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 bad memories

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Adam Redfield
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MessageSujet: bad memories   bad memories EmptyLun 1 Juil - 1:47


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Sam Adam


Matthew achève la conclusion d’une blague grossière et Adam, déjà grisé par les effets de l’alcool, éclate de rire en même temps que les deux autres gars du crew. Au milieu d’eux, une petite flambée crépite gaiement et quelques pièces d’une venaison fraîchement abattue s’y dorent l’échine tranquillement. Ça fait déjà une bonne heure que la bouteille circule de mains en mains sur le rythme d’une conversation légère et l’olympien accueille avec plaisir les embruns enivrants de la boisson amère.
S’il lui fallait comparer Olympia et le Royaume (surtout Augures, l’endroit où il passe aisément les ¾ de son temps quand il vient ici), ce serait comme vouloir mettre à même niveau un quartier résidentiel et celui de Soho : il ne se sent pas vivre dans l’un et il s’emmerde dans l’autre. Mais additionner les deux ensembles lui permet de recouvrir un semblant de vie presque normale – compte tenu des circonstances en tout cas – et aspirer à un avenir qui se veut autre chose que simplement compter chaque jour de plus comme une victoire prise sur la mort.

A l’ouest, le ciel rougissait.
Quelque part entre les cabanons plus ou miens bien élaborés, un air de guitare éclate style tzigane et "viens faire danser tes pieds avec les autres fissa". Bientôt, d’autres instruments se joignent à la mélodie. « Tu rentres ce soir ? » demande Jerry et Adam secoue doucement la tête après un instant de réflexion. « Trop tard. J’y serai pas avant la nuit. » La justification se suffit à elle-même : qui a envie d’arpenter les routes sauvages seul et de nuit, à moins d’y être obligé ? La zone a beau être régulièrement nettoyée et surveillée afin de faciliter les transactions entre les clans voisins,  cela ne réduit néanmoins pas le risque à zéro.
Un léger sourire affleure aux lèvres de Matthew : « Qu’est-ce qu’on attend, alors ? » Les derniers reliefs de leur repas engloutis, Davy étouffe le feu et puis ils rejoignent les bruits de la fête qui ronronne à deux-trois pâtés d’habitations d’eux.

Après, c’est un mélange un peu flou : danse, rires, alcool, histoires… certains chantent. Un gars qu’il n’a jamais vu avant cette nuit fait tourner un bédo à ses voisins les plus proches et, à ses côtés, y a une gonzesse dont la tête lui est drôlement familière sans trop qu’il n'arrive à la recaler. Ça le tracasse à chaque fois qu’il l’aperçoit mais il l’oublie dès lors que son attention se porte ailleurs, l’esprit trop dissipé pour rester focus sur une seule énigme. Le temps se noie et se délite de manière parfaitement abstraite et Adam laisse faire : c’est ce qu’il est venu chercher, non ?
A un moment, un visage connu attrape son regard et l’olympien lui fait un petit geste de la main. Bientôt, les deux s’éloignent un peu du brouhaha pour discuter sans avoir les oreilles accaparées par tous les bruits de la fête : les quatre murs en tôle portant le nom pompeux de maison de la dealer ne sont qu’à deux pas. C’est là qu’elle fait son petit commerce, c’est là où ceux comme Adam viennent habituellement la trouver pour certaines demandes bien spécifiques. « T’as quelque chose pour moi ce soir, Tash’ ? » Elle lui sort son petit sourire de connivence et plonge sa main dans une besace. « A ton avis ? » Une poignée de main et l’échange est conclu (il sait ce qu’elle veut et où le trouver, elle sait qu’il ne manquera pas à son deal s’il ne veut pas se voir coller une sale image au sein d’Augures). « Tu devrais calmer le jeu, tu sais ? » Il lui jette un drôle de regard et son expression se fige un peu. Combien de fois il a entendu ça ? Combien de fois il a dû faire face à l’inquiétude au fond d’un regard sombre posé sur lui ? « Bah, il balaye le conseil en se fendant d’un sourire surjoué. Ça t’arrange bien que je continue, va pas faire semblant du contraire. » Elle a un petit rire mais ne réplique rien et Adam, l’interprétant comme un congédiement, se recule et ressort à l’air libre.

