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 about the weather (malini)

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MessageSujet: about the weather (malini)   Lun 5 Juin - 11:22

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malini kapoor & arte p. mcmahon

On l'a réveillée dans la nuit, traînée dans le campement, suppliée de s'occuper d'une môme qui toussait un peu trop. Elle a rassuré le papa, dessiné sur une feuille de papier jauni la forme approximative de la plante qui guérirait les irritations de la gorge, souri pâlement à l'expression la plus sincère de la gratitude, et s'en est allée se dégourdir les jambes tandis que l'aube se levait timidement. Histoire de réprimer les souvenirs, elle a gardé les yeux ouverts sur les traînées pastels qui se dessinaient dans le ciel, baissé le regard sur les petites tâches de couleurs vives qui pigmentaient le sol des pâturages. Dans le silence d'un matin de printemps, le jeune médecin prend le temps de se vider la tête avant qu'une nouvelle journée ne se déclare à elle, avant qu'on ne la demande pour quelques tâches insignifiantes - même si elle se plait au Ranch : plus qu'à Olympia, plus qu'à la Mine aussi ; elle est en paix, du moins elle le semble.

L'air est frais, respirable, terriblement pur. Les journées sont de plus en plus chaudes ces derniers temps. Et avec l'été texan qui arrive à grands pas : frissonner fait à Arte le plus grand bien, et elle ne se pose pas la question de savoir si on vise sa silhouette suspecte avec un sniper pour profiter de la sensation qui caresse sa peau. Elle prend de longues et profondes inspirations, expire calmement au son du silence qui l'étreint. Elle esquisse même un sourire, réservé, quand elle est sûre que personne ne l'observe, ses angoisses mises de côté quelques minutes qui paraissent volées. Elle s'étonne de la beauté de la nature, le campement dans son dos, de ces étendues vertes bariolées d'autres couleurs, de la tranquillité des lieux, quand tout en douceur des gouttelettes d'eau glissent des nuages et viennent s'écraser dans les brins d'herbe, dans les pétales de fleurs entrouvertes, dans les cheveux encore emmêlés d'Arte...

La poésie laisse rapidement place au déluge. L'orage, plutôt la pluie qui l'annonce, en même temps, est caractéristique de la saison. Arte ne s'en étonne pas vraiment, mais elle est néanmoins surprise par l'averse : désorientée une seconde de trop elle quitte le sillage qui se dessine jusqu'au campement et bifurque vers les écuries : par chance la porte en est restée ouverte. A aucun moment elle ne se pose la question de savoir au nom de quoi on laisse les chevaux dans un lieu qui n'est pas verrouillé : elle entre pour se mettre à l'abri dans un éclat de rire innocent, qu'elle même ne note pas déjà parce qu'il est à moitié couvert par le grondement de l'orage et aussi parce qu'elle est si peu habituée à son propre rire que sa conscience lui en échappe. Elle soupire ensuite, essore ses cheveux qui commençaient à goutter. Titubante, sans doute inconsciente, le jeune médecin se laisse tomber contre une botte de paille plus haute qu'elle et expire profondément, ses yeux rivés sur la nature. Les rayons de soleil percent à peine les cordes qui pleuvent du ciel, se fraient tout juste un chemin entre les trombes d'eau. Elle s'essuie le nez, les joues, les cils dans la manche de son gilet lui aussi trempé. L'odeur de la paille humide inonde ses narines, les torrents qui font un peu fuiter les planches de la charpente, obstruent sa perception des choses : il faut quelques longues secondes à la jeune femme pour comprendre qu'elle n'est pas seule dans la grange.

