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 Empty house

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MessageSujet: Empty house   Dim 16 Avr - 11:22



Malini & Abel
« empty house


(fin mars 2017)

Lorsqu’il avait constaté l’absence de Caden, Abel ne s’était pas spécialement inquiété. Du moins, au début : vu comme leur dernière conversation s’était terminée (pour peu qu’on puisse encore parler de conversation à ce stade, c’avait plus été un dialogue entre deux sourds incapables de se comprendre l’un l’autre et ayant menacé de virer au pugilat), ça ne l’avait pas trop étonné de voir son frère disparaître des radars. Probablement aveuglé par son ressentiment, il avait simplement décrété que l’autre était aller bouder sa peine et sa colère là où son aîné ne risquerait pas de le dénicher pour l’accabler sous les reproches. Et s’il savait qu’il avait exagéré la dureté de ses paroles, il ne s’en était pas voulu, n’avait pas souhaité s’excuser auprès de lui, en bref il ne l’avait pas cherché afin de tenter de renouer un dialogue un peu plus sensé. Les jours avaient passé et avec tout ce qu’il y avait à faire au ranch, il avait été trop las pour tenter de faire amende honorable, d’autant plus qu’il refusait de se voir comme étant le seul en tort dans cette querelle.
Seulement, Caden n’était toujours pas revenu.
Ça faisait une semaine et la maison lui paraissait immense, terriblement vide de la vie qui avait toujours habité ces lieux. La mort récente de son père lui pesait lourdement, plus peut-être que celle de sa mère quelques années plus tôt, il n’aurait trop su dire : les circonstances étaient différentes, l’époque aussi au final. Malgré la faiblesse dont le patriarche de la famille avait fait preuve au cours de ces dernières années, son absence créait un trou dans les quelques habitudes que son fils avait continué de maintenir malgré tout. C’était d’autant plus difficile à accepter que ça ne faisait que se rajouter à l’absence prolongée de Jenna, dont il ignorait encore le retour et celle, plus récente, de Caden. Le fantôme de Cirilla hantait encore les lieux lui aussi, parce que malgré tout l’acharnement qu’il avait mis à se battre avec elle sur les moindres détails, il avait appris à apprécier la raider caractérielle. Alors entre Malini, Archer, les deux gosses et lui, n’en ressortait que l’image dérisoire d’une sorte de famille branlante qui tentaient tant bien que mal d’habiter une maison trois fois trop grande pour eux et cherchaient généralement à s’éviter dans la mesure du possible.
Mais pas ce soir.
Archer n’était pas encore rentré, Silas traînait probablement avec lui pour ce qu’Abel en savait, pour ce que ça l’intéressait aussi. Au moins les deux semblaient-ils avoir créé un simulacre d’entente et ça avait le mérite d’octroyer à son gamin quelque chose qu’il n’était pas, lui, en mesure de lui donner. Malini était probablement dans sa chambre, avec Chloë, et c’est cette direction que ses pas amorcèrent une fois qu’il se retrouva sur le palier du premier. Le rai de lumière qui filtrait de sous la porte close trahissait sa présence et puis, il n’était pas tard de toute manière. Il cogna à la porte, attendit l’accord pour en pousser la poignée mais resta sur le seuil de la pièce, appuyé contre le chambranle. Il balaya machinalement la pièce du regard avant de croiser celui de Malini, esquissant un pâle sourire à la vue de la gosse qu’elle traitait comme si c’était la sienne (ignorant qu’il était de toute les machinations qui pouvaient bien avoir existé juste pour cette mioche). La fatigue s’était bien installée sur ses traits mais il ne tentait pas de l’y déloger, il y avait bien longtemps qu’il ne s’encombrait plus de faux-semblants avec la recruteuse, encore plus ces derniers temps : avec ce qui était arrivé à Silas durant février, elle l'avait vu dans un état bien pire que ça. « Dis-moi où il est. » La demande était simple, et à vrai dire il était persuadé qu’elle au moins était au courant de quelque chose. « Il peut pas se planquer éternellement, et moi j’en ai marre de cette situation. »

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Si tu cherches un beau gosse, sportif et romantique c'est raté, parait qu'j'suis juste un pauvre type égocentrique. J'vais pas t'mentir, oh j'suis pas vraiment ton prince charmant. Si tu veux bien sortir avec moi c'est pour le pire, j'ai rien à t'offrir à part des mauvais souvenirs.
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MessageSujet: Re: Empty house   Mar 18 Avr - 22:12



Malini & Abel
« empty house


(fin mars 2017)