Dehors, y a encore cette fille, qui semble attendre son tour pour la cabane aux merveilles. « Salut » il lance un peu bêtement, tandis qu’il amortit tant bien que mal de ses semelles le sol qui semble vouloir vaciller sous son poids. Sans autre distraction pour le détourner d’elle, il a cette fois tout le temps de scruter les traits de son visage (il ne se rend pas compte qu’il est resté interposé entre elle et l’entrée, lui bloquant ainsi le passage), fronce les sourcils, va même jusqu’à se pencher un peu vers elle. « Ta tête me revient pas », il finit par lâcher avec une franchise dénuée de la moindre agressivité, langue déliée merci l’alcool. Un drôle de constat, lâché sans même prendre le temps de réfléchir aux mots avant que ceux-ci s’échappent de sa bouche. Il sait même pas d’où ça lui vient mais bon, c’est dit. « On se connaît ? » C’est peut-être par ça qu’il aurait dû commencer, tiens. « J’ai l’impression qu’on se connaît », il continue. « Merde, pardon, tu venais sans doute voir Tasha. » Le sursaut de conscience qui lui souffle qu’elle n’est effectivement pas venue ici juste pour le plaisir de ses beaux yeux. Y a toujours cette impression bizarre qui ne le quitte pas mais il finit par s’écarter de la porte entrebâillée pour libérer le passage.

● ● ● ● ●
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MessageSujet: Re: bad memories   bad memories EmptyMar 2 Juil - 0:14


Sam Adam
« bad memories »
Entourée de visages inconnus et de voix oubliées, elle flotte dans un anonymat plutôt plaisant.

À vrai dire, elle n’avait pas prévu de s’attarder, préférant largement la solitude de son atelier aux rassemblements animés d’Augures. Mais voilà, le silence avait muté en quelque chose de si désagréable et de si étouffant qu’elle s’était convaincue que la gaieté bourdonnante serait à même de noyer l’étrange vacarme dans sa tête. Elle n’avait pas eu tort. Elle n’est plus sobre depuis longtemps, mais ce n’est qu’au moment où elle se laisse engloutir par la joyeuse ambiance que l’alcool finit enfin par adoucir ses pensées. Ce qui était perçant s’estompe et ce qui l’oppressait s’attendri, alors elle éclate de rire quand un type aussi éméché qu’elle trébuche à ses pieds pour se relever comme si de rien n’était. Comme si de rien n’était ; c’est tentant. Le temps d’une nuit, faire comme si ces dernières années n’étaient plus. Ce n’est que l’ébauche d’une idée ; faire comme si de rien n’était. Easy. Alors qu’elle porte le joint à ses lèvres, elle s’autorise à oublier. La notion du temps lui échappe, et c’est un flou libérateur. Elle se perd dans des récits invraisemblables, roule les yeux mais sourit malgré tout, et ne rembarre pas immédiatement le blondinet qui pose une main sur son épaule. Parfois, quand elle cligne des yeux trop rapidement, l’espace et le temps changent, se transforment. Le Texas se mue en quelque chose de plus familier ; devant ses yeux des paysages urbains couleur brique, une sono à l’arrière d’un pickup truck et une dizaine d’appels en absence de la part de son père quand elle sort son téléphone portable de sa poche. Puis l’éclat bleuté de son vieux portable devient ocre, les rues de son adolescence disparaissent pour laisser place aux ruelles et cabanes du Royaume. Quand elle aperçoit un visage familier du coin de l’œil, elle se dit que son esprit lui joue encore des tours et que le temps s’emmêle. Ce n’est pas la première fois que les fantômes de son passé lui rendent visite, après tout. Alors elle détourne le regard, prend une autre gorgée, laisse la fumée envahir ses poumons et tangue avec des mains inconnues posées sur ses hanches. Mais bientôt sa bouteille est presque vide, ses pensées se précisent, sa vision devient plus nette, et elle décide que l’alcool ou l’herbe ne suffisent plus. Naturellement, ses jambes connaissent le chemin. Muscle memory. Ses doigts tremblent, alors elle met une main dans sa poche et resserre l’autre autour du goulot de la bouteille à laquelle elle s’agrippe farouchement depuis le début de la soirée.