La peur l'étreint presque aussitôt : dans l'obscurité que les portes claquées ont créée, elle ne discerne que les silhouettes particulières des montures, à peine énervées par le tumulte au dehors. Elle s'avance dans l'écurie, prudente, le souffle court. Frayeur au petit matin. Elle n'ose pas ouvrir la bouche, porter tout haut l'interrogation qui la ronge en cet instant jusqu'au plus profond d'elle même. Hésitante mais prudente, ses doigts s'arrêtent sur le relief d'une pelle qui traîne là, posée contre la porte d'une des stalles. Le métal de l'outil caresse le sol une fraction de seconde avant qu'Arte ne s'en empare avec fermeté. Quand elle est sûre de pouvoir se défendre, au moins quand elle sait qu'elle a une chance de s'en sortir contre une de ces créatures qui hantent les cauchemars de toute cette humanité sur le point de s'éteindre, la brune se racle la gorge. « Il y a quelqu'un ? »

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MessageSujet: Re: about the weather (malini)   Dim 11 Juin - 22:22

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malini kapoor & arte p. mcmahon

On tombe si facilement dans des spirales infernales que c'est à se demander si ce n'est pas devenu le sens de la vie. Pour Malini ça a commencé à la mort de Cirilla. Depuis, tout ne fait qu'empirer et déraper et elle a totalement perdu le contrôle de la situation, de sa vie, des gens qui l'entourent... L'épidémie de grippe, Caden qui pète les plombs et qui s'enfuit ensuite, Abel qui subit une tentative d'assassinat, Jenna qui revient au ranch, elle même obligée de quitter la maison et revenir au campement après une énième dispute avec les Rhodes, Ada qui quittait le ranch et maintenant, il y avait cette horrible impression qu'elle était sur le point de perdre les dernières vraies relations qu'elle partageait en dehors de ce camp – ou du moins une seule vraie relation, celle avec Bass.
Elle avait autant de raisons de ne pas dormir la nuit, aurant de raisons de fixer le plafond de son baraquement à attendre une réponse à une question qui lui taraudait l'esprit et lui tiraillait le ventre : qu'est-ce que j'ai fait de ma vie ?
À vrai dire, la spirale infernale avait commencé des années de cela, quand la seule lumière de son existente s'était éteinte pour ne laisser qu'un long sentier déviant dans le noir. La suite n'avait été qu'un cauchemar et elle n'allait se réveiller que lorsqu'elle rendrait son dernier souffle. Tout ce qu'elle avait vécu de bien depuis ? Juste quelques illusions pour détourner son esprit du fait qu'elle coulait. Elle coulait sur la terre ferme.

Le sommeil semblait la fuir, même alors qu'elle s'était retranchée dans le bureau de Caden. Depuis qu'il était parti, elle venait s'asseoir sur son lit de camp pour réfléchir ou pour se reposer loin du regard demandeur des autres, loin des questions intrusives et des jugements cachés sous les sourires.  Cet endroit était son sanctuaire à l'intérieur du ranch et si elle n'y arrivait pas à s'endormir ici, alors elle allait devoir attendre que l'épuisement la jette dans un sommeil aux allures de coma.
Quel jour était-ce ? Peu importe, les gens se rappelaient rarement de la date ici. Et dire qu'avant le temps, était une préoccupation si importante... Aujourd'hui il ne fait que passer, boudeur presque d'être ignoré de tous. Il se fait lent, tente d'attirer l'attention, mais les visages fatigués font à peine la différence entre les saisons, alors entre les mois et les jours, fallait pas trop en demander.
Au vu de la température des derniers jours cependant, il n'y a pas de doute qu'ils rentraient en été. Et l'orage qui éclatait au moment où Malini s'était décidée à sortir du lit ne faisait que lui confirmer cela. La période d'été, c'était ce qu'elle préférait auparavant, c'était aussi la période de son anniversaire et de celui de sa soeur, à une semaine d'écart à peine. Toutes deux préparaient des festivité communes à chaque fois et elles invitaient toute leur école, les grands qui allaient en cours avec Meera et les plus petits qui fréquentaient la classe de Malini et ils dansaient, c'était un point d'honneur à chaque fête...  Est-ce que son anniversaire ne tombait pas bientôt ? Le mois de juin lui semblait si proche, sur le point de filer complètement jusqu'au 26 où elle allait avoir 32 ans. 32 ans de cette stupide vie en spirale infernale.

