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 Grudges [Chaï]

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MessageSujet: Grudges [Chaï]   Jeu 15 Fév - 1:04

Grudges
Strange how we found ourselves exactly where we left off. I know you're shaking my hand like it is the first time.
 

Elle n’aime pas perdre, Leigh. Elle déteste encore plus perdre contre elle-même et c’est en partie pour cette raison qu’elle a décidé de se pointer là. Dans l’ancien repère de ces crapules, de ces chiens qu’elle a férocement haï et sur qui elle aurait volontiers craché si elle n’avait pas eu autant peur de crever. Là où le regard se pose, les souvenirs affluent. Tantôt amers, tantôt écœurants. Ils alimentent parfois encore ses cauchemars. Des scènes dérangeantes qu’elle aimerait pouvoir se sortir de la caboche. Des cicatrices longent encore ses avant-bras, son dos et témoignent de quelques-uns de ses pires moments passés à leurs côtés. Hanter à nouveau ce complexe lui a demandé une certaine dose de courage. Par chance, la brune n’en manque jamais. Du moins, c’est ce qu’elle aime répéter. Dans son dos, le petit s’agite tandis que le vieux critique à peu près tout ce qui est à portée de sa vue défectueuse. L’un sert de laquais à son bon service, l’autre est venu en qualité d’expert, afin de s’assurer que les échanges soient justifiés. Que le rapport qualité/prix soit respecté. Une escorte peu digne de la chef qu’elle est mais suffisante pour accomplir la tâche du jour. Une petite tape à l’arrière du crâne de Billy, une remarque au vioque et ils se dispersent. La pupille évalue les diverses trouvailles. Du moins, elle en donne l’illusion, la fourbe. L’esprit vagabonde par ci, par là. Surtout du côté où le brave Steevie a rendu son dernier soupir. Ils auraient peut-être dû cramer l’endroit bien qu’il soit adapté à sa nouvelle fonction désormais. Mais quand même, ça l’aurait réellement fait rêver de voir ce lieu traumatisant réduit pour de bon à néant. Sois déjà contente de pouvoir respirer et ferme-la, Wickham qu’elle se dit en feignant un intérêt tout particulier pour des babioles inintéressantes. Et particulièrement moches à bien y regarder.

Alors qu’elle a le nez plaqué aux horreurs qu’on tente de lui refourguer, des cris s’élèvent. La trentenaire ne s’en serait pas formalisée si l’une des voix n’avait pas appartenu à son gamin soumis. Pas si soumis que ça dans ce cas précis note-t-elle mentalement. Ses yeux traquent la source du grabuge méthodiquement. Elle délaisse la vendeuse, relève l’index pour lui intimer l’ordre de se taire. Bien vain vu que ça chahute de partout ici et que ça résonne suffisamment pour l'empêcher de capter la direction à emprunter. Sans plus d’égard pour son interlocutrice, l’impatiente s’écarte de l’échoppe et se faufile entre quelques badauds. Les prunelles atterrissent sur Georgio, aux prises avec un marchand farfelu. « Où est Billy ? » Qu’elle lui demande le plus calmement possible. Il hausse des épaules. Comment pourrait-il savoir ? Il ne voit pas correctement au-delà d’un mètre. Myope comme une taupe, ce vieux. Un grognement pour toute réponse et elle se détourne de son acolyte. Une autre salve d’injures lui permet d’effectuer une meilleure trajectoire dans les minutes qui suivent. Un attroupement achève ses recherches. D’un mouvement hargneux, elle écarte les personnes agglutinées devant le pitoyable spectacle. Des fruits roulent au sol, la main de Billy chatouille un peu trop le couteau à sa ceinture pour que ça ne finisse pas en effusion de sang. Son opposant est bien plus imposant mais elle sait que l’adolescent est vif, précis et effroyablement efficace malgré son apparence chétive. Elle ne parierait pas sur le molosse. Mais préférerait autant ne pas tester cette hypothèse. D’autant plus que ce petit show leur ferait une mauvaise publicité. Qu’elle aimerait autant garder une bonne entente et pouvoir remettre les pieds ici quand ça lui chante.

Relativement blasée, Leigh exécute deux pas vers le duo. Une troisième silhouette se mêle au conflit apparent. Une vague impression de déjà-vu lui traverse l’esprit. Son cher père lui aurait sûrement dit que c’était normal car après tout, les jaunes se ressemblent tous entre eux. Elle en a la nausée rien qu’à y songer et se demande d’ailleurs pourquoi elle y dédie une pensée à cet abruti fini et à ses idées racistes, arriérées. Le stress ne lui réussit pas. Avant de réellement s’insérer dans le grand bordel qui se produit, elle laisse le soin au diplomate de tenter d’apaiser la situation. Elle, elle se charge des témoins qui ne font qu'échauder les deux adversaires. « Vous avez pas mieux à faire que de vous planter là ? Y a rien à voir. C’est pas une sitcom, ni de la télé-réalité, circulez. » De plusieurs mouvements de bras, elle tente de les encourager à s’éparpiller, jette un œil en arrière en direction des protagonistes pour savoir à quel moment il serait judicieux d'intervenir. Elle est à peu près sûre que le gosse a renversé la cargaison accidentellement du baraqué. Il s’en faut peu par ici pour que ça dégénère. Les tensions et la méfiance seront toujours de mise entre les différents clans. Et ce n’est pas Leigh qui les détromperait à ce sujet.

 
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MessageSujet: Re: Grudges [Chaï]   Ven 23 Fév - 10:11


Leigh Chaï
« GRUDGES - Life appears too short to be spent in nursing animosity »
15 Février 2018

