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 Ponçons le bois, brisons l’inexistant [Winona]

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MessageSujet: Ponçons le bois, brisons l’inexistant [Winona]   Ven 27 Oct - 18:31

Scratch. Scratch. Scratch.

L’Ouragan avec un grand O avait été impitoyable vis-à-vis du Ranch. Ivan ne savait pas s’il devait en être alarmé, attristé ou joyeux. L’état du Ranch lui donnait un sentiment de vulnérabilité en raison des dangers « extérieurs » comme les rôdeurs ou criminels. L’état des plus déplorables de sa « maison » l’attristait : c’était des mois d’arrangements et de petites bricoles sympathiques – et négociées durement – qui étaient partis … au vent, littéralement.

Cependant, une once de joie palpitait dans son cœur. Le fief d’Abel avait subi un dégât, un homme qui avait été tenté et qui avait tenté Winona. À cette simple pensée, une profonde colère bouillonnait en lui, lui donnant une terrible envie de finir le travail inachevé de l’ouragan. Malheureusement il n’était qu’un homme dépendant de ce lieu, et non une force de la nature incontrôlable, insaisissable et immuable au temps et au virus.

Alors, en faible humain, il ravalait sa jalousie et sa colère, et se penchait sur une énième planche de bois à poncer, et à clouer. Il fallait rebâtir des portes ou des façades entières, et Ivan profitait de ce renouveau forcé pour faire les choses proprement. Il avait vite compris – depuis son arrivée au ranch- qu’en raison du grand nombre et des ressources limitées, il fallait faire les choses proprement dès le départ pour ne pas avoir à revenir avec des réparations en extra. Simple logique humaine banale diriez-vous, mais qui est devenu vital dans ce monde.

Oreilles bouchées avec un casque – une des rares choses qu’il a emmené dans sa besace, un souvenir de son exil dans son université infesté de zombies ou de voyageurs passagers - relié à un baladeur vintage marchant avec pile, il démarra la première étape. Poncer à la Mano… c’était une véritable galère, mais une galère qui lui occupait pleinement l’esprit. Et Ivan avait bien besoin de ça ces derniers temps.

La vérité était qu’il ne faisait que ça : s’occuper l’esprit. Sa journée démarrait à l’aurore avec l’inventaire de tous les produits ou matériaux nécessaires à l’entretien et la composition d’une liste de « courses » pour une prochaine sortie ou mission. Son repas de midi était léger et rapide – une habitude prise depuis de le début de l’épidémie –, lui laissant pleinement le temps de répondre aux demandes des membres. Sa journée de « travail » finissait tôt, mais il trouvait toujours des choses à faire. Elles étaient facultatives mais il se donnait un devoir de les compléter.

Si par aventure, la nuit n’était pas tombée totalement, alors il vaquait à deux loisirs. A la relecture – pour la millième fois – d’un des rares livres qu’il avait pu apporter – et conserver – ou faire du sport.

Cependant, au vu des dégâts causés par l’ouragan, il n’avait plus à s’inquiéter d’occuper son temps libre. Il n’en avait tout simplement plus. Il travaillait toujours dès l’aube, mais jusqu’à ce que ses petits yeux bruns – seul héritage colombien de sa mère biologique – ne se ferme d’eux-mêmes.

Winona ? Un prénom perdu dans les méandres de son esprit, mais qui ne cessait de revenir. Elle était tenace, la blonde , même dans son subconscient.

« Pourquoi avec lui ? » se demande-t-il tout en cherchant à comprendre pourquoi il avait du mal à poncer une partie du bois qu’il avait sous la main.

« Aimer et Tuer. Est-ce possible ? » pensa-t-il tout étant heureux d’avoir trouvé sa solution à son problème de menuiserie.

Il était déchiré entre cet âme d’amant qui lui disait de hurler sa frustration et sa nature innée qui disait de faire profil bas, encore.

Et quand on parlait de la Louve, la voilà qui approche. Comme toujours, Ivan aime. Sa démarche. Sa silhouette. Ses courbes. Sa chevelure. Ses yeux. Son sourire. Malgré tout, malgré lui, elle restait désirable. Un cadeau empoisonné. Et toxique.

Pourtant, il abaisse son regard sur le bout de bois. Il ignore, encore. C’est un nouveau jeu auquel il s’adonne : prétendre être si occupé qu’il était rarement dans ce cabanon qu’ils partagent ensemble. Leur nuit ? Il ne vient que lorsqu’il est certain qu’elle dort, ou qu’elle est ailleurs. Dans ces derniers cas, il est évidemment rongé par la jalousie.

La jalousie. La ressentait-elle ? Une question qui lui brûlait les lèvres mais qu’il n’osait pas poser, de peur de briser quelque chose.

« Briser quoi ? Existe-t-il une chose à briser ? ».

Belle question.

