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 An echo lost in space (Vicky)

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MessageSujet: An echo lost in space (Vicky)   Jeu 12 Oct - 1:10




Douglas & Victoria
« An echo lost in space »

Le crayon gratte le papier. Que des hypothèses, griffonnées d’une main lasse, un millier de ratures et dans la marge, les erreurs détaillées. Le front comprime la paume, les rides creusent la chair. Les traits tirés, le teint trop pâle, le scientifique ne s’arrête pas un seul instant pour s’enquérir de son état. S’il l’avait fait, il aurait noté l’épuisement, remarqué une légère déshydratation. Il lui suffirait de détourner un instant le regard de son travail pour y remédier pourtant. Un verre d’eau repose à quelques centimètres seulement de son poignet. Qu’il s’agisse de celui qu’il n’a pas touché la veille ou non, il ne saurait le dire. Ce corps n’est qu’un réceptacle pour l’esprit sans cesse en ébullition. Un organisme qui l’encombre par sa succession de besoins oppressants, futiles. La tête plongée dans ce travail harassant, il évite les détails extérieurs. Bosser le préserve de bons nombres cas de conscience, le tient éloigné de sujets sensibles avec lesquels, il ne pourrait de toute façon, pas compiler émotionnellement. C’est plus simple de voir le monde en deux teintes et de se penser au-dessus des considérations affectives. La vérité, c’est qu’il n’est qu’un lâche fuyant la réalité. Mal outillé pour affronter jusqu’au plus petit péril. Tout ce qu’il peut contrôler à l'heure actuelle, c’est ça, son boulot. Même dans l’impasse, il se raccroche toujours plus intensément à cette seule activité. Il se définit par ce métier depuis des lustres. Il ne lui reste officiellement plus rien d’autre. Il ne porte plus d’alliance, n’est même plus parent. Deux titres qu’il s’est empressé de rejeter. Quel homme ne regrette pas ce qu’il a perdu ? Mais Douglas, lui, il n’y pense pas. Du moins, c'est ce qu'il croit consciemment. Quand les souvenirs reviennent, il veille à se détacher de cette existence concrète et fixe toute son attention sur ce qui s’aligne sous ses yeux. Dans ce labo de fortune, le quadragénaire se sent vivre. Alors qu’il ne semble même pas survivre correctement.

Paradoxe qu’il entretient depuis plusieurs années maintenant. C’est la millième fois que le sommeil le rattrape et qu’il finit par s’assoupir abruptement sur sa table de travail. Le menton cogne le bois. Un grognement pour marquer la douleur et dès la seconde qui suit, les cheveux reposent contre la paperasse. Le souffle se fait lourd, mesurant la détente relative qui s’empare des muscles de l’endormi. L’un des bras heurte le récipient qu’il n’a pas daigné toucher dans la chute. Ce dernier se renverse, humidifie la joue, gonfle les feuilles répandues et souille inéluctablement l’écriture. Lui ? Il ne se réveille pas. A force d’ignorer la guerre que son corps mène, il perd chaque bataille. Des rêves décousus rythment sa nuit improvisée. Des mains difformes saisissent des silhouettes qu’il poursuit sans jamais atteindre. Ultimement, la paupière se relève à l’approche de quelques pas. L’intrus se tient à l’entrée quand il commence seulement à émerger de ce cauchemar absurde. Le dos courbaturé et l’œil vague, l’américain se redresse finalement. Bien conscient d’être épié par une personne qui ne devrait pas se trouver là. Surtout pas quand il fait ainsi preuve de faiblesse en s’adonnant à une sieste bien mal venue.

Irrité par ce réveil forcé, l’insomniaque met quelques secondes à réaliser le carnage. Avec lassitude, il essuie sa pommette imbibée par quelque liquide encore non-identifié. Les notes saccagées lui apparaissent ensuite comme une évidence et provoque immanquablement sa colère. Des contretemps, que des contretemps. Il maudit Morphée et blâme Rory tout aussi vite. Qui d’autre lui aurait déposé le contenant à cet endroit ? Les mains rassemblent les parchemins détériorés avec empressement avant qu’il ne se décide à se retourner vers l’arrivante. Il la dévisage de haut en bas avec froideur. Brune, taille moyenne. Il ne la connait pas. Ou ne la reconnait pas. Ce qui revient au même. Il ne prend pas le temps de connaitre les autres alors comment pourrait-il les reconnaitre ? Des contretemps toujours. Les interactions sociales ne l’intéressent pas. La seule idée qu’un autre être vivant vienne hanter son antre, le dérange fortement. Il aime raccourcir un maximum ces quelques passages et apprécie ainsi de dissuader ses visiteurs de s'installer confortablement ici. De toute manière, qui aurait envie de venir le consulter ?  « Qu’est-ce que vous faites ici ? Qui vous envoie ? » demande-t-il brutalement, le ton se faisant aussi inquisiteur que le regard. Sans lui offrir le loisir de répondre et sans l’inviter à entrer d’une manière plus courtoise, il enchaine encore plus sèchement. « Vous comptez rester plantée là ? » Sa patience effritée ne supportera plus la moindre contrariété. Sans la moindre gêne, il se retourne vers le chaos qui régit son espace de travail et ramasse ainsi le verre échoué. Il s’affaire très vite à trouver de quoi éponger la mare s’étant formée et s’oriente rapidement vers une modeste armoire, non sans gratifier son invitée, d'une œillade glaciale.
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MessageSujet: Re: An echo lost in space (Vicky)   Mar 17 Oct - 20:58




Douglas & Victoria
« An echo lost in space »

Une nuit de sommeil agitée, comme tant d’autres, a réveillé une douleur à la base de la nuque. Elle masse délicatement la zone endolorie, les yeux dans le vague, en se remémorant le rêve – le cauchemar – qui l’a laissée en nage dans sa couchette. Un long tunnel noir sans lumière au bout, à travers lequel Victoria rampe péniblement. Derrière elle, Simon gagne du terrain, ses griffes prêtes à se refermer sur sa cheville pour l’attirer à nouveau vers lui. Devant elle, rien. Même pas l’espoir de s’en sortir. Peut-être qu’il y avait une impasse au bout, peut-être qu’il y avait un gouffre, peut-être… Mais ce qu’il y a derrière est bien pire. Ce qu’il y a derrière c’est une mort lente, c’est l’enfer d’un sourire malsain, d’un couteau qui dessine sur sa peau pour graver des arabesques chaotiques.
C’est un rêve récurrent. Toujours la même impasse, toujours la même panique qui l’étouffe, toujours les mêmes éraflures aux genoux à force de ramper sur les cailloux. Le sang bat violemment dans ses tempes rien qu’au souvenir. Et ça la hantera toute la journée encore. On le verra dans son regard vitreux, on le comprendra à la pâleur de sa peau et à la nervosité de ses gestes.

