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 Can faith really moves mountains? | Wyatt & Andrea

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MessageSujet: Can faith really moves mountains? | Wyatt & Andrea   Can faith really moves mountains? | Wyatt & Andrea EmptyMar 27 Nov - 3:45

Can faith really moves mountains?


« Wyatt et Andrea »

«Promenons nous dans les bois, pendant que le loup n’y est pas. » J’avance doucement, sur le bout des pieds. Je passe entre les troncs, évitant les racines et les branches trop craquantes. J’adopte une démarche furtive, complètement silencieuse si ce n’est des paroles que je fredonne, mais il s’agit uniquement d’un réflexe. En ce moment, je me fiche bien d’être découverte. Je viens de finir la tournée des mes pièges et je n’ai rien attrapé. Et je déteste revenir bredouille au camp. Alors, plutôt que de chasser, j’ai décidé d’explorer un peu. Je me suis éloignée un peu plus qu’à l’habitude dans l’espoir de trouver quelque chose d’assez important pour les Crimsons. « Car si le loup y était, il nous  mangerait. » Je hoche lentement la tête, sur le rythme de la comptine ridicule. Outre le fait que Dany la chantait souvent, je n’ai aucune idée pourquoi j’ai cette chanson coincée dans la tête. Sans trop réfléchir, j’aurais tendance à croire qu’il s’agit simplement d’une réaction aux rôdeurs qui pourraient sortir de n’importe où pour venir me dévorer. Mais ce n’est pas mon genre. Moi, j’ai tendance à trop penser. Je m’imagine un million de possibilités, un milliard de tournures probables et un trillion de conséquences potentielles. Avant, je me lançais avant même d’avoir une idée. Mais j’ai changé et voilà où ça me mène. Au milieu des bois à pousser la chansonnette en pensant à Erin et aux derniers mois. Je l’ai cherché comme une folle, ma Erin. Les nuits suivant son départ, je guettais ma fenêtre. J’attendais le moment où sa chevelure dorée apparaîtrait. C’est la douleur causée par ce manque qui m’a fait réaliser tout l’amour que je portais pour elle. Et, lorsque cette révélation m’a frappée quelques jours plus tard, j’ai tout fait pour la retrouver. J’ai multiplié mes sorties, dans l’espoir de la trouver perdue quelque part. Mais au bout d’un mois, j’ai du baisser les bras. Je n’avais plus aucun signe d’elle. J’ai accepté le fait qu’elle soit morte, bien qu’une part de moi refusait d’y croire. J’ai commencé à faire mon deuil. J’ai rencontré quelqu’un . Avec lui, les flammèches sont différentes, bien plus dangeureuses. Je ne suis pas forcément bien, mais je ne peux pas m’empêcher de retourner dans ses bras. Même au moment où j’ai appris les rumeurs sur Erin. Le soir où on m’en a parlé, j’ai couché avec lui. Encore. Peu importe ce que je fais, j’ai l’impression de toujours déraper. Je me mets sans cesse les pieds dans les plats. Je suis maladroite, mais pas tant que ça en fait. Ce ne serait pas une raison plausible pour expliquer le départ d’Erin. Tout allait bien entre nous. Ma personnalité ne doit pas être responsable de sa disparition. Mais si rien ne lui déplaisait chez moi, pourquoi serait-elle partie sans prévenir? Plus j’y réfléchis, plus mes pensées s’emmêlent. Au bout d’un kilomètre, je commence à avoir un mal de crâne horrible. Alors, je décide de m’arrêter dès que l’occasion se présente. J’avance, toujours, en fredonnant, jusqu’à ce que je tombe sur un petit village. Un endroit peu prometteur. Il doit déjà avoir été fouillé de fond en comble vu sa taille. Je décide d’y aller malgré tout, attirée par la croix qui perce l’horizon. Une église. Je suis surprise d’en trouver une, mais bien heureuse. Ma mère m’y amenait souvent petite et je crois qu’être dans un endroit vaguement familier pourrait m’aider à y voir plus clair. Le fait d’être loin du campement et de mon entourage aide aussi. Ravie de pouvoir étirer mon moment de solitude, je franchis les portes sans même vérifier s’il y a des rôdeurs à l’intérieur. L’erreur aurait pu être fatale, car au moment où je mets le pied à l’intérieur du bâtiment, je remarque une sillouette masculine. J’essaie de rebrousser chemin subtilement, mais il est trop tard. Probablement alertée par ma voix plus ou moins mélodieuse, l’homme se retourne. Je constate, avec soulagement, qu’il s’agit seulement de Wyatt. Je pousse un long soupire, puis je vais m’asseoir à ses côtés. « C’est paisible ici. On dirait presque qu’il n’y a pas eu d’apocalypse. » Je jette un coup d’œil à notre environnement, détaillant chaque recoin du lieu sacré.  « Enfin… Si on ignore les chandelles renversées, le vitrail brisé et euh… ça. » Je penche la tête vers le corps près de l’autel. Un rôdeur vêtu d’une robe noire. Merde. Finalement, je suis chanceuse que Wywy ait trouvé l’endroit avant moi.
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MessageSujet: Re: Can faith really moves mountains? | Wyatt & Andrea   Can faith really moves mountains? | Wyatt & Andrea EmptyLun 10 Déc - 10:04


