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 There's no peace in quiet - Zelda

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MessageSujet: There's no peace in quiet - Zelda   Jeu 6 Déc - 21:32

lucan zelda
«There's no peace in quiet
»

Ils étaient quatre à l'accompagner aujourd'hui, et Lucan surveillait chacune des silhouettes du coin de l'oeil alors qu'ils progressaient sans bruits ou presque. L'air possédait toujours quelque chose d'âcre, ici. De respirable mais de contre(nature tout à la fois. Dans les grands espaces, ils le remarquaient moins...
Un des autres portait dans son dos le sac avec le fruit de leur raid. Pas grand chose dedans, cela avait surtout servi de travail de reconnaissance afin de voir quels endroits devenaient inaccessibles ou trop dangereux. Une fois au ranch, ils en feraient un rapport complet capable de servir aux autres raiders.

Personne dans le groupe ne parlait plus que nécessaire : le bruit était réduit au minimum, des gestes jusqu'aux respirations, peut-être même aux battements de coeur.
Parmi les cavaliers du ranch, ceux de Lucan étaient connus pour compter parmi les plus discrets, capable de les rendre redoutables et imprévisibles au besoin.
A son zénith, le soleil offrait peu d'ombres contre les bâtiments. Cela demandait aux hommes et aux femmes d'endurer la chaleur, mais cela réduisait aussi les jeux d'ombres capable de leur faire voir des rôdeurs là où il n'y en avait pas.
Une ombre, c'était précisément cela que Lucan regardait. Une ombre qui bougeait, discrète, rapide, dénotant dans le paysage figé tout autour d'eux.
La poussière se dégageant des murs était collée à chacun d'eux, un souffle de trop et celle-ci s'envolait. Ils n'étaient pas dans le mouvement, tous, ils étaient dans l'attente de mouvement. Parfois, un bruit sourd parvenait sans que l'on sache vraiment d'où. Au delà des rôdeurs, les villes n'étaient jamais désertes: tout autour d'eux, les bâtiments mouraient sans silence.
Hochant légèrement la tête, et le mouvement semblait imperceptible, seul le regard semblait s'agiter, Lucan indiqua aux autres de partir en avant.
Lui-même alla dans sa propre direction, et ses semelles étaient poussière elles-aussi pour qu'aucune trace de reste de ses pas et de sa présence.

Contourner l'ombre n'avait rien de bien compliqué, très vite Lucan se retrouva dans son dos. L'ombre était une femme, cela ne voulait pas dire que l'ombre n'était pas un danger.

”Retourne-toi”

Une flèche encochée, l'homme tenait en joue l'inconnue. Sa voix avait été à peine un murmure, parler fort pouvait être un danger mais également, à sa façon, parler fort était comme une douleur dans les endroits n'appartenant qu'aux morts.

”C'est toi”, conclu alors l'homme, la reconnaissant. “Tu es seule cette fois ci...”

Il ne lui demanda pas ce qu'elle voulait, pas quand les gens pouvaient mentir. Ce qui intéressait Lucan était de savoir si la jeune femme l'attaquerait -se désignant alors comme potentiel danger- ou non.
En ce cas, peut-être ne la tuerait-il pas, bien que cela soit risqué également.
Le problème avec l'Apocalypse, c'est qu'il n'y avait jamais de bonne solution...

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MessageSujet: Re: There's no peace in quiet - Zelda   Mar 25 Déc - 20:48


Elle ne s'était jamais aventurée dans cette partie de la ville, en premier lieu parce qu'elle avait exploré d'autres endroits avant d'y arriver, mais aussi parce qu'elle lui semblait plus dangereuse : comme une zone interdite, le quartier était entouré de barbelés et gardé par une armée de corps. Jungle urbaine. Béton, verre brisé ; quelques animaux sauvages s'y étaient égarés. Les plantes léchaient les murs, peut-être dans une tentative ambitieuse de faire tomber les tours encore debout. Les gravas partout faisaient que le  moindre pas pouvait croquer sous la semelle, menacer de dénoncer la présence clandestine. Quelque chose avait dû changer et soudainement bouleverser le fragile écosystème néanmoins : Zelda se baladait régulièrement dans le coin depuis quelques semaines, et le quartier s'était sensiblement transformé. La scène de vie apocalyptique s'était mutée en plan séquence de ville fantôme. On y entendait jusqu'au vent s'engouffrer - et rien  ni personne ne lui répondait. Armée de son plus fidèle tournevis, son sac à dos en lambeaux sur le dos, la brune s'y était aventurée sans trop savoir à quoi s'attendre. Elle n'espérait pas plus que de trouver quelques bouts de ferraille à échanger, ou à la rigueur quelques boîtes de conserves qui y auraient été oubliées. Ce genre de denrées se faisait rare, néanmoins. A part sur un coup de bol, ce n'était plus monnaie courante : Zelda se contentait de peu.