On commence à s’habituer dans la Mine. Les gens qui la côtoient, enfin, doivent la côtoyer, ont appris à garder leurs distances et à garder leur langue. Les questions et les conversations sont superficielles, uniquement autour du quotidien, du temps qu’on imagine à l’extérieur, des nouveaux objets à la Carrière et des nouvelles recrues.  Victoria parle très peu de ce qu’elle a vécu, mais tout le monde en a déjà une idée plutôt claire. Elle a l’étiquette de la prisonnière des jackals collée sur le front, en plus de celle qui la lie à Anita. Et tout le monde le sait : les jackals ne sont pas tendres, c’est même l’opposé, comme on le voit à ses cicatrices qui dépassent quand elle porte un débardeur. Elle parle si peu que personne ne sait quelle vie elle a mené avant. A part Anita, personne ne sait à propos de ses années à Washington, de ses implications en politique, des jeux de pouvoir auxquels elle a participé et des crimes qu’elle a couverts.
Elle s’en félicite, car il s’agit de son jardin secret. Dans les moments de panique, elle s’imagine les marches du Lincoln Memorial sur lesquelles son cerveau bouillonnait de stratégies et de réflexions sur la vie. Elle s’imagine les galeries du Smithsonian où elle amenait les jeunes de son association en visite et ensemble ils découvraient les secrets de l’Histoire. Et quand vraiment ses idées se faisaient noires, elle les éloignait en s’imaginait le bureau oval et la décoration qu’elle aurait aimé y faire si elle avait pu un jour s’en approcher. Une série de détails et de souvenirs pour combattre l’angoisse et le nœud qui est constamment au fond de sa gorge.  

Les gestes sont mécaniques et s’enchaînent mais l’esprit est perdu dans le tunnel. Les doigts trient, presque instinctivement. Des trouvailles des raids sont organisées dans des boites, selon qui en a besoin, selon où se trouvent les stocks et elle envoie au fur et à mesure les Miners livrer les boites. Bientôt, la table est vide et il ne reste qu’une boîte et il ne reste qu’elle et elle s’entend soupirer, revient à la réalité, respire profondément pour se vider l’esprit et les doigts meurtrissent la boîte plus qu’ils ne l’attrapent.
Vicky s'engouffre dans les entrailles de Hamilton, s'amuse de l'analogie et ses pas la conduisent bientôt à l'entrée d'une sorte de laboratoire. Il n'y a personne si ce n'est une silhouette affalée sur un bureau couvert de notes. La vision de dos lui arrache un hoquet de surprise qui la trahit à en juger par le réveil de l'inconnu. L'esprit fatigué de la brune est fixé sur une image, confond la réalité et les cauchemars un bref instant alors qu'un flashback lui revient, une scène violente, comme toutes celles qui dorment quelque part à l'arrière de son crâne et se manifestent de temps en temps quand quelqu'un a le malheur de le rappeler au mauvais souvenir de Victoria. Il ne peut pas être là, mais c'est déjà trop tard, la comparaison est faite et la panique compresse déjà sa poitrine. Le ton brusque du concerné n'aide pas. Elle a beau penser au bureau oval sous tous les angles, elle est mortifiée. Il lui faut quelques secondes pour finalement répondre, une articulation pénible. "Les raideurs sont rentrés ce matin." Finalement, elle trouve la force de faire quelques pas, s'approche d'un plan de travail dégagé pour déposer son paquet. Ça ne peut pas être lui, mais ce n'est pas pour autant qu'elle lève les yeux pour le vérifier. "Ils ont rapporté du matériel que vous aviez demandé."
Elle peut se cacher derrière le rideau de cheveux tant qu'elle veut, son trouble s'entend dans sa voix blanche. "Je suis censée faire le point et vous demander aussi une liste de ce dont vous auriez besoin pour le prochain raid. Mais bon, ça a pas l'air d'être le bon moment, je peux repasser." Ou envoyer quelqu'un d'autre et ne jamais revenir dans cet endroit.
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MessageSujet: Re: An echo lost in space (Vicky)   Dim 22 Oct - 19:30


La voix émerge de façon faiblarde derrière son dos. Le ton lui parait empreint de bien peu d’assurance. Douglas ne s’en formalise pas spécialement, trop occupé à attraper un vieux torchon et à le poser d’un geste dédaigneux sur la table inondée. Derrière lui, Victoria se recroqueville sur elle-même mais il n’en a absolument pas conscience. Seule sa voix trace un trouble grandissant. La forme est appuyée d’ailleurs par le fond très rapidement. Sans comprendre cette attitude, l’homme se tourne avec raideur vers le paquet qu’elle a déposé. Il abandonne le tissu imbibé pour se rapprocher de l’intruse et du colis. Avec circonspection, le scientifique pose son regard sur elle et capte sans mal le malaise de la brune. Les cheveux cascadent devant le visage. Sa posture ne pourrait pas être plus révélatrice. La main posée sur la surface qu’elle a mobilisé, il avise le matériel qu’il a réclamé. Il a bien envie de lui expliquer que ce n’est jamais le moment de toute manière mais s’en abstient de justesse. « Vous êtes là maintenant. Le mal est fait. Je préfère autant que vous ne me dérangiez pas une seconde fois. » Se contente-t-il de répondre avec lassitude. Les doigts étalent les diverses trouvailles des raideurs et les comptent méthodiquement. Sans se départir de son professionnalisme, il va jusqu’à dénicher la liste qu’il avait rédigée au préalable pour en faire l’inventaire. Armé d’un crayon, il coche un à un, les objets. Un grognement marque la fin de sa vérification. « Vous pourriez me dire pourquoi il manque trois choses ? Vous avez une explication valable ? » Il dépose le recensement juste à côté de la messagère. « Je n’avais pas demandé la lune pourtant. » Tout en grommelant des phrases incompréhensibles dans sa barbe, il s’écarte.

Ses prunelles s’attardent sur la silhouette voisine et jaugent l’entièreté de sa posture. « Vous avez un problème ? » Ne peut-il s’empêcher de souligner avec toujours cette pointe d’irritation dans la voix. Cette façon de se tenir lui rappelle Ophelia, son ex-femme. Malgré lui, il dresse de mauvais parallèles entre son ancienne épouse suicidaire et cette inconnue. Depuis qu’elle lui a forcé à planter une balle dans son crâne, son seul souvenir lui est affreusement difficile à encaisser. Toutes les personnes qui la lui rappellent de cette façon, s’attirent à la fois son antipathie, à la fois un peu de son anxiété - bien qu’il se refuse à le reconnaitre. Habité par le malaise et la nervosité comme elle, il n’en montre pourtant rien et préfère autant reculer pour chasser le train de ses pensées. La fragilité de Victoria remplit la pièce, cependant. Il la trouve affreusement inconvenante maintenant qu’il l’a réalisé et s’empresse d'agir afin de la congédier le plus rapidement possible. Sa quiétude lui manque déjà cruellement. Ardu de maintenir le détachement intact quand le passé s’invite. Et il ne sait pas encore que cette étrangère le ramène également sous une autre forme. D’une période bien plus éloignée que le trépas d’Ophelia.

Le buste légèrement penché vers le bazar qu’il a provoqué plus tôt, il part en quête de son mémo. Ce dernier est piégé sous les eaux, sous le textile utilisé pour épongé pour être plus précis. Rageusement, il ôte l’étoffe pour attraper le morceau de papier. Agacé au possible, l’américain s’oriente à nouveau vers sa visiteuse en répandant plusieurs gouttes au sol et en n’épargnant pas plus ses propres vêtements. Avec énervement, il fourre le torchon trempé dans les mains de la trentenaire et la bouscule sans le vouloir d’un coup d’épaule en continuant sa route vers un autre recoin de la pièce. Il dispose ainsi le bout de parchemin humide devant une des sources de lumière pour tenter de déchiffrer son écriture. Les paupières se plissent devant les lignes devenues chaotiques. Un soupir, puis deux. « Il y a du papier juste à côté. Prenez-le. » lui ordonne-t-il sans la moindre formule de politesse. « Vous n’aurez qu’à noter ce que je vous dicte. » Sans jamais se retourner, il se met à énumérer vainement les affaires réclamées, buttant à plusieurs reprises sur des mots effacés. L’encre coule contre ses doigts désagréablement. On peut dire que cette journée ne lui réussit pas. Et il ignore encore à quel point, c’est le cas.
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MessageSujet: Re: An echo lost in space (Vicky)   Dim 29 Oct - 17:04