Oreilles bouchées, il ignore. Il travaille.
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MessageSujet: Re: Ponçons le bois, brisons l’inexistant [Winona]   Dim 29 Oct - 14:53




ivan & winona
« we will be free when it ends. »

Forcée à s'asseoir sur le banc de touche, Winona est devenue parfaitement inutile au camp. Et elle devient folle ! D'après le médecin du ranch, Arte, son épaule doit impérativement se reposer. Sans quoi, elle ne ferait qu'empirer son mal. Le bras en écharpe, elle fait les cent pas dans le camp, essaie d'organiser au mieux ce qui peut, et doit, l'être. Le ranch ressemble à un champ de bataille. Les vents n'ont rien épargné et le chantier est sans fin. Elle n'est pas franchement utile dans les diverses réparations qui s'imposent. Pas vraiment manuelle, femme qui a de l'esprit et préfère largement s'occuper des affaires de parlotte, elle n'a pas le cœur à prendre un marteau. Et de toute façon, Arte lui a dit de ne pas trop en faire. L'excuse est toute trouvée. Elle ne cherche donc pas à prendre les choses en main. Elle essaie de faire un inventaire de tout ce dont ils ont besoin, discute avec chacun. Prend la température. Et elle comprend assez vite que la non ouverture de la villa Rhodes n'a pas plu à tout le monde. De nombreuses vies ont été perdu lors de l'attaque de la grange. Certes, l'intervention de Wyatt et des autres a permis de sauver un grand nombre de Riders, mais le mal est fait. Elle peut rebondir sur cette tragédie. Elle note mentalement qui est susceptible de se révolter. Et qui n'osera jamais rien faire contre Abel. Elle récolte ses petites informations pour en faire bon usage dans l'avenir. Pour l'instant, elle fait mine de prendre des notes pour les futurs raids à venir. Elle envisage de partir demain, avec ou sans l'accord du médecin. Il leur faut absolument des vivres et de quoi renforcer le camp. Son premier tour effectué, elle retourne vers sa propre modeste demeure où Ivan travaille déjà. Plus taciturne que d'habitude, elle ne parvient pas à lui faire aligner deux mots depuis quelques jours et elle doit bien avouer qu'elle se lasse de ce comportement. Elle n'a pas besoin de ça. Elle gère suffisamment de choses, jongle avec tellement de balles qu'elle en a perdu le compte. Alors si en plus de tout ça, elle doit s'occuper des préoccupations silencieuses d'Ivan... Autant dire qu'elle ne s'en sortira pas. Pourtant, tôt ou tard, il faudra bien qu'ils parlent et que le jeune homme laisse échapper ce qui le tracasse. Sans ça, ils n'avanceront pas. Et Winona ne peut pas risquer de le perdre. Elle s'approche donc et constate avec déplaisir que le jeune homme l'ignore tout simplement. C'est dans ces moments là qu'elle regarde Ivan comme ce qu'il est : un gamin un peu paumé avec ses crises passagères. Elle se positionne suffisamment près de lui pour qu'il cesse sa mascarade et soupire, agacée. « Tu comptes m'ignorer longtemps ? » De toute évidence, la réponse est oui. Bras croisés, elle l'observe, garde le silence encore un peu avant de le piquer au vif, de changer complètement de sujet. « Bon. Dis moi de quoi t'as besoin pour continuer ton travail. Je pars en raid demain. »


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MessageSujet: Re: Ponçons le bois, brisons l’inexistant [Winona]   Mer 1 Nov - 23:35

Il voyait les désirables lèvres de sa belle bouger, mais il n’entendait rien. La scène qui se déroulait sous son regard discret ressemblait à un vieux film muet, mais avec des couleurs chaudes et vivantes. Malheureusement, ce film ne dura guère longtemps car la demoiselle ne parlait plus. Elle contentait de le fixer. Cette immobilité apparente gêna considérablement Ivan, qui se décide à enlever son casque de ses oreilles et écouter Winona. Et il n’était guère enchanté des premiers mots qu’il entendit.

Elle parlait de « raid », ces missions dangereuses en terre hostile peuplée de monstres, prenant le visage de zombies ou de criminels. Elle disait vouloir y participer avec sa blessure à l’épaule suite à l’Ouragan. Il ne savait quoi ressentir : de l’admiration devant ce courage et cette détermination, ou de l’exaspération devant cette stupidité et ce suicide. Un homme sain avait des difficultés à revenir en un seul état. Que serait-il d’une personne blessée ? Il ne voulait pas s’imaginer.

Soudainement, et un court instant, il se fichait des rumeurs, du vrai comme du faux. L’idée de vivre sans elle était inconcevable. Ce monde n’avait de sens qu’avec elle. Que ce soit avant Influenza, ou même après, sa vie n’avait guère eu une quelconque d’importance pour quiconque – voire même pour lui. Il n’avait été que ce gamin dont sa mère s’était débarrassée, cet orphelin adopté dans une famille trop nombreuse et surtout ce larbin de service que l’on trimballait sans la moindre once de sympathie ou de remerciement. Il n’avait été qu’un petit ver de terre toute son existence… jusqu’à ce qu’il la rencontre.

