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 long road to ruin there in your eyes

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MessageSujet: long road to ruin there in your eyes   Mer 4 Juil - 22:12

Leigh Uzo
« long road to ruin there in your eyes »

Difficile de reprendre le cours normal des choses comme si de rien n’était après tout ce qui s’était passé au cours du dernier mois, non ? Clay courait toujours. L’info ne cessait de tourner en boucle dans sa tête et il lui semblait bien qu’elle n’aurait pas de répit tant qu’elle n’aurait pas réussi à remettre la main sur le type qui avait été à l’origine de tout ce bordel. Mort ou vif, peu lui importait du moment qu’elle pouvait ainsi être sûre que l’individu n’avait plus sa liberté, plus l’opportunité de recommencer son méfait et, qui sait, de le réussir un peu mieux cette fois. L’effondrement avait ébranlé bien des choses en dehors des murs de roc et de terre : la confiance que les miners plaçaient en eux, par exemple. Suffisamment de petits secrets avaient été exposés pour que beaucoup de monde ne puisse désormais s’empêcher de jeter un œil derrière son épaule ou d’éviter le regard de son voisin.
Uzo se devait de slalomer entre tout ça, recoller les morceaux, rabibocher ce qui pouvait l’être et faire de son mieux, surtout, pour éradiquer ce climat de suspicion tout en donnant la chasse à ses causes. La fatigue lui tirait le visage, chassait ses sourires et rendait sa franchise encore plus brute qu’à l’habitude. Parfois, elle se surprenait à faire preuve d’une sécheresse dont elle s’ignorait capable mais le peu de sommeil accumulé sur les dernières semaines ne risquait pas d’améliorer la situation. Anita lui manquait ; Anita en forme, rétablie, Anita aux rênes et elle à côté, à suivre les décisions plutôt qu’à les prendre. Cette place ne lui convenait pas et elle avait beau faire de son mieux, de se conformer à la manière de penser et d’agir de sa partenaire, l’épuisement était perceptible. Peut-être qu’elle n’avait pas les nerfs et le mental d’acier dont son amie de longue date avait toujours su faire preuve à ses yeux. Mais elle lui devait, en tout cas, de prétendre que tel était le cas, d’offrir à sa chef le maximum de repos dont elle était en droit de bénéficier le temps de se remettre sur pied, de revenir d’attaque.

Le raclement de gorge la fit sursauter ; elle leva le nez de ce foutu carnet qu’elle avait lu et relu dans tous les sens comme si l’info qui lui manquait y était cachée entre les lignes, pour croiser le regard d’un des gardes. « Qu’est-ce que tu veux Morgan ? » Promptement refermé, le calepin eut tôt fait de disparaître dans l’une de ses poches. « On a chopé une des gonzesses de Diggs là-haut. Paraît qu’elle essayait de se taper l’incruste. Un putain de chat sauvage, Pratchett s’est fait baiser comme un bleu. » Un sourire goguenard s’étala sur la face de son interlocuteur. « Elle nous a pris pour des cons m’enfin bon au final… » Uzo balaya l’air d’un geste vaguement agacé. « Ça va, j’ai compris. Et ensuite ? Vous pouvez pas gérer ça comme des grands ? Vous connaissez les ordres, non ? » Le rictus de Morgan disparu tandis qu’il se tortillait un peu sur place. « C’est une chef de zone. On sait pas trop c’qui lui a cogné la tête pour qu’elle fasse ça mais bon, Pratchett a pensé que c’était plus judicieux de te faire prévenir avant quoi que ce soit. » Merde. Elle pinça les lèvres, ravala un mauvais pressentiment. Bien sûr, un seul nom lui venait immédiatement en tête avec tous ces détails mais ce n’était peut-être qu’elle qui fabulait, non ? Des chefs de zone, il y en avait plusieurs et Leigh n’avait pas plus de raison qu’une autre pour se fendre de ce genre de connerie. Ou peut-être que si ? En tout cas elle en était capable, elle… Un soupir lui échappa, tandis que le bras droit d’Hamilton signifiait d’un geste au garde qu’elle le suivait.

« Wickham. » Le salut fut figé, l’air résolument austère. Elle se tourna vers son compagnon, continua : « Merci Morgan, tu peux nous laisser. » L’homme jeta un regard à la quarry, puis à sa supérieure, hésita encore, mal à l’aise. L’agacement revint faire surface tandis que le ton d’Uzo se faisait un peu plus tranchant. « T’as ses armes, j’ai les miennes. Je peux me débrouiller, non ? Si j’ai besoin d’aide, je gueule ok ? Retourne à ton poste. Maintenant. » La fatigue, ne faisait définitivement pas bon ménage avec le caractère parfois explosif de l’ex-militaire. Et sa patience en était la première à morfler.
La porte se referma finalement et ses épaules se détendirent imperceptiblement tandis qu’elle fixait encore le battant clos. Quelques secondes de silence, durant lesquelles elle sentait le regard de Leigh vissé à sa nuque. Puis, n’y tenant plus, elle se retourna, croisa les bras et dévisagea de pied en cap la nouvelle captive d’Hamilton. « Bon sang, Leigh, elle explosa, qu’est-ce que tu fous là au juste ? Tu t’emmerdes à ce point, que tu décides de venir jouer à chat avec les gardes d’Anita ? Tu réalises dans quelle situation tu me place ? »

