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 from here (ada)

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MessageSujet: from here (ada)    Ven 24 Fév - 2:08

Ada & Mallory
« from here

Elle est rentrée au beau milieu de la nuit et s'est écroulée le sol. Elle a perdu le décompte des jours mais de toute façon, elle s'en fout. L'une de plus importantes pièces de son échiquier a été bouffée par l'adversaire. Son père est mort, c'est terminé. Elle l'a su en voyant les plaques, même si son premier réflexe a été de nier. Et pourtant dès le matin elle était à son poste habituel, la pelle dans les mains, à côté d'Indiana, à qui elle opposait un silence buté. Les yeux hagards et cernés, le teint pâle, elle a erré comme un fantôme pendant trois jours avant de revenir dans le monde des vivants. Enfin, presque.

Elle a essayé de parler à Ada, pour la remercier. Pour lui raconter peut-être, parce qu'elle a l'impression que quelque chose la détruit de l'intérieur et elle ne sait pas comment faire pour que ça s'arrête. Mais Ada était introuvable et elle s'est demandé si la jolie blonde ne s'était pas barrée pendant son absence. Elle le mériterait très certainement, Mallory: elle n'est pas douée avec les autres, apparemment. Tous ceux qu'elle laisse approcher finissent par se barrer.

Mais Ada est toujours là. Peut-être qu'elle l'évitait, ou alors il s'agit simplement d'un hasard. Mallory ne saurait le dire. Tout ce qu'elle sait c'est qu'elle la repère dans un endroit improbable, assise seule avec ce qui semble être une bouteille. Et la rouquine s'approche sans penser qu'Ada ne veut pas la voir, sans se dire qu'elle pourrait très bien l'envoyer promener. Elle s'asseoit juste à côté de la rider, avant de la regarder et de lui dire, le plus sérieusement du monde: « Si tu partages pas, je cafte. » Elle n'a pas l'intention de dire quoi que ce soit à qui que ce soit: elle doit beaucoup trop à Ada pour ça. C'est simplement une façon détournée de dire qu'elle n'a pas l'intention de bouger, qu'elle a besoin qu'Ada reste. Même sans partager le contenu de la bouteille et même sans parler. Elle a juste besoin d'une présence Mallory, d'un peu de lumière pour repousser l'obscurité.

Elle reste silencieuse un long moment, tripotant un trou dans l'une de ses manches pour faire passer son malaise. Elle sait qu'Ada est probablement en colère contre elle. Mine de rien, Mallory apprécie beaucoup la jeune femme et est pertinemment consciente d'avoir brisé sa promesse de ne partir que quelques jours. « Merci. Et désolée. » Bien sûr, on a vu plus élaboré comme excuses mais le blabla inutile n'est pas vraiment son fort. Ada sait de quoi elle parle, et Mallory ne voit pas l'utilité d'en dire plus.
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MessageSujet: Re: from here (ada)    Dim 26 Fév - 21:08

mallory & ada
« from here.
Elle est lasse, Ada, crevée. Assise en tailleur, elle tend ses mains vers les flammes virevoltantes et ferme les yeux, profite de la chaleur, vide son esprit un instant. C’est à peine si elle arrive encore à sentir ses jambes, elle est presque certaine de ne plus avoir la force de se dresser sur ces dernières. Le recrutement, c’est usant. Elle est rentrée au campement il y a eu peu, les nerfs à vif, la faim lui nouant l’estomac et l’esprit torturé. Les jours éprouvants sont derrière elle et pourtant, elle a du mal à oublier ce séjour hors du ranch. Une victoire en demi-teinte. Un nouveau survivant pour étoffer les troupes, ça aurait pu être deux. Mais non. Elle n’est pas vraiment du genre à s’encombrer de ce sentiment qu’on nomme culpabilité mais cette fois-ci, tout semble particulièrement différent. La détresse de Wolfgang la touche plus qu’elle ne souhaite l’admettre. Alors, qu’est-ce qu’elle fait au juste ? Elle boit. Pour oublier probablement. Pour faire passer la pilule de ce semi échec. De toute façon, elle n’arrive pas à fermer l’œil, à trouver le sommeil. Elle porte la bouteille à ses lèvres, tire une légère grimace. Le liquide lui brûle la gorge et elle se délecte de cette sensation pourtant peu jouissante. Elle n’éprouve aucun regret au fait d’avoir piqué cette bouteille au vieux Billy, celui qui trimbale toujours sa vieille carcasse près des écuries. De toute manière, il est trop sénile, et la plupart du temps trop saoule, pour constater cet emprunt à long terme. Et puis merde, c’est l’apocalypse, c’est chacun pour sa pomme, elle peut bien ajouter voleuse à la liste de ses méfaits, qu’est-ce qu’elle en a à foutre au point où elle en est ? Elle n’est plus une enfant de chœur et ce, depuis bien longtemps.

