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 Bite down, fill your mouth with blood (Bass)

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Beckett Wills
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MessageSujet: Bite down, fill your mouth with blood (Bass)   Lun 22 Mai - 1:12

Becket & Bass
« Bite down, fill your mouth with blood

Les esprits des cavaliers ne perdaient pas en température malgré le manque d’événements qui suivirent la bagarre avec l’Olympien – Beckett, lui, se sentait nerveux de garder un œil sur le trouble-fête qui avait mis le feu au poudre, gardait sa main ancrée avec force dans la chair du bras de l’autre, qui ne prit pas la peine de maugréer avant ce qui semblait être une éternité. L’après-midi avait été gâché par les cavaliers qui, encore une fois, n’avaient pas réussi à faire preuve de décence ni de savoir-vivre, et Beckett en intervenant avant que la fièvre de l’esbrouffe ne contamine la foule  s’était sans doute attiré les foudres des autres habitants du ranch, il avait été le seul à penser aux conséquences que cela pourrait avoir sur l’alliance avec la ville tranquille – à moins que cela ne soit, comme ne le murmuraient les autres riders en le regardant du coin de l’œil, parce qu’il aurait voulu profiter de ce moment de plénitude dans la tempête, oublier quelques instants la dureté de la vie au ranch, le chaos qui s’étendaient par delà les limites des différents territoires constitués dans le coin. Il étouffait de cette atmosphère saturée des tensions entre les différents groupes, se demandait encore pourquoi il s’évertuait à revenir dans cette ville où on regardait si mal le sien, se retrouvait à être en colère d’être l’adulte de ses compagnons quand il aurait voulu se détendre à lui aussi chercher du chocolat, des préoccupations d’enfant ridicules qui laissaient monter en lui la mauvaise humeur, incapable de supporter plus les brutes incapables qui l’entouraient. « Les gars, on rentre, vous venez ? » Le cavalier qu’il tenait fermement profita de l’appel des siens pour se dégager de l’étreinte de Beckett, qui leur fit signe de partir sans lui, comme s’il lui restait quelque chose à faire dans le coin, mais il ne s’attarda pas sur les regards interrogateurs qui se posèrent sur lui alors qu’il fit demi-tour pour retourner dans la ville. Après tout, il était venu seul, pouvait retrouver le chemin du ranch comme le grand garçon qu’il était, se foutait bien que ça jase dans son dos – mais sûrement que l’événement d’Olympia ne serait pas évoqué tout de suite à Abel, et il ne se voyait pas retourner au ranch pour pleurer dans ses jupes, finir de se faire détester par les cow-boys rustiques quand il voulait se faire oublier, redevenir le maréchal dont on venait jusqu’à oublier la présence, mais pour cela, il aurait fallu que toutes les tensions au ranch se refroidissent avant qu’elles n’implosent pour mettre l'endroit en feu.

Il avait regagné le centre de la ville mais les Olympiens et leurs œufs en chocolat avaient disparu – il aurait pu faire semblant d’hésiter et déambuler dans les rues de fortunes mais n’en avait pas l’envie, car bien plus que l’incident œcuménique du début d’après-midi, c’était les aboiements du chien de garde d’Elanor qui l’avaient rendu furieux, s’il n’y avait eu qu’une bagarre, il s’en serait allègrement détourné, si ce n’était pour les mains enlacés d’Elanor et de son barbu écervelé. Il avait besoin de la voir, de lui demander, de crier sa frustration pour ne pas qu’elle ne lui rogne les entrailles jusqu’à le rendre fou, il avait besoin de voir les yeux océans de la gamine sans larmes pour lui tirer une dernière balle dans la tête et le laisser crever en paix. Il n’en voulait pas, de cette jalousie inattendue, des images de leurs corps nus et enlacés, de cette sensation de bouillonnement dans les veines à l’idée qu’elle l’ait remplacé, qu’elle ait trouvé mieux que lui – que d’un piètre protecteur elle se soit trouvée un amant. Il aurait dû s’en retourner, rentrer paisiblement à se dire qu’il n’avait plus à s’inquiéter pour ce petit bout de femme, mais c’était un sentiment animale, de possession, qui menait ses pas jusqu’à l’infirmerie où il était sûr de la trouver, où il voulait l’arracher des griffes de ce sagouin qui ne pouvait pas prendre soin d’elle, non, qui ne pouvait que la salir, la forcer, la faire pleurer maintenant que Beckett n’était plus là pour éloigner les hommes assoiffés de l’oasis qu’elle pouvait être pour eux. Il était l’animal à bosse qui ne succombait pas aux sirènes de la soif, persuadé d’être le seul, aveuglé par son narcissisme primaire et son égo de gamin abandonné.