Le cabanon est toujours aussi familier. La petite fête résonne jusqu’ici ; un écho qui semble jouer avec ses sens. Elle vacille puis décide de vider le fond de sa bouteille. Alors qu’elle se prépare enfin à passer le pas de la porte, un type en ressort et, plutôt que d’aller joyeusement profiter de sa récolte, s’arrête net. Elle ne distingue pas très bien ses traits, et bien que sa voix suscite un petit quelque chose, une réaction viscérale qu’elle met sur le dos du manque, elle roule d’abord les yeux. « Tu fais vraiment dans l’originalité toi, dis-moi », elle hausse un sourcil, le laisse finir sa tirade et lui passe à côté, impatiente. Seulement voilà, elle évalue mal la distance qui les sépare, son épaule le heurte, elle tourne mécaniquement la tête vers lui et il en fait de même alors qu’elle le bouscule. La lumière qui passe à travers la porte entrouverte du cabanon suffit à finalement détacher son visage de l’obscurité, il est si proche qu'elle l'entend respirer et c’est comme si son cœur s’était arrêté. Elle lâche la bouteille. Le bruit du verre qui éclate, la voix de Tasha, et cette gueule qui ne l’avait pas hanté depuis longtemps. Fight or flight. Elle s’écarte brusquement de lui, tente de mettre de la distance entre elle et son passé, mais ses jambes s’immobilisent trop vite à son goût.

Il doit y avoir erreur. Forcément, les substances qui flottent dans son organisme se plaisent souvent à titiller son cerveau et ont décidé d'invoquer une sinistre image pour se jouer d’elle. Ce n'est pas la première fois, non. Mais le visage qui s’est matérialisé devant elle n’est pas exactement le même que dans ses souvenirs. Elle ouvre la bouche, « Je.. Tu… Non », puis elle s’accroupit subitement, sa tête entre ses mains et éclate de rire. La scène est étrange, peut-être même dérangeante, mais assez vite elle lève les yeux vers lui une seconde fois, des larmes au coin des paupières tellement elle a ri. Elle se sent soudainement très sobre, et sa voix n’est qu’un murmure ébahi :

« Adam. »

Ce n’est pas une question.

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MessageSujet: Re: bad memories   bad memories EmptyVen 12 Juil - 23:33


bad memories
Sam Adam


Tout se bouscule en un instant, une toute petite poignée de secondes. Y a pas besoin de grand-chose pour raviver un vieux souvenir enterré depuis longtemps et quand les épaules se heurtent, quand les regards s’accrochent une nouvelle fois (Adam vacille sous le coup et se raccroche de justesse au mur du cabanon) et qu’il attrape au vol l’éclair de compréhension dans les yeux de la jeune femme… ce regard, l’expression dont il se pare soudain tandis qu’il ne le considère plus comme un parfait inconnu… well, this is it.
Quelque part, une porte s’ouvre et déverse un torrent de mémoires poussiéreuses. Et brusquement tout lui paraît tellement évident qu’il peine à comprendre pourquoi la révélation a été aussi tardive. Bien sûr qu’elle a changé, vieillie (lui aussi), bien sûr que les années ont passé mais, ce visage bordel ! Il a toujours au flanc cette vilaine cicatrice qui porte son nom, à elle, et le souvenir du souffle de la Faucheuse sur sa peau.
Même pas quelques secondes. La bouteille s’éclate au sol et il a un sursaut de surprise parce que brutalement, tout son monde s’est étréci autour d’une seule et même personne, annihilant tout le reste, et que le verre brisé a retourné la situation dans l’autre sens sans crier gare. Il aperçoit Tasha, ombre silencieuse de l’autre côté du battant entrouvert, vigilante au premier signe de trouble. Forcément qu’elle veut pas d’emmerdes ici, la dealeuse : sa sympathie pour ses clients s’arrête là où les risques pour elle débutent. Il croise son regard interrogateur et hoche la tête doucement l’air de dire c’est ok c’est bon. Rien de grave, je gère t’inquiète pas.