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MessageSujet: Re: long road to ruin there in your eyes   Jeu 5 Juil - 3:36

long road to ruin there in your eyes
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On la qualifiait souvent de macaque imprudent, Leigh, quand elle était enfant. Un titre qui la glorifie mieux que jamais en cet instant. Elle se teste, se fout au défi de franchir des remparts de pierre pour atteindre l’objectif ultime. Loin d’être la princesse piégée dans sa tour d’ivoire, Uzo ressemble plutôt au terrible dragon qui claque des dents. Sans doute que la brune devrait agir comme quelqu’un de raisonné, qu’elle devrait se contenter du silence et des secrets que la mineuse accumule. Elle n’a pas cessé de lui rappeler ce qu’elle en pensait de leurs petites escapades foireuses en ne daignant pas l’informer des dernières réalités. L’explosion a fait parler d’elle, rumeur qui a enflé, pris des proportions comme toujours, extrêmement démesurées. Le vrai du faux, il faut savoir le trier. Et la furie a décidé finalement de dire merde. Merde à toutes ces suppositions. Merde à l’explication qui ne viendra sans doute jamais. Leigh en a marre de ces règles à la con qui permettent aux privilégiés de s’extirper de leur antre mais pas aux badauds d’y pénétrer. Qui la tiennent bien éloignée, la soldate, dans ce merveilleux silence qu’elle semble tant apprécier. Où est-ce qu’elle est passée la meuf qui semblait partagé sa façon de penser ? Où est-ce qu’elle s’est tirée la gonzesse qui voulait aussi renforcer la collaboration des deux clans ? Elle s’est terrée sous des tonnes de gravats et s’est laissé manipuler ? La trentenaire refuse d’y croire. Mais peut-être qu’Uzo a été blessée. Qui lui aurait rapporté ? De toute façon à écouter la plupart des bons penseurs du bourbier, les trois quarts des habitants se sont fait butter. Statistique qui fait lourdement douter Leigh. A tout ce mysticisme, elle compte bien obtenir des réponses.

Faut la voir chercher à se faufiler, à baisser le menton et à tenter de se trouver des raccourcis, des failles pour s’y introduire dans ces galeries interdites. Indiana Jones du pauvre qui se fait finalement choper. L’adrénaline agit sur elle comme une décharge de lucidité. Dans quelle merde elle s’est fourrée ? Diggs va vraiment finir par la virer. Si Anita ou un de ces blaireaux ne la buttent pas avant s’entend. Elle va tout foutre en l’air pour quelqu’un qui n’en vaut peut-être même la peine. Qu’est-ce qui l’empêchait la lâche de venir lui dire que ça allait ? Qu’est-ce que ça lui couterait ? Du temps, de l’énergie ? Elle réagit comme une imbécile, une impulsive qui croit qu’elle n’a plus rien à perdre. Sauf que ça n’est pas le cas. Pas le cas du tout. Les poings volent, chaque membre devient une arme. Elle agit comme un animal acculé qui tente par tous les moyens d’échapper à la chasse. Elle démolit un type en abusant de l’effet de surprise mais les renforts la rattrapent et l’immobilisent après quelques coups échangés. Elle a la lèvre enflée, l’arcade un peu saccagée, des hématomes qui fleurissent sur ses flancs mais la détermination toujours plantée dans la rétine.

La mine résignée, elle observe la supérieure débarquer. Elle devrait se réjouir de tomber sur le bras droit et pas sur la patronne. Sauf qu’elle ne sait déjà plus à quoi s’attendre avec Wiley. « C’est comme ça qu’on m’appelle. » L’insolence pour contrer l’austérité. L’homme congédié, la pièce hantée seulement par elles deux. Mais ça ne rassure toujours pas la folle furieuse qui a outrepassé tous ses droits. L’inquiétude de s’être faite salement pincée, l’impertinente la cache derrière des couches de sarcasmes pendant que la froideur adverse se fait dépecer par la colère. « Je sais pas, j’ai vu de la lumière et je suis rentrée ? Je me suis prise pour un des sept nains et j'ai cru que c'était ici qu'il fallait piocher ? J’ai cru que j’allais me dénicher une tombe sacrée comme Lara ? » Soupir. Elle fait basculer la chaise sur laquelle on l’a forcée à s’asseoir, se balance comme une gosse pour disperser sa nervosité. « Ça va, j’ai capté, ta position et ton existence sont tellement importantes. Tellement plus importantes que le reste du monde entier. Désolée d’être le fléau qui te la met profond, écoute. Et maintenant on fait quoi avec ça ? » Regard qui se pose dans celui de son vis-à-vis. Cette dernière a l'air d'aller bien, finalement. Et c'en est même rageant de noter qu'elle est toujours aussi foutrement belle à regarder. C'est vraiment con, elle s'est fait du mouron pour rien. « Vu que l’information vient pas à moi, je viens à l’information. A quel moment t’espérais que je reste gentiment dans mon coin alors que c’est le foutoir de partout ? Y a eu une putain d’explosion dont on a eu que des échos totalement déformés, ce qui fait que des gens qui sont prêts à brandir des fourches et toi, tu te la joues fantôme de l’opéra. J’ai bien pigé que t’étais mariée à tes responsabilités. Et que t’en avais plus rien à carrer de ce qui se passait au-delà de ton tas de cailloux. Mais merde, je croyais que t’allais empêcher que ça finisse par s’étrangler entre les gens de chez toi et de chez moi. » Tout est déballé abruptement et sans filtre. Elle n’a vraiment plus rien à perdre. Plus rien du tout. « Quelles autres alternatives tu m’as laissée franchement, Uzo pour te contacter ? » Voix beaucoup plus ferme et autoritaire alors que la déception passe sans mal par la rétine. A défaut d'être quelque chose qui se rapproche de l'amitié et plus si affinités semble-t-il, la militaire aurait pu au moins être une alliée de poids pour mettre un terme à cette guerre stupide entre mine et carrière.
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MessageSujet: Re: long road to ruin there in your eyes   Ven 6 Juil - 18:12

Leigh Uzo
« long road to ruin there in your eyes »

