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 to feel that we exist, even in pain (Abel)

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MessageSujet: to feel that we exist, even in pain (Abel)   Lun 24 Juil - 23:34

Beckett & Abel
« to feel that we exist, even in pain.

La douleur le faisait grogner à chaque mouvement, comme si le simple fait de respirer devenait une épreuve à elle-seule, ses poumons pour venir chatouiller sa cage thoracique abîmée et quelques teintes de vagues et d’écumes sur son visage pour laisser comprendre aux habitants du ranch la cause de sa peine. Ils avaient commencé à parler, tous, depuis son retour d’Olympia et les particules de sang séchées sur son visage, depuis les premières spéculations jusqu’aux ragots qu’elles ont engendrés, et les regards, et les murmures qu’il pouvait sentir dans son dos et sur son visage, les riders ne prenant pas la peine d’être délicat ni de se cacher même dans ces moments-là. Beckett n’aimait pas vraiment cette nouvelle attention, il savait qu’il serait l’attraction pour encore quelques jours, le temps que quelque chose d’autre se passe,  qu’une autre insulte fuse, accompagnée des gestes usuels de la violence, qu’un cavalier ne revienne de la mine où les carrières et ceux des boyaux intérieurs peinaient à se réconcilier, ou, peut-être, plus alléchant, quelques nouvelles des Jackals si gentiment enfermés dans leur centre commercial depuis trop longtemps pour que cela ne paraisse pas suspect. Mais, à ce moment précis, c’était bien lui qu’on pointait du doigt sans vergogne, qu’on interpellait dans les chemins sales entre les baraquements pour entendre l’histoire de sa bouche, savoir quelle rumeur était la vraie, essayer de grapiller aussi quelques raisons d’aller foutre le bordel à Olympia, puisqu’il semblait y être possible de se passer les nerfs sans remontrance de la part du grand chef du ranch – mais Beckett n’était pas dupe, et sans doute que si Abel ne lui était pas déjà tombé dessus pour finir de lui maquiller le visage, c’était qu’il n’avait peut-être pas eu les oreilles assez traînantes. Ou qu’il attendait que le maréchal se remette un peu avant de le malmener à essayer de lui faire comprendre à quel point il avait pu être bête de provoquer une bagarre dans la ville avec qui l’alliance était fragile, ou plutôt, après en avoir stoppé une, d’être resté après les festivités pour se jeter sur l’un des habitants à la vue de tous. Il n’était même plus sûr d’avoir frappé le premier, mais il savait bien que ça lui serait reproché quand même – après tout, et même si personne ne le savait, c’était bien lui qui avait lancé les hostilités à cracher son venin saupoudré de jalousie au colosse à barbe. Pourtant, l’instant de répit fut de courte durée, et il le comprit bien vite quand l’un des gardes d’Abel s’approcha de lui, dévisagé par tous ceux qui l’entouraient. Bien sûr, il ne pouvait pas être convoqué dans la demeure sans y être escorté dans une marche de la honte, long périple à cause de sa blessure et des différents regards qui se posaient sur lui, mélange d’excuses de le voir partir comme une bête à l’abattoir et de pupilles rieuses de savoir que l’enfant Beckett allait recevoir une rouste bien inspirée de la part du colérique grand frère Rhodes. Ce n’était qu’une question de temps, pourtant, et c’en était presque surprenant que depuis tout ce temps, Beckett et ses mauvaises habitudes d’agir sans penser ne s’étaient pas attirés les foudres du grand manitou plus tôt. Les quelques marches du perron de la maison étaient les pires, l’effort lui arrachant un soupir de douleur qui lui fit bondir le cœur, pourtant en lâchant son poing sur la porte il n’y avait rien d’autre que son visage impassible, ses yeux cernés par la fatigue et vide de tout si ce n’était le reflet du jour qui s’y reflétait. « Tu voulais me voir ? » laissa-t-il échapper quand la porte s’ouvrit sur lui, sa mâchoire crispée par l’anxiété que lui procurait l’idée de cette entrevue.
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MessageSujet: Re: to feel that we exist, even in pain (Abel)   Dim 6 Aoû - 10:05