Déroutée, tiraillée entre deux songes teintés de culpabilité et d’amertume, elle ne remarque pas le moins du monde la frêle silhouette se profiler à l’horizon. Une voix fend le silence environnant. Elle sursaute. Elle ne prend pas la peine de relever les yeux, elle reconnait immédiatement le timbre de voix de Mallory. Tiens donc, elle s’est décidée à revenir. Quelques jours, qu’elle avait dit. C’est ça, quelques jours. Des jours qui semblent s’éterniser surtout. Elle l’a couverte, au début du moins, heureusement elle n’a pas réellement eu de comptes à rendre par la suite, l’unique avantage de cette séance de recrutement. Elle ne répond pas, regard toujours fixé sur les faibles flammes dansantes, se contente de reprendre une gorgée du liquide alcoolisé avant de tendre la bouteille à la jeune femme. Elle ne sait pas si elle doit lui en vouloir ou pas. Ça lui semble un peu surfait comme réaction, mais peut-être qu’elle n’est pas au-dessus de ça, peut-être qu’elle mérite sa colère. Les paroles de Mallory sonnent un peu creuses. Le pardon c’est quand c’est trop tard, ce n’est qu’un moyen de se rattraper. Pas son truc en somme. « Dis-moi, qu’est-ce qui t’a pris tout ce temps ? » Elle veut savoir, vraiment. Si elle ne comptait pas pour elle, si elle n’était qu’une personne commune, une personne parmi tant d’autres, elle s’en serait complètement fichue. « J’aimerais connaitre la raison méritant de me foutre dans la merde. » En réalité, ça n’a pas vraiment été le cas, bien qu’elle ait dû mentir pour elle, pour une simple nouvelle et que ça aurait pu lui coûter son statut, sa place même. Mais c’est tout de même important. Elle tourne enfin ses prunelles incrédules vers son interlocutrice. C’est toujours plus compliqué d’avoir recours au mensonge lorsqu’une personne vous fixe, bien qu’au fond elle espère que Mallory ne comptait pas avoir recours à cette pratique. Elle préfère connaitre la vérité, même si cette dernière se révèle stupide, plutôt qu’on lui mente les yeux dans les yeux.


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MessageSujet: Re: from here (ada)    Lun 27 Fév - 3:08

Ada & Mallory
« from here

Ada lui passe la bouteille sans un mot, et Mallory soupire de soulagement. Si ça ne lui garantit pas un pardon, elle se dit qu’elle a au moins droit à une audience. Elle prend une longue gorgée de l’alcool inconnu, grimaçant lorsque le liquide lui pique la gorge et lui laisse un goût désagréable sur la langue. Ce n’est pas quelque chose de très recherché. Par contre, c’est fort, et c’est ce dont elle a besoin pour affronter sa nouvelle réalité : peut-être que si elle tangue avec le monde, elle aura l’impression qu’il reste droit ?