Elle était rentrée dans une maison vide. Quelque chose qu'elle n'avait pas réalisé avant qu'Abel ne fasse irruption dans sa chambre.
Malini ne s'était pas inquiétée outre mesure de l'absence de Caden. Depuis la mort de Cirilla, ils se parlaient peu, partageaient peu de moment et il la coupait dans chacune de ses tentatives de le réconforter. Et elle, elle s'était retrouvée occupée avec la petite, avec les derniers cas d'épidémie et les dernières péripéties et aussi elle s'était occupée à se reposer après l'incident de la grange.
Elle était rentrée dans une chambre vide, mais elle s'était dit qu'il était parti en raid, quelque chose qu'on lui avait d'ailleurs confirmé. Elle en est presque sûre, quelqu'un lui avait dit qu'un raid était parti la veille au matin et que Caden devait sûrement y être. Et puis, elle était fatiguée de sa campagne de recrutement alors elle s'était contentée d'un repas et d'une nuit de sommeil.
Depuis les récentes pertes humaines, les recruteurs avaient un nouvel objectif en tête : ramener du monde et surtout du monde solide et utile. Elle avait passé plus de temps que nécessaire dehors, à râtisser Pedernales pendant que son équipe fouillait la zone urbaine, mais les survivants se faisaient rares. Au bout de sept ans d'épidémie, peut-être bien que tout le monde trouvait bien son compte et s'était installé quelque part. Tremblement de rage. Alors elle était restée dehors quasiment deux semaines, un périple long et solitaire qui au moins avait eu le mérite de lui vider l'esprit et de voir Bass. Princement au coeur.
Rentrer dans cette maison vide et dans cette chambre vide ne l'avait donc pas troublé plus que ça. Jusqu'à ce qu'Abel lui pose LA question.

Malini lui lance un regard interloqué. Elle ne comprend pas d'abord. De qui parle-t-il ? Du garçon que ses recruteurs ont réussi à ramener ? Ils étaient rentrés trois jours avant elle avec un survivant qu'ils avaient pisté et surveillé plusieurs jours. "Euh... Je sais pas, de quoi tu parles ?" Et enfin, ses neurones se connectent, la chape de fatigue qui lui étreignait les épaules disparaît et elle dépose Chloë sur le lit avant de se relever précipitamment. Les signes ne collent pas. Les traits d'Abel sont tirés, pas par la colère mais plutôt par une sorte de lassitude qu'elle identifie maintenant sans problème depuis l'épisode Silas. L'aîné des Rhodes ne s'inquièterait et ne s'agacerait pas autant d'un nouveau sans histoires qui traîne et cherche ses marques. La situation est plus grave. Et la chambre... Tellement plus vide que ce qu'elle devrait être.
"Tu parles de Caden ? Comment ça où il est ? On m'a dit qu'il était en raid..." Non, on lui a dit : "sûrement avec les autres, j'en sais rien." Sans crier gare, une vague de paniquer serpente autour de ses veines et lui remonte dans la gorge avant d'affoler tous ses sens. Une intuition qu'elle repoussait la frappe alors à pleine puissance et elle reste paralysée un moment avec un goût amer qui se construit peu à peu dans sa bouche. Mais elle ne veut pas se résoudre à cette pensée tout de suite. Elle le dépasse, marche à toute vitesse vers la chambre du vétérinaire et commence à retourner les tiroirs, les armoires et les placards de plus en plus. Elle cherche un signe, un signe qu'il est encore là. "Tu crois que quelque chose lui est arrivé ?" La question est lancée à Abel mais la désagréable vérité commence à s'imposer à elle. Il n'est pas là.
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MessageSujet: Re: Empty house   Sam 22 Avr - 10:49



Malini & Abel
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Il avait placé tous ses espoirs dans la réponse de Malini, Abel, et il ne s’était de ce fait certainement pas attendu à la réaction qu’il avait suscité chez elle. « Je lui ai interdit de repartir en raid » qu’il répondit d’une voix calme qui contrastait grandement avec l’attitude de la recruteuse. « Et j’ai interdit à tous les chefs de raid de l’accepter dans leur groupe quoi qu’il leur dise. »  Alors non, il ne risquait certainement pas d’être parti avec l’un d’eux, ou alors Abel aurait forcément été au courant parce qu’il y aurait tout de même eu au moins une personne pour faire le colporteur et lui ramener l’information, depuis le temps.
Mais déjà, Malini ne l’écoutait plus guère et il n’eut que le temps de s’effacer de l’encadrement de la porte qu’elle se précipitait hors de la pièce, animée d’une urgence soudaine qui ne pouvait qu’être traduite par son ignorance quant à la situation de Caden. Amère déception. Abel la suivit, bien sûr, mais il ne lui courut pas derrière et marcha d’un pas bien moins pressé dans le couloir alors qu’il l’entendant déjà fouiller la chambre de son frère. Bien qu’il sut l’entreprise inutile pour être déjà passé par là avant elle, il ne chercha pas à l’interrompre dans sa quête un peu fébrile et se contenta de l’observer en silence : peut-être trouverait-elle quelque chose à côté de laquelle lui-même était passé, un indice qu’il n’aurait pas vu. Il ne se voilait pas la face, elle le connaissait certainement mieux que lui désormais. Ça n’était pas agréable à admettre mais c’était néanmoins vrai et il fallait bien qu’il fasse face à la réalité des faits.
« Je n’en ai pas la moindre idée. » Abel avait haussé les épaules face à la question, l’air peut-être plus désinvolte qu’il ne l’était réellement, mais à la différence de Malini il avait déjà eu quelques jours pour assimiler l'événement et puis, il n’avait plus la force de mettre cet empressement dans la recherche de Caden. « Mais ça fait déjà une semaine qu’il est parti, Malini. T’étais pas là, j’avais bon espoir que vous vous soyez retrouvé quelque part en dehors du ranch. » Il s’adossa contre une cloison de la pièce soudainement envahie d’un sacré bordel, toutes les affaires en vrac. « J’ai envoyé quelques hommes à sa recherche mais personne n’a été foutu de me ramener la moindre info pour l’instant. Je sais pas ce qu’il fout, ni où il est. Alors peut-être qu’il lui est arrivé quelque chose, oui. » Les chacals de Stonebriar avait leur arène de jeu pas si loin du territoire des riders, après tout, et on savait que les relations entre les deux clans étaient loin d’être au beau fixe. Mais même ça, ce n’était qu’une possibilité parmi d’autres quant aux embûches que Caden avait possiblement pu rencontrer sur sa route. « Ou peut-être qu’il se planque, simplement. Et il connait le coin mieux que la plupart de mes hommes. » Contrairement à eux, il avait grandi ici, passé la majorité de sa vie dans ces plaines. « Alors s’il ne veut pas être retrouvé, il sait comment faire. » Malgré tout, Abel se refusait à croire que son frère puisse être réellement parti et préférait se raccrocher à l’hypothèse qu’il se contentait de traîner dans les environs, cherchant à se persuader que la crise n’était que passagère et qu’il finirait bien par repointer le bout de son nez ici. Sauf que maintenant que les doutes avaient commencé à l’investir, il n’était plus vraiment sûr de rien.