Leigh ne serait pas Leigh si elle se laissait démonter ou impressionner par un simple petit accès de colère. Et si les circonstances avaient été différente, le sens de la répartie légendaire de l’insolente n’aurait pas manqué d’arracher un sourire amusé à sa comparse. Sauf qu’Uzo, présentement, elle avait tout sauf l’envie de se marrer. Et entre la fatigue, l’énervement et le stress cumulé, l’annonce de l'escapade de la jeune femme avait été la goutte de trop dans ce putain de seau de responsabilités qu’elle n’avait jamais demandé à devoir porter. Ses sarcasmes lui passèrent au-dessus de la tête et elle n’eut pas l’air d’en saisir l’essence. Il n’y eut que son regard, occupé à la détailler de pied en cap tandis qu’elle déballait sa liste des doléances, pour venir s’inquiéter des blessures apparentes que lui avait sans doute valu son altercation avec les gardes à l’entrée d’Hamilton. « Je sais pas ce qu’on fait, j’imagine que je suis supposée t’aider maintenant ? Tu te fous dans la merde en toute connaissance de cause, et je dois me démerder pour que t’en ressortes en un seul morceau ? Ou peut-être que t’avais une autre idée lumineuse incluant le fait de ne pas pouvoir entrer à ta guise dans la Mine ? » Le pire, c’est qu’elle savait déjà qu’elle allait tout mettre en œuvre pour s’arranger et faire en sorte que ça passe. Quelle que soit l’issue de cette conversation forcée, la chef de zone obtiendrait au moins gain de cause quand elles n’auraient plus rien à se dire en ce qu’Uzo la ramènerait dehors sans passer par la case prison. Parce qu’il était hors de question qu’elle la laisse là, hors de question qu’ils viennent se ramasser des quarries pas content à la porte parce qu’une des leurs avait décidé de jouer à l’andouille. Et parce qu’il s’agissait de Leigh, tout simplement, et qu’elle ferait tout ce qui était en son pouvoir pour lui éviter les troubles. Mais ça n’allait certainement pas l’empêcher, en attendant, de la laisser mariner en prétendant l’inverse.  

L’énervement lui donnait envie de tourner en rond comme un fauve en cage, dérouler un périmètre autour de la captive pour ses guibolles qui n’avaient pas envie de rester bien sages. Se contenir, s’imposer l’immobilité, était certainement le plus dur malgré son self control habituel et l’énergie qui débordait d’elle en devenait presque palpable. « T’es complètement irresponsable, Leigh, qu’elle répondit finalement une fois que cette dernière en eut terminé avec l’avalanche des reproches. T’as sérieusement pensé à pousser la connerie jusqu’à venir te faire pincer simplement pour me faire un laïus sur mon comportement ? » Peut-être qu’elle aurait dû s’y attendre, elle connaissait suffisamment bien sa compagne pour au moins savoir qu’elle était prête à tout pour arriver à ses fins lorsqu’elle se fichait une idée dans la caboche. Peut-être aussi que la quarry avait raison, qu’Uzo aurait dû trouver le temps de sortir et passer la voir. Au moins une fois, qu’est-ce que ça lui aurait coûté ? Un peu de temps loin de l’air renfermé de la Mine, le plaisir simple des rayons du soleil pour venir réchauffer sa peau. Et la compagnie d’une personne qu’elle avait la fâcheuse tendance à apprécier lorsqu’elle ne lui crachait pas son acidité au visage. L’idée l’avait peut-être effleurée, mais le temps lui avait manqué. Puis la culpabilité de continuer à se conforter au silence ? Les tracas de la Mine lui avaient semblé trop importants pour s’accorder le luxe de pouvoir regarder ailleurs même pendant quelques heures.
Et surtout, elle n’avait pas voulu décevoir Anita et la confiance que cette dernière avait placé en elle afin de garder tout ce petit monde bien ordonné.

« Peut-être que t’aurais pu au moins te dire que si c’était le foutoir dehors, c’était pire ici. » L’ancienne militaire pouvait volontiers admettre et assumer qu’elle s’était pratiquement complètement déconnectée du monde extérieur au cours des dernières semaines. « Tu crois qu’on s’est amusé à faire la fête pour célébrer le fait qu’Anita ait failli mourir des actes d’un mec qui court toujours ? » Bah, certains peut-être. Pas elle en tout cas. « Ou peut-être, elle enchaîna encore, tu as pensé que j’étais trop occupée à me tourner les pouces pour venir te fournir un compte rendu d’une situation qui ne te regarde pas. A moins que t’aies une idée des responsables ? » L’accusation mal maquillée derrière la question était injuste, blessante, et elle la regretta pratiquement dès le moment où elle franchit ses lèvres. Elle était sur le point de craquer, Uzo, elle avait l’impression de danser sur une corde raide au-dessus d’un précipice depuis cette putain d’explosion. Sous pression pour tout faire au mieux, assumer ce rôle de chef par intérim jusqu’à ce qu’Anita soit de retour sur le devant de la scène, elle s’était efforcée de correspondre aux attentes qu’on avait d’elle mais il y avait toujours quelqu’un pour qui ce n’était pas assez, hein ? « Je sais pas pour qui tu me prends, Leigh, mais je suis pas le messie venu pour instaurer la paix entre Diggs et Jones. Entre les tiens et les miens. Et c’est pas en venant te faire casser la gueule par les gardes d’Hamilton que tu vas contribuer à améliorer cette situation… »

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MessageSujet: Re: long road to ruin there in your eyes   Sam 7 Juil - 1:00

long road to ruin there in your eyes
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Le regard de la furie glisse sur elle, la brûle et pas de cette façon qui la délecte. Dans la pupille, Leigh lit le jugement et la hargne. Elle a l’impression qu’elle la fusille en la détaillant, ce qui oblige la carrière à remuer stupidement sur son siège. Elle a les poignets encore liés, en prend seulement conscience - mesure de précaution, il parait. Et la corde commence à la démanger. Tant de frustration qu’Uzo entretient avec son comportement offusqué. Tant de colère qu'elle alimente contre sa propre personne pour s’être fait avoir comme une débutante. Et pour avoir foncé tête baissé dans un sale traquenard qui lui coûtera peut-être la vie. Parfois, faut croire qu’elle oublie, la roublarde qu’elle peut vraiment ne s’en faire que pour ses propres fesses, se noyer dans un vrai égoïsme pour pouvoir maintenir son existence à son meilleur. C’est comme ça qu’elle semble raisonner, la furieuse d’ailleurs. Le ton grimpe à nouveau, mord aussi douloureusement que possible celle qui l’enterre chaque seconde un peu plus. « Je t’ai rien demandé. Je te demande rien tout court d’ailleurs. Puis putain, c’est quoi cet élitisme de mes deux. Tu peux pas foutre un doigt de pied dans ce tas de cailloux pour quelle raison au juste ? De toute évidence, c’est un de vos gars qui a foutu sa merde ici. Et jusqu’à preuve du contraire, j’avais pas d’explosif sur moi. Putain mais vous croyez qu’on va vous faire quoi en venant ici ? Mon but, c’est pas de vous baiser. J’ai tiré sur personne d’ailleurs, tu noteras. Y a pas eu de morts. » Vaine tentative de minimiser son incursion, l'acte qui consiste seulement au fond à franchir la limite interdite pour simplement joindre quelqu’un qu’elle n’aurait jamais pu atteindre autrement. Ce n'est pas aux gardes qu'elle aurait pu confier cette demande. Qui aurait été la chercher, la soldate ? Aucun d’eux, ils lui auraient ri au nez.