Mallory fixe les flammes jusqu’à en avoir les yeux brûlants, jusqu’à ne plus rien voir du monde sauf l’orangé, le rouge et le blanc cendré du bois qui se consume. Jusqu’à ce que la voix d’Ada perce le silence, et lui fasse reprendre pied dans la réalité. Sans se dire qu’elle boit l’alcool qui n’est pas le sien, sans se soucier de la quantité, elle s’abreuve à nouveau au courage liquide, pour se donner un peu d’assurance, un peu de stabilité. Comment expliquer… ? Elle voudrait juste crier que son père est mort. Y’a rien d’autre à dire, rien d’autre à savoir : toute son escapade en dehors du camp ne se résume qu’à cette découverte qui la détruit de l’intérieur. Les fondations qu’elle croyait faites de pierre ne sont que de simples piliers de sel qui sont en train de se dissoudre. Mais Ada veut savoir, et elle mérite de savoir, depuis le début. « J’ai été séparée de ma famille l’année dernière. Je sais même pas comment. Il s’est passé quelque chose, ma sœur m’a prise par la main, on est parties en courant et au final, on s’est perdues aussi. J’ai rencontré quelqu’un sur la route, plusieurs mois plus tard, quelqu’un qui connaît mes parents et ma sœur. » Elle ne s’épanche pas en détails inutiles. L’histoire précise d’Indiana serait beaucoup trop longue à expliquer en détail et de toute façon, ça n’a plus beaucoup d’importance maintenant, bien que Mallory ne sache pas si elle lui en veut ou pas. « Il m’a dit qu’il les avait vus. C’était faux. » Elle pose la bouteille entre elles, remonte ses genoux contre sa poitrine et les entoure de ses bras. Comme si le simple fait de se recroqueviller pouvait la préserver de la douleur, empêcher la tempête qui rage à l’intérieur de sortir. « J’ai paniqué. Perdu trop de temps à ne pas les chercher. » Et c’est là qu’elle est partie, qu’elle a laissé Indiana et Beckett s’occuper de ses tâches. C’est là qu’elle a demandé à Ada de la couvrir, sans rien expliquer, demandant une énorme faveur sans la moindre justification.

Sa joue est appuyée sur son genou. Elle regarde Ada depuis le début de ses explications, sentant sa gorge se nouer un peu plus à chacun de ses mots. « Les hordes m’ont ralentie. J’en ai contourné beaucoup. » Les routes sont loin d’être sûres, Jamie le lui avait pourtant dit (lui conseillant d’attendre avant de sortir, d’attendre avant d’aller le voir). « On avait un point de rencontre dans les zones résidentielles. On y allait souvent. J’ai fait une mauvaise rencontre. Mon père est mort, Ada. Il avait ses plaques, il les portait autour du cou comme un collier. Papa les aurait jamais laissées à quiconque, c'était trop important. » Sa voix se brise, s’essouffle. « J'me suis blessée, je sais plus quand, je sais pas comment. » Et puis elle est rentrée sur le pilote automatique, le désespoir la prenant à la gorge et aux tripes.

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MessageSujet: Re: from here (ada)    Dim 5 Mar - 17:28

mallory & ada
« from here.
La douleur. Un sentiment qu’elle appréhende avec beaucoup de justesse. Un sentiment qu’elle essaye, en vain, d’effacer chaque jour de sa mémoire, chaque matin, à chaque fois qu’elle rouvre les yeux. C’est quelque chose qui vous hante, peu importe le nombre d’années écoulées. On n’oublie jamais réellement, on ne peut pas, c’est trop dur. On apprend à vivre avec, à supporter la souffrance. Elle s’estompe certes, elle s’atténue, il n’empêche qu’elle reste toujours présente. Elle détaille Mallory, le silence lui scellant les lèvres. Si elle avait relevé le regard plus tôt elle aurait deviné. Les traits de la jeune femme sont tirés, fatigués, elle a l’air triste, le regard absent. Elle l’écoute, attentivement, descend d’un cran sur l’échelle de la rancune. Elles ne se connaissent pas en réalité. La plupart des personnes qu’elle côtoie, qu’elle croise, ne sont que des inconnus dans le fond, rien de plus, de simples visages défilant de jour en jour. Peut-être que ça vient d’elle. Peut-être qu’elle ne s’intéresse pas assez aux malheurs des autres, peut-être qu’elle ne prend pas le temps, tout simplement. À vrai dire, elle a déjà bien assez de ses fardeaux. Ses épaules s’affaissent sous le poids de la culpabilité, de la colère et de l’amertume, accumulé au gré de ses mésaventures, ses beaux malheurs.