Can faith really moves mountains ?
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« - Tu nous as bien roulé dans la farine, hm ? » Son reniflement peu impressionné et maussade résonne à outrance entre les murs de l’église. Un peu comme un blasphème. Est-ce qu’il avait déjà pu s’asseoir aussi près de l’autel ? Les souvenirs de l’enfance sont troubles. Auréolés. Il se rappelle les vitraux qui diapraient leurs lumières colorées comme des manèges, sur les champs de blés dorés dehors. Il se rappelle avoir été jaloux de ses parents, qui le laissaient tout seul sur son banc de bois quand ils allaient communier. Il se rappelle la communauté qui échangeaient les accolades et les gâteaux après la messe et qui l’avaient oublié, après le drame. Il se souvient des prières qu’il ne comprenait pas et des dessins au catéchisme. La certitude d’être aimé et qu’il y avait une limite claire entre les bons et les mauvais, et qu’aller au paradis dépendait de ce qu’on faisait (pas de ce qu’on était malgré soi).  « - L’apocalypse a eu lieu, et les foutus chrétiens évangéliques, les putains de dealers, les pédales et tout le bataclan ont survécu. C’était ça ton dessein, d’amour et de lumière ? » Maintenant, Wyatt est au-deuxième rang et il rive un regard peu amène au Jésus qui attend toujours qu’on le descende de sa croix.

Maintenant, il a des boots de cowboys littéralement crottées de sang et de crottin avec un surplus de boue et une feuille morte collée sous la semelle, et les pieds sur le dossier du banc de devant. Les jambes croisées, il regarde Jésus, avachi contre le dossier de sa rangée, son chapeau de cowboy enfoncé jusqu’aux yeux. On dirait qu’il est mort ou qu’il fait une sieste, si c’est l’arc posé en travers de ses jambes et le claquement de sa langue qui résonne à intervalles régulier.
On pourrait attendre de la hargne ou du sarcasme mais c’est de la moquerie pure, désabusée, celle de l’orphelin abusé qui surnage dans la voix de l’homme adulte. Cela n’a jamais été son genre, la solitude et pourtant il est bien loin du ranch. Il est parti à l’aube. Il espère que lorsqu’il reviendra, les traîtres n’auraient pas embrasé le ciel. Il avait besoin de s’entendre penser, loin de la cacophonie du ranch. Il n’aime pas vraiment ce qu’il entend, c’est tout, et pour meubler le silence absolu des lieux saints, il parle à voix haute. Comme s’il plaignait la statue crucifiée qu’il a sous les yeux. « - Par amour fraternel, soyez pleins d'affection les uns pour les autres; par honneur, usez de prévenances réciproques. » Récite Wyatt, le doigt sur la ligne, la Bible trouvée dans l’église ouverte sur tes cuisses (il y a du sang et un impact de balle, mais il n’a pas trouvé le rôdeur qui allait avec, pas encore).  « - Tu es censé nous aimer. Pas nous mettre sans cesse face à des choix impossibles. » Wyatt tique et froisse la page de papier fin entre ses doigts, rompus d’ampoules quand il entend soudain la porte de l’église s’ouvrir.

Le son résonne et il s’est relevé d’un bond. La Bible tombe au sol dans un claquement semblable à la colère divine, il paraît, suivie du chapeau. Wyatt enlève sa main du couteau de combat qu’il porte à la taille en reconnaissant Andrea. Il soupire lourdement et se rassoit, reposant son cul sur le banc et les pieds sur le dossier.  « - Toujours aussi plein de jugement de silence, son regard n’a pas changé. » Il devrait ressentir de la paix ici. Le silence et le lierre qui grimpe par le vitrail cassé. Personne pour venir l’emmerder, pas un rôdeur à la ronde depuis qu’il a libéré l’âme du pauvre prêtre. Mais le silence bourdonne à ses oreilles.
Wyatt se redresse et tire sur son sweat, machinalement. Comme si la présence d’Andrea lui rappelait qu’il était dans une église, et qu’il se sentait jugé. Il glisse un bras le long du dossier de bois, et fait la moue avant de confesser, comme une confidence, cherchant à reprendre contenance, sans savoir ce qu’elle a entendu. « - Il n’y a plus de vin de messe, j’ai vérifié. » Il n’a jamais pu goûté, jamais communié, au final. Il irait en enfer de toute façon.

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MessageSujet: Re: Can faith really moves mountains? | Wyatt & Andrea   Can faith really moves mountains? | Wyatt & Andrea EmptyMer 12 Déc - 17:52

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« Wyatt et Andrea »

Avant, je me sentais à ma place dans les lieux sacrés comme celui-ci. Lorsque ma mère m’amenait à l’église du village tous les dimanches, j’étais envahie par la sérénité dès que je franchissais les battants en bois massif. Loin de me sentir écrasée par la grandeur de l’édifice, je me sentais élevée, importante au sein de la communauté qui s’y rassemblait. Je faisais parti d’un tout sacré. Une seconde famille bénie par les cieux. À l’église, je me sentais toujours acceptée. Lorsque le prêtre prenait la parole et que sa voix envahissait la pièce, je serrais la main de ma mère et je savais que tout irait bien. Enfant, la religion était un refuge, mais à l’adolescence, les choses se sont corsées. Lorsque je suis tombée amoureuse d’une autre fille au début du lycée, la fin d’une ère s’est amorcée. Ma mère m’en a voulu longtemps et le regard de notre communauté pourtant tissée si serrée à mon égard avait changé. Derrière leurs sourires accueillants et leurs paroles rassurantes, je sentais une forme de mépris et peut-être aussi de déception. Les sermons de notre père me faisaient maintenant l’effet d’une moralisation, si bien que j’ai fini par cesser de croire en tous ces rituels.