Mais en se dirigeant vers les baraquements de l’intérieur de la ville, ce ne fut pas la blondeur d’Elanor qu’il trouva en premier dans les rues désertes, ce fut celle, rêche et hirsute, de Bass, qu’il n’avait pas envie de laisser tranquille malgré l’épisode qui venait de réanimer les tensions entre les deux camps alliés. « Eh, » le filet de voix qui s’échappait de sa gorge pour interpeller l’olympien était agressif, aussi charbonneux que le fond de ses iris, « où est-ce qu’elle est ? T’as perdu ton amoureuse ? » Fallait pas qu’il s’y habitue, dans l’esprit de Beckett, elle n’allait pas le rester pour longtemps.
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Bass Ferguson
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MessageSujet: Re: Bite down, fill your mouth with blood (Bass)   Dim 11 Juin - 21:02

Becket & Bass
« Bite down, fill your mouth with blood

La cendre qui se déposait dans ses poumons ne suffisait pas à dorer la pilule ou à chocolater l’œuf de caille. Les petites fêtes, et les œuvres d’art accrochées au mur ne parvenaient pas à rendre l’illusion et l’utopie réelles. Cela ne suffisait pas à faire d’Olympia une ville en paix et civilisée. Sur le papier, dans les réunions du conseil, sans doute. Ils en avaient au moins la bonne volonté, et l’espoir d’être encore humains, d’être des gens meilleurs que leurs agresseurs. C’était tout à leur crédit, mais lorsque Bass rentrait de la prison avec Vladimir, il n’avait pas le cœur d’y croire. Plus tard, il avait croisé Peyton, qui se rendait comme promis à la prison pour avoir quelques mots avec l’un des nombreux Olympien qui avait des problèmes pour contrôler sa colère face aux cavaliers. Cela n’avait pas allégé son cœur, ces quelques mots échangés. Il était censé partir à la mine dans et pour quelques jours – c’était presque un prétexte, la raison pour laquelle il allait là-bas. Il éprouvait juste le besoin de fuir la civilisation, la ville, les regards. Il faisait trainer le cul de sa cigarette, il traînait des pieds. Vladimir était retourner auprès de sa petite, de l’animation, après lui avoir lancé un regard qui faisait réaliser à Bass à quel point il devait faire peur à voir ces derniers temps. Il traînait dehors, comme lorsqu’il était ado, entre deux petits boulots et des corvées – pas envie d’être sociable. Et pas envie de rentrer dans cet état à la maison, à faire peur à la petite muette.
Il était juste de plus en plus dégouté… de tout. Même Elanor, qui pourtant avait toujours réussi à accrocher des étoiles à son ciel, il détournait le regard. Depuis le premier jour où il avait rencontré celle qui était alors une rider sur le départ, qui cherchait un foyer, son sourire s’était vu aimanté au sien. Si la petite blonde souriait, Bass était idiot. Si Elanor lui annonçait qu’il y avait encore de l’espérance à avoir dans le monde, que lui, n’était pas damné et qu’il pouvait la faire sourire. C’était devenu l’une de ses raisons de rester – protéger Elanor, la faire rire, la laisser ancrer son monde et lui donner un axe qui ne lui donnait pas le goût du désespoir. Les choses s’étaient lentement désagrégées, tombant en poussière comme les livres qu’il soulevait lors des raids sans y croire. Elle était distraite, elle avait autre chose en tête et parfois Bass se taisait, baissait la tête et observer ses mains calleuses de sang. Il voyait toujours un cerbère dans un coin du cœur d’Elanor, qui gangrenait son éclat, qui l’attirait loin d’Olympia, loin de la lumière vers l’obscurité.

