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 (IV) à cœur ouvert + harrison

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Rory Wheeler
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MessageSujet: (IV) à cœur ouvert + harrison   Mar 30 Mai - 17:46

harrison & rory
«  à cœur ouvert.
L’ennui. C’est un sentiment tellement commun. Elle le connait par cœur. La vie n’est déjà que peu palpitante au détour des couloirs de la mine, alors, cloitrée dans un lit au confort relatif, sous la surveillance de Maxine. Elle a atteint les sommets. Elle fixe le plafond sinueux, soupirant à pleins poumons. Elle déteste ça, l’immobilité, l’impression d’impuissance. C’est n’est qu’un petit bobo, qu’elle se répète à elle-même et aux autres. À l’exception près qu’elle n’est pas comme tout le monde. Un petit bobo qui peut se transformer en amputation, lui rétorque souvent Maxine. Elle n’a pas tort et elle le sait pertinemment. Il n’empêche que ça l’agace, puis, elle n’aime pas laisser Reed sans surveillance. Les médocs et Reed, c’est son job, ici, son passe-temps. Son regard se détourne, fixant quelques instants le médecin à l’air préoccupé, et se reporte sur son mollet. Elle réprime une grimace. Un petit bobo pas vraiment joli, songe-t-elle, contemplant la plaie recousue et les hématomes marquant sa peau blanche. Si, seulement Reese savait, il paniquerait, il s’en voudrait aussi. Après tout, elle n’était pas obligée de le raccompagner à Olympia, pas obligée de croiser ce qui s’apparente à une horde miniature et pas obligée de se coincer la cheville dans la roche. Il ne saura donc pas, pas maintenant, après. Autant éviter de le tourmenter. Elle veut le préserver, comme toujours, c’est son job complémentaire.

Les minutes deviennent des heures, dans cet endroit clos, terne et silencieux. Elle est là depuis quoi ? Quelques jours ? Moins ? Aucune idée. En tout cas, la contemplation du plafond devient franchement lassante. Elle espère presque qu’un autre imprudent se blesse, qu’on lui tienne compagnie. C’est peut-être un peu trop égoïste tout de même, même pour Rory Wheeler. Elle hausse les épaules, ce n’est tout de même pas comme si elle souhaitait la mort de quelqu’un,  une simple blessure superficielle, un pied foulé, peu importe. Elle veut juste un compagnon de jeu, rien de plus. Son vœu reste cependant inexaucé. « J’ai faim. » Alors, elle se plaint, c’est ce qu’elle fait de mieux. « Je crois que tu me sous-alimentes, Maxine. » Elle ne répond pas, comme à son habitude, faisant abstraction de sa présence. Ah, si seulement elle pouvait poser le pied à terre sans subir cette douloureuse sensation lui vrillant le mollet, l’empêchant de marcher sans clopiner, elle se goinfrait. Bon, pas de sucre, évidemment, mais elle s’accorderait une fringale. Un son de pas empressés l’extirpe de ses pensées, lui indiquant que Maxine quitte les lieux, la privant désormais de sa présence. Donc, elle est seule. Elle n’a plus personne à qui faire part de ses remarques peu constructives. Elle soupire, encore, pour la millième fois de la journée. « J’en ai marre. » Marre. Elle pèse ses mots. L’écho de sa propre voix lui répond, pas que cependant, des bruissements perceptibles lui parvenant à leur tour. Elle se relève sans attendre, prenant appui sur ses coudes, les pupilles accrochant la silhouette d’Harrison Roe. « T’étais pas obligé. » De venir me voir, sous-entend. Après tout, elle l’a planté, lorsqu’il se trouvait à l’infirmerie. Mais, il n’est pas elle. Pas du tout. Et, qu’elle se l’avoue, elle s’attendait à le voir plus rapidement. Il est là, maintenant, c’est le principal. Elle ne sait pas pourquoi elle y attache tant d’importance. « T’aurais pu faire ta Rory Wheeler, tu sais. » Ou pas. Son orgueil en aurait pris un coup. Bien sûr, elle aurait prétendu le contraire, fait comme si de rien n’était. « Tu vas me sermonner ? » Elle lui jette un regard suspicieux. Pour une seule et unique fois qu’il ne s’obstinait pas à la suivre, à la protéger contre son gré, il lui arrive un pépin. Poisse. Karma. Appelez ça comme vous le voulez.  


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poor little thing.
There... Poor little things. You see them? Standing with their numbers on their blank, indifferent faces, Nuremberg in miniature, the ranks of painted wooden men... Poor dominoes. Your pretty empire took so long to build, now, with a snap of history's fingers down it goes.
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Harrison Roe
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MessageSujet: Re: (IV) à cœur ouvert + harrison   Mer 31 Mai - 17:33

Dès son retour à Hamilton, Josephine l’a ménagé. Et, d’euphémisme en euphémisme, Harrison n’a plus su discerner son inquiétude du calme plat. Il entend distinctement : elle est blessée. Puis un écho sommaire répète partout dans son crâne, dans sa cage thoracique et son ventre : elle va bien. Aux pupilles d’un vert vif, le mineur ne trouve aucune raison de ne pas la croire. Joe ne ferait pas l’erreur de sous-évaluer l’état de Rory, pas avec lui, aussi lui raconte-t-elle tout ce qu’elle sait, tout ce que Maxine lui a dit. Les deux femmes font exactement ce qu’elles ont promis, et si le médecin par devoir, l’éclaireuse par loyauté. Harrison est tout de suite soulagé de savoir que, même quand il n’est pas là, il s’en trouve d’autres pour veiller sur la jolie blonde. À en croire son admission à l’infirmerie, la protection n’est pas encore assez étroite, mais il n’y a rien qu’on puisse faire pour empêcher Rory Wheeler d’être butée, impulsive et cette fugueuse inconséquente… Du moment qu’elle est aux soins de Maxine, elle va bien.

C’est la sortie de Maxine qui le décide à entrer. Sur le seuil, Harrison hésitait. Il n’aurait su dire pourquoi, d’ailleurs. Peut-être est-ce à cause de leur dernière entrevue, au détour d’un ancien tunnel d’Hamilton, et qu’ils n’ont plus eu l’occasion d’être seuls – vraiment seuls – depuis lors. Peut-être se sent-il coupable de n’avoir pas été là, à la Mine, alors qu’elle entreprenait cette sordide escapade. Peut-être qu’il attendait l’opportunité d’être en tête-à-tête avec l’ancienne olympienne et que Maxine la lui offre.

Ils ne se disent pas grand-chose, bien qu’il y ait toujours un plaisir palpable, et réciproque, à se retrouver. Comme elle ne lui parle pas de Rory et qu’il ne lui demande rien non plus, tous les deux conviennent que ça ira ou quelque chose d’approchant. Et c’est à peu près tout, puisqu’il entre.

