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 It doesn't feel right and it doesn't feel fair ☾ Lucan

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MessageSujet: It doesn't feel right and it doesn't feel fair ☾ Lucan   Sam 10 Nov - 18:32


Lucan Ari
« Boo, you whore »
Ari avait passé la matinée à travailler dans le camp, principalement à nettoyer les cabanes où logeaient tous les réfugiés du ranch. Si elle n’était guère sociable, la jeune femme était vaillante et se laissait difficilement déconcentrer de son travail. Les tâches répétitives lui permettaient de ne pas penser au mauvais, à tout ce qu’elle voulait garder loin dans les recoins sombres de sa mémoire, à tout ce qui faisait mal. Aussi était-elle plutôt du genre à se trouver le plus de choses à faire possible qu’à bayer aux corneilles, ce qui en faisait une bonne recrue, espérait-elle. A défaut de beaucoup se battre, elle déployait une grande énergie à rendre le campement le plus agréable à vivre possible en le maintenant en état, que ce soit en nettoyant, en bricolant ou en prenant soin des animaux. Les animaux étaient un plus au ranch. De meilleure compagnie que les humains, ils avaient un effet calmant sur la jeune femme. Les animaux étaient dépourvus de malice et de méchanceté contrairement aux gens. Ils n’étaient pas pervers. Un frisson parcouru sa nuque et firent s’y hérisser ses petits cheveux.

La jeune femme du s’arrêter un instant pour retrouver ses esprits, les yeux fermés, respirant profondément. Tout bas, elle murmura :

- Bear Island, Rattlesnake Island, Birch Island, Steamboat Island, Jolly Island, Camp Island, Little Camp Island, Mink Island…

Le calme revint et Ari rouvrit les yeux, plus sereine. Lorsqu’elle sentait la panique ressurgir, elle énonçait le nom des îles sur le lac Winnipesaukee qui bordait Meredith, la ville où elle était née et où elle avait vécu jusqu’à ses quinze ans. Ses quinze ans de vie normale et merveilleusement insipides – c’était bien parfois, les choses inintéressantes, ça voulait dire qu’il n’y avait pas de problème.

La dernière cabane était rangée et nettoyée, laissant Ari désœuvrée… D’un pas déterminé, elle songea à aller ramasser du bois pour le feu et pris donc le chemin du bois, non sans passer d’abord par sa propre cabane pour prendre son arbalète pliante. La zone était isolée et donc potentiellement dangereuse. La jeune femme l’accrocha à sa ceinture et prit la direction des pâturages. La jeune femme dépassa les écuries et les étables avant de s’engager dans les champs herbeux. Non loin, un homme était déjà là, à côté de sa monture qui broutait – les chevaux devaient toujours être surveillés car ils étaient précieux.

Son cœur manqua un battement. Même après tout ce temps, elle aurait pu reconnaître cette large, haute et puissante silhouette entre toutes, cette façon de se tenir : L’arbre. Enfin, ce n’était pas littéralement un arbre, mais lors de leur… percutante première rencontre, c’est ce qu’elle avait cru tant il était charpenté. Un sentiment de colère et de tristesse déferla en elle comme une vague. Une rancœur enfouie, un sentiment d’abandon qui lui revenait en plein visage maintenant qu’elle le revoyait. Ari s’avança furieusement dans le dos de Lucan et donna une vive poussée contre ses reins. La jeune femme ne le fit pas bouger d’un iota mais elle s’y attendait. Le but était juste d’attirer son attention en lui faisant bien comprendre qu’elle lui en voulait. Le visage levé vers celui du rider, elle semblait au bord des larmes, les yeux brillants d’une humidité contenue difficilement, mais sa bouche était crispée en une petite moue de détermination farouche malgré son menton tremblant. Ari attendait que ce soit lui qui prenne la parole, notamment parce qu’elle avait peur de perdre le peu de contenance qui lui restait et que sa voix fasse des trémolos ridicules.
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MessageSujet: Re: It doesn't feel right and it doesn't feel fair ☾ Lucan   Sam 10 Nov - 23:31


