda pas le jean de son ami, n'avait pas besoin de cela pour se souvenir de l'emplacement de celle-ci, la cicatrice.
Et l'homme ne s'énervait pas de perdre du temps, parce qu'il y avait quelque chose proche du rituel à tout cela : l'un comme l'autre ils énonçaient à haute-voix des vérités qu'ils connaissaient tous deux pour que si des esprits les regardent en ce moment même, ils sachent que deux frères de sang s'en allaient à la chasse.
Les esprits regardaient souvent, agissaient peu en vérité, néanmoins Lucan les préférait au Dieu Chrétien que beaucoup priaient au ranch.

Il acquiesça à nouveau, et saisit la maglitte à sa ceinture. Une lampe tout autant qu'une massue, quelque chose qu'il gardait depuis ses jours de ranger dans une autre vie. Il l'alluma, l'objet était lourd dans sa main et pourtant semblait comme un jouet pour enfant face aux doigts du cavalier.
Adam passa devant, énonçant toutes les vérités du lieu de la même manière que Lucan lui avait parlé de la forêt lors de leurs chasses, déjà. Cela fit sourire l'Indien derrière lui, Adam avait-il seulement conscience de parler en guerrier?

”Mettons-nous en hauteur alors, tu dois bien connaître un chemin pour ça?” Oui, Adam en connaissait un.
Côte à côte, respirant d'un seul et même souffle, les deux hommes purent alors contempler le chaos en contrebas. Certains des monstres semblaient comme ignorer des personnes bien vivantes, Lucan enregistra l'information sans pour autant savoir quoi en faire. Il tâchait de ne pas paniquer, se concentrant sur la présence d'Adam avec toute la volonté d'un noyé. L'autre en avait-il seulement conscience?

”Là” gronda-t-il soudain.
Au début, lui-même semblait comme incapable de voir ce qu'il montrait, craignant de s'être trompé, craignant d'avoir halluciné.
Non.
Rodrigo était bien là, et Lucan ne connaissait rien de lui, pas même un nom, si ce n'est qu'un jour cet homme avait décidé de la mort de l'Indien. Une sueur froide lui maculait la nuque et le dos à présent et, en plein milieu urbain, Lucan ne savait comment rejoindre sa proie.
Ici, ce n'était pas un milieu pour lui, ce ne serait jamais un milieu pour lui.
”Adam” supplia-t-il alors car il voulait un miracle, oui.

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MessageSujet: Re: Songer que l'avenir est la seconde suivante   Songer que l'avenir est la seconde suivante EmptyJeu 10 Oct - 21:21

Lucan Adam
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Les mains crispées sur la balustrade, le regard perdu en contrebas à scruter tout ce qu’il lui est possible de scruter, l’exclamation soudaine de son camarade fait tressaillir Adam tandis qu’il se met aussitôt à la recherche de celui que Lucan lui désigne.
Un juron lui échappe quand le regard accroche enfin la silhouette vaguement familière confirmant le soupçon né un peu plus tôt dans son esprit alors que l’indien lui avait raconté ses souvenirs de l’homme à traquer.
Pendant les secondes qui suivent, Adam s’applique à le détailler comme pour s’assurer qu’il ne se trompe pas, suit avec attention son évolution au sein de la cohue et espionne le moindre de ses gestes jusqu’à ce que la mention de son prénom ne le ramène brusquement aux côtés de Lucan. Détachant avec lenteur ses yeux de la proie comme par peur de la perdre de vue et que l’autre disparaisse (il sait pourtant que son comparse ne risque pas de le laisser lui filer entre les doigts maintenant qu’il l’a trouvé), il se retourne vers son interlocuteur et semble vouloir, pour un instant seulement, sonder toute l’étendue du désir de vengeance et de la volonté qu’à l’indien à la mettre en oeuvre aujourd'hui ; il murmure, sombre : « De tous les endroits, de tous les moments, il fallait que tu choisisses la pire combinaison possible pour ta partie de chasse, hein ? »
Ce n’est pas un reproche, ça ne prétend même pas y ressembler : Adam sait très bien que Lucan aurait préféré d’autres conditions si la possibilité lui avait été offerte. Seulement, dans ce genre de cas, on ne peut pas vraiment se permettre de faire la fine bouche…