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MessageSujet: Re: Empty house   Mar 25 Avr - 22:33



Malini & Abel
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Interdit de raid ? Qu'est-ce qu'il avait bien pu foutre encore ? Elle était partie deux semaines et ça avait suffi pour qu'il parte en vrille. Son processus d'autodestruction avait donc tourné à plein régime pendant son absence, quand il n'avait plus personne pour jouer son garde-fou.
Consciencieuse, Malini passe toute la cambre au peigne fin. Elle fouille dans les affaires qui restent, soulève le moindre objet, passe les pages des livres et des carnets et cherche même au-dessus des plus hauts meubles. Elle ne fait pas attention aux remarques d'Abel qui s'accumulent dans un coin de son esprit et elle s'obstine à croire qu'à elle seule, elle peut régler ça, comme si elle allait trouver la note miraculeuse sur laquelle était inscrite le déroulé et l'issue de la situation. Mais il n'y a rien. Elle a beau y mettre toute son énergie, sa quête n'aboutit à rien. Alors les mots de l'aîné des Rhodes s'impriment doucement sur sa rétine et elle est obligée de les prendre en compte. Une semaine. Une semaine qu'il est parti et que personne ne le trouve.

Pendant quelques secondes, elle ne ressent absolument rien. La vague d'inquiétude était retombée et l'avait plongée dans le néant. Elle reste bêtement plantée là, le regard vide vaguement orienté vers Abel, la lèvre prise d'un léger tremblement nerveux. "Parti ? Mais genre, parti... parti ?" Et puis elle réalise. S'il y avait bien une personne au ranch qu'il aurait prévenu s'il comptait partir juste s'aérer l'esprit, ça aurait été elle. Ou du moins, c'est ce qu'elle aime penser. Caden n'était pas du genre à causer du souci volontairement, il lui aurait dit s'il sortait juste pour quelques jours et qu'il comptait revenir. Et ça, ça ne voulait dire qu'une chose : il n'allait pas revenir.
Ses bras retombent le long de son corps, sans vie, et tout ce qu'elle tenait dans les mains s'étale sur le sol sans pour autant qu'elle ne réagisse. Les émotions commencent à la remplir à nouveau et elle bredouille sans conviction : "Il me l'aurait dit... Il m'aurait prévenu si c'était juste un coup de tête comme ça..." Elle laisse tomber les dix mille questions qu'elle se préparait à poser avant sa grande réalisation : Abel avait-il interrogé tout le monde ? Des armes avaient-elles disparu ? Avait-il pris un cheval avec lui ? Quelles zones les hommes d'Abel avaient-ils explorées ?
Toute son énergie retombe au profit d'une profonde lassitude. Vaincue, elle se laisse tomber sur le lit et s'enfouit la tête dans les mains. Intérieurement, elle s'intime l'ordre de réfléchir, de penser à tous les endroits dont ils ont pu parler ensemble, des coins qu'il lui avait déjà proposés pour s'abriter, à condition bien sûr qu'il soit encore dans la région. "On a rien entendu venant des autres camps ? On a eu des contacts avec eux ?" Une dernière vague d'espoir que tout ça soit en fait un malentendu ? Non, juste la fatigue d'une femme qui aimerait s'épargner les recherches du mec qu'elle comptait engueuler, frapper et ramener auprès de sa fille par la peau du cou s'il le fallait.

