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 unexpected encounter

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MessageSujet: unexpected encounter   Mar 28 Nov - 23:55



Alex & Dario

« unexpected encounter »


Cole n’avait pas fière mine, le chemin du retour l’ayant clairement affaibli alors que la blessure subie à l’aller de leur trajet des suites d’une mauvaise chute ne lui avait pas facilité la route. Sauf qu’ils n’avaient pas le choix, ni franchement d’autre moyen que de s’en retourner sur leurs pas de la même manière qu’ils étaient venus : à pieds. Avec John, ils lui avait bricolé une attelle avec les moyens du bord, perfectionnée un peu plus tard une fois qu’ils avaient rejoint les gars de Pleak – un petit campement situé à quelques miles au nord-est de la carrière d’Hamilton –, sacrée fichue vieille bande de durs à cuire obstinés dans leur écart des gros groupes. Déterminer combien de temps ils allaient parvenir à s’en sortir était plutôt difficile (la chance et le hasard étaient des cartes trop importantes dans ce jeu) mais force était de leur reconnaître, en attendant, qu’ils se démerdaient assez bien pour dénicher certains petits trésors. Qu’ils refusent, eux, de se rendre sur le plus gros marché ouvert du coin était certes emmerdant, mais le déplacement valait le coup et Dario n’était pas mécontent de l’échange. Journée d’automne parfaite pour abandonner momentanément le bruit et le bordel ambiant de la carrière, sauf qu’il avait fallu que Cole ait la judicieuse idée de se coincer la cheville dans une racine alors qu’ils remontaient la pente glissante d’un petit ruisseau traversé à gué. Le retour, fatalement, ne s’était pas fait dans les meilleures conditions alors que les deux autres encore valides s’étaient chargés comme des mules afin de le soulager de tout poids superflu, en plus de se relayer pour l’aider sur certains passages parfois un peu délicat.
Et puis, il y avait eu cet incident stupide.
Ils avaient fait une petite pause en profitant d’une vieille cabane de chasseur sans doute encore à peu près entretenue du fait du passage encore assez fréquent ici d’humains non infectés. Un petit casse-croûte, de quoi se remettre d'aplomb (et surtout Cole) avant le dernier morceau de chemin, tout le monde savait d’expérience que la fatigue était encore le meilleur moyen de commettre une erreur fatale face à un danger potentiel, or ce n’était pas ceux là qui manquaient dès lors qu’on sortait d’un environnement sécurisé. L’ironie du sort, aussi cruelle qu’à son habitude, avait voulu que ce soit justement du fait de cette pause que tout bascule.
Le visiteur qui avait décidé de se joindre à eux à l’improviste n’avait d’abord pas paru bien méchant. impressionnant, certes, parce qu’un ours rencontré en pleine nature n’a sûrement jamais donné l’impression à personne d’être une petite créature faible et innocente. Du moment qu’ils ne cherchait pas à l’agacer et restaient calmes… Dario souhaitait, dans la mesure du possible, éviter un scénario susceptible de causer trop de bruits, pour des raisons évidentes qu’on n’était jamais bien sûr de ce qui rôdait dans les environs.
John n’avait pas été du même avis. John avait eu peur, et il avait été con. Le coup de feu était parti avant même que l’autre ne le voit sortir son flingue. Cible manquée, évidemment, blessée mais pas morte, et encore suffisamment vivace pour s’enrager contre eux. La seule solution, dès lors, avait été de s’enfermer en espérant que la porte en bois abîmé par l’âge tienne bon (ils l’avaient aussitôt barricadée avec la table qui se trouvait encore à l’intérieur) en espérant que l’animal se lasserait avant que l’abri ne cède (ou, à défaut, qu’il leur laisse le temps de monter un plan d’attaque). Et en espérant, surtout, que ça ne rameute pas un tout autre type de compagnie qui, quant à lui, n’aurait que faire d’une éventuelle querelle déjà entamée.

