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 about the weather (malini)

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Arte P. McMahon
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MessageSujet: about the weather (malini)   Lun 5 Juin - 11:22

about the weather
malini kapoor & arte p. mcmahon

On l'a réveillée dans la nuit, traînée dans le campement, suppliée de s'occuper d'une môme qui toussait un peu trop. Elle a rassuré le papa, dessiné sur une feuille de papier jauni la forme approximative de la plante qui guérirait les irritations de la gorge, souri pâlement à l'expression la plus sincère de la gratitude, et s'en est allée se dégourdir les jambes tandis que l'aube se levait timidement. Histoire de réprimer les souvenirs, elle a gardé les yeux ouverts sur les traînées pastels qui se dessinaient dans le ciel, baissé le regard sur les petites tâches de couleurs vives qui pigmentaient le sol des pâturages. Dans le silence d'un matin de printemps, le jeune médecin prend le temps de se vider la tête avant qu'une nouvelle journée ne se déclare à elle, avant qu'on ne la demande pour quelques tâches insignifiantes - même si elle se plait au Ranch : plus qu'à Olympia, plus qu'à la Mine aussi ; elle est en paix, du moins elle le semble.

L'air est frais, respirable, terriblement pur. Les journées sont de plus en plus chaudes ces derniers temps. Et avec l'été texan qui arrive à grands pas : frissonner fait à Arte le plus grand bien, et elle ne se pose pas la question de savoir si on vise sa silhouette suspecte avec un sniper pour profiter de la sensation qui caresse sa peau. Elle prend de longues et profondes inspirations, expire calmement au son du silence qui l'étreint. Elle esquisse même un sourire, réservé, quand elle est sûre que personne ne l'observe, ses angoisses mises de côté quelques minutes qui paraissent volées. Elle s'étonne de la beauté de la nature, le campement dans son dos, de ces étendues vertes bariolées d'autres couleurs, de la tranquillité des lieux, quand tout en douceur des gouttelettes d'eau glissent des nuages et viennent s'écraser dans les brins d'herbe, dans les pétales de fleurs entrouvertes, dans les cheveux encore emmêlés d'Arte...

La poésie laisse rapidement place au déluge. L'orage, plutôt la pluie qui l'annonce, en même temps, est caractéristique de la saison. Arte ne s'en étonne pas vraiment, mais elle est néanmoins surprise par l'averse : désorientée une seconde de trop elle quitte le sillage qui se dessine jusqu'au campement et bifurque vers les écuries : par chance la porte en est restée ouverte. A aucun moment elle ne se pose la question de savoir au nom de quoi on laisse les chevaux dans un lieu qui n'est pas verrouillé : elle entre pour se mettre à l'abri dans un éclat de rire innocent, qu'elle même ne note pas déjà parce qu'il est à moitié couvert par le grondement de l'orage et aussi parce qu'elle est si peu habituée à son propre rire que sa conscience lui en échappe. Elle soupire ensuite, essore ses cheveux qui commençaient à goutter. Titubante, sans doute inconsciente, le jeune médecin se laisse tomber contre une botte de paille plus haute qu'elle et expire profondément, ses yeux rivés sur la nature. Les rayons de soleil percent à peine les cordes qui pleuvent du ciel, se fraient tout juste un chemin entre les trombes d'eau. Elle s'essuie le nez, les joues, les cils dans la manche de son gilet lui aussi trempé. L'odeur de la paille humide inonde ses narines, les torrents qui font un peu fuiter les planches de la charpente, obstruent sa perception des choses : il faut quelques longues secondes à la jeune femme pour comprendre qu'elle n'est pas seule dans la grange.