La lionne se révèle toujours plus hargneuse, toujours plus moraliste. Et face à ce ton, l’américaine ne peut qu’être provocatrice. Restes de l’adolescente qui ne pliait pas sous la critique parentale. « Désolée, ‘man. Je promets la prochaine fois, je sortirai couverte. » Mine mauvaise, sourire insolent qui tend à vouloir amplifier le conflit au lieu de l’apaiser. Si la militaire pète un boulon, elle peut très bien la suivre sur ce chemin. « Tu sais quoi ? Merde. » Toute sa façon insensible de présenter les faits la fait enrager, elle l’a fait passer pour la débile du village. L’imbécile qui peut pas décrocher d’une simple histoire de cul. C’est peut-être le cas d’ailleurs. Mais elle n’a pas besoin de le lui rappeler, de remuer le couteau dans la plaie. Elle décide de laisser à Wiley le soin de s’épancher sur la ratée qu’elle est et n’intervient que quand l’orage s’est suffisamment éloigné pour reprendre la parole. « Personne ne sait dans mon patelin qui sont les responsables. C’est une information en plus non ? Il vient sûrement pas du bourbier. » Un haussement d’épaule, le timbre qui traine ce coup-ci et finalement, elle se redresse brutalement, envoie la chaise promener d’un coup de pied pour avancer droit sur l’interlocutrice. « Je sais pas non plus pour qui tu te prends, Uzo. Mais t’es le bras droit de cette nana. Tu peux lui parler, la raisonner, je sais pas, putain. J’ai juste l’impression que t’attends que ça toi aussi, que ça finisse par exploser totalement. Que tu m’as bien baratiné tout ce temps pour avoir ce que tu voulais. » Les yeux se plantent dans les siens avec défi puis elle recule de deux pas. « Enfin, ouais, t’as raison, c’était encore une idée à la con de vouloir s’assurer que t’avais pas canné. Quelle idée de marcher simplement dans ce vieux tas de cailloux pour faire coucou. C’est tout à fait anormal, t’as raison. » Un grognement et elle se tire à l’autre bout de la pièce, s’accole au mur et rumine en silence.

Sale gosse qui boude une demi-seconde avant que ça la saoule elle-même ce petit jeu. La trogne se relève déjà pour l’observer la déchainée et attester de son état psychique. « T’as l’air drôlement stressée. Du genre à plus pioncer. C’est comme ça que tu solutionnes les situations de crise alors ? En crevant à petit feu et en gueulant comme une hystérique ?  Ta pote est sûrement entourée de guignols pour surveiller ses miches de toute façon là. Et l’autre glandu qui a fait c’te truc, il est sûrement loin maintenant. S’il est intelligent, du genre pas comme certaines connes trop impulsives et émotives pour se pointer en étant clairement pas invitée. »  Le sarcasme lui râpe la langue « Alors chef, j’aurais droit à la lapidation sur la place publique ou la pendaison avec un cercle plus intime ? Un petit rituel satanique ? Un écartèlement ? La roue des supplices ? » Qu’elle rajoute pour exagérer absolument toute cette situation grotesque qui rend la mineuse de plus en plus revêche et acerbe.
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MessageSujet: Re: long road to ruin there in your eyes   Mar 10 Juil - 19:52

Leigh Uzo
« long road to ruin there in your eyes »

Trop longtemps qu’elle était sous pression pour que cette entrevue ait la moindre chance de bien se passer. Trop longtemps qu’elle dormait mal – quand elle dormait – pour posséder encore la moindre once de patience face à ce genre de comportement. Son sang froid ? Envolé, oublié depuis longtemps, parti en vacances dans les bagages d’une autre mais en tout cas certainement pas à portée de main d’Uzo dans l’immédiat. Et Leigh qui n’avait de cesse de continuer à envenimer le jeu… c’était comme un cercle vicieux, un putain de ring verbal où aucune des deux ne voulait laisser à l’autre le loisir du dernier mot. Comme à l’habitude, en fait, ça avait toujours été le cas entre elles mais jamais à ce niveau-là, jamais avec autant de colère ou de rancune. Le truc, c’est que la seconde en chef d’Hamilton elle se faisait doucement pousser jusqu’à un point de non-retour là. Celui où elle allait exploser, celui où l’orage qui menaçait depuis quelques jours voire semaines allait finalement éclater. Elle en avait besoin, sûrement, ça la viderait un bon coup. Ça l’épuiserait mieux que son sac de frappe ou ses partenaires d'entraînement et la tension cesserait de nouer ses muscles pour au moins quelques heures avant que tout ne recommence.
Sauf que ça ne passerait pas sans laisser quelques séquelles, sans créer quelques nouvelles déchirures dans le tissu de sa relation avec Leigh.