Elle ne sait pas exactement quoi dire. Les mots se perdent, n’arrivent pas à percer le silence s’installant suite aux déclarations de Mallory. Elle pourrait mentir. Elle pourrait se voiler la face. Pas son genre cependant. Pas son genre de donner de faux espoirs. Ce serait trop simple de lui dire de garder la foi, que ce n’était peut-être pas son père, qu’il y a d’autres explications. Mais c’est faux, du moins ça l’est bien souvent. L’évidence est que la vie, cette vie post-apocalyptique, n’est rien d’autre qu’une belle garce. Oh oui, elle l’était déjà avant tout cette merde, elle sait de quoi elle parle, le niveau de difficulté a juste grimpé d’un cran. Mode cauchemar activé.
« Je n’ai pas vraiment les mots pour apaiser ta peine tu sais. » Elle soupire. Elle se sent un peu comme cette amie bidon dont on se passerait bien. À force elle a l’impression de ne plus rien réprouver de la bonne manière, elle est dysfonctionnelle. « Je ne vais pas te sortir le discours classique et horripilant, celui que les autres te ressortiront, avec le lequel ils te rabâcheront les oreilles, celui qui parle d’espoir, qui raconte que le temps soigne les blessures. » Qu’elle le déteste, ce foutu discours, cette poignée de foutaises. C’est typiquement le genre de chose qu’elle ne supporte plus. Typiquement pour cette raison qu’elle ne se confie plus à personne. Elle n’a pas besoin qu’on lui mente sans détour. « Je l’ai trop entendu. Je sais parfaitement que ça n’aide pas. » Au contraire, ça ne fait qu’attiser la colère, la sienne du moins. Cette colère qui la ronge probablement depuis trop longtemps, celle qu’elle enterre sous une couche de faux-semblants. « J’ai perdu ma mère quelques mois après le réveil des morts. Puis, j’ai perdu mon bébé. Alors tu n’oublieras jamais et ça fera toujours aussi mal, c’est juste que tu y songeras moins. » Elle s’empare de la bouteille avec vivacité, portant le goulot à ses lèvres, fermant les yeux, concentrant la moindre parcelle de son attention sur cette sensation de brûlure lui saisissant la gorge, ce gout amer. Personne n’est au courant, si ce n’est Malini, elle n’a jamais réussi à se décharger de ce poids auprès de quelqu’un d’autre. Mallory est une nouvelle exception à la règle. « La vie est une chienne. » Elle esquisse un rictus sarcastique en parfaite dénotation avec cet échange poignant. Passage à tabac, tentative de viol, cancer, fin du monde, réveil des morts, passage à tabac encore, fausse couche. Une belle chienne même.


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MessageSujet: Re: from here (ada)    Jeu 9 Mar - 22:32

Ada & Mallory
« from here

Le silence s’installe et s’étire, et lui déchire les oreilles. Ses paroles sont comme suspendues dans l’air, se rappellent douloureusement à elle. Son père est mort et il n’y a rien à faire. Il portait les plaques comme un collier, lui, l’imposteur. Le fou, le dérangé. Mallory a omis beaucoup de détails dans son histoire et d’ailleurs, elle n’a pas l’intention de les divulguer. Ce qu’elle a déjà raconté à Ada est suffisant. La blonde n’a pas besoin de savoir ce qui s’est passé dans la maison abandonnée, n’a pas besoin de connaître toutes les étapes de son périple. Elle sait l’essentiel. Peut-être qu’un jour le reste suivra, que Mallory décidera de s’ouvrir un peu plus et d’exorciser tous les démons nés de cette expérience. Mais pas maintenant. C’est trop frais, trop cuisant. Elle se sent trop fragile pour évoquer à voix haute tout ce que cette escapade lui a fait vivre. L’angoisse, la colère, la terreur, la violence. Une terrible envie de vengeance.

Elle se contente de regarder la blonde, de fixer son regard à ses jolis yeux sombres pour s’ancrer dans la réalité. Et puis elle se raccroche à sa voix. À ses paroles dures, mais honnêtes. Ada ne lui ment pas, Ada n’essaie pas d’adoucir, de camoufler. Elle n’essaie pas de lui passer des foutaises pour qu’elle ait un semblant d’espoir. Et Mallory lui en est plutôt reconnaissante, même si là, tout de suite, ça ne l’aide pas à se sentir mieux. Elle n’attendait même pas des paroles réconfortantes. Elle se serait contentée de remarques acerbes et d’accusations, tant que la blonde ne la chasse pas. Tout ce qu’elle veut, Mallory, c’est de ne pas être seule, et surtout, de savoir que la jeune femme la pardonne pour son écart de conduite et pour ses mensonges. « Peut-être » elle souffle, les larmes roulant doucement sur ses joues. Ada est la première à le savoir. Avant Indiana (ce con), avant Jamie, avant Beckett. Et Mallory ne l’aurait dit à personne d’autre d’abord. Elles ne se connaissent pas plus que ça, mais il y a ce petit quelque chose qui lui dit qu’elles se comprennent beaucoup plus qu’elles ne le pensent. « Je suis vraiment désolée. » Pour sa mère, son bébé, pour lui avoir menti de façon si éhontée.