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MessageSujet: Re: unexpected encounter   Ven 8 Déc - 3:23

Devant vérifier les alentours à présent que ce qui est proche du ranch a déjà été surveillé, Alexandra est seule, prenant note de ce qui a été modifié par la tempête. Vérifier s'il y a toujours des ressources utilisables pour améliorer leur sort. Elle a commencé la veille, elle a dormi, dans un arbre, et malgré l'habitude, elle est légèrement courbaturée. Elle décide d'aller se reposer dans la cabane, si elle est toujours là, une heure ou deux, le temps de reprendre des forces plus au moins en sécurité. Elle reste loin de quelques rôdeurs qu'elle voit, errer. Ils sont presque à portée. S'ils avaient été sur son chemin, elle les aurait tués sans problème. Là, ce n'est pas le cas. Elle se contente de ne faire aucun son pour ne pas les attirer. Elle continue sa route vers la cabane. Un coup de feu semblant venir de cette direction se fait entendre. Elle court, pour bien vite s'arrêter, ne parvenant pas à croire ce qu'elle a sous les yeux.

Un ours. Elle reste quelque instant sans bouger, regardant cet animal n'en ayant jamais vu d'aussi près, même pas au zoo quand elle était petite (elle n'y a jamais été). Ce n'est pas le genre d'animal à mettre en colère, enfin si on pense à l'image de l'ours bourru : apparence effrayante, mais pas l'intérieur. D'autant plus qu'il a survécu de nombreuses années, elle se dit qu'il faut s'en méfier encore plus. Il doit être le roi de la forêt. Quel est l'idiot qui l'a provoqué ? Si ça n'était pas de la cabane, elle aurait passé son chemin, tout simplement. Cet abris est toujours pratique. Elle essaie de se souvenir de comment se débarrasser d'un ours. Il n'y a pas beaucoup d'informations qui lui viennent en tête. Faire la morte. Ce qui ne va pas marcher dans cette situation. Lui donner du miel. Elle n'en a pas avec elle et elle ne sait même pas si ce n'est qu'une rumeur. Elle ne veut pas tenter de le savoir.

La seule idée qui lui reste en tête qui lui semble être logique est celle de faire du bruit, le plus de bruit possible pour attirer son attention ailleurs. Elle ne sait pas encore comment elle va en faire assez pour en produire autant. Les radios se font plutôt rares en ce moment. Malheureusement, ce genre de bruit est à double tranchant. Cela peut attirer les rôdeurs et elle n'a... elle se met à courir, va vers où elle les a vu, ils sont un peu plus près que précédemment, ils ont dû entendre le coup de feu. Elle fait craquer une branche et c'est suffisant : ils marchent vers elle. Elle s'assure qu'ils continuent de la suivre, faisant du bruit régulièrement. Pour une fois, elle aimerait bien qu'ils soient plus rapides. Mais elle y arrive. L'ours est toujours là, mais il a changé de comportement. Il fait des ronds et jette de temps à autre ses pattes sur la cabane.

Elle grimpe dans un arbre pour rester loin des infectés, elle espère que l'ours s'en sorte. Bien vite, ils vont vers lui. Par habitude, par l'odeur peut-être, même dans la fureur dans laquelle il est en ce moment, il les repère. Il oublie la cabane, saute sur les cadavres ambulants qui ne font pas long feu face à lui. Un coup de patte en expédie un assez loin, un autre se fait arracher la tête par les mâchoires... Alex ne peut qu'admirer comment il se débarrasse des cinq. S'il est toujours comme ça, ce n'est pas pour rien qu'il soit toujours vivant. Il grogne, il hurle, il fait entendre sa colère, sa supériorité. Il s'éloigne ensuite. Elle attend. Deux, cinq minutes ? Juste assez pour s'assurer qu'il ne revienne pas, bien qu'elle ne connaisse pas du tout les habitudes des ours à ce niveau. Peut-être qu'ils reviennent dans les dix minutes. Elle descend de l'arbre, s'occupe d'une tête qui bouge toujours alors qu'elle se dirige vers la cabane. Au moment où elle met la main sur la poignée, elle se dit que ce n'est pas prudent. Elle y cogne donc.
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MessageSujet: Re: unexpected encounter   Jeu 14 Déc - 21:16