Elle venait de monter à l'étage d'un magasin, abandonné comme tout le reste, quand des mouvements avaient attiré son attention dans le coin de la vitrine. Elle avait dû les rêver, néanmoins : quand elle leva les yeux des étagères pleines de poussières, les cinq silhouettes, espacées, semblaient suspicieusement immobiles. Les sourcils bruns se froncèrent, et après un court moment à les observer la jeune femme décida de pousser un peu plus loin l'investigation : plus grande, plus étirée, plus sombre, l'une des silhouettes avait piqué sa curiosité (et son orgueil). La brunette laissa en plan les trouvailles - bien maigres il faut le dire - et dévala les escaliers de sécurité de l'autre côté du bâtiment... Elle zippa le sac à dos, évita le regard des rôdeurs, et partit suivre l'homme. Il avait suffit qu'elle pose les yeux sur lui pour se souvenir des circonstances de leur rencontre - surtout de ses conséquences. Sans trop comprendre dans quel plat elle mettait les pieds, la jeune femme y sautait à pieds joints.

Et au détour d'une rue, elle l'avait déjà perdu. Elle qui pensait le surprendre ! L'arroseur arrosé. Quelle blague. Zelda jura sous son souffle, cherchant du regard l'ombre qu'elle s'imaginait à tort moins rapide qu'elle. « Retourne-toi. » Comme amenés par le vent, les mots lui refilèrent des frissons, lesquels remontèrent le long de sa colonne vertébrale, la firent se redresser brusquement. « C'est une blague... » marmonna Zelda. En se mordant l'intérieur de la joue, elle pivota lentement pour faire face à son adversaire. Et son arme. « Oh, hey ! Range ça, tu veux ? » La brune parlait sur le même ton que lui, mais gigotait beaucoup plus : ses doigts pointèrent d'abord la flèche, puis elle leva les mains, l'air faussement innocente. « Ah tu te souviens de moi ! » Elle était déjà un peu sur le cul, il faut dire. C'était il y a longtemps. Plusieurs mois, c'était tout ce qu'elle pouvait dire. « Vraiment ? Ça t'étonne que j'sois toute seule ? » Depuis, et même si l'arc et les flèches lui semblaient encore menaçants, Zelda avait ramené les bras contre sa poitrine et jaugeait le géant avec le menton en avant. Elle tirait une drôle de tronche, comme si elle était prête à lui sauter à la gueule. « Après la merde dans laquelle tu nous as foutus, moi et mon groupe ! » Il est assez périlleux d'hurler sur quelqu'un tout en chuchotant, alors la tirade commençait à perdre de son mordant. En partie parce que Zelda se rendait compte en la débitant qu'elle n'avait que trop peu de sens. « Ils sont passés où tes copains ? J'leur aurais bien fait le même coup... » L'air toujours en rogne, elle cherchait des yeux les collègues du brun. Au moins, ça lui évitait de se retrouver en tête à tête avec l'autre endive. « Comme ça tu verras ce que ça fait, » elle mâchait pratiquement ses mots. Voilà. Voilà, c'est tout. Elle n'avait pas imaginé ce qu'elle voulait lui dire, ni préparé de plan pour orchestrer sa vengeance.

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MessageSujet: Re: There's no peace in quiet - Zelda   Jeu 27 Déc - 15:11

lucan zelda
«There's no peace in quiet
»

Croiser les bras, un geste protecteur tout autant qu'un geste parasite. Pas le genre qu'on faisait histoire d'être prêt à parer à toute éventualité, parce que cette position vous ralentissait tout autre mouvement : celui pour courir et s'enfuir car il fallait alors les décroiser et retrouver un équilibre, faisant s'échapper de longues secondes ayant trop d'importances, celui pour saisir une arme aussi, attaquer.
Croiser les bras, une posture de l'ancien monde, et Lucan observait la jeune fille qui se tenait ainsi, cherchant sur son visage et son corps des traces de traumatismes quelconques. Rien à première vue, du moins pour lui sauter aux yeux. Elle ne semblait pas blessée dans l'instant, mais l'homme ne savait s'il en était heureux pour elle ou non.

[color=olive]”Je ne comprends absolument pas un mot de ce que tu dis”[/color;], énonça-t-il calmement.
Il n'haussait pas la voix, mais celle-ci du fait de sa nature rauque roulait comme un étrange tonnerre alors même qu'il chuchotait.

”Je vous ai indiqué le chemin le plus sûr pour ton groupe et toi. “
Il rangea la flèche, il rangea l'arc, seulement sa main restait toujours proche du couteau à sa ceinture. Un geste devenu naturel à présent, inconscient presque, celui pour pouvoir répondre à toute menace. Et ses yeux ne quittaient pas la jeune femme, analysant ses gestes et son immobilité.

”Mes hommes? Ils partent devant.”

Un silence. Leur première rencontre n'était pas récente, il ne semblait pas à Lucan l'avoir croisé dans les ruines depuis.

”As-tu trouvé un autre groupe?”

