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 (XXI) the blinding power of denial

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MessageSujet: (XXI) the blinding power of denial   Ven 6 Juil - 21:34


Peyton Abel
« the blinding power of denial »

La fuite n’avait pas arrangé quoi que ce soit, mais elle avait au moins eu le mérite d’éviter à Abel d’essuyer sa colère sur un lambda du ranch à défaut de démolir Caden. Ou Peyton, pour ce que ça valait, car il aurait été fort probable qu’il brise ses principes vis-à-vis d’elle si d’aventure il avait tenu à rester dans la même pièce que son frère et qu’elle plus d’une poignée de secondes. Une putain de poignée de secondes, c’était là plus qu’il n’en avait fallu pour qu’il se trouve au mauvais endroit au mauvais moment, que son regard entr’aperçoive une scène qui avait fait remonter de ses entrailles une rage noire.
C’est qu’il n’avait pas vraiment cru à ses paroles, le cavalier, ou plutôt qu'il ne l’en avait pas crue capable, et certainement pas sous son toit. Certainement pas si vite ; la réalisation de son erreur avait été indigeste. Peut-être que la prochaine fois, il y réfléchirait un peu mieux avant de tout considérer comme acquis.  
La violence était toujours sa solution. Un exutoire épuisant, libérateur… et utile, puisque le petit bled de Town Creek avait au moins eu le loisir de se voir nettoyé d’une partie de ses “habitants”. C’est le trajet du retour qui avait été le pire : pratiquement une bonne heure durant, Abel s’était acharné sur le moteur de la pauvre Chevy qu’il avait pliée contre un poteau mais la voiture n’avait rien voulu émettre d’autre que quelques râles et une épaisse fumée noire malgré toutes les insultes qu’elle s’était ramassées dans le ventilateur. A pied, la durée du voyage s’était vue considérablement rallongée et la fatigue qui avait en plus pris possession de ses membres avait fini par le convaincre de passer la nuit dans une fermette en bord de route. Sans Jenna et ses menaces pour lui changer son avis dans l’autre sens, il ne serait pas revenu ce soir.

Le ciel offrait un coucher de soleil spectaculairement sanglant lorsque les deux Rhodes, éreintés, avaient de nouveau foutu un pied dans l’enceinte sécurisée de la Crimson Valley. Et durant tous ces kilomètres de marche, l’aîné avait eu le temps de faire tourner son cerveau à plein régime. Pas pour des bonnes réflexions, toutefois : il avait ruminé et ruminé encore, songé à plusieurs manières d’éviter de coller son poing dans le faciès délicat de son frère la prochaine fois qu’ils se croiseraient et avait choisi de se satisfaire – pour le moment – de la lassitude quelque peu agréable que la désertion de sa colère avait créé en lui. Il n’avait plus guère envie de rien, sinon d’une douche afin de se débarrasser des crasses de la bagarre et d’une bonne nuit de sommeil. Son corps lui semblait être un boulet à traîner : sans doute ce soir dormirait-il bien, loin des insomnies qui n’avaient de cesse de le traquer avec une ferveur renouvelée depuis des mois.
La porte de la demeure familiale se claqua dans son dos, et il s’y adossa lourdement tandis que ses muscles relâchaient enfin toute la tension accumulée. Comme à chaque fois qu’il était victime de l’un de ces accès de violence, la rechute était toujours brutale dès lors qu’il acceptait la sûreté d’un endroit comme étant suffisamment élevée pour qu’il baisse enfin sa garde. Jenna eut tôt fait de s’esquiver au premier étage après quelques mots lâchés à son attention, auxquels il ne répondit que par un grognement évasif sans même les avoir écouté. Enfin seul. Entre la chaleur écrasante du mois de juin, et ses sens olfactifs saturés par la puanteur innommable du sang infecté qui imprégnait le tissu de ses vêtements, le cavalier ne tarda guère à se débarrasser de son haut imbibé sur la table de la cuisine en même temps qu’il y abandonnait le holster et ses armes. A l’évier de la pièce, il y passa ses mains dans l’eau fraîche et se débarbouilla sommairement le visage ; il aurait juré, quelques instants plus tôt, entendre la voix du gamin à l’étage et un vieil instinct persistait encore à vouloir éviter à tout prix que son fils découvre dans quel état pouvait bien se trouver son père après s’être adonné durant une bonne partie de l’après-midi au massacre pur et simple de rôdeurs.

« Va te coucher, Silas. C’est pas le moment. » Mais la présence muette dans son dos ne sembla pas vouloir faire demi tour. Abel coupa l’eau et se retourna, nouvelle réprimande toute prête à tomber de ses lèvres… pour se figer net, et rester silencieux, tandis qu’il contemplait la silhouette de Peyton qui se dessinait dans l’embrasure de la porte. Sur son visage, le ressentiment chassa de son expression une partie de la fatigue qui y était gravée, et ses lèvres se tordirent sur une moue peu accueillante. « Qu’est-ce que tu fous encore là il cracha, peu amène, tandis qu’il se rappelait en même temps qu’il parlait avoir potentiellement bousillé le moyen de locomotion de l’olympienne un peu plus tôt dans la journée. T’aurais pu te faire ramener. Caden se serait fait un plaisir, j’en doute pas un seul instant. Si t'as attendu pour ta caisse, t'as juste perdu ton temps pour rien. » La voix était acide et son regard vidé de la moindre trace de chaleur. Pourvu qu’elle dégage, et pourvu qu’elle le fasse vite.