"Il s'est passé quelque chose ? Il serait pas parti à tête reposée... Quelque chose a dû le contrarier et ça a précipité son départ..." De ça au moins, elle en est sûre. La détermination de Caden était souvent proportionnelle à ses coups de colère. Quand il était calme, il réfléchissait beaucoup plus, prenait plus rapidement conscience de tout ce qu'il avait à perdre et de tout ce qu'il risquait et il finissait par prendre la décision la plus sage. Mais ce comportement de fuyard, c'était plutôt la marque d'un Caden bouleversé et en colère. Un Caden qui a l'impression que tout est mieux ailleurs et qu'il n'a rien d'important qui le retienne. Même pas elle.
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MessageSujet: Re: Empty house   Mer 3 Mai - 23:55



Malini & Abel
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Abel aquiesça silencieusement à la question de Malini, qui n’attendait de toute manière pas réellement de réponse. Parti. Il scrutait son visage, ce qu’il y lisait de ses émotions, les questions qui commençaient à poindre et qu’il pouvait presque deviner… « C’est justement parce que c’était un coup de tête qu’il t’a pas prévenue. Ou il aurait attendu que tu rentres, j’imagine. » Il rompit son immobilité pour à son tour pénétrer dans la pièce en sens dessus-dessous, cette chambre qui au fil des derniers mois était lentement devenue celle d’un étranger et haussa les épaules, geste signifiant aussi bien son ignorance que son impuissance. « A Olympia comme à la carrière, personne ne sait rien, ou alors ils mentent. » Mais les communautés étaient trop grosses pour qu’un tel secret reste gardé, il y aurait toujours un délateur, à moins que Caden s’y déplace incognito mais ça restait peu probable, il n’était pas vraiment un inconnu pour les clans voisins. Quant à la mine, elle gardait toujours ses portes soigneusement closes à tout arrivant de l’extérieur alors s’il avait trouvé refuge là-bas, ils n’étaient pas prêts d’avoir l’information, quoiqu’Abel aimait à penser qu’Anita Jones aurait fait passer le message le cas échéant : au vu de leur récente conversation, l’initiative lui aurait paru logique. Ne restait alors plus que les chacals, seul groupe au sein duquel il n’y avait ni informateur, ni communications…

« Il s’est passé beaucoup de choses, ces derniers temps, et tu le sais aussi bien que moi. » Trop de morts, trop de pertes. Entre Cirilla et leur père, et puis toutes les tensions liées à l’épidémie qui avaient oeuvre afin de rendre l’atmosphère explosive… tout ça s’était accumulé jusqu’à tant que le vase soit plein et le pire était la conscience aiguë de la responsabilité qu’il avait assumé dans tout ça. Les deux frères auraient dû s’épauler, s’aider mutuellement à traverser ce désastre de la même manière qu’ils l’avaient fait à chaque fois qu’il y avait eu des problèmes au ranch, ou quand leur mère était morte. Ils avaient choisi de se déchirer à la place, optant pour l’agressivité comme seule ligne de comportement en lieu et place du soutien dont ils auraient tous les deux bien eu besoin.
A la voir comme ça, il aurait voulu avoir un geste pour elle, lui donner un support comme elle s'était montrée présente lorsque Silas était tombé malade et qu'il s'était trouvé désarmé, simple père effaré devant l'idée de la mort de son fils. Sauf qu'il ne savait pas faire ça, Abel, l'empathie lui faisait bien trop défaut pour qu'il sache comment agir dans ces circonstances. Alors à la place il s’assit sur le lit à côté d’elle, silencieux un instant avant de reprendre la parole, elle méritait de savoir Malini, et il n’avait aucun intérêt à lui cacher ce qui s’était passé. « Je pense que c’est de ma faute. » Du moins en grande partie, mais l’aveu était honnête et s’il avait nourri sa dose de culpabilité vis-à-vis de ce qui s’était passé, elle s’était exprimée toute entière dans ces quelques mots. « J’ai voulu le confronter face à son comportement irresponsable. Ça ne s’est pas bien terminé. » Est-ce qu’elle allait le blâmer pour ça ? Elle aurait été en droit de le faire, d’affirmer qu’il ne savait pas s’y prendre, qu’elle aurait été meilleure que lui : il ne s’attendait pas à trouver de la compassion chez elle, pas aujourd’hui du moins, et il n’en recherchait pas de toute façon. « Il fallait bien que ça arrive, Malini, c'était inévitable, on pouvait plus continuer comme ça. » Et si c’était à refaire il l’aurait refait, quoique peut-être d’une manière différente s’il avait su comment s’y prendre autrement.

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MessageSujet: Re: Empty house   Lun 8 Mai - 22:52



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Ses épaules sont lourdes, tout comme l'étrange sentiment qui commence à se former en son sein. Elle n'arrive pas à mettre le doigt sur l'émotion, celle-ci est encore fragile de sa toute récente naissance. Est-ce que c'est de la tristesse ? Du désespoir ? De la colère ? Non, Malini connaît tout ça, elle connait les jours entiers à voguer sur un océan de rien, à observer le jour se lever puis mourir dans les limbes de la nuit. Elle connaît l'impression d'être enfermée dans sa propre chair et de presque développer un sentiment de claustrophobie dans sa solitude. Et elle connaît les éclats de voix et les envolées flambées du tempérament. Ce n'est rien de tout ça, mais ça s'abat tout de même avec une telle force qu'elle se recroqueville, résignée. Voilà, c'est ça. De la résignation. De l'amertume. C'est le sentiment qu'on obtient quand on a poussé toutes les portes, même les plus lourdes, pour tomber sur une chambre vide. L'amertume, ça a un goût de bile qui reste sur le fond de la langue et qui peine à se faire oublier.
Oui il s'était passé beaucoup de choses, mais elle espérait... Elle espérait quoi ? Que sa présence seule aurait suffi à apaiser le cavalier ? Peut-être bien qu'elle avait accordé trop d'importance à leur relation. Quand elle pense au nombre de fois où elle s'est accrochée aux fondations fragiles qui les avaient vus se construire... Et tout ce qu'elle avait fait avait été balayé d'un claquement de porte, quand il avait quitté le ranch. Quel est le mot déjà ? A-ban-don-née.