Puis, un jour, je me suis simplement levée au milieu d’une messe. Le silence s’est installé, lourd, écrasant, tandis que mes pieds foulaient le tapis écarlate pour une dernière fois. La relation entre moi et ma mère s’est ternie en même temps que celle avec le seigneur s’achevait. Je n’avais plus jamais franchi les portes de bois, jusqu’à aujourd’hui. On dit que Dieu agi de façon mystérieuse et si je croyais encore en lui, je me dirais que ce jour est un signe. Que je tombe sur Wyatt si loin de la maison est incroyable. Distraitement, je serre la vieille croix argentée qui appartenait à ma mère et c’est comme si j’étais revenue dans le passé. J’ai l’impression de sentir sa présence tout au long de l’allée que je descends jusqu’à l’homme. Je prends place par lui et le son de ma voix qui envahit l’endroit me fait l’effet d’un immense blasphème. Comme si je n’avais pas le droit d’être ici. Et peut-être que Wyatt n’a pas sa place non plus. Le vin de messe n’est pas la première chose qu’un croyant chercherait, à moins un besoin de purification.

« J’ai toujours pensé que Dieu avait un humour douteux. » La bible est rendue pour moi une vraie blague. Une plaisanterie cruelle pleine de conseils dépassés. Pourtant, une partie de moi continue de s’y accrocher. Juste après ma première fugue, ma mère m’a amenée dans ma chambre. Le sentier des justes est comme une lumière brillante qui s'avance et qui croît jusqu'au jour parfait. Je me souviendrai toujours de ces paroles qu’elle a cité lâchement tellement elles m’avaient fait grimacer. Elle pensait me ramener sur le droit chemin, mais elle m’en a plutôt éloigné. Je n’ai jamais compris en quoi tomber amoureux était une mauvaise chose, lorsque je repense à tout ce que j’ai traversé, je crois que mon âme s’est perdue depuis longtemps. J’ai été abandonnée par Dieu, comme tous ceux qui ont survécu. La route que j’emprunte se termine dans un ravin et il n’y a aucun chemin alternatif. Qu’on soit bon ou mauvais ne compte plus, on finit tous au même endroit. « Je vois pas quel projet merveilleux il avait en tête quand il nous a envoyé l’apocalypse. Je sais même pas si c’est vraiment lui qui est derrière tout ça, mais si c’est le cas, c’est assez ironique. “ Et je vis les morts, grands et petits, debout devant le trône ; on ouvrit des livres, puis un autre livre, celui de la vie ; alors, les morts furent jugés d’après le contenu des livres, chacun selon ses oeuvres. “ Peut-être que tout s’est passé comme il le voulait, mais qu’il manque de staff au paradis. Pas assez d’anges pour juger les morts et les envoyer là où ils doivent aller, alors ils errent encore ici. » Ce qui revient au même. On peut faire toutes les conneries qu’on veut, parce que ni le paradis, ni l’enfer ne nous attends. Il n’y a que cette réalité horrible, éternelle. « Si c’est le cas, je crois qu’on s’en fout un peu du choix que t’as à faire, parce que peu importe ce que tu décideras tu finiras à la même place. » Mon regard se tourne machinalement vers le prêtre au sol. Il aurait probablement eu des conseils plus sages, mais il n’est plus là pour les offrir. Et pourtant, il a du mener une vie juste.

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MessageSujet: Re: Can faith really moves mountains? | Wyatt & Andrea   Can faith really moves mountains? | Wyatt & Andrea EmptyMer 2 Jan - 21:29


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Novembre | Andrea & Wyatt

Il mourrait de cirrhose avant d’absoudre toutes les fois où il est tombé à genoux pour les mauvaises raisons. Toutes les communions du monde n’y suffiraient pas. Si Dieu n’était pas aussi plein d’amour et de miséricorde que sa mère le pensait, si tous les enfoirés du monde avaient raison, alors rien ne le sauverait. Autant prendre son pied, autant aimer l’homme qui dort entre ses bras en paix, autant rire à la barbe du Diable. Tu expires un rire par le nez, sans joie, railleur, bien que les propos de la jeune femme trouvent un certain écho en toi. La partie qui a le moins d’illusions, la partie qui se shoote à l’humour noir pour tourner le dos à l’envers et faire des doigts d’honneur à ceux qui te voudraient terrifié, humilié, mort. Si Dieu a un humour, il n’est que douteux, plus pourrit encore que le sien. « - Si c’est le cas, au moins sur ça je suis à son image. » Admet le cavalier avec une petite moue dubitative. La religion manque terriblement d’humour, et d’entre-deux. Wyatt écarte les bras largement, et gonflant sa poitrine de stentor, et conclut les paroles d’Andrea ; « - Dieu reconnaitra les siens. » Parce que c’est à ça que ça rime cette connerie d’apocalypse. Ils crèveront tous et Dieu va devoir trier, parce que le recyclage et les confessions sont clairement passés de mode.

Il parle à voix haute, il gueule dans l’église pour ne pas se laisser happer par le silence, pour ne pas peut-être, se laisser corrompre par toute la sacro-sainte sacralité qui emplit les lieux, pour ne pas redevenir un petit garçon terrifié par l’homme qui se tord à demi nu en haut d’une croix. « - C’est sûr qu’avec le niveau d’exigence de la Westboro Baptist Church, il doit pas y avoir grand monde là-haut. » Pas sûr que tu aurais aimé cette compagnie, de toute façon. Il secoue lentement la tête, et murmure pour lui-même « - Je crois que je préfère être encore être coincé ici que d’être fixé sur le trou où j’appartiens. » Ce n’est pas dans son caractère, mais c’est un sujet, particulier, sensible pour lui. Où il n’est qu’un cœur à vif. Il digère les suppositions d’Andrea, acquiesçant lentement. C’est terrible, n’est-ce pas ? Il est, parmi ceux qui vivent encore, l’un des rares hommes avec des notions de justice, de morale, de ligne à ne pas dépasser. A vouloir faire les choses bien. Mais, il a tué ( ceux qui le méritent ), il a torturé (pour une cause plus grande, la justice), il a baisé, il a sucé, il a aimé. Alors c’est fini pour lui, à part si Dieu aime autant qu’on le fait croire, si Jésus est vraiment mort pour tout le monde.