« Je me sens pas obligé, s’introduit-il sur un ton à la fois léger et bienveillant. » À mesure qu’il approche, Harrison inspecte Rory sans vraiment s’en cacher. Fidèle à elle-même, elle paraît plutôt crever d’ennui que de septicémie. Ça défait quelques nœuds d’angoisse dans la gorge de l’éclaireur, qui s’offre, en plus, l’audace d’un sourire. C’est vrai qu’il aurait pu faire sa Rory Wheeler (et, ce faisant, consacrer l’expression) cependant que ça ne lui ressemble pas le moins du monde. À chaque blessure recensée, il visite lui-même le mineur en question et, s’il est retenu ailleurs, il demande des nouvelles jusqu’à ce que l’on soit fixés sur son rétablissement ou sur sa mort certaine. Harrison est trop concerné. En permanence. Alors quand il s’agit d’elle… Il parvient tout juste à s’immobiliser à bonne distance – qui lui semble franchement insupportable, cela étant. « Non, s’amuse-t-il malgré tout, je ne vais pas te sermonner (en grande partie, non que l’envie lui manque mais car cela n’aurait aucun effet sur elle et ne lui ferait perdre du temps qu’à lui). Mais tu pouvais pas attendre que je rentre pour te faire escorter Dieu-sait-où, j’imagine ?... » Harrison ne le lui reproche. Bien sûr, il n’était pas là – les Jackals et leurs récents mouvements en direction de la Carrière l’ont occupé durant plusieurs jours où il n’est tout bonnement pas repassé par la Mine. Et, de toute façon, Rory est assez grande pour savoir quoi faire, quand sortir, comment rentrer. En théorie, du moins, elle l’est.
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Rory Wheeler
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MessageSujet: Re: (IV) à cœur ouvert + harrison   Lun 5 Juin - 22:30

harrison & rory
«  à cœur ouvert.
Elle l’attendait, Harrison, sans vraiment chercher à comprendre pourquoi. De toute façon, elle abandonne, c’est trop dur, elle a beau chercher réponses à ses questions, rien ne semble jamais la satisfaire pleinement, aucune explication ne trouve grâce à ses yeux. Pourtant, dieu sait ô combien elle s’est trituré l’esprit, ressassant en boucle l’épisode de leur dernière sortie, épisode pour le moins décontenançant et imprévu. Et puis, elle a sciemment choisi de ne plus y songer, enterrer le tout bien profondément, tout en évitant de trop le remuer. Ils n’ont pas vraiment abordé le sujet, parlé de ça, de ce qu’elle n’arrive pas à qualifier. Au final, ce n’est pas pour lui déplaire. Nier, faire semblant, c’est dans ses cordes, c’est simple, contrairement au reste. Les iris suivent la silhouette de l’éclaireur, ne s’en détachent pas, l’inspectent sous toutes les coutures. Il a l’air bien, lui, songe-t-elle brièvement, rassurée à son tour. Ce n’est pas comme si elle s’attendait au contraire ou, peut-être bien que si, rien n’est sûr à présent, le monde ne l’était déjà pas auparavant. Par sa faute, elle s’inquiète pour lui maintenant, lorsqu’il sort, lorsqu’il foule le sol du monde extérieur. Tout comme elle s’inquiète pour Mina, pour Reese. Si, elle n’est pas invincible, lui non plus. Elle n’apprécie pas ces nouveaux sentiments, les assimile seulement.

Elle est plutôt à demi-satisfaite, l’ex olympienne, d’entendre ces cinq mots. Je me sens pas obligé. Parce qu’elle n’a pas envie d’être un poids ou encore un fardeau déplaisant, elle ne le permettrait pas. Elle a trop souvent ressenti ça, elle ne l’aime pas, cette impression, cette sensation désagréable de n’être rien de plus qu’un tas d’ennuis. Oh, elle l’est, elle n’en doute pas, mais elle ne force personne à s’approprier ses propres contrariétés. Elle se veut indépendante, Rory, ce sont les autres, qui s’accrochent, qui s’obstinent à la protéger, jusqu’à en perdre patience. Mais, elle ne demande rien à personne, jamais. Et pourtant, elle a toujours la sensation d’être considérée comme la chose fragile qu’on se doit de préserver, sur laquelle il faut veiller. Elle n’a pas envie d’être ça, juste ça, aux yeux du mineur.
« Attendre, ce n’est pas vraiment dans mes cordes. » Doux euphémisme. L’attente tue surtout, alors non, elle ne pouvait pas patienter sagement, ne voulait pas, plutôt. Elle hausse les épaules, soupire, peut-être aurait-elle dû, pour une fois. Peut-être qu’elle se montrera désormais plus prudente, plus attentive, ou pas du tout. Après tout, elle est en un seul et unique morceau, non ? Fort à parier que la leçon ne sera pas retenue. « Il fallait que je vois mon frère. » C’était nécessaire, indispensable. Il lui manquait trop, il lui manque encore. Elle a ce besoin de se justifier pour une raison qui lui est inconnue. Elle se sent un peu stupide, elle ne lui doit rien, pas vrai ? « Mais, de toute évidence, je suis désormais trop habituée à la présence de mon accompagnateur personnel pour survivre sans. » Pour autant, ça ne l’empêchera pas de recommencer. Elle a survécu des années sans Harrison Roe, pourquoi est-ce que ça changerait maintenant ? Peut-être parce qu’elle s’est, inconsciemment, accommodée de l’éclaireur, du fait qu’il veille sur elle. Mais, il n’est pas toujours là, ne le sera pas, ne peut pas. Alors, cette idée lui déplait, l’idée de compter, sans même s’en rendre compte, sur quelqu’un d’autre. Et, elle doit le reconnaître, ce sentiment de solitude immense, s’étant imprégné de chaque parcelle de son être, tandis qu’elle se pensait vaincue, qu’elle se voyait déjà passer l’arme à gauche. « Donc, tout est de ta faute, encore une fois. » qu’elle plaisante, un semblant de sourire étirant le coin de ses lèvres. Tout est toujours de la faute d’Harrison, c’est bien connu. L’inquiétude qu’il l’oblige à ressentir, le baiser, la carapace fissurée, les sentiments étouffés, tout.   


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Harrison Roe
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MessageSujet: Re: (IV) à cœur ouvert + harrison   Jeu 15 Juin - 14:42

Il est aussi patient qu’elle est emportée. C’est à cela qu’il sert, qu’il lui sert. Il faut qu’Harrison l’accompagne, même quand c’est impossible. Ça l’est souvent, bien sûr, car ils ont leurs propres affectations, des quotidiens parallèles, parfois différés, des absences à répétition. Pourtant, il se surprend de plus en plus à penser à Rory. Un rien suffit. Une chose qu’il aimerait lui dire, une autre qu’il voudrait lui montrer. Se tenir dans le même endroit qu’elle lui suffit fréquemment. De moins en moins. L’éclaireur ne sait pas bien ce que ça signifie, sinon qu’il la souhaiterait constamment en sécurité. Avec lui. Il n’y a qu’à voir ce qui se produit quand il n’a pas le temps de veiller sur elle.