Elle essuie ses joues de la paume de la main, fixe le feu de nouveau. La vie est une chienne. Difficile d’argumenter, sur ce coup. L'épidémie, la perte de sa famille, la mort de son père, il y a toujours pire qui vient. Comme si chaque petit événement n'était qu'un centimètre de plus de la partie émergée de l'iceberg. Il y a toujours pire, une réserve infinie et impossible à prévoir d'emmerdes qui n'attendent que le moment le plus inopportun pour leur marraver la gueule. Et Mallory reprend la bouteille à son tour, boit de trop grosses gorgées, trop vite. « Comment je suis supposée vouloir rester ici, maintenant ? » Pas parce qu'elle n'aime plus le ranch, mais simplement parce qu'elle doit les retrouver. « Faut que je sache, Ada. Avant, j'pouvais presque le supporter, mais maintenant, je sais plus. » Quitte à perdre sa place au ranch dans le processus.
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MessageSujet: Re: from here (ada)    Lun 13 Mar - 14:47

mallory & ada
« from here.
Elle ne sait pas, Ada, elle aimerait trouver les mots, pour la convaincre, pour balayer ses doutes, elle n’y arrive pas. Elle voit tout autant de raisons poussant la jeune femme à plier bagage plutôt qu’à rester à ses côtés. Elle-même, n’arrive pas bien à se remémorer le pourquoi de sa présence ici, au sein du ranch. Il faut dire ce qu’il en est, elle ne se sentait pas tellement utile les premiers mois, elle se contentait de nettoyer les écuries et de travailler au champ sans vraiment se poser de questions. Tel un parfait petit robot. Peut-être qu’elle n’était pas véritablement importante, c’est un fait d’ailleurs, mais elle avait un but au moins, elle n’errait pas sans raison, à l’extérieur, sans piste, à la recherche de sa famille. De toute façon, elle a rapidement tiré un trait sur ses frères. Elle a renoué contact avec l’humanité, au fur et à mesure, retrouvant un semblant de vie, un semblant de confort. Elle s’est déridée, se surprenant même à rire, à sourire. Puis, elle a compris, enfin, elle ne survit plus, elle vit tout simplement. Sans Crimson Valley elle serait probablement paumée à l’heure actuelle, traînant sa carcasse de ville en ville, à moins qu’elle ne serait tout bonnement au fond d’un fossé. Deux options plausibles. Deux options guère appétissantes. Ils ont tous leurs propres raisons de rester, de continuer, d’avancer. Elle doit trouver les siennes.

Elle décroise ses jambes pour mieux se tourner vers Mallory, se poser face à elle. Elle n’aime pas voir son visage déformer par la peine, son regard perdu dans les abysses de la tristesse. Elle ignore ce léger pincement au cœur qu’elle peut bien ressentir. « Je crois que tu dois trouver tes propres raisons. » Elle pose une main sur la joue de la rousse, balayant les quelques larmes s’étant frayé un chemin sur sa peau d’opale. « Ce serait égoïste de me part de te convaincre de rester pour ma petite personne. » Même si elle s’en sentirait flattée, c’est sûr. Elle esquisse enfin un sourire, il est timide, léger, mais c’est toujours mieux que rien. Elle du mal pour tout ce qui s’apparente de près ou de loin au réconfort, elle a perdu cette capacité il y a de cela de longues années. Mais elle a envie d’être présente pour Mallory, de lui apporter son aide, aussi futile soit-elle. « Si tu penses qu’il vaut mieux pour toi, pour ta conscience, quitter le ranch, alors je ne peux pas te retenir. » Son timbre de voix se veut neutre, même si son regard en dit long sur sa pensée. Pas envie qu’elle parte, elle n’est juste pas douée pour le lui faire comprendre. «  Même si à mon sens, tu risques de passer à côté d’une opportunité. C’est vrai que c’est peu flatteur de ramasser du crottin toute la journée, je suis passée par là, mais ça en vaut la peine. Du moins, ça en voudra la peine tôt ou tard. » Ajoute-t-elle. Ses mains s’emparent avec douceur de celles de Mallory, elle presse ses paumes contre les siennes. Moyen comme un autre de lui prouver son affection. Elle ne pensait pas s’être attachée à elle, pas aussi vite. Il y a des personnes qui marquent votre vie de manière indélébile sans qu’on ne sache pas vraiment pourquoi. « En tout cas, si ça peut te rassurer, tes excuses sont acceptées. » Ce qui est à marquer d’une pierre blanche, connaissant Ada et son entêtement, sa rancune troublante et persistante. Ça la ronge parfois, de ne jamais se sentir capable de pardonner. Il n’y a que Malini et Elanor qui font exception à la règle. Elle aussi maintenant.