Alex & Dario

« unexpected encounter »


Difficile de savoir ce qui était en train de se passer à l’extérieur, en ce que toutes les fenêtres du cabanon avaient été obstruées depuis longtemps pour des raisons évidentes de sécurité, mais les bruits de lutte étaient évident et ne laissaient que très peu de place au doute vis-à-vis des nouveaux arrivants et de la bagarre, par ailleurs semblait-il féroce, qui était en train d’avoir lieu. Est-ce que, dans sa bêtise, le coup de feu de John avait aussi bien attiré les rôdeurs ici qu’il avait enragé l’ours ? Une chance incroyable pour compenser un acte stupide, ou du moins cela apparaissait-il comme ça du moment que les hostiles s’affrontaient entre eux et que le petit groupe était quant à lui bien à l’abri entre les quatre murs et derrière la porte barricadée… le temps leur dirait si cela changerait finalement quelque chose à leur sort mais, dans l’immédiat, il n’y avait pas grand chose d’autre qu’ils puissent faire hormis attendre. Attendre et espérer.
Le silence, après ça, sembla assourdissant. Aux bruits que les carrières interprétaient comme ils le pouvaient dans leur isolation aveugle, il leur sembla toutefois que l’ours avait tiré son épingle du jeu et oublié leur abri par la même occasion mais, cela pouvait-il vraiment leur apparaître comme une certitude ? ces animaux n’étaient pas bêtes et surtout, ils ne lâchaient pas l’affaire aussi aisément. Mais, d’un autre côté, peut-être avait-il été blessé durant le combat et cette fois de manière plus importante que ce que John avait fait. Dans un cas comme dans l’autre, mieux valait sans doute ne pas trop s’éterniser dans les parages : il y avait eu bien trop de bruits et, dans cet univers où tout était à priori susceptible de vous attaquer, Dario préférait éviter de s’attarder dans un endroit qui risquait d’avoir attiré de l’attention de qui que ce soit : à trois dont un blessé, leurs chances étaient moindres.

Les craquements légers sur le sol dénonçant des bruits de pas et l’approche d’une tierce personne de leur abri mit tout le monde sur ses gardes. Dans le silence imposé d’un geste accompagné d’un regard équivoque, Dario referma doucement sa poigne autour du manche de son arme – quoique le temps que la porte soit forcée devait théoriquement leur donner largement assez de recul pour être prêts à la riposte mais, l’habitude et l’instinct avaient pris les devants –, englué dans une vigilance nerveuse et affûtée.
Après ça, les légers coups frappés à la porte apparurent si incongrus qu’ils en firent tressaillir plus d’un. Mais, bonne nouvelle en soit, les rôdeurs n’étaient pas du genre à s’annoncer avant d’attaquer leurs proies alors, il y avait de fortes chances que celui ou celle qui se trouvait de l’autre côté soit humain – quant à savoir s’il était animé de bonnes intentions, cela restait encore à voir. Quoi qu’il en soit, une conversation à l’aveugle à travers un panneau de bois ne rimait à rien et, de doute façon, Dario ne voulait pas traîner ici plus que de mesure. Sur un signe adressé à John, les deux hommes valides déplacèrent rapidement la table qui gênait l’ouverture de la porte et Dario entrebâilla cette dernière d’abord pour juger de l’intrus, puis plus largement lorsque le visage de l’autre trouva un écho dans sa mémoire. Pour autant, la machette resta dans sa main et bien en vue, ils ne se connaissaient pas tant qu'il ne puisse affirmer qu'elle n'était pas un danger de plus. « Qu’est-ce que fiche une éclaireuse des cavaliers ici ? » il demanda d’abord, un peu surpris certes qu’il s’agisse d’elle mais, après tout, il était assez rare de tomber sur un étranger parfait dans les territoires apprivoisés par les quatre communautés dominantes des grandes plaines. « C’était toi ? » la question pouvait bien se passer de précision : les alentours du cabanon, arène improvisée du combat qui venait juste d’y avoir lieu, recelaient bien en évidence les restes des putréfiés mis à mal par l’animal. « Les bruits en auront attiré d’autres, j’espère que t’avais pas prévu de pique-niquer dans le coin : on risque d’avoir encore de la visite. » Fort heureusement la forêt n’était pas aussi remplie de ces putréfiés que les ruines urbaines, mais ils n’avaient pas besoin de grand chose pour se retrouver une nouvelle fois dans une situation délicate.

