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MessageSujet: rescue me | adam   rescue me | adam EmptyJeu 13 Juin - 23:19



adam fran
« would you rescue me ? »
mars 2019 Un mois. Bientôt un putain de satané mois de merde qu’elle n’arrivait pas à passer une nuit calme et sans cauchemar. Inlassablement, ces visages aux mâchoires déformées et aux viscères mises à nu venaient hanter son sommeil. Elle avait beau fermer les yeux encore et encore, se répéter que ce n’était rien, boire jusqu’à l’ivresse pour s’écrouler dans son lit de camp de fortune, rien n’y faisait.

Aux grands maux les grands remèdes. Depuis qu’Harrington semblait avoir littéralement disparu de la circulation comme s’il n’avait tout bonnement jamais existé, Fran se retrouvait sans dealer de confiance pour lui fournir ce qu’elle appelait son petit plaisir coupable. Bien qu’elle n’éprouvait que rarement une quelconque forme de culpabilité à un quelconque sujet, la Crimson aimait seulement s’offrir ce péché mignon qu’était l’Angélus à doses régulières et mesurées. Tant que ça ne lui faisait pas de mal, il n’y avait pas de quoi s’en faire. Sauf que comme tout paradis artificiel, la qualité primait et elle ne pouvait guère compter sue le premier hurluberlu qui passait pour acheter quelques feuilles broyées.

La leçon à retenir, c’était qu’il ne fallait en tout cas jamais coucher avec son fournisseur principal. Parce que corrélation ou non, la mécano devait maintenant faire cavalière seule – sans mauvais jeu de mots. Par chance, les revendeurs d’Angélus et de puff courraient les rues pour peu qu’on savait où regarder. Au Mall, ils avaient tous un peu leur coin, leur rayon et leur expertise.

Son choix s’était depuis quelques temps porté sur un type d’Olympia, un brave homme contraire à ce crétin d’Havener. Au moins ils n’étaient pas tous comme lui, c’était rassurant. La fin d’après-midi amorçait sa course à l’horizon lorsque la blonde avait atteint les portes du centre commercial réhabilité pour aller à la rencontre du fameux Adam, grande perche maigre aux yeux d’un bleu un poil hypnotique. De loin il n’était pas difficile à reconnaître et Fran finit par lui tomber dessus alors qu’il s’était paisiblement installé dans une des alcôves les plus calmes où quelques passants allaient et venaient. « Je vais avoir besoin d’toi, Redfield, plus qu’jamais. » lui annonça t-elle en guise de salut, la couleur directement affichée. « Une bonne dose de ta meilleure potion magique, si tu vois ce que je veux dire. » Si la blonde n’avait jamais connu son interlocuteur sous un jour particulièrement pimpant, lui pouvait dire aux cernes et aux traits tirés qu’affichait la cavalière qu’elle n’en menait pas large. Malheureusement, le fond de teint n’existait plus pour cacher cette gueule de merde.

Puisque rien n’était gratuit en ce monde, Fran confirma sa réputation légendaire de bonne payeuse – ou plutôt, d’excellente commerçante. « T’en fais pas, j’ai largement de quoi te payer. » Devant lui, la blonde posa son sac digne de Mary Poppins pour l’entrouvrir suffisamment largement à sa vue. « Tu veux quoi ? » De ce qu’il pouvait apercevoir, le choix de sa rémunération était large. Munitions, petites marchandises de contrebande diverses et variées ou bien friandises de premier choix un peu périmées, on n’était pas loin de la caverne d’Ali Baba.

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MessageSujet: Re: rescue me | adam   rescue me | adam EmptyLun 17 Juin - 1:40