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MessageSujet: Re: from here (ada)    Sam 25 Mar - 14:47

Ada & Mallory
« from here


Les doigts d’Ada chassent doucement les larmes, et Mallory ferme les yeux. Le geste est doux, apaisant. Il n’efface rien mais éloigne un peu de la solitude, du malheur qui accable la rouquine. Elle se sent moins seule, moins abandonnée, mais toujours aussi incomplète. Elle est tiraillée entre deux familles : celle qu’elle a perdue, et celle qu’elle s’est reconstituée au ranch. Comment choisir entre ceux qui ont disparu, et ceux qui ont été retrouvés ? Elle ne sait pas. Elle sent, quelque part, que ces deux entités ne sont pas compatibles, qu’elles ne le seront jamais. Comme si en voulant récupérer l’une, elle allait perdre l’autre. Elle ne parvient pas à s’expliquer pourquoi le choix lui semble si implacable. C’est peut-être le sentiment d’urgence, celui qu’elle ressentait déjà fortement avant de quitter la première fois.

Ada veut qu’elle reste, Ada sourit. Mallory force un pauvre sourire sur son visage, un sourire douloureux et plein de larmes. Elle apprécie le geste et surtout, l’intention. Ça lui fait du bien de savoir qu’elle est voulue, que sa présence importe à quelqu’un. Elle s’est souvent sentie inutile, au ranch, à faire les tâches ingrates chaque jour. Il faut dire qu’elle n’a jamais vraiment cherché à s’intégrer aux autres survivants, se contentant de sa petite place aux écuries, à emmerder Indiana et entourlouper Beckett pour qu’il fasse une partie de son boulot à sa place. Mais indispensable elle ne l’a jamais été et ne l’est probablement pas plus maintenant. Appréciée, ça, oui, et c’est une toute autre chose, un tout autre sentiment.

Elle lâche un soupir tremblant lorsque la blonde accepte ses excuses, resserrant la prise de ses doigts fin sur ceux d’Ada. Elle se sent plus légère, soulagée. C’est un poids en main à porter, et tout ce que Mallory désire est de lâcher du lest. « C’est pas… Une question de place. Ou d’opportunité. Ou de rester pour quelqu’un même, c’est juste… » Ça ne s’explique pas. Comment dire à quelqu’un que ça n’a rapport avec rien n’y personne, sauf soi-même ? « Je peux pas abandonner maintenant. » D’un point de vue logique, elle ne devrait pas repartir ou du moins, pas toute seule (elle n’aurait jamais dû). Mais son instinct, ses tripes lui hurlent de repartir sans réfléchir, de chercher jusqu’à s’en épuiser, jusqu’à crever. « Je veux pas partir. Mais je me détesterais de rester ici. » Elle libère l'une des mains de la blonde pour boire à la bouteille, pour engourdir ses sens à défaut d'endormir la douleur. Elle sait que tous ont perdu des proches: parents, enfants, frères, soeurs, amants, maris, femmes. Mais malgré tous ses efforts, en dépit de toutes ces fois où elle s'est répété qu'elle n'était ni la première, ni la dernière à perdre quelqu'un, ça fait toujours aussi mal.