Ça méritait du changement. Voilà au moins quelque chose qu'elle pouvait faire dans sa vie.
Décidée par une idée spontanée, Malini se met à fouiller les tiroirs du bureau de Caden, à tout retourner jusqu'à trouver une grosse paire de ciseaux. C'est à ce moment que des portes lointaines claquent et la recruteuse se redresse aussitôt, méfiante. Qui viendrait aussi tôt à l'écurie ? Il était beaucoup trop tôt pour que les gens soient réveillés au campement et l'activité journalière ne commençait vraiment que dans quelques heures.
Rendue encore plus méfiante depuis qu'elle avait été plus ou moins prise en otage, Malini ne cherchait plus à réfléchir avant d'agir. Le tranchant des ciseaux pointé en avant comme une arme, la recruteuse profite de l'obscurité pour se glisser discrètement en dehors du bureau à la recherche de l'intrus. Elle rase les murs dans l'ombre pour éviter un rayon de lumière qui trahirait sa présence, et plus loin, elle voit une silhouette qui évolue tout aussi prudemment. Elle tient ce qui ressemble à outil, face auquel Malini ne fait définitivement pas le poids. L'Indienne devra alors compter sur l'effet de surprise. Prête à attaquer, elle est finalement arrêtée par la question. Un assaillant n'agirait certainement pas comme une proie de film d'horreur, à guetter les ombres et à implorer une présence. Alors la brune se détend. Ce n'est qu'une âme vagabonde, tout comme elle, qui doit être dans bien des tourmentes pour ne pas dormir à cette heure tardive – ou avancée.

"Ciseaux contre pelle, je pense que tu gagnes." Elle se détache de son pan de mur, les mains en l'air pour bien marquer ses intentions pacifistes. Elle n'est pas sûre d'avoir reconnu la voix, mais elle prend le risque de ne pas la craindre immédiatement. "Attends, je vais mettre un peu de lumière." Elle replonge dans le bureau du vétérinaire où elle allume le plafonnier qui étend sa lueur suffisamment pour que la recruteuse puisse se faire connaître et surtout reconnaître son interlocutrice. Ainsi quand elle ressort, elle peut mieux discerner les traits de la jeune brune qui lui fait face. "Eh, t'es le nouveau médecin non ? Arte ? Moi c'est Malini. Une des recruteuses." L'avantage d'avoir passé du temps dans la maison des Rhodes, c'est qu'elle connaît maintenant tout sur tout le monde, tellement cette demeure filtre tous les racontars pour créer une sorte de base de renseignement digne de la CIA. En parallèle, être derrière les murs vous épargne d'être à la vue de tous et de faire l'objet du moindre rapport de mouvement.
La recruteuse ne doute pas cependant que son nom est quand même associé à bien des choses au campement. Peut-être même qu'Arte a déjà tout entendu de sa réputation. Au delà d'être celle qui marche au milieu des rôdeurs, elle est aussi la connasse, la femme froide du coin et surtout, la chienne de garde des Rhodes qui a couché pendant plus d'un an avec le cadet. Non aucun doute, ils doivent s'en donner à coeur joie sur son dos...

"Balade matinale ?" Mais les yeux du médecin n'ont pas l'air de quitter la paire de ciseaux qui danse toujours entre les mains de la recruteuse. "Hmm... J'en avais besoin en fait. Tu sais couper les cheveux ?" En temps normal, elle aurait demandé à Caden ou Ada de le faire, mais ils avaient tous les deux quitté les alentours et elle n'avait absolument personne à qui demander ici.

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MessageSujet: Re: about the weather (malini)   Mar 25 Juil - 9:33

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Des mots surgissent de l'ombre : doux, bienveillants, ironiques, une foulée d'adjectifs différents qui sont tout sauf aggressifs. Les mains, leur dessin, se découpent dans l'obscurité. Arte se vide en un soupir tandis que ses muscles se décontractent abruptement ; ses omoplates relâchent, ses bras, ses avant-bras, ses doigts se décrispent. « J'ai eu peur, » elle admet entre deux respirations soulagées, « mais si j'ai gagné, ça va... » murmure le médecin en reposant son instrument dans un coin tandis que l'ampoule chauffe et que la clarté gagne lentement du terrain. Son regard se rive sur les ciseaux que tient la belle indienne, un peu curieux.