La suite le fait se tourner un peu vers Andrea, glissant le bras, le long du banc, derrière le dos de la jeune femme. Il l’observe un instant, rajeuni, démuni. Perplexe aussi, fronçant les sourcils. Il n’avait pas dormi les dernières nuits, d’insomniaque il était passé à marié à la nuit blanche. Il ne fermait plus l’œil, tournant les derniers événements dans son esprit, tendu à écouter les bruits des nuits au ranch. « - Vraiment ? Est-ce que l’on a besoin de Dieu pour avoir une conscience ? Est-ce que… » Il s’humecte les lèvres, et son regard, comme aimanté, se pose sur la croix silencieuse. « - C’est plutôt un guide, qu’un juge, en l’état. Pas comme s’il pouvait faire pire maintenant. » Un compas, qui vous pointe la meilleure solution, comme le long terme et le court terme sont aussi merdidques l’un que l’autre. « - Il faut bien que quelqu’un essaie de prendre les bonnes décisions. » Il termine, les lèvres sèches, dissimulant ses sentiments sous un haussement d’épaules nonchalant. Il ne se prend certainement pas pour un sauveur. Simplement pour le type qui tente de faire tourner le ranch et de ne pas laisser tous les méchants gagner.

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MessageSujet: Re: Can faith really moves mountains? | Wyatt & Andrea   Can faith really moves mountains? | Wyatt & Andrea EmptyVen 4 Jan - 3:19

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« Wyatt et Andrea »

Petite, je croyais aux super-héros. Pas surprenant vu la foi qui courrait dans notre famille. Si j’arrivais à concevoir l’idée d’une présence supérieure qui veillait sur nous de là-haut avec une telle facilité, celle d’hommes avec des super pouvoirs présents sur terre ne pouvait me sembler plus absurde. J’y ai cru longtemps, à l’un comme à l’autre et d’une certaine manière, j’y crois toujours. Il y a de ces gens qui arrivent à se surpasser malgré l’épidémie. Whilelmina qui consacre toujours ses journées à aider son prochain. Abel qui est resté papa malgré l’envahissement de ses terres par des dizaines d’étrangers. Des gens ordinaires qui ont su s’élever malgré le chaos ambiant. C’était peut-être ça son plan, au fond. Quoi de mieux que de mettre l’humanité devant la plus grande épreuve pour séparer les bons des mauvais. Une autre supposition, tout aussi ridicule que la première, mais plus facile à accepter que la réalité. Parce que se laisser aller à l’hérésie, blâmer ce qui nous arrive sur le hasard, c’est aussi admettre qu’il n’y a rien après. Ni enfer, ni paradis. Que maman et papa se sont simplement volatilisés. Alors je m’accroche à mes croyances comme une fillette s’accroche à ses parents. À entendre Wyatt, je ne suis pas seule face à ce dilemme. Seulement, j’ai l’impression que le siens dépasse le miens. Ça a probablement quelque chose à voir avec les événements récents, les complots et les secrets contre Abel. Un mouvement que je n’aurai jamais compris. Il ne faut pas mordre la main qui nous nourrit. Mais est-ce que cette faute mérite une si grande peine? Je ne crois pas. Je n’ai aucune idée de la situation, ni de ce qui viendra, mais si ça avait été de mon ressort, je ne l’aurais pas laissée en cage si longtemps. C’est, selon moi, la meilleure manière d’enrager ses partisans, qui qu’ils soient.

Perdue dans mes pensées, je perds un bout de conversation. C’est tout moi, ça. Distraite, la tête toujours dans les nuages. Si maman était encore là, elle me l’aurait reprochée sur le champ. Elle m’aurait ramené à l’ordre, aurait levé les yeux au ciel, puis m’aurait rappelé qu’elle ne m’avait pas élevée ainsi. Maintenant qu’elle n’est plus là, libre à moi de faire ce que je veux, pour le meilleur et pour le pire. J’ai le don de me foutre dans la merde, de tomber amoureuse des mauvaises personnes. Ça ne fait pas de moi une mauvaise personne. « Si vraiment il est sensé nous guider, je crois qu’y devrait prendre des vacances. La seule chose que j’ai retenu en histoire, c’est que plus le temps passe, plus on se perd. De c’que j’ai vu, on peut toujours faire pire. » Mon regard attiré par le mouvement, je tourne machinalement la tête vers Wyatt, délaissant momentanément la croix au-dessus de l’autel. Je fronce les sourcils, perplexe face à sa manière d’être. Je ne le connais pas énormément. Je l’ai accompagné à la chasse quelques fois, il m’a appris à mieux tirer et je rapporte parfois quelques présents pour son cabot. Ce n’est pas ce que j’appelle un lien fort. Pourtant, je me suis tellement renfermée sur moi-même ces derniers temps qu’il reste l’une des personnes dont je suis le plus proche. C’en est presque triste. « Le truc c’est qu’on peut pas savoir si on fait la bonne chose avant qu’il soit trop tard. J’ai pas vraiment suivi ce qui s’est passé –j’aime mieux me mêler de mes affaires-, mais je sais qu’il y a rien de pire que de perdre une personne qu’on aime, surtout maintenant. J’aurais mille fois préféré mourir avec Dany que devoir continuer seule. » Je ne sais pas trop si ça aide, je ne connais pas trop sa situation. Je ne sais pas quoi dire non plus, alors j’improvise. J’essaie de rassembler les quelques connaissances qu’il me reste de la bible et mes minces expériences de vie pour prodiguer quelques conseils. Mais pour être honnête, j’ai peur de tout empirer et si je le pouvais, j’échangerais ma place avec le pasteur qui git au sol. Peu importe sa rigidité, il aurait probablement été d’une plus grande aide.