« Mon père a été mordu. Et la conclusion la plus logique, c'est qu'elles l'aient été aussi. » Posant la bouteille entre elles de nouveau, elle passe sa manche sur ses joues, ses yeux, pour détacher l'eau de sa peau et ses cils humides. Une profonde inspiration plus tard et elle est plus calme, presque composée. Mallory pose son front sur l'épaule d'Ada d'un mouvement fatigué, abattu. « De toute façon je peux pas partir tout de suite » elle déclare d'un ton résigné. Elle s'est blessée. Elle a abandonné ses tâches à d'autres pendant trop longtemps. Il y a tout de même ce lien qui reste et qui l'attache au ranch des Rhodes, ce sentiment d'appartenance, aussi fugace soit-il. Elle y a des tâches, des responsabilités, un devoir, aussi ingrats soient-ils.

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MessageSujet: Re: from here (ada)    Dim 9 Avr - 22:01

mallory & ada
« from here.
Elle comprend, Ada, dans un sens en tout cas, elle s’imagine surtout. Elle n’a pas suivi le même parcours, elle a tout perdu, elle était à bout, plus que l’ombre d’elle-même, lorsqu’elle a trouvé la route du ranch Rhodes. Lueur d’espoir au bout du tunnel. Elle ne pensait pas revivre, éprouver à nouveau, fendiller sa carapace. Pourtant, elle en est là aujourd’hui. Elle n’est plus la même, plus la même qu’autrefois, plus cette fille aux sourires rayonnants, cette fille se démenant tant bien que mal avec son quotidien pré-apocalyptique. Elle n’est plus non plus cette coquille vide, cette enveloppe dépourvue de sentiments heureux, jouissifs, cette femme composée de nuances de douleur et de peine suite à la perte de tous ses repères. Elle est différente cette Ada, la nouvelle Ada, troisième version. Moins insouciante que la première version, moins sombre que la seconde. Peut-être le juste milieu, elle ne saurait dire exactement. Il n’empêche qu’elle envisage avec pertinence ce besoin de savoir, d’obtenir des réponses, jamais Mallory ne pourra faire son deuil ainsi, en restant les bras croisés à Crimson Valley, elle doit comprendre, voir de ses propres yeux, compléter le puzzle. Elle doit le faire pour elle, elle doit penser à elle avant tout, même si Ada n’aime pas cette idée. Bien sûr qu’elle préférerait garder la jeune femme à ses côtés, rien que pour elle, mais elle n’est pas égoïste à ce point, pas avec ceux qui comptent à ses yeux, ceux qui ont de l’importance.

Elle la laisse parler, se confier, l’écoute volontiers, attentivement. La conclusion la plus logique. Rien n’a de sens dans ce monde de fou. La conclusion logique aurait été que sa fratrie soit décimée, qu’elle ait succombé, peu importe la manière, cancer, fausse couche, balle, objet contondant. Elle a vécu tout ça, elle y a survécu, quelles étaient les chances ? Aucune, du moins infimes. Elle a déjoué la fatalité, déjoué les statistiques. Elle respire encore, elle survit, elle vit. Alors, pourquoi elle et non une autre ? Tout est possible, le truc, c’est de ne pas renoncer, de ne pas baisser les bras. Les paupières closes, elle profite un court instant du silence, de cette proximité avec Mallory, de la chaleur se dégageant des flammes, de sa peau. « La conclusion logique n’est pas forcément la réalité. » Elle glisse délicatement ses phalanges dans les longueurs rousses de la jeune femme, son autre paume pressant doucement sa cuisse, gestes instinctifs, inconsidérés. « T’as besoin de comprendre, de savoir, de voir de tes propres yeux. » Parce que sans ça, elle est bloquée, coincée, inapte à avancer, se reconstruire. Elle soupire faiblement. Elle n’a pas envie de dire ça, de lui dire de partir, de s’éloigner. « Tu ne devrais pas abandonner, pas tout de suite. Il te faut des réponses concrètes, pas des suspicions. » Des réponses positives, des réponses négatives, peu importe, ça reste des réponses. Tant que les questions ne restent pas suspendues dans le temps. Elle abandonne la chevelure, relevant le menton de la belle cavalière au regard noyé par le chagrin. « Promets-moi d’attendre, de reprendre des forces, d’être prudente aussi. Tu ne devrais pas faire ça seule. » Elle ne se propose pas, parce qu’elle ne se sent pas légitime, pas en droit de lui imposer sa présence. Elle sait qu’elle peut compter sur elle, c’est suffisant. Elle sera présente en cas de besoin. « Je ne te demande pas de revenir, mais de faire attention à toi, de ne pas foncer tête baissée. » Pourquoi est-ce que ça sonne déjà comme un adieu ? Elle déteste ça. Elle se fait violence afin de ne pas revenir sur ses paroles. De toute façon, c’est trop tard. À défaut de remonter le temps, elle plante ses lèvres sur celles de Mallory, les épousant délicatement, étreinte douce et réconfortante. Elle ne sait pas ce qu’elle fait, quel instinct la pousse, elle souhaite simplement profiter de l’instant, de sa présence, de ces quelques secondes d’égarement.  