Beckett & Abel

« to feel that we exist, even in pain »


(mi-avril 2017)

Ils y mettaient un zèle qui ne cesserait jamais de l’étonner, ses gardes, quand il leur demandait d’aller chercher quelqu’un. Comme si l’idée d’emmener une personne se faire mettre au pilori les réjouissait, une sorte amusement macabre découlant du soulagement de savoir que cette fois encore ils étaient épargnés, que les foudres du chef étaient tombées sur un autre cavaliers qu’eux, qu’ils survivraient un jour de plus à ses sautes d’humeur aussi violentes que fréquentes.
Abel n’eut guère besoin d’attendre plus d’une dizaine de minutes que déjà les coups toqués à la porte résonnaient dans le silence de la grande demeure et qu’il devait se mouvoir pour aller jusqu’à l’entrée, tirer à lui le lourd panneau de bois et jeter un regard indéchiffrable à Beckett, et au garde qui se reculait déjà pour reprendre sa place maintenant que son dirigeant s’occupait de l’individu qu’il avait été chargé de traîner jusqu’ici. A la question rhétorique du maréchal ferrant, l’aîné des Rhodes ne prit guère la peine de se fendre d’une réponse puisque tous deux savaient ce qu’il en était. A la place, ses yeux s’attardèrent un instant sur la silhouette amochée de l’autre homme, trouvant en lui un miroir déformé de sa propre personne, de ses sales ecchymoses. Ainsi maquillés de leurs blessures, les deux formaient un duo un peu étrange, on aurait presque pu croire qu’ils s’étaient, chacun, chargés de refaire le portrait de l’autre.
Nul sourire affable, nulle attitude agréable pour venir égayer l’attitude du leader tandis qu’il s’effaçait du seuil et signalait d’un geste à Beckett d’entrer – nul besoin d’étaler ce qu’ils avaient à se dire au su et à la vue de tous. La porte claqua derrière lui tandis que l’atmosphère un peu oppressante de la maison familiale se refermait autour d’eux, mais aucun des deux n’eut à traîner dans le corridor puisqu’Abel, sur un ordre concis, signifia à l’autre de le suivre et s’en alla en direction du bureau où ils seraient plus à même de discuter au calme, pour peu que ce calme doive durer encore bien longtemps.  « Assied-toi. » Il lui désigna le fauteuil destiné aux invités (généralement, ceux qui devaient se préparer psychologiquement à passer un sale quart d’heure) puis s’arrêta à côté de lui, s’appuyant contre le plan de travail de son bureau tandis qu’il lui faisait face, l’expression austère. « J’imagine que tu sais pertinemment ce que tu fous ici », il lâcha de prime abord, ses yeux rivés à ceux de l’autre homme. « Et j’ose espérer que t’es suffisamment grand pour avoir déjà conscience d’à quel point t’as été con, là-bas. » Il l’aimait bien, Beckett, ou du moins celui-là ne l’énervait pas autant que la grande majorité de ses hommes, alors ça le faisait chier d’avoir à faire ça, autant que ça le faisait chier de se trouver déçu par le comportement de l’autre cavalier. Un soupir s’échappa tandis qu’il continuait, un peu las : « Franchement, j’ai bien d’autres chats à fouetter que m’amuser à faire la police parce que mes hommes sont pas foutus d’être responsables. » Il ne désespérait pas de tirer de Bishop quelques noms, encore, pour mettre une fin à toute cette foutue machination. Et à la place il se trouvait là, forcé à des remontrances alors que Beckett n’était pas un enfant à qui l’on devait expliquer les conséquences de ses actes et qu’il n’avait probablement pas besoin qu’on lui dise encore une fois qu’il avait salement merdé. Seulement, il n’y avait aucune raison pour qu’il se tire de là sans incidence, tout le monde se devait d’être logé à la même enseigne et ce n’était pas dans les habitudes d’Abel de faire une exception.
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MessageSujet: Re: to feel that we exist, even in pain (Abel)   Lun 11 Sep - 17:51

Beckett & Abel
« to feel that we exist, even in pain.