Lucan Ari
« Boo, you whore »
C'était pas un coup de poignard, juste un poing fermé là, dans son dos. Lucan ne bougea pas : certains ici avaient des raisons de le frapper et qu'elles soient bonnes ou mauvaises importaient peu. Il inspira, prêt à soupirer comme il soupirait toujours, se rappela du parfum ou bien l'imagina. Même pas un vrai parfum en vérité, juste un souvenir de fleurs et de groseilles, quelque chose de doux et diffus, quelque chose de triste aussi. L'homme eut peur, peur de se retourner, de découvrir qu'il s'était perdu dans un rêve. Trop rêver, cela était dangereux, pourtant il se souvenait encore...
Parce qu'il s'était retourné, Lucan, alors que l'autre groupe s'éloignait, emmenant Ari avec eux. Il s'était retourné, les yeux fixés sur la silhouette fragile de plus en plus loin, il avait son nom sur les lèvres et peut-être un peu sur le coeur, mais pas de voix pour le crier.
Mon nom à moi, est-ce que je te l'ai dit?
Il ne savait plus, il se souvenait juste de la peur de la jeune femme, du fait qu'il ne lui inspirait rien d'autre et qu'elle ne savait pas quoi faire de toute cette foutue douleur qu'elle portait en elle. Cette douleur qu'elle osait même pas regarder. Et puis elle sentait les groseilles, du moins il l'imaginait. Il imaginait beaucoup de choses Lucan, comme ce poing dans son dos, pas vrai?

Prêt à affronter le néant, l'homme se retourna: elle était là, comme un fantôme. Elle, parce qu'encore une fois il n'avait pas de voix pour autre chose. Sur le couteau qu'il lui avait donné, son nom à lui était gravé, peut-être l'avait-elle lu, peut-être qu'elle avait jeté le couteau aussi. Il pouvait s'en passer des choses, tellement de choses...
Alors ils se faisaient face, elle au bord des larmes et lui au bord de tout, chacun immobile comme une statue de douleur. Il ne savait pas quoi faire, Lucan, savait juste ce qui était interdit : la toucher. Est-ce qu'il voulait la toucher?

”Ari.”

Dire son nom ne l'effaça pas, la jeune femme était bien là devant lui. Pourquoi? Il aurait préféré l'imaginer en sécurité là où elle voulait être. Elle ne voulait pas être ici, personne ne voulait être ici. Quoi qu'on en dise, le ranch était un purgatoire. Ils y survivaient, ils y survivaient même plutôt bien,...

”Quelqu'un t'a embêté?”

Une question idiote, d'un coup c'était son poing à lui qui se fermait, comme prêt à agir, prêt à frapper. Défendre les autres, pas trop son truc à Lucan, mais il y avait Ari. Ari, trop longtemps obligée de se défendre seule, de souffrir, et lui il n'aimait pas ça. Un instant, l'homme hésita à lui demander de le taper encore. Elle ne parlait toujours pas, les rayons du soleil dessinaient sa silhouette étrange (pourquoi, parce qu'ils n'étaient pas au milieu des bois?) mais Lucan craignait encore que ce ne soit qu'un fantôme, là devant lui.
Le chemin poussiéreux, se retourner, la suivre du regard, espérer que..espérer que quoi, qu'elle se retourne aussi quand il n'avait pas de place pour elle là où il désirait se rendre?
Aujourd'hui, ils étaient dans une pâture, l'herbe était sèche sous leurs pieds et le cheval plus loin la mangeait avec plaisir. Lucan aurait du surveiller le cheval, ses yeux restaient sur Ari. Il ne l'avait jamais quitté du regard en vérité, la portant en lui, elle, son souvenir, dans un des recoins étranges de son esprit. Et, de temps en temps, Lucan pensait à un parfum de groseille, fermant les yeux avant de vraiment se souvenir de la silhouette perdue dans les bois. Avant qu'elle n'apparaisse, oui.

Elle était là désormais.

Elle le voyait en plein soleil, sans couches de vêtements pour les dissimuler à moitié contre le froid. Il ne faisait pas froid ici, et qu'est-ce qu'elle pensait alors, elle, l'esprit des bois, du visage de Lucan qu'elle voyait enfin sans artifice? Un visage que beaucoup trouvaient ingrat, aussi l'homme baissa les yeux finalement comme il en avait l'habitude, le regard vague, préférant ne pas lui imposer la vision de plus de choses moches dans la vie. Elle en avait déjà eu pas mal après tout....