Douglas & Victoria
« An echo lost in space »

La fureur dans sa voix, l'empressement, la façon dédaigneuse qu'il a de lui dire qu'elle a raté quelque chose, tout ça lui rappelle bien trop Simon pour que son esprit ne fasse pas de rapprochement douteux. Elle se dit que ce n'est pas juste, qu'elle n'a pas échappé à l'enfer pour en retrouver un simulacre, mais cette fois littéralement sous terre. Alors elle serre les dents, essaie de se dérober à ses souvenirs, à ne pas imaginer l'homme devant elle prêt à lever la main pour l'abattre sur sa joue, elle essaie de ne pas se rappeler le rictus cruel qu'il arborait alors qu'il la "corrigeait." Et puis elle s'attendait presque à ce que, une fois son méfait accompli, l'homme tombe à genoux pour la supplier de lui pardonner, de l'aimer à nouveau comme autrefois et elle, elle hocherait brièvement la tête tout en pensant : autrefois est mort.
Victoria se râcle la gorge pour essayer de ne pas bafouiller, pour parler clairement et se débarrasser du tremblement dans sa voix. Ce n'est pas elle, cette façon de s'écraser, de céder toute sa personne à la cruauté de quelqu'un d'autre. "J'sais pas. J'suis pas raider, je suis que la messagère." Et il ne faut pas tirer sur ces gens-là, surtout quand ils donnent tous les symptômes d'avoir été piétinés bien trop de fois.

Si elle a un problème ? Ça ne se voit pas ? Elle en a des centaines, c'est même impossible de tous les compter. Elle en a un énorme qui erre dehors et qui essaie sûrement de la retrouver. S'il n'est pas mort évidemment. Mais même mort, il la hanterait toujours, ses initiales lui brûlent toujours la peau, des cicatrices qui possèdent leur propre volonté et dansent leur valse macabre dans son dos. Il aimait beaucoup son dos.
La brune ne répond rien. Toujours prostrée derrière son rideau. Elle suppose que c'est rhétorique, qu'il n'a pas vraiment envie de savoir quoi que ce soit d'elle, c'est juste une question pour appuyer la première impression qu'il a d'elle. Et même s'il voulait savoir... Elle finirait par lui dire d'aller se faire foutre. Une fois qu'elle aurait dépassé cette peur paralysante, elle lui dirait ce qu'elle pense des types comme lui, qui ont perdu toute décence humaine pour devenir un être uniquement régi par les lois de la survie. Elle lui dirait qu'il pouvait bien garder sa mauvaise humeur pour quelqu'un d'autre parce qu'elle n'avait pas fait tout ce chemin pour qu'on lui parle comme ça. Elle lui dirait, enfin, qu'il n'était pas plus quelqu'un qu'elle, qu'il n'avait pas à la prendre de haut.
Peut-être qu'elle est un peu nostalgique de l'époque d'avant, quand le premier qui élevait un peu la voix au-dessus de la sienne se faisait recadrer par un simple regard, une expression ferme qu'elle tenait de sa mère et qui faisait son effet sur le plus simple inconnu comme sur le plus éminent des secrétaires d'état. Tout ce qu'elle donnerait pour retrouver ce regard là.

Avant de comprendre, elle se retrouve avec un torchon tremper entre les doigts et avec la sensation glaçante du contact. Il ne l'a peut-être pas fait exprès, mais c'est suffisant pour qu'elle perde tout contrôle. Ses mains tremblent alors qu'elle essaie tant bien que mal de contenir le flot d'émitions. C'est une tentative vaine, même ridicule. Elle n'est pas faite pour le contrôle, personne ne la contrôle, même pas elle-même. Une certaine fureur la pousse à balancer le torchon par terre. "S'il-vous-plaît." La voix tremble légèrement, mais il y a tout de même un peu plus de force dans ses mots. "Vous avez oublié de dire s'il-vous-plaît. Pourtant c'est pas bien compliqué, c'est pas si dangereux de le dire, personne n'en est encore mort que je sache."
Il suffit d'une goutte d'eau pour faire déborder un vase, c'est l'expression qu'elle illustre à l'instant, quand l'ordre brutal de trop arrive à la faire perdre son sang froid, arrive à faire couler tous les mots qu'elle retient depuis longtemps. Elle attrape un crayon qui traînait sur le plan de travail et elle le brandit presque comme une arme – avec une pression et la force suffisante, elle est sûre de pouvoir le planter dans son sternum. "Et pardon. Vous avez oublié de dire pardon aussi et la prochaine fois qu'il vous viendra l'idée de me toucher comme ça, je vous laisserai pas le temps de le dire."
Et cette fois, il n'y a plus de rideau pour cacher son regard, elle pose les yeux sur lui. Sur ce visage qui n'est pas ce lui de Simon mais qui a quand même eu le malheur de le lui rappeler quelques secondes.
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MessageSujet: Re: An echo lost in space (Vicky)   Lun 30 Oct - 23:01


La tension s’accumule, pare l’atmosphère d’une instabilité que Douglas n’a même pas identifiée. Trop affairé à se concentrer sur les détails comme à son habitude, il ne conscientise pas l’ensemble, ne prend pas en compte la globalité. Son invitée a induit une soumission à laquelle, l’américain s’est naturellement adapté, en abusant sans nul doute inconsciemment. Dans son monde composé uniquement de noir et de blanc, le scientifique ne saisit nullement les nuances de gris que la brune n’a cessé de lui renvoyer. Ainsi, les erreurs qu’il a multipliées en manquant de tact et de subtilité, lui retombent dessus sans le moindre signe avant-coureur. Subitement, les cheveux basculent en arrière et dévoilent une férocité que l’homme n’aurait jamais pu deviner. En se retournant, il l’avise avec précaution. Sa joue tressaute un léger instant devant l’arme qu’elle brandit. Il réprime un rictus ironique face à cette situation pour le moins grotesque. Les bras retombent mollement contre les flancs tandis qu’il l’observe sans vraiment comprendre. Les sourcils froncés, l’homme la détaille très calmement. « Vous croyez vraiment que la pointe de cet objet va réussir à m’effrayer ? C’est comme ça que vous aimez vous faire comprendre ? En menaçant avec un stupide crayon la première personne qui oublie quelques formules de politesse ? » Le ton révèle la dérision tandis que le regard s’égare du côté du torchon échoué. La contrariété durcit les traits du quadragénaire un bref instant. Un soupir éparpille son mécontentement. « J’espère que vous n’exerciez pas dans le domaine de l’éducation avant l’épidémie. » note-t-il avec sarcasme.