Les bras croisés, le jeune médecin hoche la tête entre deux grelottements (qu'un rush d'adrénaline a faits échapper à sa perception). « Arte, oui, » un demi sourire de façade teint ses lèvres pâles. S'il y a une personne qu'elle ne voudrait pas être, c'est elle : la jeune femme est franchement fatiguée d'elle-même, et pourtant bien trop fière pour l'admettre. Pas besoin d'épiloguer : il y a des raisons connues de beaucoup qui font qu'elle ne peut plus se voir dans un miroir. « Recruteuse, ah ? J'ai déjà rencontré Ada, je suppose que tu la connais bien du coup. » Small talk. Elle regarde Malini, la dévisage comme si elle était censée se souvenir de quelque chose à son sujet mais rien ne vient. Sans doute se sont-elles déjà croisées - peut-être parlé ? Arte n'en a pas la mémoire.  Elle aimerait ne plus avoir du tout la mémoire des gens, de ces visages miroirs de ses propres déceptions (mais non, elle se souvient très bien, ça s'est imprimé sous ses yeux, gravé dans les cernes qui n'ont plus jamais été comblés après que son cœur se soit effrité).

Le regard vide, l'air ailleurs, la brune se laisse ramener à la réalité (encore), par la jeune femme. Et alors que les éclats de rire sous l'orage paraissaient bien trop loin pour resurgir, le sourire d'Arte se contorsionne. « Tu connais beaucoup de gens qui se baladent sous la pluie pour le plaisir ? » lui fait remarquer la jeune femme, sarcastique quoi qu'amusée. Son regard tombe à nouveau sur les ciseaux avec un sourcil arqué. L'explication la satisfait de moitié, mais elle s'avance néanmoins pour doucement les soustraire à l'emprise de Malini.

Arte observe la paire de ciseaux, la retourne, passe ses doigts dans les boucles de métal. Ses sourcils se froncent et se détendent, son regard se lève et elle déclare avec la même pointe d'amusement : « Couper les cheveux, non, pas vraiment, » Dans un haussement d'épaule elle poursuit « Mais je sais me servir de ciseaux et je peux voir l'arrière de ta tête. Ça doit faire de moi la personne la plus qualifiée ici. Et... tu pourras me rendre la pareille si je te loupe. » Oui, elle aussi a besoin de changement, besoin de se libérer de sa tignasse dans les nœuds de laquelle sommeillent les débris du passé. Elle n'y avait jamais pensé, mais en passant les doigts de sa main libre dans ses boucles lâches,, c'est quelque chose qui la frappe : plusieurs mois se sont écoulés sans qu'elle n'altère l'apparence de ce dédale de mèches sombres. Les cheveux emmêlés lui arrivent au bas des épaules ; ils la traînent vers le bas. Elle regarde Malini : elle doit avoir le même soucis, à moins que la préoccupation ne soit que purement esthétique, et alors Arte ne peut pas la comprendre. « Assieds-toi, je ferai attention, » souffle la fille dont les cheveux dégoulinent encore un peu. « Tu t'es levée aussi tôt juste pour te couper les cheveux, dis-moi ? » Comme tout coiffeur qui se respecte... ça ne serait pas du jeu si elle s'occupait uniquement de ce qui la regardait.