La seule réponse à sa question fut un râle non loin. L'homme saisit alors la jeune femme au coude, pour la guider et l'emmener à l'écart le plus silencieusement possible, prêt à lui recouvrir la bouche de sa main libre et la faire avancer de force au besoin. Lucan n'était pas brutal mais désirait survivre et surtout comprendre pourquoi celle là lui en voulait.
Savoir des gens morts n'allait pas l'empêcher de dormir, néanmoins le sentiment désagréable d'être victime d'une injustice venait lui chatouiller la gorge.
Désagréable et incongru, parce qui avait le temps pour de pareilles bêtises par les temps qui couraient?
Il l'emmena jusqu'à une habitation qu'ils avaient fouillé avec son groupe, quelques minutes auparavant, et donc nettoyée de ses rôdeurs

”Allez, explique-toi plutôt que me rendre responsable de tous les malheurs du monde.”

Quoique, le peau-rouge qui amenait la désolation sur les visages pâles, c'était pas la première fois niveau folklore américain.

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MessageSujet: Re: There's no peace in quiet - Zelda   Dim 13 Jan - 22:32


Il ne la comprenait pas. L'idée même qu''il pouvait ne pas comprendre ce dont elle parlait l'irritait déjà bien plus qu'elle ne l'aurait dû. Zelda avait passé tant de nuits à imaginer l'indien comme le monstre, cruel, perfide, qui lui avait retiré ses amis, sa famille. Elle en était venue à la conclusion qu'elle se couchait seule le soir parce qu'il avait décidé qu'ils mouraient le jour où ils s'étaient rencontrés. « Le chemin le plus sûr ?! Tu te fiches de moi ? » Les mâchoires serrées, les mêmes sifflements, les mêmes cris comme chuchotés. Elle n'était pas parfaitement immobile. Aucun geste vraiment ne se distinguait de toutes les attitudes que son corps prenait : il n'y avait que la nervosité qui se démarquait du reste, et peut-être les sourcils bruns froncés dangereusement. Au bout des bras croisés, les doigts serraient la veste comme pour se donner un sens des réalités. La vérité ? Elle avait imaginé le brun comme cet animal luciférien, et à présent il était là devant elle et la regardait sans qu'elle ne discerne la moindre hostilité dans son regard noir. Peut-être loin d'être tétanisée, on ne pouvait pas dire que la brune était tout à fait à l'aise : la plupart des discours qu'elle pensait lui servir s'étaient envolés, l'autre moitié ne lui permettait peut-être pas de sortir vivante de l'entrevue. « Tes hommes ? Toi t'es un chef de clan ? » lâcha-t-elle cette fois sans savoir si elle était censée s'avancer ou faire un pas de recul. Elle ne savait absolument pas à qui elle avait à faire en fin de compte, c'était peut-être en partie ce qui l'angoissait. Ou encore le fait qu'il la toisait comme un maniaque... Elle regardait d'un mauvais œil la main qu'il posait sur son couteau, et en réponse posa la sienne sur le manche du tournevis à sa ceinture, l'air de pas trop y toucher non plus, mais prête à toute éventualité.

« Et puis qu'est-ce que ça peut te foutre que j'ai trouvé un groupe ou pas ? Tu t'étais bien gardé de... » Le reproche s'était fait taire par le râle non loin, et bien assez vite la suite de la phrase s'était éteinte dans le courant d'air dans lequel Lucan la tirait. Elle cherchait des yeux le rôdeur pour lui planter un truc entre les deux yeux tandis qu'il la baladait à l'autre bout de la rue, sans grande difficulté d'ailleurs pour parer les gesticulations pénibles de la jeune femme. « Lâche... moi... » qu'elle grommelait sans y mettre beaucoup de conviction, ni beaucoup de voix par ailleurs, bien consciente malgré tout que crier au loup à cet instant ne jouerait pas en leur faveur. Elle cherchait encore distraitement le rôdeur quand l'homme avait poussé une porte, et qu'ils s'étaient engouffrés dans une habitation somme toute charmante. Les cadavres, si posés un peu plus près, auraient pu faire office de paillasson. Elle en observa longuement la pièce principale, où tout demeurait plus ou moins intact depuis la fin du monde, quand on omettait de mentionner les longues traînes sanglantes qui badigeonnaient les murs et l'aura malsaine qui y avait remplacé l'air. « C'est quoi ce plan tout cramé ? Tu m'emmènes ici pour me buter tranquille ? » Zelda semblait s'être calmée. Et puis le cavalier avait tout fait capoter.