J'étais déjà venu à Stronebriar, une seule et unique fois. Alors que j'avais été envoyé par ma compagne pour une recherche bien précise, j'avais passé mon temps à me défendre contre des gens qui conjuguaient les bonnes manières au passé. Pour moi, il avait été hors de question d'accepter que des mots malsains puissent être prononcés au Mall. Cet endroit, après avoir été balayé de toutes crapules envahissantes, Jackals et Walkers mêlés, devait être un établissement d'échanges où les groupes n'existaient plus, où il fallait oublier les rancœurs pour faire place au drapeau blanc tendu. Rassurez-moi, la grande majorité pensait comme moi, n'est-ce pas ? Evidemment, certaines affaires louches s'étaient permises, quelques marchands faisaient payer le prix fort pour l'obtention d'objets rares, mais la bonne entente était de mise. Quoi qu'il en fût, j'eus probablement loupé l'occasion d'un troc et était revenu les mains vides devant ma dulcinée. Loin de lâcher l'affaire, elle m'avait ordonné de profiter d'un temps de pause pour y retourner et lui ramener, cette fois-ci, l'objet de ses désirs. Je lui avais promis. Pas parce que j'étais certain de trouver des tests d'ovulation à chaque coin de Stonebriar, mais parce qu'elle semblait y tenir réellement, alors... Après délibération de mon droit de sortie en compagnie du conseil d'Olympia, j'avais eu raison de leur confiance et avais pris le premier véhicule qui me conduisit au Mall. Cette fois-là, j'avais vraiment déambulé entre les magasins de fortune construits avec des cagettes et autre bric à brac qui appelait la vision. C'était bien tenté de décorer les étalages, mais il n'y avait rien de joli là-dedans, malheureusement. Je m'étais juré de ne pas plonger tête en première dans les bastons et les malentendus, mais je me connaissais, comme si je m'étais enfanté seul, si bien que, dès lors que des paroles plus hautes que les autres furent prononcées, mon envie de paix prit le dessus et je ne pus me résigner à faire comme si rien ne se passait autour de moi. C'est avec élan que je m'étais élancé vers le grabuge. Arrivé à hauteur de la bataille, mes épaules poussèrent l'un après l'autre les spectateurs qui s'étaient regroupés autour de la bourrade pour me frayer un chemin dans la foule en délire qui semblait être heureuse que quelque chose les tire de leur quotidien maussade et platonique. J'peux savoir c'qui se passe, fis-je en me plantant au milieu des deux protagonistes de la scène, bras tendu vers l'un et l'autre pour les empêcher de commettre l'irréparable. J'avais bien vu les doigts entourer le couteau, j'avais aussi assister au fait que le plus balaise des deux avait relevé ses manches et qu'une attaque imminente pourrait avoir lieu. Ça s'voit pas, fit le plus vieux des deux en pointant du doigt les fruits et légumes étalés à même le sol. J'suis sûr qu'on peut trouver une solution, proposai-je aux deux hommes avant de tourner ma tête vers le jeunot, toi, d'abord, tu vas ramasser tout ce que t'as fait tomber, lui ordonnai-je, commençant ainsi à vouloir détendre l'atmosphère, et prépare des excuses, continuai-je avant de poser mes pupilles sur la foule qui commençait à se disperser. Non, s'écria-t-il en serrant un peu plus la dague qu'il avait à la ceinture. Mes sourcils se froncèrent et je portai à nouveau mon attention sur l'adolescent, surpris qu'il puisse prétendre à répondre négativement devant autant de civilités. Non, m'exclamai-je en levant mes arcades assez haut, mes traits se tirant de colère. Machinalement, ma tête acquiesça face au toupet du garçonnet et, d'un geste rapide en sa direction, je pointai le tournevis qui me servait d'arme contre les écervelés. Tu veux jouer au grand ? T'as fait l'bordel, tu répares, c'est comme ça que ça se passe à Stonebriar, lui rappelai-je en le fixant avec intensité, la méchanceté s'échappant de mes billes minérales en direction du jeune homme qui semblait être plus con et moins réfléchi qu'il en eût l'air. Tente pas de faire la loi au Mall, parce que tu en ressortirais forcément perdant, le prévins-je une fois de plus dans l'attente qu'il se mette au travail., Mes paroles furent appuyées par une jeune femme qui vint tenter de remettre les idées au place à Billy. Billy ? Alors comme ça, il avait simplement manqué de surveillance puisque ses coéquipiers ne semblaient pas très loin. Et puis... Leigh, me surpris-je à articuler le prénom de la brune qui vint s'interposer après que j'eus lâché du regard le jeune imbécile pour le poser instinctivement sur celle qui vint également sauver la situation.

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MessageSujet: Re: Grudges [Chaï]   Dim 4 Mar - 0:50

Grudges
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Elle le sait dès le début que ça va seulement irriter le gosse ce qu’il lui ordonne, l’inconnu. Requête tout à fait légitime, il est vrai mais terriblement agaçante quand on est aussi jeune et qu’on a la rage au ventre. Leigh se revoit parfois dans cet adolescent en constante rébellion contre le monde. Elle l’a un peu pris en pitié à force et éprouve, à cet instant, un peu trop d’indulgence à son égard. Pas facile de grandir dans un monde pareil, cohabiter constamment avec la mort rend forcément parano et agressif. Peut-on le blâmer pour cela ? A chacun ses enfers. L’important ne réside pas dans la compréhension de son allié néanmoins mais davantage dans la survie de cet insolent. Et pour cela, elle le sait très bien, Leigh qu’elle va devoir s’imposer à un moment. Le médiateur risque d’être la première victime d’un échange de tirs entre les deux parties et elle préfère tout autant éviter que Billy ne crève pour sa stupidité. Après avoir dispersé comme elle le pouvait, la petite foule accumulée là, la chef de zone se retourne vers le gosse. Ce dernier montre immédiatement du doigt le marchand offensé comme un enfant pris la main dans le sac. Parait que c’est sa faute. Parait que le salopard a tenté de l’arnaquer, de le voler même. Difficile de démêler le vrai du faux. A vrai dire, elle n’essaie même pas. C’est inutile. Ils doivent s'assurer de gérer les conséquences, les causes n'appartiennent qu'au passé. La brune aimerait se présenter correctement, chercher à apaiser leur interlocuteur. Sauf que celui-là, il a compris qu’elle le connaissait le fauteur de troubles alors il se méfie, sort un petit flingue de son tablier. La trentenaire lève les mains, écarte bien les doigts pour lui montrer le caractère pacifique de sa démarche. En la voyant prise en joue, le môme dégaine officiellement son couteau. Elle l’arrête immédiatement avant qu'il ne bondisse vers l'avant. « Billy, tu reposes ça, de suite avant que je ne me décide à te foutre mon poing dans la gueule. » Réplique acide qui a le mérite de calmer autant l’adolescent que le fou furieux de la gâchette. Un statuquo compliqué à maintenir. Il lui faut rester calme et posée. « T’as envie qu’on te vire de chez nous ? Je crois pas. Alors réveille-toi, gamin. C’est le moment de briller par ton intelligence et de ramasser les trucs comme l’autre te l’a suggéré.» Il ne bouge pas encore en direction des fruits et les légumes éparpillés mais range au moins l’arme pour l’instant.

La femme oriente difficilement son regard vers le troisième membre de cette petite comédie. Bien que le commerçant ait relâché son fusil, la confiance ne règne pas. Alors elle l’observe sans vraiment le détailler correctement, préférant plus garder dans sa ligne de vue, leur potentiel opposant. « On se connait ? » Qu’elle lui demande seulement à l’asiatique. Les sourcils froncés, la téméraire tente de se souvenir de son visage. Un air familier, certes. Une impression de déjà-vu mais elle est bien capable de dire où et quand. Un problème à la fois. « Ramasser suffira pas. J’exige réparation, ma marchandise est foutue. » Qu’il beugle le négociant. Sans se départir de son audace, elle pointe du pouce le bon samaritain. « Une idée peut-être, Gandhi ? » Après tout s’il s’est mêlé de la situation, c’est qu’il se pensait apte à la résoudre. Cela tombe sous le sens. Ou peut-être bien que ça l'arrange, elle. Tout en marchant à reculons, en continuant à poser ses prunelles sur leur adversaire agacé, elle attrape le môme et le balance vers l’avant afin qu’il se bouge.« Toi, tu te dépêches de ramasser déjà. Je veux pas te le répéter une seconde fois. » Il geint quelque peu mais s’accroupit pour rassembler les divers produits. A deux doigts de la catastrophe et à deux pas de la réconciliation. Ils se situent quelque part au milieu. Rien de neuf, rien d’alarmant. C’est leur quotidien depuis un bon moment maintenant.