Tout en s’avançant lentement vers le textile imbibé, le divorcé l’observe. Il n’arrive pas tout à fait à la prendre au sérieux. Une nouvelle erreur de sa part, sans nul doute. Du chaos qui semble régir la carcasse de son interlocutrice, il ne reconnait pas la source. Dans quel genre de mal, cette impétuosité prend racine ? Mais après tout, qui a gardé toute sa tête ? Depuis que l'épidémie s’est répandue, les consciences se sont fragmentées. Pour avoir trainé sur les routes et rencontré plus d’un dégénéré en chemin, il le sait mieux que personne. Il n’échappe pas à la règle bien qu’il se plait à se penser constant. Aussi intraitable qu’il l’était avant. « Vous êtes sérieusement en train de me menacer pour cette raison ? Je ne vous ai pas mis la main aux fesses à ce que je sache. Vous avez un sérieux problème mental. Vous avez déjà pensé à consulter ? » Il lui tourne le dos sans réellement s’inquiéter pour sa vie et se penche ainsi pour ramasser le tissu qu’elle a rejeté. « Et vous, vous comptez sans doute me demander pardon pour ce que vous venez d’occasionner ? » Il pointe de l’index la tâche humide à ses pieds. Un haussement d’épaules et quelques pas effectués en direction de sa table. Il repose le papier, légèrement frustré de ne pouvoir la renvoyer immédiatement. Bien loin de réaliser la réelle menace qui pèse sur lui. « Les mots sont futiles. Seuls les actes comptent. Et messagère ou pas, vous êtes là pour effectuer votre boulot, je vous signale. » L’autorité point dans le timbre. Il se sent affreusement intouchable au fond de sa grotte, si éloigné de toute forme de réalité et protégé par le respect qu’Anita lui porte. Sentiment d’invincibilité qui s’apparente pourtant, davantage, à une attitude détachée. De celle qui rappelle qu’il a de toute façon, déjà tout perdu. A dû tuer sa famille pour pouvoir avancer. Dès lors qu’est-ce qui pourrait être pire que ça ?

Alors qu’il cherche à recopier ses notes incompréhensibles, le nez dans sa paperasse, il reprend pour appuyer ses propos antérieurs et la forcer à obéir. « Posez-ça avant de vous blesser. » La main lisse le front alors qu’il compte ses chances de sauver l’entièreté de son travail de cette marée. De légères gouttes échappent à la surface et retombent au sol, marquent les secondes. Dans ce silence pesant, les pensées de l’américain s’orientent étrangement vers le passé. Quand Ophelia s’emportait et qu’il ne parvenait pas à appréhender cette colère. Chez lui, on a toujours appris à refouler ce qui dérangeait, à ne pas communiquer surtout et à fuir quand le conflit se présentait. Parfois, l’un de ses frères se mettait à jouer de ses poings pour se faire entendre. Mais personne ne le regardait. L’indifférence, c’est ce qu’ils savent faire de mieux les Reed. Douglas, le premier. Du moins, est-il affreusement doué pour se complaire dans son déni et ne pas affronter les émotions qui tiraillent l'esprit.

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MessageSujet: Re: An echo lost in space (Vicky)   Ven 3 Nov - 17:32




Douglas & Victoria
« An echo lost in space »

Fermer les yeux et se plonger dans les exercices de respiration enseignés à l’armée et transmis par son père. Il disait que c’était excellent pour gérer le stress, mais jusqu’à maintenant, Victoria ne s’étais jamais laissé surmener par ses émotions ou par la pression. Elle était organisée, avait toujours un plan de secours au plan de secours et se devait d’avoir trois coups d’avance. A Washington, tout se faisait par anticipation. Avant même que la partie ne commence, elle devait déjà en connaître l’issue.
Mais il avait fallu un seul homme pour envoyer cette assurance au placard, pour soumettre son esprit au tumulte des émotions. Elle n’allait pas bien. C’était vrai. Elle avait un sérieux problème mental. C’était vrai aussi. Son esprit était trop occupé à résister à la folie pour pouvoir gérer le reste. Alors chaque fois qu’on l’effleure, c’est comme un raz-de-marée. Elle est court-circuitée parce qu’elle ne sait pas comment faire face et jusqu’à maintenant, ne pas savoir était tout simplement inadmissible. Alors oui, il ne lui a peut-être pas mis la main aux fesses mais son attitude était oppressante de bien des façons.

Si elle pouvait imaginer dix façons de le neutraliser à l’instant – elle apprend beaucoup en termes de combat auprès d’Anita et de Casey – elle n’en fit rien. A quoi bon ? Il avait sûrement une bonne place dans la Mine, sûrement se pensait-il intouchable. Et elle avait beau être proche d’Anita, nulle doute que cette histoire lui exploserait à la figure ensuite. Surtout qu’on commençait à remarquer ses débordements, on commençait à comprendre que quelque chose la rendait dangereuse. Qu’il la sous estime n’était pas le problème de la brune, mais bien celui de cet inconnu. C’était bien lui qui prenait le risque de se manger un sale coup dans la gueule.
Son bras s’abaisse mais son air est toujours renfrogné. Elle presse le crayon tellement fort qu’il cède entre ses doigts et se brise en deux. Presque surprise, elle observe le bois qui lui n’a pas douté de sa force. Puis elle lève à nouveau les yeux vers lui, fait basculer ses cheveux en arrière et prend son courage à deux mains. « Pourquoi vous demandez ? Vous avez un psy à recommander ? » Cette voix railleuse et cette insolence lui ressemblent bien plus, celle qui n’avait pas froid aux yeux, celle qui avait un jour dit au chef de cabinet du président lui-même qu’il n’était qu’une relique dans ce milieu et que le nouveau monde s’écrirait sans lui. Le type sous ses yeux ne pouvait pas être plus puissant que l’ancien chef de cabinet n’est-ce pas ?
Elle bombe un peu la poitrine. Son interlocuteur n’est pas Simon, mais il est un test. Si elle veut pouvoir se délivrer de l’emprise de son bourreau, elle doit pouvoir envoyer chier le premier venu sans cérémonie. « Je ne vais pas dire pardon quand on me manque de respect en premier. » Elle croise les bras contre sa poitrine, regarde le bordel qui met le scientifique dans tous ses états et se permet un léger rictus. Qui était vraiment ridicule ici ?

« Je ne compte pas rester ici plus longtemps à supporter votre condescendance. Ca ne fait pas partie de mon boulot à ce que je sache. J’enverrai quelqu’un d’autre récupérer la liste quand vous aurez réussi à vous organiser.» Alors elle rassemble sa dignité et se prépare à tourner les talons avant de finalement s’arrêter à mi-chemin et de lui lancer. « Personne ne mérite qu’on lui parle comme ça ici. Je sais pas pour qui vous vous prenez et si personne ne vous l’a dit avant, mais vous êtes malpoli, méprisant et mal-aimable. Vous êtes exactement tout ce qui ne va pas avec ce qu’il reste de survivants et il suffit d’à peine deux minutes à vous parler pour s’en rendre compte. J’ai rencontré des politiciens qui avaient au moins des débuts de conversation plus agréables que ça et ça en dit beaucoup sur vous. » Et elle soupire de soulagement, fière d’avoir pu tenir tête, fière de cette victoire sur elle-même, même si ce n’est pas forcément une victoire sur lui.
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MessageSujet: Re: An echo lost in space (Vicky)   Ven 10 Nov - 1:29


Le bois craque, occasionne une grimace sur le faciès du scientifique. Un crayon envolé. A l’heure où tout se doit être rationné, la moindre perte est à déplorer. Ainsi, il condamne ce gâchis inutile, se retourne pour le manifester d’un énième regard assassin. Il se voit déjà exécuter quelques pas vers l’objet fracassé alors que son interlocutrice reprend un peu d’aplomb. Les yeux brillent d’un feu que Douglas ne comprend toujours pas. Les cheveux s’éparpillent derrière les épaules, dévoilent le visage adverse. Une impression de familiarité le saisit sans qu’il parvienne à mettre le doigt dessus pourtant. Comme un vieux souvenir enfoui, une sensation qui émerge, déclenchée par un son ou une odeur. Une réminiscence profonde mais lointaine, imprécise. Il chasse tout ce qui n’est pas un fait comme à son habitude. Décide tout seul que son instinct n’a rien de fiable. Loin d’avoir adhéré à la moindre soumission, son interlocutrice se met à lui démontrer une certaine férocité. Les mots assurent bien plus ce rôle que l’arme ridicule avec laquelle elle a cherché à le menacer. Du moins, le signifie-t-elle d’une façon que le chercheur peut interpréter à son niveau.