Sauf qu’il ne gère rien du tout évidemment. Et l’évidence lui apparaît d’autant plus flagrante que Sam se met à rire et bon sang, ça fait flipper cette réaction, merde, elle a l’licorne du mal au plafond en train de s’agiter dans tous les sens ou bien ?
Il pense en comprendre une partie, en ce qu’elle l’a laissé à crever et que ce n’est que par une chance incroyable s’il a réussi à se tirer d’affaire mais… non, y a pas, elle a pas l’air droit dans ses basques et il ne se sent qu’à moitié serein devant le constat.
Subitement, Adam ne sait plus trop bien où se mettre, très droit devant elle accroupie par terre, la nuque raide, l’air de ne pas vraiment avoir envie d’être ici. Drôle d’idée qui lui passe d’un coup par la tête : et s’il se tape un trip ici et maintenant, il pourrait bien se sortir de la situation sans avoir à y réfléchir outre mesure, pour reposer le problème sur la table une fois sobre et surtout, une fois loin d’elle. Il a ce qu’il faut dans la poche pour le faire : couplée à sa consommation d’alcool et de beuh de la soirée, il ne lui faudrait pas trop longtemps pour décoller complet.
C’est la pire idée possible.
Adam.

Son nom, dans sa bouche, c’est un peu comme une douche froide sur ses envies d’évasion. Il baisse le regard vers elle et la contemple longuement, une éternité semble-t-il, avant de répondre simplement : « Oui. » La voix est complètement atone et son visage guère plus expressif. Envolées, les émotions qui se disputaient la place tantôt quand elle n’était encore rien d’autre que cette personne intrigante sans réelle raison. Envolée, la joie abrutie de la fête et de l’ivresse et… et il ne sait pas trop ce qu’il ressent face à elle, tout d’un soudain.
Il n’a jamais prévu cette rencontre, ne l’a jamais attendue. Ne s’y est, du coup, jamais préparé. Il se sent glacé alors que de vieux sentiments remontent à la surface, et desquels il ne sait trop comment disposer. Confiance puis trahison.
Un souhait de vengeance poussiéreux, racorni, pitoyable.
Sans réellement penser au geste, il se penche légèrement en avant et lui tend une main dans le but de la relever. Il ne dit pas "je suis content de te revoir" parce que ce n’est pas vraiment vrai ; il ne dit pas l’inverse non plus. Et la colère est absente, même elle, peut-être retenue prisonnière derrière l’une des nombreuses barrières de l’alcool endiguant les émotions et les remplaçant par une sorte de je-m’en-foutisme aussi démentiel que la situation est improbable. Sûrement qu’il devrait lui gueuler dessus, exiger des comptes, quelque chose dans le genre… non ? Elle l’avait sacrifiée sur l’autel de sa survie. Non ; de leur survie. Les deux autres lui reviennent en mémoire et… « Tu es seule », observe-t-il. Non pas simplement seule en ce moment mais une vraie solitude, plus profonde que cela. Il l’a bien vue tout à l’heure, mêlée aux autres : seule. Lui-même l’a été suffisamment longtemps pour savoir le reconnaître. Le gamin, l’autre type, ils ne sont plus là.

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MessageSujet: Re: bad memories   bad memories EmptyLun 15 Juil - 22:19


Sam Adam
« bad memories »
Parfois, elle en demande trop.