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MessageSujet: Re: (XXI) the blinding power of denial   Dim 8 Juil - 0:37



« Faut-il donc toujours se blesser
pour arriver à se comprendre ? »

Une poignée de secondes, une foutue poignée de secondes. C’est ce qu’il s’en est fallu pour reprendre le contrôle de ses sens annihilés par le geste imprévisible du cadet Rhodes. Les lèvres vissées aux siennes la paralysent, le temps s’arrête et elle perd toute notion de compréhension. Elle a cette sensation étrange d’exister dans un monde parallèle complètement insensé. Ce n’est pas naturel, ce n’est pas normal, ce n’est pas logique, ça défie tout. Qu’est-ce qu’il fout ? Qu’est-ce qu’ils foutent d’ailleurs ? La réalité la percute soudainement de plein fouet, tel un coup de poing dans le ventre, elle en a le souffle coupé. Elle aime Abel Rhodes. Bordel, elle aime Abel Rhodes ! Et, pour autant, à cet instant, ce sont les lèvres de Caden qui s’emparent avec empressement des siennes. Non, il faut que ça cesse. Elle se gifle mentalement, s’extirpant de sa torpeur tandis que sa paume presse le torse du cavalier, le repousse. Le contact est rompu.
Une poignée de secondes, une foutue poignée de secondes. C’est ce qu’il s’en est fallu pour que le karma, le destin, n’importe quoi, se joue d’elle, d’eux, de leur erreur. Abel apparait dans son champ de vision et son cœur se brise en mille morceaux alors qu’elle capte son regard cette fois-ci complètement déchiffrable. Horreur, colère, déception, rage, douleur. En peu de temps, la culpabilité s’empare de son être, l’envahissant, la submergeant. Elle est horrible. Immédiatement, elle se relève, s’éloigne, impose une distance entre Caden et elle. Mais, il est trop tard, le mal est fait. Elle peut bien prier pour remonter le temps, elle a le sentiment que c’est l’unique solution s’offrant à elle. Lorsque ses yeux se posent une nouvelle fois sur l’encadrement de la porte, Abel a disparu, s’est volatilisé. Un instant, elle espère avoir rêvé, plutôt cauchemardé. Pourtant, le regard horrifié du cadet Rhodes, tout comme son propre myocarde battant à tout rompre, sur le point d’imploser dans sa poitrine, lui prouvent le contraire. C’est la réalité, la triste réalité.

Elle se sent atroce. Les minutes défilent, s’apparentent à des heures, elle manque d’air, de patience, de tout. Les sens en ébullition, la gorge sèche, l’estomac noué comme jamais. Elle l’attend. Pourquoi ? Pourquoi alors que la fuite aurait été une solution tellement plus simple, tellement plus sûre ? Elle a parfaitement conscience de quoi il est capable, surtout dans cet état, encore plus dans cet état même. S’il ne s’est jamais montré violent envers elle, peut-être renoncera-t-il désormais à ce principe. Mais, elle n’a pas peur, elle ne le craint pas. Elle a besoin de le voir, de lui parler, de s’expliquer. Il faut qu’il l’entende, qu’il le veuille ou non. Ils ne peuvent guère rester prisonniers des non-dits. Elle ne peut pas partir, elle ne peut pas l’abandonner, renoncer. Il faut qu’il comprenne, qu’il l’écoute du moins, qu’il ait conscience que c’est lui. C’est lui et non Caden. Lui et non un autre. Le baiser n’était qu’une erreur, un faux-pas. Elle n’a pas initié ce dernier, elle ne l’a pas souhaité, elle ne l’a pas cherché, elle est arrivée au sein du ranch sans arrière-pensée, avec son lot de bonnes intentions. Pour autant, elle n’a pas l’intention d’avoir recours à ce type d’excuse. Ce n’est pas moi c’est lui. Non, elle aurait dû se montrer plus claire envers Caden, arrêter d’être aveugle. Elle ne lui fera pas porter tout le poids de cet acte sur ses épaules, hors de question. Et, il est hors de question qu’elle vide les lieux sans recroiser Abel, sans tenter de recoller une énième fois les morceaux, les miettes, de leur relation.

Elle sursaute et son cœur loupe un battement tandis que la porte claque. Il est rentré. Elle est nerveuse, désolée, coupable, affligée. Un instant file avant qu’elle ne retrouve l’usage de son corps et de son esprit. Elle ne le craint pas lui, elle craint la finalité de cette rencontre. En silence, elle se stoppe dans l’embrasure de la porte. Aucun mot ne semble vouloir s’échapper de ses lèvres. Par où commencer ? Tout ce qui lui passe en tête lui semble soudainement insuffisant, même son petit discours bien rodé au fil des heures. Finalement, il se retourne, les prunelles s’entrechoquent et les émotions explosent. Elle subit sans flancher les paroles acides, les foudres et répugnance du cavalier. « Je t’attendais toi, Abel. Tu dois m’écouter. » C’est surtout qu’elle ne compte pas lui laisser le choix, pas question. D’ailleurs, elle enchaîne sans attendre, ne lui laissant pas la possibilité de se dérober. « Ce n’était rien, d’accord ? Je n’éprouve rien pour Caden. Ça a duré à peine trois secondes et ce n’était certainement pas prémédité. Juste une putain d’erreur sans valeur. » Et, c’est tout, ni plus ni moins, c’est la stricte vérité. Ce baiser n’a aucune valeur, aucune signification. Pas pour elle du moins. Juste une belle connerie préjudiciable.

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MessageSujet: Re: (XXI) the blinding power of denial   Dim 8 Juil - 10:11


Peyton Abel
« the blinding power of denial »

Il doit l’écouter ? Non, il ne lui devait rien du tout, ni à elle ni à personne d’autre d’ailleurs. Mais surtout pas à elle. Il n’avait pas la moindre envie d’écouter les conneries qu’elle pourrait bien avoir à lui déballer et il n’avait de toute façon aucune intention de le faire. La seule chose qui l’intéressait, à l’heure actuelle, c’était de la voir débarrasser le plancher, retrouver sa sacro-sainte solitude pour éventuellement prendre un rendez-vous avec une de ses bouteilles avant d’aller se coucher. Encore une ou deux minutes à devoir l’entendre étaler ses justifications et il allait peut-être bien se charger personnellement de la foutre dehors, par la peau du cou s’il le fallait. Le reste, lui importait peu. Qu’elle rentre à Olympia de nuit et à pied, ou qu’elle aille se trouver un endroit quelconque du ranch où passer la nuit, n’importe quoi pourvu que ça lui épargne d’avoir à se coltiner sa présence et qu’elle ait vidé les lieux demain matin.