Le regard se détournant à nouveau de son camarade, l’olympien retourne fixer son attention sur l’homme qui se trouve plusieurs étages en contrebas d’eux. « Le temps qu’on descende jusqu’à lui, il n’y sera sûrement plus, constate-t-il, énonçant une évidence dont l’indien est sûrement parfaitement au fait. C’est trop le bordel là-bas et puis… il s’interrompt, la voix qui semble s’étrangler devant le constat dur à sortir : je ne vais pas pouvoir t’aider, je vais te ralentir. En bas, il n’y a que la mort qui m’attend… »  
Adam secoue la tête, désolé. Dieu sait qu’il aimerait proposer à Lucan une solution idéale ou une manière de lui être utile, de faire quelques pas avec lui sur la voie qu’il a choisi de prendre. Mais à l’inverse de l’indien, il n’a sur la peau que les vêtements qu’il portait pour venir ici. Pas de protections, une arme déchargée… et un bras salement amoché qui attirera à eux autant de rôdeurs que de chiens limiers sur du gibier blessé.

Là-bas, les combats se poursuivent, les cris montent jusqu’à eux et la distance n’épargne pas pour autant à Adam le frisson glacé qui court le long de son échine à chaque hurlement de douleur. Il a emmené Lucan en hauteur, dans un endroit où ils ne risquent pour le moment rien mais cela ne rend pas pour autant le spectacle plus agréable à le subir, à le supporter.
Pire encore, l’olympien se sent presque coupable de se terrer là, planqué comme un observateur obscène de l’agonie de ses pairs… mais presque, ce n’est pas assez pour retourner dans le brasier alors qu’il est sûr d’y laisser sa peau.

Il n’a aucune idée du temps qui a passé depuis qu’ils sont là (cinq minutes ou cinq heures ?) lorsque, soudainement, un mouvement le fait froncer les sourcils. « Regarde ! s’exclame inutilement Adam (Lucan n’a pas les yeux moins perçants que lui, plutôt l’inverse). On dirait que… ils battent en retraite ? Ils vont dans les sous-sols… »
De fait, il leur est sûrement plus aisé de percevoir d’en haut le mouvement similaire de quelques personnes éparses, lesquelles se regroupent dans l’indifférence quasi-générale (les autres sont bien trop occupés à lutter pour leur survie) au niveaux des escalators défoncés qui descendent au niveau du parking souterrain. « Il y a eu une explosion là-bas, tout à l’heure. Je suppose qu’ils ont aussi dû en profiter pour s’y ménager une porte de sortie en se doutant que la grande entrée serait bloquée après. » Quand Adam pose les yeux sur son frère une nouvelle fois, il se sent un peu moins défaitiste. « Dehors… » souffle-t-il sans continuer sa phrase. Dehors, c’est le terrain du chasseur, du pisteur, de Lucan. Dehors, il y a soudainement tout un éventail de possibilités qui s’ouvre devant eux.

● ● ● ● ●
La route est longue et encore, faut trouver la bonne.
C'est pour ça que bien souvent au bout y'a plus personne.
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MessageSujet: Re: Songer que l'avenir est la seconde suivante   Songer que l'avenir est la seconde suivante EmptyMer 16 Oct - 18:03

Lucan Adam
« et que la terreur est au pire enivrante »


Les yeux d'Adam étaient sur lui, lourd, hantés. Il y eut un instant de silence alors que les deux hommes se faisaient face et cela était étrange, non? Que le monde s'arrête pour si peu....
Un point de bascule, une croisée de chemin, là où attendaient les âmes, là où dormaient les démons, voilà où les deux frères se trouvaient le temps d'une demie seconde.
Le temps d'une éternité aussi et cela suffisait pour vivre, cela suffisait pour mourir. Des choix à faire, déjà Adam prenait le sien. Le monde en bas, une route là dehors et les brumes d'un foyer si loin derrière...
A nouveau ils se regardèrent et quelque chose se brisa peut-être ou se reconstruisit à nouveau, impossible pour Lucan de réellement savoir. C'était ce lien avec Adam, avec cet homme qu'il avait sauvé puis chassé, cet homme qu'il avait voulu tuer et qu'aujourd'hui il ne voulait voir mourir.
Cela signifiait qu'Adam ne serait pas là avec lui, sur la route la plus longue, sur la voie la plus obscure.