Se réveiller sans un mal de crâne monstre, sans cette eau dans les poumons et ce plomb dans les tripes. Peut-être aussi un semblant de calme quand ses pensées s’affolent et lui coupent le souffle, mais le plus souvent, c’est cette furieuse envie d’oublier. Certainement pas quelque chose de permanent, non – le monde n’est pas assez indulgent pour lui offrir un répit si définitif – mais une accalmie le temps d’une soirée comme celle-ci. Et quand elle en demande trop, comme ce soir, la vie se porte toujours volontaire pour la reprécipiter sur la terre ferme. Bien-sûr qu’elle prend un malin plaisir à lui écraser la gueule sur le sol. À lui faire bouffer la boue et le gravier jusqu’à ce que ses dents craquent, ses gencives saignent et qu’elle se sente réellement vivre. C’est un jeu plutôt cruel, mais elle n’a pas assez de couilles pour y mettre un terme. Elle ne peut qu’essayer de fuir ; au fond d’une bouteille, au bout d’un joint, ou obsédée par un moteur. La lâcheté, ça la connait. Sauf qu’il est là, lui, et elle ne peut que fixer cette main qu’il lui tend, puis son visage. C’est étrange, la collision, quelques minutes plus tôt, lui a assuré qu’il était bien là ; tangible, concret, réel. Pourtant, elle se surprend à imaginer ses doigts se tendre vers cette main qui lui fait face, à essayer de l’effleurer, à pouvoir presque s’en saisir… Mais quand elle visualise le mouvement dans sa tête, ses doigts passent tout bonnement à travers. Un peu comme si elle essayait de toucher la brume matinale ou d’attraper la fumée qui s’échappe du feu qui brûle toujours joyeusement à deux pas. Alors c’est presque en un geste purement expérimental, la moue curieuse, qu’elle se décide à tendre son bras vers lui. Il la tire vers le haut et lui permet de se relever plus gracieusement qu’elle n’en aurait été capable seule, et elle ne lâche pas sa main. La distance qui les sépare est insignifiante et ce n’est qu’au bout de quelques secondes gênantes qu’elle défait enfin ses doigts. En partie parce que sa voix rompt le silence, mais surtout parce qu’elle se rappelle que cette main est attachée à un bras qui est lui-même attaché au type qu’elle a jadis décoré d’une balle et laissé pour mort pour sauver sa peau. Non, leur peau. C’est une longue histoire. C’est une autre vie. Mais la culpabilité ne vient pas.

Seule ? Here it is. Il ne le sait pas, mais il est entrain de faire le sale boulot ; il l’empêche d’oublier. Il la ramène sur terre, et remue le couteau dans une plaie qui est restée béante. Et c’est une évidence, finalement. Le fait que ce soit ce visage qui mette un mot sur le vide qui l’habite depuis quelques années déjà. C’est ironique, mais si approprié qu’elle a envie de rire. Encore. À la place, elle fourre une main dans sa poche pour en ressortir un joint qu’elle porte à ses lèvres. Le briquet éclaire brièvement son visage, puis elle tire quelques lattes pour accueillir la fumée en son sein. « Et tu t’en es sorti », elle hausse un sourcil, lui tend son joint et rajoute, « Si c’qu’on fait c’est énumérer des évidences. » Sa voix n’est pas particulièrement froide mais plutôt habitée d’une certaine clarté. Un semblant d’objectivité dans une situation surréaliste, peut-être. « Une mort de moins sur ma conscience, c’est plutôt une bonne nouvelle, hein ? »

Le coin de ses lèvres se relève et dessine un bref rictus sur son visage - ça a au moins le mérite d’être plus subtil que l’étrange fou rire de toute à l’heure. Derrière lui, une joyeuse bande de dégénérés s’approche du cabanon, et elle prend soudainement conscience qu’un monde les entoure. Alors, d’un mouvement de la tête qui nie tout instinct de conservation, elle désigne une misérable allée, plus loin, entre deux baraques miteuses. Elle l’invite à la suivre, lui ; le type qui aurait raison de vouloir lui rendre la pareille et de la buter ici, maintenant. Elle n'est même pas sûre qu'elle pourrait lui en vouloir. Et peut-être qu’elle joue avec le feu, qu’elle lui tend une perche. Can’t do it myself, wanna do it for me? Elle s’appuie contre une benne rouillée, et d’une main, elle saisit brusquement le bord de son pull pour le tirer vers le haut et révéler son flanc :

« Tu veux qu’on soit quittes, peut-être ? »

Elle a la décence de ne pas éclater de rire, cette fois.

