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 sound of the living (avec Gabriel)

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MessageSujet: sound of the living (avec Gabriel)   Mer 16 Aoû - 10:40

sound of the living
Gabriel & Denver
Agoniser ne suffit pas. Il faut jouir en même temps qu'on crève avec les derniers hoquets faut jouir encore, tout en bas de la vie, avec de l'urée plein les artères.

Éclairés à la lueur de quelques bougies, Denver défait les bandages qui ornent le visage de Gabriel Rosario. Ses yeux sont plissés : ils ont du mal à examiner quoi que ce soit dans cette pénombre. Mais voila deux jours qu'elle n'a pas proprement inspecté et nettoyé la plaie. Ou devrait-elle dire le trou. Car c'est bel et bien un trou, qui a creusé en plein milieu de la pommette. Elle se demande encore par quel miracle il vit. Ou même pourquoi on s'échine à ce qu'il vive. Son visage, stoïque, laisse filtrer la répréhension qui l'habite. Elle n'a pas peur de l'homme. Pas à proprement parler. Elle a peur de ce qu'il représente. Une vermine. Une mauvaise augure. L'appât de la mort.

Elle met la vieille compresse ensanglantée sur le côté et prend un bol métallique qui repose sur la table improvisée -une souche d'arbre-. Un mélange de plantes pour un cataplasme. Ça n'a pas exactement les effets de la médecine moderne, et l'odeur est tellement forte qu'elle donne la nausée, mais compte tenu de la situation, c'est mieux que tout ce qu'il pourra trouver.

« Tu connais la chanson : ça va picoter un peu au début blah, blah, blah, ne t'en débarrasse sous aucun prétexte. »

Au début, c'était facile. L'homme était à peine vivant, à peine mouvant. Mais voila quelques jours qu'il bouge, qu'il parle, et qu'il mord. Oui, mordre. Son assistante en a fait les frais. A la décharge de Gabriel Rosario, cette jeune greluche innocente méritait effectivement une leçon ou deux. Toujours est-il qu'elle ne souhaite pas subir le même sort. Et qu'elle ne souhaite pas davantage administrer des soins à cet animal. Comme on n'a pas toujours ce qu'on veut dans la vie, et que le monde est très, très injuste, elle le soigne bon gré mal gré. Les yeux bleu métallique tombent dans ceux de son patient alors qu'elle applique, de ses deux doigts, le mélange sur la plaie.

« Je sais que c'est désagréable, mais j'aimerais conserver mes doigts. Merci. »

Son visage ne sourcille pas, il n'y a même pas l'ombre d'un sourire torve pour accompagner la note sarcastique qui baigne dans les mots. Elle n'est pas là pour s'amuser, ou passer du bon temps.
Du thym et du souci broyés avec des graines de moutarde. Un peu d'eau, et ça fait un cataplasme antiseptique merveilleux. Ça brûle, oui, ça pue, oui, mais ça marche plus ou moins. En tous les cas, il n'y a pas encore de vers qui s'échappent de la pommette. Avec le peu de ressources qu'ils possèdent, Denver n'a pas les moyens de faire plus. Et pourtant, dieu seul sait à quel point la blessure en aurait besoin. C'est moche et incroyablement beau à la fois. Ça la fascine, surtout. Un peu en haut, et il perdait la vue. Un peu en bas, et il se nourrissait par la joue. Là où certains appelleraient ça une abomination, elle est là, à se répéter que c'est plutôt un miracle.

« Je renouvellerai le cataplasme demain matin. D'ici là, essaye de dormir. On ne voudrait pas que tu perdes ta... Fougue. Appelons ça comme ça. »

Denver repose le bol sur la souche. Sa main appuie sur le côté du menton pour le faire pivoter et avoir une meilleure vision. Elle en profitera pour ré-inspecter la plaie à la lumière du jour. Il faudra couper un peu, aussi, extraire le pus qui s'est formé à la surface. Si elle ne l'a pas fait avant, c'est qu'ils étaient sur le mouvement. Une attaque inopinée de rôdeurs les a obligés à établir leur camp autre part. La blonde n'est pas persuadée qu'une forêt carbonisée soit la meilleure terre d'accueil possible, mais soit. Les cadavres-vivants brûlés dissimulent leur odeur et les derniers troncs donnent un couvert plutôt bon. C'est du moins ce qu'a dit Julia. Et quand Julia dit, et Julia est exaucée. Ça sera ici. Et ils feraient mieux d'y rester pour plusieurs jours. Gabriel se remet exceptionnellement bien, compte tenu des circonstances, mais il est encore faible. Il suffirait d'un rien, pour qu'il claque. Elle n'a pas donné autant de son temps et de sa pharmacie pour le voir bouffer les pissenlits par la racine.