La solitude mortuaire de Camp Cydonia, le massacre du Mall, tout cela était comme un cimetière au corps. Des gens étaient morts, certains sans que l'on ne sache rien d'eux, sans qu'on ne puisse les pleurer, les regretter. Des gens étaient morts, des gens mouraient en ce moment même, et cela était injuste.
Et Lucan comprit qu'il ne chassait pas le Mexicain pour sa propre vengeance simplement, mais pour tous les autres aussi.
Car il avait faillit être pareil à eux, mort, oublié, Il ne voulait pas de cette solitude là, comme une craquelure dans le monde.
Chaque inspiration portait un parfum de tristesse, qu'avait-il à dire, qu'avait-il à faire?
Abandonner.
Abandonner tout orgueil, toute vengeance, payer le prix de cela. Adam ne viendrait pas avec lui après tout, le laissant seul sur un chemin sans ombre.
Et cela l'écrasait.
Encore une fois, Lucan tâcha de se reprendre. En contrebas, les choses bougeaient, les gens bougeaient.
Dehors, disait Adam, dehors...
Là où Lucan pouvait chassait, là où Lucan savait chasser. Plutôt que le retenir, son frère le poussait donc à sa vengeance. ”Tout ce qu'il faut faire pour ne jamais sombrer et ne jamais pleurer...”
Un instant, son visage se fendit d'un sourire et il ne pouvait faire plus, rire vraiment. Toujours des choses en trop quoi qu'il arrive, toujours des efforts qui ne pouvaient se faire.

”Ne me hais pas, Adam.” Pouvait-on prier plus que cela alors que chacun de nos dieux étaient morts? Pouvait-on prier plus alors que son frère n'avait pas de bénédiction à donner mais juste une blessure à porter? Un noeud dans la gorge, un noeud dans le coeur, cela ne cessait jamais.
”Je sais que je suis un monstre, là maintenant mais je te promets que je reviendrais.” Etait-ce seulement possible? ”Que je reviendra.”

***

Il avait murmuré à l'herbe de ne pas se plier sous son poids, il avait murmuré à la terre d'oublier ses souffles et ses gestes. L'herbe l'avait écouté, la terre l'avait écouté.
Le Mexicain n'était pas seul, un petit groupe l'accompagnait, l'entourait. Pas de quoi stopper Lucan dans sa chasse cependant, Combien de sang à venir? Il ne savait pas.

A présent, la Traque touchait à sa fin...

● ● ● ● ●
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MessageSujet: Re: Songer que l'avenir est la seconde suivante   Songer que l'avenir est la seconde suivante EmptyDim 3 Nov - 21:30

Ils avaient quitté le mall dès lors que la situation avait menacé de tourner en leur défaveur. Non pas par lâcheté devant le combat (quoique cela n’aurait même pas pu vraiment pu être considéré comme tel étant donné la supériorité numérique des renforts venus bardés et armés jusqu’aux dents) mais parce que tels avaient été les ordres. Ce n’était pas à la guerre qu’on les avait envoyé, ou du moins ce n’était pas eux qui avaient été choisis pour ça : ils n’avaient guère plus eu à jouer que le rôle d’escorte pour les autres sbires de Lazare.
Le retour au foyer en masse n’étant pas non plus envisageable pour des raisons évidentes, Rodrigo n’avait guère plus qu’une poignée de ses semblables avec lui. Suffisamment pour avancer vite, ne pas craindre le danger de l’inconnu… ils seraient de retour au QG en un rien de temps si tout allait bien, prêt à donner les premières bribes du rapport précis qui allait être exigé sur le déroulement de leur mission.
Si tout allait bien.

Cela devait faire une heure, plus ou moins, qu’ils étaient partis, lorsque le guetteur resté en arrière les rejoignit par le flanc. « On est suivi, annonça-t-il simplement, concis. Un homme, seul. Il m’a fallu un peu de temps pour en être sûr mais… » Il est jeune, songea le mexicain tandis qu’il l’observait. Guère plus qu’un gosse au sortir de l’adolescente, un de ces gamins que Lazare affectionnait parce qu’il était bien plus facile de faire rentrer dans les rangs quelqu’un qui n’avait pas de passé, qui n’avait pas vraiment de souvenir de l’avant.
Trop jeune. Soft. Pas assez d’expérience pour prendre la décision lui-même : il avait préféré véhiculer le message aux autres.
« Je m’en occupe, grogna Rodrigo. Continuez sans moi, je vous rejoins après. » Dans son orgueil, l’homme était convaincu être capable de s’occuper d’un homme sans avoir recours à une aide supplémentaire. Et cela était une erreur, il le savait très bien : une ou deux précautions supplémentaires n’étaient jamais superflues quand le danger rôdait de la sorte.
Seulement, Rodrigo était un loup solitaire et n’aimait pas se battre en meute.