adam fran
« would you rescue me ? »
L’effervescence un peu chaotique du mall lui a toujours fait un bien fou, même s’il ne peut s’empêcher à chaque foi de superposer ses souvenirs de Stonebriar tel qu’il l’a connu et tel qu’il le voit à présent. Le coin qu’il s’était approprié, à l’époque, a désormais disparu quelque part derrière les nombreux stands et tout est pour le mieux ainsi, il ne peut s’empêcher de songer. Les rires et les nombreux échanges ont mieux leur place sous la voûte du centre commercial, que les cris d’horreurs et les râles des rôdeurs.
Il ne vient pas forcément dans l’optique de troquer quoi que ce soit : en règle générale, Adam n’a pas besoin de grand-chose. Un peu d’alcool, souvent, ou de quoi rouler ses clopes (et le reste) lorsqu’il tombe à sec. Mais, la plupart du temps, c’est pour les jeux qu’il s’attarde ici. Et rencontrer des têtes venant d’autres horizons, glaner des nouvelles de ce qui lui semble être d’autres mondes complètement différents.
Il n’a jamais autant eu l’envie de partir que depuis qu’il se sait vissé à l’Eden que se prétend être Olympia à cause de ce putain de traitement.
Il sait aussi que ces chaînes invisibles sont justement ce qui lui donne l’envie de fuir, lui qui n’a jamais trop eu le goût à l’aventure et qui, lorsqu’il y a été forcé, n’a fait qu’aspirer à la stabilité d’un camp fixe. Mais à présent qu’on lui en a volé le choix et qu’il se sent comme privé de son libre arbitre, les histoires qu’il entend sur l’ailleurs lui semblent être tout autant de contes aux couleurs fantastiques et à l’histoire fabuleuse. L’herbe lui paraît plus verte qu’ici, l’avenir plus radieux.
En réalité, c’est parfaitement faux : la même merde partout, le même chaos, le même monde rongé jusqu’à la moelle par les survivants que l’influenza n’a pas tué.

La voix de Fran résonne à ses oreilles tandis que, perdu dans ses pensées, Adam tire pensivement sur la clope glissée au coin de ses lèvres. Il lève le regard vers la jeune femme qui s’avance vers lui et un léger sourire passe tout à la fois dans ses yeux et sur ses lèvres.
La cavalière, cependant, est loin d’arborer sa mine des meilleurs jours et même quelqu’un de peu observateur s’en rendrait compte sans le moindre problème. Il ne fait pas de commentaire et attend qu’elle ait fini de déballer son fatras devant elle, jette un regard dubitatif sur le sac puis relève les yeux jusqu’à croiser les siens. « Tiens, salut ! Je vais bien merci de demander. » Le sourire s’étire, se pare d’un accent moqueur et puis il continue : « T’as une sale gueule, on dirait que t’as vu un mort vivant. » Blague éculée depuis à peu près quoi… neuf ans ? « Ça fait un bail que je t'ai pas croisée dans le coin, dis. C'est beaucoup plus ennuyant sans toi ici : à vaincre sans péril on triomphe sans gloire », qu'il récite sentencieusement, air de malice au fond des yeux. Sous l’humour se cache toutefois une réelle percée d’inquiétude mais c’est sa manière à lui de gérer les choses : tout traiter par la dérision. Jusqu’à un certain point.

Adam se penche vers l’avant et tire le sac à lui pour mieux y fourrer le pif, farfouiller tout à son aise. « T’avais pas quelqu’un d’autre ? il demande d’abord sans la regarder, tout à sa chasse aux trésors. Tu sais que c’est pas vraiment mon terrain, ici. Et j’ai pas pour habitude de marcher sur les plates-bandes des autres. » Pour autant, il ne lui refuse pas la demande, ou il ne serait pas en train d’étudier avec autant d’intérêt la marchandise proposée en retour. En revanche, difficile de nier la curiosité qui l’habite devant le soudain intérêt que Fran manifeste pour son petit commerce sous le manteau. « Par contre, t’as vraiment une tête de déterrée » il répète encore tandis qu’il relève le regard vers elle mais l’air un peu plus sérieux cette fois, un peu plus grave. Une manière comme une autre de lui demander si tout va bien alors qu’il sait pertinemment que non, tout ne va pas bien, justement : c’est visible comme le nez au milieu de la figure (ou les valises qu’elle a sous les yeux).