« Reese est au courant ? » Harrison demande spontanément. Il a tendances à croire que non, sans quoi l’olympien serait probablement claquemuré avec elle dans l’infirmerie d’Hamilton. Les deux hommes ne se connaissent pas bien (très peu, en vérité) et, néanmoins, le mineur la croit sur parole lorsque Rory lui dit qu’il fallait qu’elle le voit. Ce n’est pas une connexion qu’il minimise ou s’avise de sous-estimer, spécialement quand il pense à Ethel. Ça ne lui arrive presque plus. Ça n’arrive qu’au moment où, comme maintenant, on lui rappelle que certains ont des frères. Il a été le frère de quelqu’un, il connaît ça. Il ne l’est plus mais s’en souvient.

L’éclaireur n’a pas le temps de proposer, s’il est besoin, d’aller faire le messager. « Oh, j’ai été promu accompagnateur personnel... ? fait-il avec un petit air admiratif de sa propre légende. » Un sourire se délecte de l’ironie de la jeune femme. La main d’Harrison se tend vers un simili tabouret, qu’il tire à lui et sur lequel il s’assoit, près du lit. S’il est proche à pouvoir la toucher, il s’en abstient. « Je suis flatté. » Ses doigts sales tapotent sur sa cuisse. Il s’est installé comme s’il allait rester, comme si Rory voulait de sa compagnie, pour une minute ou pour une heure. Toujours crasseux de son excursion de plusieurs jours, il aurait assurément besoin d’un passage par la source souterraine. Et le voilà, qui plaide coupable, mi amusé et mi sérieux. « Tout est de ma faute, il répète. Et, en même temps… » L’enchaînement renforce son sourire. « C’était peut-être un test. » Il hausse les épaules, poussant le vice de sa récréation. « Ouais. Je voulais peut-être voir si t’étais capable de t’en sortir sans moi. » Ses sourcils se dressent très légèrement mais la lueur qui pétille dans le fond de ses rétines indique tout l’amusement qu’il tire d’avance. « Je préfère te dire tout de suite que tu l’as bien foiré, le test. »

Malgré tout, Harrison est soulagé. Elle est pratiquement intacte. Il s’est toujours cru capable d’estimer l’état d’une cheville… Pour s’être blessé plusieurs fois, quand on se plaisait encore à voir courir des sportifs dans des stades, il confirme ses soupçons et finit de se rassurer. De toute façon, la morgue de Rory Wheeler y suffirait sans mal.

Comme il réalise que son regard traîne (de manière de moins en moins clinique), le mineur se secoue, du râble jusqu’au crâne. Son rictus s’est un peu éteint, défait, quand il demande : « Tu veux quelque chose ? À manger ? À boire sinon ? » Et m’embrasser encore, tu veux bien ?
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Rory Wheeler
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MessageSujet: Re: (IV) à cœur ouvert + harrison   Ven 23 Juin - 17:28

harrison & rory
«  à cœur ouvert.
Elle ne répond pas, Rory, il n’y a pas besoin de mots, il devine plus que surement, c’est évident. Non, Reese n’est pas au courant, bien sûr que non. Ce n’est pas dans ses envies, de se retrouver avec un frère paniqué, culpabilisant à souhait de son infortune, assis à son chevet vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Elle l’imagine d’ici, cette scène grotesque. Elle n’a certainement pas besoin de ça, elle déteste être maternée, bichonnée, se sentir étouffée. Alors, elle garde le silence, ravisant au mieux son air coupable. Il ne saura pas, pas maintenant, peut-être jamais. Jamais lui semble être l’option parfaite. Ce qu’il ne sait pas ne peut pas l’atteindre, le peiner.

Il se prête au jeu, Harrison, avec une facilité indéniable. Elle sourit, encore, exploit du jour. Accompagnateur personnel, garde du corps indésirable, beaucoup de qualificatifs pour un seul homme. Il lui en faut peu, en tout cas, pour être flatté. Elle le détaille un instant, s’installant à ses côtés, les pupilles virevoltant de son visage tiré à ses doigts agités. Il a les traits tendus, fatigués, pourtant, il ne se départit que rarement de son rictus si caractéristique. Du Harrison Roe tout craché. Elle lui envie, parfois, son enthousiasme déconcertant, cette attitude positive. L’apocalypse lui sied mieux qu’à n’importe qui d’autre. Elle se redresse légèrement, s’enfonçant un peu plus au creux de l’oreiller moelleux. Un test. Elle fronce les sourcils, perplexe. « Depuis quand, est-ce que j’ai le droit à des tests surprises ? » Elle s’applique à adopter un air faussement outré, ce qui on ne peut plus facile, dans ses cordes. Il ne répond pas, enchaînant, sans se départir de sa dégaine joueuse. Foiré. C’est un fait certain, on en est loin, de la note maximale. Preuve en est sa cheville douloureuse. « Je dirais plutôt que je ne l’ai pas réussi avec franc succès. » Elle veut bien l’admettre. Rory la catastrophe, la maladroite, mais la chanceuse, tout de même. Moins chanceuse sans l’éclaireur, il semblerait. Elle l’admet moins. « Mais, je suis rentrée, amochée mais en vie, alors je pense que je mérite la moyenne. » Elle l’apprécie, sa présence, lui. Du moins, tant que la conversation ne dérape pas, n’embraye pas sur un terrain houleux. Ce qui ne perdurera pas indéfiniment, elle en a conscience. Elle n’est pas prête pour affronter ce qu’il s’est passé entre eux. C’est à peine si elle le définit, ce moment d’égarement.