Sans se départir de son agacement, l'américain se surprend à voir un léger sourire, crispé et sans chaleur, poindre sur son visage alors qu’il ne l’interrompt à aucun moment et se contente de s’appuyer à sa table, les bras croisés. Une partie de son dessus absorbe ainsi d’une manière irréfléchie, une partie de l’inondation provoquée. L’ensemble de la situation, il ne le voit décidemment pas. Par contre, l’humidité, il la sent mais décide de l’ignorer. Parfois, c’est à peine s’il se souvient habiter sa propre carcasse. Cette enveloppe lui parait peut-être inutile, il en prend d'ailleurs si peu soin depuis qu’il est arrivé à la Mine. Encore un sujet qu’il préfère éviter. Affronter son propre néant n’a rien d’agréable. Et en cela, il est vraiment le plus lâche.

Il ne se déloge de son appui que lorsque la messagère se met à emprunter le chemin de la sortie. Il la retient d’abord en répliquant à son discours non sans avoir vaguement applaudi à la fin de ce dernier afin de pousser l’insolence à son maximum, faire écho puérilement à celui de la jeune femme. Cette susceptibilité, il ne cesse d’y être confronté ce qui ne lui donne pas plus envie de quitter son cocon de tranquillité. La migraine menace de l’emporter. « Prenez un ticket et faites la file pour les plaintes. Pour ce que j’en ai à faire de l’avis d’autrui. C’est à se demander comment les gens comme vous ont réussi à survivre jusqu’ici. Vous croyez qu’on a le temps de s’essayer à la sensiblerie désormais ? Déjà que vous semblez ignorer que les stocks de crayon ne sont pas éternels. Un psy serait peut-être nécessaire, en effet, pour vous passer l’envie de détruire le matériel. » Sa détermination, il ne sait pas d’où il la puise. Sans doute dans son besoin viscéral d’avoir le dernier mot, d’avoir raison. C’est ce comportement qui amenait autrefois de vrais débordements avec sa femme. Il ne connait pas vraiment les limites et rares sont ceux qui les lui dessinent clairement. Il n’est qu’un gosse qu’on n’a pas vraiment éduqué, dont on ne s’est pas vraiment soucié. A se demander pourquoi ils en ont eu d’ailleurs. Pour la même raison qu’il en a eu deux sans doute. Parce que c’est comme ça. Le schéma d’une vie réussie. Il pourrait en rire s’il n’en souffrait pas à chaque fois qu'il y pense à sa famille à jamais perdue. « Je ne suis pas là pour être aimable, encore moins pour vous faire la conversation ou vous plaire en répondant à vos petites critères personnels. Je suis là pour faire mon job. Et vous devriez en faire de même. » Il la réprimande froidement pour distancer ses cas de conscience, se recentrer sur ce qu’il souhaite obtenir. Sa coopération.

Il en fait son seul objectif, une obsession soudaine. Alors contre son gré, il enjambe les quelques mètres qui les séparent et lui agrippe subitelent le bras pour la retenir. « Vous voulez peut-être que je vous supplie aussi ? C’est ça, le respect pour vous peut-être ? » La pression est mesurée, pas trop forte, il ne cherche pas à lui faire du mal juste à obtenir gain de cause.
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MessageSujet: Re: An echo lost in space (Vicky)   Lun 4 Déc - 12:25




Douglas & Victoria
« An echo lost in space »

Ne pas se retourner, ne pas s'enfoncer dans ce dialogue de sourd...Victoria est à deux doigts de laisser la situation dégénérer. Le contrôle lui file des doigts, elle a encore dû mal à établir les limites entre comportement normal et agression. Après n'avoir vécu que ça au milieu des jackals, tout comportement lui paraît suspect et elle s'en méfie comme de la peste. Un garde lui a dit un jour qu'elle devrait être plus chill, il avait bien failli s'en prendre une. Peut-être bien qu'elle exagérait... C'était même sûr. Il lui arrivait parfois de revenir sur un débordement et de se voir, comme dans un miroir, sortir de ses gonds comme si elle était folle, comme si quelqu'un d'autre prenait possession d'elle et la poussait au bord de la crise. Mais sur le coup, elle n'y pouvait rien. Ça la prenait au ventre, ce tempérament qui s'enflamme, qui ne supporte plus les insultes, qui ne supporte plus d'être contrôlé.
Elle se retient autant qu'elle peut, écoute d'une oreille la réponse de l'homme, mais ne ralentit pas pour autant. Son mouvement de sortie est décidé et quelque part, plutôt raisonnable compte tenu de son envie réelle de lui briser un autre verre sur la tête.

D'où venait cette haine ? Cette colère ? Au fond, la seule erreur du barbu, c'était de ressembler un peu trop à Simon. Tout le reste était secondaire. Qu'il soit un connard, c'est un bonus pour lui donner une excuse. Mais la haine, la colère, la frustration, la douleur, ce cocktail de ressentiments était déjà présent quand elle est entrée dans la pièce et a eu un aperçu du brun de dos. Et c'était suffisant, c'était une mêche qu'on excitait avec une flamme et il suffisait d'un tout petit geste pour que le feu prenne. Elle avait besoin de laisser le feu se répandre et il n'avait fait que lui fournir l'occasion parfaite de le faire. Plaider sa cause plus tard allait certes être compliqué – comment expliquer à Anita qu'elle avait complètement craqué pour un mot de travers ? Mais au moins, elle ne regretterait pas.
Il lui faut plus de retenue. Elle se souvient de sa mère lors des dîners et galas, qui d'un regard lui intimait de bien se comporter. Instinctivement, elle redresse le dos et la tête : une Spellman ne peut pas avoir l'air abattue. Mais ce contrôle est illusoire, est balayée au moment où elle le sent approcher derrière elle, se précipiter pour la rattraper. Elle n'a pas le temps de se retourner qu'il lui attrape le bras pour la tirer et la retenir. Ce mouvement, cette prise, le contact qui s'éternise sur sa peau qui s'affole déclenche des alarmes dans sa tête. Elle a l'impression de sentir ses cicatrices frémir alors qu'elle analyse rapidement la situation : au diable la retenue.

D'un geste sec, son bras libre tire sur celui emprisonné, la libérant rapidement et plaçant son coude dans un angle idéal. Avec un tout petit élan, elle le projette et le laisse échouer sur le coin de la mâchoire de son agresseur. C'est ce qu'il est devenu à ses yeux et maintenant son instinct de survie prend le dessus, met en pratique les leçons de défense d'Anita et de Casey. Elle continue aussitôt, donne un violent coup dans le genou pour le déstabiliser tout en l'attrapant par l'épaule pour le tirer au sol. Et elle aurait pu aller plus loin si un éclair de lucidité ne l'avait pas stoppé en plein élan. Si elle continue au-delà de la simple parade de défense, elle sera forcément mise en tort.
Elle n'a aucune idée de ce qu'il fait vraiment, mais il a l'air suffisamment important pour avoir son propre laboratoire alors qu'elle, à part être amie avec Anita, elle n'a rien ici. Elle sait bien que la sollicitude de la chef de la mine a des limites, et elle n'est pas vraiment tentée de les découvrir. Alors elle serre les dents mais se désengage, se contente de lui retourner un regard méprisant. "Ne me touchez plus jamais. Sinon je m'arrêterai pas la prochaine fois."