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MessageSujet: Re: rescue me | adam   rescue me | adam EmptyDim 23 Juin - 23:36



adam fran
« would you rescue me ? »
mars 2019 Les politesses, très peu pour elle. Adam le savait et s’en amusait avec une légèreté moqueuse – peut-être bien pour ça que ce larron, elle l’appréciait. Un rictus qui n’avait rien d’amusé tordit ses lèvres à sa plaisanterie déjà dépassée depuis une décennie. Elle ne la relèvera pas sur l’instant mais il touchait plus qu’il ne le pensait la vérité du doigt. D’un geste exagérément prétentieux la mécano redressa le menton, secouant un peu sa crinière délavée par le soleil. « Ouais, ouais, j’sais. Un être vous manque et tout est dépeuplé, c’est c’qu’on dit. » Certains au Mall ne partageraient sûrement pas l’opinion de l’Olympien mais pour l’ego de la cavalière et parce qu’elle aimait bien trop en rajouter ne pour pas en profiter, elle acceptait la flatterie avec plaisir. « J’espère que t’en as profité pour pigeonner du monde au poker à ma place ! » Fran pouvait faire confiance à Adam sur ce point : ce n’était pas son absence de ces derniers jours qui l’empêcheraient de continuer à arnaquer les faibles d’esprits encore persuadés de pouvoir remporter une partie de cartes dans ce centre commercial déchu.

L’œil vaguement intéressé, le dealer était déjà curieux de connaître sa rémunération du jour. En bonne commerçante, la blonde déballa quelques échantillons ça et là sous le nez de son interlocuteur non sans en profiter pour faire la conversation en même temps. Comme si de rien n’était, comme si ce jour était un autre tout à fait normal et routinier. Comme si la routine existait encore avec tout ce merdier. « Si mais faut croire qu’il a disparu de la surface du globe, ce con. » Ton blasé qui ne souffrait plus depuis trop longtemps de la peine ou de l’affection d’avoir vu disparaître du paysage une figure familière. Un de plus ou un de moins … Qu’est-ce que ça changeait à son horizon, à part qu’elle avait les poches un peu plus vides d’herbes ? « Ca fait plus d’un mois. Tant pis pour lui, la clientèle ça se fidélise sinon ça se perd. » Intransigeante, elle savait de quoi elle parlait au moins autant que lui. Si elle ne ramenait pas assez de marchandise intéressante pour appâter le chaland à Stonebriar, nul doute que tout un tas d’autres parasites récupèrerait ses acheteurs sans le moindre scrupule.

Alors puisqu’Harrington avait choisi de prendre le large, il lui fallait quelqu’un d’autre pour adoucir ses soirées et alléger son esprit. Au sens le plus biblique et le plus littéral qui fut. Adam était la bonne personne pour ça, en tout cas le fait qu’elle s’adressa à lui en particulier à cet instant en voulait dire plus long qu’il ne le soupçonnait. Une fois qu’elle avait étalé sous leurs nez respectifs « Figure-toi que quand tu parlais d’avoir vu un mort-vivant, t’étais pas si loin de la vérité. » C’était subtilement inconscient, un ridicule détail, mais rien que de l’évoquer, ses mains s’étaient légèrement crispées et quelque chose dans son visage s’était tendu pendant qu’elle fouillait encore son sac. « Tiens, je t’ai trouvé des capotes fluorescentes, si jamais tu veux vérifier qu’elles fonctionnent toujours ? » Elle lui lança presque la boîte dans les mains. Enchaîner connerie sur connerie lui permettait de ne pas laisser voir les cernes marquées sous ses yeux clairs, de ne pas tout de suite aborder ces vieux démons qui l’épuisaient en l’empêchant de dormir. Mais ça ne durait jamais longtemps : à court de répartie et toutes ses trouvailles finalement arborées, ses iris se plantèrent finalement comme deux couteaux impatients dans ceux jumeaux d’Adam. « J’ai un peu de mal à dormir ces derniers temps, comme tu peux le voir. »