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MessageSujet: Re: Can faith really moves mountains? | Wyatt & Andrea   Can faith really moves mountains? | Wyatt & Andrea EmptySam 23 Fév - 23:24


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“- Non, on ne peut pas savoir…” Il murmure en même temps que Andrea parle, chuchotement presque inaudible sous sa barbe. Wyatt a le regard vague, lointain. Comme s’il voyait les fantômes administrait la messe, les sacrements et toutes ses choses qui semblaient avoir tellement de sens, avant. Le prêtre disparaît sous les lumières chatoyantes des vitraux, le sang devient pourpre, les mouches dessinent des contours de stigmates. C’est la grande inconnue de l’équation. Les comptes sont faits à la fin - par Dieu, ou par vous-mêmes qui mettez en tas vos regrets et vos remords, comparez le prix au kilo. Cela le terrifiait étant gamin. Ne pas savoir à quelle sauce il allait être damné. Puis, il avait embrassé le chaos, et fait ses propres choix, un à un, sans se retourner, brûlant ses ponts, assumant chacune de ses erreurs, la poitrine assez large pour sauver tous les chiens perdus, assez musclées pour envoyer au tapis chacun des enculés qui se dressaient sur son chemin. Wyatt expire par le nez, se penchant légèrement en avant, les avant-bras posés sur le banc en face de lui. “- Yeah, j’suis trop vieux pour ça.” Il renifle bruyamment, calfeutrant ses émotions dans sa poitrine. Il n’y a bien que dans une église qu’il se sent vulnérable. Il l’aime bien Andrea, une bonne gamine, une tireuse décente, et elle lui rappelle Erin-qui-est-partie-comme-les-autres, aussi. Ce qui est un autre problème, différent, pas plus facile que Winona. Winona est Judas. Winona mérite ce qui lui arrive et elle ne mérite certainement pas qu’il… “- Il y a des choses pires que survivre à la personne qu’on aime. Surtout maintenant. ” Il avait survécu à la pensée de Vladimir mort. Il avait survécu à la mort de ses parents. Et parents adoptifs. Et ce que cela faisait de lui une mauvaise personne ? Il a le coeur gros comme ça, pourtant. A présent, après tout ça, si Vladimir, Eli lui étaient arrachés… Merde, même Bullet. Il ne tiendrait pas. Ou il tiendrait décalcomanie de ce qu’il était autrefois, et c’était peut-être ça qui faisait peur à voir Abel en deuil. Ce qu’un deuil peut faire à un homme, encore plus maintenant.

Wyatt passe son pouce sur sa lèvre inférieure, le corps porté vers l’avant, le corps porté en avant, comme mesmérisé par cette croix au-dessus d’eux. Jésus n’est pas doué pour les câlins. “- Parce que sinon quoi, on les sauve à tout prix, on crame le reste, et on ne ressemble plus à la personne qu’ils ont aimé ?” Il lui jette un coup d’oeil en coin, son pouce tapotant sa lèvre sans y penser. Il devait pouvoir se lever le matin en n’étant pas trop dégouté avec lui-même. Au final, cela finissait par devenir un compas moral. Et peut-être être quelqu’un que Vladimir peut être fier, que Eli peut aimer. Quelqu’un d’utile au ranch. De solide.

Il peut admettre de ne jamais revoir ses parents, mais il ne peut admettre qu’ils n’existent plus. Il peut vivre dans un monde sans loi, ni Dieu, mais il ne peut vivre dans un monde vide. Dieu c’est l’écho vide des pleurs de l’orphelinat. C’est la médaille de saint froide autour de son cou, réchauffée à force d’y passer le pouce, à force de la porter près de son corps, sous ses vêtements. Pourquoi est-ce qu’il est réconforté par ce simple geste ? Wyatt effleure ses médailles de saints, qui ne brillent plus à son cou, ternies par l’usage. Pourquoi croit-il encore comme un enfant au père noël alors que tout crie à l’oubli de dieu, l’absence de sens et des traîtres partout. Aide-toi et le ciel t’aideras. “- C’était plus simple quand ça avait du sens.” Et pourtant, il ne doute pas. Pour crier contre Dieu, il faut bien que Dieu existe. Wyatt grimace un sourire maussade, un peu trop grand gamin, singeant une moue d’excuse avant de se racler la gorge, sans la regarder.   “- Désolé pour ces conneries. Les églises me barbouillent.”Il avait toujours été sensible, et ouvert. Il parlait de ce qui le tourmentait, toujours, la virilité pourrissante n'était pas son truc. Mais souvent, il n'avait que les oreilles abîmées de Bullet pour l'entendre. Ce n’est pas comme s’il avait encore une amie à qui se confier hein ? Non, Winona avait saisi ses confidences, ses doutes, envers Abel presque Dieu, et avait essayé de les retourner contre lui, contre le ranch. Cela faisait presque aussi mal que de découvrir que Dieu ne sauvait pas vos parents.