L'air absent, elle écoute malgré tout la confession d'Abel. L'évidence avait déjà frappé la recruteuse et Malini avait bien compris que Caden était parti après mûre réflexion, que ce projet n'était pas une idée d'un soir. Bien sûr, quelque chose avait précipité son départ, d'après les mots d'Abel, une énième dispute entre les frères Rhodes. Son regard vide considère l'aîné un moment, elle cherche les mots qui pourraient combler le silence. "C'est vrai qu'il avait un comportement irresponsable..."
Elle lui concède ça. Elle n'en est pas au stade de la colère. Peut-être que les reproches et les cris viendraient bien plus tard, peut-être que les sermons sur sa merveilleuse gestion de sa famille arriveraient après coup, mais pour l'instant, elle en est plutôt à émerger de la nouvelle. "Honnêtement, je sais pas quoi te dire... Autant qu'on se fasse une raison, ça fait longtemps qu'il planifiait un départ, il attendait juste le bon prétexte. Si ça avait pas été toi, ça aurait fini par être moi..."
Elle se redresse un peu, tente de chasser cet horrible sentiment de faiblesse. Même si elle avait vu Abel au plus bas de sa forme, ce n'était pas une excuse pour qu'elle se laisse aller devant lui non plus. Le laisser aller en général, ce n'était pas une politique très populaire au ranch. "Faudra qu'on garde des contacts avec les camps qui parlent avec nous. Caden finira par se montrer dans l'un d'eux. Il a beau connaître le coin comme sa poche, il connaît pas toutes les techniques pour s'en sortir aussi longtemps seul dehors." Son discours est mécanique, énonce une procédure à laquelle elle a déjà réfléchi par le passé, comme si elle s'était attendue à cette situation depuis longtemps. "Je vais mener mon enquête, j'ai quelques contacts qui seront peut-être moins réticents si c'est moi plutôt toi." Elle soupire, lève les yeux vers lui un nouveau, cette fois avec un peu plus de substance dans le regard. "Ça tournait autour de quoi exactement, votre dispute ?"
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MessageSujet: Re: Empty house   Dim 14 Mai - 23:35



Malini & Abel
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Irresponsable. C’était presque un euphémisme en fait, quand il considérait le nombre de plaintes qu’il avait eu à son sujet, et la manière dont Caden y avait réagi lorsqu’il l’avait confronté. Et puis, il ne risquait pas d’oublier l’incident du campement et le bordel que son frère y avait foutu en exacerbant les tensions au lieu de chercher à calmer le jeu, laissant la tâche retomber toute entière sur les épaules de son frère qui n’avait jamais eu le moindre talent pour la diplomatie, encore moins lorsqu’il était énervé. « Il planifiait un départ ? Et tu étais au courant ? » Le reproche était à peine masqué, il aurait voulu que Malini lui en parle mais ces derniers temps ils avaient l’air tous bien décidé à lui faire des cachoteries, à croire qu’il n’était pas apte à gérer les problèmes concernant sa famille. Alors forcément, il réagissait mal et faisait tout de la pire manière qui soit. Et puis rien n’était arrangé comme ça…
Abel ne s’offusqua pas, en revanche, de savoir qu’on causerait plus facilement à Malini qu’à lui. Même en mettant de côté son mauvais caractère et sa tendance à l’impulsivité, son seul statut faisait que les gens avaient plus tendance à l’éviter qu’à vouloir se confier à lui. Et lui, de toute manière, avait bien autre chose à faire que questionner à droite et à gauche afin de savoir où pouvait se terrer son crétin de frère. Alors il acquiesça d’un simple hochement de tête à la proposition de la recruteuse, son boulot lui permettait une liberté d’action qu’il était loin de posséder et toute information, aussi infime soit-elle, serait bonne à prendre. « Si tu apprends quelque chose, n’importe quoi, je veux que tu me le fasses parvenir au plus vite. » Il n’avait pas vraiment de raison de douter qu’elle s’en abstiendrait, mais il préférait bien mettre les points sur les i malgré tout. Même si Caden n’avait pas l’intention de revenir au ranch (et autant dire qu’il le prendrait très mal, même s’il n’aurait aucun moyen de l’en empêcher), il voulait avoir la possibilité d’avoir une vraie conversation avec lui, et pas simplement se contenter de cet espèce de jeu du chat et de la souris, où le cadet se terrait aux yeux de tous et l’aîné ne décolérait pas de ne pas arriver à lui remettre la main dessus.
La question resta en suspens quelque secondes alors qu’il soutenait son regard, revivant brièvement le conflit au travers des quelques mots qu’elle venait de prononcer. « A ton avis ? », il finit par lâcher. « T’as pas été très présente ces derniers temps mais t’as bien vu comme il a changé. » Et à défaut d’avoir été là pour y assister, elle n’avait pas pu ne pas savoir ce qui s’était passé lors de la bagarre générale qui s’était déclenchée. Ce n’était, malheureusement, que la partie émergée de l’iceberg. « Il s’est découvert une nouvelle passion pour les raids, mais pas les compétences qui vont avec. J’ai perdu des hommes à cause de lui, du matériel. Et la dernière chose dont j’ai besoin en ce moment, c’est d’un imbécile qui mette en danger mes raiders parce qu’il est pas foutu de faire ce qu’on lui demande de faire. » Et des plaintes, il en avait accumulé au sujet de Caden, il lui avait accordé le bénéfice du doute en se disant que l’expérience viendrait à force mais il avait bien fallu qu’il se rende compte que ce n’était pas le cas, que son frère ne cherchait dans ces excursions qu’un moyen de se mettre en danger et de se défouler. « Enfin, il n’a pas été franchement réceptif à ce que j’avais à dire. » Et lui avait franchement manqué de tact, une sale manie dont on commençait à avoir l’habitude. Alors elle pouvait deviner, Malini, que tout avait vite dégénéré entre les deux frères, Abel ne tolérait pas qu’on lui tienne tête et dans la mesure où Caden avait commencé à entretenir un caractère au moins explosif que celui de son aîné, il n’avait pas fallu grand chose de plus pour commencer à faire des étincelles. Ils en étaient pratiquement arrivé aux poings, et pourtant en plus de trente ans elles avaient été rares les occasions où ils s’étaient réellement battu. Une dispute de plus… ou une dispute de trop. « Mais c’est pas moi qui l’ait chassé, si c’est ce que tu cherche à savoir. Simplement, je ne vois pas pourquoi lui aurait eu droit à un traitement de faveur alors que personne d’autre ici n’en a bénéficié. On a tous perdu quelqu’un, avec cette putain d’épidémie. » Et on n’avait pas le temps pour le deuil. Ses paroles étaient dures, et il le savait d’autant plus que Malini l’avait vu complètement effondré à l’idée que son fils puisse rejoindre la liste de ceux qui avaient passé l’arme à gauche. Mais mieux valait ne pas songer à ce qu’Abel aurait fait si cette hypothèse était devenue réalité, parce qu’il était fort probable que le comportement de Caden, qu’il réprouvait pourtant ouvertement, n’aurait rien été à côté de ce qu’il aurait pu faire, lui.  