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MessageSujet: Re: unexpected encounter   Mar 2 Jan - 6:00

Tire la chevillette, la bobinette cherra lui vient en tête, sans raison, après avoir cogné à la porte. Alexandra secoue la tête, ce n'est pas très utile de se remémorer cela. Elle n'a pas besoin d'un Grand Méchant Loup en ce moment, elle en est entourée. Quelques secondes après ce geste, le son d'un meuble qui se déplace se fait entendre. Puis, cette dernière s'ouvre sur Dario, du coin des carrières. Et elle ne sait pas grand-chose de plus sur lui. Il a une machette dans sa main, et avec la manière dont il la regarde, elle se doute bien qu'elle risque de ne pas disparaître. Elle comprend, elle ferait pareil si la situation s'échangeait. Elle a son pied-de-biche dans sa main, au cas où, c'est toujours plus prudent s'il l'attaque pour elle ne sait trop quelle raison, s'il y a des rôdeurs qui rappliquent ou encore si l'ours (bien qu'elle ne pense pas que cette arme soit très utile contre ce mammifère) revient faire son tour. Elle ne peut pas savoir ce qui peut se passer, on le sait rarement depuis quelques années, alors elle est armée, il est armé, il n'y a aucune raison pour le prendre mal selon elle. La prudence ne fait jamais de mal.

C'est pour cette raison que quelques secondes plus tard, lorsqu'il lui demande ce qu'elle fiche ici, elle répond avec une très grande absence de diplomatie. « J'tricote. » lui annonce-t-elle. C'est évident non ? Question stupide, réponse stupide. En tant qu'éclaireuse, elle (éclaire) explore les alentours, elle ne voit pas pourquoi il ne le sait pas. C'est sa responsabilité d'aller partout et de dire ce qu'il y a. Ce n'est pas surprenant de la trouver ici ou bien en ville ou n'importe où ailleurs dans les environs. Elle sait bien qu'ils ne se connaissent presque pas, mais il sait très bien le rôle qu'elle a. Elle pourrait très bien lui demander la même chose en réalité, mais elle ne voit pas en quoi cela la concerne. Ils sont dans un pays libre, surtout qu'il n'y a plus vraiment de lois et que tant qu'il n'est pas sur le territoire des cavaliers, il peut très bien faire ce qu'il veut. Sauf lui poser des questions, car elle doit encore réagit de façon imprudente et manquant de diplomatie, mais ce n'est pas elle qui a commencé. « Non. Le père Noël. » Question stupide... il voit quelqu'un d'autre ? Il est vrai qu'elle aurait pu passer dans le coin et voir les marcheurs attaquer l'ours. Ils en sont capables, ils n'ont pas un très grand sens de la jugeote. Ils n'en ont même aucun, ils sont menés par leur estomac qui ne garde rien. N'empêche, cela aurait été de la chance pour lui... quoique elle, passant par ici pour vouloir rester un moment dans la cabane l'est peut-être aussi. À moins que ce soit un hasard. Elle ne sait pas trop et elle ne pense pas que ce soit très important. Il ne faut pas non plus oublier que la notion de hasard ou de chance est très aléatoire par les temps qui court. Tout le monde en a manqué depuis que les rôdeurs existent.