On ne chercha pas à le contredire : la situation ne se prêtait à d’interminables discussions pour savoir ce qu’il convenait de faire ou non. Le petit convoi s’ébranla, le guetteur ne tarda pas à s’éclipser d’une foulée rapide et l’homme resta seul.
Dans sa main, une machette récupérée à l’aveugle peu avant de quitter Stonebriar. Le manche était glissant, gluant, poisseux d’un sang épais, la lame émoussée aurait eu besoin d’un bon affûtage mais cela ferait l’affaire, il s’en assurerait.
Rodrigo ne chercha pas à revenir sur ses pas. Il ne chercha pas non plus à se cacher : c’était inutile. Il se contenta d’attendre, simplement, attentif au moindre bruit, au moindre changement dans l’atmosphère.
Et puis il sut. Il ne le vit pas immédiatement mais son instinct l’avertit, en vieux compagnon fidèle qu’il lui était devenu au fil des ans. « Tu n’es pas invité, lâcha Rodrigo au vent. Tu peux encore faire demi-tour. » Ses doigts resserrèrent leur prise sur le manche de l’arme.

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MessageSujet: Re: Songer que l'avenir est la seconde suivante   Songer que l'avenir est la seconde suivante EmptyVen 8 Nov - 18:13

La voix de l'homme déchira les feuilles et le vent, courba l'herbe à leurs pieds, frappa le métal du couteau tout autant que le coeur du guerrier à ses trousses.
Il y a longtemps, tellement longtemps, Lucan se souvenait avoir été un enfant adorant plus que tout les récits d'aventures et de vengeances. A son père et à sa mère, il avait demandé alors “Comment un Cree se venge?”[/color] et son père n'avait rien dit.
Son père n'était pas un Cree.
Sa mère en revanche avait emmené l'enfant loin assez, jusqu'à ce qu'il en ait marre de marcher quand bien même elle le foçait encore. Il n'aimait pas la Réserve parce que la Réserve n'était pas pour les métis, c'étaient là pourtant qu'ils avançaient.
Lorsqu'ils atteignirent le point d'eau, sa mère désigna alors du doigts deux loutres qui y nageaient. ”Une vengeance se fait avec une offrande aux esprits, Lucan” expliqua sa mère. En anglais, ce qui le surprit, car on parlait pourtant de choses de son sang à elle.
”Il faut couper la langue d'une loutre, car elle est ton Frère selon nos croyances, et l'enterrer profondément dans la terre. Ensuite, par le même couteau sacrificiel, tu peux partir au combat...”
Il faisait froid près de l'eau, Lucan s'en souvenait et ses mains étaient gelées Sa mère, elle, ne semblait souffrir de rien, droite et immobile. Avait-elle déjà enterré la langue d'une loutre, et si oui, pourquoi? L'enfant se demanda tout cela.
Ils ne reparlèrent plus de cela une fois rentré chez eux au chaud. A l'heure du coucher cependant, sa mère vint l'embrasser. ”Tu te rappelles les loutres?” Bien sûr l'enfant acquiesça.
”Elles étaient mignonnes, non?” Encore une fois, Lucan fit oui de la tête, déjà à moitié endormi.
”La vengeance est une chose bien laide vu qu'il faut tuer quelque chose d'aussi mignon que cela pour l'accomplir. Ne te venge jamais à la légère, mon fils, ne tue pas toutes les loutres du monde à toi tout seul”, conclut-elle avant de l'embrasser et de refermer la porte derrière elle.
Des choses du passé...

Il n'y avait pas de loutre ici, mais les esprits ne parcouraient plus la terre contrairement aux morts. Lucan se fichait bien d'être écouté désormais, il n'y avait plus que cette violence en lui, ce feu étrange qui comptait. Ce ne serait agir ni en Blanc, ni en Cree mais qu'importe...
L'homme sortit des ombres, peu étonné que Rodrigo ait été capable de le sentir. L'autre était un Tueur, le portait en lui, dans chacun de ses gestes, dans chacun de ses souffles...
Le Mexicain lui laissait une chance pourtant, depuis la pénombre ou presque rien ne se devinait d'eux. Il ne le reconnaissait pas.
Peut-être qu'un Manito capricieux le punissait comme cela pour l'absence de langue de loutre, en fait?
Et puis il y avait cette façon de parler que possédait Rodrigo, la force de son accent alors qu'il utilisait une langue qui n'était pas la sienne, comme autant de coups de poignards qu'il donnait dans ses mots en plus de ses gestes.
Face à face, Lucan le regarda, un bref instant il eut de l'empathie pour son ennemi, lui qui n'avait plus que l'anglais pour se faire comprendre du plus grand monde.
D'une certaine manière, si Lucan s'adressa à lui en Cree, ce fut une forme de respect.