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MessageSujet: Re: about the weather (malini)   Lun 14 Aoû - 16:34

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Une pointe sarcastique dans la voix, un air qui mêle autorité, honnêteté et insolence, il y a quelque chose chez cette Arte qui fait sourire Malini. Il y a peu de gens au ranch qui ont cette personnalité. Ici, la population alterne entre hommes bourrus et accrochés à des petites rivalités d'alcooliques et bonnes femmes commères qui s'occupent du linge et des enfants. Il y a avait bien d'autres cas à part aussi, des femmes de caractère, des hommes à la personalité atypique, mais ils étaient souvent mis à l'écart de ce vivier de texans du coin qui survivent encore et toujours. L'Indienne ne les fréquente pas vraiment, se contente de les observer de loin avec une pointe de mépris. Alors l'arrivée d'une personne radicalement différente, ça a de quoi éveiller la curiosité de la recruteuse.
"Ada a fait du bon boulot en te recrutant. Des personnes avec ton profil sont très recherchées." Mais ça, le médecin devait le savoir, car elle avait déjà un historique assez impressionnant des camps du coin. Qu'est-ce qui avait bien pu la pousser à abandonner Olympia puis la Mine pour atterrir au ranch ? Sûrement les gens. C'est toujours la faute des gens. "Donc tu ne te baladais pas, mais tu te trouvais quand même en dehors du campement quand la pluie t'a surprise. Donc tu fouinais alors ?" Un rictus sarcastique étire les lèvres de la recruteuse. Elle aussi pouvait jouer à la plus forte tête et elle n'était en général pas en reste.

L'orage gronde au-dessus d'elle, installe un paysage mélancolique et surtout les coince à l'intérieur dans une conversation qu'elles n'auraient peut-être jamais eu sans ces circonstances. La recruteuse n'est pas forcément contrariée par cette visite imprévue, mais elle doit bien s'admettre qu'elle ne sait pas quoi lui dire à cette femme. Les réponses qui l'intéressent vraiment ne sont pas forcément celles que le médecin aurait envie de fournir, mais Malini ne se sent jamais à l'aise dans les small talk et a vite fait d'attaquer les sujets qui fâchent. Mais, n'est-ce pas la tradition de toute façon dans les salons de coiffure ? Arte a l'air d'être de cet avis, car elle pose elle-même une question qui semble innocente mais dont l'interprétation est large.
La recruteuse ne répond pas de suite et invite la jeune femme d'un signe de tête à la suivre dans le bureau de Caden. Elle tire la chaise de bureau au centre de la pièce sous le plafonnier et s'y installe, tout en passant la masse de ses cheveux au-dessus du dossier. Elle sent ses pointes abîmées et emmélées entre ses doigts et n'a qu'une hâte, s'en débarrasser. "Disons plutôt que j'ai du mal à dormir en ce moment. J'ai voulu tenter ma chance sur le lit de camp ici, mais bon, quand on a une insomnie, on pourrait dormir dans de la soie que ça changerait pas." Un soupir vient ponctuer sa phrase et elle secoue brièvement la tête pour étaler un peu ses cheveux. "Je les porte juste au-dessous des épaules, là à peu près." Elle pose sa main en indicateur et tente de rester à sa place. Le fait qu'elle soit dans une position plus que vulnérable lui effleure à peine l'esprit, comme si le danger ne lui paraissait pas réel. Et s'il l'était, eh bien ça n'en serait que plus excitant.

"Qu'est-ce qui t'a poussé à nous rejoindre ? J'ai pas l'impression que tu aies trouvé l'endroit idéal pour exercer. On est pas très au moins niveau médecine dans le coin." Pour tout dire, c'était même Caden qui parfois mettait ses connaissances de vétérinaire en pratique pour aider les cas médicaux particuliers. Le ranch a bien eu quelques infirmières, mais c'était la même chose souvent. Le personnel médical finissait souvent à Olympia.

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MessageSujet: Re: about the weather (malini)   Lun 28 Aoû - 14:09

