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 (IV) à cœur ouvert + harrison

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Rory Wheeler
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MessageSujet: (IV) à cœur ouvert + harrison   Mar 30 Mai - 17:46

harrison & rory
«  à cœur ouvert.
L’ennui. C’est un sentiment tellement commun. Elle le connait par cœur. La vie n’est déjà que peu palpitante au détour des couloirs de la mine, alors, cloitrée dans un lit au confort relatif, sous la surveillance de Maxine. Elle a atteint les sommets. Elle fixe le plafond sinueux, soupirant à pleins poumons. Elle déteste ça, l’immobilité, l’impression d’impuissance. C’est n’est qu’un petit bobo, qu’elle se répète à elle-même et aux autres. À l’exception près qu’elle n’est pas comme tout le monde. Un petit bobo qui peut se transformer en amputation, lui rétorque souvent Maxine. Elle n’a pas tort et elle le sait pertinemment. Il n’empêche que ça l’agace, puis, elle n’aime pas laisser Reed sans surveillance. Les médocs et Reed, c’est son job, ici, son passe-temps. Son regard se détourne, fixant quelques instants le médecin à l’air préoccupé, et se reporte sur son mollet. Elle réprime une grimace. Un petit bobo pas vraiment joli, songe-t-elle, contemplant la plaie recousue et les hématomes marquant sa peau blanche. Si, seulement Reese savait, il paniquerait, il s’en voudrait aussi. Après tout, elle n’était pas obligée de le raccompagner à Olympia, pas obligée de croiser ce qui s’apparente à une horde miniature et pas obligée de se coincer la cheville dans la roche. Il ne saura donc pas, pas maintenant, après. Autant éviter de le tourmenter. Elle veut le préserver, comme toujours, c’est son job complémentaire.

Les minutes deviennent des heures, dans cet endroit clos, terne et silencieux. Elle est là depuis quoi ? Quelques jours ? Moins ? Aucune idée. En tout cas, la contemplation du plafond devient franchement lassante. Elle espère presque qu’un autre imprudent se blesse, qu’on lui tienne compagnie. C’est peut-être un peu trop égoïste tout de même, même pour Rory Wheeler. Elle hausse les épaules, ce n’est tout de même pas comme si elle souhaitait la mort de quelqu’un,  une simple blessure superficielle, un pied foulé, peu importe. Elle veut juste un compagnon de jeu, rien de plus. Son vœu reste cependant inexaucé. « J’ai faim. » Alors, elle se plaint, c’est ce qu’elle fait de mieux. « Je crois que tu me sous-alimentes, Maxine. » Elle ne répond pas, comme à son habitude, faisant abstraction de sa présence. Ah, si seulement elle pouvait poser le pied à terre sans subir cette douloureuse sensation lui vrillant le mollet, l’empêchant de marcher sans clopiner, elle se goinfrait. Bon, pas de sucre, évidemment, mais elle s’accorderait une fringale. Un son de pas empressés l’extirpe de ses pensées, lui indiquant que Maxine quitte les lieux, la privant désormais de sa présence. Donc, elle est seule. Elle n’a plus personne à qui faire part de ses remarques peu constructives. Elle soupire, encore, pour la millième fois de la journée. « J’en ai marre. » Marre. Elle pèse ses mots. L’écho de sa propre voix lui répond, pas que cependant, des bruissements perceptibles lui parvenant à leur tour. Elle se relève sans attendre, prenant appui sur ses coudes, les pupilles accrochant la silhouette d’Harrison Roe. « T’étais pas obligé. » De venir me voir, sous-entend. Après tout, elle l’a planté, lorsqu’il se trouvait à l’infirmerie. Mais, il n’est pas elle. Pas du tout. Et, qu’elle se l’avoue, elle s’attendait à le voir plus rapidement. Il est là, maintenant, c’est le principal. Elle ne sait pas pourquoi elle y attache tant d’importance. « T’aurais pu faire ta Rory Wheeler, tu sais. » Ou pas. Son orgueil en aurait pris un coup. Bien sûr, elle aurait prétendu le contraire, fait comme si de rien n’était. « Tu vas me sermonner ? » Elle lui jette un regard suspicieux. Pour une seule et unique fois qu’il ne s’obstinait pas à la suivre, à la protéger contre son gré, il lui arrive un pépin. Poisse. Karma. Appelez ça comme vous le voulez.  