Maintenant, il apportait vraiment quelque chose à une personne et elle lui était reconnaissante. Il savait qu’il était utilisé, il savait bien que Winona avait des rêves de grandeurs dangereux… pourtant, il sentait une once de compassion, voire d’amour. Il se disait que ce n’était qu’une illusion, mais il s’en fichait. L’illusion était fichtrement bien faite et dans ce monde qui partait en dérive, c’était sa seule bouée.

- Rien, répondit-il machinalement, ayant arrêté de travailler. Rien que tu ne puisses récupérer. Tu es blessée ! C’est de la folie que de faire un raid ! tenta-t-il de raisonner désespérément.

Cependant, il savait que c’était peine perdue. Winona était bien plus entêtée, déterminée et courageuse que lui. Malgré tout, l’inquiétude le rongeait soudainement.

- Laisse les autres faire. Arrêtes de te démener comme ça !


Les arguments étaient légions dans sa tête, mais aucun ne semblait suffisamment bons pour convaincre Winona, et la ranger à son idée. C’est durant ces moments là que leur différence d’âges était visible. Elle avait une expérience forgée sur les années, et par conséquent des idées et une façon de vivre bien ancrée. Lui, il n’était qu’aux prémices de la vie, apprenant encore de ses aînés et tentant de les copier avec maladresse. La négociation était un art qu’il apprenait, tant bien que mal. Il semblerait que ses mains et sa langue soient ses plus grands atouts, et non ses muscles ou sa dextérité au combat. Dans ce monde, chacun faisait comme il pouvait pour survivre.

- Tu n’iras pas seule.

Il n’aimait pas les raids. Il avait la mentalité d’une vieille personne : habitué à son cocon protecteur, il avait une certaine réversion aux risques comme aux changements. De plus, il était plus ce garçon qui soutenait que celui qui agissait en première ligne du front. Autant dire, se proposer à un raid était une sacrée marque de courage.

Enfin, implicitement, il sous-entendait que si jamais quelque chose devait arriver à Winona, il préférerait être celui qui encaisse… ou au moins mourir à ses côtés. Il la suivra, où qu’elle aille et quoi qu’elle fasse. Cependant, voilà une vérité qu’il ne dira jamais clairement et explicitement. Il sentait bien une réticence en la blonde quand il faisait des déclarations trop enflammées et sincères. Or, il ne voulait pas la faire fuir, ou l’effrayer.

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MessageSujet: Re: Ponçons le bois, brisons l’inexistant [Winona]   Lun 6 Nov - 15:16




ivan & winona
« we will be free when it ends. »

Enfin son attention est captée. Enfin il la regarde et ses lèvres bouches juste après avoir consentit de retirer son stupide casque. Mais les mots qu'il prononce ne sont pas ceux qu'elle attendait. Elle roule des yeux, agacée par son comportement trop enfantin. Effrayé à l'idée qu'elle se blesse d'avantage. Ou pire. Au moins, morte, elle n'aura plus besoin de jouer à la maman. Plus besoin de le rassurer. Plus besoin de rien. Mais mourir c'est trop facile pour Winona. C'est une porte de sortie qu'elle se refuse à utiliser. D'autres l'on fait et elle les a tous traités de lâches. Il n'y a rien de glorieux dans la mort. Surtout plus maintenant. Surtout quand on ne mourrait pas vraiment. Alors non, rester tranquillement sur le banc à attendre que les autres la fassent vivre ce n'est pas une option. Ça ne l'a jamais été. Ce n'est pas dans ses gênes. « Que j'arrête ? » Elle hausse involontairement le ton et le regrette immédiatement. Trop d'oreilles indiscrètes pourraient la surprendre. Elle se mord la lèvre, bras croisés sur sa poitrine dans une position fermée, énervée. Elle se rapproche d'Ivan, juste assez pour ne plus avoir à parler aussi fort qu'avant, assez pour s'assurer qu'il est le seul à entendre. « Si j'arrête, c'est fini Ivan. Fini, t'entends ? » Adieu le trône. Adieu le Ranch. Adieu ses rêves de grandeurs et la réalité qui va avec. Ce n'est pas une option. Pas question d'arrêter. Pas question de donner à ses opposants cette satisfaction. Elle a un plan. Elle continuera jusqu'au bout, quitte à se brûler les ailes, à perdre un litre de sang ou plus. Temps qu'elle sera en vie, temps que son cœur battra et qu'elle pourra encore parler, elle se battra pour ce qu'elle veut. Pour ce qui lui revient. Pas de droit mais parce qu'elle a sué pour. « Y a pas d'autres qui tiennent. Y a que moi okay ? Moi et toi. » Elle cherche son regard, attrape sa main pour qu'il daigne enfin la regarder. Elle soupire en relâchant sa main, détestant ces petites marques d'affection en public. Détestant cette faiblesse qui émane d'elle. Plus son regard s'attarde sur lui, plus elle comprend son inquiétude. Quoiqu'elle n'admettra pas que cette inquiétude soit justifiée. Elle ne l'est pas. Partir en raid c'est tout ce qu'il lui reste pour l'instant. Elle a besoin de ça pour prouver qu'elle est encore capable de tout. Tôt ou tard, Abel la rappellera à lui. Et elle sera prête. « Bien sûr que non. » Elle est fatiguée par cette conversation qui ne fait que commencer. Fatiguée par les peurs irrationnels d'Ivan. « On rassemble une équipe. » Pas plus de cinq ou six personnes. Du moins elle l'espère. C'est bien assez. Pas la peine d'attirer trop d'attention sur eux. Ils partiront avec des chevaux et de quoi transporter les éventuels matériaux imposants qu'ils trouveront. « Wyatt sera avec moi. » Wyatt c'est son atout majeur. Autant ami qu'ennemi. Elle l'aime (à supposer qu'elle soit capable d'aimer) autant qu'elle se méfie de lui, pas encore certaine de l'avoir complètement dans sa poche. Ce qui est certain, c'est que Wyatt est plus proche d'Abel que jamais. Il lui a presque pris sa précieuse place et ça ne lui plaît pas trop à Winona. Si elle veut en savoir plus sur les agissements au sein du cercle Rhodes, elle doit absolument isoler Wyatt. Ce raid est une occasion en or.