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« Ada a fait du bon boulot en te recrutant. Des personnes avec ton profil sont très recherchées, » La brune hausse les épaules ; elle ne se pense plus comme un profil intéressant depuis longtemps. Elle n'est pas si efficace que ça, comme médecin, n'a rien d'une praticienne brillante, c'est tout juste si elle se souvient de ses cours de première année. Mais le reste de la population est tout juste bon à panser une plaie, alors ses compétences font toujours la différence, aussi moindres et ridicules soient-elles. « Donc tu ne te baladais pas, mais tu te trouvais quand même en dehors du campement quand la pluie t'a surprise. Donc tu fouinais alors ? » « Fouiner ? Pas dans mes habitudes. » Elle préfère s'occuper de ce qui la regarde, n'avoir rien à devoir à personne, et certainement pas des comptes à rendre. « On m'a réveillée pour soigner le mal de gorge d'une petite fille. April, je crois. » Elle n'éprouve pas particulièrement le besoin de se justifier, mais le fait pour éviter les quiproquos. Puis tout le monde a l'air de se connaître, peut-être que Malini voit de quoi elle parle - même si, sans trop savoir pourquoi, elle en doute un peu, tandis qu'elles déménagent dans le bureau de Caden.

Caden. Arte ne l'a pas connu, ne le connait pas encore. Le fameux vétérinaire à qui elle succéde... L'idée, pas si saugrenue que ça, lui a néanmoins paru très barbare. Opérait-il avec les mêmes instruments que ceux qui servaient aux chevaux ? Alors que Malini prend place dans le salon de fortune, le regard d'Arte cherche des indices à ses réponses dans les objets qui remplissent l'espace. Elle se ré-intéresse finalement à la chevelure brune, longue et soyeuse, douce et pourtant brisée en plusieurs points. Lentement, Arte y glisse les doigts, démêle sommairement les boucles engourdies. « Dans le monde d'avant, il y avait des remèdes aux insomnies ; maintenant, plus vraiment, » ponctue la jeune femme à qui cette affliction du sommeil parle encore beaucoup trop. Il n'y a, d'ailleurs, à ses yeux, qu'une seule solution : l'épuisement. Elle l'atteignait à peu près toutes les trois ou quatre nuits. « Redresse un peu la tête. » Le premier coup de ciseaux est léger et hésitant, il précède quelques autres de la même veine, et bientôt une mèche se détache en douceur de ses comparses. Elle continue et ne s'arrête pas même pour répondre à la question qu'on lui pose. « J'étais pratiquement morte quand Ada m'a trouvée, je n'avais pas tellement le choix. » Étalée sur le bitume, elle avait vu sa vie défiler plus d'une fois avant que la crimson ne vienne la sauver. « Pour ce qui est d'exercer... » Un haussement d'épaule. Une, deux, trois mèches s'envolent. « C'est très bien, ici. » Moins bien qu'à Olympia, oui. Moins bien qu'à la Mine, même. Mais il n'y avait ni les olympiens, ni les mineurs, et on ne la faisait pas encore trop chier, alors c'était mieux que n'importe où ailleurs. « Tu es ici depuis longtemps, toi ? Comment tu fais pour ne pas te lasser ? » Ah, ça - la grande interrogation.


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MessageSujet: Re: about the weather (malini)   Ven 8 Sep - 20:30

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Dans le monde d'avant, on prenait des précautions et des médicaments pour des maladies qu'on n'avait même pas. Dans le monde d'avant, on ne cherchait pas à être juste en santé, on cherchait à être heureux. Dans le monde d'avant... Elles en parlent comme d'une période historique qu'elles n'ont pas connu mais dont elles ont lu de vagues description dans des revues d'histoire. Un temps d'avant idéalisé où les gens se rappellent à peine avoir connu des personnes malveillantes, comme si tout le monde était un modèle à l'époque. Ça lui décroche toujours une expression sceptique car elle se rappelle qu'avant, elle n'avait pas fréquenté que des personnes recommandables.
Elle redresse la tête quand Arte le lui demande, laisse le médecin manipuler son visage et ses cheveux. Ça aussi ça lui rappelle un peu sa vie d'avant, quand une batterie de maquilleurs et de coiffeurs tiraient, coupaient, poudraient à longueur de journée. Malini n'a pas de miroir pour surveiller la progression, mais en même temps le résultat ne l'inquiétait pas vraiment. Même si un côté n'égalisait pas, ça n'aurait pas d'impact sur son devoir de recruteuse.