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poor little thing.
There... Poor little things. You see them? Standing with their numbers on their blank, indifferent faces, Nuremberg in miniature, the ranks of painted wooden men... Poor dominoes. Your pretty empire took so long to build, now, with a snap of history's fingers down it goes.
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Harrison Roe
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MessageSujet: Re: (IV) à cœur ouvert + harrison   Mer 31 Mai - 17:33

Dès son retour à Hamilton, Josephine l’a ménagé. Et, d’euphémisme en euphémisme, Harrison n’a plus su discerner son inquiétude du calme plat. Il entend distinctement : elle est blessée. Puis un écho sommaire répète partout dans son crâne, dans sa cage thoracique et son ventre : elle va bien. Aux pupilles d’un vert vif, le mineur ne trouve aucune raison de ne pas la croire. Joe ne ferait pas l’erreur de sous-évaluer l’état de Rory, pas avec lui, aussi lui raconte-t-elle tout ce qu’elle sait, tout ce que Maxine lui a dit. Les deux femmes font exactement ce qu’elles ont promis, et si le médecin par devoir, l’éclaireuse par loyauté. Harrison est tout de suite soulagé de savoir que, même quand il n’est pas là, il s’en trouve d’autres pour veiller sur la jolie blonde. À en croire son admission à l’infirmerie, la protection n’est pas encore assez étroite, mais il n’y a rien qu’on puisse faire pour empêcher Rory Wheeler d’être butée, impulsive et cette fugueuse inconséquente… Du moment qu’elle est aux soins de Maxine, elle va bien.

C’est la sortie de Maxine qui le décide à entrer. Sur le seuil, Harrison hésitait. Il n’aurait su dire pourquoi, d’ailleurs. Peut-être est-ce à cause de leur dernière entrevue, au détour d’un ancien tunnel d’Hamilton, et qu’ils n’ont plus eu l’occasion d’être seuls – vraiment seuls – depuis lors. Peut-être se sent-il coupable de n’avoir pas été là, à la Mine, alors qu’elle entreprenait cette sordide escapade. Peut-être qu’il attendait l’opportunité d’être en tête-à-tête avec l’ancienne olympienne et que Maxine la lui offre.

Ils ne se disent pas grand-chose, bien qu’il y ait toujours un plaisir palpable, et réciproque, à se retrouver. Comme elle ne lui parle pas de Rory et qu’il ne lui demande rien non plus, tous les deux conviennent que ça ira ou quelque chose d’approchant. Et c’est à peu près tout, puisqu’il entre.

« Je me sens pas obligé, s’introduit-il sur un ton à la fois léger et bienveillant. » À mesure qu’il approche, Harrison inspecte Rory sans vraiment s’en cacher. Fidèle à elle-même, elle paraît plutôt crever d’ennui que de septicémie. Ça défait quelques nœuds d’angoisse dans la gorge de l’éclaireur, qui s’offre, en plus, l’audace d’un sourire. C’est vrai qu’il aurait pu faire sa Rory Wheeler (et, ce faisant, consacrer l’expression) cependant que ça ne lui ressemble pas le moins du monde. À chaque blessure recensée, il visite lui-même le mineur en question et, s’il est retenu ailleurs, il demande des nouvelles jusqu’à ce que l’on soit fixés sur son rétablissement ou sur sa mort certaine. Harrison est trop concerné. En permanence. Alors quand il s’agit d’elle… Il parvient tout juste à s’immobiliser à bonne distance – qui lui semble franchement insupportable, cela étant. « Non, s’amuse-t-il malgré tout, je ne vais pas te sermonner (en grande partie, non que l’envie lui manque mais car cela n’aurait aucun effet sur elle et ne lui ferait perdre du temps qu’à lui). Mais tu pouvais pas attendre que je rentre pour te faire escorter Dieu-sait-où, j’imagine ?... » Harrison ne le lui reproche. Bien sûr, il n’était pas là – les Jackals et leurs récents mouvements en direction de la Carrière l’ont occupé durant plusieurs jours où il n’est tout bonnement pas repassé par la Mine. Et, de toute façon, Rory est assez grande pour savoir quoi faire, quand sortir, comment rentrer. En théorie, du moins, elle l’est.
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Rory Wheeler
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MessageSujet: Re: (IV) à cœur ouvert + harrison   Lun 5 Juin - 22:30

