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 lubies sentimentales

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Abel Rhodes
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MessageSujet: lubies sentimentales   Dim 11 Juin - 23:20



Winona & Abel
« lubies sentimentales


(huit mai 2017)

Elle était partie et il n’avait même pas été question de minutes avant qu’il n’en fasse de même, étouffé dans le cloisonnement de sa propre demeure. Ses poings s’étaient serrés sur une rage qu’il ne pouvait exprimer et qu’il se voyait bien obligé de contenir jusqu’à ce qu’elle s'apaise, ou alors il aurait fallu qu’il s’en prenne à quelqu’un au hasard à défaut d’avoir un punching-ball à disposition. C’aurait été le pire comportement possible étant donné le climat tendu qui régnait actuellement au sein du campement et Abel qui, malgré ce que certains prétendaient, n’était pas non plus si stupide, n’allait certainement pas se laisser aller à commettre pareille erreur. Entre la mort de Bishop et puis ça, il fallait croire que cette journée était placée sous le signe des emmerdes. Il était foutrement impatient d’apprendre quelle bonne nouvelle on allait lui annoncer ensuite, le rider…
Il avait atterri dans les écuries sans franchement se poser de question quant à pourquoi ses pas avaient fini par l’amener ici. Depuis gamin il avait eu cette manie de venir se perdre entre les boxes quand sa contrariété se faisait trop envahissante, peut-être parce qu’elle s’effilochait plus aisément en la présence des chevaux qu’avec celle des autres personnes. Eux au moins ne vous jugeaient pas et mieux, ils se la fermaient bien sagement. Ce silence-là, seulement rompu par les bruits des bêtes qui se déplaçaient ou mastiquaient leur foin, avait un côté reposant qu’il n’avait jamais cessé de reconnaître et d’apprécier au fil des ans.
Aujourd’hui néanmoins, ça n’était pas suffisant. Il lui fallait de l’air, il fallait qu’il s’échappe, c’était un de ces moments où le vase débordait et où attendre que tout se tasse ne suffisait pas. Et il savait, bien sûr, que partir seul n’était pas une bonne idée : ça ne l’était jamais, de base, parce qu’il n’y avait personne pour intervenir en cas de troubles, mais à la lueur des récents évènements c’était encore pire. Sauf qu’il s’était trop enfermé dans sa maison, Abel, sa paranoïa l’avait rendu à s’y cloîtrer alors qu’il n’était pas homme à se nourrir d’inactivité oisive. Il savait, donc, qu’il s’embarquait dans une mauvaise idée, mais il s’en foutait royalement. Il lui suffisait d’éviter les villes, tous les endroits susceptibles de représenter un danger trop gros pour lui : il ne partirait que quelques heures, une demie journée tout au plus, il l’avait déjà fait par le passé, pourquoi pas aujourd’hui ?

La jument était nerveuse, influencée par le caractère ombrageux du cavalier, elle avait caracolé sous la brosse, s’était un peu rebiffée face à lui, mais il avait trop l’habitude pour se laisser prendre au jeu et elle avait fini par se plier à sa main, s’était retrouvée toute harnachée et prête à sortir. Fallait bien qu’elle fasse un peu d’exercice elle aussi, puisque son propriétaire s’obstinait à jouer les abonnés absents. Depuis que Caden s’amusait à jouer les filles de l’air, son frère s’était approprié son canasson sans la moindre vergogne. Après tout, c’était son cadet qui avait foutu une balle dans le crâne du hongre.
Il n’avait pas prêté attention aux bruits de pas, Abel, occupé à finir de sangler la selle. Mais lorsqu’il s’était retourné, Winona lui faisait face, séparée de lui par la cloison du box. Un instant ils se considérèrent en silence, et puis il ne chercha pas à réprimer un soupir agacé  avant de finalement se décider à desserrer les lèvres. « Qu’est-ce que tu fais ici ? Il y a un problème ? » La mauvaise humeur transpirait de ses propos, bien sûr il n’avait rien contre elle (c'était bien une des rares à ne pas le contrarier ces derniers temps), mais il avait espéré ne pas être dérangé, il avait espéré qu’on lui foute la paix.

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Winona Jackson
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MessageSujet: Re: lubies sentimentales   Mar 13 Juin - 14:35



abel & winona
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(huit mai 2017)