 
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MessageSujet: Re: Grudges [Chaï]   Dim 4 Mar - 11:46


Leigh Chaï
« GRUDGES - Life appears too short to be spent in nursing animosity »
15 Février 2018

On se connaît. Cette interrogation furtive à mon égard me décocha un hoquet de surprise. Mes paupières mobiles s'étaient levées comme si un sacré choc s'était abattu sur ma personne. Alors, comme ça elle ne se souvenait plus de moi ? Pourtant, nous avions tenté d'oublier le monde chaotique qui se propageait autour de nous. J'avais utilisé l'humour pour la rendre un peu plus vivante que survivante et elle m'avait donné l'attention qui m'avait manqué durant de longs mois. A croire que je n'avais été qu'un passage dans sa vie, quand bien même chaque vie devenait précieuse dans ce monde. Entrouvrant mes lèvres pour répondre, l'homme bedonnant reprit la parole, ce qui coupa mon élan. Réparation. L'adolescent dans le champ de mir, j'eus envie de l'étrangler de le voir prendre un air aussi pantois face à la situation qu'il avait créé. Était-ce si compliqué de refuser une offre qui ne convenait pas dans le calme ? Il n'avait pas l'air de voir qu'il était le fauteur de troubles dans l'histoire. Â, l'adolescence ! Imaginant toutes sortes de façons de cuisiner ce Billy, la voix de Leigh me réveilla. Oui, elle s'adressait bien à moi par l'interpellation de Gandhi. Un soupir s'extirpa d'entre mes lèvres à mi-closes alors que mon regard se faufilait un peu partout à la recherche d'une idée. Tu veux réparation, c'est ça ? T'es de quel camp, demandai-je en relevant mes prunelles ténébreuses sur le faciès du marchand. Peu importe, ajoutai-je en secouant la tête vivement, il viendra t'aider pour ta prochaine récolte, tu gagneras en temps et en volume, proposai-je au primeur en haussant les épaules, trouvant l'idée plutôt équivalente au préjudice subi. Et puis, je me rendis compte que les groupes n'étaient pas encore assez soudés pour accepter d'accueillir des visiteurs pour un seul homme, le problème étant parfois réglé par la mort dans le moins réglementé. Ou bien..., fis-je en baissant doucement mes pupilles vers le sol avant de m'accroupir rapidement, un genou dans la poussière encore présente. Défaisant les lanières de mon sac pour le poser devant moi, je l'ouvris et fouinai à grandes poignées à l'intérieur, à la recherche d'objets qui pourraient tout arranger. Il ramasse et je vous donne ceci en compensation, fis-je en dégotant quelques paires de couverts en argent, logiquement destinés à troquer contre des tests d'ovulation pour ma compagne. Je lui tendis et il me les arracha des mains pour les examiner, argent 925, 95% d'argent pur, commentai-je le sceau qui avait été gravé sur chaque ustensile. Que vais-je faire avec ça, posa-t-il en portant son attention grave sur ma personne. Pour certaines personnes, ce genre d'objets est tout aussi important qu'un toit au-dessus de leur tête, répondis-je du tac au tac. Où t'as eu ça, me questionna-t-il avant que je ne secoue la tête : T'occupes. Alors, demandai-je la clôture du pacte, si certains de tes fruits sont explosés, d'autres sont encore mangeables. De nos jours, on est loin de titiller sur l'apparence de la nourriture, poussai-je le plus vieux à accepter le deal en lui faisant comprendre que toute sa marchandise n'était pas bonne à donner aux cochons, que la plupart, même légèrement cognés, était encore vendable et qu'il faisait ainsi une bonne affaire en acceptant ma deuxième offre. Et il fit un signe affirmatif de la face : qu'il n'en oublie pas hein, s'exclama-t-il en pointant du doigt le môme accroupi avant de détaler derrière son étalage pour le remettre en forme. Me relevant enfin, soupirant d'avoir trouvé une solution pour résoudre le problème, je remis mon bagage sur le dos avant de tourner la tête vers Leigh : me remercie pas, fis-je d'un ton neutre avant de laisser mes jambes me guider vers un paquet de palettes où je pourrais poser mon dos et ainsi être certain que Billy exécute sa part de contrat. C'est ton frère, posai-je à la concernée même si j'étais sûr qu'il n'en était rien. Si t'es celle qui veille sur lui, tu devrais lui ré-apprendre les bases, supposai-je en plantant mes yeux sur le boulot qu'il était entrain d'effectuer, il en aura besoin quand tout ceci sera terminé, ajoutai-je avant de laisser une pause dans notre conversation. Silencieux. Mystérieux. Un rire s'échappa néanmoins de mes lèvres : j'suis trop optimiste tu m'diras, croire en la fin de l'apocalypse, dégainai-je comme si je me prenais aussi pour un fou sur le coup, mais l'Histoire nous a bien prouvé qu'après destruction il y avait renaissance, fis-je pour finalement porter mon attention sur le faciès de ma voisine. Tout n'est qu'éternel recommencement, lançai-je comme si le monde devait souffrir pour vivre dans de bonnes conditions, pour évoluer. Tout n'est qu'éternel recommencement. Ces mots, ce n'était pas la première fois qu'elle les entendait. Il y a quelques années de ça, alors qu'elle était entrain de se confier sur le pessimisme qui l'animait à voir les choses s'arranger, je lui avais alors soufflé cette réplique. Tout n'est qu'éternel recommencement...

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MessageSujet: Re: Grudges [Chaï]   Mer 28 Mar - 2:38

Grudges
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Les traits s’affaissent, semble-t-il. Le choc amorce ses ravages sur le faciès de l’asiatique ce qui force Leigh à s’interroger davantage sur l’identité de cet homme. Il ne l’aide pas à raviver sa mémoire défaillante, il se contente seulement de gérer la situation volcanique. Tant mieux, d’un côté. Mais de l’autre, ça la dérange qu’une information, de toute évidence, primordiale lui échappe de la sorte. Elle aimerait pouvoir gratter ses méninges jusqu’à extirper les réminiscences voulues mais le contexte ne se prête pas à une réflexion poussée. Ainsi l’attention se repose sur les deux protagonistes. La transaction la déroute quelque peu, elle se demande ce qu’il a à y gagner cet inconnu qui n’en est peut-être pas un. Le marchand le teste en conséquence et la brune a déjà les mains dans ses propres poches. Ce qu’elle comptait troquer s'y bouscule. Les bibelots se crispent entre ses doigts mais elle ne les sort pas. Inutile de faire grimper les enchères alors que le trentenaire se trouve si proche de la réussite. Pragmatique dans l’âme et suffisamment roublarde, pour laisser le soin au pacifiste de payer le tribut de la paix. Elle retient son souffle machinalement durant l’échange avant que le commerçant offensé ne finisse par s’écarter. Ainsi, elle exécute quelques pas en direction du gosse tout en hochant de la tête en signe de reconnaissance vers le vendeur apaisé. Une légère claque à l’arrière du crâne de Billy pour lui rappeler sa stupidité. « Dépêche-toi, on a pas que ça à foutre de ramasser ta merde. Tu vas me coller aux basques à partir de maintenant, je te le dis. » Qu’elle lui grogne avant que leur sauveur ne revienne lui parler. Elle voit dans sa façon de l’aborder, une certaine arrogance qui la dérange. Un air peut-être supérieur qu’elle s’invente parce qu’elle possède une dette envers lui et qu’il prend une posture un peu trop désinvolte pour surveiller les agissements du gamin. « Je n’en avais pas l’intention, t’en fais pas. » Réponse prononcée avec une neutralité déconcertante à son tour. Les yeux se plissent, marquant la suspicion. Toujours ce foutu sentiment de déjà-vu.