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MessageSujet: Re: Ponçons le bois, brisons l’inexistant [Winona]   Lun 6 Nov - 23:46

Les paroles de Winona avaient les allures de l’Ouragan qui avaient frappé le Ranch. Impitoyables, violentes et tranchantes, elles n’avaient aucune morale, scrupule ou raisonnement. Elles dévastaient ce qu’elles pouvaient, en ne laissant derrière que des débris à reconstruire. Pourtant, Ivan ne faisait pas partie des débris. Loin de là. Dans instants-là, le garçon se sentait davantage comme un roseau : il pliait autant qu’il pouvait, sans être brisé, prêt à se relever pour faire face aux nouvelles intempéries de Winona. Toute personne penserait que l’on décrit là une force de caractère, ce n’est guère le cas. Un roseau pliait, mais n’influait pas aux événements qui se déroulent autour de lui. Il n’est que spectateur de la destruction de l’Ouragan.

Cette image véridique était une source de frustration constante pour Ivan, et davantage lorsque les personnes qu’il appréciait – voire aimé passionnément – se mettait inutilement en danger. Enfin, et plus important, la logique de Winona ne tenait guère debout à son sens. Elle désirait obtenir tous les pouvoirs sur ce ranch – pour de bonnes ou mauvaises raisons, il n’était guère juge d’une telle chose – mais ce désir n’était pas partagé par Ivan.

« Si tu arrêtes, ce sera le début d’une meilleure vie »
: voilà une réponse qu’il aurait voulu fournir à la blonde. Pourtant, il optait pour le silence car il avait la profonde certitude qu’il ne ferait que de mettre de l’huile sur le feu… et ce n’était pas un feu d’amour.

Soudainement, il sent la chaude main de sa douce sur les siens – un tantinet plus rugueux depuis qu’il s’est mis à des travaux de bricolage. Naturellement, et inconsciemment, ses doigts cherchent à s’entrelacer avec celles de la demoiselle. Malheureusement, et comme à son habitude, la blonde coupe court à ce contact affectueux, laissant un Ivan composé et frustré comme jamais. Il ne savait jamais comment qualifier l’étrange relation qu’ils entretenaient. Il y avait les contacts purement physiques qui ne répondaient qu’à un désir éphémère et passionnel, et puis il y avait ces contacts longs avec mille et un sous-entendu et émotions. Une femme sans cœur qui savait manipuler saurait faire preuve des deux gestes, mais Winona semblait se contenter que du premier contact. Ils partageaient un même lit et de mêmes nuits. Pourtant, dès qu’il était question de simples gestes comme tenir une main, elle était soudainement prude et craintive, révélant une facette inconnue de tous. Une facette que seule Ivan connaît. Une facette qui lui donnait la sensation de détenir là un grand secret, qu’il avait comme devoir de préserver.

« Qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? » aurait-il voulu hurler.
« Pourquoi est-ce que tu me fuis quand je pense enfin te saisir ? » aurait-il voulu demander.
« Pourquoi ne te laisses-tu pas avoir, un seul instant ? » aurait-il voulu la questionner.
« Qu’est-ce qui te fais fuir chez moi ? » aurait-il voulu conclure.

Au lieu de cela, il se mure dans le silence, les mains sur les hanches, paupières mi-closes, la respiration tantôt lente, tantôt rapide. Il ne savait pas s’il devait rire de nervosité, ou s’il devait parler d’un ton plus colérique. Il était partagé entre les deux tant il ne savait plus où donner sa tête, et que faire. Ce simple contact n’avait fait qu’éveiller un tout autre feu, celui qui le consommait tant de jours et qui se nommait joliment « jalousie ».