L'ennuie s'installe doucement mais sûrement dans la vie de Winona. Toujours les mêmes problèmes, toujours les mêmes murmures. Les mêmes visages qui passent sous son regard et les mêmes voix qui résonnent dans sa tête. Elle n'a rien à faire d'autre qu'attendre avec patience. Bishop enfin hors du tableau, sa mort lui apporte un peu de repos. Elle sait que rien n'a filtré. Du moins, rien qui puisse la compromettre elle directement. Elle respire presque plus librement, pourrait se laisser aller à apprécier la vie. Mais non. Elle continue à réfléchir, le cerveau en ébullition. Toujours un coup d'avance. Elle n'arrête pas, ne peut pas. A trop respirer, on en oublie l'essentiel et c'est là que tout dérape. Toujours un œil au-dessus de son épaule, elle est sur ses gardes Winona, jamais tranquille. Prête à parer tous les problèmes. Tranquille. Elle aimerait bien l'être. Pouvoir paresser dans l'herbe, fermer les yeux quelques minutes, apprécier le moment. Mais non. On décide à sa place. Et aujourd'hui encore on a décidé de l'emmerder. Elle soupire tandis qu'on lui explique les choses, un sourire se frayant lentement un passage sur ses lèvres. Non, ce n'est pas un hasard si Winona se tient debout face à Abel en cet instant. Elle ne l'a pas vu elle-même entrer dans les écuries mais ses petits oiseaux sont venus la trouver, lui ont piaillé aux oreilles une douce mélodie qui l'a instantanément fait sourire. Sa cigarette terminée, elle l'écrase sans manquer de souffler une volute de fumée dans le visage de son informateur. Et de son pas lent elle se dirige vers les écuries, sans un regard pour ce qui l'entoure, les yeux résolument braqués sur sa destination. Elle avance sans masquer le bruit de ses pas, déjà convaincue qu'il a dû l'entendre. Apparemment pas. Abel a l'air surpris. Ils se jaugent, elle les bras croisés sur sa poitrine, la porte du box en bois les séparant. Il n'a pas l'air bien. Et ça lui fait anormalement plaisir de le voir comme ça. Elle a envie de sourire, ça lui tord les entrailles de devoir se retenir. Franchement amusée de voir Abel en colère pour une raison qu'elle ignore. Ou prétend ignorer. Y a de la rouquine derrière cette histoire. « Pas de mon côté. » Elle hausse les épaules, l'observe, cherchant à déceler une réponse dans son langage corporel. Tout ce qu'elle voit, c'est qu'il a la haine et qu'il ne va pas tarder à la retourner contre elle si elle ne se bouge pas. « Tu veux causer ? » Si il a besoin de vider son sac, elle sera là. Les oreilles grandes ouvertes, prête à lui offrir son épaule et quelques mots réconfortants. Prête aussi à lui tendre la main, à lui ouvrir ses bras. Et ses jambes. « Ou on peut rester là sans rien dire. Ça m'va aussi. » Elle lui adresse un sourire amicale en allant s'appuyer contre la porte grinçante du box. Elle passe les bras au-dessus, laisse ses mains pendre de l'autre côté.

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Abel Rhodes
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MessageSujet: Re: lubies sentimentales   Sam 24 Juin - 21:36



Winona & Abel
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L’avait pas franchement envie de parler, Abel, pas maintenant en tout cas. Il serait pas venu  se réfugier dans les écuries sinon, il lui aurait suffi qu’il se contente de rester chez lui et qu’il attende qu’on vienne lui faire part d’un des sempiternels problèmes qui ne semblaient avoir de cesse de naître au sein du campement. « Non. » Le ton était lapidaire, la réponse ne souffrait pas qu’on insiste davantage sur le sujet : le rider était pas du genre à supporter que l’on persévère quand il avait déjà opposé un refus franc. Mais Winona, elle le savait très bien, tout ça, elle le connaissait depuis le temps. Sauf que là, elle tombait comme un cheveux sur la soupe dans un moment où il n’avait pas envie d’avoir à supporter la présence d’autrui, juste celle de se casser. Winona n’était pas son psy et il ne voulait pas lui causer de ses déboires, ni à elle ni à personne d’autre. Il n’y avait que la solitude pour lui faire vraiment de l’œil, à cet instant précis. Ou l’opportunité de se défouler sur quelque chose, quelqu’un. Faire sortir sa frustration d’une manière ou d’une autre. Quoi qu’il en soit, ce n’était certainement pas rester planter là qui allait l’aider dans l’une ou l’autre de ses manœuvres. « Ecoute, Winona, pourquoi est-ce que tu ne te contenterais pas de t’occuper de tes affaires, simplement faire ce pour quoi tu es venue ici et me ficher la paix ? » Une manière encore polie de lui demander d’aller voir ailleurs s’il y était : malgré son énervement apparent, il s’était bien gardé de l’envoyer sur les roses comme il aurait été fichu de le faire avec n’importe quelle personne qui serait venue tenir la place qu’elle occupait actuellement.
Abel termina de vérifier que le harnachement était au point, jaugeant d’un coup d’œil habitué l’animal un peu nerveux qui piétinait sur place, prisonnier de la main ferme qui tenait les rênes juste en dessous du mors. L’autre, elle vint se poser sur le panneau de bois qui fermait le box, juste à côté de Winona qui y avait appuyé ses bras, et son regard revint chercher le contact tandis qu’il élevait la voix une nouvelle fois : « Alors quoi, tu me laisses sortir ou t’as prévue de rester plantée là indéfiniment ? » Encore suffisamment patient pour ne pas chercher à forcer le passage au détriment de la jeune femme, il attendit qu’elle s’écarte finalement pour faire sortir la jument dans l’allée des écuries. Si elle ne s'était pas encore rendue compte, il apparaissait évident au vu du désert du lieu, vide en dehors d'eux deux et des animaux qui n'étaient pas à la pâture, que le leader avait la ferme attention de se casser à l'extérieur sans la moindre compagnie, ou protection d'aucune sorte. Le fusil de chasse, posé en appui contre le mur du box et qu'il avait généralement l'habitude d'employer dans ce genre d'occasions, faisait office de confirmation. Seul, Abel aimait avoir à disposition une arme plus précise que le simple flingue perpétuellement accroché à sa ceinture des fois qu'il lui faille se débarrasser d'éléments hostiles avant qu'ils ne s'approchent de trop près.