Un silence, encore. Bientôt les babioles à arracher aux morts n'étaient plus dans son champ de vision. « Parce que tu penses que je dois m'expliquer, là ? » demanda-t-elle en se tournant lentement vers lui, ses pupilles brunes vissées dans les siennes. Quelque part sur le chemin entre l'endroit anonyme et cet endroit tout aussi anonyme, elle avait arrêté de le craindre. S'il ne lui avait pas sauvé la vie, il lui avait évité de se salir les mains. « Mon groupe s'est fait déchiqueter. Par ta faute. » Par ta faute. Ça lui restait au fond de la gorge et dans les nœuds des phalanges. « Y'avait un clan hostile dans le coin que tu nous as conseillés. » Bobard ou invention d'un esprit souffreteux, Zelda ne savait plus trop où se situait la frontière entre eux et la version officielle des faits. « Mais ça tu le savais déjà, hein ? » finit-elle par demander, le menton légèrement relevé pour guetter une réaction. Elle s'était adossée au mur le plus proche, la semelle de ses rangers imprimant dans le jaune pâle la morsure de la crasse. Cette fois, elle était la première à poser la main sur son arme.

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MessageSujet: Re: There's no peace in quiet - Zelda   Lun 14 Jan - 21:35

lucan zelda
«There's no peace in quiet
»

L'idée qu'elle le prenne pour un chef de clan parvint à le faire sourire. Non, Lucan menait des traques, non des hommes, il n'avait pas les épaules pour cela. Cependant la jeune femme restait tout aussi...incompréhensible.
Il l'avait amené en lieu sûr, et lui avec par la même occasion. Les cadavres étaient assez desséchés pour ne plus rien sentir, pourtant la maison n'en portait pas moins un parfum étrange, indescriptible. Celui de choses brusquement interrompues pour un chaos total.
La tuer, il pouvait le faire en elle-même. Si Zelda continuait à baragouiner ainsi délires et illusions, elle pourrait se révéler dangereuses et Lucan était partisan du moindre risque.
Il devait déjà porter beaucoup trop en tête, quoi qu'on en dise.

”Les pilleurs, oui. Bien sûr que je savais qu'ils étaient là, C'est pour cela que je vous avais indiqué le chemin le plus sûr, je revenais d'une reconnaissance à cet endroit. “

L'homme secoua la tête, posa sa main sur le poignet de la jeune femme, celui tenant le tournevis. Un geste simple, non brutal mais autoritaire tout à la fois. Un geste qui ne voulait dire qu'une chose : don't.

”J'ai du sang sur les mains, beaucoup, mais pas celui de ton groupe si vous avez choisi de prendre l'autre direction. Je suis responsable de mes choix, pas des vôtres, et mes choix ont été de vous dire la vérité et de vous indiquer comment survivre au mieux dans votre marche. Avec d'autres, je me suis montré moins généreux.”

Avait-il des remords, de la compassion? Regrettait-il de n'avoir pas pu faire un peu plus pour eux? Non, en vérité non. Lucan n'avait pas un coeur de pierre, néanmoins il pensait au ranch avant tout, avant lui-même. Quand cette échelle de valeur changeait, c'était ainsi qu'il faisait des conneries. Dixit Abel.

”Si la douleur t'a rendu folle, je peux néanmoins te tuer en effet. Si au contraire, tu penses encaisser, autant fouiller cette maison avec moi. L'un comme l'autre, on peut peut-être y trouver chacun quelque chose...”

Il ne souriait plus à présent, Lucan. Bien au contraire, son visage était grave, triste presque. Une mélancolie qu'il portait en lui sans jamais s'en départir. Des souffrances tenues, des souffrances ravalées, trop, beaucoup trop. Des blessures aussi, elles saignaient. Elles saignaient sans que l'on en voit quoi que ce soit, simplement parce qu'il était lui,

”Choisis les insultes par contre, et ça se terminera mal. Je suis pas d'humeur à ça aujourd'hui.”

Une mise en garde, comme un grognement dans sa gorge. Et puis très vite, Lucan détourna le visage comme à son habitude. Aux inconnus, il appréciait peu de se montrer, conscient de ce que l'on pouvait dire de lui.
Heureusement, il y avait une étagère de livres dans la pièce. Lucan préféra se détourner de Zelda pour aller examiner ceux restant, touchant du bout des doigts les tranches abîmées.
A ce contact, son visage, son esprit, tout cela s'apaisa.

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MessageSujet: Re: There's no peace in quiet - Zelda   Ven 25 Jan - 13:36


Quand il s'était approché d'elle, Zelda avait retenu son souffle, non pas comme on se pâme devant l'objet de quelques fantasmes, mais comme on s'écrase parfois devant certaines figures. Quand il avait fait ce pas vers elle, il l'avait comme plongée dans l'obscurité, fait s'éclipser les rayons du soleil de l'après-midi. Zelda n'avait eu que le courage de lever les yeux vers lui avant de ne dégager les doigts de l'indien d'un geste plus défensif qu'il n'était agacé. Elle se contenta de croiser ensuite les bras, son regard ailleurs plutôt que dans celui de l'homme, se risquant juste à une œillade entre deux silences. Face au contre-jour, encadrée par la silhouette du brun, elle avait l'air beaucoup plus jeune et blessée qu'elle n'aurait dû.