La simple idée que la chef de zone ait fait tout ça pour s’assurer qu’elle allait bien ne l’atteignait même pas. Trop secondaire, par rapport à tout le reste, puis l’énervement la rendait aveugle au bien fondé initial de l’entreprise kamikaze. Ça lui passait parfaitement au-dessus de la tête, tandis qu’elle suivait du regard le petit manège de la captive, son retrait à l’autre bout de la pièce, la chaise échouée quelques mètres plus loin. « T’avais d’autres moyens de faire passer un message que t’amuser à jouer à Passe-Partout. Je serai venue. » Vraiment ? Ou bien de l’affirmer, Uzo tentait d’abord de se convaincre, elle, qu’elle aurait abandonné le bordel de la Mine autrement que par manque de choix et mise au pied du mur ? Dans un cas comme dans l’autre, elle n’était pas crédible, et elle qui abhorrait les mensonges sous toutes leurs formes et prônait la franchise, détestait s’entendre parler de la sorte aux autres. Détestait sentir les tiraillements de sa loyauté qui se tendait vers deux extrêmes. Et détestait encore plus ne pas savoir qu’y faire afin de pouvoir changer quoi que ce soit à cette foutue situation.

« Ferme-là, Leigh. Tu sais même pas de quoi tu parles. » Bien sûr, et le jour où la quarry ouvrirait et fermerait sa gueule sur la commande de son interlocutrice, les poules auraient des dents. Les sarcasmes ne firent que s’en exacerber davantage et Uzo sentit sa mâchoire se contracter sur une remarque qui lui brûlait la langue ; rompant l’écart à son tour, elle vint se planter sous son nez et profita que Leigh ait choisi d’aller trouver refuge contre une des parois pour l’y coincer là. Sa main droite s’agrippa au tissu de son haut et puis… puis quoi, d’ailleurs ? Elle n’allait certainement pas la frapper juste pour la voir ravaler sa langue, pas son genre (d’ailleurs il y aurait eu fort peu de chance que ça fonctionne connaissant l’énergumène). Son poing gauche vint heurter la roche juste à côté du minois de l’insolente et la douleur éclata dans ses phalanges, libératrice. Elle encaissa dans une grimace et enchaîna dans la foulée, nullement décidée à se laisser dompter par ses propres conneries. « T’es quand même salement culottée, pour venir te ramener ici et oser me reprocher de rien faire pour vous. Tu te rends compte quand même de ce que tu me déballes, là ? » Difficile de rater les éclairs dans son regard vu la proximité. « Tu t’inquiètes, soit-disant, que j’sois pas morte au fond d’un trou après ce qui s’est passé, et t’as l’air de t’étonner que j’ai pas employé mon temps de ces dernières semaines à rentrer du bon sens dans la caboche d’Anita ? » Les doigts se crispèrent autour du vêtement comme si de l’attirer à elle de la sorte, elle allait faire rentrer plus facilement ses reproches dans le crâne de Leigh. Puis, tout se délia et elle s’écarta, sans crier gare, recréant un espace entre elles pour mieux laisser s’installer l’explosion : « Mais bon sang, à quel moment t’as pas compris que j’avais autre chose à faire, en ce moment ? » Ses bras se croisèrent en dessous de sa poitrine dans un geste furieux, mais l’un d’eux ne tarda pas à se déplier aussitôt pour pointer en direction de la porte tandis qu’elle continuait, ponctuant sa phrase d’une main ouverte vers ce qui se trouvait de l’autre côté du battant : « C’est le bordel, ici, une chasse aux sorcières et tout le monde qui se regarde de travers. T’as pas l’impression que ça serait plus judicieux de calmer les esprits à l’intérieur en premier lieu ? Tu crois sérieusement qu’Anita a envie d’entendre causer de la Carrière quand elle a ses propres ennemis à gérer en interne ? » En plus de ses blessures, du temps qu’il lui fallait pour se remettre dans les rails, du temps qu’il lui fallait pour avoir déjà envie d’entendre causer du bordel entre ses murs. Mais Leigh n’avait pas besoin de savoir tous les détails, ni l'avalanche de responsabilités qui avait d’un seul coup chu sur les épaules de l’ex-militaire le temps que la dirigeante d’Hamilton soit remise sur pied. « L’explosion, elle viendra d’abord ici si on s’occupe pas de nos propres affaires en premier. » Enfin, elle était déjà venue, littéralement, mais Leigh avait toujours eu ce sens de l’à-propos remarquable quand il était question de faire jouer l’ironie. « Puis qu’est-ce que ça peut t’importer, la manière dont je solutionne tout ça, hein ? Va pas me dire que ça vous arrangerait pas, dehors, si on pouvait s’étouffer sous nos tonnes de roches. »

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MessageSujet: Re: long road to ruin there in your eyes   Mar 10 Juil - 23:47

long road to ruin there in your eyes
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La mauvaise foi de la soldate irrite les nerfs déjà à vifs de la captive. Difficile de se trouver là en état apparent de faiblesse, les poignets aux prises avec ce foutu lien rongeant la chair. Difficile d’être la seule à démontrer une fois de plus, de trop, son attachement. Face à ça, Uzo ne fait que lui rappeler que ça ne compte pas, qu’elle s’en tamponne. Leigh comprend les responsabilités, elle entend l’impuissance de la mineuse face aux conflits survenus dans sa montagne. Pourtant, tout ça, ça ne justifie pas tout et surtout pas, ses réactions démesurées. Alors quand la furibonde s’octroie le droit d’invoquer des alternatives qui n’existent même pas, la carrière, elle peut pas s’empêcher de se mettre à ricaner, dévoilant une partie de ses quenottes dans l’exercice. « C’est ça ouais, t’as vu la vierge aussi ? Tu crois franchement que je vais gober tes salades ? Puis le dire à qui ? En servant quel but ? Personne en aurait rien eu à foutre que je veuille te causer. On se serait même demandé ce que je complotais. » Renverser le système des deux côtés ? Trahir la carrière pour l’ennemi ? Chercher à se faire une place au fond d’une grotte ? Tellement de questions stupides qui n’ont pas lieu d’être. Faut croire qu’il ne leur reste vraiment plus qu’une seule option dans ce monde de cons. Diviser pour mieux se foutre sur la gueule. Et ça la fait enrager que son alliée en soit rendue à ce constat elle aussi.