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MessageSujet: Re: It doesn't feel right and it doesn't feel fair ☾ Lucan   Dim 11 Nov - 14:57


Lucan Ari
« Boo, you whore »
- Ari.

La jeune femme frémit. Ainsi se souvenait-il quand même de son prénom qu’elle lui avait lâché juste avant de se retourner pour ne plus jamais de voir. Pour toujours, pensait-elle. Et voilà que les destin – ce sale con – les réunissait dans un ranch Texan, rare havre en plein cœur d’une apocalypse digne d’un roman de science fiction. Lui, faute de lui donner son nom, lui avait donné son couteau. Ari avait eu le temps de l’observer sous tous les angles en huit ans : il y avait un mot gravé sur le manche : « Lucan ». Elle avait supposé que c’était son prénom à lui. Même si pour elle, il serait toujours l’arbre.

- Quelqu’un t’a embêté ?

Cette fois, son sang ne fit qu’un tout et elle se mis à marteler son torse puissant de petits coups de poings furieux et – ne nous le cachons pas – résolument comiques vu leur différence de gabarit. Ce faisant, elle pesta de sa voix qui montait dans les aigus à chaque fois qu’elle était en colère ou bouleversée :

- Oui, toi !! Tu m’as abandonnée ! Tu m’as laissée sur le bord de la route comme un chien dont on se débarrasse avant les grandes vacances !

Ce n’était pas tout à fait vrai car il l’avait au moins laissée avec une famille, pas seule. Mais Ari, cela revenait au même. Le sentiment d’abandon avait été le même, vif et cruel comme la morsure d’un fer rouge. Presque autant que la morsure de…

Ari vacilla et recula de deux pas en titubant un peu, pâle, le visage en sueur. Elle haleta à mi-voix, les yeux clos :

- Bear Island, Rattlesnake Island, Birch Island, Mink Island, Timber Island, Round Island…

Une profonde inspiration et Ari rouvrit les yeux, l’air hagard, encore tremblante. Elle se mit à rougir violemment, honteuse d’avoir fait le début d’une crise devant Lucan, qu’elle s’affichait en faible après ces huit années, comme si elle n’avait pas pu évoluer depuis. Dans un sens, c’était le cas. La jeune femme se sentait piégée dans un bloc de gelée, figée dans le temps, quand tout le monde autour d’elle semblait avancer bien plus vite. Lucan aussi avait du changer. Il avait du mûrir, lui.

Maintenant qu’elle était face à lui avec un peu de recul, elle prit le temps de l’observer, plissant ses yeux noisettes aveuglés par le soleil de plomb. Ça avait quelque chose d’étrange de le voir comme ça en terrain dégagé, sans les ombres joueuses des arbres de la forêt, là, dans la lumière crue. Le ranger n’avait jamais été très beau selon les standards de beauté, mais à force d’observation – et même maintenant sans le moindre artifice – la jeune femme lui avait toujours trouvé quelque chose d’attirant qui résidait dans son apparence atypique. Il avait quelque chose. On ne pouvait que le remarquer. Et même maintenant, alors qu’elle lui en voulait et qu’elle avait envie de lui mettre la tête dans la terre, une tendresse bizarre et sous-jacente lui murmurait de ne pas le blesser, d’être gentille avec lui… Parce que peut-être que le destin n’était pas si bête de les avoir fait se retrouver.
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MessageSujet: Re: It doesn't feel right and it doesn't feel fair ☾ Lucan   Dim 11 Nov - 23:51


Lucan Ari
« Boo, you whore »
Les poings résonnaient contre sa peau, comme un triste battement de coeur. Et Lucan ne savait plus ce qu'il entendait de plus fort, des mots d'Ari ou de sa violence. Il revoyait la silhouette éthérée au regard fou, qu'il avait recueilli en urgence chez lui, ne sachant pas s'il invitait un spectre, un fantôme ou un esprit alors même que Lucan préparait sa fuite.
Et lorsque elle, elle le regardait, il y avait toujours la peur. Comme si les zombies n'existaient pas, comme si la seule méchanceté au monde était dans le coeur de Lucan. L'homme avait deviné qu'aucun mot ne serait assez fort pour la contredire, pas après ce qu'Ari avait vécu, porteuse de traumatismes qui ne partiraient pas.
Mais Lucan détestait être pris pour un monstre....
Il ferma les yeux, devant lui la jeune femme tentait de ne pas céder à la panique. Parce qu'il y avait des monstres accrochés à son cou, parce qu'il il y avait des cicatrices sur sa peau, sauf qu'elle devait survivre...
Et Lucan cessa d'être calme, yeux à nouveau ouvert, attrapant le poignet de la jeune femme à la fois avec force, à la fois sans la toucher aussi. Sa grande main parvenait à entourer les os fragiles sans imposer de contact.