Un rictus ironique étira ses lèvres, un début de rire acide en déborda avant qu’il ne ravale le tout. « Tu manques pas de culot. Après tout ce que tu m’as sorti la dernière fois, tu me crois encore assez con pour avaler ta merde ? » Il n’avait certainement pas oublié ce qu’elle lui avait dit, cela ne risquait pas. La manière dont elle avait causé de son frère. Et ce qui était arrivé aujourd’hui. Une erreur ? Il n’y croyait pas, non, pas une seule seconde, mais il fallait supposer qu’elle n’avait pas encore fini de se foutre de sa gueule. Son nez était encore douloureux de ce poing qu’elle lui avait écrasé dessus lors de leur dernière entrevue, les marques de la blessure encore bien présentes même si le gros des dégâts s’était estompé après pratiquement un mois. Aujourd’hui, c’était peut-être lui qui risquait de céder à l’envie de lui démolir la gueule si elle s’obstinait sur ce chemin. Malgré l’épuisement de la journée, il était sûr de pouvoir puiser dans sa rancune la force nécessaire pour lui rendre la monnaie de sa pièce. « Mais tu sais quoi, il reprit, j’en ai rien à carrer. Tu fais bien ce que tu veux, non ? J’ai bien saisi le message la dernière fois, je pensais juste pas que tu t’empresserais de le mettre en application au premier moment où je tournerai le dos. » Il s’avança vers la table, récupéra le flingue à l’intérieur du holster.
Ses mains, il fallait qu’elles s’occupent pour pas qu’il n’aille envoyer ses poings cogner quelque part alors il démonta le chargeur pratiquement vide, attrapa la petite boite de munitions homemades et entreprit de remettre tout ça en ordre. Une ou deux secondes seulement, durant lesquelles il prétendit ne plus accorder d’attention à Peyton, mais il restait encore un peu de colère en lui qu’il n’avait pas dépensée contre les rôdeurs tout à l’heure, et elle explosa quand il releva la tête vers l’olympienne après avoir glissé seulement deux balles dans le chargeur. « Bonne nouvelle, tu me dois rien du tout. Alors aie au moins la décence d’assumer ce que tu fous. C’est pas mes affaires. » Plus depuis un certain temps. Ou du moins était-ce là quelque chose dont il tentait vainement de se persuader, mais la jalousie était un venin tellement féroce qu’il ne pouvait pas réellement prétendre accepter ce qui s’était passé. Sous son propre toit. Il avait salement envie d’aller expliquer ses pensées à son frère. Chance pour lui, il était bien trop utile au ranch et Abel ne pouvait que difficilement se passer de ses connaissances, de son savoir faire. Une fois avait largement suffi pour qu’il comprenne que se délester de Caden équivalait à se tirer une balle dans le pied. Bien la dernière chose dont il avait besoin en ce moment.
Peyton, en revanche, c’était une autre histoire. Il pouvait s’acharner sur elle sans craindre un problème à plus haute échelle. Il le ferait, si elle insistait davantage, mais il n’avait pas envie de passer du temps en sa compagnie. Pas ce soir en tout cas. « Dégage, maintenant. Je suis sûr qu’on a tous les deux autre choses à foutre que s’enliser là-dedans. Moi, j’ai plus rien à te dire. » Le bruit du chargeur, qu'il venait d'achever de remplir, ponctua sa phrase d'un claquement quelque peu lugubre tandis qu'il l'insérait à nouveau dans le flingue.



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MessageSujet: Re: (XXI) the blinding power of denial   Dim 8 Juil - 19:12



« Faut-il donc toujours se blesser
pour arriver à se comprendre ? »

Les astres sont incontestablement alignés afin que tout, vraiment tout, joue en sa défaveur. Personne pour plaider sa cause. Rien qui ne soit susceptible de démontrer la véracité de ses propos. Et, ne parlons même pas de leur dernière entrevue, des remarques acides qu’ils ont échangées, des menaces qu’ils ont fait planer dans l’air. Elle ne pensait rien de ses mots, elle ne s’est jamais imaginée ne serait-ce que l’espace d’un instant dans les bras d’un autre. Elle n’avait certainement pas prémédité que Caden rendrait l’irréel… Réel. Maintenant, tout ce qu’elle peut dire sera insuffisant n’est-ce-pas ? Elle ne veut pas que ça se termine. Elle ne veut pas qu’il se retranche derrière cet incident, qu’il l’utilise comme excuse. Elle a commis une erreur, elle a complètement merdé, elle n’a pas anticipé le geste du cadet Rhodes, elle l’avoue, elle ne se défile pas. Mais, elle n’est pas un monstre. Et, il n’est pas en reste non plus. Il la pousse à bout, il remet en doute leur relation, Isaac aussi. Il n’avait pas le droit, tout comme elle n’était pas supposée échanger un baiser avec un autre que lui. Elle estime mériter une deuxième chance, pour tout ce qu’il lui a fait subir, pour ses propres frasques qu’elle a dû accepter. Mais, bien sûr, Peyton Yates n’est pas Abel Rhodes. Il va saisir l’occasion parfaite pour clore leur histoire. Elle, elle ne dispose d’aucun droit, si ce n’est celui de se barrer vite fait.