La mine s'assombrit quand l’ouragan se déplace pour l’emporter. La main qui accroche le col, l’autre qui frappe la roche. Du bluff ou l’expression d’une colère qui aurait pu mal tourner avant un sursaut de lucidité. Au final, ça ne change rien à la déception de la provocatrice qui soutient le regard de l'opposante à chaque instant. Elle refuse de plier, surtout pas devant un acte aussi violent. La trentenaire aimerait réussir à se faire croire qu’il s’agit juste là le résultat d’une accumulation dont elle n’a été qu’un déclencheur et pas la cause principale mais elle n’y parvient pas. Faut avouer qu’elle ne l’a jamais vue dans cet état la stoïque et que ça serait mentir que d’affirmer que ça lui fout pas un peu les jetons. Elle se tait le temps que l’autre finisse de déverser ses conneries et de la relâcher. Elle bouge pas, l’insolente, elle tente de conserver son masque d’impertinence pour ne pas lui montrer que tout cet acte l’a inéluctablement touchée à un degré qui ne devrait même pas exister. Alors face à tout le mépris éjecté, la piégée se surprend à tout faire pour rester égale à elle-même. « Je t’avoue, ouais, le gros kiff quoi Disneyworld mais en mieux, on pourrait même faire des toboggans sur le monticule pour célébrer tout ça. » Un léger sourire ironique, la tête qui se cale contre la paroi puis le sérieux qui revient subitement. « T’es certaine de vouloir me sortir ça à moi ? Putain mais tu me connais vraiment pas. T'as raison, je vais même danser sur ta tombe alors que je vais sûrement crever pour avoir voulu te parler. Puis tu sais ce que j’en pense de ces conneries pro-mine, pro-carrière à la con. On est pas en 40. Votre secte ferait mieux de se rallier aux autres groupes plutôt que de traiter en interne comme tu dis. C’est pas en refermant les frontières qu’on devient plus fort, on devient juste plus con même. T’as pas de vue d’ensemble, t’as le nez dans la même merde et tu te demandes pourquoi t’y vois pas clair ? Pourquoi t'es aussi sur la brèche ? » Pas là pour dispenser des conseils ou même un avis sur cette situation volcanique. Ça ne la regarde pas et de base, elle ne venait même pas pour ça. Mais puisque le sujet est tombé et qu’elle a commencé à vociférer son opinion, pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? « Bien sûr que ça m’intéresse qu’on soit pas tous en chien dans nos camps respectifs à mordre la première fesse qui se présente, putain. Je suis la seule nana de tout le patelin à penser qu’on pourrait et qu'on devrait coopérer ? Peut-être que t'arriverais à en apprendre plus en sortant de ta niche et en commençant à gratter à l'extérieur, comment ils se sont procuré tout ça ? C'est peut-être à la carrière ? C'est pas en restant à Baker Street que tu vas résoudre le crime, Sherlock. Et puis, il reste pas des masses d’humanité, c’est pas le moment de se foutre dans les pattes. Les zomblards finiront par gagner à force. C’est ça que vous voulez ? » Grognement qui s’estompe alors que la trogne retombe, que les prunelles buttent contre le sol. Tout ça prend des proportions surréalistes. Mais elle aurait dû se douter, Leigh. Qu’elle allait sûrement finir par merder.

Dans un autre acte de folie, pour tester peut-être réellement les intentions de la révoltée, la chef de zone fait un pas pour se placer juste sous le nez de son interlocutrice. « Si t’as envie de me tabasser, fais toi plaiz. Si tu crois que ça va changer ta vie puis que ça va te calmer dans la foulée. T’auras qu’à me balancer ensuite à ta pote en offrande pour amplifier ta belle loyauté à ta tribut. » Un soupir de frustration, l’intruse s’est vue la bousculer un peu en représailles mais les mimines ne parviennent pas à se relever pour effectuer le mouvement. La pacifiste n'arrive pas à se montrer aussi dédaigneuse, elle se refuse de jouer à ça. Quitte à ce que ça se termine aujourd’hui, autant qu’elle n’ait pas ça à regretter en plus du reste. Elle se plaque à nouveau contre son mur et marmonne entre ses dents serrées. « C’est pas juste, putain. Toi tu peux débouler à tout moment mais moi, je dois me contenter de me gratter les miches dans mon patelin alors que ton putain de caillou explose ? » Gosse qui pleurniche, pathétique. « Je voulais juste te voir, merde, dans quel monde c’est supposé être un crime ça ? Enfin au moins, t’aurais eu droit gratuitement à un punching-ball. Tu dormiras peut-être mieux ce soir, à défaut d’être débarrassée de toutes ces si grandes responsabilités. » Qu’elle annote néanmoins pour contrebalancer un peu de sa vérité pas si bonne à délivrer.
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MessageSujet: Re: long road to ruin there in your eyes   Sam 14 Juil - 22:09

Leigh Uzo
« long road to ruin there in your eyes »

Elle sentait bien, l’ex-militaire, qu'elle était complètement en train de perdre pied et qu'elle glissait vers une situation qu’elle ne maîtrisait aucunement. Elle s’en rendait compte avec une acuité assez paradoxale étant donné son incapacité complète à se gérer. Longtemps qu'elle ne s'était plus connue comme ça, des années au bas mot, décennies peut-être ; elle-même peinait à comprendre cet espèce de nervous breakdown aussi subit qu’imprévu. Prix à payer pour toutes ces fois où elle avait encaissé, pris sur elle et prétendu qu’elle allait tout gérer de main de maître ? Sauf qu’elle était loin d’être infaillible, Uzo, elle n'était jamais rien qu’humaine après tout… Aujourd’hui en était la preuve flagrante, il était juste regrettable que ce soir Leigh qui en doive en faire les frais.