- Il n’y a que toi, Winona, et uniquement toi. Tu me suffis, mais moi, je ne te suffirais jamais. Alors, contentes-toi de dire « moi », conclut-il, en se mettant un tantinet plus rageusement sur son bout de bois. Cependant, il ne put continuer plus de quelques secondes car il se relève pour planter son regard brun agité dans ceux de Winona. Est-ce qu’Abel te suffit ?

La balle était lancée.
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MessageSujet: Re: Ponçons le bois, brisons l’inexistant [Winona]   Lun 13 Nov - 16:12




ivan & winona
« we will be free when it ends. »

Le silence qui les entoure fini par parler. Plus explicite que mille parole, ce silence veut tout dire. Winona est capable de lire à travers. Le silence est une créature qu'elle a su apprivoiser depuis longtemps, dont elle a su se faire un allié. Le silence n'est jamais anodin. Il peut tour à tour cacher un malaise, apaiser les esprits, être un ami inespéré. Et il y a de ces silences qui vous révèle ce que pensent les autres. Ou ce qu'ils essaient de cacher. Ce silence entre eux, Ivan ne pourra le nier, est lourd de non dits et de colère. Elle n'est pas dupe. Et Ivan ne saurait lui cacher quoique ce soit. Elle ne l'en croit tout simplement pas capable. Non pas qu'elle doute des capacités du jeune homme à garder secrètes certaines choses. Il a déjà prouvé, à plusieurs reprises, qu'il était parfaitement capable de garder sa bouche fermée face à autrui. En revanche, elle sait qu'il ne peut rien garder secret face à elle. Et ça, c'est une toute histoire et un défi bien plus difficile à relever. Quand enfin il semble vouloir dire quelque chose, Ivan préfère reprendre son travail. Plus qu'agacée, Winona soupire, envisageant déjà de quitter les lieux sans plus de cérémonie. A quoi bon s'acharner sur une tête de mule comme lui ? Elle n'a pas le temps pour ses états d'âme. Pas aujourd'hui. Pas maintenant. Ce soir peut-être. Malheureusement, elle n'aura pas le loisir d'échapper à Ivan. Pas tout de suite. Enfin, sa langue se délie et le venin quitte ses lèvres pour éclabousser son visage. Bien sûr que son égoïsme lui revient en pleine face. Elle s'y attendait. Malheureusement pour Ivan, ce n'est pas quelque chose pour laquelle elle s'excusera. Être égoïste c'est tout ce qu'elle a. C'est tout ce qu'elle est. Dans ce monde on est toujours tout seul. Et c'est bien mieux ainsi. Elle ne compte sur personne (ou presque) pour monter sur le trône. Ceux qui l'aident dans son ascension ne sont que des pions qu'elle contrôle. Ils n'ont aucune pensée propre, leurs actions ne sont guidées que par sa propre main à elle. Maîtresse ultime de la partie, elle est la Tour sur l'échiquier géant de la vie. La Tour qui deviendra Reine.

Elle soupire, agacée, son visage reflétant clairement ce sentiment qui l'envahie, sa voix ne laissant aucun doute non plus. « Ivan, tu sais très bien que... » Il ne la laisse pas finir, reprend la parole, hausse un peu le ton, juste assez pour couvrir ses propres paroles à elle. Winona fronce les sourcils, prise au dépourvu par la question. « Abel ? » Est-ce que c'est une blague ? Il se moque d'elle ? Mais non. Son regard courroucé, agité, ne se moque clairement pas. Il est très sérieux et Winona n'aime pas ça. Elle se rapproche de lui, évitant ainsi à des oreilles indiscrètes de les entendre. « Qu'est-ce que tu crois ? » Elle ne lui laisse pas le temps de réfléchir. La question n'attend aucun réponse. Elle ne veut pas entendre ce qu'il a à lui dire. Insultée, bafouée, Winona ne le laisse pas respirer. « Tu crois qu'ça m'amuse de coucher avec lui ? » Elle fait tout son possible pour ne pas hausser le ton, pour que sa voix reste basse. Pas question de se donner en spectacle. Elle doit garder son sang froid, faire preuve de réserve.


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MessageSujet: Re: Ponçons le bois, brisons l’inexistant [Winona]   Dim 19 Nov - 20:20

On ne peut être trahi que par ceux qu’on aime, ou en qui on a une grande confiance.

Un parfait étranger qui promet une chose, mais qui ne l’accomplit pas n’est pas un traître. C’est seulement un escroc dont on est fatigué et auprès duquel nous ne retournerons pas. Alors qu’être trompé par une personne que l’on aime est comme l’effet d’un poignard dans le cœur, à la différence que l’on ne meurt pas mais l’on vit avec cette blessure invisible dont la cicatrisation est un processus lent et douloureux. Enfin, et plus important, malgré cette douleur profonde, cet amour reste là et nous cherchons constamment – et inconsciemment – une excuse qui expliquerait que cette trahison est aussi de notre faute. Toute excuse, aussi légère ou erronée soit-elle, est suffisante tant que l’on retourne auprès de cette personne.