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MessageSujet: Re: bad memories   bad memories EmptyDim 4 Aoû - 0:04


bad memories
Sam Adam


Incertain, Adam contemple le spliff et laisse de longues secondes marquer sa décision avant de l’attraper pour tirer dessus à son tour. Il s’en était sorti, oui. « Pas grâce à toi », objecte-t-il tout de même en conservant cette même tranquillité affable qu’elle ; et cette conversation se pare d’un air de banalité superbe quand absolument rien, ici, n’est banal ni même normal.
Une bonne nouvelle. Sa bouche se tord momentanément sur un rictus amer et il laisse échapper un petit éclat de rire tout juste soufflé et rapidement étouffé, crachant un nuage de fumée odorante par la même occasion. C’est tout ? qu’il laisse presque échapper à voix haute. C’est tout ce qu’il te faut pour soulager ta conscience ? Juste savoir que t'as raté ton coup ?  Comme si seule la finalité importait, non pas l’intention première… Il secoue doucement la tête, marquant son désaccord sur la question qu’elle a lâchée comme ça, l’air de rien. « Parce que ça change quelque chose, peut-être ? » Ça n’attend pas de réponse malgré la tournure interrogative : il a déjà son avis sur la question et elle le sien, de toute évidence.

Sans trop savoir pourquoi, Adam la suit sans broncher alors qu’elle s’écarte des festivités, gardant entre deux doigts le joint qu’il ne lui a pas rendu et sur lequel il continue de tirer. Peu à peu, les lumières de même que les sons s’étouffent et bientôt, ils ne sont plus que deux.
Ou l’impression de l’être, du moins : s’il y a des oreilles indiscrètes, elles sont bien cachées.
Là, Sam le prend au dépourvu. Un instant qui paraît durer une éternité, il la contemple avec un air un peu stupide, un peu perplexe, les yeux oscillant entre ceux de son interlocutrice et le morceau de tissu relevé exposant sa peau nue. Il en rit comme d’une bonne blague inattendue, tandis que le mégot finit écrasé sous son talon.
Puis toute expression de gaieté surprise disparaît aussi subitement qu’elle est apparue sur ses traits et il fait un pas en avant vers la brunette. Encore un autre ; sa main accroche le col de son vêtement et le poing se serre, tandis qu’il la coince entre la benne et lui. « C’est si simple que ça ? » Difficile de dire s’il pose la question à elle, ou à lui. « Juste une balle, pour éponger la dette ? Ça va faire du bien à ta conscience ça aussi, peut-être ? » Presque littéralement nez-à-nez, ses yeux sont plantés dans ceux d’une ancienne amie (quelque chose dans le genre, peut-être qu’ils ne se sont pas fréquentés assez longtemps pour que le terme s’applique mais, dans un monde où l’éphémère prime…), une étrangère maintenant. « J’ai essayé de le buter mais lui aussi, du coup tout va bien ? Hein ? C’est ça le plan ? » Il ne rigole plus du tout, Adam. En fait, il a même un air drôlement sérieux cependant que la main qui ne retient pas Sam se glisse dans son dos pour attraper le flingue coincé contre la ceinture du pantalon, sous la chemise élimée. La gueule froide vient s’appuyer contre le morceau de peau si gracieusement offert dans un geste à la douceur presque sensuelle.

Le chargeur est vide : longtemps que le pistolet a perdu de son intérêt depuis que son propriétaire est tombé dans les sales rouages de la drogue et qu’il s’est découvert un penchant certain pour l'autodestruction. Il continue de l’entretenir et de le nettoyer par principe mais cela fait des mois qu’il ne fait guère office que de décoration morbide.
Mais ça, elle ne peut pas le savoir.
« Tu crois que je suis comme toi, Sam ? il lui demande sans se départir de son calme. Tu crois que je pourrais faire ça ? Ça te soulagerait, de le savoir, de te dire que finalement c’est juste une pauvre raclure que t’as jetée en pâture aux loups ? » C’est vrai que c’est plus facile comme ça, se dire que l’autre aurait fait la même chose à sa place : ça aide à justifier l’injustifiable, ça fait fermer les yeux plus vite pour s’endormir le soir, aussi…
Alors l’espace d’un instant, Adam se donne le rôle de cette raclure-là, endosse le rôle du mec qui va réclamer son dû, qui va sûrement tirer au mépris des conséquences. Un œil pour un œil… Il va même jusqu’à ôter la sécurité du flingue avec un petit déclic sonore, guettant la réaction en face avec l’index caressant la gâchette.



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MessageSujet: Re: bad memories   bad memories EmptyMar 13 Aoû - 21:15


Sam Adam
« bad memories »
Elle retient son souffle.