Et les mots n'avaient pas plus de sens que s'ils avaient été prononcés dans une autre langue. « Alors quoi ? J'suis censée te remercier ? » C'était plus un balbutiement que le cri qu'elle avait au fond de la gorge, petit animal éclopé et pris au piège, jouet entre les pattes de Lucan qui lui mentait forcément. Elle n'attendait pas de réponse. Elle ne le remercierait pas. Zelda n'était sans doute pas prête à entendre la vérité, tant elle était encore attachée à sa version de l'histoire. Alors il ne pouvait que mentir, ou bien tenter de se donner le bon rôle : il avait fait une erreur quelque part et c'était elle, c'était Gavin, c'étaient les autres qui en avaient payé le prix. Sans ça, ils seraient encore là, ils seraient encore en vie ou elle serait morte avec eux. Elle y avait pensé, à la mort, pendant un temps. Après tout, il n'y avait aucune raison pour qu'elle survive à l'assaut des pilleurs ou bien à ces huit dernières années mises bout à bout, aucune raison qu'elle ne survive à Lucan. Elle avait fini par se faire une raison. Et, tout compte fait, Zelda était bien moins mal en point et bien moins décidée à mettre à plat cette histoire qu'elle n'aurait voulu l'être.

La jeune femme attendit la fin de la tirade, des mots qu'elle retournerait dans sa tête mille fois encore avant de ne s'en faire une véritable idée, qui la tortureraient sans doute encore plusieurs semaines, plusieurs mois avant qu'elle ne parvienne à les noyer, et se risqua à couvrir du regard le visage qui la fuyait. Il était moins intimidant de profil, sans doute parce que ses yeux noirs ne la traversaient plus. Elle ne savait pas quoi penser. D'un côté, la brune avait maintenant la certitude qu'il était au moins aussi monstrueux qu'elle l'avait imaginé, de l'autre il y avait cet émerveillement malvenu de découvrir qu'il semblait aussi peiné qu'elle de le constater. La proposition qu'il lui faisait lui arracha un timide sourire, plutôt un tic nerveux, après quelques moments de réflexion.

« Oh ça va, » commença-t-elle en venant à sa rencontre, près de l'étagère. « "Et ça se terminera mal..." » elle imita, avec les doigts qui font des guillemets dans le vide, un peu plus tournée vers les ouvrages qu'elle ne l'était vers lui. Zelda surveillait sa réaction, pourtant. « Tu m'fais pas peur tu sais. » Quelque chose dans le timbre de la voix et dans la façon dont elle se mouvait trahissait son appréhension et sa gêne. Elle avançait à tâtons, comme elle effleurait l'échine des albums. L'ingénieure jeta son dévolu sur un livre à la couverture textile, noire elle avait viré grise ; sans en regarder le titre, elle le fourra dans le sac à dos qui avait basculé sous son bras. Un dernier regard pour Lucan et elle se retournait, prête à fouiller le moindre placard. Elle n'était peut-être pas prête d'admettre qu'il n'avait pas fait basculer son destin, pas prête de le pardonner, mais elle pouvait cohabiter sur ce plan de la réalité avec lui quelques moments encore. « Mais on n'en a pas terminé, toi et moi, » lâcha-t-elle, dos à lui, le nez dans les denrées périmées d'une armoire, parce que quelque amertume lui restait encore et que l'homme ne pouvait pas s'en sortir qu'avec de jolies et tristes paroles. Elle jeta quelques babioles dans son sac ouvert, l'air de savoir exactement ce qu'elle voulait ramener à la Carrière : des épices, un minuteur, une tasse émaillée... Elle poussa le vice jusqu'à ramasser les couverts posés sur la table, les glissant dans l'une des nombreuses pochettes élastiques du sac de rando. Finalement, la brune jeta un œil par dessus son épaule, curieuse de voir quelles reliques l'indien revendiquerait siennes.

jules



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MessageSujet: Re: There's no peace in quiet - Zelda   Sam 26 Jan - 20:30

lucan zelda
«There's no peace in quiet
»

Les doigts de l'homme se brisaient presque contre la tranche des livres. Elle avait peur de lui, le transformait en monstre, l'imposait en monstre.
Refusait de l'écouter.
Bah, tout en lui manquait de valeur, n'est-ce pas? Moche de visage, moche d'âme. Aimait-il tuer les gens? Non, parfois on y était simplement obligé.
Sans la tristesse, sans cette putain de tristesse et toute la douleur allant avant, peut-être bien que Lucan l'aurait tué, oui. Elle le voulait monstrueux? Ainsi soit-il, pour toujours et à jamais.
Tous ces gens avec leurs idéaux, leur naïveté... qu'ils aillent au diable. Et même la colère ne pouvait le consoler, passer au delà des sanglots.
Lucan ne pleurait pas, la tristesse était trop ancrée en lui pour cela.
Monstre.
Incapable de bonnes décision.
Incapable de pitié, d'humanité.
Monstre...