harrison & rory
«  à cœur ouvert.
Elle l’attendait, Harrison, sans vraiment chercher à comprendre pourquoi. De toute façon, elle abandonne, c’est trop dur, elle a beau chercher réponses à ses questions, rien ne semble jamais la satisfaire pleinement, aucune explication ne trouve grâce à ses yeux. Pourtant, dieu sait ô combien elle s’est trituré l’esprit, ressassant en boucle l’épisode de leur dernière sortie, épisode pour le moins décontenançant et imprévu. Et puis, elle a sciemment choisi de ne plus y songer, enterrer le tout bien profondément, tout en évitant de trop le remuer. Ils n’ont pas vraiment abordé le sujet, parlé de ça, de ce qu’elle n’arrive pas à qualifier. Au final, ce n’est pas pour lui déplaire. Nier, faire semblant, c’est dans ses cordes, c’est simple, contrairement au reste. Les iris suivent la silhouette de l’éclaireur, ne s’en détachent pas, l’inspectent sous toutes les coutures. Il a l’air bien, lui, songe-t-elle brièvement, rassurée à son tour. Ce n’est pas comme si elle s’attendait au contraire ou, peut-être bien que si, rien n’est sûr à présent, le monde ne l’était déjà pas auparavant. Par sa faute, elle s’inquiète pour lui maintenant, lorsqu’il sort, lorsqu’il foule le sol du monde extérieur. Tout comme elle s’inquiète pour Mina, pour Reese. Si, elle n’est pas invincible, lui non plus. Elle n’apprécie pas ces nouveaux sentiments, les assimile seulement.

Elle est plutôt à demi-satisfaite, l’ex olympienne, d’entendre ces cinq mots. Je me sens pas obligé. Parce qu’elle n’a pas envie d’être un poids ou encore un fardeau déplaisant, elle ne le permettrait pas. Elle a trop souvent ressenti ça, elle ne l’aime pas, cette impression, cette sensation désagréable de n’être rien de plus qu’un tas d’ennuis. Oh, elle l’est, elle n’en doute pas, mais elle ne force personne à s’approprier ses propres contrariétés. Elle se veut indépendante, Rory, ce sont les autres, qui s’accrochent, qui s’obstinent à la protéger, jusqu’à en perdre patience. Mais, elle ne demande rien à personne, jamais. Et pourtant, elle a toujours la sensation d’être considérée comme la chose fragile qu’on se doit de préserver, sur laquelle il faut veiller. Elle n’a pas envie d’être ça, juste ça, aux yeux du mineur.
« Attendre, ce n’est pas vraiment dans mes cordes. » Doux euphémisme. L’attente tue surtout, alors non, elle ne pouvait pas patienter sagement, ne voulait pas, plutôt. Elle hausse les épaules, soupire, peut-être aurait-elle dû, pour une fois. Peut-être qu’elle se montrera désormais plus prudente, plus attentive, ou pas du tout. Après tout, elle est en un seul et unique morceau, non ? Fort à parier que la leçon ne sera pas retenue. « Il fallait que je vois mon frère. » C’était nécessaire, indispensable. Il lui manquait trop, il lui manque encore. Elle a ce besoin de se justifier pour une raison qui lui est inconnue. Elle se sent un peu stupide, elle ne lui doit rien, pas vrai ? « Mais, de toute évidence, je suis désormais trop habituée à la présence de mon accompagnateur personnel pour survivre sans. » Pour autant, ça ne l’empêchera pas de recommencer. Elle a survécu des années sans Harrison Roe, pourquoi est-ce que ça changerait maintenant ? Peut-être parce qu’elle s’est, inconsciemment, accommodée de l’éclaireur, du fait qu’il veille sur elle. Mais, il n’est pas toujours là, ne le sera pas, ne peut pas. Alors, cette idée lui déplait, l’idée de compter, sans même s’en rendre compte, sur quelqu’un d’autre. Et, elle doit le reconnaître, ce sentiment de solitude immense, s’étant imprégné de chaque parcelle de son être, tandis qu’elle se pensait vaincue, qu’elle se voyait déjà passer l’arme à gauche. « Donc, tout est de ta faute, encore une fois. » qu’elle plaisante, un semblant de sourire étirant le coin de ses lèvres. Tout est toujours de la faute d’Harrison, c’est bien connu. L’inquiétude qu’il l’oblige à ressentir, le baiser, la carapace fissurée, les sentiments étouffés, tout.   