Les bras croisés, la meneuse continue de fixer son protégé pour s’assurer qu’il ne perpétue aucun autre acte regrettable. « Nan, si c’était mon frère, il aurait déjà bouffé mes phalanges. » Elle le dit avec détachement et soutient le regard à demi-défiant, demi-apeuré du môme alors qu’il se retourne vers elle à ces mots. Elle pointe du bout du nez le reste des fruits échoués afin qu’il ne s’attarde pas plus que nécessaire sur son visage. « Il est seulement sous mes ordres, pourquoi ? » Les prunelles retrouvent le chemin de leur allié. Un certain mécontentement transparait, contracte son expression jusqu’alors indifférente. « Ecoute, tu nous as bien aidé et c’était très sympa de ta part de jouer à superman mais j’ai pas besoin de tes conseils sur comment gérer mes hommes, tu vois. Je compte pas laisser passer ça. » Qu’elle souligne. Pas besoin d’un second Dario dans sa vie, non merci. Elle a déjà assez de personne sur son dos pour en ajouter un à la liste. Surtout qu’ils ne se connaissent pas. Ou en tout cas, plus assez bien pour cela. « Ils ont pas tous l’habitude de se retrouver dans un lieu destiné à l'échange comme ça, ça sera pas la dernière bavure dans le coin si tu veux mon avis. » Une réalité qui occulte brièvement le jugement réellement idéaliste de l’intervenant. « Quant à ton utopie, je suppose que ça te permet de bien dormir la nuit de croire ça, hé. Je suis pas là pour juger. » Un haussement d’épaules avant que l’esprit vagabonde. Leigh ignore si elle y croit encore à l'idée que ce monde redevienne un peu similaire à celui qu’ils ont perdu. Elle en doute même fortement. Les guerres ont toujours laissé des marques sur l'humanité et ce qu’ils vivent, est bien pire qu'un simple conflit d'intérêt entre deux nations. Peu d’espoir à l’horizon et la peur au ventre de se voir rejoindre les macchabées. Elle s’y est fait de toute manière. Et ça lui convient, elle s’adapte. Inutile d’espérer un meilleur avenir, se contenter de ce qu’ils ont, c’est déjà pas mal. « Recommencement ou pas, tu m’as pas répondu. On se connait d’où ? Je ne te replace pas, tu vois. » Hors de question de quitter cet endroit avant qu’elle ait eu sa réponse. Elle déteste les mystères irrésolus, ça lui retourne la cervelle et ça lui donne la migraine.

 
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MessageSujet: Re: Grudges [Chaï]   Dim 1 Avr - 18:22


Leigh Chaï
« GRUDGES - Life appears too short to be spent in nursing animosity »
15 Février 2018

Utopie. Cette exclamation de sa part me fit nettement comprendre qu'elle ne ciblait toujours pas le personnage que j'étais. Forcément, je ne pouvais être qualifié de pessimiste quand bien même de nombreux Olympiens avaient longtemps pensé ne pouvoir se dépêtrer de cette affaire qu'était devenue le monde depuis la fin du règne de Weiss, les vaccins ayant ravivé une légère flamme en eux, mais pas assez suffisante, bien trop éphémère, pour vivifier le pouvoir de l'Humain. Ils s'enfermaient dans leur vie faussement sécuritaire, laissant le sale boulot aux guerriers, ceux qui savaient ce qu'était devenu cette Terre où nous avions vu le jour. J'étais peut-être un peu optimiste. Je croyais en la possibilité de construire une nouvelle ère, quand bien même ces créatures existaient. Après tout, n'y avait-il pas un prédateur et une proie dans la chaîne ? J'imaginais ainsi que l'Homme ne soit plus le seul capable de tuer l'Homme, mais que les rôdeurs avaient pris le dessus, naturellement. Il fallait faire avec, voilà tout. Je pensais alors qu'il était tout à fait possible d'apprendre à vivre à nouveau avec nos semblables et que c'était probablement la seule chance qui nous restait de comprendre à quel point la force du nombre pouvait tout changer. Les walkers n'en étaient-ils pas la preuve, d'ailleurs ? Mais utopiste... Non. Je savais que l'éradication complète ne pouvait se faire, même si certains le croyaient dur comme faire. J'étais au courant que, même si nous arrivions à vivre jusqu'à mourir à un âge avancé, nous deviendrons comme Eux. Même décédé à quatre-vingt années dans la plus belle des paix, nous nous relèverions, obligeant nos proches, ceux qui nous apprécient et nous aiment, à planter un coup de couteau en nos crânes étrangement éveillés. J'suis content de voir que t'es pas morte, articulai-je après un long silence que j'eus provoqué, adossé toujours aux palettes montées les unes sur les autres, le regard perdu sur les gestes systématiques du jeune garçon à genoux, les bras croisés sur mon poitrail. Je n'avais pas bougé d'un poil et pourtant... Pourtant mon attitude avait profondément changé dès lors que j'eus répondu. Mes traits s'étaient nettement attristés et, même si mes yeux ne s'étaient pas embués, j'en ressentais l'émotion. Toutes ces années, j'ai vraiment cru que t'avais été torturée avant de mourir dans d'atroces souffrances, fis-je sans broncher, laissant tout de même mes pensées s'évader dans le passé que nous avions partagé et puis cette séparation brutale. Je me rappelai être arrivé avec un sac en tissus dégoulinant d'eau, le sourire aux lèvres, fier de pouvoir offrir de nombreux poissons pêchés par mes soins à ceux qui m'avaient offert l'hospitalité depuis pratiquement deux semaines. Doucement, j'avais guéri de mes blessures extérieures mais également de ces plaies internes qui m'avaient précédemment détruit. J'étais prêt à me reconstruire une nouvelle famille, même si je leur demandais encore un peu de temps avant que ma décision soit définitive, apeuré encore de perdre des personnes appréciées fortement par mon muscle vital, frigorifié à l'idée de voir mourir Leigh aussi. Et puis mes pas s'étaient stoppé à l'entrée du campement, mon coeur se déchira en mille morceaux au moment même où la mer rejoignit la terre en un geste abrupt. Les poissons ne comptaient plus, seule cette vision d'horreur persécutait mon poitrail. Lorsque j'ai vu les tentes arrachées, tout ce sang..., argumentai-je sans pouvoir continuer plus en avant dans les détails, ces derniers me glaçant sur place, les images défilant clairement devant mes yeux. Ces cadavres abandonnés..., trouvai-je la force de marquer un temps d'arrêt sur ces personnes que j'avais rencontré, avec qui j'avais dialogué dans la bonne humeur, qui m'avaient tapé amicalement dans le dos comme si j'avais été l'un des leurs, Leigh, murmurai-je son prénom en tournant doucement sa tête vers son faciès, me foutant complètement de l'adolescent, que s'est-il passé, questionnai-je la jeune femme qui fût mon alliée, mon amie et peut-être à qui je m'étais attaché le plus.

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MessageSujet: Re: Grudges [Chaï]   Ven 6 Avr - 23:52

Grudges
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Le silence de son interlocuteur aiguise sa curiosité. La mémoire gargouille au-dedans, tente de faire émerger des souvenirs définitivement enfouis. Les doigts glissent contre le crâne, comme si ce seul geste parviendrait à extirper quelques réminiscences piégées sous sa tignasse. Leigh déteste définitivement être plongée dans l’ignorance mais ses années d’expérience en tant que cellule diplomatique au sein de son petit groupe de survivants lui permettent de gérer avec efficacité sa frustration. Du moins, quand elle juge que la situation l’exige. Cet homme vient de les aider à éviter un bain de sang, elle ignore de quelle petite bande il est issu et ne sait pas plus ce qui a pu les relier par le passé. Dès lors, la prudence s’impose. Surtout avec toutes ces oreilles trainantes aux alentours. Elle lui doit bien ça de toute façon. Ils n’ont pas esquivé le désastre pour le reproduire deux minutes après. Elle prend son mal en patience, Leigh, sifflote même pour passer le temps. Les mains dans les poches suggèrent sa décontraction. Les gens se sentent souvent mis en confiance par cette attitude nonchalante et foncièrement pacifique. Du moins, en règle générale. Il y a toujours des exceptions. Dario désapprouverait sans doute par exemple qu'elle se montre aussi désinvolte. Néanmoins, son comparse ouvre finalement la bouche et c’est tout ce qui compte à ses yeux. La première phrase l’oblige à se raidir instinctivement. La menace lui semble impérieuse. Mais derrière ce simple fait, il n’y a pas d’ironie, pas de sarcasme. Seulement une vérité et les traits témoignent de cette affliction. A chaque élément qu’il daigne lui fournir creuse de nouveaux sillons dans sa propre peau, les sourcils froncés, la mine de plus en plus confuse, endurcie par l’effort de mémoire. Et puis, le déclic se fait. La surprise lisse le faciès. « Hé bah merde… Chaï ? C'est ça ? Le type à moitié crevé qu'on avait trouvé ? » Qu’elle finit par se rappeler. Effectivement, il s'agit du nouvel arrivant qu’elle a dû veiller en raison de ses blessures et pour lequel elle s’était portée garante. Ce même personnage qui n’a pas daigné venir les aider quand les chacals les ont encerclés. C’est sans doute l’amertume que son oubli voulait lui faire oublier.