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MessageSujet: Re: Empty house   Lun 29 Mai - 1:37



Malini & Abel
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Les yeux vitreux commencent à se remplir et la recruteuse reprend en substance. Le choc est passé, et maintenant les émotions se multiplient, se fraient un chemin pour percer la surface. Les accusations qui lui tombent dessus ont tôt fait de la pousser à se braquer. Elle fronce les sourcils et laisse peser un regard courroucé et quelque peu vexer sur Abel. Peu importe qu'il soit le leader des des riders, il ne s'en tirerait pas avec des accusations aussi injustes. Posément, elle énonce. "Abel, tu me connais quand même. Si j'avais été au courant de son véritable plan, j'aurais pas attendu assise dans un coin en applaudissant. Je lui aurais sorti ses idées à la con de la tête à coup de pieds. Ce que je veux dire, c'est que parfois il était bizarre, évasif. Il voulait sortir prendre l'air de temps en temps, c'était de plus en plus souvent. Maintenant je comprends pourquoi. C'était pas la première fois qu'il pensait à partir."
Ses yeux balaient la pièce alors qu'elle rassemble le peu d'énergie qu'elle a encore pour se relever, droite, drapée dans une dignité qui fait pourtant peine à voir. Elle commence à ramasser les objets  par terre et à cacher le désordre qu'elle a mis dans la pièce tout en écoutant les explications d'Abel. Ça lui permet de concentrer son attention et ainsi, son esprit ne s'éparpille pas en milliers de questions sur ce qu'elle a fait, ce qu'elle n'a pas fait et ce qu'elle aurait pu faire. Ses doigts se crispent sur chaque vêtement retrouvé et elle tente de juguler tout ce qui essaie au contraire de remonter à la surface. Pas devant Abel. Elle ne peut pas craquer devant Abel. Devant personne en fait. Ses regrets et ses remises en question larmoyantes attendront qu'elle soit seule.