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poor little thing.
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Harrison Roe
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MessageSujet: Re: (IV) à cœur ouvert + harrison   Jeu 15 Juin - 14:42

Il est aussi patient qu’elle est emportée. C’est à cela qu’il sert, qu’il lui sert. Il faut qu’Harrison l’accompagne, même quand c’est impossible. Ça l’est souvent, bien sûr, car ils ont leurs propres affectations, des quotidiens parallèles, parfois différés, des absences à répétition. Pourtant, il se surprend de plus en plus à penser à Rory. Un rien suffit. Une chose qu’il aimerait lui dire, une autre qu’il voudrait lui montrer. Se tenir dans le même endroit qu’elle lui suffit fréquemment. De moins en moins. L’éclaireur ne sait pas bien ce que ça signifie, sinon qu’il la souhaiterait constamment en sécurité. Avec lui. Il n’y a qu’à voir ce qui se produit quand il n’a pas le temps de veiller sur elle.

« Reese est au courant ? » Harrison demande spontanément. Il a tendances à croire que non, sans quoi l’olympien serait probablement claquemuré avec elle dans l’infirmerie d’Hamilton. Les deux hommes ne se connaissent pas bien (très peu, en vérité) et, néanmoins, le mineur la croit sur parole lorsque Rory lui dit qu’il fallait qu’elle le voit. Ce n’est pas une connexion qu’il minimise ou s’avise de sous-estimer, spécialement quand il pense à Ethel. Ça ne lui arrive presque plus. Ça n’arrive qu’au moment où, comme maintenant, on lui rappelle que certains ont des frères. Il a été le frère de quelqu’un, il connaît ça. Il ne l’est plus mais s’en souvient.

L’éclaireur n’a pas le temps de proposer, s’il est besoin, d’aller faire le messager. « Oh, j’ai été promu accompagnateur personnel... ? fait-il avec un petit air admiratif de sa propre légende. » Un sourire se délecte de l’ironie de la jeune femme. La main d’Harrison se tend vers un simili tabouret, qu’il tire à lui et sur lequel il s’assoit, près du lit. S’il est proche à pouvoir la toucher, il s’en abstient. « Je suis flatté. » Ses doigts sales tapotent sur sa cuisse. Il s’est installé comme s’il allait rester, comme si Rory voulait de sa compagnie, pour une minute ou pour une heure. Toujours crasseux de son excursion de plusieurs jours, il aurait assurément besoin d’un passage par la source souterraine. Et le voilà, qui plaide coupable, mi amusé et mi sérieux. « Tout est de ma faute, il répète. Et, en même temps… » L’enchaînement renforce son sourire. « C’était peut-être un test. » Il hausse les épaules, poussant le vice de sa récréation. « Ouais. Je voulais peut-être voir si t’étais capable de t’en sortir sans moi. » Ses sourcils se dressent très légèrement mais la lueur qui pétille dans le fond de ses rétines indique tout l’amusement qu’il tire d’avance. « Je préfère te dire tout de suite que tu l’as bien foiré, le test. »

Malgré tout, Harrison est soulagé. Elle est pratiquement intacte. Il s’est toujours cru capable d’estimer l’état d’une cheville… Pour s’être blessé plusieurs fois, quand on se plaisait encore à voir courir des sportifs dans des stades, il confirme ses soupçons et finit de se rassurer. De toute façon, la morgue de Rory Wheeler y suffirait sans mal.