Il tripote son arme et elle, elle en a les nerfs en pelote. Il ne s’agit pas d’une question d’intimidation, elle n’est pas intimidée, ça l’agace juste profondément qu’il détache son regard du sien, déviant son attention. Elle se tait jusqu’à présent, l’esprit percutant les tirades du cavalier. Elle ne sait pas par où commencer. Il est tellement aveugle qu’elle en vient à se demander s’ils ont vécu la même histoire. Elle est paumée, tiraillée entre l’envie d’hurler et celle de le secouer. Mauvaises idées. Le bruit du chargeur retentit, menaçant, tout comme le ton de son propriétaire. « Non. » Non, elle ne dégage pas. En à peine quelques secondes, son cerveau entre en ébullition, cherchant par où commencer, quoi faire, que dire exactement. Il faut qu’il percute qu’il ne décide pas, ils sont deux. « Moi, j’ai des choses à dire. » Un paquet même, beaucoup trop pour tout avouer. Elle devrait avoir peur, craindre la suite, mais une nouvelle émotion s’empare d’elle, à défaut de la culpabilité, il s’agit à nouveau de la colère. Envers elle, envers lui. Il ne peut pas tout foutre en l’air sans même l’écouter, sans même réaliser qu’il dispose de sa part de culpabilité dans cette pagaille. « Tu sais très bien que c’était des paroles en l’air la dernière fois, tout comme les tiennes au sujet de Winona. Je voulais te blesser comme tu le faisais. » Au fond de lui, il le sait. Elle voulait le blesser, qu’il se laisse empoisonner par la jalousie, par la même jalousie l’animant vis-à-vis de Winona. C’est tout. Elle n’aime pas Aaghen. Elle n’aime pas Oscar. Elle n’aime pas Caden. « Et, arrête de prétendre que tu n’en as rien à foutre, tu sais que c’est faux. Si, ce n’était pas le cas, t’aurais simplement détourné le regard et repris tes occupations. Tu es en colère contre moi, tu as le droit. Ce sont tes affaires. » Ce qui la concerne, le concerne, et inversement. C’est comme ça que ça fonctionne. Qu’il arrête de s’enliser dans le déni. Elle aussi, elle aurait préféré nier sa trahison avec Winona, mais elle doit faire avec. On ne peut rien y changer. « Tu penses que me repousser est la bonne solution, regarde seulement où ça nous a mené depuis la mort d’Isaac. On est là comme deux idiots, tu es pratiquement incapable de me parler, de me toucher, de me regarder. Tu n’as pas été foutu pourtant de rompre tout contact avec moi et, il est hors de question que tu te serves de cet incident sans importance avec Caden pour enfin te décider à me rayer de ta vie. » Elle en a le souffle coupé. Les prunelles ancrées aux siennes, elle ne le lâche pas du regard, affrontant la dureté de ses iris. Elle refuse qu’il choisisse la solution de facilité. « J’assume. Maintenant, c’est à toi d’assumer également ta part de responsabilité dans ce beau fiasco. » Elle n’est pas une blanche colombe, c’est sûr. Lui, encore moins.

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MessageSujet: Re: (XXI) the blinding power of denial   Dim 8 Juil - 22:59


Peyton Abel
« the blinding power of denial »

Elle lui tenait tête. Louable intention certes, mais incompréhensible pour lui. Pourquoi elle s’acharnait encore, pourquoi au juste refusait-elle de lâcher le morceau ? Qu’est-ce qu’elle voyait encore ici, qu’il ne percevait pas ? Son refus claqua dans l’air, le fit tressaillir alors qu’il remisait l’arme à sa place. Evidemment, il était chez lui, il n’allait pas fuir (pas encore) et elle le savait bien ; à moins de la jeter, il serait bien obligé de la laisser causer tout ce qu’elle voulait.
Qu’est-ce que t’en sais si c’étaient rien que des paroles en l’air ? Il voulut rétorquer, mais il ferma sa gueule. Las des mensonges, las de ce genre de petits jeux mesquins qu’il avait pourtant initié. « Félicitation, tu t’es débrouillée comme un chef » il marmonna tout en venant trouver appui contre le plan de travail de la cuisine. Ses bras se croisèrent contre sa poitrine, attitude aussi fermée que l’expression sur son visage. Il savait qu’il l’avait bien cherché, ça ne rendait pas pour autant la pilule moins amère à gober. Il l’avait blessée, elle avait sorti les griffes et rétorqué. Mais son frère, c’était la ligne à ne pas franchir, peut-être la seule. Sacrée ironie non ? Caden, qui avait toujours été jaloux de son aîné. Aujourd’hui, la situation avait amorcé une courbe inverse et Abel ne parvenait pas à s’y résoudre, à accepter tout ce que l’olympienne pouvait bien trouver à redire au sujet de ce qui s’était passé. « Ne me dis pas ce que j’ai le droit d’éprouver ou non, putain ! J’ai pas besoin que tu m’expliques la situation comme si j’étais un putain de mioche. J’ai pas besoin que tu justifies mes réactions. » Merde, elle se croyait à la place de qui au juste ? Et elle le faisait chier, l’olympienne, elle le faisait sacrément chier à le forcer à faire face devant tout ce bordel. Si elle croyait tirer quoi que ce soit de cette conversation, c’était peine perdue. Abel, bête blessée, était tout sauf dans de bonnes dispositions pour s’ouvrir à elle. Il camperait sur ses positions quoi qu’elle dise. Elle lui avait pété le nez, elle avait décidé de jouer avec le feu (ou avec Caden) et lui, il était sûrement le mec le plus rancunier encore vivant à l’heure actuelle. A quel moment avait-elle trouvé la foi d’espérer que quelque chose de bon allait sortir de tout ça ? De lui ?