Le regard d’Abel lui apparu aussi douloureux qu’une bande de vautours venant piquer la chair restante sur sa carcasse pourrie par le sable et le soleil, Beckett savait pourtant qu’il était venu jusqu’au seuil de la maison pour se prendre une baffe et quelques cris à la figure, rien de plus, mais de vivre l’instant était autre chose que de savoir comment celui-ci allait se passer, et son esprit à moitié ailleurs il suivit Abel dans les couloirs étroits de la maison. Personne ici n’aimait vraiment cette vieille bâtisse, au même titre que tous voulaient y résider, le maudit manoir de la famille Rhodes à peine posé sur la boue du ranch, ses planches craquantes et son éclat perdu, s’il eut été tenté qu’un jour cette maison eu abrité autre chose que des fermiers, mais la maladie et l’épuisement avait transformé la maison de campagne en une vraie richesse, des toits résistants à la pluie sournoise essayant de s’infiltrer et des lits dont les matelas épuisés arrivaient encore à être confortable quand on ne connaissait que les lits de camps depuis plusieurs années. Beckett ne se fit pas prier en entendant l’ordre d’Abel – il ne s’inquiétait jamais des manières de politesse, de tout façon, et sa voix rendue dure par la colère ne pouvait que faire comprendre au cavalier qu’il n’y avait aucun attendrissement à grappiller à son leader. Il retint un grognement alors que la pression de son corps courbé lui donnait envie de chouiner comme un enfant, se contenta de respirer avec lenteur tout en fermant les yeux le temps que son dos n’arrive à se poser contre le dossier de la chaise, avant de laisser ses yeux retrouver le corps d’Abel, adossé non loin de là. « Je sais. » laissa-t-il observer à la première observation. « J’en ai conscience. » Mais cette fois, il baissa les yeux en répondant au chef, parce qu’il n’était pas fier de ce qu’il avait pu faire, encore moins de l’esclandre que cela avait pu créer, et si cela avait pu affecter les relations entre les deux groupes – il savait très bien qu’Abel ne le laissera pas retourner à Olympia après ça, mais il gardait l’espoir que la petite vienne prendre de ses nouvelles, qu’elle s’inquiète pour lui, parce qu’il n’avait pas fait tous ça pour qu’elle finisse de s’éloigner de lui. Ou peut-être que si. Peut-être que toute cette jalousie envers Bass, c’était parce qu’il avait l’impression que le colosse était mieux que lui en tout point, pour le moment, et peut-être pour plus tard aussi, si un jour les choses arrivaient à rentrer dans l’ordre. « Je sais que t’as la tête à autre chose avec tout ce qui se passe déjà ici… C’était un moment d’égarement. Je sais pas ce qui m’a pris, la fatigue sans doute, les esprits qu’étaient déjà un peu chaud... » Le brave Beckett qui avait toujours su rester loin des bagarres, qui ne se mêlait jamais aux histoires des autres, le gars blanc comme neige – il en fallait bien un, ici, et maintenant ce n’était plus lui. Il voulait juste qu’Abel sache que ce n’était pas le premier écart d’une longue série, mais bien une exception, mais il savait aussi que de perdre sa confiance n’était pas quelque chose qu’il pouvait se permettre, qu’il était ici tout sauf irremplaçable. « Je resterais sagement dans les écuries pour quelques temps, ce sera comme d’habitude, t’entendra pas parler de moi. C’était juste une sale journée. Ça se reproduira pas. » Il n’a rien d’autre à dire pour sa défense, le bougre, il laisse son mélange d’émotions à l’intérieur de son corps, là d’où il ne sort que trop rarement, il s’enferme, comme d’habitude, ne laisse rien d’autre qu’un mur sur son visage et des yeux dociles comme on voudrait qu’ils soient. Il attends encore quelques cris avant de pouvoir retourner dans sa cabane, à ruminer, à se retourner jusqu’à trouver une position confortable et à pester encore conte ce souvenir qui revient derrière ses paupières à chaque fois qu’elles se ferment.
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MessageSujet: Re: to feel that we exist, even in pain (Abel)   Mar 19 Sep - 22:18