Comme il réalise que son regard traîne (de manière de moins en moins clinique), le mineur se secoue, du râble jusqu’au crâne. Son rictus s’est un peu éteint, défait, quand il demande : « Tu veux quelque chose ? À manger ? À boire sinon ? » Et m’embrasser encore, tu veux bien ?
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Rory Wheeler
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MessageSujet: Re: (IV) à cœur ouvert + harrison   Ven 23 Juin - 17:28

harrison & rory
«  à cœur ouvert.
Elle ne répond pas, Rory, il n’y a pas besoin de mots, il devine plus que surement, c’est évident. Non, Reese n’est pas au courant, bien sûr que non. Ce n’est pas dans ses envies, de se retrouver avec un frère paniqué, culpabilisant à souhait de son infortune, assis à son chevet vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Elle l’imagine d’ici, cette scène grotesque. Elle n’a certainement pas besoin de ça, elle déteste être maternée, bichonnée, se sentir étouffée. Alors, elle garde le silence, ravisant au mieux son air coupable. Il ne saura pas, pas maintenant, peut-être jamais. Jamais lui semble être l’option parfaite. Ce qu’il ne sait pas ne peut pas l’atteindre, le peiner.

Il se prête au jeu, Harrison, avec une facilité indéniable. Elle sourit, encore, exploit du jour. Accompagnateur personnel, garde du corps indésirable, beaucoup de qualificatifs pour un seul homme. Il lui en faut peu, en tout cas, pour être flatté. Elle le détaille un instant, s’installant à ses côtés, les pupilles virevoltant de son visage tiré à ses doigts agités. Il a les traits tendus, fatigués, pourtant, il ne se départit que rarement de son rictus si caractéristique. Du Harrison Roe tout craché. Elle lui envie, parfois, son enthousiasme déconcertant, cette attitude positive. L’apocalypse lui sied mieux qu’à n’importe qui d’autre. Elle se redresse légèrement, s’enfonçant un peu plus au creux de l’oreiller moelleux. Un test. Elle fronce les sourcils, perplexe. « Depuis quand, est-ce que j’ai le droit à des tests surprises ? » Elle s’applique à adopter un air faussement outré, ce qui on ne peut plus facile, dans ses cordes. Il ne répond pas, enchaînant, sans se départir de sa dégaine joueuse. Foiré. C’est un fait certain, on en est loin, de la note maximale. Preuve en est sa cheville douloureuse. « Je dirais plutôt que je ne l’ai pas réussi avec franc succès. » Elle veut bien l’admettre. Rory la catastrophe, la maladroite, mais la chanceuse, tout de même. Moins chanceuse sans l’éclaireur, il semblerait. Elle l’admet moins. « Mais, je suis rentrée, amochée mais en vie, alors je pense que je mérite la moyenne. » Elle l’apprécie, sa présence, lui. Du moins, tant que la conversation ne dérape pas, n’embraye pas sur un terrain houleux. Ce qui ne perdurera pas indéfiniment, elle en a conscience. Elle n’est pas prête pour affronter ce qu’il s’est passé entre eux. C’est à peine si elle le définit, ce moment d’égarement.

Le silence sature soudainement la pièce, sans qu’elle n’arrive à le briser, sans qu’elle ne parvienne à rester de marbre. C’en est désagréable. Peut-être qu’elle est gênée, peut-être qu’elle rougit aussi, qui sait. Peut-être que le regard, pas tout à fait innocent, qu’il pose sur elle, l’empêche d’aligner deux pensées correctes. Beaucoup de peut-être, encore une fois. Et, ils ont l’air con, tous les deux. Il est là, le fameux terrain houleux. Celui dans lequel elle ne veut pas s’empêtrer. Il y a trop de choses à démêler entre eux, trop d’efforts à effectuer. Dieu sait que Rory Wheeler est partisane du strict minimum, l’effort moindre. Elle s’apprête à mettre un terme à ce mutisme désarmant, lèvres entrouvertes, mais c’est lui qui s’y colle, la devançant. « Parce qu’en plus d’être accompagnateur personnel, tu t’improvises également homme aux petits soins ? » Ou mineur entiché d’une ex-olympienne diabétique à l’humeur exécrable. Tiens, en voilà deux autres, de qualificatifs. « Tu peux me faire sortir d’ici, peut-être ? » échapper à Maxine. Elle a mal aux fesses, à force de rester vissée au lit. « Si ce n’est pas le cas, non, tu ne m’es pas utile. » Elle a l’impression qu’il ne l’écoute pas, qu’il est déconnecté du monde réel, le regard s’attardant sur elle, ses lèvres vermeilles, ses joues en feu. « Tu peux arrêter, éventuellement ? » Ou arrêter tout court