C’est un peu comme réatterrir sur la terre ferme après passer la soirée à flotter, ici mais pas vraiment. Alors que le métal crasseux s’enfonce brutalement dans son dos et qu’une de ses mains se relève instinctivement pour saisir le poignet qui la maintient en place, les irrégularités de la benne embrassent intimement chacune des vertèbres qui s’emboîtent le long de son dos. Elle laisse finalement s’échapper une expiration saccadée. Objectivement, la pression n’est pas douloureuse ; c’est réel, oppressant mais concret… Et c’est surtout étrangement apaisant – une conclusion qu’elle se garde bien de partager avec son interlocuteur. À la place, c’est son silence qui répond à chacune de ses furieuses interrogations – pas qu’il ne lui laisse réellement l’opportunité d’en placer une, de toute façon. Et ce n’est pas ce qu’il attend d’elle, pas réellement. Elle le sait bien. Chaque mot, chaque question, chaque accusation à peine voilée, elle les encaisse passivement, gracieusement. La culmination d’années de frustration, sans doute – certaines d’entre elles portant certainement son nom, d’autres, elle en est moins sûre.

La distance qui les sépare est négligeable. Elle ne se rappelle pas avoir eu l’occasion d’examiner son visage de si près dans le passé, alors malgré l’obscurité, elle en profite pour recenser chaque trait et chaque nouvelle ride, chaque grimace qui accompagne ses mots tranchants. C’est avec une certaine obstination qu’elle maintient son regard sur lui quand bien même le froid du flingue qui bute contre le creux de son ventre la fait brièvement sursauter. La sensation n’est pas totalement étrangère ; ce n’est pas la première fois qu’elle partage une proximité intime avec le bout d’une arme à feu. Dans cette nouvelle ère où la paranoïa prime, la survie et la justice se trouvent à l’extrémité du canon de tout un chacun, après tout. C’est juste que d’habitude, ce genre de geste incite une réaction, une réponse, n'importe laquelle. Quelque chose de viscéral, un instinct de survie : fight or flight. Mais pas ici et pas maintenant. Non, à la place, quelques secondes s’écoulent, puis, c’est avec une conviction singulière que sa main libre va jusqu’à se lover contre le canon de l’arme. Plutôt que de tenter de la repousser, elle s’en saisit fermement pour l’enfoncer un peu plus contre son flanc. Do it. « Oh, Adam », un ton sirupeux qui habille ses mots d’une douceur un peu trop visqueuse pour être sincère, « Si seulement ça pouvait être aussi simple. » Et ça, elle le pense. Après avoir désespérément essayé de se mentir des années durant, de travestir la vérité en espérant que ça lui permettrait d’arriver à une conclusion différente, elle s’est fait une raison. Qu’importe le sens dans lequel elle a tourné et retourné le casse-tête, le résultat est resté le même : boo freaking hoo, you’re still a piece of shit. « T’attends quoi ? » Do it.

Elle presse la gueule du flingue contre sa peau jusqu’à en avoir mal, et c’est malsain et flippant et c’est difficile de dire où la provocation s’arrête et l’étrange pulsion commence. Peut-être que c’est l’alcool, les joints, cette frustrante culpabilité qui ne l’a jamais vraiment quitté ou encore la putain de tristesse au fond de ses tripes, mais ses doigts commencent à vaciller alors qu’elle le force à remonter le canon le long de son estomac. Sa voix aussi, « Tu sais, le pire c’est que c’était pour rien. » Elle le provoque un peu plus, et l’arme bute contre le creux de sa poitrine, « J’t’ai tiré dessus, et j’t’ai laissé pour mort, et ça n’a absolument. rien. changé. » Le dernier mot s’essouffle lamentablement. « Alors, non, si y a une raclure ici, c’est moi. » Do. It.

Sa vision se brouille un peu, mais les larmes ne tombent pas encore. Elle va jusqu’à presser son corps contre le pistolet, comme si à défaut de le faire appuyer sur la gâchette, elle pouvait, elle, aller à la rencontre de la balle qui repose dans la chambre de l’arme. Sa voix pue tellement le tourment que c’en est pathétique, « Ils sont morts, et j’suis seule, et même si c’était pour rien, j’referai la même chose. Alors bordel Adam qu’est-ce que t’attends, hein ?! » Ses joues prennent l’eau, son cœur aussi. DO. IT.