Arte commença le bref récit des circonstance qui l'amenaient au ranch, un récit qui faisait écho à la situation de Malini quand Abel Rhodes en personne l'avait également trouvée dans un coin, à attendre la fin. Elle aimerait hocher la tête mais se retient au dernier moment en se rappelant qu'on opère sur ses cheveux. À la place, elle répond. "On se tape tellement dessus ici, t'auras toujours des petits bobos à soigner en tout cas." N'en déplaise à Wyatt, les cavaliers avaient l'alcool facile et le sang parfois un peu chaud. Les querelles éclataient, souvent sans gravité, mais parfois, elles laissaient un hématome particulièrement laid qui ne disparaissait qu'au bout de trois semaines, comme elle en avait fait l'expérience après le coup qu'Abel lui avait donné.
"Ça fait un moment ouais. Trois ans à peu près." C'est long dans une chronologie post fin du monde. C'est suffisamment long pour s'attacher à un endroit et pourtant... Elle ne peut pas dire qu'elle aime le ranch de tout son coeur, elle ne peut pas manifester un total dévouement comme certaines personnes pour leur camp. "C'est même pas une question de se lasser, c'est une question de pas péter les plombs plutôt. Et c'est plutôt simple, je sors m'aérer l'esprit et ça fonctionne bien en général. Ou alors je gueule sur Abel, ça fonctionne aussi. Mais je le conseille pas du tout. Il a tendance à avoir un crochet du droit comme réflexe."
Bien sûr, elle avait d'autres moyens de se vider l'esprit, à l'époque avec Caden, ensuite avec Beckett, mais elle était loin d'avoir franchi la barrière des confessions. Et de toute façon, les conversations sur les amourettes, c'était le meilleur moyen pour l'ennuyer voire la mettre mal à l'aise. "Laisse moi deviner. T'es pas du genre à t'épanouir en société ? Si c'est le cas, ça devrait aller ici. Si tu fais chier personne, on va te laisser tranquille."

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MessageSujet: Re: about the weather (malini)   Sam 23 Sep - 0:16

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Les gens qui se tapent dessus ? « J'ai remarqué, » elle lâche, juste pour le commentaire. Elle se prend à l'exercice, a l'impression d'être dans un cours de théâtre. Elle joue au coiffeur et Malini, elle le sent, joue à la cliente. Ça n'est pas forcément inconfortable. Ça l'est moins que de jouer à la survivante, même si elle doit entre deux répliques se glisser à nouveau dans ce rôle-là. Ce n'est pas tant qu'elle le doive, en fait, c'est plutôt qu'il transperce, qu'il s'impose, se fraie un chemin jusqu'à la surface. Elle ne saurait pas parler de dégradé et de teintures de toutes façons, alors elle parle de ce qu'elle sait, presque sans filet. Arte, elle ne parle pas souvent, pas vraiment. « Ouais... Non, la vie en société c'est pas tellement mon truc. » C'était déjà un peu vrai avant l'épidémie, et elle a l'impression que c'est toujours le cas, que son besoin de tranquillité s'est amplifié. C'est faux : elle a plus que jamais besoin des autres, mais refuse de les laisser approcher. Elle est en besoin de contact humain ; avoir un ami lui manque terriblement. Elle ne reconnait juste pas ses carences.

Arte soupire, ses doigts glissant dans les cheveux de la jeune femme, « J'ai juste peur qu'on finisse par trop m'en demander. Tu comprends ? » Elle a l'impression qu'elle comprend, mais dès qu'Arte sent qu'enfin elle peut s'identifier à quelqu'un d'autre, qu'une autre personne sait peut-être ce qu'elle endure aussi, elle se referme. Un sourire à deux balles s'empare de ses lèvres. Il s'entend jusque dans sa voix quand la brune change de sujet. « Abel a pas l'air commode, quand même. Un type à problèmes. Non ? » Pas besoin de prendre des pincettes, tout le monde au ranch semble s'accorder sur ce point. « Ça doit être génétique... » elle plaisante entre deux coups de ciseaux. « Jenna aussi a son caractère. » On n'est pas sans savoir qu'Arte et Jenna ont partagé plusieurs moments ; elle était le médecin de la benjamine pendant sa grossesse à la mine, maintenant au ranch. « Par contre, le troisième Rhodes... » Elle hausse les épaules et se tait ; il lui semble qu'elle ne l'a jamais croisé. Son sujet a parfois été amené dans les rares conversations qu'elle a eues, parce qu''il était vétérinaire et s'occupait aussi des survivants, parce qu'elle le remplace, mais c'est tout. Elle esquisse encore un sourire et s'éloigne de Malini. « Je crois que j'ai fini ! Ça me parait plutôt droit, en plus. » Les ciseaux fermés, elle en pose les lames jointes dans le creux de sa paume. Les deux boucles sont tendues vers Malini. « Si tu veux bien... ? » Un deal, c'est un deal.