Quelque instant plus tard, l'homme lui rappelle qu'ils feraient mieux de se carapater avant que des morts n'approchent à cause du bruit. Celui du coup de feu, celui qu'elle a fait pour distraire et ceux qu'a  fait l'ours. Il est vrai que ce n'est pas très conseillé de rester dans le coin. Elle n'y avait pas, encore, pensé. « Je voulais me reposer. » Et malgré elle, elle affiche une mine embêtée. Cette dernière disparaître rapidement, comme si elle n'avait jamais été là. Pas de pique-nique, enfin elle aurait sûrement mangé en réalité, mais elle voulait rester dans le coin effectivement. « J'vais laisser faire. » rajoute-t-elle, plus pour elle-même que pour Dario. « Qui a tiré sur l'ours ? » Et qui l'empêche de se reposer un peu ? Elle est capable de tenir encore un moment, mais comme elle ne sait pas quand une telle occasion va se représenter, cela la dérange. Elle ne connaît pas beaucoup le chef de zone, mais de ce qu'elle en sait, il n'est pas du genre à faire quelque chose qui manque autant de discernement que cela. Elle a aussi entendu des paroles provenant de l'intérieur de la cabane. À moins qu'il se balade avec une radio ou MP3 qui fonctionne, de manière miraculeuse encore, il n'est pas seul.
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MessageSujet: Re: unexpected encounter   Mar 2 Jan - 20:32



Alex & Dario

« unexpected encounter »


Dario ravala un soupir devant les réponses d’Alex, bon à ne s’en prendre qu’à lui probablement pour avoir formulé les questions en premier lieu. Restait néanmoins que l’éclaireuse, avec ce sacré coup de main qu’elle venait de leur filer, leur avait sûrement sauvé la vie (ou du moins épargné bien des problèmes, tuer un ours n’était pas non plus quelque chose d'insurmontable une fois que l’on s’y était préparé mais quant aux blessures que l’on pouvait récolter en cours de route, c’était une autre affaire et ils avaient déjà bien assez d’un boiteux pour rentrer au camp vu le poids de leurs sacs) et l’acte, même s’il avait été accompli en toute ignorance quant à l’identité des personnes captives de la cabane de chasseur, valait bien qu’il s’abstienne de toute remarque désobligeante face au manque de tact plus qu’évident de la jeune femme. On pouvait se demander, oui, aurait elle agi différemment en sachant qu’elle aidait des carrières et ce au mépris des “problèmes” relationnels entre les deux camps ? Mais Dario n’était pas fait de cette étoffe tissée de paranoïa, et il n’était pas assez buté pour jeter de l’huile sur le feu en lui balançant ouvertement à la figure une méfiance peu justifiable – toute fraîche au nom de l’animosité entre Diggs et Rhodes – alors même qu’il était très bien conscient d’avoir une dette à son égard. « Si ce n’est que ça… on te laisse la place, on s’en allait de toute façon. » Ironie légère pas bien méchante, mais si elle voulait piquer un roupillon alors Alex aurait tout intérêt à bien se barricader et à prendre son mal en patience : une fois que d’autres indésirables arriveraient sur place – s’ils arrivaient, de ça on ne pouvait jamais être sûrs mais l’éventualité ne devait pas être négligée pour autant –, ils n’allaient pas faire demi-tour bien gentiment en constatant l’absence d’appât, animé de trop peu de conscience pour faire autre chose que rôder dans les environs en attendant d’avoir autre chose pour raviver leur intérêt morbide. « Un crétin, il laissa tomber face à la question de la nouvelle venue, pointant du pouce par dessus son épaule la pénombre de la cabane et les deux autres hommes qui s’y trouvaient, pour l’instant hors de la vue de la cavalière. Du genre qui ne reposera pas ses pattes sur une arme à feu en raid tant qu’il n’aura pas appris à contrôler sa peur. »
Ses paroles étaient dures, et d’autant plus que John était parfaitement à même de les entendre, mais elles étaient, de l’avis de Dario, parfaitement justifiées : en faisant ça, l’autre carrière les avait tous mis en danger alors qu’ils auraient très bien pu s’en tirer d’une manière beaucoup plus simple, moins risquée. Sans compter le gaspillage de munition (peu importe que l’on trouve des armuriers, les balles n’étaient plus produites avec la même vélocité qu’à l’époque où des usines entières fonctionnaient à longueur de temps dans cet unique but), John aurait très bien pu, par ce simple geste, tous les faire tuer. Et si c’était arrivé dans un endroit plus restreint, sans échappatoire possible ou par exemple lors d’une escapade en zones urbaines ? Aujourd’hui, Alex s’était trouvée au bon endroit au bon moment – et dans de bonnes dispositions – mais demain, ou face à une horde ? En un sens, John avait de la chance d’entendre ces paroles à son égard prononcé face à quelqu’un d’autre car, face à lui, Dario se serait très probablement montré beaucoup moins aimable – et c’était peu de le dire.