”Abandonnée? Tu avais peur de moi, tu ne croyais absolument rien à ce que je disais... Te laisser rester avec moi, c'était te condamner parce que ta peur t'aurait poussé à faire une connerie à un moment ou un autre et que j'aurai rien pu faire parce qu'il n'y a aucune putain de règles dans une apocalypse”, tonna-t-il. Pourtant il ne criait pas : on ne crie pas quand on est au désespoir, c'est comme ça...

”Tu n'avais même pas voulu me dire ton nom, Ari. Tu ne pouvais même pas dire quand tu avais mal, quand tu avais faim. Et moi aussi j'étais terrorisé, terrorisé d'être impuissant face à tout ce merdier et aussi face à toi. Je pouvais pas te sauver, la seule manière que j'avais de t'aider, c''était de te confier à des gens”, et sa voix se brisa.
“A des femmes, notamment...”


Parce que lui était un homme et donc un monstre. D'ailleurs, il en avait l'apparence, et puis se rappelait aussi de chacune des accusations de la jeune fille, là, dans la forêt. De ce qu'elle disait, de tout ce qui se cachait dans ce qu'elle disait.
Avait-elle tort, d'ailleurs, n'était-il pas en train de l'attaquer, là, maintenant, silhouette menaçante, bien trop grande? Il la lâcha. Durant cette altercation, malgré le geste, Lucan n'avait pas fait un seul pas en direction de la jeune femme. Il ne pouvait pas, il ne devait pas. Cela appartenait aux frontières à ne jamais franchir....

”Regarde moi, maintenant”, finit-il par souffler. Et le temps entre eux était un silence, une douleur.
”Regarde-moi, j'aurai fini par te faire mal.... Je sais peu de choses mais je sais au moins que je suis une brute. J'ai juste voulu te protéger....

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MessageSujet: Re: It doesn't feel right and it doesn't feel fair ☾ Lucan   Jeu 15 Nov - 0:32


Lucan Ari
« Find me, in another place and time »
Plus vivement et précisément que ne le suggérerait sa carrure de colosse, Lucan entoura son poignet de sa main sans le toucher, sa poigne assez grande pour faire le tour des os délicats sans effleurer sa peau. Ari se figea, les yeux écarquillés Elle le regardait d’un air interdit, effrayé, comme si elle craignait qu’il ne lui rende ses coups, comme un autre l’avait fait avant lui. Sa voix tonnait contre ses tympans comme s’il lui criait dessus, mais il ne criait pourtant pas, c’était les souvenirs douloureux qui se superposaient à la scène qui se déroulait dans le présent.

- Abandonnée ? Tu avais peur de moi, tu ne croyais absolument rien à ce que je disais... Te laisser rester avec moi, c'était te condamner parce que ta peur t'aurait poussé à faire une connerie à un moment ou un autre et que j'aurai rien pu faire parce qu'il n'y a aucune putain de règles dans une apocalypse.

Somme toute, elle aurait été un boulet… Mais elle ne pouvait pas vraiment le blâmer de penser cela, surtout il y a huit ans de ça, même si elle ne pouvait s’empêcher d’être un peu vexée. C’est vrai qu’elle n’avait rien d’une aventurière, la petite fille modèle, produit insipide du rêve américain, alors pétrie de traumatismes encore vivaces et ignorante du nouveau monde qui était le leur à présent.

- A des femmes, notamment…

Son cœur manqua un battement. Ainsi, il savait. Il avait deviné. Comment avait-il pu savoir qu’elle avait plus de mal avec les hommes qu’avec tous les autres gens ? Lucan était peut-être bien plus sensible qu’elle ne le pensait, plus attentif. Ari ne savait plus comment se sentir, en étau entre la peur suscitée par le vif éclat du jeune homme et la stupéfaction sincère. Gênée, la jeune femme détourna la tête pour regarder l’herbe jaunie, sèche. Lucan la lâcha soudain et Ari recula d’un pas supplémentaire, comme par réflexe, protégeant son visage en levant les bras en croix devant son visage détourné, la tête légèrement rentrée dans les épaules.