Un sourire apparait sur ses lèvres, un sourire dur qui ne ressemble à rien à son espièglerie coutumière. Un rictus qui lui fait mal, tire sur ses joues d’une manière non naturelle. « C’est plutôt à moi de te dire ça. J’ai cru qu’ils t’avaient butté en chemin, pas pu vérifier si c’était le cas. Ce qui aurait expliqué pourquoi t’as pas cherché à nous sauver la mise. » La roublarde peut comprendre et entendre la lâcheté. Le fait est qu’il n’a même pas cherché à faire diversion ou à trouver un stratagème, essayer au moins de le porter secours à son échelle. Peut-être qu’elle l’accuse à tort. Mais la vision de la gueule de Stevie explosée au sol suffit à ranimer un peu de cette rage ressentie au moment du meurtre. Ce type n’a même pas tenté de comprendre ce qui se passait ou alors il joue la comédie, il est seulement resté planqué quand tout se déroulait. Il a juste sauvé sa peau, logique. Oui mais il a laissé tomber ceux qui lui ont permis de survivre. Dire qu’elle a assuré à ses compagnons, qu'il leur serait utile, que c'était un investissement et pas un gâchis de ressources de le soigner. L’égoïste se surprend à émettre un jugement déplacé au vu de ses propres actions parfois discutables. Mais ça ne l’arrête pas pour autant. « A ton avis, qu’est-ce qu’il s’est passé Sherlock ? » Elle lui en veut de lui avoir fait croire tout ce temps qu’il avait été une victime alors qu’en réalité, il se cachait quelque part en attendant que l’orage passe. Elle n’arrive pas à l’envisager autrement. Pourquoi a-t-il disparu pile au moment où ça s’est gâté d'ailleurs ? « Où est-ce que tu t’es planqué pendant qu’on nous foutait une raclée ? T’étais pas de mèche avec eux quand même ? » Qu’elle ose lui demander finalement, habitée par sa théorie du complot, aveuglée par les émotions qu’il ramène dans son sillage en la replaçant dans cet événement pour le moins marquant.


 
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MessageSujet: Re: Grudges [Chaï]   Mer 11 Avr - 21:17


Leigh Chaï
« GRUDGES - Life appears too short to be spent in nursing animosity »
15 Février 2018

A ton avis. Rien que l'intonation de Leigh dès lors qu'elle eût prononcé ces mots me permit de savourer pleinement le dégoût et la haine qu'elle ressentait. Je n'eus pas besoin de me concentrer davantage sur ses paroles pour comprendre qu'elle ressentait un sentiment bien négatif envers ma personne. Mes yeux s'abaissèrent vers le sol complètement pété de Stonebriar et l'imagination prit le dessus. Un court instant pourtant, mais des détails s'enchaînèrent comme un court métrage s'activant devant mes yeux. J'avais eu la maladresse d'accepter de loger chez des Hommes peu commodes aux relations avec les autres. Chaque camp différent du leur était forcément ennemi, alors la tactique devait être la même que lorsqu'ils pillaient pour leur survie, et peut-être encore étaient-ils plus doux que ceux dont Leigh et les autres avaient eu affaire. Je pensais alors forcément à une embuscade. Le campement avait probablement été encerclé au petit matin, moment où, les yeux encore épuisés par une nuit peu reposante, la société s'activait pour faire vivre la communauté. Une attaque vaurienne par delà la verdure à l'aide d'arcs pour détruire les plus faibles, les vieillards, et peut-être aussi certains téméraires qui semblaient avoir du caractère, personnages que les méchants voulaient mettre hors d'état de nuire à leurs idéologies primitives. L'apparition de l'armée, petite ou grande, aux différents coins où des tentes avaient été plantées. Quelques prises d'otages et tueries pour faire peur à ceux qui avaient de l'intérêt à leurs yeux, et puis le discours. Le même discours qu'un chef partagerait à de nouvelles recrues, même si celles-ci étaient loin d'avoir choisi de faire partie du casting. Les fortes têtes ? Massacrées. Les calmes et forts ? Emmenés. C'est ainsi que, depuis tout ce temps, je m'étais imaginé la scène sans vraiment vouloir la voir. Leigh m'avait obligé de penser la vérité, et elle m'était apparue. Planqué, me réveillai-je enfin d'une exclamation presque interrogative, les sourcils relevés comme si elle me confessait un secret dont j'ignorais l'existence. Planqué, répétai-je en avançant légèrement ma tête vers l'avant, le faciès tourné dans sa direction, tu veux dire que tu..., m'arrêtai-je en détournant le regard, comprenant fort bien qu'elle me pensait lâche. Ma voix était comme coupée par une pierre, une énorme, coincée dans la trachée, et le goût amer des accusations me fit serrer la mâchoire. Tu insinues que j'vous ai laissé tomber, repris-je après une courte pause dans notre discussion -ou dispute-, l'amertume n'étant pas passée pour autant. Mon dos s'écarta des palettes de bois entassées pour que mon corps fasse face au sien, et mon doigt se leva, pointant Leigh : Les seules accusations dont je plaide coupable sont d'avoir piqué une carte de la région, un sac imperméable cousu par Domy, ou Dominic, la sexagénaire du campement, et de ne pas avoir prévenu de mon départ, avouai-je sans ciller en laissant la pulpe de ma phalange tournée vers elle. Elle pouvait très bien prendre ce geste pour une prévention de ma part, ou de manière bien plus houleuse telle une menace, je m'en foutais. Il était hors de questions que des reproches inutiles et infectes soient chargés sur mon dos. Tout le monde dormait quand j'me suis cassé, confessai-je à Leigh en baissant finalement mon doigt, le dos un peu moins contracté, tentant d'éviter de la mettre en rogne bien plus qu'elle ne semblait l'être, la veille, j'ai entendu quelqu'un parler d'un point d'eau où y'avait du poisson, affirmai-je alors que mon absence au campement était justifiée par une simple envie de faire plaisir, d'offrir un repas agréable à la population qui m'avait accueilli, et de me racheter pour tous les bons soins qu'ils m'avaient offert, surtout Leigh. J'suis resté là-haut plusieurs heures avant de me presser à rejoindre le groupe, continuai-je de plaider mon innocence, mon anatomie proche de la sienne comme si un combat allait faire rage, si bien que l'adolescent s'était stoppé de travailler et que le marchand n'avait pas daigné le reprendre, trop curieux de savoir -ou deviner- ce qui se tramait entre les deux loustiques. J'ai rien abandonné du tout, la prévins-je de nouveau en élevant un peu plus la voix, me rappelant qu'avant de déguerpir de l'endroit, j'avais hurlé à la mort le prénom de ceux qui m'étaient chers, de ceux que je connaissais dans l'espoir qu'un son puisse me parvenir, hélas... Hélas je n'eus le droit qu'à des grognements de rôdeurs attirés par le bruit et des plaintes des blessés laissés pour morts. Mais si ça te fait du bien de le penser..., commençai-je avant de repositionner ma chevelure plus longue sur le dessus d'un côté de mon crâne, tendant la joue, frappe-moi si ça peut t'apaiser, l'invitai-je à me donner son poing dans la figure, envieux de pouvoir la libérer de toute cette peine, de toutes ces images le temps d'un instant, vas-y cogne putain, criai-je un peu plus en agrippant son avant-bras pour le lever en ma direction, n'attendant que la rencontre entre sa main et ma joue tendue, mes yeux ténébreux, aux couleurs minérales et sans valeur, se plantant dans les siens.