« Détrompe-toi, il rétorqua dans la foulée, j’assume parfaitement. J’assume, justement, que c’est un fiasco. Bordel, à quel moment tu vas ouvrir tes yeux Peyton ? » Elle avait tout dit, pourtant, tout souligné avec précision. Il ne lui parlait plus sinon pour des reproches, il ne la touchait plus. Il la regardait à peine. Qu’est-ce qu’il lui fallait de plus ? « Tu crois que d’exposer les faits, ça va y changer quoi que ce soit ? T’attends quoi de plus, que je m’excuse de mon comportement ? » Mais, elle savait sûrement que ça n’allait pas arriver, que même mis au pied du mur il refuserait encore. Surtout après aujourd’hui. « Arrête de t’acharner sur des causes perdues, tu ferais mieux d’employer ton énergie à autre chose. Je te fiche la paix à toi, et à Olympia, estime-toi heureuse. » Mauvais, mauvais jusqu’au bout des ongles. En colère, rancunier, et blessé à vif. Il ne lui donnerait rien, il ne lui pardonnerait rien. Et il allait lui faire payer sa putain d’obstination. « J’en ai ras le cul de toutes ces conneries. Et contrairement à ce que tu sembles penser, c’est pas à toi de décider de ce que j’ai l’intention de faire. Je veux... » plus de toi dans ma vie ? Les mots restèrent bloqués dans sa gorge, refusant de sortir. Des saloperies, il pouvait lui en sortir un sacré paquet mais ça, il ne pouvait pas. Pas sans qu’elle réalise toute l’ampleur du mensonge, pas sans lui laisser voir à quel point il était complètement paumé avec ses putains de sentiments, avec la mort d’Isaac, avec le besoin qu’il avait d’elle et la répugnance qu’elle lui inspirait tout à la fois. « Merde, Peyton, tu me fais chier ! Qu’est-ce que t’attends de moi, hein ? Tu vois pas, que j’ai plus rien à te donner ? »


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MessageSujet: Re: (XXI) the blinding power of denial   Mar 10 Juil - 11:14



« Faut-il donc toujours se blesser
pour arriver à se comprendre ? »

Devoir faire face, se faire entendre, par l’homme le plus rancunier du monde, est un véritable calvaire, un casse-tête chinois. Elle a conscience qu’elle part perdante mais elle ne peut s’empêcher d’essayer. Elle ne sait pas pourquoi elle s’acharne. La raison lui dicte de tourner les talons, de saisir cette occasion afin de tourner la page une bonne fois pour toute. Mais, le cœur, lui, lui hurle de camper sur ses positions, quitte à subir les remarques acides et blessantes d’Abel Rhodes. Elle sait qu’elle devrait écouter la raison pourtant à cet instant précis c’est le cœur qui l’emporte. Alors, elle tient bon, elle lui tient tête. Pourtant, elle est épuisée par leurs conflits, par leurs mésententes, par leurs entrevues incendiaires, par leur relation tout court. Dans le fond, est-ce que les quelques bons moments volés valent la peine ? Elle aurait tendance à dire que non, mais le oui l’emporte encore. Elle ne cherche même plus à comprendre le fonctionnement de son cerveau et encore moins de ses sentiments, parce qu’elle a complètement renoncé à chercher un sens à tout cela, à eux. Ils ne sont qu’une énigme sans queue ni tête qu’ils n’arrivent pas à résoudre eux-mêmes. Mais, ils s’acharnent, elle du moins, parce qu’elle a besoin de sauver la seule chose qui l’empêche parfois de se laisser happer par ce monde détruit : leur histoire.

Elle a peur de l’écouter parce qu’elle a peur de le perdre. La situation lui file entre les doigts et il lui échappe. Elle accuse le coup. Est-ce que leur fiasco ne vaut pas la peine d’être sauvé ? C’est la question qui lui brûle les lèvres. Elle veut juste qu’il la regarde à nouveau, qu’il essaye, et qu’il lui dise exactement ce qu’il ressent. Si, la réponse est rien ou du dégoût, elle s’éclipsera. C’est ça qu’elle attend de lui. Elle ne veut pas d’excuse. Abel Rhodes ne s’excuse pas de toute façon, pas sans une touche d’ironie bien placée. Alors, oui, en attendant elle s’acharne. Peut-être qu’il n’est qu’une cause perdue, peut-être qu’il ne vaut pas son obstination, mais elle s’en contrefiche. « J’attends un putain de soupçon de vérité. J’attends que tu me dises si mes sentiments pour toi ne sont pas réciproques. » Ni plus, ni moins. Elle s’avance au sein de la cuisine, se plantant face à lui, l’air empreint de détermination ainsi que d’une certaine dévastation. Ça lui coûte de se confier à lui après leur dernière rencontre, alors qu’elle est persuadée qu’il est prêt à lui balancer toute son animosité en plein visage. Mais, elle espère. Un peu de sincérité dans cet océan de mensonges, c’est tout ce qu’elle demande, tout ce qu’elle souhaite. Les faux-semblants l’empoisonnent beaucoup trop. « Je veux que tu arrêtes de fuir. » La fuite n’est pas la solution, ce n’est qu’une échappatoire éphémère et, de surcroît, ça lui fait du mal, ça la blesse plus que n’importe quoi. Elle n’en peut plus de voguer en plein brouillard, d’attendre, d’espérer sans raison. Elle a besoin de réponses. Elle a aussi conscience qu’il est capable de lui mentir droit dans les yeux, pour qu’elle s’en aille, pour qu’elle soit blessée tout autant que lui, pour qu’elle ressente ce qu’il ressent. Ce serait typiquement son genre de comportement, surtout maintenant. « Qu’est-ce que tu veux, Abel ? » Plus de toi. Cette réponse plus que probable raisonne dans sa caboche, lui brise déjà le cœur. Elle ne veut pas l’entendre. « Regarde-moi et dis-moi ce que tu veux. » Elle s’y résoudra s’il lui semble convaincant, peut-être pas sans protestation, mais elle finira par apprendre à vivre sans lui. Puisqu’il le faudra, puisqu'il le voudra. 