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MessageSujet: Re: sound of the living (avec Gabriel)   Ven 18 Aoû - 1:58

Il a mal. Ce n’est pas la douleur tiédasse et entêtante qu’on croirait que quelqu’un vous burine la cervelle. Cela ne ressemble pas à la marée qui vous submerge jusqu’aux narines, pèsent deux cadavres sur la poitrine, et finit par se retirer. C’est une souffrance tellement subtile et tellement exigeante, une souffrance constante, aiguë, qui se répand comme le feu dans l’essence quand aucun nerf ne se consume. Jamais. Chaque éclair est suivi, prolongé par un autre, dans un ballet si bien chorégraphié, chronométré, que le manège ne peut cesser. Il se fait le sentiment d’être une boule de chair à vif et que son corps n’existe qu’à dessein de brûler. Le foyer est dans son visage, sous sa peau, dans le squelette de sa mâchoire et de son crâne. Les muqueuses macèrent parmi les lambeaux de muscles et dans les fragments d’os. Il souffre de tout son soûl, jusqu’à la dernière miette, jusqu’au plus misérable éclat de son martyr. Et Gabriel l’accueille, il épouse cette douleur. Car cette douleur confesse qu’il est en vie.

Depuis son coin de geôle – un tas de feuilles humides et les poignets liés autour d’un arbre robuste, Gail le regarde soupirer, geindre et grogner. Crier, aussi, parfois. La dernière fois, c’était cette fille, celle qu’il a violemment mordu après qu’elle a tendu les doigts vers son profil. Son cannibalisme débile lui a coûté une belle déflagration dans la bouche, si bien qu’il a gueulé pendant bien dix secondes… Moins qu’elle, cependant. Il aura tout de même obtenu qu’elle ne l’approche plus. Ou bien était-ce, comme les lèvres de ce curieux campement aiment à le chuchoter depuis l’abominable épisode, pour lui goûter le sang.

Gabriel entend la femme approcher. Il sait que c’est elle. Il ne se l’explique pas mais, au travers du brouillard de sons, d’odeurs et de violences qui badigeonne son être, il la distingue nettement. C’est elle qui le maintient en vie. Bien que son ouïe s’affine au fil des jours (ou bien est-ce son cerveau qui renclenche peu à peu les systèmes non-vitaux), il ne pige pas pourquoi. De son côté, Gail l’a fort bien compris mais on leur défend d’échanger, de sorte qu’elle se tait.

« Je sais que c’est désagréable…
- Va te faire foutre, putain.
- ...mais j’aimerais conserver mes doigts, merci. »

Désagréable, c’est une sorte d’euphémisme. Cette conne les adore (comme tous les praticiens qu’un trop long exercice paraît priver de toute sensation humaine). Et, moitié pour ne pas l’attaquer avec les canines et moitié pour tolérer ce nouvel assaut de souffrance, il presse les phalanges autour des deux barreaux où sont, de toute façon, attachées ses mains. C’est un animal. C’est un meurtrier. C’est Gabriel Rosario, et ses geôliers en sont instruits.

Les effluves sont ignobles et, en même temps, elles le distraient vaguement. S’il parvenait à ingérer quelque chose de solide, il songerait à vomir. Or, rien. Les rares fois où Gabriel desserre les maxillaires, c’est afin d’injurier, de cracher, de beugler ou de mordre. C’est là qu’ils ont résolu de laisser Gail le nourrir à deux mains, à condition qu’elle ne dise pas un mot. SI le processus se déroule, bien sûr, sous une étroite surveillance, au moins boit-il des bouillies immondes.