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MessageSujet: Re: rescue me | adam   rescue me | adam EmptyVen 12 Juil - 18:06


adam fran
« would you rescue me ? »
« Evidemment que j’en ai profité, tu me prends pour qui ? Sans ma principale adversaire pour me casser les noix, c’était une autoroute. » Sauf qu’il a beau râler à chaque fois que Fran trouve le moyen de l’entuber (et Dieu sait qu’elle n’a jamais manqué de ressources de ce côté-là, faisant preuve d’une inventivité sans faille à chaque mauvais coup à saisir), il y tient à cette petite rivalité sans réelle mesquinerie derrière. Faut bien pimenter le game un peu… Et puis il a fini par s’y faire à sa sale tronche, à ses sales manigances et à son sale caractère – parfois, ça lui éveille même un pincement de nostalgique au souvenir des soirées qu’il a pu passer au campement du ranch une fois les corvées journalières terminées. Ce genre de moment qui vous font oublier le véritable visage du monde qui attend derrière les barricades de trouver un nouveau moyen pour vous la mettre à l’envers…
Mais ça, il ne lui en parle jamais bien sûr : le passé appartient au passé. Et puis ça a dû bien changer maintenant la Crimson Valley, depuis les années qu’il n’y a plus refoutu un pied.

Les sourcils d’Adam se froncent alors qu’il ne peut manquer de capter la tension animant brusquement sa compagne alors qu’elle remet en question la légèreté de sa blague fumeuse. C’est bref, disparu presqu’aussitôt après être apparu mais mine de rien, il la connait suffisamment bien depuis le temps maintenant pour pouvoir déceler ce genre de détail, aller jusqu’à en piger l’importance – ou, tout du moins, à piger que c’est important, qu’il y a là quelque chose de réellement sérieux.
Et il a déjà compris, de toute manière, que le manque de sommeil clairement affiché sur sa gueule ne découle pas que d’une soirée trop poussée (ou plusieurs) et d’un sévère mal de cheveux.

Fran being Fran, il ne s’attend cependant pas à ce qu’elle se confie tout d’un soudain à lui comme ça, juste poussée par une simple remarque. Et, de fait, le sujet de la conversation ne manque pas d’être dévié tandis qu’il saisit au vol la boîte qu’elle lui lance. La curiosité prend momentanément le pas sur le reste tandis qu’il examine cette dernière sans l’ouvrir, sourire amusé au bord des lèvres. Qui finit par laisser place à une grimace de dépit surjouée alors que son regard attrape une petite indication sur le côté. « Meh, périmées depuis trois ans. Tu m’déçois là, Swanson. » Bien sûr qu’il sait, depuis le temps, que tous ces genres de produits ne valent plus un clou – à moins d’avoir le goût du risque. Mais, bah… compte tenu du virus qui court déjà dans ses veines, Adam n’est plus vraiment à ça près de toute manière. « Tu veux qu’on teste quand même si ça brille encore ? » Il lui décoche une œillade suggestive accompagnée d’un rictus on ne peut plus équivoque, mais il sait déjà la réponse à sa question – et de toute façon, la proposition n’est pas vraiment sérieuse. Elsie en revanche… il se demande momentanément quelle tronche elle va tirer s’il lui sort ça… et décide sur le champ de tenter le coup. D’ici, il la voit déjà rouler des yeux ou manifester son exaspération de quelque autre manière.
La boite est empochée sans autre forme de procès.

Et le silence après ça est un peu lourd parce qu’il n’est pas de ces moments tranquilles entre deux conneries à se sortir, même pas de cet intermède tranquille d’un sujet de conversation à un autre. Là, c’est plutôt un silence à secret, qui pose un mur entre eux deux et qui s’efforce de camoufler le problème – mais en vain.
Adam s’apprête à prendre la parole mais il ouvre à peine la bouche qu’elle le devance avec sa sale manie à lâcher des infos au compte-goutte. Et il acquiesce doucement d’un simple hochement de tête, délivrant une confirmation qui n’a pas vraiment lieu d’être. Son regard la sonde un instant, appuyé, comme s’il pouvait avoir la capacité de percer à travers la carapace – mais en vain. « Tu viens pas me demander mes services juste pour le plaisir de compter les éléphants roses dans ta piaule ce soir, hein ? » Et il ne lui aurait sûrement rien demandé avant de lui fournir la dose réclamée si tel avait été le cas, si Fran avait été celle dont il a l’habitude depuis qu’il la fréquente.
Sauf que ce n’est pas le cas. Et peut-être même qu’il reconnait dans son attitude ce même truc indescriptible qui l’a poussé, lui, tout droit dans les bras grands ouverts de l’Angélus. Avec un peu trop d’assiduité… « Raconte-moi », il finit par lâcher, et toute trace de plaisanterie stupide a déserté l’expression de son visage et le ton de sa voix. Ça sonne presque comme un ordre tellement le ton s’est posé sur des notes basses et, qui sait, peut-être que c’en est un ?