- Regarde moi, maintenant.

Ari tressaillit et, après une seconde d’hésitation, baissa les bras et le dévisagea avec ses grands yeux de lapin pris dans les phares d’une voiture.

- Regarde-moi, j'aurai fini par te faire mal… Je sais peu de choses mais je sais au moins que je suis une brute. J'ai juste voulu te protéger…

Son regard se promena sur la musculature de l’homme qui lui faisait face et elle couina dans un filet de voix :

- Vraiment ? Tu m’aurais frappée toi aussi ? Tu en avais envie ?

Ari ne voulait pas le croire. Pas Lucan. S’il avait vraiment voulu lui faire du mal, il avait eu plusieurs semaines pour le faire, le temps où ils avaient voyagé ensemble, avant qu’il ne la laisse à d’autres. La jeune femme hésita puis fit un pas vers le raider, soutenant son regard.

- Je ne te crois pas.

Encore une fois. Sauf que pour les rôdeurs, elle avait été forcée de constater qu’elle se trompait. Ari espérait avoir raison pour cette fois-là...[/color]
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MessageSujet: Re: It doesn't feel right and it doesn't feel fair ☾ Lucan   Jeu 15 Nov - 16:32


Lucan Ari
« Boo, you whore »
Elle s'approche, la maigrelette, et ce fut assez pour que Lucan ne puisse soutenir cela. La part la plus sauvage qu'il pouvait cacher en lui porta son corps jusqu'à ce qu'il ne fasse un pas en arrière. Un ballet étrange entre l'homme et la femme, un ballet qui ne possédait qu'un seul pas, sans que jamais aucun des deux ne puisse totalement se rejoindre si ce n'est dans les yeux.
Parce qu'ils s'accrochaient du regard, ne se quittaient pas, furieux l'un et l'autre, emplis d'une violence certaine parce qu'au fond, c'était plus rassurant que de ressentir autre chose.
Elle ne voulait pas le croire, Ari, elle ne voulait croire aucun homme.
Lui faire du mal, Lucan le pouvait. Il n'avait besoin que d'une seule action pour cela, sans lever la main, sans la frapper d'un coup quelconque.
Juste pencher la tête et ce corps qu'il avait trop grand un peu. Pencher la tête et l'embrasser. Le geste était comme un fantôme qu'il portait en lui sans pour autant le libérer. Parce que dans un baiser pouvait se cacher beaucoup trop de choses....

Depuis le premier regard, il la portait en lui comme un oiseau blessé, comme beaucoup d'autres choses aussi. Une ombre de la forêt, un esprit étrange qui lui était apparu comme pour calmer la menace des wendigowak. Mais il ne fallait pas la toucher, au nom de tous ses secrets... Ari, même le nom qu'elle lui avait donné, ce n'était pas le vrai. Ce n'était pas tout à fait le vrai.

”Que s'est-il passé, là bas?”

Une autre question pour ne pas répondre à la sienne. Lucan regarda la jeune femme un peu plus, la détailla. Pas de cicatrices visibles, pas de marques de violence, ils avaient déjà récupéré au ranch des gens bien plus abîmés physiquement.
A condition qu'ils puissent guérir....
Et Lucan n'osa pas lui raconter les moments de solitude avec juste le silence de leurs actions et la chaleur du cheval portant le poids de l'homme. Raconter lorsque l'Indien portait les yeux vers l'horizon, sourd aux murmures des autres cavaliers puisqu'en raid, personne n'était laissé seul, à l'écart, se demandant s'il pouvait.
Pouvait donner un coup de talon, éperonner sa monture, espérer. Espérer échapper aux autres, gagner les chemins par lesquels il était venu et s'en aller jusqu'à une autre forêt peut-être, pour enfin invoquer le drôle d'Esprit que pourtant Lucan lui-même avait chassé.
Des regrets, Ari, le nom de ses regrets à lui. Ils en portaient tous, hommes et femmes, et Lucan n'était pas meilleur qu'un autre à ce jeu.