Le silence sature soudainement la pièce, sans qu’elle n’arrive à le briser, sans qu’elle ne parvienne à rester de marbre. C’en est désagréable. Peut-être qu’elle est gênée, peut-être qu’elle rougit aussi, qui sait. Peut-être que le regard, pas tout à fait innocent, qu’il pose sur elle, l’empêche d’aligner deux pensées correctes. Beaucoup de peut-être, encore une fois. Et, ils ont l’air con, tous les deux. Il est là, le fameux terrain houleux. Celui dans lequel elle ne veut pas s’empêtrer. Il y a trop de choses à démêler entre eux, trop d’efforts à effectuer. Dieu sait que Rory Wheeler est partisane du strict minimum, l’effort moindre. Elle s’apprête à mettre un terme à ce mutisme désarmant, lèvres entrouvertes, mais c’est lui qui s’y colle, la devançant. « Parce qu’en plus d’être accompagnateur personnel, tu t’improvises également homme aux petits soins ? » Ou mineur entiché d’une ex-olympienne diabétique à l’humeur exécrable. Tiens, en voilà deux autres, de qualificatifs. « Tu peux me faire sortir d’ici, peut-être ? » échapper à Maxine. Elle a mal aux fesses, à force de rester vissée au lit. « Si ce n’est pas le cas, non, tu ne m’es pas utile. » Elle a l’impression qu’il ne l’écoute pas, qu’il est déconnecté du monde réel, le regard s’attardant sur elle, ses lèvres vermeilles, ses joues en feu. « Tu peux arrêter, éventuellement ? » Ou arrêter tout court


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MessageSujet: Re: (IV) à cœur ouvert + harrison   Lun 26 Juin - 0:57

Harrison aurait préféré que ce ne soit qu’un test. Ça signifie qu’il aurait été là, pas loin, à la scruter depuis une cache sommaire, prêt à intervenir à la moindre difficulté En plus d’être légèrement présomptueux de sa part, c’est stupide, car Rory survivait à ce monde longtemps avant qu’il ne chaparde son insuline et ne fasse le choix douloureux de la lui rapporter. Elle n’a pas besoin de lui. Elle est indépendante. Arrogante, aussi, mais téméraire, déterminée. Et, surtout, elle n’a pas besoin de lui. Il se le répète une centaine de fois par jour, et deux fois ça quand il a le malheur de poser les yeux sur elle. Au moins son humeur est-elle plus supportable depuis qu’ils se sont embrassés. Seulement, ils font, par un accord tacite de volonté, comme s’il ne s’était rien passé et Harrison n’a pas su en parler à Josephine. Ils n’ont pas le temps pour ce genre de choses. Les évènements sont pressants, menaçants, une agitation de pré-guerre remue Hamilton. Longtemps, on a pensé s’armer contre la Carrière et, finalement, c’est près de Stonebriar qu’il a passés ces derniers jours. L’éclaireur sait déjà ce qu’Anita fera de ce qu’il a à dire et, d’ailleurs, c’est auprès d’elle qu’il devrait être, plutôt qu’ici avec Rory.

« Tu t’es lamentablement plantée, rit l’éclaireur en dépits des efforts de Rory pour le convaincre. Jamais je te donnerais la moyenne, même pas si… » Son nouvel éclat de rire se perd, tarit, quelque part dans sa gorge. Qu’est-ce qu’il allait dire, au juste, avant de se rattraper juste à temps ? Même si tu m’embrassais encore... ? Même si on était ensemble... ? Harrison se sent foutrement ridicule. Il n’a pas vraiment réfléchi à ce qu’il était sur le point de prononcer. Ç’aurait pu être ça ou n’importe quoi, en tous les cas rien que l’ex olympienne aurait voulu entendre. Alors, bouffé par son malaise, le regard du mineur dévie. Il fait semblant de s’amuser encore un peu. Il ne s’amuse plus tant.

Avant que ce ne soit franchement embarrassant, il s’invente une autre mission. C’est sans doute que lui-même a faim, soif. Puisque Rory va bien (aussi bien que possible) et qu’il est maintenant, dans le bastion d’Hamilton, en sécurité (aussi en sécurité que possible), ses besoins primaires ont l’autorisation de se remettre en marche. S’il n’était occupé à la détailler, il lui aurait sûrement déjà proposé à boire et à manger. Avec n’importe qui d’autre, c’est exactement ce qu’il aurait fait. Au lieu de quoi ses pupilles flottent et frôlent, dissimulent mal ce qui le traverse par les tempes. « Si tu crois que j’ai envie de me faire buter par Maxine… épingle-t-il un rictus amer à la commissure de ses lèvres. » Sa propre convalescence a non seulement été douloureuse mais quasi criminelle. Comme le médecin lui a assurément sauvé la vie contre son gré, il ne s’imagine pas une seule seconde braver ses recommandations pour les mille ou dix mille ans à venir. Aussi, oui, n’est-il d’aucune utilité à Rory Wheeler et ses sempiternelles envies de fuite.

Enfin, Harrison cligne des yeux. La fatigue picote. Il la chasse aisément, son regard dressé à hauteur de la blonde. « Arrêter quoi ? » Il sait très bien. Il n’a pas non plus l’audace de se peindre un air d’innocence. C’est très calmement que l’éclaireur demande. Il ne sourit même plus. Il veut seulement l’entendre le dire.
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Rory Wheeler
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Hurlements : 413
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MessageSujet: Re: (IV) à cœur ouvert + harrison   Ven 30 Juin - 13:26

harrison & rory
«  à cœur ouvert.
Elle s’avoue vaincue, chose rare. Elle s’est plantée, c’est un fait. Elle a risqué sa vie, comme toujours, et cette fois aurait pu être la fois de trop. Mais, ce n’est pas le cas. Elle respire, elle survit, encore et inlassablement. Elle reste sur pieds (enfin, presque), toujours aussi têtue et butée. Ce n’est pas cet accident qui l’empêchera de recommencer. Elle n’a pas froid aux yeux, jamais, elle se rit du danger, trop souvent. Ça lui coûtera la vie, tôt ou tard, elle en a conscience plus que quiconque d’ailleurs. Elle n’arrive pourtant pas à faire des efforts. Elle le devrait, pour son frère au moins, son frère qui ne survivrait pas à son décès. Mais, c’est trop en demander. Égoïste jusqu’au bout.

Elle sourit brièvement, elle n’obtiendra donc rien de lui, rien ne rimant avec désobéissance et fuite improvisée de l’infirmerie. Tant pis. Maxine, le cerbère de ces lieux. Elle ne paye pas de mine, c’est certain. Plus une connaissance, à la limite une colocataire – forcée -, qu’un véritable lien amical, leur relation se résume au simple fait que Rory est diabétique, ni plus ni moins. Pour sûr que le choix d’Anita vis-à-vis du dortoir est réfléchi et on ne peut plus stratégique. Elle essaie de ne pas trop l’accaparer, la mineuse, en règle générale en tout cas (et dans la mesure possible). Mais, en l’occurrence, elle ne peut s’y résoudre, surtout depuis qu’elle crève d’ennuis, confinée dans cette infirmerie de fortune. Alors, elle subit, le médecin, comme tout le monde, comme Harrison subit si bien. Et, c’est tout. Elle ne fait de cadeaux à personne, l’ex Olympienne, refourguant sa sale humeur à qui veut bien – ou pas – l’entendre, l’intercepter. Etonnement, coïncidence ou non, plus non qu’autre chose à vrai dire, elle est plus douce, Rory, plus amène, depuis qu’il est là, l’éclaireur, depuis qu’il a franchi le seuil de la pièce. La mauvaise humeur ravisée au placard. Autant continuer à miser sur la coïncidence et la mauvaise foi cependant, on ne change pas une équipe qui gagne.