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MessageSujet: Re: (IV) à cœur ouvert + harrison   Aujourd'hui à 0:57

Harrison aurait préféré que ce ne soit qu’un test. Ça signifie qu’il aurait été là, pas loin, à la scruter depuis une cache sommaire, prêt à intervenir à la moindre difficulté En plus d’être légèrement présomptueux de sa part, c’est stupide, car Rory survivait à ce monde longtemps avant qu’il ne chaparde son insuline et ne fasse le choix douloureux de la lui rapporter. Elle n’a pas besoin de lui. Elle est indépendante. Arrogante, aussi, mais téméraire, déterminée. Et, surtout, elle n’a pas besoin de lui. Il se le répète une centaine de fois par jour, et deux fois ça quand il a le malheur de poser les yeux sur elle. Au moins son humeur est-elle plus supportable depuis qu’ils se sont embrassés. Seulement, ils font, par un accord tacite de volonté, comme s’il ne s’était rien passé et Harrison n’a pas su en parler à Josephine. Ils n’ont pas le temps pour ce genre de choses. Les évènements sont pressants, menaçants, une agitation de pré-guerre remue Hamilton. Longtemps, on a pensé s’armer contre la Carrière et, finalement, c’est près de Stonebriar qu’il a passés ces derniers jours. L’éclaireur sait déjà ce qu’Anita fera de ce qu’il a à dire et, d’ailleurs, c’est auprès d’elle qu’il devrait être, plutôt qu’ici avec Rory.

« Tu t’es lamentablement plantée, rit l’éclaireur en dépits des efforts de Rory pour le convaincre. Jamais je te donnerais la moyenne, même pas si… » Son nouvel éclat de rire se perd, tarit, quelque part dans sa gorge. Qu’est-ce qu’il allait dire, au juste, avant de se rattraper juste à temps ? Même si tu m’embrassais encore... ? Même si on était ensemble... ? Harrison se sent foutrement ridicule. Il n’a pas vraiment réfléchi à ce qu’il était sur le point de prononcer. Ç’aurait pu être ça ou n’importe quoi, en tous les cas rien que l’ex olympienne aurait voulu entendre. Alors, bouffé par son malaise, le regard du mineur dévie. Il fait semblant de s’amuser encore un peu. Il ne s’amuse plus tant.

Avant que ce ne soit franchement embarrassant, il s’invente une autre mission. C’est sans doute que lui-même a faim, soif. Puisque Rory va bien (aussi bien que possible) et qu’il est maintenant, dans le bastion d’Hamilton, en sécurité (aussi en sécurité que possible), ses besoins primaires ont l’autorisation de se remettre en marche. S’il n’était occupé à la détailler, il lui aurait sûrement déjà proposé à boire et à manger. Avec n’importe qui d’autre, c’est exactement ce qu’il aurait fait. Au lieu de quoi ses pupilles flottent et frôlent, dissimulent mal ce qui le traverse par les tempes. « Si tu crois que j’ai envie de me faire buter par Maxine… épingle-t-il un rictus amer à la commissure de ses lèvres. » Sa propre convalescence a non seulement été douloureuse mais quasi criminelle. Comme le médecin lui a assurément sauvé la vie contre son gré, il ne s’imagine pas une seule seconde braver ses recommandations pour les mille ou dix mille ans à venir. Aussi, oui, n’est-il d’aucune utilité à Rory Wheeler et ses sempiternelles envies de fuite.

Enfin, Harrison cligne des yeux. La fatigue picote. Il la chasse aisément, son regard dressé à hauteur de la blonde. « Arrêter quoi ? » Il sait très bien. Il n’a pas non plus l’audace de se peindre un air d’innocence. C’est très calmement que l’éclaireur demande. Il ne sourit même plus. Il veut seulement l’entendre le dire.
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