Elle fait mine de se retourner, de repartir à nouveau avant de revenir finalement pour lui glisser. "Et si vous voulez aller vous plaindre, n'hésitez pas. Je m'appelle Victoria, n'oubliez pas mon nom." Un dernier élan de confiance pour lui montrer qu'elle n'a pas peur des conséquences, et que quoi qu'il dise, elle trouvera une parade. C'est ce qu'elle a toujours fait de sa vie, elle est sûre d'avoir encore ce pouvoir en elle.
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MessageSujet: Re: An echo lost in space (Vicky)   Mer 20 Déc - 1:08


Le mouvement de trop, la menace de plus. Encore une fois, le scientifique n’a pas mesuré ses actes et n’a pas un seul instant envisagé leurs répercussions sur la femme. Ainsi la surprise est entière quand la situation bascule abruptement. Des coups, il s’en est pris régulièrement. Souvent à cause de son comportement antipathique. Parfois parce qu’il mettait son nez là où ça ne le regardait absolument pas. Alors, il aurait dû s’y attendre ou du moins, prévoir cette éventualité. Mais la vérité, c’est que Douglas n’aurait jamais pensé que la petite brunette à l’allure fragile parviendrait à le mettre au tapis aussi rapidement. Quand le coude atteint la mâchoire, le choc le déstabilise au point de le faire vaciller. Toujours sonné, l’insolent se prend ainsi la suite des hostilités sans même chercher à riposter. Un enchainement parfait appliqué avec une force insoupçonnée. Loin d’être docile ou même faiblarde, son opposante se révèle d’une combattivité certaine. Le genou cède sous l’impulsion de l’insoumise. L’américain se retrouve immobilisé au sol. A aucun moment, il ne lui a semblé être acteur de cette scène. Il termine ainsi sa chute à terre avec un air ébahi placardé au visage. La confusion ombrage le regard qu’il porte à son adversaire qui se retire soudainement pour mieux suggérer un total repli. L’adrénaline agit à retardement sur le corps malmené. L’homme se relève avec raideur, à tout juste le temps d’attraper le prénom à la volée. « Vous êtes complétement tarée. » crache-t-il finalement en massant l’endroit de l’impact. « Vous ne savez pas ce que vous venez de commettre. Vous ne savez pas qui je suis. » La pupille se voile d’une férocité pratiquement inhumaine. Celle qui témoigne de ses errances en solitaire au milieu des macchabées. Ces années passées à survivre de façon bancale, à voler sa nourriture et à se salir les mains pour pouvoir seulement subsister.

Déterminé à réclamer directement justice, le fou furieux s’arrête cependant un instant. Un engrenage se replace et réactive les mécanismes mémoriels. Victoria. Les traits de la trentenaire se superposent à ceux d’une gamine de son quartier. Pas n’importe laquelle. Il n’aime pas vraiment se pencher sur ce pan de son passé. L’obliger à se confronter à cette période, ça relève de la torture. Roxanna hante ses songes un bref instant, lui octroyant au passage la lourde peine qu’il cherche à évincer. Mais il ne s’agit pas de son histoire avortée dans l’œuf avec sa voisine. Non, tout ça ne concerne que la seule famille qui ait trouvé grâce à ses yeux. La seule qui lui fournissait la chaleur d’un foyer, la sensation de faire partie d'un tout. Ce souvenir parait suffisamment vivace dans l’esprit du quadragénaire pour cesser les hostilités. Le temps d’éclairer la vérité ou de l’infirmer. « Victoria, Victoria Spellman ? » articule-t-il lentement. « Tu lui ressembles. Leur ressembles. » Une justification et pourtant, tout en lui se raccorde à cette impression de déjà-vu, de familiarité. Il les a suffisamment côtoyés pour reconnaitre certains de leurs traits sur le faciès de la farouche combattante. « Je me demande ce que penseraient tes parents de cette attitude. » Il part toujours sur ce postulat sans aucune assurance sur la véracité de son hypothèse. Peu importe s’il perd la boule autant qu’elle. Le besoin de se raccrocher à un semblant de repère, une nécessité humaine. Même pour lui, le prétendu sans-cœur.

Douglas ne croit pas au miracle mais ça ne l’empêche pas d’espérer. Il ne sait rien sur cette personne quand bien même il a fréquenté les divers membres de sa famille et l’a même aidé à quelques reprises. Trop d’années les ont séparés et il est là, cependant, à ré-invoquer une époque dorée. Pour lui du moins. Quand Elle n’appartenait pas encore à son frère. Les dents craquent sous la pression exercée. Il s’appuie contre un élément du mobilier pour mieux apprécier les douleurs qu’elle lui a occasionné. L’amertume en bordure des lèvres, inonde les yeux. « Douglas Reed, c’est comme ça que je m’appelle et vous feriez mieux également de ne pas l’oublier si vous n’êtes pas celle que je pense. » L’avertissement claque, emporte un semblant de menace. Sans transition, le mélancolique ne s’essaie pas plus à l’attendrissement involontaire. Bien que l’envie et la force l’aient quitté de la pourchasser pour faire de son existence, un véritable enfer.
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MessageSujet: Re: An echo lost in space (Vicky)   Jeu 11 Jan - 15:30




Douglas & Victoria
« An echo lost in space »

Etait-elle complètement tarée ? Oui, il avait raison sur ce point-là. Son état mental était à la dérive, il n’y avait aucun doute à ce sujet et elle-même commençait lentement à accepter ses écarts. Et il enchaîne. Vous ne savez pas qui je suis. Elle connaît cette phrase par cœur. Elle est souvent employée par ceux qui pensent avoir plus d’importance qu’ils n’en ont vraiment. Députés, personnalités mondaines, hommes d’affaires, directeurs de services en tout genre, elle a entendu ces gémissements des centaines de fois. C’est souvent révélateur. Révélateur du fait qu’eux-mêmes ne savaient finalement pas qui elle était. Un esprit de stratège qui calculait les enjeux et les retombées, montait des plans qui fonctionnaient toujours comme elle l’entendait. Souvent et surtout parce qu’il y avait des plans en cas d’échec, voire des plans en cas d’échecs du plan de secours.
Mais face au scientifique, pas de plan, pas de stratégie, juste la colère, l’impulsion, la rage qui fait partir les coups et les mots. Elle est prête. S’il se lève et qu’il tente une attaque, elle sera en mesure de le contrer. Il ne sait vraiment pas qui elle est. Il ne sait pas qu’elle a passé des heures à s’entraîner avec Anita : attaques, défense, renforcement physique, Victoria était mise au régime militaire.

Mais il n’en est rien. Il ne vient pas à la charge, il s’arrête et énonce très clairement son nom. La brune fronce les sourcils, la surprise a un tel poids qu’elle fait un pas en arrière. Prise au piège à nouveau, elle fait face à un sentiment inconfortable : faire face à quelqu’un qui se rappelle de vous alors que vous n’avez aucune idée de qui il est. Voilà des années qu’elle n’a pas eu cette impression et ça lui paraît maintenant décuplé. Son cerveau s’active dans le vide, entame une course contre le temps pour essayer de retrouver l’identité de cet individu. Peut-être l’a-t-elle rencontré au tout début ? Peut-être lui a-t-on parlé d’elle ? Mais alors pourquoi les commentaires suivant ? Tu lui ressembles. Comme s’il parlait d’une vision du passé. Elle au passé.
« Je me demande ce que penseraient tes parents de cette attitude. » Ses dents grincent. Non seulement il la connaît mais il connaît aussi ses parents ? Elle ne peut pas s’empêcher de rétorquer : « Mes parents m’ont transmis cette attitude. » Tout du moins, sa mère l’a fait. Josie Spellman n’aurait jamais laissé quelqu’un lui parler sur le même ton que ce type.