L’orage qui lui tomba dessus, elle le subit de plein fouet sans trouver le moment pour en placer une. Sacré retour de flammes, hein ? Mais mérité, probablement, lui soufflait une petite voix intérieure bien que sa propriétaire ne soit toutefois pas encore prête à l’écouter.
Le coup de poing se fit ressentir dans toute son intensité quand la chef de zone poussa les choses à son paroxysme avec sa prétendue offre. Et là, Uzo commença à prendre conscience de deux-trois trucs qui clochaient un peu dans son attitude. Le bec cloué depuis le début du déchaînement, la surprise agrandit quelque peu son regard tandis qu’une ombre passait. Merde, Leigh pensait sérieusement qu’elle était capable de ça ? « Tu sais très bien que je ferai jamais une chose pareille. » Son regard glissa de la captive vers le dos de sa main aux phalanges écorchées par le coup contre la roche, un instant plus tôt, et elle grimaça à la vue du spectacle peu engageant qu’offraient peau et chair malmenées. La violence, ça ne lui ressemblait pas. Malgré son métier passé et sa fonction actuelle, elle n’avait jamais prôné cette manière d’agir comme étant la meilleure, pourtant aujourd’hui elle avait l’impression de se trouver dans les basques d’une autre. Quant à la délation… « J’ai pas besoin de prouver ma loyauté à qui que ce soit » elle s’entêta, mais la réticence dans la voix après tout ce qu’elle venait de se prendre dans la figure, juste parce qu’elle ne pouvait pas laisser passer cette idée sans au moins tenter d’y opposer une graine de protestation. Blessée, d’une certaine manière, que Leigh puisse la croire portée à ce genre d'inclinaisons mais en même temps que valait l’image qu’Uzo donnait d’elle depuis tout à l’heure ? « Et je te balancerai pas dans la fosse aux lions juste pour prouver quelque chose. » Ni Leigh, ni personne d’autre. Mais surtout Leigh. Anita ne saurait rien de cette excursion inopinée de la chef de zone dans l’enceinte de la Mine, elle se débrouillerait en ce sens même si la leader d’Hamilton avait la fâcheuse manie de finir par systématiquement être au courant de tout.

Un peu douchée par la répartie venue piétiner sans pitié tout son argumentaire colérique, Uzo finit par reculer de quelques pas comme un signe d’abdication. Elle ne faisait pas vraiment le poids aujourd’hui, elle n’avait pas la force de se battre. Tout avait explosé d’un coup, pour la laisser lasse ensuite et seulement la fatigue en guise de compagne. En un sens, la certitude mal acceptée que l’insolente avait raison avait contribué à briser tout cet élan furieux peu représentatif de sa personne en temps normal. Alors maintenant qu’elle avait gueulé un bon coup, maintenant que la douleur continuait d’irradier sa pogne salement amochée comme une piqûre de rappel que toutes ses conneries avaient toujours des conséquences, ne restait que l’impression d’être complètement démunie face à quelque chose qu’elle avait, de toute évidence, complètement foiré. « Arrête, s’il te plaît. Arrête avec ça. » C’était pas un ordre, ça y ressemblait en rien. « J’en peux plus de t’entendre. » Plutôt une demande expulsée dans un souffle tandis que son pied, d’un dernier pas vers l’arrière, venait heurter la chaise envoyée dans les roses. D’un geste machinal, l’ex-militaire se baissa pour la redresser, avant de s’y échoir dessus.
D’une certaine manière, les dernières paroles avaient été les pires, une fois débarrassés de toute l’amertume accusatrice ; après avoir fissuré le mur derrière lequel Uzo s’était retranchée, l’aveu un peu pleurnichard lui avait laissé un aperçu des dégâts de ce qu’elle n’avait pas fait. Elle se prit la tête entre les mains, se massa les tempes du bout des doigts pendant quelques secondes supplémentaires de silence. Puis, le regard revint croiser celui de l’autre occupante de la pièce. « Tu crois qu’elle me convient à moi cette situation, dis ? Tu crois que j’aimerais pas que les choses soient autrement ? » La voix s’était calmée, à l’image de la miner qui se trouvait désormais à la place qu’on avait imposée à l’intruse quelques minutes plus tôt. « D’accord, j’aurais venir te voir, ok. Je l’ai pas fait, c’est pas que j’en avais pas envie. » Mais un seul problème à gérer à la fois, non ? Leigh et son caractère revêche lui bouffaient une énergie incroyable et au vu des quelques tensions qui s’étaient tissées la dernière fois entre les deux femmes, Uzo ne s’était pas sentie le courage de foutre un pied hors de la Mine pour elle, pour l’affronter, pour oser lui dire qu’elle lui manquait alors que c’était justement elle qui infligeait cette distance. « Puis, je voulais pas me faire pincer à zoner dans la Carrière alors que tout le monde ici était sur les nerfs. Ils ont trop besoin d’un coupable idéal à pointer du doigt. J’pouvais pas infliger ça à Anita. » Elle, elle avait déjà bien assez à faire avec tout le reste. Et certainement qu’elle n’avait pas confié les rênes à son bras droit pour devoir ensuite défendre cette dernière contre une poignée d’accusations infondées. « J’suis fatiguée de ces conneries, Leigh. Et toi, tu trouves rien de mieux à faire que de venir en rajouter une couche. Merci du coup de pouce, hein. » Un petit rire sans joie s’expulsa de ses poumons. Bon sang, ce qu’elle pouvait être injuste quand elle s’y mettait.