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MessageSujet: Re: rescue me | adam   rescue me | adam EmptyJeu 8 Aoû - 22:57



adam fran
« would you rescue me ? »
mars 2019 Fini de rire et de raconter des conneries. Les blagues lubriques n’étaient que de la poudre aux yeux et l’Olympien n’était pas la moitié d’un con, il voyait bien trop clair dans son jeu pour se faire duper. Alors il prit le taureau par les cornes et posa les règles d’un simple impératif sans détour. « Putain … » qu'elle grogna comme un animal bourru empêtré dans son inconfort. Machinalement la blonde s’arma d’une cigarette. Le feu crépita au bout de ses doigts après plusieurs tentatives et une fumée âcre de tabac bon marché s’échappa la minute suivante de ses lèvres, le cliquetis de son briquet retombant dans le fond de son sac.

« T’as entendu parler de Cydonia ? » Pour sûr, Adam avait du entendre le mot traîner dans la bouche des commères de Stonebriar. Les maudites syllabes avaient retenti dans bien des bouches après la déconfiture subie par le Ranch, surtout par moqueries et par racontars. Mais le revers honteux d’avoir vu la Mine leur filer sous le nez n’était rien à essuyer comparé au reste. Fran n’en avait rien à foutre de tout ça. C’était de la pisse de chat, ça.

Elle n’aimait pas parler à cœur ouvert mais peut-être que ce moment était le bon, peut-être que cet interlocuteur-là était celui qu’il lui fallait. Elle le sentait comme ça, alors Fran cessa de réfléchir – ce qu’elle pouvait faire de mieux pour se rendre service – et laissa le flot de ses paroles couler par saccades irrégulières. De toute manière, la cavalière n’était pas du genre à suranalyser la situation et préférait se fier à son intuition qui pour une fois, la poussait à se confier. Même si ce n’était pas simple. « Y a quelques semaines … » Vingt-trois jours exactement. Elle les comptait encore dans sa tête, le soir, quand elle était face à son plafond. Elle l’avait bien assez fait pour se rappeler avec exactitude du temps qui s’était écoulé depuis ce moment. « On y est allés. On est allés là-bas à cause d’une indication de merde et on est tombés en embuscade face à des rôdeurs. » Dans ses yeux dansaient les ombres des souvenirs. Dans ses pupilles, brillait encore le sentiment d’horreur vivace de ces ombres bien trop rapides pour des morts.

Frénétiquement la mécano rongea l’ongle de son pouce droit, s’arrachant de force à la hantise de cette sale rencontre pour reporter son attention sur le dealer et continuer d’une voix plus tout aussi caverneuse. « C’était pas exactement les saloperies qu’on a l’habitude de voir. » Et quel foutu euphémisme. Si Adam tentait de s’imaginer la chose, il n’avait pas encore assez de détails, pas assez de mots et surtout pas assez d'imagination pour oser se représenter l’ignominie nouvelle qui avait pointé son nez dans le Texas. « Ces machins-là couraient. Ils couraient comme toi et moi, ils avaient des réflexes et putain – putain, ils étaient vraiment plus forts. » Aussi fort qu’un homme de bonne constitution, peut-être même plus difficile à abattre que certains survivants un peu faiblards. Ces infectés étaient une sorte de version supérieure, une terrifiante évolution de ce qu’ils avaient connu jusqu’à présent. Et ça paraissait encore plus incroyable maintenant qu’elle en parlait, qu’elle mettait des termes sur ce qu’elle avait vu, senti, éprouvé. La peur ne s’atténuait pas. Qui pouvait se figurer ça tant qu’ils ne l’avaient pas vu ? « Tu m'crois, Redfield ? »