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MessageSujet: Re: (XXI) the blinding power of denial   Mar 10 Juil - 23:14


Peyton Abel
« the blinding power of denial »

Quelque part au fond de lui, voir Peyton dans cet état remuait quelque chose qui lui dictait d’arrêter, de repartir en arrière, de tout reprendre à zéro. Quelque chose complètement enseveli sous une couche de jalousie, de colère, d’amertume et surtout d’une fierté bien trop insurmontable pour qu’Abel puisse seulement envisager de quitter les sentiers de la guerre. Peu importait ce qu’elle voulait lui forcer à admettre, il ne le ferait pas, il ne plierait pas devant elle et n’accepterait pas de reconnaître la vérité. Mieux valait utiliser sa rancune pour achever de déchiqueter les lambeaux de cette relation complètement foutue en l’air, le défouloir lui semblait optimal et judicieux surtout vu le chaos qu’elle s’obstinait à réveiller en lui.
Le cavalier ne répondit pas à ses exigences. A quoi servait, de toute manière, de s’attarder sur ce qu’il ressentait ? Quel que soit l’attachement qu’il pouvait bien avoir à l’égard de l’olympienne, ce n’était pas fonctionnel. Alors qu’est-ce qu’il lui fallait de plus, à Peyton ? Qu’ils finissent par s’entre-tuer, littéralement, à la prochaine crise qui ne manquerait pas de survenir entre eux ? « Je suis pas en train de fuir, il persévéra encore, c’est juste toi qui refuse d’entendre. » Lueur farouche dans son regard alors qu’il lui faisait face, bien décidé à ne pas lui céder le moindre pouce de terrain. Peyton menait une bataille perdue d’avance, quoi qu’elle fasse, quelle que soit la valeur ou la véracité de tout ce qu’elle avait encore à dire, à lui opposer, à lui affirmer. Malgré les tempêtes qui faisait rage en son for intérieur, Abel ne dévierait pas de la décision qu’il avait achevé de prendre face à cette prétendue erreur. Le pardon, ça ne coulait pas dans ses veines et aujourd’hui n’en serait pas l’exception, certainement pas après tout ce qu’il avait accumulé au cours des dernières semaines.

« Je veux que tu fiches le camp, hors de ma vue. Tout de suite. » Vrai. Il voulait beaucoup d’autres choses, mais c’était la seule qui primait à cet instant précis. Qu’elle se casse, qu’elle franchisse le seuil de cette foutue porte et qu’il n’ait plus besoin d’affronter ce qu’il lisait dans le regard qu’elle posait sur lui. « Tu voulais vider ton sac, c’est fait. J’ai rien de plus à ajouter alors, tu peux arrêter ton cirque. On a pas besoin de continuer ce manège ridicule. » T’obtiendras rien de moi. Et certainement pas cet aveu crucial qu’il allait ravaler et étouffer jusqu’à ce qu’il finisse par s’éteindre. Fallait qu’il se remette dans les rails, Abel, qu’il se reprenne sérieusement en main après toutes ces conneries. Le deuil d’Isaac l’avait fait s’engager sur une pente glissante d’où ni Peyton ni personne n’autre n’avait su le ramener sauf que ses actes insensés, à force de s’agiter sous son nez, lui prouvaient par A par B qu’il était en train de sérieusement se foutre en l’air. La faute à l’olympienne. Sans elle, il n’y aurait rien eu d’autre. Mais cette putain de relation l’avait ramolli et cet enfant dont on l’avait privé avait été la conclusion mordante d’une prédiction faite une éternité plus tôt. Voués à foncer droit dans le mur ; on y était, c'était précisément ce qui était en train d'arriver. Maintenant, y avait plus qu'à ramasser les morceaux chacun de son côté.
Mais pour ça, fallait encore qu'elle lui fiche la paix une bonne fois pour toute alors il rouvrit sa gueule, le ton aussi dur que l'expression de son visage : « Je vois pas ce qui te retient encore ici. » Rien le concernant en tout cas. Mais il se garda bien d’une énième allusion à Caden, pas sûr lui-même de maîtriser les réactions qu’une mention supplémentaire de son connard de frère risquait d’amener sur la table. Stupide de remettre cette histoire sur le tapis quand il espérait juste qu’elle décampe, qu’il s’était appliqué à bien retourner le couteau dans la plaie afin de la pousser à voir cette solution comme la seule étant viable. Fallait qu’elle dégage, maintenant, parce qu’elle était trop proche et que sa présence gênait ses pensées rationnelles, parce qu’il connaissait son odeur tellement par cœur qu’il l’imaginait rien qu’à la voir devant lui. Peyton était une faiblesse, rien de plus qu’une putain de faiblesse ; la pire d’entre toutes, pour lui, et il ne voulait pas y céder encore une fois juste à cause de cet émotion indescriptible qui lui tordait les entrailles quand il lisait au fond de son regard tout le mal qu’il lui causait. Persuadé, sans l’ombre d’un doute, que c’était là bien la dernière chose dont il avait besoin en ce moment. Et il ne se trompait jamais, pas vrai ?  