Ce n’est pas que le regard d’Harrison lui déplaît, c’est surtout qu’il la surprend tout autant qu’il l’embarrasse, qu’il lui porte confusion. Elle fronce les sourcils, peut-être un peu agacée. Arrêter quoi ? Il sait bien quoi. À moins qu’il ne soit soudainement dépourvu de toute intelligence. « Tu sais pertinemment de quoi je parle. » Elle presse ses paumes l’une contre l’autre, nerveuse, les phalanges entremêlées s’agitant. Elle ne veut pas en parler, elle le doit, mais ce n’est pas pour autant que l’envie est là. Ils devraient continuer à faire semblant, c’est pratique. Il ne semble pas de cet avis pourtant. Ils ne sont jamais du même avis, c’est bien connu. « De me regarder comme tu le fais. » Elle cède finalement, sans trop se mouiller non plus. Elle se contente de fixer ses mains, pas bien certaine de vouloir croiser les prunelles de l’éclaireur. « C’est un peu gênant. » Beaucoup. C’est surtout qu’elle a pour habitude d’ignorer ce genre de regard, celui des hommes, celui de ceux qui sont attachés à elle. Mais, cette fois, c’est un peu différent, elle n’a pas réellement envie d’éclipser celui-là, parce que ça lui importe peut-être. Parce qu’elle aime, éventuellement, se sentir exister aux yeux d’Harrison, avoir le sentiment de compter. Mais, encore une fois, tout est une question de peut-être et d’éventualités. Elle n’est pas forcément prête à lui rendre la pareille, à s’attacher encore un peu plus. « Mais de toute façon, ce n’est pas comme si tu comptais m’écouter. » Parce qu’il a probablement compris qu’il se devait de la pousser dans ses retranchements. Sans ça, il n’obtiendra jamais rien d’elle. « Déjà que tu n’as pas arrêté d’être toi depuis la dernière fois. » L'allusion à leur dernière sortie n'est pas voilée, pas même un peu. En même temps, il ne peut en être autrement, elle le sait. Mais, c’est ce qu’elle lui reproche précisément, ce qu’elle lui a déjà reproché auparavant. Il est lui, il est cette personne qui commence doucement mais surement à s’immiscer dans son quotidien, s’y faire une place et pour ça, elle le déteste peut-être un peu.


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Harrison Roe
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MessageSujet: Re: (IV) à cœur ouvert + harrison   Ven 30 Juin - 15:45

Des années auparavant, on disait d’Harrison Roe qu’il n’était pas sérieux. En dépits de toutes ses autres qualités, on avait, pour lui, que ce mot à la bouche : un peu de sérieux, Harrison, ; tu seras bien obligé de le prendre au sérieux, un jour ; Harrison, je suis sérieuse. Son entourage l’était souvent. Il ne fallait pas trop sourire. Il fallait s’inquiéter. Il fallait agir pour une bonne raison. Il ne fallait pas regarder, ou le faire sans aucune insistance. Tout est devenu un prétexte à la dérision, par provocation et par instinct de survie. Un jour, il avait complètement cessé de prendre quoi que ce soit au sérieux. Il était insouciant. Optimiste. Désinvolte. Libre. Il ne s’excusait plus de sa substance et, quelques fois, il en était même fier. On aurait dit qu’il se fichait de tout et, paradoxalement, tout lui était nettement plus agréable qu’à la plupart des autres. Harrison n’a plus jamais été autrement, comme si un sourire invincible et un air de tranquillité soufflaient pour lui que rien n’est grave.

« Tu sais pertinemment de quoi je parle.
- Non, je ne sais pas, il rétorque sérieusement. »

Depuis le confort sommaire de sa couche, la nervosité de l’olympienne est palpable et l’éclaireur sait bien qu’il arpente un fil peu solide. À tout moment, la tension pourrait le rompre ; Rory est douée au jeu qui consiste à casser la ligne de vie qui va d’elle jusqu’à lui (à moins que la source et la destination ne soient inversées). « Et comment je te regarde ? il demande aussitôt qu’elle lâche. » À chaque fois, Harrison ne lui offre qu’une fraction de seconde de répit. Son expression est indéchiffrable, assez fermée pour l’homme qu’il est toujours. Il aimerait savoir ce qu’elle en pense… Comment est son regard ? est-ce qu’il a l’air sérieux ? est-ce qu’il la regarde comme s’il en avait quelque chose à foutre ? Le mineur n’aurait pas honte. Il n’a pas honte. Et puis on a trop tendances à s’enfuir pour qu’il se prive, même un instant, de l’observer. Demain, plus tard ou tout à l’heure, elle ne sera plus là. Ce sera comme si elle n’avait jamais existé. Il ne voudra pas s’y résoudre, mais ce sera le cas. Alors pourquoi ne pas la regarder, maintenant, de tout son soûl ? Et que la jolie blonde soit prévenue, il n’admettra rien d’aussi trivial que c’est gênant.

Pratiquement de défi, les pupilles d’Harrison la détaillent. Rory mélange très habilement une pointe d’agacement et une marée de lassitude ; elle semble toujours en avoir marre de lui, y compris quand elle vient de l’embrasser, quand c’est elle qui l’a fait alors qu’il ne l’obligeait pas. Ça ne procure aucune envie d’agir comme elle le veut, de rompre avec soi-même. Le plaisir d’être soi est décuplé. « Tu te trompes vraiment sur mon compte… il réplique après un moment. Regarde. » Les semelles plantées sur le sol de l’infirmerie, il pivote sur le tabouret fixe. L’allure grotesque comme il se tortille sur son siège, il lui faut plusieurs secondes pour complètement se tourner et montrer son dos à l’ancienne olympienne. « C’est pas facile, tu sais… ça fait plus de trente ans que je suis comme ça, laisse-moi le temps, aussi. » Bruyamment, il soupire, son sourire invisible – encore qu’on le sente dans le délié des mots. « Voilà, je n’te regarde plus ! Contente ? » Ça n’a pas d’importance car il a Rory Wheeler d’inscrit dans la rétine. En plus, il aime se moquer d’elle, la taquiner, lui rendre gentiment son sarcasme et son sale caractère. Avec elle non plus, Harrison ne sait pas être totalement sérieux. D’ailleurs, il ne vaut mieux pas car tout ce cinéma n’a qu’un but : le protéger.