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MessageSujet: Re: Grudges [Chaï]   Mar 17 Avr - 0:29

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La mâchoire serrée et les bras croisés sur la poitrine, Leigh adopte une posture qui ne la caractérise nullement. Ce genre d’attitude appartient aux autres, à ceux qu’elle aime faire enrager d'ailleurs. Peut-être que cette histoire a réussi à lui arracher une partie d’elle-même. Le traumatisme peut avoir cet effet sur les gens après tout. Les chacals les ont massacré comme du bétail, plus que l’appât du gain, le sadisme qui suintait dans certaines prunelles. La brune n’a sans doute jamais été aussi effrayée de toute sa misérable existence. Ces types n’avaient aucune limite et possédaient une imagination débordante quand il s’agissait de malmener leur prochain. La roublarde ne les a jamais compris, c’est sans doute pour ça qu’ils lui ont foutu les jetons. Trop imprévisibles pour pouvoir manipuler adroitement les mots afin de s’en sortir. Avec eux, pas de discussion possible, pas d’esquive. Marche ou crève. Et elle a marché pour ces guignols jusqu’à s’écorcher la plante des pieds. Combien de fois s’est-elle imaginée les tuer ? La pacifiste leur aurait bien tranché la carotide en pleine nuit. Sauf que la stratège n’a pas eu le cran de franchir la frontière entre fantasme et réalité. Bien trop maline pour risquer ses fesses d’une façon stupide afin d'assouvir cette petite vengeance futile. Leur filer entre les doigts a déjà été une bonne revanche. Suffisante parce qu’elle lui a permis de retrouver sa liberté. Mais le poids des morts ne s’est jamais tari, il écrase encore les épaules parfois. La culpabilité du survivant, ça, elle connaissait déjà pourtant. C’est sans doute ce qu’elle renvoie à Chaï, plus facile de blâmer l’autre que d’affronter ses sentiments. Pas étonnant qu’il s’offusque, butte sur ce qu’elle suggère. Le visage toujours fermé, la chef de zone s’entend rire d’une façon artificielle. « Insinuer ? Je l’insinue pas, je te le dis. Bravo Sherlock, t’as mis que quatre foutues minutes à capter ce que je baragouinais. » Qu’elle grogne avant de fixer son regard sur Billy qui semble de plus en plus distrait, obnubilé par la conversation qu’elle mène.

Un sermon qui ne passe que par les yeux et puis, elle revient étudier l’asiatique et décide d’écouter son argumentation. Son doigt accusateur n’impressionne pas la trentenaire habituée au conflit et aux emportements. L’insolente maintient un léger rictus figé sur ses lèvres le temps de la tirade de son comparse. Et quand il conclut sur une phrase grotesque, elle ne peut pas s’empêcher d’applaudir lentement pour saluer la performance. « Ca y est, t’as fini ta plaidoirie ? » Qu’elle lui demande en faisant semblant de bailler. Elle se montre davantage sérieuse à la suite néanmoins. « Et je vais pas te cogner putain. Tu me prends pour qui ? Ça changera rien de toute façon. » Un haussement d’épaules et puis elle s’avance à son tour vers lui pour bien lui faire comprendre qu’elle est loin d’être intimidée par son attitude. « D’où t’as cru que c’était permis de se casser sans rien dire en piquant du matériel en plus ? Tout ça pour aller pêcher du saumon, j’hallucine. Tu t'es pris pour Winnie l'ourson, comment ça se passe ? Se barrer seul déjà c’est une idée de merde mais aussi longtemps, t’as quoi dans la cervelle ? » Il aurait pu se faire tuer cent fois sur le chemin que ça soit par le groupe de tordus ou bien les macchabées. La survivante ne compte que sur elle, elle aussi mais impliquer d’autres gens permet au moins de solidifier ses chances de survie. Un grommellement inaudible franchit ses lippes. « Ils sont venus, ils ont buté ceux qui voulaient pas plier. Ils ont pris ce qui leur chantait et puis, basta. A croire que tu savais que ça se produirait. Ou bien le foutu karma a épargné ton cul. Où t’es passé après ça alors ? » Qu’elle lui demande afin de compléter le récit, de se faire une image correcte du tableau. Difficile de lui faire confiance et de le croire sur parole. Finalement, ils ne se connaissent pas tant que ça. Déjà qu’elle ne l’aurait pas soupçonné de voler une carte pour se tirer pêcher. Alors bon. Autour d’eux, certains ont commencé à ralentir leur allure. Ils attirent encore l’attention. La poisse.


 
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MessageSujet: Re: Grudges [Chaï]   Mer 18 Avr - 15:58


Leigh Chaï
« GRUDGES - Life appears too short to be spent in nursing animosity »
15 Février 2018

J'savais pas que les surprises étaient interdites au sein du camp, posai-je quand bien même cela ressemblait plus à une affirmation chantonnée d'étonnement. A croire que, si le traquenard n'avait pas été décidé à ce moment-là, la réaction aurait été tout bonnement différente de celle que Leigh dessinait comme un complot. Oui, j'aurais imaginé les habitants du campement être impressionnés par ces remerciements, prenant ce repas offert par l'invité comme un gage de partage commun. Oui, je n'aurais probablement pas dû me tirer sans en parler, mais une surprise était-elle réellement une surprise si l'on commençait à l'ébruiter ? Tout le monde connaissait le téléphone arabe et cette époque apocalyptique ne semblait pas y avoir échappé pour autant. J'ai vu, soufflai-je, faisant référence au paysage ensanglanté qui m'eût été possible de découvrir à mon retour. Et elle s'emporta encore la demoiselle. Leigh était d'une incompréhension bien troublante face à cette histoire. Elle ne semblait pas prendre en considération toutes les paroles que je lui crachai pour prouver mon innocence. Pire encore, elle n'y croyait pas une seule seconde. Ouais, t'as raison, ouais, commençai-je à hausser le ton à mon tour, énervé qu'elle puisse me penser aussi égoïste après toutes les conversations que nous eûmes partagé, j'les ai rencontré lors d'une promenade, j'ai signé un pacte avec eux pour sauver ma propre vie, j't'ai mis en danger d'mon plein gré, confessai-je faussement en laissant mes traits se tirer d'agacement, mes sourcils froncés comme jamais et mes yeux ténébreux plantés dans les siens, défiant son regard de tirer avant que ce ne soit moi qui m'en charge. Et puis après, j'me suis gentiment plu à voir le massacre une fois la fête terminée, souris-je d'un air malicieux, même si, au fond de moi je n'avais aucunement l'envie d'esquisser une once de bonheur ou d'humour. J'étais peiné. Peiné et désenchanté. J'me suis cassé avec les poissons et la carte, appuyai-je bien pour cet objet qui appartenait à l'ancien groupe de Leigh, tu peux pas savoir à quel point j'étais fier de moi ce jour-là, continuai-je la comédie avant de secouer furtivement la tête en levant mes yeux vers le plafond de Stonebriar, complètement dévasté à l'idée qu'elle puisse croire à ces conneries. Ça suffit Leigh, tonnai-je devant tous ces regards plantés sur nous qui n'attendaient qu'une chose : une bataille, un fight comme on les aime au Mall, ça suffit, fis-je plus doucement en portant un regard compatissant sur son faciès que je me mis à dévisager avant de tourner les talons, m'éloignant d'elle pour rejoindre l'endroit qui devait être nettoyé de tous ces fruits et légumes étalés sur le sol. Dépêche-toi, ordonnai-je à l'adolescent qui semblait apprécier le spectacle. Ne m'écoutant pas, ma main vint frapper l'arrière de son crâne pour qu'il puisse comprendre que je ne jouai pas, que je n'étais pas un gamin perdu en pleine crise d'identité, loin d'être comme lui. Je t'ai dit de te bouger, clamai-je mon autorité, je n'ai pas payé pour que tu te la coules douce, affirmai-je ma part de responsabilité dans l'histoire et ramenai la promesse faite au marchand sur le tapis afin qu'on ne puisse m'éjecter du pacte. Bizarrement, il n'eût pas besoin de jeter un regard vers sa chef pour comprendre que je ne plaisantais pas, si bien qu'il se remit directement au travail alors que je restai dos à Leigh. Cette femme n'était plus celle à qui j'avais eu affaire. Ces cinq années l'avaient changé et je ne savais pas comment pouvoir faire face à sa colère. Loin d'être dans le faux, elle n'avait pas totalement raison non plus, et si je l'entendais, elle, elle ne m'écoutait pas. Je n'aimais pas les discussions de sourds, je n'avais jamais apprécié perdre mon temps, ce n'était pas aujourd'hui que j'allais changer. C'est, alors, les bras croisés sur mon poitrail que je regardais le plus jeune s'activer devant mes yeux, mon faciès ne montrant aucune émotion apparente même si au fond..., au fond j'étais loin de jubiler de la situation.