Le temps ralentit. Elle sent passer chaque seconde alors que ses yeux cherchent à accrocher les détails de la silhouette masculine à la recherche d’un souvenir. La colère se dissipe, comme si la simple mention de son nom était un mot de passe l’amenant à la raison. Il la connaît et ça change presque tout au monde. Il lève finalement le voile sur ce mystère dense. Douglas Reed. Un nom d’outre-tombe qui réveille une vague de souvenirs. Elle se souvient bien du jeune homme, il y a quinze ans, peut-être vingt ans, même, les dernières années sont tellement floues qu’elle ne sait pas trop comment les compter. « Je me souvenais pas de toi comme d’un connard arrogant. » Ou peut-être l’était-il mais qu’elle ne s’en formalisait pas à l’époque parce qu’elle n’était pas visée par sa manière d’être. La sobriété est la marque de ces retrouvailles. Pas d’effusions, pas de sourire, juste un air sceptique quand elle pose les yeux sur lui. Elle était loin de son soulagement et ses larmes discrètes en retrouvant Almaze.
C’est qu’elle est sceptique. Elle a dû mal à croire que c’est lui, du mal à se dire qu’ils avaient partagé une tranche de vie ensemble et qu’ils étaient maintenant réduits à se battre pour se prouver leur force de survivant.  Elle comprend quelque part pourquoi il ne l’a pas reconnue plus tôt. Elle-même ne se serait pas reconnue, oscillant autant entre faiblesse d’esprit et débordement hystérique. Et il n’avait fallu qu’un seul pour en arriver là, pour qu’elle baisse les épaules devant les silhouettes trop ressemblantes et qu’elle lève le poing en entendant ce ton si autoritaire. « Comment t’es arrivé là ? » Sa voix est plus résignée. Fatiguée. Elle s’éteint.

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MessageSujet: Re: An echo lost in space (Vicky)   Jeu 25 Jan - 23:58


Compliqué d’appréhender la situation sous cet angle. Dans cet environnement où seuls les anonymes hantent son espace vital, découvrir de façon incongrue un visage familier, presque allié le déroute. D’autant plus quand la rage s’y associe désormais. Un spectre d’un passé à jamais oublié qu’il se doit tenir en respect par souvenir pour cette famille qui l’a traitée avec bien plus de chaleur que la sienne. Pas difficile au fond. Il en a toujours fallu peu à Douglas pour se sentir satisfait. D’un point de vue émotionnel du moins. Du reste, il ne fallait pas en discuter pour d’évidentes raisons. Exigeant sur bien des points, c'est ce qui l’amène à accrocher les prunelles adverses avec bien moins d’amabilité qu’il l’aurait souhaité. Les doigts caressent machinalement la barbe légèrement grisonnante. Se replonger dans cette époque révolue lui parait totalement fou, abstrait. Il a l’impression d’avoir vécu plus de mille existences depuis et ironiquement, se sent néanmoins inchangé. Peut-être n’a-t-il jamais pris le recul nécessaire pour le constater ? Sans doute qu’il a préféré ne pas s’offrir à une analyse poussée. De toute manière, ça ne change rien aux faits. Et ils sont remplis de contradictions. Posture défensive et intérêt soudain se disputent le terrain. Il peut voir le même combat agiter la carcasse adverse. Tous déchirés par la hargne manifestée et l’étrangeté de ces retrouvailles.

Il exécute quelques pas, marque un demi-cercle autour d’elle afin de la détailler, rendu définitivement perplexe par cette apparition. Le ton se fait légèrement plus sec pour faire face aux reproches de la trentenaire. « Et je n’avais pas souvenance que tu aies été aussi hystérique et impertinente enfant. Je suppose qu’on peut attribuer ces changements à l’Apocalypse ? » Dans son cas à elle cependant. Lui a toujours été une cause perdue, du genre constante et prévisible. C’était un peu le cas de tous les Reed d’ailleurs. Ceux-là même qui ne devaient pas comprendre son attachement pour les Spellman. Ni sa quasi dévotion quand il s’agissait d’aider Victoria dans les matières les plus ardues. Du donnant-donnant avec eux et cet équilibre lui plaisait. Avant que finalement, il ne les perde de vue. Un véritable regret qu’il n’a pas exprimé, comme à son habitude. Mais une déception qui lui revient désormais. Les mondanités paraissent plus déplacées que jamais et s’il s’y adonne, c’est bien par devoir de mémoire envers les parents de cette femme. « Comment tout le monde j’imagine. Par grand hasard. Ou par réelle chance, ça dépend si tu te ranges du côté des optimistes ou des réalistes. Et toi ? Tu es ici depuis combien de temps ? Je ne crois pas t'avoir déjà croisé auparavant. » Forcément. Il ne sort pas de son antre et ne tente pas plus d’entrer en contact visuel avec les quelques âmes qui s’égarent ici. Quand bien même, il ne l’aurait sans doute pas reconnue sans collecter cet indice de taille. « Ta famille ? » Demande-t-il sans préciser le fond de sa pensée. En vie ou non ? Cela l’intrigue. Au point où ils en sont de toute façon.

Le quadragénaire ne peut s’empêcher de s’interroger sur le sort de Roxana également. Après tout, si Victoria se trouve là, pourquoi est-ce qu’Elle serait forcément décédée ? Un espoir stupide que le cartésien tente immédiatement de gommer. Mais la lueur est toujours là, il ferme seulement les paupières pour feindre sa disparition. « Qu’est-ce qui t’as pris de me frapper, tu peux me le dire ? » Finit-il par demander en réorientant leur conversation dans le but d’oublier le visage de sa belle-sœur. Une explication qui ne résoudra pas l’action menée mais qui aura le mérite de faire table rase de ces différends. Peut-être. Le scientifique ne s’attend pas vraiment à sympathiser comme autrefois avec la brune. Après tout, ils se reconnaissent à peine. Sa loyauté demeure cependant. Pour le meilleur comme pour le pire, sans nul doute. Le temps en décidera. Pour l’heure, il se contente de s’adosser à une des parois, de croiser les bras et d’attendre la suite. Il n’espère rien. Et ne sait toujours pas comment interpréter ce revirement. Il ne croit pas au Destin, Douglas. Ni aux signes, encore moins aux heureux hasards. Pour lui, tout ça relève de probabilités. Et il fallait avouer que ces dernières n’étaient définitivement pas élevées.
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MessageSujet: Re: An echo lost in space (Vicky)   Mar 6 Fév - 16:27




Douglas & Victoria
« An echo lost in space »