« Crois-moi, Doc… » Pendant qu’elle le fait incliner d’un côté puis de l’autre, Gabriel rive ses pupilles au visage qui l’inspecte. « Tu préfèrerais que je la perde, ma fougue… parce qu’un de ces jours, y’aura pas de demain matin, pour toi et tes copains. » Son sourire lui mitraille dans la carne et, comme le carnassier persiste, il dégénère jusqu’à la grimace.
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MessageSujet: Re: sound of the living (avec Gabriel)   Ven 18 Aoû - 4:06

sound of the living
Gabriel & Denver
Agoniser ne suffit pas. Il faut jouir en même temps qu'on crève avec les derniers hoquets faut jouir encore, tout en bas de la vie, avec de l'urée plein les artères.

Cet homme est d'une ingratitude qui lui hérisse le poil. Non seulement c'est un danger ambulant, mais en plus, ça se permet d'ouvrir la gueule. Un sourire hypocrite au possible s'invite sur le visage de Denver. Elle n'est pas d'humeur à endurer Gabriel Rosario et son impertinence. Elle n'est pas d'humeur à se trouver au Texas, et à soigner un animal sauvage, pour commencer.

« Si ça ne tenait qu'à moi, c'est d'une tombe, que tu continuerais à les vivre, tes demain matin. »

Les canines émergent. Le sourire s'étend. Denver n'est pas friande de meurtre (et n'est pas non plus contre), mais lui, elle a l'impression qu'elle pourrait le buter en boucle sans choper le moindre scrupule. D'ailleurs, l'envie immédiate de l'empoisonner lui pend aux tripes comme un mauvais rhume. Elle pourrait. Personne ne s'en apercevrait. Elle est même quasiment certaine qu'elle pourrait jouir en imaginant les doigts presser la trachée et les dernières bribes de fougue quitter le visage meurtri.

S'il y a une chose qu'on fait souvent, c'est sous-estimer son inhumanité. Ce genre de petits jeux d'esprit et d'intimidation ne l'effraient pas : elle y prospère. Comment aurait-elle pu, sinon, survivre tout ce temps sans aucune habilité physique particulière ? Ce qu'elle n'a pas en muscles, elle le compense en esprit. En cruauté. La main agrippe fermement la mâchoire. Le pouce s'enfonce sur la blessure.

« Mords, voir. »

Denver sait qu'il a mal. Ça se sent, ça se transmet dans l'air tant c'est épais et consistant. Peut-être qu'il réussira, dans un élan d'orgueil et de vanité. Mais c'est plus probable que la souffrance le paralyse. Qu'elle le fasse crier, même. Oh, qu'est-ce qu'elle aimerait l'entendre crier. Et le regard bleu acier crible les yeux de son patient. Il sonde l'âme, la douleur, et la saloperie.
Ses mâchoires se crispent autant que celles qui se tendent sous les doigts. Et d'un coup sec, d'un seul, elle relâche tout. La paume s'écarte. Le sourire, qui s'était flétri, renaît, plus décent, plus sobre. Son sadisme s'y estompe au profit d'un professionnalisme mécanique. Elle redevient le docteur et oublie le bourreau.

« Sur une échelle de 1 à 10, où est-ce que tu situerais ta douleur ? »

A La Paz, ils cultivaient, entre autres plantes aux vertus médicinales, le pavot. Il lui faudrait moins d'une minute pour administrer le reste de cet opium hybride à Gabriel Rosario. Il ne ressentirait alors plus rien. Plus ses sens. Plus la douleur. La douleur. Elle ne mérite même plus cette appellation, tant cette dernière est faible pour désigner ce que doit ressentir cet homme. Si c'était n'importe quel membre de son groupe, elle l'aurait sans doute fait instinctivement, administrer l'opium. Mais ce n'est pas n'importe quel membre de son groupe. C'est une sale bête, une vermine. Un miracle. Son miracle.

A cet instant, elle décide qu'il continuera de souffrir. Qu'il continuera d'être conscient tout du long. Parce qu'il est vivant, et qu'il devrait largement s'en satisfaire.

« J'aimerais te dire que ça s'arrangera avec le temps, que ta blessure se résorbera avec quelques cataplasmes et un peu d'amour... Mais tu es un grand garçon, non ? Tu sais bien que la bombe qu'on t'a logé dans le crâne finira par exploser... »

Et quand ça sera le cas, Denver sera aux premières loges pour assister au feu d'artifice.

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