Beckett & Abel

« to feel that we exist, even in pain »


A l’inverse de certains ici qui, lorsqu’ils se voyaient réprimandés, croyaient bon de garder la tête haute et le regard fier, Beckett avait en ce qui le concernait eu la judicieuse idée d’aller dans le sens d’Abel. Sa voix restait calme et rien dans son attitude ne risquait, volontairement ou non, d’agiter l’irritabilité de son interlocuteur. Un bon point pour lui. Mais de là à savoir si cela allait suffire ou non afin d’éviter le gros de l’orage, cela restait encore à démontrer.
Un moment d’égarement. Il aurait pu se montrer compréhensif, Abel. Savoir à quel point il était facile de faire des erreurs lorsque l’on voyait rouge, que l’on soit fautif ou pas initialement d’ailleurs. Il aurait pu simplement passer l’éponge et accepter l’excuse telle quelle mais dans ce cas faire venir le maréchal ferrant jusqu’à son bureau n’aurait eu aucun intérêt sinon une perte de temps pour tous les deux. Et puis le leader du ranch, pour tout colérique qu’il soit et prompt à ce même genre de comportement qu’il reprochait aux autres, n’était pas exactement connu pour sa grande tolérance face aux écarts de conduite. Ce qu’il avait, lui, le droit de faire sous le coup de son impulsivité débridée ne donnait aucun cas une raison aux autres pour se livrer à de pareils débordements. « Mais je peux pas laisser passer ça juste parce que c’était une "sale journée", Beckett. » La voix était encore calme, le ton simplement maussade. Si le regard restait dur et implacable, on ne devinait pour l’instant aucun prémisse d’une éventuelle colère imminente. « Sinon quoi ? Ça devient la nouvelle excuse à la mode ? Est-ce que je dois tolérer ensuite chaque débordement parce qu’untel aura passé une sale journée ? » Au rythme d’un écart par cavalier, le ranch échappait définitivement à son autorité avant la fin de la semaine. Or Abel, ça n’étonnera personne, avait toujours préféré avoir la main trop dure que de devoir réparer quelque chose provoqué par un surplus de laxisme. « Si je fais une exception pour toi, on va gueuler au favoritisme. » Bien sûr, ça ne voulait pas dire pour autant qu’il allait le lapider sur la place publique ou faire de son cas un exemple. Beckett lui était bien trop précieux pour qu’il courre le risque de se l’aliéner, un caractère qu’il appréciait et une main d’oeuvre qui n’avait pas sa pareille puisqu’il était le seul ici avec ce savoir faire. Si Caden avait bien quelques bases, il était tout de même loin de posséder ses aptitudes. Que le soigneur s’en aille des suites de son mécontentement face à une punition jugée imméritée et Abel aurait aussi bien pu se tirer une balle dans le pied qu’il n’aurait pas ensuite eu un problème plus emmerdant. « Ça m’emmerde bien, je vais pas te le cacher. Je pensais qu’un tempérament comme le tien aurait su jouer en ma faveur dans les relations déjà compliquées qu’on a avec Olympia. » Compliquées, bel euphémisme. Après tout, ne s’était-il pas déjà pris le chou avec Peyton un grand nombre de fois à ce sujet ? Parce que ses cavaliers ne cessaient pas de chercher querelle aux autres, et vice versa ? Mais force était de constater qu’Abel était plutôt doué pour ce qui était de faire des erreurs sur ses survivants, en ce moment. Et il s’était déjà mangé le retour de bâton, littéralement, en pleine figure.
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