Lentement, l'homme tira un des livres de l'étagère. La “menace” de Zelda, il ne voulait pas l'entendre et que la solitude lui manquait alors... La solitude sans bruits, sans voix, sans insultes.
Quelque chose grandissait en lui de sombre et d'empoisonné, quelque chose qu'il avait cru disparu avec les rôdeurs, seulement non, ça ne l'était pas.
Lucan n'était plus un enfant raté puisqu'il n'avait plus de parents désormais, mais un homme raté. Un humain raté...

Il ouvrit le livre, essaya de trouver une force quelconque dans les mots.

”Now is the sun of our discontent”

Shakespeare, Richard III, le roi tellement laid qu'il accepta de faire son âme à son image. Plus que de la tristesse, ce fut un peu de résignation alors qui traversa les prunelles sombres de l'Indien. Il referma le livre, le serrant un peu contre lui comme un ami fidèle pour y puiser réconfort.
Sans doutes la femme l'observerait-elle, qu'importe?

Avec des gestes doux, Lucan glissa le livre dans son propre sac. Il regarda vers la porte, hésita. Et s'il partait maintenant, abandonnait tout?
Et si...

L'homme serra les poings un peu, alla dans une autre pièce. Pas de livres, plus de livres. Vide et néant...
Un bureau. Il en ouvrit les tiroirs d'un geste sec, fouilla les papiers. Des papiers de Texans : pétitions racistes, lettres d'amour aux armes à feu et autres joyeuseté. Avec une grimace, Lucan préféra s'éloigner du meuble.

”Apparemment, même des connards peuvent aimer Shakespeare...”, grommela-t-il.
Il tira finalement l'une des chaises de la cuisine à lui et prit place dessus, étalant ses longues jambes dans un soupir de satisfaction.
Besoin de se poser quelques instants, de réfléchir avant que trop de ténèbres ne l'emportent.

”Je vous avais dit quel chemin ne pas prendre et pourquoi. A l'un d'entre vous, j'ai accepté de donner ma gourde puisqu'il avait soif. Vous n'avez pas écouté, mais qui écoute la parole d'un sauvage, même métis, n'est-ce pas? ”

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MessageSujet: Re: There's no peace in quiet - Zelda   Mer 6 Fév - 20:07


Elle l'observa serrer le livre contre lui et détourna le regard presque aussitôt, le sentiment de déranger quelque chose la prenant violemment aux tripes. Sans y penser plus, elle retourna à ses habitudes de charognard, jaugeant d'un regard aseptique les papiers et photos de famille sur la porte d'un frigo avant d'en piquer les aimants. Avec les années, Zelda avait dérangé tant de tombeaux qu'elle avait passé le stade de l'embarras quand il s'agissait d'en déranger les morts... Don, déformation professionnelle peut-être, qui lui avait permis de digérer la fin du monde sans trop de mal : ceux qui étaient partis n'étaient plus grand chose sinon un tas d'os aux histoires oubliées.

Elle tourna la tête vers l'homme qui s'éclipsait dans la pièce adjacente sans faire de commentaire, pensant sans doute qu'ils avaient passé le stade des négociations. Ils auraient pu être tous les deux vivants au même moment au même endroit sans rien se dire de plus, et Zelda se serait contentée de ça. De rester avec ses convictions bancales, ses doutes, ses accusations précaires. Et lui avec la certitude qu'il n'y était absolument pour rien... Ça lui semblait être un bon compromis. Ils n'étaient pas obligés de se revoir, ni de prétendre que les questions d'honneur étaient encore centrales dans une civilisation aussi boiteuse que la leur : après cette entrevue, ils auraient pu retourner à leur vie sans y rien changer.

Le boucan des tiroirs manqua de la faire sursauter, elle qui épluchait les dédales de tissu qu'une armoire renfermait. Elle venait d'en choisir une veste, en frottait doucement les manches mises à l'épreuve de la poussière, quand le géant était sorti de sa tanière. Il tira une chaise dans un bruit strident malgré la crasse qui tapissait le sol, et Zelda se tourna lentement vers lui. « Quoi ? » lâcha-t-elle finalement après un moment de silence, braquant sur l'indien ses prunelles ambrées. Incrédule.

Zelda déglutit, attendit encore un instant avant de ne raccrocher le vêtement à la place qu'il occupait depuis sans doute plusieurs mois, peut-être années, cherchant dans le fond de sa pensée quelque chose à répondre à l'attaque qu'on lui faisait. En vain. Elle poussa un soupire, à peu près certaine de ne pas comprendre ce dont Lucan parlait. Elle jeta un œil vers la porte d'entrée - porte de sortie, en l’occurrence. Échappatoire à tout ce qu'elle ne voulait pas trop remuer. (S'il n'y avait qu'un tombeau qui lui filait la nausée, c'était celui de la vérité.) « Tu me traites de raciste ou j'ai manqué quelque chose... ? » lâcha-t-elle, dubitative en s'empressant de remonter la fermeture éclair de son sac à dos, n'osant plus croiser le regard noir. « Je pense qu'on a fini de discuter, en fait, » nota gravement l'ingénieure.