Ivan cherche une excuse pour expliquer la faute de Winona. Malheureusement, il n’y arrive pas et la blonde n’apporte nullement son aide. Elle confirme les rumeurs, et elle se cantonne au rôle de la femme soumise. Un tel rôle aurait été parfait pour d’autres femmes du camps mais pas pour elle. Le brun la connaissait suffisamment pour savoir qu’elle n’était pas femme à se soumettre à d’autre. Elle l’avait fait, pour ses ambitions ou pour son plaisir personnel.

Dans tous les cas, elle l’avait fait. De plein gré.

- C’est tout ce que tu as à dire ? finit-il par lui poser la question en la regardant droit dans les yeux, avec une lueur désespérée au fond de ses prunelles. Oui, il cherchait encore cette excuse pour pouvoir coller les morceaux brisés. Malheureusement, il ne voyait rien. Nul remord, nulle honte… seulement un air courroucé de ces enfants pris en flagrant délit, un regard qui promettait de refaire au besoin. Je pensais … Je pensais qu’il n’y avait que toi et moi.

Il avait lancé la balle, celle qui pourrait être fatale pour l’un comme  pour l’autre, fatale pour « eux ». Winona ne désirait rien de sérieux – et il le savait – mais il voulait de son côté une illusion parfaite. Ces rumeurs venaient de briser ce petit monde qu’ils s’étaient construits.

- Qu’est-ce que je dois comprendre ? On peut faire ce que l’on désire, avec qui l’on désire ?


Il y avait des femmes désirables au sein du camp et il savait qu’il pourrait très bien en devenir l’amant d’une. Pourtant, il n’avait de yeux que pour la créature qui lui faisait face, aussi venimeuse soit-elle et aussi fausse soit-elle. Plus il la regarde, et plus il sent sa volonté flancher. Il dévie son regard, ferme ses paupières quelques instants puis les rouvre, et fait à nouveau face à elle.

- Et qu’as-tu obtenu de cet échange ? Que t’a-t-il offert que je n’ai pas pu ? demanda-t-il, le ton toujours plus haut, plus fort et plus fébrile. A quel prix as-tu vendu ce corps, Winona ?

La trahison est dure. Elle vous blesse au plus profond. Elle détruit un monde que vous preniez pour acquis. Elle vous oblige à remettre en question vos croyances. Elle vous oblige à ouvrir les yeux sur une réalité cachée jusqu’à maintenant. Elle vous apprend à grandir, et surtout à vous faire comprendre qu’on est bien seul en ce bas monde.

« A ma mort, qui pleura derrière moi ? »
vous vous demanderez en réfléchissant à toutes ces personnes qui se disent « famille » et « amis ». Dans ce lot, vous trouverez difficilement une ou deux personnes.

Et vous pleurez que davantage.
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MessageSujet: Re: Ponçons le bois, brisons l’inexistant [Winona]   Dim 26 Nov - 11:49




ivan & winona
« we will be free when it ends. »

Elle a envie de tout envoyer balader. D'abandonner. Puisque, de toute évidence, ses efforts ne plaisent pas. Puisqu'on ne lui rend pas ses efforts comme on le devrait. Elle pourrait tout lâcher, s'en aller sans se retourner, simplement en levant son doigt bien haut. Mais non. Elle reste et elle persiste. Parce que Winona Jackson n'abandonne pas. Jamais. Ce n'est pas dans sa nature. Ce serait lâche, indigne. Elle n'a pas fait tout ce chemin pour abandonner face aux aléas, aux quelques coups durs qui la frappe en plein visage. Et elle ne va certainement pas tout abandonner pour une tierce personne. Pas question. Or elle sent bien que c'est ce que voudrait Ivan. Elle sent bien qu'elle s'est empêtrée dans une situation qu'elle ne contrôle absolument pas. Et Ivan ne fait que le lui confirmer avec ses paroles qu'elle rejette en soupirant. Elle espère que ces jérémiades vont cesser, qu'il comprendra ses actes et ses paroles. Mais non. Il s'entête et l'entraîne dans une conversation dont elle ne veut pas. Ces conversations trop adultes qu'elle entendait à chaque coin de rues avant, quand le monde tournait encore rond. Ces conversations de couples, ces disputes qui n'ont ni queue ni tête. « Que toi et moi...» Sa voix n'est qu'un murmure incrédule. Mélange de surprise et d'agacement. Elle n'a pas envie d'avoir cette conversation qui ne mènera jamais à rien. Chacun campant sur ses positions, lui persuadé qu'ils ont un avenir, elle trop focalisée sur ses grands desseins. Ils n'ont pas les mêmes envies, ni les mêmes perspectives de futur. Elle avait d'abord choisi Ivan pour sa vulnérabilité, sa malléabilité. Elle avait bien choisi. Ivan était fiable, fidèle et prêt à tout pour elle. Une chose dont elle savait se servir mais qui pouvait la faire paniquer. « On a signé aucun contrat à c'que jsache. » Sauf qu'elle serait bien embêtée qu'il aille voir ailleurs. Ça l'irriterait et ce serait à son tour de lui faire une scène. Non pas qu'elle serait jalouse (un peu quand même). Mais elle sait qu'Ivan risquerait de livrer des secrets sur l'oreille. Et ça, c'était inconcevable. Elle devait à tout prix le garder dans son propre lit. Cette règle, Winona ne l'appliquait pas. Au-dessus des lois, elle fait ce qu'elle doit faire pour justement devenir la loi.