La peur l'étreint presque aussitôt : dans l'obscurité que les portes claquées ont créée, elle ne discerne que les silhouettes particulières des montures, à peine énervées par le tumulte au dehors. Elle s'avance dans l'écurie, prudente, le souffle court. Frayeur au petit matin. Elle n'ose pas ouvrir la bouche, porter tout haut l'interrogation qui la ronge en cet instant jusqu'au plus profond d'elle même. Hésitante mais prudente, ses doigts s'arrêtent sur le relief d'une pelle qui traîne là, posée contre la porte d'une des stalles. Le métal de l'outil caresse le sol une fraction de seconde avant qu'Arte ne s'en empare avec fermeté. Quand elle est sûre de pouvoir se défendre, au moins quand elle sait qu'elle a une chance de s'en sortir contre une de ces créatures qui hantent les cauchemars de toute cette humanité sur le point de s'éteindre, la brune se racle la gorge. « Il y a quelqu'un ? »

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Malini Kapoor
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MessageSujet: Re: about the weather (malini)   Dim 11 Juin - 22:22

about the weather
malini kapoor & arte p. mcmahon

On tombe si facilement dans des spirales infernales que c'est à se demander si ce n'est pas devenu le sens de la vie. Pour Malini ça a commencé à la mort de Cirilla. Depuis, tout ne fait qu'empirer et déraper et elle a totalement perdu le contrôle de la situation, de sa vie, des gens qui l'entourent... L'épidémie de grippe, Caden qui pète les plombs et qui s'enfuit ensuite, Abel qui subit une tentative d'assassinat, Jenna qui revient au ranch, elle même obligée de quitter la maison et revenir au campement après une énième dispute avec les Rhodes, Ada qui quittait le ranch et maintenant, il y avait cette horrible impression qu'elle était sur le point de perdre les dernières vraies relations qu'elle partageait en dehors de ce camp – ou du moins une seule vraie relation, celle avec Bass.
Elle avait autant de raisons de ne pas dormir la nuit, aurant de raisons de fixer le plafond de son baraquement à attendre une réponse à une question qui lui taraudait l'esprit et lui tiraillait le ventre : qu'est-ce que j'ai fait de ma vie ?
À vrai dire, la spirale infernale avait commencé des années de cela, quand la seule lumière de son existente s'était éteinte pour ne laisser qu'un long sentier déviant dans le noir. La suite n'avait été qu'un cauchemar et elle n'allait se réveiller que lorsqu'elle rendrait son dernier souffle. Tout ce qu'elle avait vécu de bien depuis ? Juste quelques illusions pour détourner son esprit du fait qu'elle coulait. Elle coulait sur la terre ferme.

Le sommeil semblait la fuir, même alors qu'elle s'était retranchée dans le bureau de Caden. Depuis qu'il était parti, elle venait s'asseoir sur son lit de camp pour réfléchir ou pour se reposer loin du regard demandeur des autres, loin des questions intrusives et des jugements cachés sous les sourires.  Cet endroit était son sanctuaire à l'intérieur du ranch et si elle n'y arrivait pas à s'endormir ici, alors elle allait devoir attendre que l'épuisement la jette dans un sommeil aux allures de coma.
Quel jour était-ce ? Peu importe, les gens se rappelaient rarement de la date ici. Et dire qu'avant le temps, était une préoccupation si importante... Aujourd'hui il ne fait que passer, boudeur presque d'être ignoré de tous. Il se fait lent, tente d'attirer l'attention, mais les visages fatigués font à peine la différence entre les saisons, alors entre les mois et les jours, fallait pas trop en demander.
Au vu de la température des derniers jours cependant, il n'y a pas de doute qu'ils rentraient en été. Et l'orage qui éclatait au moment où Malini s'était décidée à sortir du lit ne faisait que lui confirmer cela. La période d'été, c'était ce qu'elle préférait auparavant, c'était aussi la période de son anniversaire et de celui de sa soeur, à une semaine d'écart à peine. Toutes deux préparaient des festivité communes à chaque fois et elles invitaient toute leur école, les grands qui allaient en cours avec Meera et les plus petits qui fréquentaient la classe de Malini et ils dansaient, c'était un point d'honneur à chaque fête...  Est-ce que son anniversaire ne tombait pas bientôt ? Le mois de juin lui semblait si proche, sur le point de filer complètement jusqu'au 26 où elle allait avoir 33 ans. 33 ans de cette stupide vie en spirale infernale.