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MessageSujet: Re: Grudges [Chaï]   Lun 30 Avr - 2:39

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Les justifications ne parviennent pas à atteindre les tympans d’une personne ayant décidé de ne pas entendre. De ne rien accepter. Facile de s’enrouler dans cette colère, de revivre les sentiments d’injustice et d’impuissance comme au premier jour puis de tout rejeter sur un innocent. Les traumatismes demeurent. Une histoire avec laquelle la carrière n’est toujours pas en paix, qu’elle n’a juste pas réussi à dépasser malgré ce qu’elle disait ou croyait. Confrontée à un élément du passé, ce sont toutes les séquelles qui rejaillissent et provoquent cette situation qu’elle jugera plus tard - de passablement stupide. Mais pour l’instant, Leigh, elle y tient à sa hargne. Sans ça, elle ne sait pas comment gérer les diverses émotions que cette seule apparition engendre en elle. « Qui t’a demandé de nous faire des surprises, mec ? T’as cru que t’étais le lapin de pâques ? Tu crois pas qu’on a passé l’âge pour ces conneries ? On avait pas besoin de ça, on avait besoin que tu sois là. » Qu’elle beugle plus fort encore. Comme si ça aurait changé quoique ce soit. La petite voix au fond de sa caboche lui rappelle qu’il n’aurait peut-être été qu’une victime de plus, un poids supplémentaire sur sa poitrine. Sauf qu’elle l’étouffe à coup de ricanements tandis que les sarcasmes volent. Elle effectue plusieurs pas dans tous les sens, trop agacée pour tenir en place. C’est à peine si elle ne provoque pas le premier imbécile qui ose la regarder de travers. La pacifiste prend des airs de lion en cage, à remuer de tous côtés. Pas compliqué de comprendre pourquoi Billy est distrait. Il ne l’a sans doute jamais vu dans un tel état, aux prises avec une telle rage. Bien plus douée pour camoufler ses ressentiments d’ordinaire, la chef de zone ne sait déjà plus comment reprendre le contrôle de tout ce qui lui a, toute évidence, échappé.

L’ironie lui permet de réaliser le ridicule de ses accusations, il est vrai mais elle est déjà partie bien trop loin sur ce chemin pour le rebrousser maintenant. Sa fierté ne peut pas l'encaisser. Au diable la logique, donc. « J’espère que le poisson était bon. Puis que la carte t’a été utile alors. » Répliques un peu plus acerbes encore. L'ordre de l’asiatique adressé à son comparse achève totalement ses nerfs. « T’es pas son boss, je te signale. C’est pas à toi qu’il doit obéir. » Que la trentenaire lui crache. Plusieurs enjambées sont effectuées pour attraper l’épaule de Chaï et l’obliger à se retourner. Autour d’elle, de nouvelles personnes ont commencé à ralentir et parfois même à s’arrêter pour s’assurer que tout ça ne dégénère pas en un nouveau règlement de compte. Le contact, de prime abord brutal, se change davantage en quelque chose de moins contraignant. La main glisse de la carrure au bras de l’interlocuteur. Le timbre devient moins agressif. « T’étais pas là, putain. Et t’as pas vraiment vu, non. Ils en ont trainé certains comme des chiens, ceux qu’ils ont blessés pour ne pas dire charcutés et qui pouvaient même tenir correctement sur leurs guiboles. Ils ont buté les deux gosses de Rita juste sous ses yeux, parce que ça les faisait sans doute marrer puis que les mômes étaient des boulets pour eux. Alors ouais, j’ai la haine. J’ai la haine que tu te sois cassé et que t’aies pas été là quand il aurait fallu. Tout ça pour un foutu poisson. » Qu’elle redit avant de le relâcher et d’effectuer plusieurs pas en arrière. L’air est aspiré plus calmement étrangement maintenant que tout le venin a été ôté de l'organisme. « T’aurais pu tout autant te casser que d’aller titiller polochon, tu te revendiquais loup solitaire, non ? Ton but, c’était de te barrer dès que ça serait possible alors c’était normal de tirer ces conclusions. » Qu’elle se justifie finalement pour tenter de retrouver un semblant de contenance. L’américaine commence doucement à réaliser l’ampleur de son courroux et de ses propos. Autant que les témoins sur le qui-vive quant à une potentielle altercation entre les deux protagonistes. Pas le lieu pour mener cette discussion en fait. Ni le moment sans doute.

 
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MessageSujet: Re: Grudges [Chaï]   Mer 2 Mai - 13:26


Leigh Chaï
« GRUDGES - Life appears too short to be spent in nursing animosity »
15 Février 2018