Elle se rapproche d'avantage d'Ivan, le regard menaçant, le visage fermé exprimant une rage savamment dissimulée derrière un masque que seul le jeune homme pouvait connaître. « Baisse d'un ton. » Lâche-t-elle, les yeux dans les siens, fatiguée de ce petit jeu. Elle n'a pas envie qu'on les surprennent dans cet échange houleux. Pas envie qu'on tende l'oreille sur leur petite conversation et qu'on en déduise des choses. « Il ne s'agit plus de plaisir Ivan. » Plus depuis longtemps. Quoique, ce serait mentir que de prétendre qu'elle ne prend pas son pieds avec Abel. Parfois. Pas toujours. « J'ai regagné ma place. J'ai besoin de la confiance d'Abel tu piges ? » Il n'y a rien de plus à gagner que ça. Ça et le trône. Mais Ivan restait sourd à ses explications, aveugle à leur avenir. « Il ne m'offre rien de plus que mon ticket vers le pouvoir. » Le pouvoir ultime. Le seul qui ait jamais compté pour elle.


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MessageSujet: Re: Ponçons le bois, brisons l’inexistant [Winona]   Ven 8 Déc - 14:43

« Pile ou Face. Ivan ou Winona ».

Leurs existences pouvaient s’apparenter à celle d’une pièce. Qu’importe les échanges, qu’importe le temps, ils étaient devenus indissociables. Pourtant, chacun avait une aspiration, des ambitions et un mode de vie distinctes. Enfin, et surtout, malgré qu’ils soient condamnés à l’un et à l’autre, les deux facettes de cette pièce sont dos-à-dos, destinées à ne jamais se faire face et à compenser cette absence par des illusions d’amour pour l’un , et de contrôle pour l’autre.

Cependant, était-ce sûrement pour le bien de tous que les deux facettes de cette pièce ne se rencontrent jamais pleinement. Si Winona pouvait partager une once de cette rage et ambition qui sont les siennes, et si Ivan pouvait apprendre à la demoiselle un semblant de douceur et d’empathie, chacun pourrait prétendre au trône de Roi et de Reine. Sûrement.

Malheureusement une telle chose ne pourrait se produire. Le dialogue de sourd allait continuer, et malgré les événements, les deux facettes allaient continuer à se côtoyer.

- Oh. Évidemment, c’est justifié. C’est totalement compréhensible. Je t’en prie, ne perds pas ton temps avec moi, et va faire plaisir à Abel soit en faisant les courses pour sa petite maison ou alors en le bordant le soir s’il a froid, ironisa-t-il tout en s’approchant d’elle. Dorénavant, sa voix n’était plus qu’un murmure que seuls eux deux pouvaient entendre. Regardes-toi. Qui de nous est le plus à plaindre ?

Ivan était souvent plaint, et il ne pouvait pas contredire ces personnes. Personnage docile et influençable , il faisait partie de ces personnes faible d’esprit, dans un corps solide, qui attendait leur Capitaine de la vie pour les guider.

Winona était tout autre. Aux yeux du brun, elle faisait partie de ces forces de la nature humaine indomptable – tant d’esprit que de corps -, inspirant tantôt crainte, tantôt jalousie, tantôt admiration.

- Pourquoi ne pas juste l’enfermer quelque part et le brûler ? Pourquoi ne pas juste profiter de ta proximité pour le tuer ? De quoi as-tu peur exactement ? Pourquoi hésites-tu ?

Il la regarde dans les yeux, et finit par lâcher une grimace s’apparentant à un sourire. Pourtant ce n’était pas la joie qui déformait ses doux traits, mais la rage et la frustration. Il était déchiré entre son envie de tout lâcher et partir, de tuer Abel quitte à se brûler les ailes ou, à l’image de Roméo et Juliette, emportée Winona avec lui.

« Impossible ».

Il savait être lucide, en temps ordinaire. Pourtant, et malgré les conseils avisés de sa logique et de sa raison, il était incapable de voir la bêtise de ses paroles.

« Je te veux pour moi, pour toujours ». Dès lors qu’il ne pouvait pas se permettre de dire. Pourtant ils s’exprimaient avec ses gestes. Deux mains dans les cheveux de Winona, le front contre la sienne, et un souffle chaud qui vient caresser ce visage qu’il aime tant.

- Le sacrifice doit avoir des limites, au risque de tout perdre Winona, dit-il lentement, suivi d’un instant de silence presque solennel. Ne m’attends plus. Je ne supporte plus l’odeur d’Abel.