Et, comme il lui présente sa nuque, il ne craint pas une seconde de dire : « En fait, tu as raison : c'est mieux comme ça. J'ai moins envie de t'embrasser quand je t'ai pas sous les yeux. »
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Rory Wheeler
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MessageSujet: Re: (IV) à cœur ouvert + harrison   Sam 8 Juil - 22:38

harrison & rory
«  à cœur ouvert.
Il ne lui facilite pas la tâche, Harrison, ne lui offrant que peu de répit, rétorquant d’emblée. Et, l’agacement est palpable, tout comme la nervosité on ne peut plus lisible déformant ses traits. Aussi tenace qu’elle est de mauvaise foi. Elle croise ses bras contre sa poitrine, peu satisfaite, signe de son mécontentement. Comment je te regarde ? Elle n’a pas envie de répondre à cette question, elle n’y répond pas d’ailleurs, l’ignorant avec soin. Trop, déjà, il la regarde trop. Trop longtemps, trop pleinement. C’est difficile à décrire, à expliquer. Il n’a pas ce regard conventionnel, ce regard sans aucune ambiguïté, c’est tout. Et, elle ne sait pas quoi faire de ses œillades prononcées et encombrantes. Elle aimerait que ce soit simple, ça ne l’est pas, pas pour elle en tout cas. Pour lui, ça semble facile, évident.

Elle n’a pas totalement conscience que ses mots ne font que renforcer l’obstination de l’éclaireur. Elle roule des yeux alors que ses pupilles la toisent toujours un peu plus. Il est irrécupérable. À croire qu’il voue désormais son existence à la contrarier de toutes les façons possibles et inimaginables. Ce n’est guère difficile en soi, tout le monde agace Rory Wheeler, lui encore plus, à un tout autre degré. Le véritable nœud du problème, c’est qu’il l’exaspère tout autant qu’elle le souhaite à ses côtés. Le paradoxe même. Le sourire qu’il lui arrache, tandis qu’il s’exécute au pied de la lettre, ne la regardant ainsi plus, il ne le verra jamais, n’en tirera pas satisfaction. Elle soupire, pour conserver les apparences malgré la pointe d’hilarité passagère. Il se moque, sans honte, sans même s’en cacher. « Tu es exaspérant à souhait. » qu’elle rétorque, fixant son dos. Et, surement qu’il n’est pas prêt de changer, en même temps, est-ce qu’elle souhaite vraiment ? Elle est tiraillée, en conflit avec elle-même. « Trente ans d’exaspération c’est long. Tu te supportes encore toi-même ? » Parfois, son esprit s’égare à se demander ce qu’il était autrefois, avant tout ce merdier. Elle ne sait pas grand-chose de lui. Peut-être que c’est le dernier point lui permettant de garder encore ses distances, ne pas trop s’attacher. Plus on en sait, plus on s’accroche, plus on s’expose.

Et, il recommence, à la gêner, volontairement bien sûr. Quel en serait le plaisir sinon ? Le baiser, le sujet fâcheux. Celui qu’ils évitent. Ce n’est pas qu’elle n’a pas apprécié, ou même qu’elle n’a pas envie de réitérer le geste. C’est surtout que ça ne doit pas se reproduire. En fin de compte, elle sait qu’elle ne peut que se jeter la pierre, après tout, elle a cédé la première. Elle ne l’admet pas franchement. « Je pensais qu’on avait un accord tacite, consistant à ne pas aborder ce sujet précis, je me trompais je suppose. » à moins qu’elle ne l’ait instauré toute seule, cet accord, obligeant le mineur à s’y soumettre également. Sauf qu’il n’est pas coopératif, pas sur le long terme. Elle tire la moue, mal à l’aise, pas bien certaine de quelle manière elle est supposée agir, ni même de quelle manière elle a bien envie d’agir.  Elle est prise entre deux feux et ce serait mentir que de prétendre que recommencer, se perdre un peu plus aux côtés d’Harrison, ne lui a jamais traversé à nouveau l’esprit. C’est exactement pour cette raison qu’elle a enterré le sujet. Et lui, il ne lui faut que quelques secondes pour raviver cet instant. « Tu m’énerves, à me dire ça, à me balancer ça comme ça. Est-ce que j’en fais de même ? Non, parce que j’évite de te mettre mal à l’aise moi au moins. » De toute évidence, elle a trop de réserve et lui, pas assez. Enfin, quand il s’agit de la pousser dans ses retranchements, il est passé expert dans le domaine. Qu'elle le veuille ou non, il a ce talent pour la faire parler ou même agir.


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Harrison Roe
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MessageSujet: Re: (IV) à cœur ouvert + harrison   Lun 10 Juil - 1:23

Sait-il encore se tolérer ? À cette question, il existe une réponse sérieuse. Elle est même dramatique. Le ton mordant de l’ancienne olympienne divulgue qu’elle ne s’intéresse pas au mal-être fiché, loin, dans les stries de son être (en fait, et surtout, elle l’ignore). Rory s’agace gentiment de l’éclaireur. Elle s’en amuse aussi. Elle ne réalise pas qu’après trente ans à vivre avec lui-même, Harrison arrive bel et bien au bout de sa propre tempérance. Il aime de moins en moins ce qu’il est, et pas plus ce qu’il fait, en dehors de cette facette, partiale, qu’elle connaît. C’est aussi bien. Il n’est pas sûr de pouvoir composer avec l’avis, plus objectif, qu’elle se ferait de lui.

Ils ont déjà quelques difficultés à se comprendre, à se parler. Harrison n’ignore pas qu’elle préfèrerait ne plus jamais évoquer leur baiser. Dans le même temps, il est intimement persuadé qu’elle compte sur lui pour la braver. À tout le moins, si ce n’est pas ce qu’elle veut, elle doit se douter qu’il le fera. Et il a eu beau ressasser les raisons d’honorer ce silence, de détourner le regard et de feindre, malhabilement, qu’il ne se souvient pas, l’éclaireur n’est parvenu qu’à une seule conclusion : il ne veut pas de cet accord tacite. D’ailleurs, il n’est pas du tout d’accord. « Je vois pas de quel sujet précis tu parles. » Menteur. Salaud. Ce n’est pas si grave. Ce n’était qu’un baiser, et ils le voulaient tous les deux. Quel mal y a-t-il à en parler ? et à le refaire ? Il laisserait Rory en disserter deux jours durant si, tout d’abord, elle consentait à récidiver. La résistance de la jeune femme ne l’effraie pas. Sa résilience à lui est, sinon supérieure, très égale. Un temps, il est tenté de se tourner vers la jeune femme. Sa figure doit se tordre de telle façon qu’il pourrait deviner ce qui l’emporte. Doit-il persister ? Doit-il se taire ? Harrison perçoit nettement la semonce… mais il s’en fiche.

L’éclaireur pense qu’elle va s’obstiner. Figer une moue sur sa bouche. Clouer ses lèvres. Attendre qu’il comprenne que c’est le moment pour lui de s’en aller, et qu’au plus vite serait au mieux. Et les secondes défilent… Encore et encore, pareilles à une rigole qui deviendrait un fleuve. Pourtant, à la seconde où la voix de Rory fracture la pesanteur insupportable de l’infirmerie, Harrison entend moins la colère, qu’elle l’accuse d’avoir créé, qu’une subtile fragilité. Et c’est ça : elle est moins furieuse que mal à l’aise.