Il n’était pas jaloux. Bass se le répéta à nouveau en s’entendant héler. Il n’est pas jaloux, pas comme l’homme semblait y penser. Cela lui tordait l’estomac d’imaginer Malini entre ses bras, oui. Il avait l’impression de sentir l’odeur de la recruteuse à chaque fois qu’il posait les yeux sur Beckett, de voir son sourire, adressé à l’homme, pas à lui, leurs murmures, leurs peaux chaudes l’une contre l’autre. Pourquoi avait-il des images plus graphiques en tête pour un corps à corps qu’on lui avait résumé en une phrase sans y penser, que pour toutes les fois où il s’était demandé si, si un jour Malini et lui rompraient la tension et le jeu entre eux jusqu’à s’embrasser. Il était jaloux, mais Malini n’appartenait à personne. Il ne pourrait pas la dompter, ni Beckett, ni lui, et c’était pour cela que Bass avait lentement glissé ans cet enfer qu’était aimé la brune. Elle avait Caden, il avait joué, sans toucher le feu qui brûlait. Elle … faisait il ne savait quoi avec Beckett, ça le tuait, ne vous inquiétez pas, mais il ne l’aurait pas mis sur la place publique, il n’aurait pas lancé les remarques incandescentes qu’il avait envoyé à Beckett il y a quelques heures. Mais qu’il baise Malini pour ensuite faire les yeux doux à quelqu’un que Bass s’était juré de protéger, de quelqu’un qui avait encore une âme dans tout cet enfer. Jalousie : que Elanor le remplace et le délaisse. Puis, se rendre que Beckett et lui n’ont pas la manière de le regarder. Enfin, réaliser que jamais, jamais il ne pourrait tolérer qu’il ne pose ses sales pattes sur Elanor. Cela lui coupait le souffle, lui embraser le cœur. Il faudrait lui passer sur le corps ou se racheter, salement.

L’homme veut se battre, il le sent dans la moelle de ses os. Instinct de survie du mauvais garçon passé taulard consacré en membre du conseil. Bass écrase son mégot consumé jusqu’à la lie sous botte et se retourne vers lui, le regard sombre, les poings serrés. Et ce connard ose. Bass feule presque, montrant les dents, sifflement dégouté, vicieux. « - J’sais pas, tu es celui qui la saute aux dernières nouvelles. »  Apparemment Malini a le don d’amener le pire en lui, dans tous les sens du terme. Et pourtant il crèverait pour elle comme si elle était son absolution. Il considère Beckett de haut en bas, une moue dégoutée aux lèvres, les lèvres retroussées. « - Plus de chance de la trouver au ranch qu’ici. » Il est suffisamment proche maintenant pour que cela passe pour une provocation alors qu’il heurte son épaule de la sienne. Bass souffle dans un murmure près de lui, posant sa main sur son épaule, et une tension fait vibrer sa voix. « - Reste loin d’Elanor. Elle est trop bien pour toi. Même toi tu dois pouvoir le comprendre.»
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Beckett Wills
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MessageSujet: Re: Bite down, fill your mouth with blood (Bass)   Lun 10 Juil - 0:59