Mes billes noires semblaient s'intéresser aux gestes répétitifs de l'adolescent, pourtant je me perdais dans ce lourd et douloureux souvenir que fût notre sujet de conversation, à Leigh et moi. Si je paraissais si neutre face aux accusations de la jeune femme, mon for intérieur était meurtri par la culpabilité. Il était certain que je n'y étais pour rien, il était fort probable que ma présence au camp n'eût davantage causé de supplices à mes alliés passagers, mais mon absence avait causé beaucoup de souffrance à la demoiselle, celle qui m'avait soigné et s'était portée garante pour moi, involontairement. Elle avait cherché un soutien en ma personne et ne l'avait pas trouvé au moment de l'attaque. Mais, que ce serait-il passé, au juste, si je n'étais pas sorti en douce ? Peut-être que les vauriens qui avaient menacé les siens n'étaient autre que ceux qui m'avaient enfermé quelques mois plus tôt et avaient tué ma compagne de sang-froid, délibérément. Malgré le traquenard que j'avais programmé, le retard qu'ils avaient pris, de ce fait, sur la horde de zombies, certains s'en étaient échappés et ne demandaient que réparation des préjudices subis. Qu'aurais-je fait, à ce moment-là ? J'aurais forcément été torturé à mort devant mes compatriotes avant que ces derniers ne doivent rendre des comptes sur l'aide qu'ils m'avaient apporté. Beaucoup plus de survivants seraient alors décédés, et peut-être que Leigh aussi aurait succombé. A cette pensée, mes sourcils se froncèrent instinctivement. Je n'eus d'ailleurs pas le temps d'entendre les pas de mon interlocutrice se diriger vers moi, écourtant la distance pour que sa main me retourne et m'oblige à lui faire face. Réveillé par la brutalité de l'altercation physique, mon regard se planta dans le sien sans qu'aucune émotion, positive ou négative, ne fasse surface. Mon père... Mon père m'avait toujours appris à garder mes sentiments à l'intérieur pour mieux faire face aux difficultés de la vie. J'avais failli de nombreuses fois, mais pas aujourd'hui. Non. Sa main glissa de mon épaule à mon bras, comme si elle désirait me remettre les yeux en face des trous, pourtant j'étais bien conscient de l'ampleur des dégâts. Et elle me conta. Elle me conta ce qu'elle avait retenu de cette matinée ô combien désagréable, remplie de remords et de regrets, de tristesse et de colère. Ma pomme d'Adam se releva lentement au moment où j'eus du mal à avaler ma salive stagnante dès lors qu'elle mentionna les deux enfants de Rita. Je les avais vu, abattus, gisant sur le sol piétiné avec hargne aux côtés d'autres personnes aussi pacifistes et insouciantes. Mes yeux se relevèrent vers le plafond haut de Stonebriar comme pour éviter de laisser parler la révolte qui bouillonnait en moi. Elle s'acharnait à me tenir responsable et je ne voulais plus me battre contre elle, sous peine de faire jaillir une passion affectée. J'étais solitaire, oui, lui répondis-je d'une voix tranquille après avoir calmé ma sensibilité, mais je suis encore plus respectueux, articulai-je en posant mon attention sur son personnage. L'apocalypse avait changé les gens, le monde, mais il y avait toujours cette part d'humanité qui trônait quelque part en nous. Je savais que, par respect pour mes parents décédés pour nous sauver la vie, à ma compagne et moi, je m'étais juré de ne jamais faire passer ce côté bestial avant les valeurs primaires qu'ils m'avaient inculqué. Jamais je ne me serais barré sans te le dire Leigh, confiai-je à cette dernière. Si j'avais pensé à récupérer cette liberté sauvage dans laquelle j'avais baigné des mois, si j'avais pensé très souvent à retrouver la solitude dans laquelle j'avais évolué après la mort de mon épouse, jamais je n'aurais pu partir du camp sans fêter dignement mon départ. Tu peux me penser lâche si tu le souhaites, ça m'est égal, répliquai-je sans lui laisser le temps de prendre la parole, mais c'est que nos discussions ne t'auront décidément rien appris sur moi et j'en suis déçu, avouai-je avant de détourner le regard vers le peuple qui s'était arrêté pour voir une possible dispute éclatée, par excitation, ou par crainte. Combien d'heures avions-nous réellement passé à échanger ? Peut-être aurais-je dû songer à compter afin d'éviter ce type de disputes inutiles ? Tu peux m'en vouloir à vie si tu le souhaites, mais quelle satisfaction ça t'apportera, la questionnai-je en reportant mes pupilles sauvages sur son faciès que je me mis à dévisager, dans l'attente d'une réponse claire de sa part. De toute façon, nous ne pouvons changer le passé, me mis-je à affirmer, y'a que le présent et le futur sur quoi nous avons la main, alors..., m'arrêtai-je dans la supposition même qu'elle était seule maîtresse de son choix, cette décision de s'énerver à jamais contre moi, priant pour que je décède dans d'atroces souffrances un jour, ou de clôturer cet épisode fâcheux, désastreux, pour s'écouter, comme avant...

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MessageSujet: Re: Grudges [Chaï]   Mar 15 Mai - 23:49

Grudges
Strange how we found ourselves exactly where we left off. I know you're shaking my hand like it is the first time.
 

Ce que ça peut lui taper sur les nerfs qu’il reste aussi calme. La pacifiste, elle reconnait que c’est une grande qualité mais la petite chose traumatisée, elle, elle attend un peu plus de répondant, plus de colère. Que ça se frictionne, que ça justifie toute la violence qu'elle contient et puis qu’on en parle plus mais Chaï, il ne lui offre pas cette bataille vaine. Lui, il reste au-dessus de ça, il a le contrôle sur ses émotions. Leigh doute pas que ça lui demande pas mal de ressources de conserver ce stoïcisme que même la bousculade n’a pu réellement perturber. C’est qu’elle en vient à l’admirer quand il reprend la parole pour dispenser un semblant de sagesse. Il lui rappelle pourquoi elle l’a direct apprécié. Le loup solitaire aux airs de prophète assuré. Peut-être que la culpabilité commence à la ronger. Peut-être qu’en fait, il a vraiment gagné. Mais qu’est-ce qu’il a seulement remporté ? Et avec quelles armes ? La brune relâche la pression qu’elle exerce sur l’ensemble de son organisme en un seul long souffle. Plusieurs longues secondes passent avant qu’elle ne reprenne la parole.  « Gandhi a encore frappé. » Elle a envie de rire mais la hargne gronde encore trop pour faire totalement abstraction de ce que cette rencontre occasionne sur sa psyché. « Ça a été dur, à supporter. C’étaient de vrais animaux. » Qu’elle finit par avouer comme une réelle confession qui explique sa crise de nerfs. Les quenottes enserrent la lèvre inférieure.Elle observe Billy se relever, penaud. Réalise qu’ils vont devoir de toute façon se tirer de là sous peu. Que ça tourne en rond. Que ça ne mène nulle part de toute façon. Alors à quoi bon poursuivre ? « Enfin, tant mieux que t’aies rien. Ça aurait été vraiment ballot de se faire trucider en revenant d’une séance relaxante de pêche. Parait que c'est le truc idéal pour la méditation, ça doit être ta came ça, non ? » Sarcasme qui survient afin de dissiper le côté largement plus ironique de son revirement personnel. « J’espère que tu l’as bouffé le poisson et bien cuisiné comme il faut. Que ça ait servi à quelque chose. »  Conclusion absurde à toute cette discussion animée.

La main de la carrière tombe sur la nuque de son protégé quand il arrive à sa hauteur, elle s’amuse à lui tirer l’oreille pour lui rappeler qu’il a salement merdé. « On va se tirer maintenant et tu me colles aux basques, pigé ? » Qu’elle lui dit avant de revenir jauger son comparse philosophe. Elle prend le temps de bien réfléchir à ses mots, de bien articuler le fond de sa pensée pour mieux partir sur une note davantage positive. Parce qu’après tout, c’est qu’il a pas tort. Elle a pas que ça à foutre d’entretenir des rancœurs puis de se tourner vers le passé. Elle n'aime pas entretenir son venin inutilement. Et ce sont pas les gens qui manquent pour le déverser. « Je sais bien que t’étais pas le dernier des cons mais quand on tient à ses couilles, on est prêt à bien des saletés. » Justification encore. La survivante en a vu vendre leur âme afin de voir le soleil se lever encore une fois. Elle-même a rejoint cette bande de dégénérés pour rester en vie. « Je sais pas où tu crèches maintenant. Mais je suppose qu’on finira par se recroiser, ici peut-être même. Je traine ma bosse du côté de la carrière maintenant. » Elle balance ça d’une façon nonchalante tout en attrapant le gamin par le bras pour se faufiler sous peu parmi la foule.  Faut laisser les choses se tasser puis peut-être qu’ils pourront rediscuter comme autrefois sans filtre, sans se braquer. Sans préjugés, jugement du côté de la traumatisée. Pour l’heure, la farouche préfère autant repartir avec sa dignité. Un signe de tête poli, courtois qui tranche nettement avec le reste de sa plaidoirie puis elle file, le bras bien accroché au gosse qui a foiré sans se retourner. Et tout en cherchant à ne plus y penser.

 
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