L’activité favorite d’Harrison Roe consiste précisément à bousculer Rory Wheeler et ses certitudes.

Les bras repliés sur son torse, le mineur rétorque en lui tournant toujours le dos : « Si tu disais ça, entend-on le timbre appuyer, je serais tout sauf mal à l’aise. » Il a une façon de le dire qui suggère même tout le ridicule de réagir de la sorte. « Je serais troublé, peut-être. Surpris. Ou impatient. Je t’embrasserais sûrement le premier, en fait. Mais je serais sûrement pas mal à l’aise, non. » C’est d’une telle évidence, et ça l’est forcément pour elle aussi. « C’est sûrement lié à la façon dont je te regarde, finit-il par hausser les épaules. » Harrison ne s’amuse plus autant. Il a envie de sortir, aussi. Une sensation simultanée, et beaucoup plus puissante, le convainc que rien ne le ferait fuir, à moins, sans doute, que Rory ne l’exige de lui (et, là encore, il trouverait le moyen de désobéir). « Si on est honnêtes… j’ai pas non plus envie d’aborder le sujet. » Sur son tabouret branlant, Harrison ne pivote pas tout à fait. On dirait qu’il tente, sans le pouvoir, de jeter un œil par-dessus son épaule. « J’ai juste envie de recommencer. »
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Rory Wheeler
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MessageSujet: Re: (IV) à cœur ouvert + harrison   Dim 23 Juil - 21:11

harrison & rory
«  à cœur ouvert.
Il ment, il ment comme un arracheur de dents. Elle roule des yeux, soupire pour la millième fois. Il sait pertinemment de quoi elle parle. Il est juste trop buté. Elle ne sait plus quoi faire de lui, de sa manie à la pousser dans ses retranchements, à l’extirper de son petit confort. Elle pourrait lui demander de partir, de la laisser. Oui, elle pourrait. Il n’en est rien. Elle affectionne sa présence tout autant qu’elle l’agace. Ce n’est pas bien clair dans sa caboche, pas bien précis. De toute façon, autant s’y résoudre tout de suite, quand il s’agit d’Harrison, rien n’est simple. Du moins, pour elle. Pour lui, tout est évident, comme si ça coulait de source. Il dépasse sa compréhension. Peut-être qu’il s’agit là d’une des raisons pour lesquelles elle n’arrive pas à le repousser totalement, comme elle sait si bien le faire, sans prendre de gants, avec des mots durs. Il est différent, il s’accroche, fracture sa carapace. Forcément, ça l’irrite et forcément, ça l’interpelle, l’oblige à revoir ses plans. Il est cinglé, l’éclaireur, complètement à l’ouest, trop ancré dans le présent, pas assez tourné vers le futur se résumant au néant. Et elle, surement qu’elle est trop fataliste, solitaire par choix, pas vraiment par envie. Ils ne s’accordent pas, à moins que ce ne soit le contraire finalement.

Il parle, l’énerve, la renfrogne, le dos toujours tourné vers elle, il ne voit pas sa moue boudeuse. Mal à l’aise, elle l’est de plus en plus contrairement à lui. Elle ne veut pas savoir, elle ne veut pas l’entendre. Elle veut juste continuer leur manège, faire comme si de rien n’était. Elle aimerait gommer le baiser, lui faire oublier. Impossible mais tellement tentant. Peut-être qu’elle a envie de recommencer aussi, peut-être qu’il n’est pas le seul. Elle est trop gênée, l’esprit trop embrouillé, pour en être certaine. Elle aimerait lui clouer bec, qu’il ferme sa bouche, qu’il se taise. Parce qu’elle sait tout sauf comment réagir à ses mots. Et quand, enfin, son souhait est exaucé, c’est pire que tout. Il pivote légèrement, elle tourne la tête, fixant le mur à sa gauche. Il est stupide, son honnêteté est stupide, son entêtement est stupide, tout est stupide, eux également. « Je ne crois pas que je voulais savoir tout ça. » Qu’elle lâche finalement, le ton peu convaincant. Ce qu’elle dit, ce qu’elle pense réellement, deux mondes diamétralement opposés. Entre ce qu’elle croit vouloir ou ne pas vouloir, la limite est floue. « Moi, je suis mal à l’aise en tout cas, gênée, parce que je ne sais pas quoi faire de tout ce que tu viens de me dire. » Bien sûr que ça lui fait quelque chose, quelque chose d’indéfinissable, pas désagréable pour un sou. Encore une fois, elle est trop entêtée pour l’admettre, pour lui répondre à son tour. Elle est dépassée, tout simplement. « Donc, très bien, n’en parlons plus, puisque ni toi ni moi ne le souhaitons. » Elle hésite, maltraite sa lèvre inférieure à coups de dents, retient son souffle. Ce qu’elle est sur le point de dire, surement qu’elle le regrettera, ou pas. Mais c’est plus simple, plus simple que de parler, ça demande moins de réflexion, moins de courage de sa part. « Peut-être que tu devrais tout simplement recommencer à la place. » Parce que, pour l’instant, les gestes valent mieux que les discours, parce qu’elle n’est pas certaine de pouvoir mettre des mots sur ce qu’elle ressent, parce qu’elle est bousculée, tiraillée, paumée. Elle n’est pas lui, elle ne dispose pas de cette facilité déconcertante qu’il a à se confier, à s’y retrouver dans toute cette histoire. Elle a cette sensation d’être entremêlée dans une toile géante dont elle est incapable de s’extirper sans accroc.


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MessageSujet: Re: (IV) à cœur ouvert + harrison   Dim 6 Aoû - 19:56

Si elle savait comme il se fiche de ce qu’elle croit, de ce qu’elle veut…

Quoi que. Rory doit s’en douter. À la longue, elle connaît Harrison. Peut-être pas lui, son histoire et sa vie. Mais elle connaît son tempérament libertaire et son optimisme confondant. L’éclaireur pourrait attendre sa permission, et mourir de l’attendre. À quoi bon… ? Ils vivent une époque qui supporte mal de remettre les choses au lendemain. Ils vivent une époque sans véritables lendemains. On a peu de temps et si peu d’occasions. Alors, et même si ça n’est qu’une entorse, là, à la cheville de l’ancienne olympienne, Harrison refuse obstinément de prendre le risque et de manquer sa chance. Ce serait idiot, même insensé, pour une chose aussi banale, innocente et urgente qu’un baiser.