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MessageSujet: Re: Can faith really moves mountains? | Wyatt & Andrea   Can faith really moves mountains? | Wyatt & Andrea EmptyVen 1 Mar - 19:16

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« Wyatt et Andrea »

C’est bête d’accorder toujours autant d’importance à un tel endroit. L’église a été profanée. Le corps du prêtre qui git au sol est là pour le témoigner. Les vitraux sont fracassés par endroits et une couche de poussière crasse s’est accumulée un peu partout. La cloche n’a pas retenti depuis si longtemps que la rouille recouvre entièrement le métal. Les murs, eux, se laissent tranquillement envahir par la végétation environnante. Normalement, j’ai tendance à croire que les imperfections définissent la beauté, mais dans ce cas particulier, ce n’est pas l’impression que j’ai. C’est pratiquement triste de voir ce lieu qui était autrefois le pilier d’une communauté si délabrée. L’église a si longtemps dicté nos gestes qu’il me parait presque vulgaire qu’elle soit maintenant oubliée, une ruine parmi tant d’autres. Les temps changent. C’est la vie, aussi horrible soit-elle et il faut s’y adapter. J’ai l’impression que c’est ce que tout le monde autour de moi fait, alors que je suis restée coincée une décennie plus tôt. J’ai du mal à m’adapter et chaque perte me ramène douloureusement vers le bas, à un point où je préfère rester seule.

Je ne suis pas du tout d’accord avec les propos du second Crimson, pour une fois. Je secoue la tête, presque exaspérée. Si on commence à penser ainsi, c’est qu’on ne vaut pas grand-chose. Il ne devrait pas avoir pire que la perte d’un proche. Ce n’est pas logique. Mais en même temps, rien ne l’est vraiment maintenant. Tous ces principes, ces règles ou ces lois auxquelles on s’accrochait se sont envolés depuis longtemps, nous laissant complètement perdus et dénués de guide. On fait comme on peut, mais ce n’est pas fameux. J’ai envie de le rembarrer, de le gifler et de lui hurler qu’il a tort, parce que sinon, plus rien n’a de sens, mais ce qu’il ajoute vient me chercher. Si Erin savait ce que j’étais devenue aujourd’hui, est-ce qu’elle aurait honte de m’avoir retrouvée dans cet état? N’aurait-elle pas préféré ne plus jamais me revoir? Je n’ai plus grand-chose de la Andy d’avant. Ma joie de vivre s’est envolée en même temps qu’elle et parfois, je doute d’un jour la retrouver.

« Tu sais, t’es pas aussi bête que ce que je croyais au départ. » Je finis par lâcher sans prendre conscience de mes paroles. Finalement, je n’ai pas tant changé. Mes défauts ont simplement été exacerbés. Mes qualités, elles, se sont emmurées quelque part dans mon esprit déprimé. « Pardon. » Mon ton baisse un peu, incertaine. Si aujourd’hui on se remémore la simplicité du passé avec nostalgie, avant nous faisions de même avec une époque encore plus lointaine. Les temps changent, les maux évoluent, mais c’est du pareil au même. Nos soucis, peu importe ce qu’ils sont, nous paraissent toujours plus gros dans l’instant présent. Je me rappelle que, juste avant l’épidémie, je faisais face au plus grand dilemme de ma vie, soit me rendre au bal de l’hiver avec ma « meilleure amie » pour envoyer chier les convictions de nos parents beaucoup trop prudes ou me rendre à une manifestation de la PETA pour envoyer promener les producteurs de bœuf locaux. Ça m’avait pris la tête pendant des jours avant que les nouvelles ne se mettent à nous bombarder de flash infos sur la progression de l’épidémie. Maintenant, je me bafferais moi-même pour avoir eu un raisonnement si enfantin. Du coup, je me dis que dans quelques années, si je suis encore en vie, j’aurai probablement envie de me frapper pour m’être tant pris la tête inutilement.

« C’pas des conneries. » Je finis par ajouter pour ne pas laisser le silence s’installer, incapable de bredouiller la moindre syllabe supplémentaire. J’ai l’impression que je viens de manger un gros coup de poing dans l’estomac. J’ai la chance de revoir Erin et je reste plantée là à hésiter, à me questionner, alors que je devrais simplement profiter de cette opportunité que plusieurs n’auront jamais. « C’est moi qui suis conne. Mais bon, sans trop connaître ton problème, je te dirais d’arrêter de t’en faire. Ça finira par se tasser et d’ici quelques années, tu finiras par t’en vouloir de t’en être préoccupé autant. Profite des gens qu’il te reste tant qu’tu le peux encore. » J’espère que sa situation n’est pas trop tragique. Je sais que face au drame, les gens cessent de réfléchir logiquement. La panique prend toute la place et ça les obsède. Si c’est le cas, mes paroles ne feront pas grand sens, même qu’elles se rapprocheront plutôt du cliché qu’on sort pour remonter le moral d’une personne qu’on ne connait pas trop. Mais au moins, j’aurai essayé de faire une différence, aussi infime soit-elle.

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MessageSujet: Re: Can faith really moves mountains? | Wyatt & Andrea   Can faith really moves mountains? | Wyatt & Andrea EmptySam 6 Avr - 17:57


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S’il y a bien une chose qu’il sait faire c’est s’adapter. Caméléon des orphelinats de l’angoisse, pour survivre. Les lieux n’importent peu à Wyatt - on transporte un foyer aussi facilement qu’un doudou au fond d’un sac, et la truffe humide d’un chien contre son cou, une photo pliée dans la poche poitrine. Un foyer n’a de sens que si on peut l’emporter avec soi, il l’a appris tôt. Il a appris aussi à ne pas être amer, à ne pas laisser une nostalgie pour un truc qu’il n’aura jamais le gangréner de l’intérieur. Il a perdu des parents, fois deux. Le canapé de Vladimir sentait plus un foyer que n’importe quoi, y compris la caravane dans laquelle il vit depuis presque dix ans. Il avait eu de la chance.
Il n’était pas comme cette église. Ce n’était plus une église, plus vraiment. C’est juste un lieu, 3 murs et demi, et un vitrail, la toiture prend l’eau. Une coquille vide de foi et de sens. Combien de temps avant qu’il y ait prescription sur le caractère consacré d’un lieu de foi ? Cette merde devait bien s’effacer avec le temps ( et les tripes, et les orages, et les survivants qui se réfugient et sursautent au moindre bruit du lieu désolé  qui ne peut plus rien pour eux). Il devrait plus facilement voir un lieu de foi dans les écuries du ranch qui les maintiennent en vie, ou dans la petite chapelle d’Olympia qui une fois tous les 36 du mois se résigne à faire une messe pour les trois pelés et un tondus qui tiennent encore à ce cérémonial. Mais le pasteur est mort encore un. A ce rythme, ils finiront par devoir se confesser à genoux devant Lazarus. Il n’est pas sûr d’aimer ce type de prières.