”Niyawiminahowin mosto”
Je vais te tuer comme une vache”
Oui, une forme de respect mais pas trop quand même. Et sous les paroles assassines, le visage de Lucan restait un masque froid. Il n'avait pas de sentiments à porte, pas aujourd'hui...

[color=olive]”Camps Cydonia”[:color], murmura-t-il finalement. ”C'est là que tu as voulu me faire dévorer par tes Rôdeurs.” Et ce genre de choses se payait toujours.

L'un comme l'autre, plus natifs de ces terres que n'importe quel autre cul texan, ils allaient s'affronter. L'ironie des choses...
Un peu plus il s'avança, portant en lui toute la fatigue du Mall, toute la fatigue de la Traque aussi. Cela était injuste bien sûr, chercher à se battre plus que de raison. Injuste et idiot, mais il ne restait que cela à Lucan pour ne pas sombrer et haïr jusqu'à son propre reflet...

”Je ne te demande pas de te battre avec honneur, je connais les limites.” Et il ne pensait qu'à lui bien sûr, pas à toutes les victimes du Mall, pas à ces gens qui ne se relèveraient pas...

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MessageSujet: Re: Songer que l'avenir est la seconde suivante   Songer que l'avenir est la seconde suivante EmptyJeu 14 Nov - 20:22

Il l’observa sans le reconnaître, l’homme aux yeux sombres et plein d’une haine toute dirigée vers lui, et il eût l’impression qu’il aurait dû savoir à qui il faisait face.
Parce que l’autre, lui, savait.
Le son de sa voix lui fit froncer les sourcils. D’abord, il ne comprit rien et puis, quelque part dans les rouages encrassés de sa mémoire, quelque chose se réveilla. Un vieux souvenir insignifiant qui représentait un autre homme, un autre endroit, une autre époque mais une constante : la langue dans laquelle l’inconnu venait de s’exprimer. Mosto. On appuyait sur la touche d’un piano et avec la note, c’était toute une partition qui se réveillait : cette langue, un lui plus jeune l’avait apprise quelques bribes éparses de la bouche d’un vieux compagnon de cellule quinze ans plus tôt.
Et voilà que cela remontait à la surface tout d’un coup, comme une bulle de savon qui éclaterait juste sous son nez après avoir été percée d’une aiguille par le nouveau venu. Le destin a tout de même de drôles de lubies, se surprit-il à songer en même temps que les quelques mots trouvaient enfin leur sens dans ses souvenirs rances.

Curieux mais pas moins vigilant, Rodrigo ne répondit pas et se contenta d’attendre tel un golem dans l’expectative du signal attendu pour subitement s’animer et passer à l’action. Alors, l’inconnu continua de parler et, avec quelques paroles de plus, lui fut enfin un peu moins inconnu.
Camp Cydonia, le mexicain s’en souvenait bien sûr. Il s’était battu avec un homme, là-bas, et aurait eu le dessous (serait mort ?) si Jarod n’était pas venu lui filer un coup de pouce bienvenu. Et il l’avait jeté en pâture aux monstres de compagnie de Lazare. « Et t’es encore là, constata-t-il simplement d’une voix dépourvue de tonalité. Alors quoi ? » L’air de ne pas voir où était le problème puisque, de toute évidence, l’étranger était encore bel et bien vivant et en un seul morceau. Son indifférence palpable face à la froideur de l’autre créait un contraste saisissant.

Un rictus mauvais s’étira enfin sur ses lèvres. « Honneur ? » La question s’accompagna d’un haussement de sourcil ; le terme semblait réellement l’amuser. De fait, la situation toute entière semblait soudainement avoir revêtu un aspect divertissant à ses yeux. « Tu viens de me traiter de vache, et tu parles d’honneur. » Son regard brillait d’un drôle d’éclat mais l’expression quelque peu enjouée sur ses traits n’amenuisait pas pour autant le danger qui émanait de sa personne, de l’arme serrée dans sa main ni de sa posture qu’on devinait prête à recevoir ou donner un assaut.
« Un combat, tout ce qu’il y a au bout c’est la mort. » L’inconnu avait l’intention de tuer et Rodrigo, lui, était saisi de celle de survivre. Un duel de la sorte ne pouvait être ni beau, ni bien ni même propre. « La tienne, c'est ça que tu veux ? Mais pas d’honneur, non. » Il secoua doucement la tête, ponctuant ses paroles de ce simple mouvement et plein de cette morgue moqueuse, de cette confiance en lui clamant qu’il n’avait aucun doute quant à l’issue de cet affrontement.
Cela pouvait exister, peut-être, dans les livres… Mais la réalité était autrement plus crue.  

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