« J’ai un blessé avec moi, il continua en changeant de sujet. Il n’est pas dangereux. » Sous-entendu : ni potentiellement contaminé, ni proche de la mort, pas un rôdeur en devenir ou en tout cas pas immédiatement, pas du fait de sa blessure. « Mais il ne sera pas rapide en cas de fuite, il peine déjà à marcher. » Et en même temps qu’il parlait, Dario recommença à s’activer, récupérant son sac à dos pesant pour le balancer sur ses épaules et sangler ses attaches pour finalement ressortir à l’air libre, cesser de se cacher à moitié dans l’obscurité de l’espace clos qui avait accueilli les trois hommes. « On revient du campement de Pleak, on est allé troquer avec les gars de là-bas. » Il ne la connaissait pas, l’éclaireuse, ignorait tout de sa fiabilité mais l’idée lui était venue alors que leurs regards s’étaient croisés et soutenus, longuement ; sa décision avait été prise dans la foulée. « On a récupéré pas mal de bordel. Ecoute, file nous un coup de main le temps qu’on soit sûr d’être hors de danger, et je suis sûr que tu trouveras dans nos sacs de quoi compenser la perte de temps. » La probabilité qu’elle constitue une partie de l’avant garde d’un groupe de raiders ayant été écartée à partir du moment où elle avait déclaré vouloir se reposer, Dario n’avait aucune vergogne à lui proposer de jouer aux éclaireurs pour son propre groupe : s’ils n’avaient pas à se précipiter à l'aveuglette dans la crainte de ce qui pouvait leur tomber (ou non) sur le dos, Cole s’épuiserait moins vite ; le chef de zone, quant à lui, tenait à être de retour à la carrière avant la nuit tombée.        

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MessageSujet: Re: unexpected encounter   Mer 17 Jan - 3:30