Sur ces mots, et ce regard dur, il s’éloigne pour se diriger tout droit vers son morceau de bois et s’isoler encore. Isoler cette colère. Isoler cette haine. Isoler cette humiliation. Et surtout, isoler cette désillusion.
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MessageSujet: Re: Ponçons le bois, brisons l’inexistant [Winona]   Mer 27 Déc - 14:59




ivan & winona
« we will be free when it ends. »

Leur proximité soudaine la dérange. Pourtant, c'est elle qui s'est rapprochée suffisamment pour que leurs voix se transforment en murmures, que leurs souffles se mélangent. Désormais, elle ne pensait qu'à s'éloigner, le planter là sans un mot de plus, sans un regard en arrière. Ce n'est pas l'envie qui lui manque et pourtant elle n'en fait rien. Pas encore. Elle a encore de la réserve, quelques paroles bien acérées à lui cracher à la figure. Comme lui qui lui jette des reproches à la figure. C'est la jalousie qui contrôle ses paroles et Winona ne supporte pas ce comportement qu'elle juge enfantin. Ses propres sentiments, la jeune femme les enterrent au loin, bien consciente de leur dangerosité. Les émotions ont trop tendance à prendre le dessus, à enfumer le cerveau et à aveugler. Winona ne prend plus ce risque depuis longtemps. Elle a appris de ses erreurs et ne les reproduit jamais deux fois. Les yeux tournés vers le ciel, elle soupire, exaspérée au plus haut point, prête à tourner les talons. « Oh putain Ivan ! Change de disque tu veux ? » Elle est à bout et Ivan n'arrange pas la situation en continuant sur cette voie. Elle ne peut plus avoir cette même conversation encore et encore. Elle n'a pas signé pour ça. Elle ne peut pas passer son temps à rassurer Ivan sur la soit disant relation qu'elle et Abel entretiennent. Il n'y a aucun sentiments là-dedans, seulement des calculs. Sa langue claque au fond de sa gorge et elle refuse d'entrer d'avantage dans ce débat sans fin qui ne trouvera jamais d'issue convenable. Winona ne lâchera rien. Elle est née pour se battre et c'est bien ce qu'elle fait. Ivan ? Le jeune homme a des choses à prouver, essaie d'exister auprès de cette femme qui ne lui laisse guère de place. La conversation s'enlise inévitablement et Winona perd patience. Elle soupire à nouveau, espérant contre tout espoir ne pas souffrir d'un mauvais mal de tête une fois ce face à face terminé. Elle se passe une main dans les cheveux, cherchant au fond d'elle la force de ne pas élever la voix, de ne pas paraître plus dure qu'elle ne l'est déjà. Si elle aime Ivan, c'est d'une façon unique qui lui ressemble, d'une façon si insoupçonné qu'il est permis d'en douter. « Pourquoi ? » Ça lui paraît si clair que jamais elle n'avait pensé qu'Ivan puisse se poser cette question. Pas après tout ce temps. Elle grimace, mal à l'aise à l'idée de discuter de ça au grand air, sous les regards indiscrets et les oreilles traînantes. Il n'y a pourtant personne à proximité. Personne pour aller rapporter leurs propos calomnieux au grand manitou. « On me soupçonnerait immédiatement. Y aurait trop de preuves. On ne peut pas juste tuer Abel. Pas comme ça. » Abel est une entité avec ses suiveurs. Pire, avec sa famille aux abois. Elle ne peut pas se contenter de juste tuer Abel Rhodes. Elle doit l'anéantir, ne rien laisser de lui. Elle doit se positionner en haut de la pyramide, être la seule solution valable pour le ranch après la fin d'Abel Rhodes. Sa voix est d'un calme dérangeant. Elle a abandonné toute idée de se battre. Et Ivan aussi. Il baisse finalement les bras, battu à son propre jeu. C'est la douceur qui prend la relève, ses mains qui viennent caresser ses cheveux et son souffle qui la titille, la fait frissonner contre son gré. Les sentiments sont impossibles à dissimuler. Elle entend les mots sans les assimiler, sans essayer de les comprendre. Elle n'a plus rien à perdre mais tout à y gagner. Ivan ne le voit pas encore, mais ils sont en route vers la gloire. Et si elle doit tout sacrifier pour ça, alors soit. Elle ne reculera devant rien. Ivan le verra bien assez tôt. Il comprendra lui aussi. Elle ne cherche pas à le retenir, fatiguée d'être celle qui le retient encore et encore. Fatiguée de supporter son caractère et ses crises passagères. Elle serre les dents, sûre d'elle et de l'avenir pourtant si incertain. Elle passe devant lui, s'arrêtant à ses côtés, posant une main sur son épaule qu'elle serre un bref instant. « Jte vois ce soir. » Et sans un regard en arrière, elle s'éloigne, certaine de retrouver Ivan dans leur cabane commune pour partager un énième moment charnel.


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