Hystérique, ça n’avait jamais été un mot pour la décrire auparavant, un bon point pour lui. Impertinente en revanche, c’était autre chose. Peut-être qu’elle se gardait de faire des remarques à Douglas autrefois, par crainte de représailles de son père, mais bien d’autres personnes ont été confrontées à son verbe acide et effronté. Surtout quand elle a quitté le foyer plutôt strict mais familial des Ford pour entrer dans le monde guindé et tout permis des Spellman. Son impertinence n’avait été que plus décuplée par le sentiment d’avoir maintenant plein de passe-droit tout en se confrontant et en insistant sur sa différence face aux personnes qui estiment avoir ces mêmes passe-droits. Jamais dans la demi-mesure donc.
Elle a la bouche sèche et la gorge qui tire. Les veines vidées de toute envie de représailles, son esprit tangue à nouveau vers les paysages rassurant, les décors de la capitale qu’elle aimerait revoir un jour si elle ne la savait pas infestée de rôdeurs. Elle se rappelle l’allure de sa maison, d’inspiration victorienne, inutilement grande et inutilement chère pour une seule personne mais dont elle avait fait la parfaite demeure de magazine pour les beaux yeux de sa mère. Elle repense à la façade bleue, un bleu apaisant, un bleu qui détend ses nerfs un à un pour lui permettre de répondre du bout des lèvres. « Ca fait un moment que je suis là. Pas loin d’un an quand même. » Mais des mois terrées derrière Almaze, des mois à simplement récupérer de ses différents traumatismes, bien cachée dans la Mine. Elle avait fait très peu de social, s’était contentée de retenir le nom des différents chefs et pour les autres elle lançait un hochement de tête et disparaissait à nouveau. Et il y avait eu le shutdown de la Mine pendant l’épidémie, il y avait eu un renouvellement des gens avec qui elle avait consenti de traîner, en somme, pas beaucoup de choses à faire si ce n’était tuer le temps dans un coin après avoir accompli sont lot de tâches quotidiennes. Ce n’était que très récemment qu’elle avait accepté de sortir de sa coquille. Et lui non plus ne ressemblait pas à quelqu’un qui avait l’air de beaucoup connaître les gens du coin, à en juger à sa manière de parler aux inconnus.

« Pas de nouvelles de mes parents. » Elle distille les informations au compte goutte, pas franchement dans l’envie de bavarder, encore sous le contre coup de ses émotions fluctuantes. Pas de nouvelles de son père qu’elle était venue chercher jusqu’ici, pas de nouvelles de sa mère alors qu’elle avait attendu bien deux ans à Savannah. Probablement morts. Elle soupire quand la question fatidique tombe finalement. C’est lourd sur ses épaules. Les sourcils se froncent, la tête va chercher un moyen de fuir et pourtant, elle lui doit bien des explications si elle voulait que la situation n’escalade pas. Ce serait dommage que ses mésaventures arrivent aux oreilles d’Anita. « De dos, tu m’as fait penser à quelqu’un que je ne voulais absolument pas voir. » Un euphémisme et pas des moindres. C’est qu’elle le hait Simon. Ce n’est pas juste une question de ne plus avoir envie de le croiser, c’est une question de vouloir lui arracher les tripes, de vouloir lui crever les yeux, de vouloir l’effacer de la surface de la planète si quelqu’un ne s’en était pas déjà chargé pour elle.
De bout des lèvres, elle finit par lâcher. « Je suis désolée. » Elle ne l’est pas vraiment, mais elle se doute que c’est ce qu’on exigerait d’elle s’il devait y avoir des retombées. Est-ce que ça peut s’arrêter là ? C’est qu’elle ne sait plus sur quel pied danser, Victoria. Il lui faut toujours un temps pour intégrer ce genre d’information et savoir ce qu’elle va en faire. « Qu’est-ce que tu fais exactement dans ce labo ? » Dans certaines études, il était prouvé détourner l’attention en montrant un peu d’intérêt pouvait aider à calmer la situation. Ca permettait aussi d’éviter d’autres questions non voulues.

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MessageSujet: Re: An echo lost in space (Vicky)   Lun 12 Fév - 0:05


Une année. Comme s’il pouvait encore comprendre la signification et le poids de ces journées passées. Il pourrait tout aussi bien se terrer dans la mine depuis quatre ans que quatre mois. Les dates, les heures, l’entièreté du calendrier, ça n’a plus aucune substance depuis qu’il s’est enfermé dans son petit cocon. Alors au final, cette réponse n’a pas plus de sens pour lui que sa question initial. Voilà pourquoi les petites discussions anodines lui paraissent trop souvent insipides. Il ne peut définitivement plus en apprécier les nuances. Pas depuis qu’il s’est remis à la tâche. Autrefois, sur les routes, accompagné de Dario, ces discussions ne le dérangeaient pas vraiment. La dure réalité donnait suffisamment de perspectives pour qu’il parvienne à supporter des conversations composées de banalités. Il pouvait même parfois en retirer un certain réconfort. Maintenant, il ne semble plus y avoir de place dans sa caboche pour d’autres sujets que son boulot. Il a décidé de vivre dans un monde parallèle et en subit donc chaque conséquence. Ça ne l’empêche pas d’essayer de faire un pas en direction de Victoria et de poursuivre ainsi leur échange. Ce n’est pas qu’il n’est pas intéressé par les répliques de son acolyte, c’est que tout lui est abstrait désormais. A commencer par ce qu’il se passe hors de ces murs. Et qui donc impacte forcément l’existence de son ancienne voisine.

« Tu as évolué avec d’autres groupes avant d’atterrir ici ? » Une interrogation un peu mieux dirigée. Derrière cet empilement de syllabes, une attente particulière. Pour avoir croisé l’une des pires bandes des environs, il préfère savoir à qui il a affaire aujourd'hui. Par quel genre de galère, la trentenaire est passée. Et quel genre de personne elle est devenue ? Il réserve son jugement pour plus tard en somme. Une seconde chance qu’il n’offre que trop rarement aux autres mais qui semble être légitime pour celle qui a partagé une partie relativement douce de son enfance. Le sourcil se relève face au mystère qu’elle balance en toute simplicité entre eux à la suite. « Quelqu’un que tu ne voulais pas voir ? C’est-à-dire ? » Un peu d’autorité dans la voix. Le pragmatique ignore comment interpréter cette nouvelle information. Frustration éphémère. Il accepte les excuses d’un signe de tête solennel. Ça lui parait suffisant pour le moment. La paix qu’ils ont réussi à mobiliser après le conflit, engendre un terrain un peu plus favorable aux retrouvailles. Bien qu’il continue de trouver chaque pan de cette entrevue, déplacé. Difficile pour lui de ne pas couper la communication. Cependant, il veille à maintenir le bon cap avec elle, par simple loyauté. « Je travaille. » Amabilité, amabilité. Un mot trop souvent étranger dans l’Univers de Douglas Reed. Ce qui le renvoie à sa solitude. Mais après tout, elle fait des efforts pour tenter de rétablir un climat relativement apaisé. Dès lors, il se doit de lui renvoyer la pareille. « Je travaille sur des remèdes. J’exerçais un métier de cet acabit avant l’épidémie. » En quelque sorte. Avare sur les détails, comme toujours. Il déteste par-dessus tout devoir se justifier ou simplement, parler de lui. Alors il écourte son embarras.

D’un mouvement étudié, il tire une chaise et la présente de la main droite à la femme. Quitte à réellement prendre sur lui, autant se montrer courtois. « Et toi ? Ta place, ici ? Tu erres à l’extérieur ? » Qu’il articule tout en s’installant à nouveau à sa table. Les paumes rassemblent le bordel présent avec lassitude, l’œil divague par instant. Cette posture naturelle favorise le maintien de sa volonté à lutter contre ses mécanismes habituels. Plutôt ironique quand on y pense. Mais cela n’importe pas. Alors qu’il relève le regard vers la brune, il revoit les parents de cette dernière et les imagine comme beaucoup d’autres, dépérir à demi-mort, à demi-vivant quelque part. Une pointe de tristesse serre son cœur un bref instant. Il aimerait penser que ça n’est dû qu’à son excès d’énervement antérieur, la tension ayant augmenté drastiquement mais il sait qu’il est juste touché d’envisager que ces personnes-là en particulier aient terminé leurs existences de la sorte. Rongés par l’infection, se décomposant dans un endroit nauséabond avec pour seul désir, celui de déchiqueter de la chair fraiche. Un sort qu’il ne leur souhaite pas. Et qu’il pourrait épargner à d'autres si enfin, il parvenait au bout de ses recherches. On y revient toujours donc, à ce job.
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