« T’es pas obligée d’en faire quelque chose… intime-t-il si bas qu’il n’est pas certain qu’on l’entende. » Il voudrait tourner la tête, se tordre le cou, mais, dans sa première tentative, Harrison a déjà perçu le recul qu’elle a pris. Ne pas brusquer Rory Wheeler relève d’un sport, sinon d’un art. Et le mineur trouve toujours qu’il échoue. Aussi, docile, il l’écoute dire qu’ils n’en parlent plus. Il ravale son soupir, remâche les quelques notes plus acides qui voudraient s’extirper des lèvres. Elle est fatigante, verrouillée, magnifique, amusante. Le myocarde d’Harrison s’emballe tout seul, comme s’il pouvait prédire, prévoir l’imprévisible.

Recommencer. Ça cogne contre les côtes.
Il n’y croit pas tout de suite. Il se retourne lentement. Au faciès si naturellement sarcastique ou glacial, Harrison cherche la permission. L’hésitation ne le tenaille pas longtemps car, primo, Rory a trop tendances à changer d’opinion et, secundo, il en mourrait d’envie ou quelque chose de très approchant.

Jusqu’au dernier moment, il craint qu’elle ne s’esquive, le gifle, l’insulte, n’importe quoi. Maxine pourrait revenir, aussi, ça lui traverse l’esprit – pas très longtemps. Harrison ne veut pas le savoir. Harrison s’en moque. Il l’embrasse. Pas longtemps et pas trop. On dirait le baiser d’un prudent, un adolescent attardé auquel on se serait contentés de décrire les filles. Pourtant, quand les lèvres se détachent, il ne s’écarte que légèrement, guère plus d’un souffle. « Tu devrais arrêter de chercher quoi en faire… et juste admettre que c’est là. » Car ça l’est. Ils en ont sur la bouche, plein la poitrine et plein les mains. Ce n’est peut-être rien, qu’une étincelle, un sursaut ou une divagation. Rory n’aura qu’à lui donner le nom qu’elle veut. Ces banalités n’affectent pas franchement le mineur. « Même si ça te plait pas… » Et ça a l’air de la déranger, de la contrarier, même plus, beaucoup plus qu’il ne faut. « Ça me plait pour deux. » Il a un sourire grandissant, un sourire invincible. Et il l’embrasse encore.

Au bout d’une volée de secondes dont il ferait aisément une minute, l’éclaireur réalise que c’est assez. Pas pour lui mais pour elle. Et puis elle est piégée, allongée dans ce lit, avec lui. « La prochaine fois que tu veux sortir, demande-moi. » L’enfoiré parle comme un bouquin, comme si c’était toujours possible, comme s’il n’avait pas des prérogatives si contraignantes qu’il ne puisse pas être là en permanence pour l’escorter. « Je peux te laisser de l’espace et te ramener saine et sauve… » Il le ferait beaucoup plus efficacement que Rory seule, en tous les cas. « Et la prochaine fois que tu veux me demander quelque chose… attends-toi à ce que je t’embrasse. » Entre la promesse et la menace, Harrison s’est déjà relevé. Il est crasseux, très satisfait de son sort et terriblement impatient de la revoir. Or, pour la revoir, il lui faut partir.
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Rory Wheeler
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MessageSujet: Re: (IV) à cœur ouvert + harrison   Mar 8 Aoû - 22:25

harrison & rory
«  à cœur ouvert.
Jusqu’à la dernière seconde, une voix intérieure lui hurle qu’elle s’en mordra les doigts, jusqu’à la dernière seconde elle songe à revenir sur ses mots. Ça aurait été mesquin, injuste. Pas surprenant non plus. Heureusement, pour lui en tout cas car pour elle rien n’est moins sûr, il ne se fait pas vraiment prier, Harrison, il n’y réfléchit pas à deux fois. Surement par peur qu’elle ne revoit sa décision, peur justifiée. Il s’exécute, il l’embrasse, doucement, avec pudeur, comme s’il n’ose pas la toucher, comme une chose précieuse. Elle fronce les sourcils, un poil irrité, parce qu’elle se nomme Rory Wheeler et qu’elle trouve toujours quelque chose à redire, y’a toujours quelque chose qui cloche. Elle n’en pipe mot pourtant, exploit, alors qu’il s’écarte à peine, son souffle entremêlé au sien. Elle ferme les yeux à défaut de se boucher les oreilles. Elle sait que c’est là, elle n’est pas stupide, elle ne fait que jouer à l’autruche, c’est une sacrée nuance. C’est une erreur, voilà comment elle le définit présentement ce foutu soubresaut de sentiments. Ils n’ont pas besoin de ça, pas vraiment, ce n’est pas nécessaire. « J’admets. » C’est presque indistinct comme aveu, ce n’est qu’un léger murmure. Elle admet, c’est tout, rien de plus, pas de quoi tirer des plans sur la comète. Elle admet, oui, mais ce n’est pas pour autant que ça lui convient, c’est évidemment tout le contraire. Et, il s’en doute, il le sait même. Elle soupire, parce qu’il est décourageant. Tant mieux si ça lui plait pour deux, ce n’est pas pour autant que c’est suffisant, pas pour autant que ça contrebalance. Il ne fait pas le poids face à sa mauvaise foi. Elle ne le contredit pas, s’enlise dans le silence, probablement que son expression exprime mieux que les mots son ressenti. C’est même certain, on ne fait pas plus expressive. Il a l’air de s’en contreficher, il n’en a pas que l’air d’ailleurs. Il scelle leurs lèvres, encore, deuxième round. Et, oui, d’accord, son cœur loupe un battement et alors ?

Cet épanchement soudain, il ne fait que la confronter un peu plus. Si, elle s’imaginait paumée, maintenant elle ne dispose plus d’aucun qualificatif pour exprimer à quel point elle n’y comprend plus rien. C’est le flou complet dans sa caboche, une belle pagaille. Il se détache, cette fois-ci pour de bon, le sourire rivé aux lèvres. Il risque la fracture des zygomatiques à ce rythme. « La prochaine fois, j’y songerai peut-être. » Elle hausse les épaules, trop fière pour céder. La prochaine fois, elle ne sait pas si elle a réellement envie d’y être ou non. « Je suis sauve, je te signale. » Pas totalement saine, mais sauve oui. Rory Wheeler est peut-être un danger public mais Rory Wheeler est aussi une adulte qui se démerde seule ou du moins, qui essaye. En réalité, elle rame avec brio, autant pour la survie que pour ce qu’on aime appeler les histoires de cœur. « Peut-être que mon consentement n’est valable que pour cette fois. » Et, celle d’avant encore, celle d’après surement aussi. Elle chasse cette pensée à l’instant même où il se détourne, quittant les lieux l’air bienheureux et satisfait. Est-ce qu’elle l’est, elle ? Est-ce qu’elle est satisfaite ? N’y pense pas, Rory, n’y pense pas, qu’elle s’obstine intérieurement, elle se maudit aussi. Au fond, elle connait la réponse. Elle ne relève ni du non ni même du peut-être.


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