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MessageSujet: Re: long road to ruin there in your eyes   Lun 16 Juil - 2:00

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Il y a quelque chose dans le regard adverse qui agrippe l’attention puis la poitrine de la fugitive. Leigh ignore s’il s’agit de regrets, de peur, d’incompréhension ou d’incertitude. Mais il se passe un truc dans la caboche d’Uzo. Un truc qui modifie juste assez le rapport de force pour calmer un chouïa la captive. Les sourcils s’arquent, les lèvres se tordent. Le comportement de sa comparse l’inquiéterait davantage encore si la colère ne s’était pas mêlée à l’ensemble. L’américaine perçoit sans mal la fatigue aussi bien physique que mentale qui accable les épaules de la soldate. En temps normal, elle aurait sans doute chercher à la dissoudre ou bien à l'obliger à déballer ce qui se passait concrètement. Mais après, elle pense posséder assez d'éléments pour se faire le tableau. « Non, tout ce que je sais en vrai, c’est que t’es au bout de ta vie. Et que quand on en est là, y peut se passer beaucoup de choses. Comme perdre le contrôle. » La brune a suffisamment côtoyé des personnes de tout genre et tout horizon pour pouvoir l’affirmer. Il ne suffit pas de grand-chose pour être animé par quelque chose de bien plus primitif et bien moins engageant que la bienséance ou la retenue, de se laisser submerger par cette rage sans même le conscientiser. Au moins, la militaire a visé le mur et pas sa tête. Un soupir, un peu d’indulgence qui  l’oblige à dénouer quelques muscles. « Pauvres lions, y a pas beaucoup de viande sur l’os mais elle est de qualité. » Qu’elle arrive même à commenter en tapotant inutilement sa cuisse. L’insoumise cherche sans doute à alléger cette tension d’après reproches. Surtout qu'elle ne la pense pas réellement capable d’un tel acte. Elle la teste, tente sans doute de retrouver un peu d’humanité, un peu d’attachement derrière la violence. Comme une gosse, elle court et tente de ramasser un semblant d’affection pendant qu’on la gronde vivement.

Elle n’espère à aucun moment gagner, Leigh ou obtenir ce qu’elle désire. Après tout, elle ignore elle-même ce qu’elle cherche en balançant tout ce phrasé. Un peu de lucidité, un peu de la femme qu’elle a appris à connaitre et ses idées bien plus tranchées. Sauf qu’à force de vouloir faire ployer les fondations de cette hargne, elle atteint l'organisme tout entier. Quand l’épuisée s’échoue sur  son siège, la piégée s’agenouille là où elle se trouve, se mord les lèvres pour s’efforcer de ne plus rien ajouter. Respectueusement, la furie accède à la requête de Wiley. Les mains liées se posent sur le haut du crâne tandis que l’échine se courbe. Prise de tête monumentale que la carrière aurait préféré s’éviter. Fixer le sol lui permet au moins de ne pas briser le silence et bordel, ça n'est pas facile pour elle d'endurer ce mutisme pesant. Ce sont les mots de son interlocutrice qui la délivrent de ce supplice et lui font relever le menton, croiser son regard. Facile de s’y laisser déconcentrer, plus compliqué de se rappeler qu'elle lui en voulait. Surtout après ces aveux réconfortants. « J’en sais foutrement plus rien vu que tu m’as pas causé depuis mille ans. » Vérité, pas tellement saupoudrée de réprimandes. Seulement du vide qu'elle ressent. Les explications l’incitent à se redresser quand cependant, les yeux deviennent un peu plus fuyants. Moins d’assurance après ces confessions qui légitiment l’absence et discréditent l’acte impulsif. Uzo réussit à renverser le jeu avant de la piquer une nouvelle fois. Montages russes, ascenseur émotionnel qui n’en finit plus de la ballotter. Ça s’achève sur l’acidité et Leigh n’arrive pas à ravaler son insolence quand ça revient. « De rien, c’est gratuit, offert par la maison. » Un pas en avant, six en arrière donc.

La prisonnière tend nonchalamment ses poignets attachés vers son maton. « Je me barrerais si je pouvais, hein pour que t’aies plus à m’entendre. Mais c’est pas spécialement possible. » Léger sourire crispé, ironique.  « Tu crois sérieusement que c’était mon but de t’emmerder en pointant mes miches ici ? Je suis pas une putain de maso qui attend que ça que tu la fouettes. » Elle en a marre de compter les points. Elle aussi, elle commence à saturer de cette altercation. Puis des tentatives de l’une et de l’autre de prouver qui est la plus à plaindre. Il lui faut de l’action maintenant, une résolution dont l'issue n'importe déjà plus. Ou peut-être que si. Elle ne sait plus. « Et donc, on fait quoi ? Tu me frappes pas, tu me jettes pas aux lions, j’installe un lit de camp ici et je me prépare à kiffer le pain rassis puis l’eau imbuvable ? Comment ça se passe ? » La semelle gratte le plancher mécaniquement, les baskets se foutent l’une devant l’autre ensuite. « T’as pas envisagé au milieu de ton mélodrame digne d’un soap latino que je pouvais peut-être aider ? Ça arrange personne ce qui se passe. Même les cons qui réalisent que dalle, ça les arrange pas, ils ont juste trop de merde dans l’œil mais voilà. » Et cela comprend Diggs. Ainsi que Jones et tous les autres bons penseurs de leurs camps respectifs. Dans un élan qui vise à enterrer – au moins temporairement, la hache de guerre, la détenue calent ses paumes contre l’épaule de sa tortionnaire. Contact aussi rassurant qu'insécurisant, Leigh n'est plus certaine de savoir comment la mineuse va le prendre. « T’es en train de nous taper une dépression nerveuse. Faudrait peut-être envisager une petite semaine en thalasso avant le burnout définitif. Je peux faire quoi pour réparer ma merde ? Et t’éviter de te tirer une balle, ça m’arrangerait vachement ça aussi. » Elle arrive pas à s’excuser, la furibonde. Comme elle arrive pas à se dire qu’il lui faut lâcher l’affaire. Les prunelles suivent vaguement les meurtrissures sur les phalanges de son vis-à-vis. Tout cela est stupide. Elles se concentrent inutilement sur l’autre alors qu’aucune n’est l’ennemie. Du moins, ose-t-elle l’espérer. « Tu te serais brisée la main, t’aurais encore réussi à dire que c’était ma faute, hein ? Je pensais que pour la roche, on utilisait des pioches par ici ou des explosifs. »  Remarque foireuse projeté sans réelle méchanceté que l’impertinente corrige immédiatement en virant vite ses doigts de la carrure voisine – simple mesure de précaution, elle y tient à ses mimines. « Ok, pas drôle, c’est trop tôt pour se poiler. »  Les mains retombent contre le corps, désarmées et impuissantes.
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