Pourtant, il ne doit pas être dupe. Le trouble fait office de seconde peau sur le visage de la recruteuse et ce n'est qu'au bout d'un effort et d'une série de rangement aux gestes mécaniques qu'elle se retourne presque pour couper court. "Abel. C'est pas de ta faute. Je te reproche rien, t'as pas à te justifier avec moi. C'est pas toi qui es parti. Caden a pris sa décision, il veut nous montrer que c'est un grand garçon et s'émanciper. C'est sa crise d'adolescence en retard. Même si on n'avait absolument rien fait, il aurait fini par se tirer. J'ai peut-être pas été très présente comme tu dis, mais j'en ai vu assez pour savoir qu'il avait vrillé." Ses bras remontent contre sa poitrine alors qu'elle se lance dans une croisade exorcisante contre Caden. Lui faire porter le chapeau, ça l'aide à relativiser, à penser clairement. Si elle laisse tout aller, elle va dériver dans ses vallées intérieures. Et si elle erre dans ces tréfonds, il n'est pas certain qu'elle en revienne. "J'ai vu qu'il en avait plus rien à foutre. Qu'il était entré dans une spirale autodestructrice. Il m'a repoussée aussi." Elle repense à ses premières tentatives et à la porte close qu'elle s'était prise dans la gueule. Il s'était enfoncé dans un deuil qu'il ne pouvait supporter, cherchant la moindre porte de sortie en multipliant les tentatives désespérées. Il ne faisait plus attention à elle. À personne en fait. Même quand elle avait été prise en otage, il l'avait à peine soutenu, la laissant seule surmonter ses traumatismes. Elle avait compris à ce moment-là qu'il était encore moins prêt à s'occuper d'un autre être humain. C'était sûrement le pire moment pour lui dire que Chloë était sa fille.
Du coin de l'oeil, elle jauge Abel, se demande si elle ne devrait pas lui partager cette information pour qu'ils puissent s'en servir pour faire revenir Caden. Mais quelque chose la retient au dernier moment. Sûrement la conscience que ne rien révéler lui permet quand même de passer un peu de temps avec la petite, seule à seule, sans que celle-ci ne soit finalement embarquée dans la folie qu'est naître une Rhodes.

"On réfléchira à notre rédemption plus tard, d'abord on doit le ramener par la peau des fesses ici. Il reste un Rhodes. Qu'est-ce que les gens diront quand ils comprendront qu'il s'est enfui ?" S'ils ne sont pas déjà au courant évidemment.
Malini, elle ne voulait pas mettre le doigt trop profondément dans le problème, mais maintenant qu'elle formule cette remarque, elle prend conscience aussi de la fragilité qui peut découler de la disparition de Caden. Les Rhodes restent hors de portée quand ils font front uni. Si l'un d'eux se revendique indépendant, qui sait les idées que ça pourrait donner aux autres ? Alors doucement, elle ajoute. "Je suis avec toi. Sur ce coup-là." Mais dans ses propos, elle ne sait pas si elle cherche à le rassurer de quoi que ce soit, ou si c'est plutôt elle qui cherche un soutien. Il est peut-être la dernière personne à savoir y faire avec les gens, mais à ce moment précis, elle a juste besoin de savoir qu'elle peut faire partie de quelque chose, qu'au bout du compte, malgré tout ce qu'elle prétend, elle n'est pas seule.
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MessageSujet: Re: Empty house   Dim 11 Juin - 22:00



Malini & Abel
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Ouais, il avait vrillé Caden, y avait pas de mot plus juste pour expliquer ce qui s’était passé ici avec lui. Abel en souffrait, de ce départ, de cette déchirure à la gueule méchamment définitive entre eux deux, mais il n’était pas le seul à subir les conséquences de ses actes : Malini aussi. Et, dans son égoïsme, il avait bien trop tendance à l’oublier, à les oublier tous, d’ailleurs, pour ne se préoccuper que de lui et de son état. Mais les paroles de la recruteuse le ramenait à la réalité, bien forcé d’admettre qu’elle aussi pâtissait de ce départ, qu’il n’était pas seul dans cette galère.
L’idée de la rédemption le fit doucement ricaner. Il ne voulait pas spécialement se faire pardonner, Abel, ou du moins pas si personne ne faisait d’effort en face. c’était Caden qui avait déconné, pas lui : lui, il était resté fidèle à sa nature, celle que son cadet avait toujours su brider, calmer, empêcher d’exploser dans ces éclats de violence qui lui échappaient parfois. Forcément que ça avait fait des étincelles, qu’il était allé trop loin. Mais il faudrait que Caden s’excuse, qu’il fassent chacun ce pas en avant. Abel était puéril dans sa rancune, et conscient de l’être probablement, mais c’est comme ça qu’il avait été façonné et on ne le changerait plus maintenant, c’était bien trop tard pour ça.
« Et tu crois qu’ils pensent quoi, hein ? Qu’il est parti faire une promenade de santé ? » Elle était avec lui, qu’elle avait dit, et il était injuste en lui balançant ses sarcasmes à la gueule. C’était pas sa faute, à Malini ; dans cette pièce, elle était certainement celle qui avait le moins à se reprocher. « J’ai envoyé des hommes à sa recherche. Bien sûr qu’ils savent qu’il s’est enfui. Ils ont bien vu, qu’il n’agissait pas comme d’habitude. » Ils avaient assistés, eux, à ce qui s’était passé dans le campement pendant que Malini se faisait tranquillement enlever par cet enfoiré de Graham. Et ceux qui n’avaient pas été sur les lieux du spectacle n’avaient pu manquer d’entendre les rumeurs. « Ils ont bien vu, qu’il avait craqué. » Son changement radical de comportement, sa participation subite aux raids alors qu’à l’ordinaire il se contentait de rester à son poste dans l’enceinte du ranch, son attitude irréfléchie et dangereuse…
Abel se calma un peu, croisa le regard de Malini, cherchant dans ses yeux cet appui qu’elle lui promettait. Il voyait bien qu’elle était salement affectée par tout ça, la recruteuse, mais ils n’étaient pas assez proches pour qu’il ait quoi que ce soit à lui offrir, pas un mot de réconfort, un geste, une parole quelconque. Et puis c’était pas dans sa nature, au cavalier : il prenait aux autres, mais savait rarement donner, trop emprisonné derrière ces barrières qu’il avait lui-même érigée afin de ne pas se laisser atteindre trop facilement. « Comment tu veux qu’on le ramène, Malini ? » La question était honnête, quoiqu’elle n’aurait pas la solution miracle à lui communiquer, il ne le savait que trop bien. « On peut pas le forcer à rester. » Crise d’ado tardive ou pas, Caden restait un homme, et un homme libre. S’ils ne pouvaient pas raisonner avec lui, ça ne servirait à rien de l’obliger à remettre les pieds ici : il en repartirait à la première occasion venue. « Et je ne peux pas me permettre de continuer encore à détacher des hommes pour le traquer à travers les terres du coin. » Y avait trop de choses à faire ici, et les récents décès avaient laissés trop de postes vacants qu’ils n’avaient pas encore réussi à combler. il fallait se préoccuper de ce qui était vital pour le ranch, pour sa survie, et son avenir. Aussi dur et brutal le constat puisse-t-il être, Caden ne faisait pas partie de ces priorités-là.