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MessageSujet: Re: (XXI) the blinding power of denial   Sam 14 Juil - 0:01



« Faut-il donc toujours se blesser
pour arriver à se comprendre ? »

Elle refuse d’entendre, elle refuse d’écouter, parce qu’elle n’est pas aveugle, elle sait ce qu’elle ressent. Il y a quelque chose entre eux, quelque chose qui existe depuis des années et qui perdurera, qu’il le veuille ou non. Ce n’est pas en s’éloignant d’elle, en l’expulsant de sa vie, que ça disparaitra, qu’il oubliera. Elle a conscience que le déni est une émotion tentante, plus que séduisante même. Mais, un jour ou l’autre, cette sensation s’estompe et on se retrouve face à ses choix, à ses erreurs et, il est trop tard. Il y a quelque chose à sauver, à préserver, elle en est persuadée. Elle campe sur ses positions, lui aussi. Il y aura un perdant dans l’histoire. Tout ce qu’elle souhaite, ce qu’elle désire, c’est éviter les cœurs brisés. Finalement, est-ce que le sien ne l’est pas déjà ? Est-ce que c’est ce que l’amour et l’attachement sont supposés nous faire ressentir ? De la peine, des tourments et des larmes ? L’amour n’est pas aussi beau qu’on le prétend, ce n’est qu’une épreuve supplémentaire. Pourtant, elle a l’impression de ne plus pouvoir se passer de ce sentiment. Elle le fixe, droit dans les yeux, et elle n’y discerne strictement rien, si ce n’est l’inflexibilité, l’inclémence. C’est douloureux. Elle est presque certaine qu’on peut lire dans ses propres prunelles la culpabilité, la crainte, la tristesse et la désespérance. Lui, il est détaché. Pourquoi est-ce que ça heurte à ce point ?

Il ment, elle le sait, il ment. Une partie de lui en tout cas. Il se ment à lui-même, il se trompe. Peut-être pas sur toute la ligne, mais il a tort. Il veut qu’elle parte maintenant. Elle le comprend. Mais, une fois qu’elle sera partie, qu’il se retrouvera seul, peut-être pas tout de suite, surement plus tard, est-ce qu’il ne regrettera pas ? Elle va lui manquer, elle le sait, alors pourquoi est-ce qu’il ne veut pas le reconnaître ? Pourquoi est-ce qu’il tient tellement à saisir chaque occasion de la repousser ? ça n’a aucun sens à ses yeux, c’est illogique, c’est stupide. « Un manège ridicule ? C’est tout ce que ça représente pour toi ? » Elle a l’impression d’être confrontée à un mur, à une chose sans aucune émotion, sans aucun sentiment. L’ancien Abel. Si, c’est ce qu’il ressent vraiment, alors il l’a bernée tout ce temps. Prise à son propre piège. Ça ne peut pas se terminer de cette manière. Elle serre les poings, empoisonnée par l’envie de le frapper jusqu’à ce qu’il avoue réellement ce qu’il ressent, jusqu’à ce qu’il décide enfin d’arrêter de se cacher, de jouer la comédie. « Tu ne peux pas être complètement sérieux, tu vas te contenter de tout jeter, d’oublier, de faire abstraction de cette dernière année ? » C’est impensable. Ils ont traversé des obstacles, des épreuves. Ils sont tombés, ils se sont relevés. Ils se sont éloignés, ils se sont retrouvés. Tout ne peut pas simplement être réduit en cendres. On n’efface pas la personne qu’on aime d’un claquement de doigts. Ils ne se le sont jamais avoué, qu’ils s’aiment, mais n’est-ce pas une évidence ? Il ne peut pas être aveugle à ce point. « S’il te plait, Abel, je te demande juste de ne pas tout réduire à néant sous coup de la colère. » Elle a la sensation de s’accrocher à un navire en pleine tempête, sur le point de sombrer dans l’océan, pourtant elle n’arrive pas à lâcher prise. Elle ne veut pas, elle ne peut pas, s’y résoudre. C’est plus fort qu’elle. C’est surement le plus dur en réalité : céder, abandonner, se détacher.

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MessageSujet: Re: (XXI) the blinding power of denial   Dim 15 Juil - 2:05


Peyton Abel
« the blinding power of denial »

Non, bien sûr que cette foutue histoire représentait plus que ça pour lui mais une partie du problème se trouvait justement là : c’était trop et il ne pouvait plus le gérer maintenant ; il ne pouvait plus assumer de poser son regard sur elle sans systématiquement se remémorer sans cesse cet avenir qu’on leur avait volé avec une cruauté dont même lui n’aurait pas été capable envers qui que ce soit. Il avait ce sentiment diffus qu’il ne parviendrait pas à passer outre cet événement tant qu’elle continuerait à faire partie de sa vie et bon sang ce qu’il la détestait pour ça, pour ce qu’elle lui avait apporté, puis pour ce qu’elle lui avait arraché. « Bien sûr que non je vais pas faire abstraction il rétorqua, agressif. Je vois juste pas l’intérêt de continuer à s’accrocher au passé s’il n’a plus rien à apporter. Comme c’est le cas ici. » Il ne risquait pas d’oublier, clairement ; ces derniers mois avaient eu leur lots d’émotions fortes, négatives comme positives. Beaucoup de choses étaient arrivées.
Mais il n’en retiendrait qu’une seule.