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MessageSujet: Re: rescue me | adam   rescue me | adam EmptyHier à 14:31


adam fran
« would you rescue me ? »
Il répond par l’affirmative d’un simple hochement de tête : bien sûr qu’il a entendu parler de Camp Cydonia, tant pour ce qu’il s’y est passé que pour ce que Yates et Diggs ont fait ici en l’absence de Rhodes. Mais Adam ne s’était porté sur aucun front de combat, pas assez bon combattant pour qu’on l’y estime nécessaire – d’ailleurs, il n’avait rien fait pour aller à l’encontre de cette décision. Retourner à la Mine, après ses déboires là-bas des années plus tôt, n’était pas exactement une solution qui l’enchantait : on l’y aurait reconnu, qu’il aurait eu toutes les chances de subir une “mort accidentelle”.
Quant à Cydonia… eh bien, ce qu’il se dit désormais dessus ne fait que le conforter quand au confort de son métier n’exigeant pas de lui qu’il parte en raid. Il n’y avait pas là-bas que la terreur qu’on lui avait décrit quant à ces créatures mais quelque chose d’autre, bien plus noir à ses yeux : se retrouver face-à-face avec son futur, l’avenir qui serait le sien si d’aventure le traitement pris afin de combattre le virus Lazarus cesse un jour de faire effet.
Tout air gouailleur laissé de côté, Adam fait silence et laisse Fran lui raconter cette version du récit qu’il a déjà pu entendre quelques fois de la bouche des raiders olympiens. Son regard ne la lâche pas d’une semelle, fouillant les souvenirs qui revivent dans ses yeux et les expressions de son visage au fur et à mesure que les mots sortent et il comprend sans peine que tout ce qu’elle lui débite, là, ne représente que la partie émergée de l’iceberg : il y a dire et vivre quelque chose et malgré le naturel profond de l’olympien à prendre à la légère n’importe quelle situation grave afin d’essayer de la dédramatiser, il n’a pas la moindre envie de se moquer d’elle à cet instant précis.

« Pourquoi je te croirais pas ? » Après quelques secondes d’un lourd silence, la question fuse d’une voix drôlement sérieuse. « Merde, c’est un sacré bordel que vous avez découvert là-bas… » Et encore, le mot est faible, mais Adam peine à imaginer toute l’ampleur de la situation.
Non pas qu’il s’en plaigne : l’envie de croiser l’une de ces créatures ne lui chatouille même pas sa curiosité. Plus loin il s’en trouve, mieux il s’en porte. Et pourvu que cela ne change jamais. Sauf que quand on cause d’embuscade, on se doute bien que ce n’était pas un événement hasardeux. Qui peut affirmer, dès lors, que cela ne viendra pas toquer à leur porte demain matin ? Rien que d’y songer…

Sans trop y réfléchir, Adam allonge le bras et vient enserrer de la main l’épaule de Fran d’une pression douce, mais ferme. « Et toi t’as été encore plus forte qu’eux, non ? T’as survécu… » Tout le monde n’a pas eu cette chance, paraît-il. Peut-être a-t-elle juste eu de la chance, mais c’est un facteur de peu de poids à une ère où la mort guette scrupuleusement chaque petit moment d’inattention.
Un petit rire sans joie secoue les épaules de l’olympien. « C’est complètement absurde, j’ai l’impression de revenir neuf ans en arrière quand on m’a annoncé pour la première fois que les morts se relevaient. Et maintenant qu’on s’est habitué à vivre dans un mauvais nanar, à pleurer nos morts et qu’on commence à refaire notre vie, faut qu’on nous balance encore quelque chose de pire sur le coin de la tronche, hein ? A croire qu’on en a jamais assez. » L’amertume est vivace, dans ses paroles, et son regard a quitté celui de Fran pour errer sur le mur derrière elle à la place. Il semble néanmoins se ressaisir, pour s’adresser à elle de nouveau. « J’suis pas doué pour les paroles de réconfort, hein ? » Vague rictus. « Viens, on va prendre l’air là-haut. Entre ces murs et tes histoires, j’ai l’impression d’étouffer. Pas toi ? » Adam se relève et tend le sac aux mille trésors à sa propriétaire sans rien avoir pioché dedans. Sous le ciel bleu, les problèmes paraissent toujours un peu moins graves, peut-être parce qu’ils ont plus de place pour s’étaler. Et les toits de Stonebriar offrent une vue imprenable sur les alentours, paysage superbe pour ce qu’il a à offrir et la sensation de sécurité qu’offre cette visibilité à des lieues à la ronde.

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