Ça méritait du changement. Voilà au moins quelque chose qu'elle pouvait faire dans sa vie.
Décidée par une idée spontanée, Malini se met à fouiller les tiroirs du bureau de Caden, à tout retourner jusqu'à trouver une grosse paire de ciseaux. C'est à ce moment que des portes lointaines claquent et la recruteuse se redresse aussitôt, méfiante. Qui viendrait aussi tôt à l'écurie ? Il était beaucoup trop tôt pour que les gens soient réveillés au campement et l'activité journalière ne commençait vraiment que dans quelques heures.
Rendue encore plus méfiante depuis qu'elle avait été plus ou moins prise en otage, Malini ne cherchait plus à réfléchir avant d'agir. Le tranchant des ciseaux pointé en avant comme une arme, la recruteuse profite de l'obscurité pour se glisser discrètement en dehors du bureau à la recherche de l'intrus. Elle rase les murs dans l'ombre pour éviter un rayon de lumière qui trahirait sa présence, et plus loin, elle voit une silhouette qui évolue tout aussi prudemment. Elle tient ce qui ressemble à outil, face auquel Malini ne fait définitivement pas le poids. L'Indienne devra alors compter sur l'effet de surprise. Prête à attaquer, elle est finalement arrêtée par la question. Un assaillant n'agirait certainement pas comme une proie de film d'horreur, à guetter les ombres et à implorer une présence. Alors la brune se détend. Ce n'est qu'une âme vagabonde, tout comme elle, qui doit être dans bien des tourmentes pour ne pas dormir à cette heure tardive – ou avancée.

"Ciseaux contre pelle, je pense que tu gagnes." Elle se détache de son pan de mur, les mains en l'air pour bien marquer ses intentions pacifistes. Elle n'est pas sûre d'avoir reconnu la voix, mais elle prend le risque de ne pas la craindre immédiatement. "Attends, je vais mettre un peu de lumière." Elle replonge dans le bureau du vétérinaire où elle allume le plafonnier qui étend sa lueur suffisamment pour que la recruteuse puisse se faire connaître et surtout reconnaître son interlocutrice. Ainsi quand elle ressort, elle peut mieux discerner les traits de la jeune brune qui lui fait face. "Eh, t'es le nouveau médecin non ? Arte ? Moi c'est Malini. Une des recruteuses." L'avantage d'avoir passé du temps dans la maison des Rhodes, c'est qu'elle connaît maintenant tout sur tout le monde, tellement cette demeure filtre tous les racontars pour créer une sorte de base de renseignement digne de la CIA. En parallèle, être derrière les murs vous épargne d'être à la vue de tous et de faire l'objet du moindre rapport de mouvement.
La recruteuse ne doute pas cependant que son nom est quand même associé à bien des choses au campement. Peut-être même qu'Arte a déjà tout entendu de sa réputation. Au delà d'être celle qui marche au milieu des rôdeurs, elle est aussi la connasse, la femme froide du coin et surtout, la chienne de garde des Rhodes qui a couché pendant plus d'un an avec le cadet. Non aucun doute, ils doivent s'en donner à coeur joie sur son dos...

"Balade matinale ?" Mais les yeux du médecin n'ont pas l'air de quitter la paire de ciseaux qui danse toujours entre les mains de la recruteuse. "Hmm... J'en avais besoin en fait. Tu sais couper les cheveux ?" En temps normal, elle aurait demandé à Caden ou Ada de le faire, mais ils avaient tous les deux quitté les alentours et elle n'avait absolument personne à qui demander ici.

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