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MessageSujet: Re: bad memories   bad memories EmptyHier à 15:33


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Sam Adam


Il y a un instant pendant lequel Adam arrive presque à se convaincre que l’arme est chargée, un instant qui s’éternise alors que Sam parle et qu’il la laisse guider le flingue à sa convenance. Un instant pendant lequel elle aurait assurément pu se saisir de l’objet, désarmer son propriétaire, le retourner contre lui. Légitime défense. On l’aurait crue, sans le moindre doute. Peut-être pas tout de suite, peut-être pas sans témoin, mais l’olympien connait bien quelques personnes qui seraient prêtes à cracher sur sa dépouille bien volontiers.
Sauf que Sam ne fait rien de tout cela – et que le chargeur est toujours vide.
De là, deux choses : soit elle souhaite mourir, elle le désire réellement et pas simplement parce qu’elle est complètement défoncé (parce que soyons clair, ses gestes et ses propos sont bien trop vrais pour n’être imputés qu’à l’alcool et autres substances ingérées)... soit elle le provoque inconsidérément en étant persuadée qu’il n’osera pas aller au bout de sa menace.
En cela, elle aurait tout à la fois tort et raison.

Eh merde, elle chiale. Son index caresse la gâchette, hésite, se ravise finalement : Adam n’a même pas le cœur à faire semblant jusqu’au bout. A quoi bon, de toute manière ? Qu’est-ce que cela pourrait bien changer, étant entendu que rien ne risque de sortir de la gueule obscure du flingue ?
« Putain, Sam ! T’es pathétique. » Et lui alors ? Il laisse échapper un petit rire, se recule alors que ses doigts desserrent sa prise et que l’arme retrouve sa place, planquée. « C’est quoi ce putain de cinéma, là ? Tu les as sacrifiés eux aussi, pour en être ici aujourd’hui ? Dis-moi, t’as marché sur combien de cadavres avant de te retrouver à presque implorer que j’fasse le boulot ? » Il la vrille de ses yeux clair et le désappointement se lit sur son visage, alors qu’il secoue doucement la tête. Il ne la reconnaît plus, Sam, ou alors c’est qu’il ne l’a jamais vraiment connue peut-être ? Après tout, il ne l’aurait jamais crue capable de lui tirer dessus et l’abandonner là comme on se débarrasse d’un paquetage encombrant et inutile.
Et pourtant…

Adam croise les bras, pince les lèvres. Dingue comme on peut se persuader d’être passé à autre chose pour se rendre compte, tout compte fait, qu’il suffit d’un rien pour réouvrir les vannes de la rancune. Les vieilles trahisons ne cicatrisent jamais vraiment, hein ? « Tu pourrais au moins faire en sorte que ceux que t’as laissé sur le bord de la route soient pas morts pour rien, non ? Savourer la vie que t’as gardée à leurs dépends, plutôt que de demander à un pauvre type qui a toutes les raisons de vouloir se venger, de te tirer dessus. C’était quoi ça, ta conscience qui te travaille ? »
Il s’énerve contre elle et le pire c’est qu’il ne sait même pas vraiment pourquoi. Il lui reproche quoi au juste, d’avoir eu une pulsion suicidaire ? De ne pas avoir frémi un seul instant devant sa menace ridicule ? De savoir que ce qu’elle a fait, que son sacrifice n’a servi à rien ?
Oui bien lui en veut-il parce que même avec l’opportunité d’une vengeance offerte sur un plateau d’argent, il n’a pas été capable de lui rendre la monnaie de sa pièce ?
Faut croire qu’il n’est pas du type rancunier, Adam, et pourtant la brûlure de la balle dans son flanc est encore vivace malgré tout, d’autant plus douloureuse qu’il lui avait toujours vouée une confiance aveugle, à Sam, avant de se retrouver du mauvais côté du flingue. « C’est quand même marrant, lâche-t-il inopinément en profitant d’un silence un peu lourd, parce que pendant un court instant tout à l’heure, j’ai été content de me rendre compte que t’étais toujours vivante. »

● ● ● ● ●
La route est longue et encore, faut trouver la bonne.
C'est pour ça que bien souvent au bout y'a plus personne.



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