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❝ i know it sucks and it's scary but it's time to be brave ❞ You wake up every morning to fight the same demons that left you so tired the night before, and that, my love, is bravery.
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MessageSujet: Re: from here (ada)    Mer 31 Mai - 5:00

Ada & Mallory
« from here


Tout près d’Ada, elle profite de la chaleur de l’alcool, des flammes. Laisse la douceur et la gentillesse de la blonde lui apporter un peu de réconfort, effaçant pour un court laps de temps la douleur qui l’accable. Du cœur jusqu’au bout des doigts, elle se sent à la fois terriblement engourdie, et incroyablement meurtrie. Les paroles d’Ada ne réparent rien. Elle ne peut pas faire revenir son père, ne peut pas faire apparaître sa mère et sa sœur de l’autre côté du feu crépitant. Et pourtant Mallory se sent un peu moins mal, un peu moins triste, plus légère d’avoir partagé ses inquiétudes et ses craintes avec quelqu’un qui comprend. Malgré tous ses efforts, Jamie avait buté sur une des différences majeures entre elle et lui; si le jeune homme peut mettre ses sentiments de côté pour agir selon sa logique, il n’en va pas de même pour la rouquine, qui se découvre soudainement une incapacité totale à gérer ses émotions. D’une adolescente fermée et blasée elle est passée à une jeune femme trop sensible, encline aux excès, instabilité exacerbée par la perte soudaine de tous ses repères. Et Ada comprend. Elle saisit le besoin criant de retourner à l’extérieur, de retourner chaque maison, chaque sentier, quand bien même il s’agit d’une quête impossible, comme chercher une aiguille dans une botte de foin.

Les yeux fermés, elle apprécie simplement l’instant, la présence de son amie à ses côtés. Chaque geste est un comme un baume sur ses plaies; la main posée sur sa cuisse, les doigts qui glissent doucement dans ses cheveux. Et puis Ada devient sérieuse, devient plus pragmatique. Les conseils qu’elle lui prodigue ressemblent étrangement à ceux de Jamie, et le cœur de Mallory se serre douloureusement – elle ne veut pas y penser. Elle acquiesce faiblement, ses déboires des derniers jours un peu trop frais dans son esprit. Elle aurait du attendre, ne pas partir seule. Elle aurait pu emmener Indiana, il s’est proposé, et même si c’est de sa faute, toute cette histoire, elle est presque certaine qu’il aurait tenu parole. Mais elle est bornée, la rouquine, elle est têtue et fière et chaque échec lui fait aussi mal qu’une lame plantée dans le dos. Son corps la trahit, la chance lui fait défaut. Elle voudrait être plus forte, plus rapide, plus adroite, pour qu’on ait plus besoin de prendre soin d’elle. Mais Mallory n’est toujours que cette pauvre petite chose perdue et triste, égarée dans un nouveau monde dont les fondations sont ébranlées. Pour le moment, il n’y a qu’Ada à qui s’accrocher. Alors quand la blonde l’embrasse avec douceur, elle prolonge le contact, d’un mouvement instinctif glisse ses doigts à la base de la nuque comme pour la garder près d’elle. « Je vais revenir », elle déclare tout bas, enroulant une mèche blonde autour de ses doigts.

Enhardie par l'alcool, poussée par le besoin d'oublier, obnubilée par les reflets mordorés des flammes sur la peau pâle d'Ada, Mallory fond sur ses lèvres à nouveau. Ses mains glissent sur la taille fine, hésitantes, se faufilent timidement sous les vêtements pour découvrir la peau. Elles restent sagement posées dans le bas du dos, suivant du bout des doigts le tracé des vertèbres. Elle ne réfléchit pas aux conséquences, ni aux quelconques implications que ça pourrait avoir. Sur le moment, il n'y a que Mallory et Ada, et son univers se termine là où l'obscurité reprend ses droits.  


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