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MessageSujet: Re: There's no peace in quiet - Zelda   Sam 9 Fév - 15:05

lucan zelda
«There's no peace in quiet
»

Il la regarda et quelque chose proche d'un sourire se forma sur son visage. Quant au sentiment caché derrière, mieux valait ne rien en dire car il y avait quelque chose de complexe dans les yeux noirs de l'homme. Complexe et dangereux, n'attendant plus que d'être dérangé une fois de trop. Elle avait abusé de sa patience, de sa nature également, continuait à se draper de mensonges et acceptait de détruire au nom de ceux-ci. Pas Lucan.

”C'est pourtant toi qui a lancé ce jeu”, ricana-t-il sans pour autant savourer de victoire quelconque. Plutôt qu'une vengeance mesquine, Lucan se révélait bien plus prédateur comprenant enfin comment blesser un ennemi jusque là inconnu.
Comprendre, cela rassurait toujours...
”Accuser l'autre de ce qu'il n'est pas, pourquoi cela ne marcherait-il que dans un sens?” demanda l'homme, la voix douce, presque trop douce, presque triste aussi. Une voix que l'on se sentait presque capable de regretter d'entendre. Parce qu'on aimait pas ses questions, parce qu'on aimait pas tout ce qui pouvait se cacher dedans de sentiments ou de nuances, alors Lucan parlait peu.

”Des choses à me dire, tu en a encore. Des excuses, particulièrement...” Impitoyable, Lucan refusait de laisser passer à nouveau l'affront des accusations mensongères. Il savait qui il était, ce qu'il était, la plupart de ses défauts également (et l'homme en possédait beaucoup), ne souhaitait pas qu'on lui impose ce qu'il n'était pas. Pas comme ça.
Meurtrier, Lucan l'avait été, le redeviendrait également selon les circonstances, mais une raison se cachait toujours derrière qu'elle soit bonne ou mauvaise. Le groupe de Zelda, il avait fait ce qui était simplement en son pouvoir sur le moment pour eux, pas plus.
Il aurait pu, plus, évidemment, mais à quoi bon? D'autres vies à sauver, d'autres vies desquelles s'occuper
Il ne les avait pas condamné pour autant, ces hommes et ces femmes. Pas eux, qui ne lui avaient rien apporté vivants ou morts, pas eux.
Elle regardait la porte à présent, rêvait de partir peut-être, d'avoir l'impression de gagner cette manche. Elle avait perdu, depuis la simple seconde où elle avait choisit le mensonge, elle avait perdu. Voilà ce que disaient les yeux noirs de Lucan, avec leur absence de pitié et de compassion, alors qu'il les posait sur elle.
Un bruit à l'étage se fit alors entendre. Un bruit sourd, quelque chose tombant au sol peut-être, et puis quelque chose qui se déplaçait aussi dans que l'on sache s'il s'agissait là d'un rôdeur ou d'un humain.
L'étage, ils n'avaient pas fait l'étage. La porte de ce que Lucan avait pris pour un simple placard à balais était en fait un escalier ainsi qu'il le découvrit en l'ouvrant. Et l'homme choisit de monter...

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MessageSujet: Re: There's no peace in quiet - Zelda   Ven 22 Fév - 1:27


La pensée qu'il ne s'agissait-là que d'un simple jeu la fit frissonner. Elle ne jouait pas, ne voyait d'ailleurs pas la dichotomie qui semblait évidente à l'autre. En revanche, si elle n'avait pas le sentiment de perdre la manche, la brune sentait tout de même quelque chose lui échapper. « Non, je crois pas, » elle lâcha simplement sans la moindre autorité dans la voix. Elle aurait peut-être dû s'opposer plus clairement à l'injonction, mais elle était bien trop pressée de s'échapper pour le faire. D'une certaine façon, Zelda était déjà dehors, à tracer la route, l'esprit ailleurs, bien loin de l'échec et mat que voulait prononcer l'indien. Rien, ni des menaces, ni des regards qu'il aurait pu lui lancer ne l'auraient retenue, comme la gringalette s'élançait déjà vers la porte... Un bruit sourd la stoppa nette dans sa progression.

Le visage interrogateur se tourna vers celui de Lucan, mais les prunelles ne croisèrent pas les siennes. Le nez froncé, elle regarda la silhouette du cavalier s'engouffrer dans les escaliers étroits aux murs couverts de lambris. Elle n'avait plus peur des rôdeurs depuis longtemps - mais le bruit des pas, parfois l'absence de ce bruit, faisaient qu'elle retenait son souffle. La jeune femme posa la main sur le pommeau de son arme, avant finalement de l'extirper de sa ceinture.