Spoiler:
 
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Winona Jackson
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MessageSujet: Re: lubies sentimentales   Aujourd'hui à 15:00



abel & winona
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(huit mai 2017)

Voilà qui est clair. Jamais d'entre deux avec Abel. C'est tout ou rien. Noir ou blanc. Elle ne s'en plaint pas. Au contraire, elle préfère quand tout est aussi limpide. Les bégaiements, les hésitations sans fondement, très peu pour elle. C'est fatiguant ces gens qui ne savent pas ce qu'ils veulent, qui restent dans le flou pendant des heures. Elle n'a pas que ça à faire. Elle n'a pas la patience d'attendre une réponse. Au moins, avec Abel, elle sait à quoi s'attendre. Pas de surprises. En vérité, elle savait d'avance qu'il refuserait la conversation. Son visage fermé, ses gestes vifs, tout chez lui indique qu'il veut simplement foutre le camp et surtout qu'on le laisse en paix. Une chose dont n'est pas capable Winona. Ou plutôt n'en a-t-elle simplement pas envie. C'est plus drôle comme ça. Elle hausse les épaules, un sourire carnassier sur les lèvres, un brin trop sûre d'elle, clairement joueuse. Elle ne se démonte pas devant lui. Jamais. Ce n'est pas son rôle et au fond ce n'est pas ce qu'il attend d'elle. Et puis, elle ne serait pas ce qu'elle est si elle s'écrasait devant lui ou n'importe qui d'autre. « J'suis justement venue faire en sorte que tu fasses pas de conneries. » Elle hausse un sourcil en le regardant s'affairer, ses gestes précis éclairant sur la suite des événements. « C'est pas gagné. » murmure-t-elle sans pour autant dissimuler sa pensée. Si sa voix n'est plus aussi forte qu'avant, elle ne se gêne pas. Elle sait qu'il l'entends et c'est tant mieux. C'est clairement pas gagné. Ni l'un, ni l'autre, ne lâchera l'affaire. Trop têtus, besoin de contrôle, besoin d'avoir le dernier mot. Elle sait bien avoir raison, que ce n'est pas prudent pour Abel de se balader tout seul loin du ranch. Dieu seul sait ce qu'il pourrait arriver. Dieu et Winona. Si elle le voulait vraiment, elle pourrait envoyer quelqu'un à sa suite et le descendre en toute impunité. Elle pourrait. Et alors Abel ne serait plus jamais un problème. Alors pourquoi ne pas le laisser passer et se tuer ? C'est peut-être trop facile au fond. Aucun challenge, aucun risque. Trop facile en somme. Alors non, elle ne bougera pas d'un centimètre. Elle ne lui donnera pas satisfaction. Elle efface son sourire, serre les dents et braque son regard dans celui d'Abel. « Écoute, jsais pas ce qui t'as foutu en rogne mais sortir maintenant c'est une très mauvaise idée. » Elle soupire, consciente qu'il n'apprécie déjà pas ce qu'elle lui dit et qu'il va sans doute carrément détester la suite. Qu'importe. « Passe tes nerfs ici au lieu de risquer ta peau dehors. » Elle consent à bouger, ouvre le box et se plante devant lui, l'empêchant encore et toujours de sortir. « Tu peux démonter l'écurie si ça tfais plaisir. » Elle sourit en coin, s'approche un peu plus et pose ses mains sur ses hanches, mouvements fluides et doux, presque imperceptible. Ses yeux ne lâchent pas les siens. « Ou tu peux utiliser ton énergie avec moi. » Sa voix ne résonne plus autant qu'avant, elle est redevenue douce, autant que ses mouvements et sa main gauche qui descend vers son entre-jambe. Ça fait bien longtemps qu'elle ne l'a pas senti si proche d'elle, qu'elle n'a pas osé être la Winona d'avant. Parce qu'il a fini par se lasser, par la remplacer. Et qu'elle aussi. Parce que ce petit jeu est fini, qu'elle a passé un niveau. Pourtant, elle sent bien que c'est maintenant ou jamais. Elle peut retrouver Abel et le plaisir (tout relatif) qui lui a été volé. Une petite revanche mesquine sur une rousse trop sûre d'elle.

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