”Tu es venue seule, il y a quelqu'un d'autre avec toi?”

Questionner, Lucan ne savait rien faire d'autre. Il parlait par les gestes et les regards, il questionnait par les mots, et ce baiser qu'il voulait lui donner restait entre eux, ne passait pas. Comment vais-je faire, disaient ses yeux, comment vais-je faire car je peux mourir de trop de choses, je peux mourir de ne plus pouvoir te regarder ou de te voir avec un autre.

”J'aimerai ne pas te faire peur, pouvoir te prendre les mains.”

Menteur, il ne voulait pas faire que cela, mais les lèvres d'Ari étaient de celles que l'on embrassait pas....

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MessageSujet: Re: It doesn't feel right and it doesn't feel fair ☾ Lucan   Mer 2 Jan - 22:36


Lucan Ari
« Find me, in another place and time »
– Où ça, « là-bas » ? C’est un peu vague vu le temps qu’il s’est écoulé. Je ne sais même pas si si tu parles d’après notre rencontre ou av-avant…

Sa voix se brisa sur le dernier mot. Ari espérait de tout cœur qu’il ne parle pas de la cabane isolée qui avait été son minuscule cadre de vie pendant cinq ans. Cinq ans de vie perdue, viciée. Non… S’il avait voulu lui poser des questions sur cette époque, il l’aurait fait quand il l’avait récupérée. A moins qu’il pensait qu’à présent, suffisamment d’eau avait coulé sous les ponts. Mais toutes les mers et tous les océans pouvaient couler sous les ponts que ce ne serait jamais assez d’eau. Même en admettant qu’il parlait d’après, ça faisait longtemps, ça faisait beaucoup de route. Et puis à quoi ça l’avançait de le savoir ? Si ça l’intéressait, il n’avait qu’à rester avec elle.

”Tu es venue seule, il y a quelqu'un d'autre avec toi?”
– Qu’est-ce que ça peut te faire ?, siffla-t-elle du tac-au-tac, non sans une certaine fureur. Néanmoins, elle laissa planer un silence de quelques secondes avant de répondre plus calmement :

– Je suis venue seule. Pourquoi ? Tu es jaloux ?

Ari ne se savait pas aussi mesquine, aussi prompte à vouloir le pousser dans ses retranchements. Mais comme il ne faisait qu’esquiver ses questions, Ari avait d’autant plus envie de l’interroger. Lorsqu’ils cheminaient ensemble, elle le taquinait déjà, mais c’était bien plus bon enfant. Depuis son abandon, l’amertume avait teinté ses envie de chamailleries.
La dernière réponse de Lucan la fit légèrement souffler du nez. Il était définitivement jaloux. Lentement, Ari mis ses mains dans son dos.

– Ça aurait pu se négocier si je n’avais pas perdu ta trace toutes ces années… Pour ce que j’en sais, tu as pu changer de façon drastique et je ne peux pas compter sur toi. Ça fait tellement longtemps, est-ce que tu es toujours le Lucan que j’ai connu dans le Maine ? Est-ce que je suis toujours l’Ari que tu as rencontré là-bas également ?

Nous voilà revenu à zéro, voilà ce qu’elle voulait dire. Autant par conviction que par basse vengeance. Peut-être même un petit peu plus par vengeance que par réelle conviction, bien qu’elle n’aimait vraiment pas être touchée. Ari avait l’impression d’être sa mère et elle n’en était pas vraiment fière. Elle aussi s’adonnait au chantage affectif lorsque le comportement de son mari lui déplaisait, or, le père d’Ari avait toujours été un esprit libre – voire trop libre, même elle avait pu s’en rendre compte même si elle était sa fille et qu’il faisait des efforts pour qu’elle ait une bonne image de lui.
Il y avait quelque chose de perturbant et rassurant à reproduire le schéma de ses parents, de leur couple bizarre. Même lorsqu’elle était adolescente, elle trouvait le fonctionnement de leur couple suspect. S’aimaient-ils seulement ou se toléraient-ils ? Ils avaient toujours eu l’air de deux aristocrates qu’on avait marié par convenance et qui avaient appris bon gré mal gré à se supporter entre deux rares moments d’affection tordue, tels deux protagonistes de Downton Abbey version scandaleuse.
Ari n’irait pas jusqu’à dire qu’elle se considérait comme un couple en devenir avec Lucan – loin de là – mais il y avait de quoi comparer.
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MessageSujet: Re: It doesn't feel right and it doesn't feel fair ☾ Lucan   Jeu 3 Jan - 0:30