Elle risqua la première marche. L'idée de revenir sur ses pas et de laisser l'étranger (il n'était que ça, peu importe comment on retournait la chose) régler ses comptes avec la créature qui venait de s'éveiller lui traversa l'esprit. Un coup d’œil par dessus son épaule... Zelda aurait pu attraper une chaise, la même chaise sur laquelle il s'était assis, et la caler sous la poignée. Lucan n'aurait plus été un problème, au moins quelques temps.

Sans un bruit, son tournevis à la main, elle monta les marches suivantes. Homme ou homme mort, il avait dû les entendre : entre le vacarme du brun dans le bureau, et leur petite conversation entre quatre yeux dans la cuisine... Un rictus déforma brièvement le coin de sa bouche. « Rampant ? » Ça n'était qu'un murmure sous son souffle, alors qu'elle se grandissait sur la pointe des pieds dans une tentative ambitieuse de voir quelque chose par dessus l'épaule du cavalier. L'étage lui paraissait, étrangement, bien plus vaste que le rez-de-chaussée. Et ce qu'ils cherchaient ne se cachait vraisemblablement pas sur le palier, privé de luminosité par les quatre portes fermées qui l'encadraient.

« Avance. » L'ordre sans en être un était donné à mi-mots, la pointe prudente d'un tournevis dans le dos de l'indien. Une réflexion s'imposa alors à elle : s'il s'agissait d'un rôdeur, celui-là n'était vraiment pas pressé de faire d'eux son déjeuner.

Quelques moments plus tard, hissée sur le palier, Zelda jetait un œil aux bas des portes, desquels quelques rayons de lumière peinaient à sortir. Une ombre passa. Elle était maintenant tout à fait sûre que la personne qui chapardait derrière le panneau de bois était un être humain, bien conscient qu'il était à présent repéré. La jeune femme jeta un œil vers l'homme à ses côtés, se demandant tout à coup s'ils formaient dans cette instance toute particulière ce que l'on aurait pu s'amuser à qualifier d'équipe : elle fronça les sourcils, largement amusée. Il en était hors de question. « Je vais ouvrir la porte, » avertit Zelda à voix haute, sans concerter le brun, la main sur la poignée.

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: There's no peace in quiet - Zelda   Mer 27 Fév - 15:53

lucan zelda
«There's no peace in quiet
»

Elle eut à peine le temps de lui appuyer le tournevis au creux des reins que, d'un coup de coude, Lucan la déséquilibra pour forcer la jeune femme à reculer. Il tourna la tête un peu, juste un peu, mais ses yeux noirs indiquaient clairement quelle genre de bête sauvage il savait devenir en se sentant menacé.
Non, lui-même ne considérait pas Zelda comme équipière, prête à se retourner contre la brune si jamais celle-ci faisait mine de s'en prendre à lui. Ce n'était pas comme il y a quelques minutes, désormais une autre menace semblait apparaître et Lucan n'avait pas confiance.
Il n'avait jamais confiance en vérité, toujours sur ses gardes, toujours à guetter la première trahison, à chercher la moindre excuse pour disparaître.
Il n'y arrivait jamais complètement.

La main de Zelda se posa sur la poignée de porte. Lucan ne la quittait pas du regard, sans ciller toujours, de la façon même qu'aurait pu la regarder un loup... Un grincement, la porte s'ouvrit. D'une poussée forte, il plaqua la jeune femme contre le mur le plus proche. Quelque chose siffla près d'eux : une balle. Lucan n'avait pas entendu la détonation, trop perdu dans son propre mouvement. Il chercha le temps d'une seconde à peine sur le visage de Zelda s'il y avait eu un bruit quelconque, puis se retourna.
Mains tremblantes, l'arme au poing, un homme leur faisait face. Il était crasseux, puant, marmonnait des choses inintelligibles. Quelque chose comme des insultes se retrouva crachoté par la bouche noirâtre alors qu'il fixait Lucan. Puis, de manière presque horrible, son visage s'illumina en voyant Zelda: fille.
Ah.

”On dirait que tu lui plais” grinça l'Indien. L'homme puait autant qu'une décharge en plein soleil. Des bouts de tissu lui recouvraient le visage, Lucan cru même reconnaître la dentelle vieille et passée d'une culotte fine.

Encore une fois: Ah.

”Combien?” demanda l'homme, pointant Zelda de son canon.
De toutes évidences, il semblait convaincu que Lucan vendrait la jeune femme comme n'importe quelle marchandise. Pitoyable, l'inconnu ne semblait pas un danger, sans doutes ne faisait-il que miment des comportements aperçus entre d'autres groupes. Des groupes de prédateurs, eux, peut-être avait-il même fait parti d'un, au plus bas échelon de l'échelle alimentaire?
D'ailleurs... était-il vraiment seul?  ”On ferait mieux de partir...” D'un geste du bras, Lucan invita la jeune femme à reprendre les escaliers. L'homme sale, lui, éclata d'un rire à moitié fou. Lucan referma la porte derrière eux, hésitant à la coincer de la même façon que Zelda avait songé à le faire pour lui.

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