“- Merci.” La moue de Wyatt ne laisse pas vraiment discerner le taux d’ironie face au compliment. Il y avait de quoi être insulté par son propos, mais il l’observe avec une étincelle d’amusement - les cavaliers ont l’habitude de croire qu’ils peuvent le prendre pour un compte, jusqu’à franchir une limite qu’ils regrettent aussitôt.  Il n’était pas qu’un cowboy texan chrétien un peu limité du bulbe.
C’est étrange. Plus elle se défait et trahit son trouble, dans sa voix, son attitude, tout son corps que l’homme observe du coin de l’oeil, plus il sent la sérénité grandir dans un coin de sa poitrine. Transfert d’énergies, transfert de troubles, et les deux pêcheurs qui fixent la croix où plus personne n’agonise. Le syndrome du grand frère, de l’oncle qui reprend. Il n’ pas besoin de penser quand il a quelque chose à faire, quelqu’un à protéger, et une assurance à exhiber comme d’autres envoient des photos de leur pénis. “ - Ou bien on sera tous morts et en enfer.” Ce qui n’est pas vraiment réconfortant. Il y a des bouilles qu’il ne tient pas à revoir en enfer.  Le ton est presque guilleret, chantant tandis que Wyatt cherche une cigarette dans ses poches. Celle qu’il ressort est brisée en deux par la dernière incartade où s’il s’est retrouvé. Il tasse gentiment sur le banc de l’église la moitié du tube de papier et les morceaux d’herbe séché à l’intérieur. Cela va se tasser. Mais le même dilemme ressurgira, encore et encore. Il a besoin d’être sûr d’avoir bien fait, mais on ne ressent pas de calme intérieur, de soulagement à faire ce qu’il doit être fait. On a pas la conscience tranquille pour faire ce qu’il faut. C’est des conneries que les prêtres vous rabâchent pour vous ocnvaincre

Il coince sa cigarette entre ses dents et se retourne vers elle, plissant les yeux. Elle est un bordel sans nom, un peu comme lui quand on l’avait tiré de l’orphelinat. Un peu comme lui quand il avait cherché l’appartement de Vladimir sans trouver le serbe. “- Yeah ?” Il lui adresse un signe du menton, parlant dans sa barbe, entre ses dents, en même temps qu’il allume la cigarette sous le regard du Jésus dénué d’âme :   “- Qu’est-ce que tu fous là alors ?”
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MessageSujet: Re: Can faith really moves mountains? | Wyatt & Andrea   Can faith really moves mountains? | Wyatt & Andrea EmptyMar 16 Avr - 21:20

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« Wyatt et Andrea »

“Ou bien on sera tous morts et en enfer.“ Ses paroles m’arrachent un frisson tandis que je fixe obstinément la croix qui nous surplombe. Il n’y a pas longtemps, cette phrase m’aurait fait sourire, presque rire aux éclats. Les mots du plus vieux m'auraient rassurée, auraient eu l’effet d’une étreinte sur mon âme trop épuisée pour mon jeune âge. L’enfer me paraissait un moindre mal en comparaison à ce qui se passe ici. Je voyais Lucifer comme un directeur de camp de jour et Dieu comme un bourreau cruel. Les rôles s’étaient -et sont toujours- inversés, aussi troublant et déroutant que ça puisse être. À y penser, je comprends mieux les agissements des nôtres. Comment exiger des brebis qu’elles se rangent sagement en troupeau s’il n’y a plus personne pour les guider, plus personne pour répondre à leurs appels ? Néanmoins, l’envie d’aller pourrir sous terre n’est plus aussi forte désormais. J’ai beau jouer les dures, agir comme la pire des pestes, au fond de moi j’ai peur de mourir et de perdre le peu qu’il me reste ici. Erin, entre autres. Je n’ai aucune idée de ce à quoi notre relation ressemblera maintenant, parce que je me doute qu’on ne pourra pas reprendre les choses où on les avait laissées, surtout après ces retrouvailles catastrophiques. Mais au moins, elle est là. Je n’ai pas envie de la perdre à nouveau.