Lucan Ari
« I love you without knowing how, or when, or from where. »
Les choses étaient ainsi, cruelles, autant de blessures de plus pour l'un comme pour l'autre. Que pouvait-il être, que pouvait-il faire? En elle, une croix à porter, car il était une bête aimant la belle et comme une bête, il déchiquetait ce que sa main pouvait attraper.
La jeune femme avait raison de ne rien lui tendre, cela valait mieux. Il avait tout détruit une fois, la confiant à des gens qu'il espérait plus capable que lui. Il avait tout détruit, et le poids de sa faute s'inscrivit alors sur son visage.

”Qui était-il, ce Lucan dont tu te souviens?”
Le jeu des questions encore et toujours. Un souffle de vent agitait quelques mèches brunes contre le visage de la jeune femme.

”J'ai tué sans doutes tout autant que j'ai épargné, peut-être plus, peut-être moins, voilà qui je suis aujourd'hui. Avec ton souvenir en moi, toujours, quand bien même un souvenir ce n'est jamais assez.”

L'homme hocha la tête alors, incapable de faire plus, droit, terriblement droit face à Ari. Trop grand, trop massif, trop lui, toujours trop lui. Elle avait eu peur qu'il ne la touche, soit comme Manuel ou pire peut-être parce qu'Ari possédait une intelligence acérée et une compréhension du monde propre à lui faire savoir que le pire existait toujours.
Alors, qu'avait fait Lucan, comme le dernier des abrutis? Petit à petit, il était tombé amoureux d'elle, des ombres sur son visage, du regard étrange qu'elle posait sur la Forêt, sa Forêt et du bruit de ses pas sur les chemins qu'ils traçaient.
Sa voix, sa manière de parler, d'écouter, de demander ou réclamer tout à la fois, sa manière d'essayer de le rassurer, le rasséréner lui, pour lui prouver que les morts restaient morts.
Que les wendigos n'existaient pas.

”Oui, je suis jaloux. Et là bas....les gens à qui je t'ai confié. Pour ne plus que tu aies peur la nuit à te demander quand. Quand j'allais t'attaquer et te faire mal moi aussi...”

Répondre aux question, c'était comme s'arracher des bouts de coeur, se détester de devoir se mettre à nu ainsi, s'expliquer.
Car Lucan Longshadows, énigme de la nature pour beaucoup, ne s'expliquait normalement jamais.

”Ce qu'il y a eu avant, tu ne voulais pas en parler, Ari. Tu me disais que de toutes façons, j'étais déjà au courant de tout puisque complice de lui. De Manuel. Tu m'es tombée dans les bras, pieds nus, en chemise de nuit...je ne savais même pas si tu étais réelle, je venais de voir un rôdeur pour la première fois. Mais tu étais frigorifiée... Et t'étais bien là en fait, avec chacune de tes blessures quand moi je sais à peine avancer trois mots. “

Dégoût. Dégoût envers lui-même de n'avoir pas été un chevalier blanc, quelqu'un capable de la consoler un peu, juste un peu.

”Voilà les réponses à tes questions. Tu me manques, tes piques me manquent, et je parle à nouveau comme un idiot. Je me conduits aussi comme un idiot... C'était pour ça, la forêt, pour que personne voit combien j'étais réellement ridicule en vrai. “

Un soupire, les épaules qui se haussent dans un geste de désespoir profond.

"Et t'es là, à me courir et me tomber dessus presque, comme la première fois. Comme si quelque chose avait eu pitié de nous pour qu'on se revoit, sauf que je te fais du mal par ma simple présence et que tu me détestes. Je sais pas quel genre de pouvoir peuvent avoir les mots, mais je suis désolé. J'aurai voulu t'escorter dans un lieu de bien, avec des personnes de bien, j'aurai voulu que tu n'aies pas à supporter une bête comme moi plus longtemps..."

● ● ● ● ●
let my memory of
you be like a blade in my
soul
by wiise


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