Dario ne dit rien après toutes les répliques très peu cherchées qu'a dites Alexandra. Quelque chose lui dit que c'est parce qu'elle les a bien aidés que parce qu'il aime entendre ce genre de paroles et le ton qu'elle a utilisé. Elle ne pense pas que quelqu'un aime. Elle n'aime pas quand les autres le lui font après tout. Ce qui ne l'empêche pas de continuer, elle ne sait pas trop comment répondre à ce genre de questions. Par un silence ? Ce n'est pas aussi amusant que de voir comment les autres réagissent. Ouais, elle devrait sûrement suivre un cours sur comment se comporter avec les autres, mais elle se dit que tant qu'elle ne veut pas les bouffer, elle s'en tire assez bien. Méthode comme une autre pour s'encourager. Elle doit bien le faire pour elle, elle ne pense pas que quelqu'un d'autre le fasse. Elle ne s'attarde pas sur cette pensée très longtemps, il y a un peu plus urgent à faire. Comme partir avant que d'autres rôdeurs ne se pointent, attirés par le bruit fait par le mammifère. Tant pis pour le repos qu'elle voulait avoir ; elle ne prend pas la peine de répondre à ce que l'homme lui dit. Elle a changé d'idée dès la piqûre de rappel involontaire qu'il a fait.

Un crétin. Elle n'en doute pas, elle est bien d'accord avec ce terme. Elle trouve cela très étrange qu'il manque autant de contrôle sur lui après toutes ses années... mais c'est peut-être normal aussi. C'est possiblement elle qui est anormale de ne pas avoir peur de grand-chose. Elle est vivante et c'est tout ce qui compte. Elle se demande comment le crétin peut l'être encore. À moins qu'il n'ait une peur panique de ce type d'animal, mais pas du reste. « Au moins tant que je suis là. » Peu lui importe ensuite s'il récupère une arme ou pas, ça ne va pas la concerner. « J'espère que l'ours va bien aller. » Cette phrase qui sonne bien innocente est très loin de l'être. Elle pense surtout qu'elle espère que l'ours va bien aller pour qu'il le retrouve et le refasse payer. Elle n'est pas quelqu'un de très diplomate, Dario a pu le remarquer assez rapidement, mais elle se dit qu'il doit y avoir quelques limites à ne pas franchir. Espérer la future mort de quelqu'un qu'elle ne connaît pas en est une. Surtout tué par un ours. Nouvelle arme à la mode. Très incontrôlable mais très efficace... la plupart du temps, mais toujours impressionnante et imposante. Elle demande juste à être nourrie régulièrement. Rien de très compliqué. Ouais bon. Elle s'est un peu emportée. Elle n'a jamais pensé à ce mammifère comme à une arme. Plus comme à un appât bien dangereux et il a rempli son rôle.

Trois hommes, au milieu de nulle part, bref souvenir de la raison de la mort de sa coloc. Un coup de rôdeur et il n'y a plus de preuve. Si elle ne revient pas, elle a manqué de chance. Cela arrive aujourd'hui. Elle a l'air de ne pas s'en faire, de ne pas être inquiète, mais elle a très souvent cela en tête et là, ce l'est encore plus. Elle va se montrer encore plus prudente. Peu importe s'il y a un blessé, il a toujours des mains. Elle regarde le chef de zone et se demande pourquoi il lui raconte tout cela. Pourquoi elle voudrait savoir qu'il y a un blessé, qu'ils ont fait un échange avec ceux de Pleak ? La cabane est sauve, pour le moment, alors elle va partir. Il est en manque de conversation ? Il a choisi la mauvaise personne pour cela. Pour lui demander de l'aide. Il aurait dû commencer par ça plutôt que de tourner autour du pot de cette façon ; ou ce qu'elle considère comme être tourner autour du pot. « Vous aider comment ? » Elle se dit qu'elle risque de finir avec justement ce qu'ils ont troqués sur le dos, prendre ce que le blessé ne peut pas transporter. Elle dirait bien de montrer le stock pour qu'elle puisse évaluer si c'est assez intéressant pour elle ou non, mais ils sont pressés par d'éventuels rôdeurs qui pourraient arriver. Avec un blessé qui va les ralentir. Elle fera l'exigeante un peu plus tard. « Vous êtes prêt ? » demande-t-elle après quelques minutes, elle a été patiente, le temps qu'ils se préparent. Elle préfère ne pas rester ici plus que nécessaire comme elle ne peut pas y rester comme elle le voulait à la base.
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