Un soupire s’échappe d’entre mes lèvres, exaspérée par mes enfantillages. Je sais que le mieux à faire est d’aller lui parler. Plusieurs me le disent et au fond de moi, j’en ai envie. J’ai le goût de la revoir, qu’importe à quel point ça fait mal. Pourtant, je n’arrive pas à me bouger le cul. Je reste cloîtrée dans ma carapace, complètement lâche. Je me demande ce que Jésus dirait de moi s’il me voyait aller. Quant à mon voisin, je crois savoir ce qu’il en pense. « J’en sais trop rien. » Je n’ai pas envie de m’étaler plus que ça. Je pourrais me lancer sur un monologue tellement j’en ai long sur le cœur. Déjà, avant l’épidémie, je ressentais comme un mal être permanant que je faisais taire dans les bras d’étrangers. J’ai toujours eu l’impression d’être de trop. Mon géniteur s’est fait la malle quand j’avais à peine cinq ans. Par la suite, une kirielle d’hommes ont été de passage dans le lit de ma mère et dans ma vie. Mon beau-père est resté, mais il ne m’a jamais porté dans son cœur. Il ne le cachait même pas, comme je ne lui cachais pas la haine que je ressentais à son égard. S’il y a bien une chose que j’ai apprise en grandissant, c’est que tout le monde finit par partir. De nos jours, les départs se font encore plus rapidement. Mais Erin, je ne l’aurais jamais cru capable d’une telle chose. Je sais qu’il doit y avoir une raison. Je devrais la laisser s’expliquer, nous donner une seconde chance. Mais une partie de moi m’empêche de faire le premier pas pour l’instant.

« Je suis désolée, je sais que je suis loin d'être la personnalité la plus marrante du Ranch depuis un moment. » Je ne suis pas la pire non plus. Chez les Crimsons, il y a des gens que j'évite comme la peste uniquement à cause de leurs visages antipathiques. Je les juge sur leur physique, alors qu'ils sont probablement juste brisés pour la plupart. Ça a été le cas un moment avec Wyatt. Je le prenais pour un vieux exécrable à la Abel. C'est le bon vieux Bullet qui a fini par me mettre la puce à l'oreille et je ne l'ai pas regretté. Je me suis trouvée un mentor, quelqu'un pour me débarrasser enfin de Winnie et de tout ce qu'il représente.


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MessageSujet: Re: Can faith really moves mountains? | Wyatt & Andrea   Can faith really moves mountains? | Wyatt & Andrea EmptyJeu 30 Mai - 10:13


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Wyatt renverse sa tête en arrière dans le silence de cathédrale - le simple mouvement fait craquer sa nuque, et le son se réverbère contre les arcades, s’envole comme le son des clochetons muets. Le regard est perçant sous les yeux plissés, fatigués, le début des pattes d’oies qui lui étirent un sourire aux coins des yeux. Il comprend, mais ne dit rien. Ses tatouages forment un palimpseste qui réécrit une histoire différente des cicatrices qu’ils recouvrent en courant sur sa peau, de son poignet à son coeur. Il ne va certainement pas partir comme ça. Cela lui file des boutons, la chair de poule, et surtout le renvoie à des souvenirs qu’il n’a jamais cru enterrés. Ils croient comprendre, mais leur sollicitude aux lèvres pressées n’est qu’une mascarade. Rien à voir avec le coup de poing dans l’estomac de se sentir de trop, le mutisme d’observer les scènes en espérant que personne ne vous rappellera de prendre ses affaires, l’affiche avant qu’on ait le temps de vous remettre à votre place, les post-its sans mot affectueux, et les tupperwares à demi-vides, boufés par les mouches, le sac à dos qui sert de chez soi et d’aide mémoire d’une vague chaleur humaine, décrypter les silences, la façon de faire la vaisselle, la porte qui claque, le sac qui tombe au sol, chaque mouvement.

Wyatt ne fait pas mine de bouger, plier bagage, escorté de ses pas spirituels contre les dalles, rien ne pouvait lui faire à quelqu’un ce qu’il ne voulait pas qu’on lui fasse.  “- Hmm.” L’homme a une moue qui sonne dubitatif sous sa moustache, mais ses traits sont chaleureux. De la douceur drue, qui l’observe comme pour la jauger, comme pour savoir si elle a grandi depuis la dernière fois que Jésus l’avait vu. “- Mais tu n’es pas loin de la personnalité la plus marrante du Ranch.” Wyatt pose la main sur sa poitrine, moqueur.  Il s’incline un peu, se déplaçant sur le banc dans un grincement de vieux bois attaqué par les insectes et de froissement du tissu contre les holsters. Le pire c’était qu’avec son humour à deux balles, grivois, noir, jaune et surtout arc-en-ciel, Wyatt n’était pas loin de la vérité - il était en tout cas largement au-dessus de la moyenne régionale de la vallée, talonné d’une barbière, de sa soeur… il devrait peut-être trouver un âne et le nommer Mickey, en fait.

Il la heurte doucement de l’épaule, le plus léger des contacts, tout juste assez tangible pour lui rappeler qu’il est là, lui. A rompre la sérénité de l’endroit autant qu’à l’écouter. Il n’y a strictement rien qu’elle puisse lui dire qui pourrait choquer Wyatt - contrairement au fils sans mère d’en face.   “- Je vais te laisser en tête à tête avec le tout-puissant alors… Je crois que tu as autant besoin de crier dans le vide que moi.“ Il époussette son chapeau sur sa cuisse, avant de se relever, le banc de bois grinçant comme un concerto d’orgue dans la chapelle. Wyatt désigne du pouce et du menton le vieil confessionnal de bois qui trône contre l’un des déambulatoires, piqueté par les insectes qui festoient sur ses lattes. Le secours qu’il y avait trouvé, trois vies avant, avait toujours été doux-amer, n’empêche c’est plus facile de parler quand on a pas besoin de regarder quelqu’un, que vos tourments sont réduits à un murmure dans la pénombre, éthéré, sans lien avec la réalité de l’extérieur, avec vous.  Il expire lentement, fixant un vitrail ébréché, au-dessus du visage d'Andrea “- Mais si tu veux faire un coup de jeu de rôle... “ Maintenant ou dans les écuries, le regard de Wyatt se pose, un peu adouci, un peu vieilli sur la jeune femme ; elle peut lui parler.  Il avait des oreilles pour entendre, un vocabulaire de charretier pour désarmorcer la situation.  

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