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MessageSujet: Re: about the weather (malini)   Lun 25 Sep - 20:19

about the weather
malini kapoor & arte p. mcmahon

« J'ai juste peur qu'on finisse par trop m'en demander. Tu comprends ? » Oh oui elle comprenait. Elle savait parfaitement ce que c'était que d'avoir la pression silencieuse des gens autour d'elle, fondant des attentes pas du tout claires et quémandant avec leurs regards. Les autres étaient tour à tour juges et bourreaux, prêts à critiquer et éliminer ce qui ne plaisait pas. Malini ne le sait même que trop bien, chaque recrutement est un moyen d'échapper à ce fourmillement d'espoirs indicibles.
Elle comprend mais elle ne le crie pas non plus pour autant. Ça ne paraît pas approprié, presque enfantin. Ce genre de copinage vient d'une époque révolue où quand les filles se coiffaient entre elles, c'était pour discuter de garçons qu'elles trouvaient à leur goût ou partager la même désaffection pour une personne à grand renfort de "moi aussiiiii", le signe ultime du début de l'amitié.
S'il est aussi question de cheveux maintenant, loin lui vient l'idée d'entamer une discussion sur les centres d'intérêt qu'elles partageraient. Alors elle se contente d'appuyer par un "hmm" approbateur. Malini, elle est pas très douée pour créer des relations positives. Elle joue toujours sur l'ambiguïté ou sur la haine, mais elle a du mal à parler spontanément avec quelqu'un, sauf avec Idyl peut-être. Peut-être parce que la jeune femme a de la spontanéité pour elles deux.

"Ils ont tous un problème dans cette famille." Et elle répond donc à la question sous entendue : comment est le troisième ? Sûrement pas la question à lui poser maintenant alors qu'elle est encore très remontée contre Caden. "Merci." Malini secoue un peu ses cheveux et balaie ses épaules du bout des doigts pour se débarrasser des petites mèches. Puis elle laisse la place à Arte et la déleste des ciseaux. Couper les cheveux, ça elle sait plus ou moins faire, apprenant sur le tas en observant la batterie de coiffeurs de l'époque où elle était mannequin. Elle avait pu aussi s'exercer sur Caden quand il avait besoin d'un rafraîchissement. "Je te les coupe comment ?" Elle trie un peu, démêle du mieux qu'elle peut avec ses doigts, puis reprend la mascarade du coiffeur et de la coiffée.
"Abel, il a un gros problème d'égo. Il supporte pas qu'on le contredise et il explose assez facilement. Jenna une tête de mule qui ne se remet jamais en question. Et Caden... Caden a un problème d'estime. Et bien d'autres problèmes, mais c'est une longue histoire et j'ai pas envie de t'emmerder avec ça." Elle ne sait pas d'où ça sort, ce besoin soudain d'en parler. Peut-être que ça vient du fait qu'elle n'a eu personne vers qui se tourner quand Caden était partie et quand elle avait déconné avec Bass ? Elle n'avait eu personne à qui raconter sans filtre ses tourments. Mais Arte ne lui semble pas forcément la personne indiquée. Elle-même l'a dit, elle n'est pas du genre à sociabiliser, et lui imposer ça, c'était lui imposer les fameuses attentes. "Mais ça, t'auras l'occasion de juger par toi-même."

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