● ● ● ● ●

Si tu cherches un beau gosse, sportif et romantique c'est raté, parait qu'j'suis juste un pauvre type égocentrique. J'vais pas t'mentir, oh j'suis pas vraiment ton prince charmant. Si tu veux bien sortir avec moi c'est pour le pire, j'ai rien à t'offrir à part des mauvais souvenirs.
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MessageSujet: Re: Empty house   Lun 19 Juin - 11:40



Malini & Abel
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Combien de fois faudra-t-il qu'elle se prenne un mur pour comprendre une bonne fois pour toute qu'Abel Rhodes n'est qu'un con égocentrique et insensible ? À chaque fois qu'on pose une main sur son épaule, elle brûle aussitôt. Pas étonnant que Caden soit parti au bout du compte. Chercher du réconfort dans cet endroit auprès de sa famille est impossible. Malini l'apprend quotidiennement à ses dépens.
Sa mâchoire se serre et ses dents tentent de retenir un flot d'émotions intenses, mêlant tristesse, colère et déception, un cocktail explosif. Le creux de sa main semble lui démanger alors qu'Abel continue, sarcasmes après sarcasmes, à l'enfoncer. Elle ne répond rien, parce qu'elle n'a pas la force de se disputer et de se battre et encore moins contre l'aîné qui attend la première occasion pour se défouler également. Tout prendre sur elle, garder la gifle qu'elle aimerait lui coller pour plus tard, se contenter d'un regard posé sur lui, teinté d'un avertissement : Abel Rhodes, tu ne veux pas te mettre à dos les dernières personnes encore prêtes à t'aider. Comme s'il pouvait vraiment s'en rendre compte. Dans son égo surdimensionné, il était sûrement persuadé qu'il pouvait tout faire seul.

Prendre sur elle. Doucement, elle déserre la mâchoire, reprend son expression impassible et croise les bras contre sa poitrine. Pour Malini, cette discussion est terminée déjà et elle aimerait qu'il parte, qu'il disparaisse de sa vue pour qu'elle puisse digérer cette nouvelle, seule. Mais Abel glisse dans un nouveau sujet de conversation et sa conclusion lui assèche la gorge. Dans un moment pareil, il était prêt à abandonner son frère ? Quel acharnement... Quelle famille.
Elle aussi aimerait laisser son sarcame couler, elle aimerait lui faire remarquer que c'est pas avec ses quelques petits efforts qu'ils allaient effectivement faire revenir Caden. Il avait besoin qu'on lui prouve un soutien sans faille, qu'on lui dépoussière une place où il serait indétronable et où il ne souffrirait plus du doute constant, en gros, comme son grand frère, il avait besoin qu'on le caresse dans le sens de son égo. Caden avait toujours eu besoin d'une sorte de safespace où on lui témoignait attention et affection. Touchée par le syndrôme de l'enfant du milieu, il avait besoin d'être rassuré quant à sa place. Constamment. Pendant longtemps, ça avait été le rôle de la recruteuse... Il faut croire que ça ne suffisait plus. Alors comment faire pour le ramener ?
"Je ne sais pas. Mais ça me coûte rien d'essayer."

Pourtant elle sait. Elle sait quelle information et quels mots pourraient raisonner assez fort pour que Caden écoute véritablement. Elle a appris à le connaître, et surtout à connaître ses faiblesses. "Garde tes hommes. J'irai le chercher. Ça te coûte rien parce que de toute façon y a du recrutement à faire. Je repartirai dès que j'aurai récupérer." Le ton de sa voix laisse entendre qu'elle le ferait même s'il n'était pas d'accord. Elle n'attend pas de réponse, elle n'attend pas que le leader s'approprie l'idée comme s'il s'agissait de sa propre initiative, elle tue toute protestation dans l'oeuf. "Mais est-ce qu'on peut reprendre cette conversation demain ? Je suis fatiguée. Et j'aimerais être seule." Qu'il aille se trouver un autre défouloir, parce que Malini n'avait certainement pas signé pour ça.


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