Abel roula des yeux, esquissa une moue qui trahissait bien le fond de sa pensée à l’heure actuelle. S’il te plaît. Puis quoi encore ? Non. Ça ne marchait pas comme ça avec lui. « Bordel Peyton, mais tu t’entends causer ? » Tout le dédain qu’il pouvait encore trouver, il le ramassa pour le placer dans ces quelques mots, dans son regard, dans les coins du rictus qui n’étirait pas ses lèvres d’une belle manière. « Encore un peu et on dirait que tu vas passer aux supplications. Tu veux pas te mettre à genoux, tant qu’on y est ? On gagnera du temps sur la suite. » La moquerie en fer de lance, encore et toujours. « T’es pitoyable, putain. Ça suffit. » Jusqu’à quel point serait-elle capable d’encaisser ses méchancetés, avant de se résigner à l’idée qu’il était et resterait inflexible sur le sujet ? Combien de coups pourrait-il encore lui infliger pour que les dégâts finissent par être irrémédiablement irréparables ? Fallait-il que ça lui tienne réellement à cœur, à l’olympienne, pour qu’elle continue d’insister malgré le mur qu’il n’avait de cesse à dresser devant elle, fallait-il qu’elle soit sincère, sérieuse… Il était, en réalité, fort regrettable que parmi tous les interlocuteurs qu’elle aurait pu avoir à cet instant précis, il eût fallu qu'elle jette son dévolu sur Abel Rhodes.
« Je vais pas revenir sur ce que j’ai dit, quoi que tu dises ou que tu fasses. Va falloir que je te le répète combien de fois, putain, pour que tu finisses par te le carrer dans la tête ? » Parce qu’il n’était pas sûr de réussir à y mettre autant de conviction la prochaine fois, si elle continuait de le dévisager de la sorte. « Tu peux bien  demander ce que tu veux, ça changera plus rien. Tu perds ton temps ici, le mien aussi par la même occasion. Sincèrement, tu me les brises, et c’est pas d’insister encore plus qui risque d’y changer quoi que ce soit. » Il fit un pas vers elle, lui désigna d’un geste l’entrée de la cuisine dans son dos. « Dehors. » Le bras retomba, s’abaissa lentement le long de son flanc. « Ou tu préfères que j’appelle les gardes pour te sortir de là ? » Il le ferait, à cet instant précis il était suffisamment con pour décider de ce genre d’ordre. Elle devait bien s’en rendre compte, non ? Y avait rien à tirer de lui, pas la moindre once de pitié, de compassion, ou d’empathie. Abel s’était enfermé derrière les murs d’une forteresse impénétrable et ne laisserait rien passer, rien, qui soit susceptible de la pousser à croire que ses paroles ne l’avaient pas laissé de marbre comme il s’efforçait pourtant tant et si bien de le lui signifier. 


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MessageSujet: Re: (XXI) the blinding power of denial   Mar 17 Juil - 23:32



« Faut-il donc toujours se blesser
pour arriver à se comprendre ? »

Elle ne sait pas s’il est incroyablement borné, complètement fermé à l’idée de lui pardonner ou tout simplement con et stupide. Peut-être un savant cocktail des trois, surement même. Elle a du mal à ne pas faillir, à ne pas s’écrouler en sanglots, à ne pas lui casser le nez une seconde fois. Elle aimerait rompre tout lien entre les mots terriblement durs balancés à son égard et la voix de celui qui ne se gêne aucunement pour les émettre. Mais, c’est bel et bien Abel Rhodes qui l’insulte ouvertement. Pitoyable. Elle serre les poings, les ongles creusant la chair, le souffle coupé et le myocarde brisé. Il lui faut déployer toutes ses forces pour ravaler profondément sa fierté, faire mine de ne pas être atteinte, bien qu’en réalité elle est presque certaine que la douleur se lit sans difficulté sur son visage. Elle en vient à douter pour la première fois. Est-ce qu’il pense sincèrement ses paroles ? Est-ce qu’il s’agit encore une fois d’un moyen typiquement Rhodes visant à l’éloigner, à la repousser ? Elle ne sait plus, son esprit est saccagé par le doute, la peine, la déception et la colère. Elle n’y voit plus clair, elle en devient totalement perdue. C’est qu’il est doué pour semer l’indécision, obtenir ce qu’il souhaite et surtout, magner les mots avec une violence certaine. Pourtant, Peyton n’a jamais été le genre de femme à se laisser facilement atteindre, elle est forte et fière, ce ne sont pas des foutus propos blessants qui l’endommagent, la bouleversent. Il faut croire que ce n’est désormais plus le cas. Il la touche, la blesse.

L’ordre est balancé avec virulence et fermeté, succédant entre autres divers propos infâmes. Dehors. Elle en reste d’abord muette, la mâchoire contractée à son paroxysme. Elle le déteste à cet instant précis et en même temps, elle a pertinemment conscience qu’elle se fourvoie, c’est une évidence ainsi qu’un sacré paradoxe. Elle ne bouge pas tandis qu’il s’approche, lui indique la porte. Elle se contente de le fixer droit dans les yeux, qu’il puisse repenser à ce moment, repenser au calvaire et à la souffrance exprimés par son regard. Mais, elle doute qu’il puisse éprouver quelconque remord à ce stade. Peut-être plus tard, qui sait ?
Soudain, elle s’anime, les paumes pressent le torse du cavalier, poussant ce dernier contre le plan de travail, imposant une nouvelle distance entre eux. Est-ce qu’elle peut l’étrangler ? Non, mais elle en crève d’envie cependant. « Merci, je n’ai pas besoin de gardes pour trouver le chemin de la sortie, tu te montres assez odieux pour pousser quiconque à s’éloigner de toi, toutes mes félicitations. » Si, le ton peu sembler dur et ferme, c’est pourtant l’émotion qui transperce son timbre de voix. Elle est complètement à bout et fatiguée à force de recoller encore et encore les morceaux avec du scotch manifestement bancal. Et, maintenant, ça la marque, ça la frappe, elle est la seule à faire des efforts, à espérer. Qu’il aille au diable, non ? Facile à dire, mais elle sent bien qu’elle a du mal à se détacher de lui. « Peu importe ce que tu penses maintenant, ce que tu veux, tu regretteras. Je te souhaite bien du courage pour régler tes démons tout seul. » Elle en est persuadée, il s’en mordra les doigts. Mais, c’est trop tard maintenant. Elle lui a donné tout ce qu’elle pouvait, si c’est toujours insuffisant pour lui, alors elle abandonne. Finalement, elle parvient à détacher ses prunelles de cet homme lui ayant fait connaitre l’enfer autant que le bonheur, et tourne les talons, pas sans regret cependant. Elle a l’impression de suffoquer, d’étouffer. Elle claque la porte, sèchement, sans un dernier regard et respire enfin. Le soulagement ne persiste qu’un centième de seconde alors qu’une foulée de sanglots s’empare de son être, l’empêche d’avancer. Adossée contre le mur de la vieille bâtisse, l’entièreté des sentiments enterrés, des émotions refoulées au cours de ces dernières minutes, l’étreignent brutalement. C’est terminé et ça lui fait un mal de chien.

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