Becket & Bass
« Bite down, fill your mouth with blood

Il ne remarqua la présence de la cigarette entre les lèvres de Bass seulement lorsque son odeur acre s’invita dans ses narines, comme si les yeux couleur océan du molosse étaient la seule chose que pouvait voir Beckett en ce moment – ses yeux d’une étendue qu’il n’avait plus vu depuis longtemps, cette étincelle de suffisance pour finir de le faire d’enrager, mais sa bouche tirée en un rictus alors qu’il prit le temps d’écraser son mégot contre sa chaussure était bien pire. Son visage entier semblait animé d’une aura malfaisante et narquoise qui ne donnait qu’une seule envie à Beckett, y envoyer un poing assez fort pour qu’il soit impossible à l’Olympien de faire preuve d’une quelconque expression autre que celle de la douleur pendant plusieurs jours. Parce que, sans le savoir, c’était ce qu’il ressentait, cette acidité au fond de l’estomac qui lui donnait envie de se tordre en deux, ce sentiment désagréable qui, accompagné de la fumée de cigarette dont il avait oublié l’odeur, lui ferait presque monter les larmes aux yeux. Il avait envie de rendre, d’attraper ses tripes de ses doigts sales et de se les retirer d’un mouvement sec pour les donner à Bass, sorcier qui par un sort bien pensé les avait réveillé quand Beckett n’en voulait pas. Il ne voulait pas provoquer pareil douleur, non, il voulait donner ce qui n’était pas à lui, et, à défaut de réussir à le faire, essayer par des moyens détournés sans se rendre compte de la bêtise qu’il pourrait faire. « J’parle pas de Malini, c’est pas vraiment ton amoureuse aux dernières nouvelles. » La remarque avait fini de lui tendre le corps dans une tension de colère prête à exploser, incapable d’être contenue dans ses articulations étendues au maximum, enveloppe de chair bien trop étroite pour enfermer tant de sentiments qu’il n’était pas habitué à ressentir, sur lesquels il avait passé trop de temps à fermer les yeux pour réussir à les apprivoiser en aussi peu de temps. « T’es pas vraiment celui qui lui a tenu la main aux dernières nouvelles. » Une pique pour leur rappeler la conversation d’avant, pour essayer d’atteindre ce qui lui semblait être son point faible, pourtant quand il s’approcha un peu trop près pour que sa démarche soit innocente, il laissa échapper le conseil de trop, comme si le colosse avait deux pieds d’argile pour maintenir cette carcasse imposante. Alors quoi, il faisait une crise de jalousie pour une galipette avec Malini et se permettait de jouer les gros bras à propos d’Elanor, comme s’il était le chef du troupeau des filles du coin ? Ça mettait Beckett en rogne plus qu’autre chose, que Bass se prenne pour un seigneur de ces dames à vouloir réglementer et juger leurs vies, d’abord parce que s’il s’était passé quelque chose avec Malini, au-delà de l’alcool qui les avait tout deux rendu plus doux, c’était parce qu’elle l’avait voulu. Un bonjour mal placé auprès de la recruteuse et c’était une baffe reçue, alors il n’osait même pas imaginer de ce qui pouvait advenir à quelqu’un qui toucherait Malini sans son accord, et il s’imaginait mal en quoi Bass pouvait penser qu’il était une sorte de Don Juan, ce même Bass qui se mêlait de trop de choses qui ne le regardait pas, qui agissait comme ce seigneur grégaire à placer des remparts autour de princesses qui ne lui appartenaient pas. Qui pouvaient se débrouiller seules, qui n’avaient pas besoin de lui et qui pouvait vivre en dehors de lui. Pour Malini, en tout cas. « On devrait lui demander peut-être, j’étais assez bien avant qu’on arrive ici, pour l’empêcher de se faire bouffer par des rôdeurs ou de se faire toucher par des gars comme toi. » Comme lui, oui, des pervers aux allures de gros durs cachés derrière des fausses bonnes intentions, prêt à prendre une chose qu’ils se pensaient dû mais qu’on se refusait à leur donner. Il les connaissait bien, les gars comme lui, ceux qui sur la route se greffaient pour devenir des compagnons sans comprendre que de sauver une vie ne voulait pas dire s’abandonner à un prince pas charmant et dégueulassement intéressé. Les gars comme lui, trop insistant, trop confiant, trop empli d’eux-mêmes, quand ils avaient trop insisté, c’était un bon coup derrière la nuque et une tombe sur le bord du chemin qui les avaient attendu, et si les rues d’Olympia semblaient être un obstacle pour le moment, elles finiraient par s’écrouler pour laisser parler leur vraie nature. « Je comprends pas, si c’est ton délire d’abuser des gamines sans défense, pourquoi tu cours après Malini ? En tout cas je comprends pourquoi c’est pas toi qui la saute, aux dernières nouvelles, qu’est-ce qu’elle irait faire avec… » Il laissa le silence s’emparer de lui quelques secondes, comme s’il se rendait soudainement compte qu’il ne connaissait rien de ce lascar là. Mais il préférait s’en tenir à ses instincts, aveuglés par sa jalousie. Il ne pouvait qu’avoir raison, puisqu’avoir tort le tuerait, et de ce qu’il connaissait Malini, elle ne pouvait que détester cet olympien là. « un gamin comme toi ? » En lançant la seule insulte qui lui venait à l’esprit, incapable de penser à mieux, incapable de penser tout court, il le repoussa avec véhémence, hostile à l’idée d’être touché par la condescendance de Bass. Il ne voulait pas avoir à faire à lui, ou en tout cas pas dans des proximités ambiguës, comme si le barbu voulait finir de le provoquer, alors d’un mouvement d’épaule il laissa la main de l’autre glisser et de sa main droite sur son torse, le repoussa avec violence, jusqu’à le faire reculer de quelques pas. « Allez barre-toi mon gars, va te faire pousser la barbe ailleurs, » même s’il était ici chez lui, le cow-boy n’en avait que faire, prêt à le bannir d’une ville qui n’était pas sienne, le poussa, encore une fois, « barre toi j’te dis ! »
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